Organisation du traité de l'Atlantique nord

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Organisation du traité de l'Atlantique nord
North Atlantic Treaty Organization
Logo de l'organisation
Carte de l'organisation
Carte des pays membres de l'OTAN.

Création
Type Alliance militaire
Siège Bruxelles (Drapeau de la Belgique Belgique)
Coordonnées 50° 52′ 34″ N, 4° 25′ 19″ E
Langue Anglais
Français
Budget Budget militaire : 1,4 milliard d' (2014)
Budget civil : 214 millions d'€[1]
Membres
Effectifs 2010 : 12 500
2009 : 17 000[2]
Secrétaire général Drapeau de la Norvège Jens Stoltenberg
Personnes clés Amiral Giampaolo Di Paola
Général Philip M. Breedlove
(SACEUR)
Général d'armée aérienne Denis Mercier (SACT)
Site web www.nato.int

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Organisation du traité de l'Atlantique nordNorth Atlantic Treaty Organization

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Organisation du traité de l'Atlantique nordNorth Atlantic Treaty Organization

L'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN ou Otan ; en anglais : North Atlantic Treaty Organization, NATO ; aussi nommé « l'Alliance », pour « Alliance atlantique ») est une organisation politico-militaire qui rassemble de nombreux pays occidentaux, dont le but premier est d'assurer leur défense commune contre les menaces extérieures ainsi que la stabilité des continents ou sous-continents européen et nord-américain. Son siège, initialement situé à Londres puis à Paris, se trouve depuis 1966 à Haren (Bruxelles), et son commandement militaire (SHAPE), initialement à Rocquencourt (France), se trouve aujourd'hui à Casteau (Mons), également en Belgique.

L'OTAN est née le à la suite de négociations lancées par les cinq pays européens signataires du traité de Bruxelles (Belgique, France, Luxembourg, Pays-Bas et Royaume-Uni) avec le Canada et les États-Unis, et cinq autres pays d'Europe invités à participer (Danemark, Italie, Islande, Norvège et Portugal). D'autres pays occidentaux l'ont rejoint par la suite, mais cinq nations européennes (l'Autriche, la Finlande, l'Irlande, la Suède et la Suisse) n'en font pas partie afin de conserver leur neutralité sur le plan militaire ; toutefois, leurs armées sont aux normes établies par les membres de l'OTAN.

L'Alliance avait pour vocation initiale d'assurer la sécurité du continent européen après la Seconde Guerre mondiale, en prévenant d'éventuels soubresauts d'impérialisme allemand et en s'opposant à toute tentative expansionniste de l'Union soviétique. Entre 1955 et 1991, l'adversaire désigné de l'OTAN prend la forme du pacte de Varsovie, une organisation de sécurité collective sous obédience soviétique créée à la suite de l'intégration militaire de la RFA au bloc de l'Ouest et se présentant comme politiquement et militairement symétrique à l'Alliance atlantique. Selon les ambitions affichées par son secrétaire général britannique Hastings Lionel Ismay, le rôle de l'OTAN consistait au cours des années de guerre froide à « garder les Russes à l'extérieur, les Américains à l'intérieur et les Allemands sous tutelle »[3].

Depuis la dissolution de l'URSS en 1991, l'organisation a dû faire face à de nouvelles menaces, comme les revendications nationalistes dans l'ancien bloc communiste et l'essor du terrorisme international. Poursuivant leur vocation de stabilisation, les pays de l'Alliance ont établi depuis 1994 un « partenariat pour la paix » avec la Russie et les pays de sa zone d'influence, et avec les pays occidentaux qui ne veulent pas faire partie de l'OTAN. Prenant acte des élargissements européens successifs vers l'est, les accords « Berlin plus » de 1999 prévoient en outre le transfert des moyens de l'OTAN à l'Union européenne pour certaines opérations dans le cadre des missions de Petersberg[N 1].

Sommaire

Histoire[modifier | modifier le code]

Genèse (1948-1949)[modifier | modifier le code]

Chronologie des adhésions des pays.

L'OTAN semble être née d'abord d'une incapacité de l'ONU à assurer la paix mondiale, bloquée par les multiples vétos soviétiques. Pour réaliser l'alliance qui permettrait la paix, les Occidentaux qui craignent un autre veto, trouvent une parade en ayant recours à l‘article 51 de la charte des Nations unies. En effet, comme le précise l'article 51, dans le cadre de la légitime défense collective une association de nations n'a pas besoin de l'autorisation du Conseil de sécurité.

Les Européens veulent assurer leur sécurité, ils veulent prévenir une autre guerre en Europe alors qu'à l'Est la menace communiste se fait de plus en plus forte, surtout après le départ de la majorité des troupes américano-canadiennes qui stationnaient en Europe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les alliés européens souhaitent l'aide des États-Unis pour assurer efficacement leur défense.

Mais les États-Unis veulent d'abord que les Européens réalisent eux-mêmes leur défense, quitte à les aider par la suite, craignant qu'une alliance brise le mouvement d'unification de l'Europe. On voit d'ailleurs que dans le traité, cette volonté que l'Europe prenne en charge sa défense elle-même est encore présente, et l'article 3 permet aux Américains d'aider au développement militaire de l'Europe pour que celle-ci développe son propre système défensif (sorte de plan Marshall militaire). Mais la situation internationale évolue après le coup de Prague du . Ainsi, le est conclue l'alliance militaire du traité de Bruxelles entre la France, le Royaume-Uni, la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg qui préfigure la future Alliance atlantique[4].

Après le blocus de Berlin, les appels des Européens se font de plus en plus insistants. Une entente secrète est réalisée entre les Anglo-saxons pour fixer les bases de l'Alliance atlantique.

Une dernière étape reste néanmoins à franchir : toute alliance militaire des États-Unis en temps de paix est interdite par leur Constitution. Le sénateur Arthur H. Vandenberg (en) fait voter la résolution 239 pour établir l'alliance le . L'alliance devient constitutionnelle, à la condition d'être conforme à la Charte des Nations unies. Sur demande du sénat américain, on inscrit dans le traité (art. 5), que les mesures à prendre en cas d'agression sur un des membres soient laissées souverainement au choix de chacun des pays signataires. Le sénat voulait préserver le choix du Congrès américain de faire ou non la guerre.

Des pourparlers à Washington, du au définissent les bases du traité. Ce pacte militaire est donc né d'un accord signé le à Washington ; il s'agit du traité de l'Atlantique nord[5] dont l'article 5 sur la solidarité entre ses membres en cas d'agression est le point primordial.

Ce traité a alors été ratifié par les États-Unis, le Canada, la Belgique, le Danemark, la France, les Pays-Bas, l'Islande, l'Italie, le Luxembourg, la Norvège, le Royaume-Uni, pays étant tous des démocraties, et le Portugal, dictature ayant soutenu les Alliés de la Seconde Guerre mondiale. Ils constituaient à cette époque une partie du Monde libre.

L'article 5 de la charte de l'Otan précise : « Les parties conviennent qu'une attaque armée contre l'une ou plusieurs d'entre elles survenant en Europe ou en Amérique du Nord sera considérée comme une attaque dirigée contre toutes les parties, et en conséquence elles conviennent que, si une telle attaque se produit, chacune d'elles [...] assistera la partie ou les parties ainsi attaquées [...] y compris [par] l'emploi de la force armée, pour rétablir et assurer la sécurité dans la région de l'Atlantique nord ».

Par ailleurs, en , après le coup de Prague, la CIA avait entrepris de systématiser des préparatifs qui s'inscrivaient dans le contexte du début de la guerre froide. Le , le Conseil de sécurité américain adoptait la résolution NSC 10/2, chargeant l'Office of Special Projects d'établir un programme d'action clandestin. La CIA mit en place des réseaux de résistance bien armés et bien organisés surnommés Stay-behind qui devaient se soulever en cas de succès d'une invasion soviétique en Europe de l'Ouest.

Missions selon le traité de l'Atlantique nord (1949)[modifier | modifier le code]

Logo de l'OTAN.
Le drapeau de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord flottant lors d'un sommet en Pologne.

Avec ce traité, les Américains rompent avec leur tradition d'isolement et entrent dans une alliance permanente avec le continent européen. Les Européens ont tout fait pour amener les Américains à participer à leur défense et, même si le traité les laisse libres en théorie, en pratique, en cas d'attaque d'un des membres, les États-Unis n'auraient pas d'autres solutions que d'entrer en guerre.

L'Otan veut une paix active et encourage la coopération de ses membres dans tous les domaines, économique, social, culturel et pas seulement militaire (art. 2). Selon Saint-Laurent, « le but de l'Alliance nord-atlantique ne serait pas simplement négatif ; elle créerait un contre-courant dynamique s'opposant au communisme. » On y retrouve, dès le préambule, des idées de liberté, de démocratie et de bien-être.

Les Soviétiques s'opposent au traité, l'accusant d'être « un instrument de l'impérialisme américain ». Le traité repose en effet sur les principes que les Américains ont tenté d'imposer après la guerre. Principe de libre échange économique issu de la conférence de Bretton Woods (art. 2 sur la collaboration économique).

Le traité va finalement être l'élément qui va réellement souder le bloc occidental derrière les États-Unis, installant peu à peu une certaine hégémonie américaine. Sur demande des Américains, l'Otan ne vise pas un adversaire en particulier. Il n'a pas pour but de provoquer les Soviétiques.

