Spéléologie au Chili

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La Perte de l'Avenir est une cavité ouverte au contact entre le marbre et les grès sédimentaires, au déversoir de deux lacs étagés post-glaciaires. C'est sans doute la plus belle des entrées de cavité sur les îles calcaires de Patagonie chilienne.

La spéléologie au Chili a débuté dans les années 1990, les grottes et gouffres sont situés essentiellement sur des îles karstiques difficiles d’accès, dans la Province de Ultima Esperanza en Patagonie occidentale.

Historique[modifier | modifier le code]

Les spectaculaires cannelures d'érosion karstique descendent jusqu'à la mer du seno Huémul, sur l'île Diego de Almagro.

En 1995, lors d’une reconnaissance, quatre spéléologues de l’association Centre Terre[1] découvrent des lapiez et des gouffres sur l'Île Diego de Almagro[2].

En 1997, durant la première expédition Ultima Esperanza[3], l’exploration de la « Perte de l’Avenir » (-96 mètres) confirme l’existence de réseaux souterrains importants sur l’île[2].

En 2000, une importante expédition nationale de la Fédération française de spéléologie a lieu sur l’Île Madre de Dios, située un degré et demi plus au nord. De nombreuses cavités sont explorées, dont la « Perte du Futur » (-376 mètres), le gouffre le plus profond, ainsi que le plus long système souterrain (« Perte du Temps », 2500 mètres de développement), connus au Chili[2].

En 2006, 2008 et 2010, de nouvelles expéditions de l'association Centre Terre, baptisées « Ultima Patagonia[2] » poursuivent l'exploration de l'île Madre de Dios[4].

En 2014, une nouvelle expédition de l'association Centre Terre sur l'Île Diego de Almagro explore 80 cavités totalisant 8 054 mètres de réseaux souterrains inconnus[5].

En janvier-février 2017, une expédition géographique et spéléologique organisée par Centre Terre explorera la partie nord de l'île Madre de Dios[6] et construira une base scientifique sur les rives du seno Barros Luco pour faciliter les expéditions ultérieures[7].

Archéologie[modifier | modifier le code]

Les expéditions franco-chiliennes (Centre Terre, 2006, 2008, 2010) ainsi que italienne (2003), polonaise (2003), japonaise (2013) cumulent les explorations et les découvertes : des vestiges archéologiques (Cueva de la Cruz, Cueva Ayayema en 2000), des peintures rupestres (Cueva del Pacifico[8] en 2006 ; Cueva Augusta en 2014) et plusieurs abris sous roche utilisés par le peuple Kawésqar sont inventoriés.

L'utilisation ancienne de ces lieux inhospitaliers est attestée par la découverte des restes d'un squelette humain à la Cueva Ayayema (île Madre de Dios), dont le crâne a été daté de 4 500 ans BP[9].

La Grotte de la Baleine abrite les ossements de six cétacés, dont certains ont été retrouvés à 37 mètres de hauteur dans la grotte, probablement entraînés par un tsunami. Un os a été daté à 2 600 ans BP.

Principales cavités[modifier | modifier le code]

Patagonie insulaire[modifier | modifier le code]

Les peintures rupestres de la Cueva del Pacifico, découverte en 2006 par l'expédition Ultima Patagonia 2006 sur l'île Madre de Dios, sont les premières manifestations artistiques attribuables aux Indiens Canoeros. Elles ont servi de modèle pour la conception du drapeau de la communauté Kawésqar de Puerto Eden (Patagonie chilienne). On note un grand anthropomorphe pointillé, et deux figures géométriques symboliques, réalisées à l'ocre.

Grottes touristiques[modifier | modifier le code]

  • Cueva del Mylodon, Puerto Natales, Region de Magallanes
  • Catedral de Marmol, Lago General Carrera, Region XI
  • Cueva Ana Kai Tangata, Île de Pâques

Sources[modifier | modifier le code]

Rapports d'expédition (français/anglais/espagnol)
  • Ultima Esperanza, 1997, 60 pages, Centre Terre, 1998
  • Ultima Patagonia, 2000, 36 pages, Centre Terre, 2001
  • Ultima Patagonia, 2006, 32 pages, Centre Terre, 2007 fr, en
  • Ultima Patagonia, 2008, 42 pages, Centre Terre, 2009
  • Ultima Patagonia, 2010, 25 pages, Centre Terre, 2011
  • Ultima Patagonia, 2014, 104 pages, Centre Terre, 2015[5]
Rapport scientifique (français & espagnol)
  • Ultima Patagonia, 2006 (préliminaire), 98 pages, Centre Terre, octobre 2006 fr & es
Livre (français)
  • "L'Île aux Glaciers de Marbre", 208p, G. Marbach, Ed Centre Terre 2012
Films (français)
Articles choisis
  • Karsts de Patagonie, une étoile est née, n° 26 spécial de Spéléo (revue), avril-juin 1997.
  • Ultima Esperanza, expédition à l'envers du monde ou les karsts de l'extrême, Terre Sauvage, n° 133, 10/98, p. 76-87.
  • Patagonie chilienne : les cavités les plus australes du monde, Spelunca N°73, 1er trimestre 1999
  • Les glaciers de Marbre de Patagonie, Karstologia no 33, 1er semestre 1999
  • Île Madre de Dios : Le grand sud, Georges Marbach, Spéléo n° 34, mai 2000
  • L’expédition Ultima Patagonia, Aventure n° 89, La Guilde du Raid, juin 2000
  • (en)Deep Into the Land of Extremes: Probing Chile's Wild Coast, text and photos Peter Carsten, National Geographic Magazine, 2001, June.
  • Ultima Patagonia 2010 : Dix ans sur les karsts du grand sud, Spelunca N°118, 2e trimestre 2010
  • Ultima Patagonia 2014 : L'île Diego de Almagro, Spelunca N° 138, 2e trimestre 2015

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Site officiel de l'association Centre Terre
  2. a, b, c et d « 20 ans d’expéditions pour Centre Terre », sur centre-terre.fr, (consulté le 15 mai 2016)
  3. [vidéo]Luc-Henri Fage, « L'expédition Ultima Esperanza 1997 », sur Youtube, (consulté le 15 mai 2016)
  4. [vidéo](es) « Expedicion Ultima Patagonia 2010 », sur Youtube, (consulté le 15 mai 2016)
  5. a et b Centre Terre, « Rapport de l'expédition Ultima Patagonia 2014 (payant) »
  6. Richard Maire & Stéphane Jaillet (coordination scientifique) ; Bernard Tourte (chef d’expédition), « Ultima Patagonia 2017 - Projet scientifique », sur Centre Terre, (consulté le 15 mai 2016)
  7. « Ultima Patagonia 2017 », (consulté le 15 mai 2016)
  8. [vidéo]Luc-Henri Fage, « Gabriela Paterito, Cueva del Pacifico, isla Madre de Dios, Chili », sur Youtube, (consulté le 15 mai 2016)
  9. (es) Legoupil D., « La sepultura de la Cueva Ayayema (Isla Madre de Dios, Archipiélagos occidentales de Patagonia). », Anales des Instituto de la Patagonia, no 32,‎ , p. 115*124

Voir aussi[modifier | modifier le code]