Forces françaises en Allemagne

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Forces françaises en Allemagne
Insigne des FFA.
Insigne des FFA.

Création  : Troupes d'occupation en Allemagne ;
 : Forces françaises en Allemagne ;
 : Forces françaises stationnées en Allemagne.
Pays Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Allégeance Drapeau de la France France
Garnison Zone d'occupation française en Allemagne et Berlin-Ouest
Ancienne dénomination Troupes d’occupation en Allemagne (TOA)
Surnom FFA
L'argument nouveau_nom(valeur <nowiki>Forces françaises stationnées en Allemagne (FFSA)
Forces françaises et éléments civils stationnés en Allemagne (FFECSA)</nowiki>) n'existe pas dans le modèle appelé

L'Armée française crée les troupes d'occupation en Allemagne (TOA) après avoir officiellement pris possession de sa zone d'occupation le .

Elles deviennent les forces françaises en Allemagne (FFA) le puis les forces françaises stationnées en Allemagne (FFSA) le et enfin les forces françaises et éléments civils stationnés en Allemagne (FFECSA) depuis 1999.

Histoire[modifier | modifier le code]

Précédent après la Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Zones d'occupation militaire alliée en Allemagne en 1923 ; en bleu, la zone française d'occupation, en vert vif le territoire du Bassin de la Sarre.
Retrait des forces françaises de Dortmund en 1924 après l'occupation de la Ruhr.
Départ des forces françaises de Rhénanie le .
La dernière parade des troupes françaises devant la gare centrale de Mayence sous le commandement du général Adolphe Guillaumat, juste avant leur départ, le .

À la suite de l'armistice de la Première Guerre mondiale, des forces de l'Entente ont occupé une partie du territoire allemand de fin 1918 jusqu'en 1930 et la France administra le territoire du Bassin de la Sarre jusqu'en 1935[1].

Le , des éléments des VIIIe et Xe armées françaises franchissent la frontière franco-allemande, 21 divisions au total doivent occuper la zone Landau-Gerolstein-Königstein. Des divisions complémentaires sont en outre placées en réserve dans la région de Neunkirchen (3 divisions) et surtout en Lorraine et en Belgique (30 divisions)[2].

Le traité de Versailles prévoyait une présence militaire des Français, des Britanniques, des Américains et des Belges sur la rive gauche du Rhin et une partie de la rive droite à partir de et pour une période de cinq à quinze ans suivant les territoires. Les Français héritaient à la fois de la plus grande des zones d’occupation qui s’agrandit encore avec le retrait rapide des États-Unis ainsi que de la direction de la haute commission interalliée aux territoires rhénans (HCITR), de la présidence de la commission de gouvernement de la Sarre mandatée par la Société des Nations ainsi que celle de Memel et de la haute Silésie.

Le général Adolphe Guillaumat avec le drapeau de la France devant la porte du Deutschhaus le .

Les effectifs des forces occupantes dans l'armée française du Rhin créée en étaient au nombre de 100 000 dans les territoires rhénans dans les périodes les plus calmes. Le maximum de militaires est atteint en lors de la première occupation de Ruhrort, Düsseldorf et Duisbourg avec 250 000 soldats dont 210 000 Français[3].

La France, opposée à l'intervention de l'Armée allemande sans contrepartie lors du soulèvement de la Ruhr, réagit à celle-ci en envoyant ses troupes occuper temporairement à partir du Francfort et Darmstadt[4].

Les forces françaises interviendront dans des missions de maintien de la paix en compagnie de troupes alliées en Haute-Silésie entre 1920 et 1922 pour séparer milices polonaises et allemandes en déployant les 15 000 hommes de la 46e division d'infanterie[5] regroupant le 6e BCA, 7e BCA, 10e BCP, 13e BCA, 15e BCP, 24e BCA, le 29e BCP et 27e BCA dont le chef de corps est tué dans une opération de maintien de l'ordre ainsi qu'à Memel ou entre le et , le 21e bataillon de chasseurs à pied s'interposa entre pro-polonais et pro-lituaniens.

Une évaluation du coût total d'entretien des armées d'occupation entre 1919 et 1924 s'élève à 240 millions de Goldmarks[6].

Entre 1923 et 1925, l'occupation de la Ruhr par les forces françaises et belges est effectuée pour tenter d'obliger l'Allemagne à payer ses indemnités de guerre.

