Grotte de Bournillon

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Grotte de Bournillon
Image dans Infobox.
Porche de la grotte de Bournillon, le plus haut d'Europe.
Localisation
Coordonnées
Pays
Région française|Région
Département
Massif
Vallée
Localité voisine
Caractéristiques
Type
calcaire
Altitude de l'entrée
418 m
Longueur connue
7 886 m
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La grotte de Bournillon est située sur la commune de Chatelus dans le cirque de Bournillon dans le massif du Vercors à l'altitude de 418 mètres. Elle est une des principales exurgences du Vercors et possède des crues pouvant atteindre 80 mètres cubes par seconde.

Historique[modifier | modifier le code]

En 1897 une équipe menée par Oscar Decombaz explore la cavité jusqu'à l'Aiguille de métro où la galerie siphonne. En 1942 André Bourgin et Roger Pénelon trouvent la galerie supérieure et la galerie latérale. Différentes plongées à partir de l'aiguille de métro ne permettent pas une progression significative vers l'amont[1]. Une sécheresse exceptionnelle en 1985 permet à Maurice et Franck Chiron de découvrir 1 600 mètres de nouvelles galeries avec arrêt à + 95 mètres [N 1] pour le point le plus élevé et sur deux siphons Alpha et Bêta [2]. Ces siphons sont plongés mais l'amont reste à poursuivre[3],[4].

Description[modifier | modifier le code]

homme debout dans une rivière souterraine
Au début de la grotte de Bournillon dans la rivière en haut débit.

Au-dessus du lac d'entrée la galerie moyenne rejoint la galerie principale après une vire. La galerie s'arrête en général sur un plan d'eau siphonnant appelé l'Aiguille de métro. Une galerie supérieure rejoint la galerie principale. Après quatre à cinq mois de sécheresse, certaines années, la branche droite de l'Aiguille de métro peut donner accès à l'amont, suite au désamorçage du siphon. Le labyrinthe constitue le passage clé et mortel en cas d'orage de la suite du réseau. La salle des centaures de 30 × 10 mètres redonne sur des laminoirs[N 2] ascendants conduisant à une autre salle : Minos Center. La galerie des Champs Elyséens large de dix mètres se dédouble et bute sur les siphons Alpha et Bêta. Ces siphons continuent vers le sud-sud est (500 mètres pour -36 m pour le siphon Bêta et 543 mètres pour -85 m pour le siphon Alfa)[5],[6].

Hydrologie[modifier | modifier le code]

homme debout dans une rivière souterraine
La rivière de la grotte de Bournillon en crue peut avoir des débits spectaculaires.

La grotte de Bournillon constitue un trop-plein des sources d'Arbois. Deux autres trop-pleins existent, le siphon d'Arbois et la grotte de la Luire. Le bassin d'alimentation correspond au sud Vercors : les hauts plateaux du Vercors et le plateau de Vassieux[7],[8]. Dès que les sources d'Arbois ont un débit supérieur à 3,5 m3/s, la grotte de Bournillon fonctionne en émergence. À plus de 40 m3/s de débit à la grotte de Bournillon, la grotte de la Luire se met en charge et déborde. Le débit moyen de Bournillon est de 3,8 m3 par seconde et le débit à l'étiage est nul. Le débit d'étiage des sources d'Arbois est de 1,7 m3 par seconde pour un débit moyen de 40 m3 par seconde.

Géologie[modifier | modifier le code]