Conformément à la Charte des Nations unies, et notamment à l'article 51, les pays de l'Alliance s'en remettent à la décision du Conseil de sécurité (art. 5 et 7) lors de tout règlement de différend. Le traité réaffirme sa subordination à l'ONU et le rôle important de celle-ci dans les relations internationales (art. 1er).

Extension pendant la guerre froide (1949-1991)[modifier | modifier le code]

Missile Pershing 1A de la FKG 2 (escadre de missiles sol-sol) de l'Armée de l'air allemande en 1989. Les vecteurs sont nationaux mais l'ogive est alors américaine et le partage nucléaire est sous double clé. Toutes les armes nucléaires tactiques des États-Unis tirées depuis des lanceurs terrestres et navals ont été retirées du service en 1991[6].

Situé à Londres puis à Paris à partir de 1952, le siège de l'Alliance atlantique occupe initialement des locaux temporaires au palais de Chaillot, avant d'être transféré porte Dauphine avec l'inauguration du « palais de l'Otan » (actuel centre universitaire Dauphine) en 1959. Entre-temps le Grand Quartier général des puissances alliées en Europe (SHAPE) créé en s'établit à Rocquencourt, au Camp Voluceau, sur le site actuel de l'INRIA. Le Quartier-général des forces alliées en Europe centrale (AFCENT), actuellement (Allied Joint Force Command), s'etablissent à Fontainebleau en 1953 dans une partie du Château de Fontainebleau (notamment la cour des Offices). Celui des forces aériennes en Europe centrale (AAFCE), actuellement (AIRCENT), et des forces terrestres en Europe centrale (LANDCENT), s'établissent au Camp Guynemeyer dans la Forêt de Fontainebleau. Les États-Unis ont déployé de nombreuses forces terrestres en Europe pendant toute la durée de la guerre froide ; la 7e armée américaine ou USAREUR a dirigé ces forces divisées entre le 5e corps et le 7e corps, ce dernier ayant été désactivé en 1991 après la guerre du Golfe.

Dès , le Pentagone stocke des armes nucléaires au Royaume-Uni, et au début des années 1960, on trouvait des charges nucléaires américaines dans sept pays membres européens de l'OTAN – en Allemagne, en Belgique, en Grèce, en Italie, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, en Turquie -. La France, quant à elle, en avait accueilli plusieurs sur son territoire jusqu'en 1959[7].

Plusieurs armées européennes eurent à leur dispositions des ogives nucléaires « sous double clé » en partage nucléaire équipées de dispositif de sécurité et d'armement. La dissuasion nucléaire, fondée essentiellement sur les armes nucléaires des États-Unis basées en Europe de l'Ouest et en Turquie, est en effet un axe dominant de la stratégie atlantique face à l'importante force conventionnelle du bloc de l'Est. Lors d'un sommet à Ottawa du au , il est décidé que les bombardiers de la Royal Air Force Bomber Command ainsi que trois sous-marins nucléaires lanceurs d'engins de l'US Navy armés de missiles Polaris étaient affectés officiellement au commandant suprême des forces alliées en Europe (nombre porté à quatre plus tard).

Parallèlement, l'Alliance s'étend à d'autres États : elle est rejointe par la Grèce et la Turquie (1952), la République fédérale d'Allemagne ([8]), et l'Espagne de l'après-Franco (1982), bien que cette dernière collaborait précédemment avec l'Otan, de façon informelle.

Carte des bases de l'OTAN en France avant le retrait du commandement militaire intégré en 1966.

Les relations entre la France et l'OTAN ont toujours été complexes : d'un côté la France a fortement poussé à la fondation de l'Alliance atlantique, à l'implication directe des États-Unis dans la défense de l'Europe et a bénéficié d'aides économiques et militaires importantes des États-Unis pendant toute la IVe République ; d'un autre côté, l'OTAN a peu ou pas pris en compte les intérêts de la France, notamment en Indochine et en Algérie, et surtout a généré un sentiment d'impuissance du pays face à l'hégémonie américaine au sein de l'Organisation, et suscité une envie d'indépendance nationale plus forte. Avec le retour au pouvoir de Charles de Gaulle, à la faveur de la crise de mai 1958, la politique affirmée de grandeur et d'indépendance provoque de vives tensions au sujet de l'OTAN entre la France, les États-Unis et le Royaume-Uni, qui culminent en 1966 avec l'annonce du retrait de la France du commandement intégré de l'Otan, bien que, selon de Gaulle, le « fond » de l'Alliance ne soit pas modifié[N 2].

Le , de Gaulle envoie un mémorandum au président américain Dwight Eisenhower et au britannique Harold Macmillan, dans lequel il demande la création d'un directorat tripartite de l'Otan, afin de mettre la France sur un pied d'égalité avec ses alliés, ainsi que l'extension des zones couvertes par l'Otan afin d'inclure des zones d'intérêt pour la France, en particulier l'Algérie. À la suite du refus de ses alliés, le général lance un programme de création d'une force de dissuasion nucléaire française afin de se rendre autonome de ses alliés. Les premiers essais nucléaires français ont lieu deux ans plus tard, à Reggane (Algérie). Le , la France retire sa flotte méditerranéenne du commandement de l'Otan. En , de Gaulle s'oppose à l'installation d'armes nucléaires étrangères sur le territoire français. Le Pentagone retire alors de France 200 avions militaires, et commence progressivement à se retirer de la dizaine de bases aériennes américaines présentes en France depuis 1950 ; le retrait est achevé en 1967. Parallèlement à ce retrait américain, le ministre de la Défense gaulliste Pierre Messmer prend l'initiative de la création, en 1960, de l'Association of Tiger Squadron, renommée NATO Tiger Association, afin de renforcer les relations entre unités de l'Otan.

Bien que lors de la crise des missiles de Cuba (), Paris montre sa solidarité avec l'Otan, la politique d'indépendance gaulliste continue. Alors que cette crise, qui pousse le monde au bord de la guerre nucléaire, débouche sur la Détente et sur un équilibre fondé sur la Destruction mutuelle assurée (MAD), De Gaulle retire la flotte atlantique et celle de la Manche du commandement de l'Otan en 1962. L'administration de John F. Kennedy propose en à de Gaulle d'étendre à la France les accords de Nassau signés entre les États-Unis et le Royaume-Uni, qui conduisaient ce dernier à renoncer à une force nucléaire autonome. Mais, poursuivant la politique d'indépendance relative à l'égard de l'axe atlantique, de Gaulle refuse cette offre au nom d'une marge de manœuvre entre les deux superpuissances (États-Unis et URSS) afin de pouvoir mener une politique propre, voire éventuellement signer un traité de paix séparée avec le bloc de l'Est en cas d'invasion de la RFA, afin de ne pas être embarqué dans une guerre mondiale opposant l'Otan aux forces de Varsovie. En , de Gaulle annonce lors d'une conférence de presse le retrait du commandement intégré de l'Otan au plus tard pour 1969. C'est chose faite en , toutes les troupes étrangères étant poussées à quitter la France. L'opposition socialiste, réunie au sein de la FGDS (Fédération de la gauche démocrate et socialiste), dépose alors une motion de censure contre le gouvernement Pompidou, défendue par Guy Mollet[9]. Maurice Faure (du Rassemblement démocratique) déclare alors « si chacun de nos alliés se comportait comme vous le faites et prenait les décisions que vous venez de décréter, cela ne signifierait rien d'autre que le retrait de toutes les forces américaines du continent européen. »[réf. souhaitée].

Le siège de l'OTAN quitte alors Paris pour Bruxelles en pour le centre du terrain de l'ancien aérodrome de Haren (surnommé abusivement du nom de la commune voisine d'Evere). Le SHAPE (« Grand quartier général des puissances alliées en Europe ») est transféré le de Rocquencourt, près de Paris, à Casteau, près de Mons en Belgique, dans les locaux d'une ancienne infrastructure militaire belge. Le Quartier-général des forces alliées en Europe centrale (AFCENT), actuellement (Allied Joint Force Command), est transféré de Fontainebleau à Brunssum aux Pays-Bas dans une ancienne mine de charbon. Celui des forces aériennes en Europe centrale (AAFCE), actuellement (AIRCENT), est transféré de Fontainebleau à Ramstein en Allemagne. Celui des forces Terrestres en Europe centrale (LANDCENT), dénommé par la suite Quartier général des forces alliées à Heidelberg et clôturé en 2013, est transféré de Fontainebleau à Heidelberg. La France demeurait toutefois membre de l'Alliance atlantique, ayant ses propres forces en RFA. De plus, une série d'accords secrets, les Accords Lemnitzer (en)-Ailleret, signés l'année suivant la décision gaulliste de 1966, détaillaient la façon dont les forces armées françaises seraient réintégrées au commandement intégré de l'Otan en cas de conflit ouvert entre les deux blocs[10].

Pour Pierre Harmel, le ministre belge des Affaires extérieures, les pays individuels de l'Otan ont le droit d'établir et d'entretenir des contacts bilatéraux avec « l'autre côté ». Une telle approche n'est nullement contraire à la loyauté à l'Alliance occidentale, laquelle doit maintenir sa force de frappe militaire. Le renoncement à l'ancien modèle conflictuel et la croyance à une détente durable sont des éléments neufs et témoignent d'une conscience européenne grandissante. L'approbation du rapport Harmel par le conseil de l'Otan en est un jalon important dans les relations Est-Ouest. C'est ainsi qu'à partir de 1969, avec sa politique de rapprochement avec la RDA et les autres États satellites de l'Union soviétique, le chancelier de la RFA, Willy Brandt jette les bases de la normalisation qui se concrétisera par la démolition du Mur de Berlin vingt ans plus tard.

