Mousqueton

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Un mousqueton d'escalade avec des annotations
Le mousqueton est composé de plusieurs parties :
  •      1-Doigt
  •      2-Corps
  •      3-Bague
  •      4-Dimension verticale
  •      5-Dimension transversale
  •      6-Indications sur la résistance

Un mousqueton est un anneau métallique possédant un système d'ouverture facile. On peut y glisser une corde, un anneau ou s'en servir comme point d'attache. C'est un connecteur utilisé en particulier dans des activités demandant l'utilisation d'un baudrier : alpinisme, escalade, spéléologie, via ferrata, travail en hauteur (protection contre les chutes)... Dans le cadre des activités nautiques, on trouve des mousquetons sur les voiles, les drisses ainsi que sur les harnais de sécurité.

Types[modifier | modifier le code]

Il existe divers types de mousquetons répartis en deux grandes catégories :

  • les mousquetons à doigt simple ;
  • les mousquetons de sécurité, qui disposent d'un système de verrouillage pour éviter l'ouverture intempestive du doigt ;
    • le mousqueton à vis : la bague de sécurité doit être entièrement dévissée pour être déverrouillée,
    • le mousqueton automatique : il est pourvu d'une bague de sécurité translatant le long du doigt. Son utilisation est proscrite en escalade mais autorisée en via ferrata,
    • le mousqueton semi-automatique : la bague de sécurité demande une légère rotation pour être déverrouillée (un quart de tour).

Historique[modifier | modifier le code]

Le mousqueton était historiquement utilisé par les cavaliers pour attacher rapidement leur carabine au baudrier.

Un tel dispositif est déjà mentionné en 1616 dans Kriegskunst zu Pferdt (Arts de la Guerre à Cheval) de l'écrivain militaire Allemand Johann Jakob von Wallhausen[1] :

... daran ein Schleiff von Eysen hat mit einem Häcklein, so ein Feder, umb daß, das Rohr, so er hinein hanget, ihm nicht kan herauß fallen.

— J. J. von Wallhausen

« ... à cela une boucle d'Eysen avec une corde, ainsi qu'un resort, ainsi, un conduit pour qu'il s'y accroche et ne peut pas en sortir. »

Une première description peut être trouvée dans une édition de 1785 de Oeconomischen Encyclopädie (Encyclopédie Économique) allemande[2] :

Der Karabiner-Haken ist ein länglich gebogener Ring, welcher an einem Ende breiter, als an dem andern ist, und auf der einen langen Seite eine Oeffnung hat, an welcher inwendig eine elastische Feder befestigt ist, die bey dem Drucke des beweglichen Theiles nachgibt, aber auch sogleich, wenn der Karabiner–Ring eingesteckt ist den Theil des Hakens, welcher beweglich ist, und vorn am Ende eine Spitze hat, welche in die andere Hälfte des Ringes paßt, zurück schlägt und schließt.

— D. Johann Georg Krünitz

« Le mousqueton est un anneau oblong, plus large à une extrémité qu'à l'autre, et sur un côté long a une ouverture à l'intérieur de laquelle un resort y est attaché, qui cède lorsque la partie mobile est poussée, mais aussi immédiatement, quand l'anneau du mousqueton est inséré, la partie du crochet mobile qui est pointu à son extrémité, entre dans l'autre moitié de l'anneau, bat en arrière et se ferme. »

Otto Herzog, vers 1911, serait le premier grimpeur à avoir utilisé le mousqueton, dispositif piriforme employé jusque-là par les sapeurs pompiers de Munich. L'utilisation du mousqueton en escalade était en fait une conséquence logique de l'usage des pitons inventés par Hans Fiechtl et expérimentés par Hans Dülfer, bien que des alpinistes aussi prestigieux que Paul Preuss ou Eugen Guido Lammer fussent opposés à tout procédé artificiel. Toujours est-il que Dülfer, Fiechtl et Herzog employaient couramment les mousquetons à la veille de la Première Guerre mondiale et que dès 1921 un modèle d'un poids de 130 g, destiné aux grimpeurs, était fabriqué à Munich. Le concept du mousqueton a été amélioré à plusieurs reprises au cours des décennies, le rendant de plus en plus léger, fiable et résistant.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Détail d'un mousqueton à doigt fil
Détail d'un mousqueton à doigt fil

Certains mousquetons sont plus résistants que d'autres et adaptés aux activités sportives où les chutes sont possibles voire courantes, comme l'escalade.

  • le mousqueton à large ouverture de type K (pour Kleittersteige, via ferrata) : ce mousqueton a une forme particulière lui permettant d'augmenter son espace d'ouverture, ce qui facilite son utilisation dans certaines situations, notamment mousquetonnage sur gros câbles ou barreaux, et verrouillage automatique. Il est parfois muni d'une mécanique de verrouillage par loquet ;
  • le mousqueton de spéléologie est traditionnellement ovale et symétrique, ce qui facilite son utilisation avec le matériel spécifique de descente et de remontée sur corde fixe ;
  • les mousquetons ovoïdes « poire », larges et peu anguleux, sont plus adaptés à l'utilisation de nœuds spécifiques comme le demi-cabestan.
  • les « doigts fil » offrent tout autant de résistance mais permettent d'alléger le mousqueton tout en diminuant la probabilité d'ouverture du doigt si la corde passe dans le mauvais sens.

Résistance[modifier | modifier le code]

Selon la norme CE relative à cette catégorie d'EPI (EN 12275), la résistance des mousquetons à la rupture doit être précisée dessus (avec le marquage CE et l'année de fabrication), selon trois valeurs : la résistance dans le grand axe doigt fermé, la résistance dans le grand axe doigt ouvert, et, pour les mousquetons de sécurité, la résistance dans le petit axe.

Pour un mousqueton simple, la résistance dans le grand axe doigt fermé est d'environ 2200 à 2500 daN, et de 700 à 1000 daN doigt ouvert.

Pour un mousqueton de sécurité, la résistance dans le grand axe doigt fermé est d'environ 2500 à 3000 daN, de 700 à 1000 daN doigt ouvert et de 800 à 1100 daN dans le petit axe.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (de) Johann Jacob von Wallhausen, Kriegskunst zu Pferd., Francfort, (lire en ligne), p. 35
  2. (de) D. Johann Krünitz, Oeconomische Encyclopädie oder Allgemeines System der Land-, Haus- und Staats-Wirthschaft in Alphabetischer Ordnung, vol. 34, Berlin, Joachim Pauli, (lire en ligne), p. 628 ff