La grotte se développe à la base des calcaires à faciès urgonien. Une datation d'une stalagmite a permis de remonter à plus de 350 000 ans la formation de ce spéléothème. Le creusement de la cavité, deux cents mètres au-dessus des gorges de la Bourne remonte au Pliocène, il y a 3-4 millions d'années[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. En spéléologie, les mesures négatives ou positives se définissent par rapport à un point de référence qui est l'entrée du réseau, connue, la plus élevée en altitude.
  2. En spéléologie, un laminoir est une galerie particulièrement basse où il faut ramper.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Serge Caillault, Dominique Haffner, Thierry Krattinger et Jean-Jacques Delannoy, Spéléo sportive dans le Vercors-Tome 2, Aix-en-Provence, Edisud, , 160 p. (ISSN 0764-2520).
  2. Maurice Chiron et Baudouin Lismonde, Fédération française de spéléologie, « Bournillon: histoire de la progression vers le sud », Scialet: bulletin du CDS de l'Isère, Grenoble, Comité départemental de spéléologie de l'Isère, no 14,‎ , p. 46-54 (ISSN 0336-0326).
  3. David Bianzani, « Grotte de Bournillon siphon beta : Compte rendu de l’exploration du 5 aout 2010 » [PDF], sur site de plongées souterraines, (consulté le 8 juin 2017).
  4. David Bianzani et Marlène Garnier, « Vercors: grotte de Bournillon - Les plongées des siphons terminaux », Spéléo, Corenc, Spéléo magazine, no 100,‎ , p. 18-23 (ISSN 1629-1573).
  5. David Bianzani, « Vercors: grotte de Bournillon - Campagne de plongées pour Alpha et Bêta », Spéléo, Corenc, Spéléo magazine, no 103,‎ , p. 6-7 (ISSN 1629-1573).
  6. [vidéo] Grotte Bournillon-août 2018, David Bianzani (réalisateur), Nicolas Heidlas (musique) (Youtube. Consulté le . “min 7 s”.
  7. Baudouin Lismonde, Les affluents souterrains de la Bourne, Généalogie et histoire locale, coll. « Les cahiers du Peuil » (no 6), , 28-34 p., 30 cm (ISSN 1256-6314).
  8. Jean-Jacques Delannoy et Richard Maire, « Les grandes cavités alpines. Répartition et contexte hydrogéologique », revue Karstologia, vol. 3,‎ , p. 66 (lire en ligne, consulté le 9 juin 2017).
  9. Serge Caillault, Dominique Haffner, Thierry Krattinger et Jean-Jacques Delannoy, Spéléo sportive dans le Vercors-Tome 2, Aix-en-Provence, Edisud, (ISSN 0764-2520), p. 165.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Bourgin, « La Bourne et ses affluents souterrains », revue de géographie alpine, vol. 29,‎ , p. 62-63 (lire en ligne, consulté le 8 juin 2017).
  • Baudouin Lismonde et Jean Michel Frachet, Fédération française de spéléologie, Grottes et scialets du Vercors: tome 1, le Vercors nord, Grenoble, Comité départemental de spéléologie de l'Isère, , 40-42 p. (ISSN 0336-0326).
  • Jean-Jacques Delannoy et Richard Maire, « Les grandes cavités alpines. Répartition et contexte hydrogéologique », revue Karstologia, vol. 3,‎ , p. 66 (lire en ligne, consulté le 30 mai 2017).
  • Jean-Jacques Delannoy, Association française de karstologie, « Le Vercors : un massif de la moyenne montagne alpine », Karstologia : revue de karstologie et de spéléologie physique de la Fédération française de spéléologie et de l'Association française de karstologie, Paris, Fédération française de spéléologie, no 1,‎ 1er semestre 1984, p. 36 (ISSN 0751-7688, lire en ligne, consulté le 8 juin 2017).
  • Maurice Chiron et Baudouin Lismonde, Fédération française de spéléologie, « Bournillon: histoire de la progression vers le sud », Scialet: bulletin du CDS de l'Isère, Grenoble, Comité départemental de spéléologie de l'Isère, no 14,‎ , p. 46-54 (ISSN 0336-0326, lire en ligne, consulté le 8 juin 2017).
  • Serge Caillault, Dominique Haffner, Thierry Krattinger et Jean-Jacques Delannoy, Spéléo sportive dans le Vercors-Tome 2, Aix-en-Provence, Edisud, , 160 p. (ISSN 0764-2520), p. 162-165.
  • Maurice Chiron, Fédération française de spéléologie, « Bournillon et son labyrinthe, Bournillon et sa rivière, Hydrogéologie du système Luire-Arbois-Bournillon, Bibliographie de Bournillon », Scialet: bulletin du CDS de l'Isère, Grenoble, Comité départemental de spéléologie de l'Isère, no 31,‎ , p. 55-75 (ISSN 0336-0326, lire en ligne, consulté le 18 novembre 2020).
  • Baudouin Lismonde, Les affluents souterrains de la Bourne, Généalogie et histoire locale, coll. « Les cahiers du Peuil » (no 6), , 28-34 p., 30 cm (ISSN 1256-6314).
  • Maurice Chiron, Baudouin Lismonde, Marlène Garnier et Laurent Garnier, « Grotte de Bournillon », Spéléo Magazine, no 71,‎ , p. 21-29 (ISSN 1629-1573).
  • David Bianzani, Marlène Garnier et Laurent Garnier, « Grotte de Bournillon: place aux plongées », Spéléo Magazine, no 100,‎ , p. 16-27 (ISSN 1629-1573).

Vidéo[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]