À partir du et jusqu'au retrait total des forces françaises d'Allemagne le , Adolphe Guillaumat commande l'armée d'occupation du Rhin et exerce le commandement supérieur des forces alliées des territoires rhénans.

À l'issue de la Seconde Guerre mondiale : les troupes d'occupation en Allemagne[modifier | modifier le code]

Zones d'occupation alliée de l'Allemagne après 1945.
Les quatre secteurs de l'occupation alliée de Berlin.
Les quatre zones d'occupation alliée de l’Autriche entre 1945 et 1955. La zone française est composée du Tyrol du nord et du Vorarlberg ainsi que d’une partie de Vienne.
Un général de brigade français avec un policier allemand le .
Insigne des troupes d'occupation en Allemagne. L'épée fracasse la croix gammée nazie.

Après la défaite de 1945, l'Allemagne et l'Autriche furent divisées en quatre zones d'occupation, réparties entre les quatre grands alliés : Union soviétique, Royaume-Uni, États-Unis et France.

La Zone d'occupation attribuée à la France comprenait les territoires situés le long de la frontière française, ainsi que les districts nord de Berlin-ouest dans ce qui deviendra l'Allemagne de l'Ouest et son premier gouverneur fut le général d'armée Marie Pierre Kœnig.

C'est dans ce contexte que l’Armée française créa en 1945 les troupes d'occupation en Allemagne (TOA), dont le quartier-général fut établi à Baden-Baden pour contrôler sa zone d'occupation. Cette décision s'accompagna de la création d'une monnaie autonome n'ayant cours légal que dans la zone d'occupation française, le Franc FFA.

En , l'Armée luxembourgeoise reprit une partie de la zone d'occupation française en Allemagne, à savoir le 2e bataillon une partie de l'arrondissement (Kreis) de Bitburg et un détachement du 1er bataillon une partie de l'arrondissement de Saarburg. Le 2e bataillon resta à Bitburg jusqu'en 1955. (En même temps, une partie de la zone anglaise s'étendant de la frontière belge à la frontière de l'Allemagne de l'Est, est reprise par la Belgique qui y installe les forces belges en Allemagne).

Les Forces françaises en Allemagne (10 août 1949 - 30 août 1993)[modifier | modifier le code]

Le BABO (Bâtiment administratif de Baden-Oos) construit en 1954, au quartier-général des FFA à Baden-Baden.

Un haut commissaire français entrant en fonction en Allemagne, l'appellation TOA fut remplacée par « Forces françaises en Allemagne » (FFA) à la suite du décret du , paru au Journal officiel de la République française no 185 du prenant effet le . Il ne faut pas confondre la durée de l'Occupation avec celle des TOA : les conventions de Bonn du mirent fin au régime d'occupation et furent amendées par les accords de Paris du , dont l'article premier prévoyait qu'à partir du « des forces de même nationalité et de même importance que celles qui se trouveront à cette date sur le territoire de la RFA pourront y être stationnées ».

Le commandant en chef en Allemagne fut aussi le commandant de l'enseignement français en Allemagne durant quelques années ; avec l'aide de l'Académie de Strasbourg, de nombreux établissements scolaires sont créés, destinés à accueillir les enfants des éléments constituant les troupes d'occupation, notamment : le lycée Ausone de Trèves[7] ; le lycée Paul-Tirard de Mayence[8] ; le lycée Hoche de Landau ; le collège Marceau de Coblence, (ce dernier ayant été installé au 31 Süd-allee puis en au 2 Süd-allée et fut dirigé par Monsieur Paul Coussot) ; le collège Turenne de Fribourg-en-Brisgau[9],[10].

À Coblence, la vie des Français s'organise notamment autour du cinéma « Le Paris », du cercle du Rhein-Mosel Club et des économats des FFA.

En 1951, la France installa à Trèves, l'état-major de sa 1re division blindée. Pendant toute la guerre froide, la 1re DB constitua une grande et puissante unité de l'arme blindée et cavalerie, dotée de matériels modernes susceptibles de pouvoir faire face à une éventuelle menace venue de l'Est. Toujours en 1951, la France installe dans le Bade-Wurtemberg la 3e division blindée. La 5e division blindée était également basée en Allemagne.

Ces grandes formations constituaient le 2e corps d'armée de la Ire armée française.

Insigne de forces françaises à Berlin à partir de 1949.