L'arrivée au pouvoir de Richard Nixon, investi en , et le départ de De Gaulle, remplacé en juin 1969 par Georges Pompidou, changent la donne. Alors que Willy Brandt amorce l'Ostpolitik, rompant avec la doctrine Hallstein de non-reconnaissance de la RDA, Nixon contourne d'abord les contraignantes législations américaines dans les domaines nucléaires avant d'ouvrir officiellement la voie de la collaboration nucléaire franco-américaine. Ainsi, en 1974, l'entreprise américaine Westinghouse cède sa licence concernant les réacteurs à eau pressurisée à l'entreprise française FRAMATOME. Pourvu de cette licence, Paris entame alors un programme de coopération nucléaire avec l'Afrique du Sud (construction de la centrale de Koeberg). La même année, l'Otan reconnaît, par la déclaration d'Ottawa (1974) que les dissuasions françaises et britanniques (celles-ci étant intégrées dans le SIOP, Single Integrated Operational Plan, des États-Unis) renforçaient la dissuasion globale de l'Alliance[11].

Le pilier européen de l'OTAN disposa en 1971 d'un maximum de 7 300 armes nucléaires tactiques pour tous les types de vecteur nucléaire disponibles (obus, missiles sol-sol et sol-air, charges de profondeur, etc.). Les premières diminutions apparurent à la fin des années 1970 avec environ 6 000 armes, se réduisant à près de 1 400 au milieu des années 1980, puis à 700 en 1991, et à 480 en 1994 (ces dernières étant désormais exclusivement des bombes B61 larguées par avion)[12].

À la suite du coup d'État de 1974 à Chypre, l'OTAN demande le retrait des officiers grecs le . La Grèce quitte les structures militaires de l'Alliance le à la suite de l'invasion turque de Chypre, elle réintègre ceux-ci le [13] après la levée du véto turc.

Dans les années 1980, alors que Reagan est au pouvoir et enclenche une politique offensive envers l'URSS (« America is back! » — on parle alors de « guerre fraîche »), la décision de mise en place des missiles MGM-31 Pershing et BGM-109G Gryphon pour contrer les SS-20 soviétiques conduit à la crise des euromissiles, dont sort victorieux le bloc de l'Ouest avec le retrait multilatéral de ce type de matériel d'Europe.

Effectifs des forces armées de l'OTAN et du pacte de Varsovie en 1959 :
  •          Pays membres de l'OTAN
  •          Alliés des pays de l'OTAN
  •          Pays membres du pacte de Varsovie
  •          Pays neutres
  •          Pays non-aligné
  • Le chiffre sur la péninsule Ibérique comprend les effectifs américains stationnés dans la région et ceux de l'Armée portugaise.
Effectifs des forces armées de l'Otan et du pacte de Varsovie en 1973 :
  •          Pays membres de l'OTAN
  •          Alliés des pays de l'OTAN
  •          Pays membres du pacte de Varsovie
  •          Pays neutres
  •          Pays non-aligné
  • Les chiffres en Islande et en Espagne correspondent aux effectifs américains stationnés dans ces pays.

Période de reconstruction après 1991[modifier | modifier le code]

La fin de la guerre froide en 1991, à la suite de la chute du mur de Berlin en 1989 et l'écroulement de l'URSS et de l'adversaire « naturel » de l'Alliance atlantique, le pacte de Varsovie, pose très vite aux États-Unis la question de l'intégration des anciens satellites de l'URSS et des Républiques soviétiques nouvellement indépendantes.

D'un autre côté, la guerre du Golfe est concomitante d'un rapprochement franco-américain. Le président François Mitterrand amorce des négociations secrètes, menées par Gabriel Robin, avec l'Otan[14]. Celles-ci durent quatre mois, à l'automne 1990. Robin plaide alors pour transformer SHAPE afin de le mettre en « veilleuse en temps de paix[14] ». Ces négociations échouent cependant : selon Robin, Mitterrand et le ministre des Affaires étrangères Roland Dumas « s'intéressaient davantage à l'identité européenne de défense qu'à la réforme de l'Alliance[14] ». Selon le secrétaire général de l'Élysée à l'époque, Hubert Védrine, il ne s'agissait que de discussions pragmatiques, ne modifiant en rien la position française vis-à-vis des États-Unis[14]. La France participe néanmoins pour la première fois à une opération de l'Otan lors de la guerre en Bosnie, en 1993 ; l'Armée française étant impliquée, le rapprochement avec le commandement de l'Otan est inéluctable, la France devant participer à la planification des opérations[14].

Les armées des pays de l'Est sont héritées du système soviétique. Elles disposent généralement d'un matériel pléthorique souvent mal adapté, 10 % seulement étant compatible avec les standards Otan (Serge Enderlin[réf. nécessaire]) et d'un budget militaire en chute rapide. Il est également urgent de diviser les troupes en brigades Otan plus réduites, plus mobiles, bien équipées et plus rapides.

Dès lors, les forces armées de l'Europe de l'Est doivent se réformer en profondeur et de manière structurelle, et ce même en période de pénurie financière : « Le budget tchèque de la défense s'effondre, de 7 % du PIB en 1989, à 2,5 % en 1996. Le matériel militaire stocké dans les vastes bases héritées de l'époque soviétique est dans un état déplorable. » (Serge Enderlin[réf. nécessaire])

Le premier membre intégré à l'organisation après la guerre froide fut l'ex-RDA, lors de la réunification de l'Allemagne le . Pour s'assurer de l'accord soviétique à une entrée de l'Allemagne réunifiée dans l'Otan, il fut décidé qu'aucune troupe étrangère, qu'aucune arme nucléaire ne seraient stationnées à l'Est et, enfin, que l'Otan ne s'étendrait jamais plus à l'Est[15].

Des relations de partenariats sont engagés avec L'Australie, la Nouvelle-Zélande, le Japon et la Corée du Sud[16].

On assiste à partir de cette période à une baisse rapide des effectifs militaires des membres de l'Otan - essentiellement Européens - passant de 5 776 000 militaires en 1990, 4 508 000 en 2000 à 3 579 000 en 2010 malgré l'arrivée de nouveaux membres depuis 1999, le personnel civil et militaire par rapport à la population active passant de 2,5 a 1,1 % entre 1990 et 2010, à un retrait de la quasi-totalité des forces de combats étrangères de l'Allemagne et à une baisse de la part du budget de la Défense dans le PIB, celui-ci passant d'une moyenne de 4,5 % du PIB en prix constant dans les années 1980 à 2,6 % en 2008[17].

L'Armée belge par exemple, passant de 106 000 hommes en 1990 à 35 668 au 1er janvier 2010[18], et à la Royal Navy qui en 1989 représentait 589 000 tonnes, dont 153 bâtiments de combat, chacun d'un tonnage supérieur à 2 000 tonnes était tombé au 1er janvier 2006 à 470 500 tonnes (le gros du tonnage étant assuré par les navires de soutien), dont seulement 63 bâtiments de combat hauturiers[19]

En 1995, le président Jacques Chirac amorce des négociations en vue de la réintégration de la France au commandement intégré de l'Otan. L'année précédente, et dans le cadre de la guerre en ex-Yougoslavie, la France avait participé au comité militaire de l'Otan; elle le réintègre pleinement en 1996[14]. Les négociations de Chirac échouent toutefois, Washington refusant de confier le commandement sud de l'Otan, à Naples, à la France[14]. C'est le début d'une évolution de la politique française héritée du gaullisme.

Le , tournant dos aux promesses tenues lors de la réunification allemande, l'Otan intègre la Hongrie, la Pologne et la République tchèque, donc trois anciens satellites de l'URSS, sur les neuf alors candidats à l'adhésion[20]. Cette intégration fut populaire, vécue avant tout comme la garantie de leur totale indépendance future[réf. nécessaire]. Les sondages en Pologne affirmaient par exemple, que plus de 80 % des citoyens polonais étaient favorables à l'intégration à l'Otan (Jerzy Baczynski)[réf. nécessaire].

En 1999 toujours, l'Otan engage ses forces dans sa première grande opération militaire, participant à la guerre du Kosovo en bombardant la Yougoslavie pendant onze semaines (du au ), lors de l'opération Allied Force. Cette opération fut motivée par l'incident de Račak.

Cela pose déjà la question de l'avenir de l'Otan, qui a perdu son ennemi naturel, le pacte de Varsovie, et alors que la Fédération de Russie traverse une crise qui est souvent interprétée comme une période de décadence. Les attentats du 11 septembre 2001 et la déclaration, par le président George W. Bush, d'une « guerre contre le terrorisme », modifient la donne et font jouer à l'Otan un nouveau rôle. Elle compte désormais s'engager dans cette « guerre » atypique, qui n'oppose pas un État contre un État, mais un groupe d'États à un réseau hétérogène d'organisations terroristes islamiques, souvent désignés, de façon métonymique, par le nom d'Al-Qaïda. L'islamisme remplace ainsi le communisme comme principale menace du « monde libre ».

