Aven du Caladaïre

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Aven du Caladaïre
Aven du CaladaireP1010054mod.jpg
Puits d'entrée de l'aven du Caladaïre.
Localisation
Coordonnées
Adresse
Massif
Localité voisine
Caractéristiques
Type
Altitude de l'entrée
891 m
Longueur connue
1 850 m
Période de formation
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L'aven du Caladaïre est un gouffre situé sur la commune de Montsalier dans les monts de Vaucluse (plateau d'Albion), département des Alpes-de-Haute-Provence. D'un point de vue hydrogéologique, cette cavité appartient au bassin versant de la fontaine de Vaucluse (Fontaine-de-Vaucluse, Vaucluse).

Toponymie[modifier | modifier le code]

L'aven ou le gouffre était appelé par les fermiers du voisinage « trou de l’Obœuf ». Le nom de gouffre du Caladaïre a été donné en 1945 en raison des restes humains trouvés au fond du premier puits. Ces restes furent attribués, par les habitants du pays, à un cantonnier (caladaïre en patois) disparu mystérieusement au siècle dernier[1].

Spéléométrie[modifier | modifier le code]

La profondeur de l’aven du Caladaïre est de 667 m, pour un développement d'environ 1 850 m[2]. Toutefois, le développement serait plutôt compris entre 2000 et 3 000 m après intégration des réseaux des Rognons et du Monopoly explorés de 1984 à 1987.

Géologie[modifier | modifier le code]

L’aven s'ouvre dans les calcaires du Barrémien.

Historique[modifier | modifier le code]

En 1879, l’aven du Caladaïre est pointé sur la carte de Marius Bouvier. Les premiers repérages ont lieu en 1942 par les Éclaireurs de France (EdF) d’Apt, puis en 1944 Jean Marty et Pierre Servel d’Apt (Clan « Lei Collo Cremado », EdF) sondent l’aven à -62 m. La cote -10 m est atteinte en 1945 par Jean Marty, les EdF et la Société Spéléologique d'Avignon (SSA) atteignent la cote -220 en 1946, -313 en 1947, -470 en 1948, -487 en 1949[N 1]. La reprise des explorations intervient en 1964 avec la Société Spéléologique d'Avignon (SSA) qui s’arrête à -518, puis à -640 en 1965 et touche le fond en 1966 à la cote -667 m [3]. De 1975 à 1977, les spéléologues de Cavaillon, Vedène et Toulon découvrent des prolongements par escalade. De 1984 à 1987, la SSA explore divers réseaux situés entre les cotes -170 et -320 m.

Traçages[modifier | modifier le code]

Malgré un faible débit, une coloration est tentée le 12 août 1966 à la cote -445 m avec 50 kg d’uranine. Le colorant est sorti 92 jours plus tard à la fontaine de Vaucluse[4].

Explorations[modifier | modifier le code]

L’exploration de l’aven a été réalisée par des expéditions lourdes dont les temps de séjour sous terre ont atteint 145 heures en 1948 et près de 10 jours en 1949. L’exploration du 15 au 25 août 1949 représente le plus long séjour sous terre jamais effectué (231 heures consécutives), ainsi que le record féminin mondial de descente dans un gouffre (-487) par Geneviève Mazaud du clan Claude Sommer (Paris, EdF) qui faisait partie de l’équipe du fond avec un temps passé sous terre de 222 heures[5].

Le record féminin de durée sous terre est porté à 269 heures en 1955 dans le gouffre du Caladaïre par Brigitte Léger du clan du Moulin Vert (Paris, EdF)[5].

Au cours de l’expédition de Pâques 1948, « une rupture d’agrès projeta un routier de 14 mètres de haut. Sa chute fut heureusement amortie par une flaque d’eau d’une vingtaine de centimètres, mais n’empêcha pas celui-ci de se fracturer le bassin et un coude. La remontée fut extrêmement pénible puisqu'elle dura 26 heures à tirer ce malheureux, inconscient, grâce à une piqûre de morphine »[6].

Explorations des réseaux des Rognons (de -270 à -320 m) et du Monopoly (de -170 à -220 m) par la SSA entre 1984 et 1987[7].

Film[modifier | modifier le code]

Les Éclaireurs de France y ont réalisé un film : « Le gouffre du Caladaïre et la grotte de Lombrives (35 et 16 mm) »[8].

La Société Spéléologique d'Avignon a réalisé un diaporama projeté le 14-4-1968 lors du XIe congrès régional du CSAPCAC[9].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Parein R. & Languille A. (1981) - La Haute Provence souterraine. Contribution à l’étude spéléologique du bassin d’alimentation présumé de la fontaine de Vaucluse. Chez les auteurs, 422 p.
  • Jean-Jacques Delannoy et Richard Maire, « Les grandes cavités alpines. Répartition et contexte hydrogéologique », revue Karstologia : revue de karstologie et de spéléologie physique de la Fédération française de spéléologie et de l'Association française de karstologie, vol. 3,‎ , p. 66 (lire en ligne, consulté le 27 novembre 2017).
  • Paul Courbon et René Parein, Atlas souterrain de la Provence et des Alpes de Lumière. Cavités supérieures à 100 m de profondeur ou 1000 m de développement des départements suivants: Alpes de Haute-Provence, Hautes-Alpes, Alpes Maritimes, Bouches-du-Rhône, Var, Vaucluse (3e édition), La Ravoire, GAP, , 253 p., A4 (ISBN 2-7417-0007-9, présentation en ligne), p. 10-19.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. En spéléologie, les mesures négatives ou positives se définissent par rapport à un point de référence qui est l'entrée du réseau, connue, la plus élevée en altitude.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Barone R. (1949) - Exploration du gouffre du Caladaïre. Ann. de Spél., t. IV, fasc. 1, pp. 11-13.
  2. Bigot Jean-Yves, « Spéléométrie de la France. Cavités classées par département, par dénivellation et développement. », Spelunca Mémoires n° 27,‎ , p. 160 (ISSN 0249-0544).
  3. « Société Spéléologique d'Avignon (SSA) A la découverte du monde souterrain » (consulté le 24 novembre 2017)
  4. Saire J. (1967) - La coloration du gouffre du Caladaïre. Bull. de la S. S. Avignon, n° 5, p. 21.
  5. a et b Choppy J. (1988) – Scoutisme et spéléologie. S. C. Paris edit., 46 p.
  6. Galerne J. (1948) – Le gouffre du Caladaire. Camping Plein Air, n° de mai, p. 25.
  7. Delabre D. & Gruneisen A. (1993) - Le Caladaïre et le réseau du Monopoly. Bull. de la S. S. Avignon, n° 11, pp. 13-15, 2 pl. h. t.
  8. Boulanger P. (1966) - Grottes et abîmes ou les ténèbres conquises. Nouvelles Editions Latines édit., Paris, 222 p.
  9. Société Spéléologique d’Avignon (1968) - Textes explicatifs concernant deux diaporamas et fournis par leurs auteurs. Actes du XIème Congrès spéléologique régional de Provence Côte d’Azur Corse, Carpentras, Pâques 68, C. S. P. C. A. C. édit., pp. 24-25, coupe h. t.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Autres liens[modifier | modifier le code]