Des forces françaises à Berlin furent stationnées à Berlin-Ouest de à dans le quartier Napoléon — ancienne « caserne Régiment-Général-Göring » — dont les principaux occupants furent le 11e régiment de chasseurs et le 46e régiment d'infanterie.

Au moment le plus intense de la guerre froide, les FFA comptèrent jusqu'à 50 000 soldats.

Les forces françaises en Allemagne eurent à leur disposition des armes nucléaires tactiques américaines dans le cadre de l'OTAN « sous double clefs » à partir de 1960. Celles-ci équipaient des bombardiers SO.4050 Vautour et des North American F-100 Super Sabre de l'Armée de l'air (une soixantaine de Sabre en 1966), les divisions mécanisées modèle 59 qui avaient deux batteries de deux MGR-1 Honest John (un total de dix batteries en 1966 soit vingt lanceurs[11]), et huit batteries de missiles sol-air MIM-14 Nike-Hercules armées par la 520e et la 521e brigade d’engins dans le Bade-Wurtemberg de 1960 à 1966[12],[13].

Le , un accord logistique franco-allemand est signé permettant à la Bundeswehr d'entreposer et de tester son matériel, ainsi que d'entrainer son personnel sur des sites militaires français. Ainsi, en 1966, plus de 26 000 militaires allemands furent entrainés par les FFA.

Le retrait du commandement militaire intégré de l'OTAN décidé par le général de Gaulle est annoncé au président des États-Unis Lyndon Johnson le [14] ; le , de Gaulle précise que l’affectation au commandement OTAN des forces terrestres françaises stationnées en Allemagne, ainsi que celle du 1er corps aérien tactique, va prendre fin le [15].

Le , un échange de lettres entre les ministres des Affaires étrangères français et allemand règle le statut des forces françaises en Allemagne. Cette clarification était rendue nécessaire à la suite de ce retrait de la France du commandement intégré[16].

Les forces françaises qui auparavant devaient tenir un créneau en première ligne dans le dispositif allié en cas d'invasion des troupes du pacte de Varsovie eurent des relations plus distendues avec leurs homologues occidentaux qui cependant s'améliorèrent avec le temps.

L’accord entre le chef d'État-Major des armées Charles Ailleret et le chef suprême des forces alliées en Europe Lyman Lemnitzer, conclu le , et dont le texte est très succinct et de caractère très général, n’a prévu que des contacts d’état-major indispensables au cas où l’Europe occidentale aurait été le théâtre d’un conflit dans lequel la France aurait choisi de s’impliquer[17],[18], les FFA jouant le rôle de réserve générale et l'autonomie de décision de l'emploi des forces est respecté. L’accord Valentin-Ferber, du , complétait le précédent : le corps d’armée français en Allemagne étant très étroitement rattaché à l’ensemble de la 1re armée dont le commandement était en territoire français, c’est bien celle-ci qui serait impliquée par l’éventuelle coordination entre états-majors français et atlantique[19]. Une structure permanente, comportant une commission centrale 1re armée/AFCENT et trois commissions de planification (AFCENT, CENTAG, NORTHAG), est créée à cette date.

En 1976, ont lieu des entretiens entre les ministres de la Défense de la France et de la République fédérale d'Allemagne sur le retrait partiel de troupes françaises d'Allemagne de l'Ouest soit environ 10 000 hommes.

Conclu en 1978, l’accord Biard-Schulze porta sur les procédures nécessaires à cet égard, bien qu’il fût précisé qu’il n’avait qu’une « portée générale »[20]. À partir du début des années 1980, des initiatives nouvelles sont venus préciser les hypothèses d’actions conjointes entre forces françaises et atlantiques telle de la décision d’envisager l’engagement du nouveau troisième corps d’armée, créé à Lille, au-delà de la ligne Rotterdam-Dortmund-Munich, admise auparavant comme limite extrême d’éventuels mouvements français[21]. À l'occasion de consultations gouvernementales franco-allemandes en , les deux États conviennent d'organiser leur coopération militaire et de sécurité conformément au traité de l'Élysée[22].

Le président François Mitterrand et le chancelier Helmut Kohl passent en revue des troupes de la Force d'action rapide stationnées au Bade-Wurtemberg, le .