Nouvelle OTAN face aux dangers d'un monde instable (après 2001)[modifier | modifier le code]

Les drapeaux de l'OTAN, de la Bulgarie, et de l'Union européenne, côte à côte devant le Club militaire de Plovdiv, en Bulgarie : symbole d'une adhésion multiple des anciens pays de l'Est aux alliances européennes.
Les pays membres de l'OTAN et son élargissement depuis 1949.
Les chefs d'États lors du sommet de l'Otan de 2009.

L'OTAN crée une force de réaction rapide lors du sommet de Prague de , tandis qu'une chaîne de télévision (NATO TV Channel) est créée en 2008. En décembre, l'Union européenne (UE) signe avec l'OTAN un partenariat stratégique, l'Identité européenne de sécurité et de défense (IESD). Dans le même temps, l'OTAN prépare son élargissement concomitant avec celui de l'UE elle-même. Ainsi, le , sept nouveaux pays (l'Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Bulgarie, la Roumanie, la Slovaquie et la Slovénie) sont entrés dans l'organisation, en portant à 26 le nombre de membres. Ce sont des États militairement peu puissants, mais trois d'entre eux, les Pays baltes, étaient d'anciennes républiques soviétiques à l'époque de la guerre froide, et les autres des satellites du pouvoir soviétique, Slovénie excepté. Ces États doivent réformer leur organisation militaire en profondeur, accepter les standards OTAN, développer les « capacités politico-militaires afin de pouvoir intervenir sur des crises et conflits différents d'une agression armée classique ». (Lieutenant-colonel Francisco Stoicafnec)

À la suite des révolutions de couleur survenues en Géorgie (révolution des Roses) puis en Ukraine (révolution orange), ces deux autres anciens États soviétiques ont fait part de leur volonté d'adhérer à l'Alliance, également rejoints en ceci par la Moldavie, ce qui a été refusé par l'Alliance atlantique lors du sommet de Bucarest de 2008.

Cependant, une certaine opposition envers l'OTAN demeure au sein des populations concernées (manifestations anti-OTAN en Crimée, par exemple). Les fortes minorités russophones condamnent une volonté essentielle de contrôler la nouvelle puissance russe, dont le taux de croissance économique autorise une certaine modernisation des armées. Dans le cadre de l'enlisement américain en Irak, et des difficultés de l'OTAN en Afghanistan, des évolutions stratégiques semblent se concrétiser. Enfin, la Russie s'y oppose fortement, s'estimant en particulier menacé par le projet de bouclier antimissile mis en place par les États-Unis. Elle manifeste son mécontentement en suspendant le l'application sur le traité sur les forces conventionnelles en Europe (FCE), alors que George W. Bush avait dénoncé le traité ABM en . L'éventuelle adhésion de la Géorgie (et de l'Ukraine) à l'OTAN a joué un rôle dans la Deuxième Guerre d'Ossétie du Sud (2008).

C'est aussi en 2004 qu'une centaine de militaires français rejoignent les commandements suprêmes, à Mons (Belgique) et à Norfolk (États-Unis)[14]. La France participe alors à toutes les opérations de l'OTAN (Kosovo en 1999 et Afghanistan). Elle est même le 4e contributeur de l'OTAN en termes de forces[14].

Le 1er avril 2009, juste avant le 24e sommet de l'OTAN à Strasbourg et à Kehl (ainsi qu'à Baden-Baden), qui célèbre le 60e anniversaire de l'OTAN et voit d'importantes manifestations antimilitaristes et anticapitalistes, le porte-parole de l'OTAN annonce l'adhésion de l'Albanie et de la Croatie, ce qui porte le nombre d'États membres à 28. Dans le même temps, le président Nicolas Sarkozy annonce le retour de la France dans le commandement intégré de l'OTAN : ce retour s'accompagne de l'attribution à un officier général français d'un grand commandement militaire de l'OTAN[21], mais la France n'intègre pas le comité des plans nucléaires.

En 2010, 150 à 200 armes nucléaires non stratégiques américaines restent basées en Europe. Les charges nucléaires B-61 toujours présentes sur le continent seraient basées dans cinq pays, à savoir l'Allemagne, la Belgique, l'Italie, les Pays-Bas et la Turquie après le retrait de ses armes de Grèce en 2001 et du Royaume-Uni à partir de 2004. Les principales raisons du maintien des NSNW en Europe une fois la guerre froide terminée avaient été le souci de ne pas compromettre la cohésion et la solidarité entre Alliés et le besoin de maintenir une garantie nucléaire résiduelle[22].

Cette extension de l'OTAN vers l'Est de l'Europe et dans le Caucase a été maintes fois condamnée par la Russie dans les années 2000 et 2010[23]. Ainsi, Sergueï Lavrov estimant que l'OTAN s'étend « toujours plus près de la frontière russe », affirme que ce déploiement est « la source de tous les problèmes systémiques qui ont surgi dans les relations que la Russie entretient avec les États-Unis et l'Union européenne »[24].

États membres et partenaires de l'OTAN[modifier | modifier le code]

L'OTAN en Europe Et les partenariats dans le monde
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États membres de l'OTAN[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Élargissement de l'OTAN.

Fin 2016, l'OTAN compte vingt-huit membres, vingt-six pays européens et deux pays nord-américains. Le processus d'adhésion est régi par l'article 10 du traité de l'Atlantique nord qui limite les futurs membres aux seuls « États européens ». Comptant initialement douze membres fondateurs, l'OTAN s’élargit durant la période de la guerre froide en accueillant la Grèce et la Turquie en 1952, l'Allemagne de l'Ouest en 1955 (accords de Paris), puis l'Espagne en 1982. Depuis l'effondrement du bloc de l'Est marquant la fin de la guerre froide, de nombreux pays d'Europe de l'Est ont rejoint l'OTAN.

Plan d'action pour l'adhésion[modifier | modifier le code]

Symbole d'intégration dans l'OTAN, signe de la nouvelle politique du gouvernement géorgien, avenue Roustaveli, devant le Parlement.

L'Alliance a lancé le Plan d'Action pour l'Adhésion (MAP) en avril 1999, au sommet de Washington, pour aider les pays candidats dans leurs préparatifs[25]. Les pays qui participent actuellement au MAP sont :

L'Ukraine et la Géorgie, dont l'adhésion a été considérée un temps, ne font pas partie du MAP, en raison notamment de l'opposition de la Russie.

Partenariats[modifier | modifier le code]

Le Partenariat pour la paix (PPP) : l'OTAN a signé de nombreux accords de coopération avec la plupart des États européens non membres et tous les pays de la CEI. Ce sont des accords bilatéraux et extrêmement souples : chaque État souhaitant participer au partenariat décide, en collaboration avec les États membres, du niveau de collaboration qu'il souhaite entreprendre avec l'Otan. L'objectif est avant tout de maintenir des échanges d'informations avec les anciens États membres de l'URSS.

Le seul État européen qui ne fait pas partie du PPP, en plus des micro-États (Andorre, Liechtenstein, Monaco, Saint-Marin et Vatican), est Chypre.

D'autres partenariats, généralement plus distendus, existent : c'est le cas par exemple du Dialogue méditerranéen qui réunit la Mauritanie, le Maroc, l'Algérie, la Tunisie, la Jordanie, Israël et l'Égypte.

« Il est entendu que chaque État organise avant tout une surveillance efficace de son territoire. À ce titre, chaque État a sa propre spécificité géopolitique. Par exemple, la Roumanie est une sorte de pont entre l'Europe centrale et l'Europe du Sud-Est. À ce titre, elle lutte contre les trafics de stupéfiants, le crime organisé, les risques de prolifération d'armes de destruction massive ; sa flotte même réduite se modernise et contribue à la surveillance de la mer Noire et des abords des Dardanelles ; les forces fluviales roumaines participent à la sécurisation du Danube en accord avec les autres États riverains. » (Lieutenant-colonel Francisco Stoica)
« L'Otan joue-t-elle de facto le rôle de force de police internationale dans les territoires qu'elle occupe ? La question se pose en fait de plus en plus même si ce n'est pas sa fonction. Par exemple, la question s'est posée de la lutte commune entre l'Otan et les forces nationales afghanes, contre la production de drogue. Le rôle de l'Otan reste limité à un soutien du gouvernement afghan. » (Jaap de Hoop Scheffer, 2006)

Structures politiques, civiles et militaires de l'OTAN[modifier | modifier le code]

Présentation générale de l'organisation (fin 2016)[modifier | modifier le code]

Organigramme des principales instances décisionnelles et structures civiles et militaires de l'OTAN

L'OTAN est en 2016 organisé autour :

  • D'instances de décision politiques : le Conseil de l'Atlantique nord, le Groupe des plans nucléaires et le Comité militaire,
  • D'organismes civils, placés sous la responsabilité du Secrétaire général de l'OTAN,
  • De commandements et d'états-majors militaires.

L'organisation de 2016 est le résultat de réformes entreprises en 2010 et 2011 qui ont visé à simplifier la structure, réduire les coûts et l'adapter à l'évolution des menaces auxquelles l'OTAN doit être en mesure de répondre, telles que définies lors de la dernière révision de sa stratégie militaire, également en 2010.

