Réseau du Trou qui souffle

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Trou qui souffle
Entrée historique du Trou qui souffle.jpg
Entrée historique du Trou qui souffle.
Localisation
Coordonnées
Adresse
Massif
Localité voisine
Caractéristiques
Type
Altitude de l'entrée
1 070 m
Longueur connue
50 km
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Le réseau du Trou qui souffle est un ensemble de cavités souterraines karstiques du massif du Vercors qui se trouve sur la commune française d'Autrans-Méaudre en Vercors, dans le département de l'Isère en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Il s'agit, avec son développement de 50 kilomètres, du second réseau le plus long du massif. Depuis l'entrée haute (Toboggan des Naïades) jusqu'au fond (Siphon sud), le dénivelé total du complexe souterrain est de 670 mètres.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le réseau atteint le niveau imperméable de la base du synclinal d'Autrans-Méaudre en Vercors, au niveau du siphon de la Cuspide et du Siphon sud. Les écoulements pérennes dans les réseaux sénoniens[N 1] et urgoniens[N 2] sortent à l'exsurgence de Goule-Noire[1], selon les résultats d'une coloration effectuée en 1954[L 2].

En 2016, sept entrées sont dénombrées ; ce sont : le Trou qui souffle, l'Ortovox, les Saints de Glace, la Lucarne des araignées, leToboggan des Naïades, l'Orbito et le scialet Gérard[2],[3].

Formation[modifier | modifier le code]

Le réseau du Trou qui souffle se développe dans les calcaires sénoniens et urgoniens.

De nombreuses galeries du sénonien qui reçoivent actuellement des écoulements forment la partie supérieure du complexe (Cigale, réseau Bourgin, Saints de glaces…).

Néanmoins les calcaires urgoniens sont atteints au niveau de l'important collecteur[N 3] allant du siphon de la Cuspide au fond du scialet de l'Orbito en passant par la Conciergerie, la salle Hydrokarst et la galerie François nord. Un second collecteur dans l'urgonien probablement plus ancien existe. Il s'agit des galeries de Pâques (Pâques sud et Pâques nord).

Exploration[modifier | modifier le code]

Entrée historique du Trou qui souffle située au bord de la route forestière.

L'entrée dite « Trou qui souffle » (TQS) est découverte lors de travaux de construction de la route allant du village de Méaudre au pas de Pertuson [5]. André Bourgin, membre du Spéléo-club alpin de Paris (SCAP), l'explore pour la première fois en 1937.

Depuis son aménagement en 1990, les Saints de Glace sont l'entrée la plus utilisée du réseau. Il s'agit d'un long méandre débouchant au sommet de la salle Hydrokarst à −226 mètres.

  • 1937-1940 : réseau Bourgin (-200) par André Bourgin
  • 1953 : Condensation, Cigale et Toussaint par les scouts lyonnais du Clan de la Verna
  • 1962 : réseau des Cyclopes par le groupe des Cyclopes, club parisien
  • 1990 : découverte de la seconde entrée par les Spéléologues grenoblois du club alpin français (SGCAF)
  • 2008-2011 : découverte des réseaux de la Truite par le groupe Spéléo-montagne de Fontaine
  • 2012 : jonction TQS - Orbito depuis le scialet de l'Orbito, par le SGCAF

La traversée TQS - Saints de Glace est une classique du Vercors très fréquentée par les spéléologues.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le « Trou qui souffle » (TQS) tient son nom d'un violent courant d'air soufflant qui sort de terre[L 3].

Réseau sénonien[modifier | modifier le code]

Entrée des Saints de Glace, cavité désobstruée.

Divers éléments appartiennent au réseau sénonien. Ce sont[L 4] :

  • « Cigale », surnom de Claude Delmotte, jeune fille qui participa aux explorations du Clan de la Verna en 1953-1954 ;
  • « Gault », galerie creusée dans cette roche située à la base du sénonien ;
  • « Pont d'Arc », galerie dont une arche naturelle évoque le site ardéchois ;
  • « Les Saints de Glace », nom donné à cause de la température du réseau.