Alors que depuis 1966, jamais plus d’un régiment n’avait pris part à des manœuvres interallié, on mit publiquement en avant le rapprochement progressif entre l'Armée française et l’organisation militaire atlantique, comme en avec la participation de 3 500 militaires à l’exercice « Fränkischer Schild » et celle, plus ample encore, de 20 000 hommes dont des unités de la force d'action rapide à l’exercice « Moineau hardi » de [23],[24].

La principale force de frappe des FFA était, dans les années 1980, composée d’environ 600 chars AMX-30B2 tandis que 850 de ceux-ci restaient stationnés sur le territoire métropolitain français.

Le 50e sommet franco-allemand, tenu à Karlsruhe le et , décide, entre autres, de la création d'un Conseil franco-allemand de défense et de sécurité. Les ministres de la Défense signent un accord sur le développement et la production d'un hélicoptère antichar commun qui deviendra le Eurocopter EC665 Tigre. Les contours de la future brigade franco-allemande sont précisés (quatre bataillons stationnés à Böblingen); celle-ci sera créée le .

En 1990, après la chute du mur de Berlin, le président François Mitterrand annonce le retrait progressif des 46 000 militaires des forces françaises en Allemagne, lors du sommet franco-allemand de Munich les et . Le de la même année, le commandement allié de Berlin cesse son activité, le statut quadripartite de la ville étant éteint[25].

Les forces françaises stationnées en Allemagne et les forces françaises et éléments civils stationnés en Allemagne (depuis 1993)[modifier | modifier le code]

AMX-30B2 dans une caserne allemande en 1997-1998.

Les forces françaises en Allemagne sont dissoutes le , consécutivement à la fin de la guerre froide. Elles sont alors partiellement remplacées par les « forces françaises stationnées en Allemagne » (FFSA) qui ne comptent plus que 25 000 hommes et adoptent un nouvel insigne comportant les couleurs de la France, de l'Allemagne et les étoiles de l'Europe. Les derniers soldats russes quittent l'Allemagne de l'Est en 1994.

Les FFSA deviennent les « forces françaises et éléments civils stationnés en Allemagne » (FFECSA) à partir de 1999.

En 2006, à la suite de la réorganisation de l'Armée de terre et la suppression du service militaire obligatoire, les FFECSA ne comptent plus qu'environ 3 600 soldats et quatre garnisons.

Consécutivement à la réforme des armées françaises de 2008 le 16e bataillon de chasseurs à pied quitte Saarburg en 2010 et s'installe à Bitche en Moselle. En 2011 le 3e régiment de hussards quitte Immendingen pour rejoindre Metz. Le 110e régiment d'infanterie de Donaueschingen est dissous le . Depuis cette date les soldats français de l'état-major de la brigade franco-allemande et de son bataillon de commandement et de soutien sont les derniers représentants des FFECSA, aujourd'hui rattachés à la base de défense de Strasbourg. La caserne Robert Schuman de Müllheim est donc la dernière garnison française en Allemagne.

Liste des commandants en chef des forces françaises en Allemagne[modifier | modifier le code]

Les généraux CSTOA[N 1] étaient subordonnés au général Kœnig, ce dernier détenant le pouvoir législatif : de ce fait il est secondé[Qui ?] par un gouvernement militaire détenant le pouvoir exécutif et recevant des consignes du Commissariat français aux affaires allemandes et autrichiennes. Cette situation prend fin le , date du vote de la Loi fondamentale de la République fédérale d'Allemagne. Le nouveau statut des forces entre en vigueur le , date de nomination du premier CCFA, le général Guillaume qui change ainsi de titre et reste en poste jusqu'au .

La liste des généraux commandants en chef des forces françaises en Allemagne est ainsi la suivante :