Hautes instances décisionnelles[modifier | modifier le code]

Conseil de l'Atlantique nord[modifier | modifier le code]

Le Conseil est l'organe principal de décision. Il s'agit du seul organe instauré par le Traité de l'Atlantique Nord (article 9) en 1949 et il possède l'autorité de mettre en place des entités subsidiaires, s'il l'estime nécessaire. Il est composé de représentants permanents des États membres (ayant rang d'ambassadeurs), il se réunit au moins une fois par semaine sous la présidence du secrétaire général de l'OTAN. Il prend ses décisions à l'unanimité. Les représentants permanents agissent sur instructions de leur pays, et rendent compte aux autorités nationales des positions des autres gouvernements. Parallèlement aux réunions des représentants permanents, les ministres des Affaires étrangères et ceux de la Défense se réunissent deux fois par an[26].

Enfin, tous les deux ans environ, les Premiers ministres et/ou les chefs d'État des pays membres se réunissent en sommet de l'OTAN. Les deux sommets les plus récents se sont tenus en 2014 à Newport au Pays de Galles et en 2016 à Varsovie en Pologne. Le statut et le degré d'importance des décisions du Conseil de l'Atlantique nord sont les mêmes qu'elles soient prises aux niveaux des représentants permanents, des ministres ou des chefs d'État ou de Gouvernement.

Le Conseil s'appuie sur un ensemble de Comités qui assurent la préparation de ses réunions et du processus de prise de décision.

Groupe des Plans nucléaires[modifier | modifier le code]

Tandis que le Conseil de l'Atlantique Nord est l'autorité ultime au sein de l'OTAN, le NPG est l'organe de haut niveau chargé des questions nucléaires au sein de l'Alliance. Le NPG examine les questions politiques spécifiques liées aux forces nucléaires et des questions plus larges comme la maîtrise des armes nucléaires et la prolifération nucléaire. Tous les membres, à l'exception de la France, font partie du NPG, indépendamment du fait qu'ils détiennent ou non des armes nucléaires. Le NPG a été fondé en décembre 1966 pour permettre un processus de consultation sur la doctrine nucléaire au sein de l'OTAN, au moment où la France quittait la structure militaire intégrée de l'OTAN. Il s'appelait initialement le Comité des questions de défense nucléaire[27]

Comité militaire[modifier | modifier le code]

Le Comité militaire (CM) est la plus haute instance militaire de l'OTAN. Il est la principale source de conseils pour le Conseil de l’Atlantique Nord et le Groupe des plans nucléaires, et contribue à l'élaboration des politiques et concepts stratégiques. Il fournit également des orientations stratégiques aux deux commandements stratégiques : le Commandement allié Opérations et le Commandement allié Transformation[28]. Le Comité militaire se compose d’officiers de haut rang des pays membres de l’OTAN qui servent en qualité de représentants militaires (MILREP). Périodiquement, le Comité militaire se réunit au niveau des chefs d'état-major des armées. La France n'a pas siégé à ce comité de 1966 à 1995, date à laquelle le Président Chirac décide que la France reprenne en partie sa place dans les institutions militaires de l'OTAN sans pour autant rejoindre le commandement militaire intégré.

Représentation permanente de chaque état membre auprès de l'OTAN[modifier | modifier le code]

Chaque pays membre de l'OTAN est représenté par une délégation au siège de l'Organisation, qui participe au processus de consultation, afin de permettre à l'Alliance de prendre des décisions ou de mener des actions collectivement. Elle est dirigée par un ambassadeur ou une ambassadrice (aussi appelé(e) « représentant(e) permanent(e) »). De taille variable, les délégations sont principalement composées de fonctionnaires des ministères des Affaires étrangères et de la Défense, qui siègent[29]. Hélène Duchêne est depuis septembre 2016, Ambassadrice, Représentante Permanente de la France[30]. Le Vice-amiral d'escadre Charles-Édouard de Coriolis est depuis septembre 2014 le Représentant militaire de la France auprès de l'OTAN. Il cumule ce poste avec celui de chef de la représentation militaire française auprès du Comité militaire de l'Union européenne[31].

Secrétaire général et organismes civils de l'OTAN[modifier | modifier le code]

Le secrétaire général de l'OTAN est le plus haut fonctionnaire international de l'Alliance. Il est chargé de piloter le processus de consultation et de prise de décision de l'Alliance et de faire en sorte que les décisions soient exécutées. Il préside le Conseil de l'Atlantique nord, dirige le Secrétariat international et représente l'Alliance à l'extérieur. Depuis le 1er octobre 2014[32], cette fonction est occupée par Jens Stoltenberg, ancien premier ministre de Norvège.

Le Secrétariat international (SI) compte environ 1000 personnels, tous ressortissants de pays membres de l'OTAN. Il fournit des avis, des orientations et un soutien administratif aux délégations des pays auprès de l’OTAN, depuis le siège de l'OTAN à Bruxelles. Il contribue à la mise en œuvre de toutes les décisions prises par les comités, à tous les niveaux[33].

L'Assemblée parlementaire de l'OTAN a été fondée en 1955 pour amener les parlementaires à prendre part au débat sur les questions transatlantiques. Bien que totalement indépendante de l'Organisation, l'Assemblée constitue un lien entre l'OTAN et les parlements de ses pays membres. L'Assemblée compte 257 délégués issus des 28 pays membres de l'Alliance. Chaque délégation, dont la composition numérique est fonction de la population du pays, reflète les couleurs politiques du parlement national, représentant ainsi un large éventail d'opinions politiques[34]. Une vingtaine de députés et sénateurs français y participent[35]. À leurs côtés, les délégués de quatorze pays associés et de quatre pays associés méditerranéens ainsi que des observateurs de sept autres pays participent aux travaux de l'Assemblée.

La structure permanente de l'Otan (par opposition aux moyens apportés ponctuellement par les états membres dans le cadre d'opérations comme l'ISAF en Afghanistan) comprend des agences et de nombreux comités (politiques, financiers, techniques) qui sont dédiés au soutien du commandement politique et militaire de l'Otan. Les agences de l'OTAN constituent un mécanisme vital pour l'acquisition et le maintien des capacités collectives de l'OTAN. Au sommet de Lisbonne, en 2010, les chefs d'État et de gouvernement des pays de l'OTAN sont convenus de rationaliser les 14 agences autour de trois thèmes programmatiques majeurs : acquisition, soutien, et information et communication, et de ramener à environ 85 les quelque quatre cents comités. Cette réforme a abouti en 2012[36]. En juillet 2012, quatre nouveaux organismes, reprenant les fonctions et responsabilités des agences existantes, ont été créées[37] :

  • L'agence d'information et de communication de l'OTAN (NATO Communications and Information Agency ) composée des anciennes agences[38] :
    • NC3A (NATO Consultation, Command and Control Agency) chargé de l'acquisition de moyens de SIC (systèmes d'information et de communication).
    • NACMA (NATO Air Command and Control System Management Agency).
    • NCSA (NATO CIS Service Agency, Agence des services SIC de l'Otan) qui s'occupait du déploiement et du soutien des systèmes SIC.
    • ALTBMD Programme Office.
    • et d'éléments du NATO HQ Information and Communication Technology Management.
  • L'Agence OTAN de soutien et d'acquisition (NATO Support and Procurement Agency) composée des anciennes agences :
    • Agence OTAN d'entretien et d'approvisionnement (NATO Maintenance and Supply Agency, Agence de maintenance et approvisionnement de l'Otan) qui s'occupait du soutien des moyens Otan déployés
    • NAMA (NATO Airlift Management Agency)
    • CEPMA (Central Europe Pipeline Management Agency, Agence de gestion de pipeline en Europe centrale) qui est le « service des essences » de l'Otan ; aujourd'hui dénommé CEPS (Central Europe Pipeline System).
  • Le Bureau de normalisation (NSO).

Cette structure permanente de soutien emploie environ 10 000 personnes, civils ou militaires.

Commandement militaire de l'OTAN[modifier | modifier le code]

Placée sous l'autorité du Comité militaire, l'organisation militaire de l'OTAN est principalement constituée :

  • De l'État-major militaire international (EMI), qui est l'organe exécutif du Comité militaire. L’EMI est chargé de préparer les évaluations, les études et d’autres documents relatifs aux questions militaires concernant l’OTAN, et il veille à ce que les décisions et les politiques relatives aux questions militaires soient mises en œuvre par les organismes militaires compétents.
  • Du Commandement allié Opérations[39], dirigé par le Commandant suprême des Forces alliées en Europe (SACEUR) et son état-major, le SHAPE, basé à Mons, en Belgique. Ce poste est confié à un général américain qui dirige non seulement l'ACO mais aussi le Commandement des forces des États-Unis en Europe[40]. Il a remplacé le Commandement allié pour l'Europe (ACE). L'ACO est responsable de la planification et de l'exécution de toutes les opérations militaires de l’Alliance. Ce commandement dirige :
    • Deux état-majors interarmées (JFC) basés à Brunssum (Pays-Bas) et à Naples (Italie). Tous deux doivent être prêts à assurer la planification, la conduite et le soutien dans la durée d'opérations de l'OTAN d'ampleur et de portée différentes. Dans les faits, ils doivent pouvoir gérer une opération interarmées de grande envergure depuis leur emplacement fixe de Brunssum ou de Naples, ou depuis un quartier général déployé lorsqu'ils agissent directement sur un théâtre d'opération.
    • Trois états-majors de composante (air, terre, mer), état-major air Ramstein (Allemagne), état-major terre Izmir (Turquie) et, état-major mer Northwood (Royaume-Uni). Ces commandements spécifiques (un par armée) apportent leur expertise et leur soutien aux commandements de forces interarmées (JFC). Ils relèvent directement du SHAPE et sont placés sous le commandement du SACEUR.
    • Un Groupe Systèmes d'Information et Communication (SIC).
  • Du Commandement allié Transformation, dirigé par le Commandant suprême allié Transformation (SACT). Ce poste est depuis la réintégration par la France de l'organisation militaire de l'OTAN confié à un général français. Il est occupé depuis septembre 2015 par le général Denis Mercier. Implanté à la base navale de Norfolk (Virginie, États-Unis), il a remplacé le Commandement allié Atlantique. L'ACT dirige la transformation de la structure, des forces, des capacités et de la doctrine militaires de l'OTAN. Ses responsabilités principales englobent la formation, l'entraînement et les exercices, ainsi que la conduite d'expériences destinées à évaluer de nouveaux concepts et la promotion de l’interopérabilité à l'échelle de l'OTAN[41].