Réseau urgonien[modifier | modifier le code]

Dans ce réseau, se sont notamment formées les salles et galeries suivantes :

  • « Salle François », en mémoire de François Sylvestre du groupe des Cyclopes, décédé dans une crevasse en 1967 lors d'un raid Briançon - Chamonix ;
  • « Quai aux fleurs », la galerie est couverte de vagues d'érosions et les bassins sont tapissés de mondmilch qui dessine d'élégantes formes végétales ;
  • « Salle Hydrokarst », l'origine du nom vient de la société grenobloise de plongeurs professionnels, à l'origine de la découverte de la salle ;
  • « Grand Toboggan », conduite forcée à forte pente et au sol argileux[L 4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. les écoulements sénoniens sont les ruisseaux Bourgin, de la Toussaint, Cigale, du Pont d'Arc, de la salle de la Vire, du puits Noyé, Cyclope, Polyphème, Saints de Glace et du méandre François[L 1].
  2. Les écoulements urgoniens sont les ruisseaux de la Truite, du réseau Chiffré, du puits Méga et de la galerie des Lacs, ainsi que les ruisselets du Labyrinthe, de Pâques nord, avant les Rasoirs, du Grand-Toboggan et de la galerie de la Dune[L 1].
  3. En spéléologie un collecteur est une « galerie principale recueillant les eaux des autres galeries[4] ».

Références[modifier | modifier le code]

Le Trou qui souffle de Méaudre - Vercors, Comité départemental de spéléologie de l'Isère, 1991[modifier | modifier le code]

  1. a et b Lismonde 1991, p. 99-101.
  2. Lismonde 1991, p. 71.
  3. Lismonde 1991, p. 155.
  4. a et b Lismonde 1991, p. 144-145.

Autres sources[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Jacques Delannoy, Association française de karstologie, « Le Vercors : un massif de la moyenne montagne alpine », Karstologia : revue de karstologie et de spéléologie physique de la Fédération française de spéléologie et de l'Association française de karstologie, Paris, Fédération française de spéléologie, no 1,‎ 1er semestre 1984, p. 41 (ISSN 0751-7688, lire en ligne).
  2. Garnier 2015, no 44, p. 77.
  3. Élise Dubouis, France Rocourt, Thierry Larribe, Laurent Minelli, Lionel Revil et François Landry, Spéléo secours Isère, « Réseau du trou qui souffle :  », sur sssi.fr, (consulté le 8 novembre 2016).
  4. David Pujol, « Glossaire : Collecteur », termes spéléologiques, sur site personnel, mis à jour le 07 juillet 2009 (consulté le 24 septembre 2016), p. C.
  5. Beaudouin Lismonde, Jean-Jacques Delannoy (coll.), Jérôme Biju-Duval (coll.) et Bernard Cruat (coll.) (ill. Régine Landry, photogr. Serge Caillault et al.), Le Trou qui souffle de Méaudre - Vercors, Grenoble, Comité départemental de spéléologie de l'Isère, , 148 p., 30 cm (ISBN 2-9026-7027-3, lire en ligne [PDF]), p. 115.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Beaudouin Lismonde, Jean-Jacques Delannoy (coll.), Jérôme Biju-Duval (coll.) et Bernard Cruat (coll.) (ill. Régine Landry, photogr. Serge Caillault et al.), Le Trou qui souffle de Méaudre - Vercors, Grenoble, Comité départemental de spéléologie de l'Isère, , 148 p., 30 cm (ISBN 2-9026-7027-3, lire en ligne [PDF]).Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Serge Caillault, Dominique Haffner et Thierry Krattinger, Spéléo sportive dans le Vercors-Tome 1, Aix-en-Provence, Édisud, , 160 p. (ISBN 2-85744-897-X).
  • François de Felix, François Landry, Thierry Larribe, et France Rocourt, Spéléo Secours Isère 1970 - 2010 : 40 ans de secours souterrain , Comité départemental de spéléologie de l'Isère, 1er janvier 2010 (ISBN 2902670664), (OCLC 834984781)

Scialet : bulletin du CDS[modifier | modifier le code]

Articles[modifier | modifier le code]

  • Baudouin Lismonde, Laurent Landry, Eric Laroche-Joubert, Nicole David et François Landry, Association française de karstologie, « Une marmite remarquable du Trou qui Souffle (Vercors, France) », Karstologia, Paris, Association française de karstologie, no 10,‎ , p. 39-42 (ISBN 978-2-95-042225-5, lire en ligne).
  • Christophe Honneger, « Ortovox, nouvelle entrée du Trou qui souffle », Spéléo, Corenc, Spéléo magazine, no 55,‎ , p. 14-15 (ISSN 1629-1573).
  • Philippe Audra-Responsable d'édition et Baudouin Lismonde, Association française de karstologie, « Grottes et karts de France - Le Trou qui souffle », Karstologia Mémoires, Paris, Association française de karstologie, no 19,‎ , p. 216-217 (ISBN 978-2-95-042225-5).

Vidéos[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]