Nom Grade[N 2] Fonction[N 1] Période en fonction
Jean de Lattre de Tassigny G. A. Cdt en chef de la 1re armée 31.03.45 - 27.05.45
Marie-Pierre Kœnig[N 3] G. A. CCFA 25.07.45 - 30.09.49
Joseph de Goislard de Monsabert G. CA. CSTOA 29.07.45 - 30.09.46
François Sevez[N 4] G. CA. CSTOA 01.10.46 - 29.02.48
Augustin Guillaume G. CA. CSTOA puis CCFA 22.03.48 - 01.10.51
Roger Noiret G. A. CCFFA 04.10.51 - 09.08.56
Pierre-Elie Jacquot G. A. CCFFA 10.08.56 - 24.04.59
Jacques Allard G .A. CCFFA 25.04.59 - 26.03.61
Jean Crépin G. A. CCFFA 27.03.61 - 16.12.63
Michel de Brébisson G. A. CCFFA 17.12.63 - 20.02.66
Jacques Massu G. A. CCFFA 01.03.66 - 01.07.69
Jean-Louis du Temple de Rougemont G. CA. CCFFA 01.08.69 – 09.16.70
Gérard Lecointe G. CA. CCFFA 10.06.70 - 31.07.72
Jean-Pierre de Lassus Saint-Geniès G. CA. CCFFA 01.08.72 - 02.12.74
Jean Richard G. CA. CCFFA 02.12.74 - 21.02.78
André Laurier[N 5] G. CA. CCFFA 22.02.78 - 23.05.78
Pierre Brasart G. CA. CCFFA 16.06.78 - 14.12.82
Bernard Philipponat G. CA. CCFFA 17.02.82 - 04.06.84
Furcy Houdet G. CA. CCFFA 05.06.84 - 12.05.87
Jean-Louis Brette G. CA. CCFFA 13.05.87 - 23.06.89
Noël Chazarain G. CA. CCFFA 24.06.89 - 22.12.92
Michel Cavaillé G. DIV. CCFFA 23.12.92 - 30.08.93
Alain Curé G. DIV. CFFSA 01.09.93 - 30.11.94
Yves Crène G. DIV. CFFSA 01.12.94 - 20.12.95
Claude Bénito G. DIV. CFFSA 21.12.95 - 01.07.99

Composition des unités après 1945[modifier | modifier le code]

Défilé de soldats français du 159e RIA devant les ruines du Reichstag le [26].

La Gendarmerie nationale en Allemagne 1945 - 1989[modifier | modifier le code]

Après la capitulation signée les et , deux légions de la Gendarmerie nationale d'occupation sont constituées (Rhénanie-Palatinat, Sarre pour la 1re, Bade-Wurtemberg pour la 2e) et disposent chacune d'un groupe de trois escadrons mobiles. En outre, un détachement autonome intervient à Berlin et une compagnie autonome est constituée pour l'Autriche, qui est annexée à l'Allemagne depuis 1938. En , 11 000 gendarmes sont présents en Allemagne. Une école est créée à Horb am Neckar. Le recrutement est constitué de gendarmes mutés, et en faible minorité de jeunes gens engagés dans les années 1943 et 1944 pour échapper davantage au STO que pour l'engouement pour le métier.

La guerre d'Indochine réclame des hommes qui sont prélevés sur les deux légions, si bien qu'en 1950, l'effectif de la gendarmerie des FFA se trouve réduit à 320 hommes, puis 1 760 en 1956. Le corps est réorganisé : la compagnie autonome de la Sarre disparaît après le rattachement de cette région à la RFA. Le commandement des forces de gendarmerie des FFA a sous son autorité deux légions d'occupation, une légion d'intervention, le détachement de gendarmerie du Haut Commissariat et celui de Berlin. Les formations seront ensuite transformées en groupements de gendarmerie puis en groupements prévôtaux. En 1968, le commandement de la gendarmerie des FFA devient unité formant corps[27].

Garnisons des troupes d'occupation en Allemagne du 8 mai 1945 au 10 août 1949[modifier | modifier le code]

Les effectifs des Troupes d'occupation en Allemagne sont passés de 324 000 hommes[28] le à un peu moins de 60 000 en 1949[28].

Les militaires se sont répartis dans les villes de garnisons suivantes. (Liste à compléter) :

Pour afficher les unités présentes dans chaque garnison, cliquez sur [afficher] (du fait des changements de casernements, une même unité peut apparaître à plusieurs endroits) (Listes à compléter) :

Garnisons des forces françaises en Allemagne du 10 août 1949 au 30 août 1993[modifier | modifier le code]

Un engin blindé de reconnaissance du 1er régiment de spahis en 1978 dans une caserne de Spire.
Parade du 11e régiment de chasseurs des forces françaises à Berlin le lors de la journée des forces alliées à Berlin-Ouest. Au premier plan, des AMX-30B2 suivis de VAB.
Chef de char d'un AMX-10P du 2e GC de Neustadt lors d'un exercice en 1989.
Quartier Edon de Lachen derrière l'aérodrome en 1988

Un effectif d'environ 50 000 militaires est réparti dans les villes de garnisons suivantes (Liste à compléter) :

Pour afficher les unités présentes dans chaque garnison, cliquez sur [afficher] (du fait des changements de casernements, une même unité peut apparaître à plusieurs endroits) (Listes à compléter, votre aide est la bienvenue) :

Garnisons des forces françaises stationnées en Allemagne du à 1999[modifier | modifier le code]

Insigne de la brigade franco-allemande.