Missions permanentes et moyens militaires de l'OTAN[modifier | modifier le code]

Missions permanentes de temps de paix[modifier | modifier le code]

Un Su-27 russe le 17 juin 2014 intercepté par un Typhoon de la RAF de la mission Baltic Air Policing .

La défense aérienne et antimissile intégrée de l'OTAN (NIAMD) est une mission permanente, en temps de paix comme en période de crise ou de conflit, qui a pour objectif de protéger les pays de l'Alliance contre toute menace ou attaque aérienne ou de missile. Cette mission de police du ciel de l’OTAN nécessite un système de surveillance et de contrôle aériens (ASACS), une structure de commandement et de contrôle aériens (C2 Air), des aéronefs disponibles 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 et depuis 2015 des systèmes anti-missiles. Depuis sa création en 1961, le système OTAN de défense aérienne intégrée est la seule capacité opérationnelle de l’Alliance, pour laquelle les autorités nationales ont délégué à l’OTAN, à titre permanent, le pouvoir de défendre les pays de l’Alliance et pour laquelle des ressources nationales étaient employées dans le cadre d'une structure C2 de l'OTAN[42],[43]. Dans ce cadre, les pays baltes dont les forces armées sont très limitées, bénéficient depuis 2004 d'une forte couverture aérienne de l'OTAN (Baltic Air Policing) fournie par plusieurs pays d'Europe de l'Ouest dont la France[44],[45].

Unités en propre[modifier | modifier le code]

Outre ses moyens de commandement, l'Otan dispose de quelques moyens opérationnels en propre. Ce sont essentiellement :

Pour chaque opération conduite par l'OTAN, les moyens militaires nécessaires sont apportés par les états membres et les pays partenaires de l'OTAN, au cas par cas, en fonction des besoins et de la volonté de chaque état d'y participer ou non.

Forces américaines en Europe[modifier | modifier le code]

Effectifs US en Europe (novembre 2016)[49]
Pays Effectifs US
Allemagne 34 562
Italie 12 099
Royaume-Uni 8 380
Espagne 3 284

En 2014, à la suite de nombreuses dissolutions et rapatriement d'unités, l'Armée américaine n'a plus en Europe comme unités de combat que la 173e brigade parachutiste en Italie et le 2e régiment de cavalerie[50]. Le quartier-général du 5e corps d'armée a été désactivé en 2013, et de nombreux rapatriements et suppressions d'unités sont prévus jusqu'en 2016[51].

Forces britanniques en Allemagne[modifier | modifier le code]

Le Royaume-Uni qui avait déployé la majorité de ses forces blindées au sein de la British Army of the Rhine stationnée dans le nord de l'Allemagne de l'Ouest, a vu son contingent baisser depuis la fin de la guerre froide. En 2013, il est prévu le retrait total des forces britanniques en Allemagne d'ici 2019[52].

Budget de l'OTAN[modifier | modifier le code]

Le budget global de l'Otan atteint 1 876 millions d'euros en 2007[53] :

  • le budget civil (186 millions d'€) ;
  • le budget militaire de fonctionnement (1 690 millions d'€).

Les cinq principaux contributeurs sont, dans l'ordre décroissant de leur participation financière (pourcentage en 2007)[53] :

En 2015, alors que les États-Unis représentent 27,8 % du PNB des membres de l'OTAN, leur budget de la défense représente 49,6 % du total de ses membres[54].

Les concepts stratégiques de l'OTAN[modifier | modifier le code]

Depuis le début de son existence, l'OTAN a régulièrement mis à jour les concepts stratégiques qui sous-tendent le dimensionnement, l'organisation et le cadre d'emploi de ses forces[55].

Initialement, la planification stratégique de l'OTAN a concerné les forces conventionnelles. Puis le troisième concept stratégique adopté en 1956 introduit les armes nucléaires stratégiques selon la doctrine des représailles massives. Avec la montée en puissance de l'arsenal nucléaire soviétique, les doutes émergent de plus en plus quant à la crédibilité de cette doctrine. Faisant suite à la crise de Suez qui voit s'opposer fortement des membres majeurs de l'OTAN, en parallèle de l'actualisation de sa stratégie militaire, l'Alliance jette les bases d'une coopération plus poussée en matière de politique étrangère y compris hors de la zone de l'Atlantique nord[56].

Les Américains à partir de 1961 poussent à l'adoption d'un nouveau concept stratégique selon la doctrine de la réponse flexible, sans qu'un consensus ne puisse s'établir en raison des réticences de beaucoup de pays européens, la France en tête. Le grand débat stratégique occupe une place considérable au sein des instances décisionnelles de l'OTAN et des gouvernements alliés[57].

Le retrait français en 1966 crée l'occasion de réorganiser le fonctionnement de l'OTAN, de donner plus de poids aux alliés européens majeurs que sont le Royaume-Uni et la RFA, et de trouver un compromis pour l'adoption d'un nouveau concept stratégique qui entérine les principes de la réponse flexible. Ce quatrième concept, souple par nature, reste en vigueur jusqu'à la fin de la guerre froide.

Pendant la période de la guerre froide, la menace principale perçue par les alliés est que les Soviétiques, qui disposent d'une supériorité au moins quantitative forte relative aux forces conventionnelles, lancent une offensive majeure pour conquérir l'Europe occidentale. Face à cette menace, l'OTAN a successivement adopté trois posture stratégiques en matière d'emploi des forces conventionnelles[58] :

  • De l'origine à 1958, la faiblesse des forces conventionnelles de l'Ouest est telle que les plans prévoient une stratégie de repli ordonné sur le Rhin et l'Ijssel qui constituent la ligne de défense principale, abandonnant ainsi la majorité du territoire de l'Allemagne de l'Ouest.
  • En juillet 1958, les États-majors de l'OTAN prenant en compte un début de renforcement des capacités opérationnelles de leurs forces adoptent une stratégie de défense "semi-avancée" de l'Europe de l'Ouest et définissent la Weser et le Lech comme ligne principale de défense
  • En 1963, de pair avec les discussions relatives au nouveau concept stratégique de réponse flexible, et pour répondre aux demandes insistances des Allemands qui entre temps ont atteint le niveau de force auquel ils s'étaient engagés, les États-majors adoptent la stratégie de "défense de l'avant" qui définit la frontière entre la RFA et la RDA comme ligne de défense principale.
Tableau synthétique des concepts stratégiques successivement adoptés par l'Alliance atlantique
# Date Adoption par CAN 1 Documents Contexte d'élaboration et principes clés des concepts stratégiques
1 1949-1950 Décembre 1949 DC 6/1
MC 14
DC 13
Plans de défense à 5 ans, coordonnés entre les États membres
2 1950-1952 Décembre 1952 MC 3/5
MC 14/1
Modifications structurelles, création d'une force militaire intégrée placée sous commandement centralisé. "Le concept stratégique de la défense de la zone de l'Atlantique Nord"
3 1953-1957 Décembre 1954 MC 48 Intégration de la politique nucléaire dans la stratégie de l'OTAN
Introduction de la doctrine nucléaire des représailles massives
Mai 1957 MC 14/2
MC 48/2
1961-1963 Émergence du concept de "réponse flexible" sous l'impulsion de Kennedy et McNamara. Impossibilité d'arrivée à un accord entre les membres de l'OTAN sur un nouveau concept stratégique, notamment en raison de l'opposition de la France.
4 1966-1969 Décembre 1967 2 MC 14/3 Élaborée dans le contexte de la sortie de la France de l'organisation militaire
Abandon des représailles massives, adoption de la réponse flexible ou riposte graduée
Rapport Harmel
Décembre 1969 2 MC 48/3
5 1991 Sommet de Rome
Nov. 1991
Document public Réaffirmation de l'objectif fondamental de l'OTAN de sécurité collective de ses membres, extension de cet objectif de sécurité à l'ensemble de l'Europe via des partenariats et coopérations, développement du dialogue et de la coopération, réduction au niveau le plus bas possible des forces nucléaires et conventionnelles
6 1999 Sommet de Washington
Avril 1999
Document public Définition plus large de la sécurité de la zone euro-atlantique, prise en compte des nouveaux risques apparus depuis la fin de la guerre froide
7 2006-2010 Sommet de Lisbonne
Nov. 2010
Document public Directive politique globale de novembre 2006
Déclaration sur la sécurité de l'Alliance d'avril 2009 au sommet de Strasbourg
Publication du nouveau concept lors du sommet de Lisbonne
1 CAN : Conseil de l'Atlantique Nord, réuni soit au niveau ministériel - Ministres des affaires étrangères ou de la défense - soit en tant que sommet au niveau des chefs d'État et de gouvernement.

