Spoutnik 1

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Spoutnik 1

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Maquette de Spoutnik 1

Caractéristiques
Organisation Conseil des ministres d'URSS
Masse 83,6 kg[1]
Lancement 4 octobre 1957, 19:28:34 UTC (22:28 MSK)
Orbite Orbite terrestre basse
Périgée 215 km
Apogée 947 km[1]
Période 96,1 minutes
Inclinaison 65°
Index NSSDC 1957-001B
Site Baïkonour

Spoutnik 1 (en russe Спутник 1, littéralement « compagnon », soit un « satellite ») fut le premier satellite artificiel. Il fut lancé le 4 octobre 1957 à 19 h 28 min 34 s UTC et mis en orbite à 19 h 33 min 48 s par l'URSS, avec les initiales ПС-1 (PS-1, pour Простейший Спутник-1 ou « Satellite élémentaire 1 »[2]) du cosmodrome de Baïkonour (Байқоңыр, au Kazakhstan).

Le lancement de Spoutnik 1 marque le début de la conquête spatiale[3],[4].

Origine[modifier | modifier le code]

Initialement, les politiques et les militaires soviétiques voulaient des missiles intercontinentaux dans le cadre de leur confrontation avec l'Occident; le missile R-7 en préparation devait être utilisé pour lancer les bombes atomiques.

Le projet d'utiliser le missile R-7 comme lanceur spatial commence après que Sergueï Korolev ai expliqué la possibilité d'envoyer un laboratoire orbital appelé Objet D au premier secrétaire du parti communiste, Nikita Khrouchtchev lors d'une inspection en janvier 1956[5]. Il était donc possible de profiter du lanceur R-7 pour faire un exploit dans le domaine scientifique qui permettrait aux Soviétiques de doubler les États-Unis qui avaient entrepris des tests en vue de lancer un satellite dans le cadre de l'Année géophysique internationale de 1957-1958[6]. Le projet D, trop ambitieux, prit du retard, et le développement d'un engin de petite taille fut décidé un an après.

Les cinq premiers tirs de la fusée avaient tous été des échecs. Mais les deux derniers d'entre eux validaient le lanceur lui-même, le problème rencontré étant la dislocation de l'étage supérieur de la fusée. Face à la possibilité, d'après les services de renseignement soviétiques, d'un essai américain, il fut décidé de lancer le satellite PS-1, logé dans une coiffe plus légère, à la date du 6, puis du 4 octobre.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Composition du Spoutnik
Réplique de Spoutnik 1

Il s'agissait d'une petite sphère d'aluminium de 58 centimètres de diamètre, pesant 83,6 kg dotée de quatre antennes[2],[1]. La sphère était constituée de deux coques, l'externe servant de protection thermique, la seconde étant pressurisée.

L'intérieur de la sphère contenait de l'azote à une pression légèrement plus élevée que la pression atmosphérique à la surface de la Terre (1,3 atmosphère). Elle contenait les batteries au zinc-argent, des capteurs de pression et de température, un émetteur radio et un ventilateur refroidissant les équipements.

Mission[modifier | modifier le code]

Le lancement eut lieu le 4 octobre 1957, depuis le cosmodrome de Baïkonour, une base portant le nom de code de СССР « Тюра-Там » (URSS Tyura-Tam). Ce tir permettait aussi de tester la fusée porteuse, la R-7 8K71PS Semiorka.

Le décollage se fit sans problèmes, le largage de l'étage central et du petit satellite aussi. Les Soviétiques durent attendre 92 minutes pour entendre les premiers bips : le déploiement des antennes du Spoutnik se fit alors que le satellite était déjà hors de portée des récepteurs[2].

Placé sur une orbite dont les altitudes initiales du périgée et de l'apogée étaient de 225 et de 947 kilomètres, Spoutnik-1 effectuait une révolution en 96 minutes. Mais la faible altitude de son périgée lui a fait perdre de l'altitude jusqu'à un apogée de 600 km au 9 décembre 1957[1]. Après avoir fait 1 400 orbites autour de la Terre et parcouru environ 70 millions de kilomètres[1], Spoutnik est rentré dans l'atmosphère où il s'est consumé le .

Le système de communication était équipé de deux émetteurs radio de W capables de transmettre la pression et la température de l'azote afin de vérifier les principes de pressurisation et de thermorégulation utilisés. Les deux émetteurs étaient suffisamment puissants pour permettre à des radioamateurs de capter le célèbre « bip-bip » du satellite un peu partout sur la planète sur les fréquences radio de 20,005 et 40,022 MHz[7]Le signal de Spoutnik.

Le lancement de Spoutnik 1 avait lieu dans le cadre de l'Année géophysique internationale de 1957-1958, l'étude de ses signaux devait donc permettre d'étudier la propagation des ondes dans l'atmosphère et l'étude de sa trajectoire devait fournir des informations sur la densité de la haute atmosphère et sur la forme exacte de la Terre.

Les appareils électriques du satellite ont fonctionné pendant vingt-deux jours après le lancement, jusqu'à l'épuisement des batteries le 26 octobre 1957[8]. Ensuite la trajectoire a été surveillée de manière optique.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Exploit technique tout autant que fantastique coup de propagande durant la guerre froide, ce lancement fut un choc pour les États-Unis, et remettait en cause leur prédominance dans le domaine scientifique. Les militaires américains furent atterrés car les radars leur avaient appris (ils turent alors cette information) qu'outre le satellite, la fusée porteuse avait mis en orbite son corps central. Les Soviétiques avaient donc la capacité de lancer des missiles balistiques emportant des armes nucléaires, et pouvant frapper le continent américain. Cette fusée porteuse était d'ailleurs parfaitement visible à l'œil nu, contrairement à Spoutnik 1 qui nécessitait des moyens optiques puissants pour être observé[1].

Motivés par ce camouflet, les États-Unis durent encore subir l'humiliation du premier lancement raté du projet Vanguard le , avant d'annoncer le le succès du lancement d'Explorer 1.

Autres Spoutnik[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Spoutnik.

D'autres satellites nommés Spoutnik ont été construits par les Soviétiques, mais les différents programmes se chevauchent ; certains Spoutnik faisaient partie du programme Vostok. D'après la revue américaine Nature, on pourrait comptabiliser entre quatre et vingt modèles de Spoutnik 1[réf. nécessaire].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • Giles Sparrow, La conquête de l'espace, Flammarion,‎ 2007

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]