Un effectif total de 25 000 hommes est réparti dans les quinze garnisons suivantes :

Pour afficher les unités présentes dans chaque garnison, cliquez sur [afficher] (du fait des changements de casernements, une même unité peut apparaître à plusieurs endroits) (Listes à compléter, votre aide est la bienvenue) :

Garnisons des forces françaises stationnées en Allemagne au cours des années 2000[modifier | modifier le code]

Caserne de la Brigade franco-allemande (Quartier Oberfeldwebel Schreiber) à Immendingen
Exercice de l'OTAN Combined Endeavor 2007 concernant les communications.
Soldat français s'entraînant pour une mission au Joint Multinational Readiness Center de l'OTAN à Hohenfels dans le district du Haut-Palatinat en 2008.
Un militaire français armé d'un Famas dans le même centre s'entraînant pour les Operational Mentoring Liaison Team (équipe de liaison et de tutorat opérationnel-ELTO).

Au début des années 2000, un effectif total de 3 600 hommes se réparti dans les quatre garnisons suivantes :

Pour afficher les unités présentes dans chaque garnison, cliquez sur [afficher] (du fait des changements de casernements, une même unité peut apparaître à plusieurs endroits) (Listes à compléter, votre aide est la bienvenue) :

Depuis la dissolution du 110e régiment d'infanterie le , il reste environ 500 militaires français en Allemagne, équilibrant ainsi le contingent allemand en Alsace (291e Jägerbataillon de la BFA en garnison à Illkirch-Graffenstaden depuis 2010).

Bases aériennes françaises en Allemagne[modifier | modifier le code]

Les dernières bases sont fermées depuis 1994 :

  1. Base aérienne 136 Friedrichshafen (dissoute en 1954) ;
  2. Base aérienne 136 Bremgarten (dissoute en 1968) ;
  3. Base aérienne 139 Lahr (dissoute en 1967) ;
  4. Base aérienne 165 Berlin Tegel (dissoute en 1994) ;
  5. Base aérienne 178 Achern (dissoute en 1994) ;
  6. Base aérienne 243 Stetten (BA 520 à partir de 1964) ;
  7. Base aérienne 253 Fribourg ;
  8. Base aérienne 257 Friedrichshafen ;
  9. Base aérienne 520 Stetten (BA 243 jusqu'en 1964) ;
  10. Base aérienne 521 Friedrichshafen-Lowental ;
  11. Base aérienne 903 Friedrichshafen.

Statut juridique des forces françaises en Allemagne après 1945[modifier | modifier le code]

Les accords suivants régissent la présence des forces des États de l'OTAN postés en Allemagne sur la base d'un traité international :

  • Le NATO Status of Forces Agreement (SoFA) du (Convention entre les États parties au traité de l'Atlantique nord sur le statut de leurs force)[81]
  • L'accord supplémentaire au SoFA du (accord sur le supplément à l'accord concernant les parties de traité de l'Atlantique nord en respect des forces étrangères stationné dans la république fédéral d'Allemagne, Federal Law Gazette 1961 II p. 1218)[82].

Monde associatif[modifier | modifier le code]

Fondée en 2003 et approuvée le de la même année sous le no 0353021102, l'Amicale nationale des anciens des forces françaises en Allemagne « Missions extérieures » constitue aussi le GR99 de la fédération nationale André Maginot déclarée d'utilité publique en 1923. Fondée à Paris et enregistrée le sous le no 162.790, succédant à la Garde au Rhin de 1797, la Fédération nationale des Anciens des forces françaises en Allemagne et en Autriche a constitué jusqu'avant le conflit du Moyen-Orient en 1990, la principale association représentant les militaires et les civils sous contrat ayant servi en Allemagne[83]. Dès 1991, fut créée l'UNAFFA, Union nationale des anciens des forces françaises en Allemagne, officiellement récompensée par la ville de Bordeaux (Jacques Chaban-Delmas) pour son action nationale en faveur du soutien des militaires français déjà engagés dans les "Opérations du Moyen-Orient » (Opération Artimon) et de leurs familles. D'autres associations se créerent et en particulier les Anciens Militaires en Allemagne (AMA) de Vendée, qui œuvrèrent avec l'UNAFFA, union statutairement dissoute concomitamment à la dissolution des forces françaises en Allemagne.