2 Validation par le Comité des Plans de Défense. Depuis la sortie de la France de l'organisation militaire intégrée, les pays membres se réunissaient sans la France sur les questions militaires. Au niveau ministériel, le Comité des Plans de Défense était pour ces questions l'équivalent du Conseil de l'Atlantique Nord. Il a été supprimé en 2010, après le retour de la France en 2009 dans l'organisation militaire de l'OTAN.

L'effondrement du bloc soviétique et la disparition de la menace principale que représentait le Pacte de Varsovie conduit à une révision en profondeur de la stratégie de l'OTAN afin de l'adapter à un nouvel environnement géo-politique et à l'émergence de nouvelles menaces. Trois concepts stratégiques ont été successivement adoptés depuis 1991, le dernier en date en novembre 2010 lors du sommet de Lisbonne.

« L'Alliance aujourd'hui n'a plus grand-chose à voir avec celle de la guerre froide. » (Jaap de Hoop Scheffer, 2006)
« Soyons clair : il ne saurait être question de jouer au « gendarme du monde ». L'Alliance n'en a ni les moyens, ni la volonté politique. » (Jaap de Hoop Scheffer, 2006)

Dans le monde multipolaire actuel, le rôle et les missions de l'Otan sont difficiles à interpréter. Elles sortent donc du traditionnel espace euratlantique. Cependant, l'Otan n'a pas vocation à se substituer aux Nations unies et de compenser ses incapacités structurelles. Ce n'est pas une nouvelle forme de troupes Casques bleus. Les stratégies de la nouvelle Otan ont été élaborées à partir de la fin des années 1990, et développées après l'attaque du 11 septembre 2001 sur les États-Unis :

  • Sommet de Washington (1999) : engagement d'un processus de transformation de l'Otan autour d'un concept stratégique orienté vers la gestion des crises.
  • Sommet de Prague () : décision de l'adaptation de l'outil militaire à la nouvelle donne internationale, autour du concept de réaction rapide.
  • Accords de Berlin plus () : l'Union européenne peut faire appel à certains moyens de l'Otan lorsque ceux-ci sont nécessaires à la réalisation des missions décidées par le Conseil de l'Union.

Le Comité des plans de défense a décidé en 2006 que l'Otan devait se préparer à mener de front deux opérations de grande envergure mobilisant 60 000 hommes chacune et six opérations moyennes (30 000 hommes). Au total, jusqu'à 300 000 hommes entraînés et préparés devront donc être disponibles pour intervenir dans n'importe quelle région du monde pour maintenir la paix. L'Otan est en 2008 très loin de tenir ces objectifs si l'on se réfère aux difficultés chroniques de l'ISAF à obtenir les moyens nécessaires à une stabilisation de la situation en Afghanistan (considérée selon les critères Otan comme une opération de moyenne envergure).

Les alliés se sont engagés à consacrer à leur défense au moins 2 % de leur PIB pour y parvenir, un chiffre que seuls sept des vingt-six alliés (dont les États-Unis, la France, la Grèce, le Royaume-Uni et la Turquie) parviennent à atteindre.

En 2010, on prévoit une refonte des structures de l'OTAN avec une forte baisse des effectifs passant de 17 000 avant 2009, moins de 13 000 en 2010 et des options pour l'avenir allant de 9 500 à 7 500 militaires affecté à cette organisation[59].

Structures militaires de l'OTAN (historique)[modifier | modifier le code]

Commandement et moyens militaires pendant la guerre froide[modifier | modifier le code]

Forces terrestres[modifier | modifier le code]

Secteur de responsabilité des corps d'armée de l'OTAN en Allemagne de l'Ouest.
  • Commandement

Le front principal se situait pour les deux alliances dans le centre de l'Europe. Pour protéger l'Allemagne de l'Ouest, deux groupes d'armées, le Northern Army Group (NORTHAG) et le Central Army Group (en) (CENTAG) comprenant, après le retrait de l'Armée française du commandement intégré, un total de huit corps d'armée (trois allemands, deux américains, un britannique, un belge, un néerlandais) étaient responsables des frontières de l'Est.

  • États-Unis.

Les États-Unis ont déployé de nombreuses forces terrestres en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. Pendant toute la durée de la guerre froide, la 7e armée ou USAREUR a dirigé ces forces divisées entre le 5e corps et le 7e corps, ce dernier ayant été désactivé en 1991 après la guerre du Golfe.

Ces forces sont basées en quasi-totalité en Allemagne. Il s'agit principalement de la 1st Infantry Division et de la 1st Armored Division respectivement basées à Würzburg et Wiesbaden, la 7e armée étant basée à Heidelberg tout comme le 5e corps.

  • Royaume-Uni.

Infrastructures aériennes[modifier | modifier le code]

Avions des forces aériennes de l'OTAN devant la tour de contrôle de Bitburg Air Base en Allemagne de l'Ouest en 1959 : De gauche à droite, le nez d'un Canadair Sabre canadien, un F-84F Thunderstreak de la Luftwaffe ouest-allemande, un North American F-86K Sabre de la Koninklijke Luchtmacht néerlandaise, un Dassault Mystère IV de l'Armée de l'air française, un Hawker Hunter de la Royal Air Force britannique, un Avro CF-100 Canuck de la Royal Belgian Air Force, un North American F-100C Super Sabre du 36th Tactical Fighter Wing, 22nd TFS de l'USAF et en arrière-plan un Douglas C-47 Skytrain.

En 1951, l'Otan n'avait à sa disposition qu'un nombre insignifiant d'aérodromes pouvant mettre en œuvre les nouvelles générations d'avions à réaction; elle se lança donc dans un effort massif dans ce domaine et 220 bases aériennes furent créées ou aménagés en Europe pour la somme de 448 millions de livres sterling (valeur en 1969) [60].

L'United States Air Forces in Europe qui avait son quartier général à Wiesbaden, en Allemagne de l'Ouest depuis 1945, avait dans les années 1950, quatre escadres déployées au Royaume-Uni, trois en Allemagne de l'Ouest et six en France, soit 18 000 personnes et 800 avions de tous types.

Les États-Unis, engagés massivement dans la guerre de Corée depuis juin 1950 ne purent pas accomplir comme prévu leur installation en Europe. En conséquence, le Canada dut pallier ce problème. Il a donc été décidé de créer une force aérienne canadienne performante, réservée à l'Europe, qui consistait en quatre escadres de trois escadrons (équipés du nouveau North American F-86 Sabre) chacune. Le 1(F) Wing (escadre) était implanté à Marville, le 2(F) à Grostenquin (tous deux en France), le 3(F) à Deux-Ponts et le 4(F) à Baden-Söllingen (tous deux en Allemagne de l'Ouest).

À partir de 1955, il est décidé la mise en œuvre d'un système de défense aérienne intégrée comprenant un réseau radar en Europe couplé aux unités de chasse et des batteries de missiles sol-air ; depuis 2014, il est chargé du ystème de défense antimissile de l'OTAN[61].

L'Islande est le seul membre de l'Otan qui n'a pas sa propre force militaire (la défense a été initialement assurée par les États-Unis grâce à la base de Keflavik) ; actuellement, différentes nations européennes assurent à tour de rôle des permanences de défense aérienne en Islande[62]. Elle fut acceptée sans obligation d'en établir une, sa contribution à l'Alliance se faisant sous d'autres formes (bases militaires et contributions financières pour l'essentiel).

Bases navales[modifier | modifier le code]

Les États-Unis ont déployé deux grands commandements navals après la Seconde Guerre mondiale. Il s'agit du commandement des forces navales en Europe (USNAVEUR), organe naval du commandement européen des forces armées américaines (USEUCOM), et de la Sixième flotte américaine déployée en permanence en Méditerranée depuis 1947 contre la guérilla communiste en Grèce et en Turquie.

Cela a donc donné des installations navales américaines en Europe, principalement en Méditerranée :

Commandement militaire en 2003[modifier | modifier le code]

Un des 18 E-3 AWACS de l'Otan.
Boeing CT-49A NATO Trainer/Cargo Aircraft (LX-N20000, Boeing 707-307C, ex Deutsche Luftwaffe 10+04).

Auparavant, la structure de commandement militaire reposait sur une division géographique : une pour l'Europe (Commandement allié pour l'Europe), une pour l'Atlantique (Commandement allié pour l'Atlantique) ; treize quartiers généraux étaient subordonnés à ces commandements.

Les deux commandements ACO (alias Shape) et ACT sont tous deux rattachés au Comité militaire (MC) de l'Otan. Structure de commandement de l'OTAN entre 2003 et 2012.

Commandement militaire en 2013[modifier | modifier le code]

Des suppressions et regroupements de formations décidés en sont depuis en œuvre. Le nombre de quartiers-généraux majeurs passant de 10 à 6 et les effectifs passant de 13 000 à 8 800[63].

En 2013, il reste trois états-majors de composante :

Carte des principaux quartiers-généraux de l'OTAN en 2013.

Liste des opérations militaires[modifier | modifier le code]

Médaille de l'Otan pour le personnel ayant servi en ex-Yougoslavie.
  • Adriatique (1992–1996) : l'Otan s'engage dans une opération de surveillance maritime baptisée opération Sharp Guard, destinée à contrôler l'embargo sur les armes de l'ONU imposé à la République fédérale socialiste de Yougoslavie.
  • Bosnie-Herzégovine (1995–2004) : campagne de bombardement pour faire cesser le conflit puis première mission de maintien de la paix. Ce fut l'occasion pour les Tchèques et les Polonais de participer à l'IFOR et d'en tirer une expérience précieuse, en particulier au niveau de l'interconnexion des armées. La IFOR puis la SFOR (Force de stabilisation) de l'Otan ont passé le relais à l'EUFOR de l'Union européenne le  : c'est l'opération Althéa engageant 7 000 hommes dans le cadre des accords de Berlin plus.
  • Albanie () : 7 000 militaires sont déployés pour une opération humanitaire pour venir en aide aux réfugiés kosovars venus en Albanie après le début de la guerre sur leur territoire.
  • Kosovo (1999–...) : après une campagne aérienne durant la guerre du Kosovo, l'opération Allied Force, la force multinationale de paix de l'Otan au Kosovo (KFOR) se déploie avec 43 000 hommes. Au , elle représente 17 733 personnes.
  • Ancienne République yougoslave de Macédoine (2001-2003) : force de maintien de la paix, chargée du désarmement, de la protection des observateurs civils, de la stabilisation et sécurisation du pays. L'Union Européenne reprend le relais le  : c'est l'opération Concordia organisée dans le cadre des accords de Berlin plus.
  • Opération Active Endeavour (2001–...) : opération d'interdiction maritime à la suite des attentats du 11 septembre 2001. La force navale permanente de la mer Méditerranée (Stanavformed) est déployée pour participer à la lutte anti-terrorisme. Elle dispose en particulier d'aéronefs AWACS. 1 200 militaires concernés.
  • Afghanistan (2003–...) : le , l'Otan prend le commandement de la Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS ou ISAF), c'est la première intervention de l'Otan hors du cadre euratlantique ; y contribuent 37 pays[66] ; elle s'emploie à étendre l'autorité du pouvoir central et à faciliter la reconstruction du pays. Y est présente une force de 45 000 hommes en 2008.
  • Irak (2003–2010) : apporte un soutien logistique à la division multinationale et participe à la formation des forces de sécurité irakiennes avec 300 personnes dont des instructeurs sur place et dans les écoles de l'Otan.
  • En , les ministres de la Défense de l'Otan, réunis à Bruxelles, ont décidé de doubler les effectifs de l'ISAF, la Force internationale d'assistance et de sécurité, déployée en Afghanistan, forte actuellement de 9 000 hommes.
  • Opération Ocean Shield (2008-...) : depuis 2008, En réponse à une demande formulée par le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki moon, l'OTAN contribue à dissuader et à déjouer les actes de piraterie, tout en protégeant les navires et en aidant à améliorer le niveau général de sécurité dans la région.
  • Libye (2011) : prise de commandement militaire officielle le pour l‘opération Protecteur Unifié[67].

Le premier mémorial européen honorant la mémoire des soldats morts ou blessés lors d'opérations de l'OTAN a été inauguré le à Fréthun dans le Pas-de-Calais[68].


Dirigeants actuels des pays membres de l'OTAN[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

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  2. Otan : effectifs réduits d'un tiers ?, 11 mai 2010, Le Figaro.
  3. Citation originale : « keep the Russians out, the Americans in, and the Germans down ».
  4. « L'Otan contre le Rideau de fer », Le Monde, 21 juillet 2009, p. 3.
  5. Texte du traité de l'Atlantique nord.
  6. (en) Eli Corin, « Presidential Nuclear Initiatives: An Alternative Paradigm for Arms Control », sur Nuclear Threat Initiative, James Martin Center for Nonproliferation Studies,‎ (consulté le 20 août 2009).
  7. Raymond Knops, « 212 DSCFC 10 F rév 1 - Les armes nucléaires non stratégiques des États-Unis en Europe : un débat fondamental pour l'OTAN », Assemblée parlementaire de l'OTAN,‎ (consulté le 23 janvier 2011).
  8. CVCE.
  9. Assemblée nationale : le débat de censure, ORTF - 19/04/1966 - 00 h 20 m 51 s (sur les archives de l'INA).
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  11. (fr) Déclaration sur les relations atlantiques diffusée par le Conseil de l'Atlantique nord (déclaration d'Ottawa), 19 juin 1974.
  12. (fr) [PDF] - 1 2. Les transferts (dissémination) ou responsabilités dans la prolifération, Greenpeace.
  13. « Grands faits », sur Ambassade de Grèce en France (consulté le 26 juillet 2014).
  14. a, b, c, d, e, f, g, h et i Isabelle Lasserre, « Quand Mitterrand, déjà, négociait le retour dans l'OTAN », Le Figaro, 10 mars 2009.
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  17. « Données économiques et financières concernant la défense - Dépenses de défense des pays de l'OTAN (1990-2010) », sur nato.int, Otan,‎ (consulté le 10 mars 2011).
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Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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  • Frédéric Bozo, La France et l'OTAN : De la guerre froide au nouvel ordre européen, Masson, , 287 p. (ISBN 978-2225824852)
  • Frédéric Bozo, La politique étrangère de la France depuis 1945, Flammarion - Champs Histoire, , 310 p. (ISBN 978-2081229587)
  • Maurice Couve de Murville, Une politique étrangère 1958-1969, Plon, , 499 p.
  • André Dumoulin, Histoire de la dissuasion nucléaire, PUF Collection HistoireS, , 160 p. (ISBN 978-2366140040)
  • Jean-Baptiste Duroselle, La France et les États-Unis : Des origines à nos jours, Seuil, , 284 p. (ISBN 2020044110)
  • Jean-Baptiste Duroselle et André Kaspi, Histoire des relations internationales : De 1945 à nos jours, Armand Colin, , 717 p. (ISBN 978-2-200-24636-5)
  • André Fontaine, La Guerre froide, 1917-1991, POINTS Histoire, , 572 p. (ISBN 978-2020861205)
  • Charles de Gaulle, Mémoires d'espoir - Intégrale, Plon, , 1163 p. (ISBN 9782259229098)
  • Pierre Grosser, Les Temps de la guerre froide, Editions Complexe, , 465 p. (ISBN 2-870-27559-5)
  • Ministère français des Affaires étrangères, Documents Diplomatiques Français - 1968 - Tome 1(1er janvier - 29 juin), P.I.E. Peter Lang, , 1091 p. (ISBN 978-9052015378)
  • Olivier Kempf, L'OTAN au XXIe siècle, Artege Editions, coll. « Questions à l'histoire », , 564 p. (ISBN 978-2-3604-0408-7)
  • Jenny Raflik, La IVe République et l'Alliance atlantique : Influence et dépendance (1945-1958), Presses Universitaires de Rennes, , 323 p. (ISBN 978-2753528000)
  • Lothar Schröter, Die NATO im Kalten Krieg. Band I 1949-1975, Berlin, 2009 ; Die NATO im Kalten Krieg. Band II 1976-1991, Berlin, 2009 ; 1196 S. (ISBN 978-3-89706-915-2)
  • Georges-Henri Soutou, La Guerre froide : 1943-1990, Librairie Arthème Fayard / Pluriel, , 1103 p. (ISBN 978-2-818-50127-6)
  • Maurice Vaïsse, La Grandeur : Politique étrangère du général de Gaulle, CNRS Éditions - Biblis, , 710 p. (ISBN 978-2271078759)
  • Maurice Vaïsse, Les relations internationales depuis 1945 : 13e édition, Armand Colin, , 320 p. (ISBN 978-2-200-28513-5)
  • Irwin M. Wall, L'influence américaine sur la politique française 1945-1954, Balland, , 515 p. (ISBN 978-2715807419)
  • Charles Zorgbibe, Histoire de l'OTAN, Éditions Complexe, coll. « Questions à l'histoire », , 283 p. (ISBN 978-2-8702-7917-5)

Articles publiés[modifier | modifier le code]

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  • Jaap de Hoop Scheffer (interview : Claudie Baran), « L'Alliance n'est pas le gendarme du monde » Le Figaro Magazine, 14 octobre 2006, p. 30
  • Lieutenant-colonel Francisco Stoica, « La réforme de l'Armée roumaine », Armée d'aujourd'hui, no 273, , p. 25–28
  • Jerzy Baczynski, « Pour entrer dans l'Alliance, la Pologne se met à l'anglais », Polityka, traduction dans Courrier international, no 311, 17–23 octobre 1996, p. 14.
  • Serge Enderlin, « Armées de l'Est : la longue marche vers l'Otan », L'Hebdo. Traduction dans Courrier international, no 311, 17–23 octobre 1996, p. 14
  • « Security through Science », entretien avec Jean Fournet, secrétaire général adjoint de l'Otan, par Corrado Maria Daclon, Analisi Difesa, no 42,
  • « L'adéquation des objectifs stratégiques de l'OTAN au « Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale (Fr.) » » dossier élaboré par ALPHA - Fondation d'études stratégiques, avec siège à Bruxelles. Diffusion restreinte,
  • Daniele Ganser, Les armées secrètes de l'OTAN, Gladio et Terrorisme en Europe de l'Ouest, Demi-Lune, 2007 (ISBN 978-2-917112-00-7)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]