Dès l'année 2003 fut créée une association nationale française déclarée (loi et décret 1901) regroupant les vétérans de la guerre froide 1945-1991, ayant pour appellation VAFOR (Vétérans des armées françaises outre-Rhin), ouverte aux anciens membres des TOA et FFA, ayant pour principaux buts la défense de la mémoire et des droits des anciens militaires ayant servi dans les armées françaises outre-Rhin. Un de ses objectifs était la reconnaissance en tant que telle de la « Guerre froide 1945-1991 », déjà reconnue officiellement par les États-Unis d'Amérique. Cette association regroupait les présidents de différentes associations « FFA » dans un Conseil des Élus dénommé « VAFORCE ». La guerre froide ayant été reconnue par le président de la République française, dans son discours officiel lors de la visite du président de Russie en 2011, l'association VAFOR fut statutairement « mission accomplie » dissoute début . Il existe une revue saisonnière indépendante juridiquement déclarée ayant pour titre VAFOR Informations. Le CEVA, Comité national de coordination des Élus Vétérans d'Allemagne fut créé en l'An 2000 ; Il réunit à la demande des présidents d'associations qui prennent des mesures collégiales, représentant fin 2015 soixante-quatorze pour cent des Anciens des FFA recensés au niveau national. Une de ses décisions, prise à Versailles le à 10 h, dans le bureau des décisions du roi Louis XIV, fut de voter contre les « oublieux » des anciens des forces françaises en Allemagne et de persister à réclamer un officiel certificat de reconnaissance « Vétéran de la Guerre froide 1945-1991 » en tous points semblable à celui qu'ont déjà obtenu leurs homologues des États-Unis d'Amérique. Par "non réponse" ministérielle valant accord légal, le CEVA a obtenu le port de l'insigne dit "Insigne FFA" pour chaque ancien "Membre des forces françaises en Allemagne". Depuis, par souci d'égalité citoyenne, le CEVA a demandé l'octroi systématique d'un équivalent "Médaille du Travail" pour tous les anciens militaires de métier déjà admis à l'honorariat, lesquels n'ont aucun équivalent "Médaille du Travail" voire aucune médaille octroyée par le ministère de la Défense nationale pour leurs services dans les armées françaises.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b Les abréviations utilisées pour les fonctions dans le tableau sont les suivantes :
    • CCFA : commandant en chef français en Allemagne
    • CSTOA : commandant supérieur des troupes d’occupation en Allemagne
    • CCFFA : commandant en chef des forces françaises en Allemagne
    • CFFSA : commandant des forces françaises stationnées en Allemagne.
  2. Abréviations utilisées : « G. A. » pour général d’armée ; « G. CA. » pour général de corps d’armée, « G. DIV. pour général de division. Pour mémoire, « général de corps d'armée » et « général d'armée » ne sont pas exactement des grades de l'Armée française mais des rangs et appellations pour des généraux ayant le « grade » de général de division, ceci depuis leur création entre les deux guerres mondiales.
  3. Général commandant la 1re armée du au , date de sa dissolution.
  4. Décédé le lors d'un accident de chasse.
  5. Décédé le lors d'un accident de la route.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) L’armée française en Sarre, 1918-1930, Emmanuel Pénicaut, Revue historique des armées, Service historique de la défense.
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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  • Suzie Guth, Les forces françaises en Allemagne. La citadelle utopique, L'Harmattan, Paris, 1991 (ISBN 2-7384-1127-4)
  • Forces françaises stationnées à Berlin, Berlin, des Français au service de la liberté, SIRPA-TERRE, 1994
  • Benoît Haberbusch, "Le détachement de gendarmerie de Berlin, 1945-1994", dans Le musée des Alliés de Berlin ou Berlin et la liberté préservée (1945-1989), Berlin, Musée des Alliés, 2002, p. 234-240.
  • Élisabeth Lambert Abdelgawad, Juridictions militaires et tribunaux d'exception en mutation : perspectives…, Éditions des archives contemporaines 2007

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les forces de l'OTAN en RFA[modifier | modifier le code]

Sur les forces du Pacte de Varsovie en RDA[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]