Mauritanie

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République islamique de Mauritanie

(ar) الجمهورية الإسلامية الموريتانية

Drapeau
Drapeau de la Mauritanie.
Blason
Sceau de la Mauritanie.
Devise شرف إخاء عدالة
Honneur Fraternité Justice
Hymne Nachid al-watani
(l'hymne national)
Description de l'image Mauritania (orthographic projection).svg.
Administration
Forme de l'État République islamique
Président de la République Mohamed Ould Abdel Aziz
Premier ministre Mohamed Salem Ould Béchir
Langues officielles arabe (officielle), français (administrative), hassanya (populaire)
le soninké, le peul et le wolof ont le statut de langues nationales.
Capitale Nouakchott

18° 05′ N, 15° 58′ O

Géographie
Plus grande ville Nouakchott
Superficie totale 1 030 700 km2
(classé 29e)
Superficie en eau Négligeable
Fuseau horaire UTC +0
Histoire
Indépendance De la France
Date
Démographie
Gentilé Mauritanien
Population totale (2018[1]) 3 840 429 hab.
(classé 132e)
Densité 4 hab./km2
Économie
IDH 0,5 (moyen)
Monnaie Ouguiya (MRU​)
Divers
Code ISO 3166-1 MRT, MR​
Domaine Internet .mr
Indicatif téléphonique +222
Organisations internationales

ONU (28 octobre 1961)[2]
Union du Maghreb arabe (1989)
Organisation de l'unité africaine (1963) / Union africaine (2002)

Ligue arabe (1973)

La Mauritanie (en arabe : موريتانيا, en berbère : Agawej ou Cengiṭ), en forme longue la république islamique de Mauritanie (en arabe : الجمهورية الإسلامية الموريتانية), est un pays de l'Afrique du Nord-Ouest, situé entre 15 et 27 degrés de latitude nord et 5 et 17 degrés de longitude ouest. La Mauritanie fait partie de l'Union africaine, de la Ligue arabe, de l'Union du Maghreb arabe, de l'Organisation de la coopération islamique et de l'Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS), en plus d'être membre de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF). La capitale de l'actuelle Mauritanie est Nouakchott. Les autres villes principales sont Nouadhibou, Kiffa, Kaedi, Zouérate et Rosso.

Elle possède une côte d'environ 800 km ouverte sur l'océan Atlantique s'étirant de Ndiago au sud jusqu'à Nouadhibou au nord. Au nord, elle est limitrophe de l'Algérie et du Sahara occidental (revendiqué par le Maroc et la République arabe sahraouie démocratique), du Mali à l'est, et du Sénégal au sud.

La Mauritanie constitue un espace de contact entre l'Afrique du Nord et l'Afrique subsaharienne, ce qui en fait un pays pluriethnique ; elle est majoritairement peuplée d'une communauté arabe et berbère dans laquelle se distinguent deux groupes : les Maures arabo-berbères dits « Maures blancs » ou Beidanes (qui représenteraient 30 %), et de Haratins dits « Maures noirs », anciens esclaves arabophones, d'origine Bafour (qui seraient 40 % de la population), d'autre part d'un ensemble noir-africain composé de plusieurs ethnies, telles que les Peuls, Soninkés, Wolofs et Bambaras, qui représenteraient 30 % de la population, selon les estimations de la CIA[1] (sans études precises , il n'existe pas de statistiques dans ce sens). Il convient de souligner que la proportion des différents groupes ethno-linguistiques n'est pas connue avec précision, les statistiques avancées variant fortement selon la source. Pour mémoire, les statistiques datant des années 1960 indiquaient une proportion d'environ 80 % d'arabophones (hassanophones).

Le nom du pays lui vient de la Maurétanie romaine, désignant le territoire des « Maures », peuple berbère, dans l'Antiquité. Le territoire de la Mauritanie ne correspond cependant pas à celui de l'antique province romaine.

En français, l’expression « Mauritanie occidentale », appliquée en décembre 1899 par Xavier Coppolani supplante progressivement les autres dénominations utilisées pour désigner le pays.[Quoi ?]

Géographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Géographie de la Mauritanie.

Ancienne toponymie[modifier | modifier le code]

Jusqu'à l'adoption de son nom actuel, la Mauritanie était désignée par plusieurs dénominations, qui correspondent à différentes régions de l'actuelle Mauritanie et sous celui de Gannar par les Wolofs[3]. Elle était plus généralement connue des géographes arabes et en Orient sous le nom de Bilad Chinguit (de la cité de Chinguetti).

Généralités[modifier | modifier le code]

Image satellite de la Mauritanie.
Topographie de la Mauritanie.

La Mauritanie est un pays de l'Afrique de l'Ouest. Sa superficie est de 1 036 000 km2[4].

Elle possède des frontières avec l'Algérie (463 km), le territoire du Sahara occidental (1 561 km), le Mali (2 237 km) et le Sénégal. Celles-ci ont été tracées par les colonisateurs français, ce qui explique les lignes droites, sauf pour le fleuve Sénégal qui constitue une frontière naturelle entre la Mauritanie et le Sénégal. Elle est bordée à l'ouest par l'océan Atlantique.

La Mauritanie se divise en trois grandes régions naturelles :

  • La façade atlantique, qui s'étend sur une longueur d'environ 800 km, de la frontière avec le Sénégal, au sud, au Sahara occidental, au nord.
  • La région centrale est occupée par de grands plateaux escarpés à l’est, des larges cuvettes dunaires du Sahara.
  • Le fleuve Sénégal, qui a creusé une vallée le long de la frontière sud du pays. L'un de ses affluents est le Karakoro (également appelé Oued Lakhdar).

L'est est constitué de zones de pâturage, alors que le sud constitue la zone agricole grâce aux alluvions du fleuve Sénégal.

La plus grande partie du territoire se trouve dans le désert du Sahara, avec des plaines et des reliefs peu accidentés, ainsi que des regs (désert rocheux). Au Nord, il existe de hauts plateaux avec un sommet à 915 m d'altitude : la Kedia d'Idjil. Dans le centre du pays, la cuvette du Hodh El Chargui est bordée au sud-est par des plateaux gréseux (Adrar, Tagant).

Climat[modifier | modifier le code]

Rue de Chinguetti : niveau atteint par l'ensablement (environ 2,80 m) avant l'intervention de 2003.

Le climat est globalement désertique très chaud et très sec, ce qui explique la faible densité de population. De plus, des sécheresses successives ont accentué la désertification du pays.

Les températures sont relativement tempérées sur la côte grâce aux vents venant du large et la région du fleuve est plus humide.

Dans l’extrême sud et sud-est, qui se positionne sur la bande du Sahel, la végétation réapparaît et des cultures sont possibles.

Un vent de sable chaud (le Khamsin, ou Harmattan) balaye parfois des régions, ensevelissant des cultures, voire des villages qui luttent contre l'avancée du désert.

Dans les régions intérieures du pays, les températures sont largement plus élevées et torrides que sur les côtes. Il peut facilement faire plus de 50 °C.

Les nuances entre les quatre saisons sont quasi inexistantes.

Environnement[modifier | modifier le code]

  • Flore
  • Faune

Parcs nationaux[modifier | modifier le code]

Le plus grand parc national mauritanien, en termes de surface et de paysages, est celui du banc d'Arguin. Il présente un paysage extrêmement contrasté, entre désert et océan, ainsi qu'un riche patrimoine naturel. Le banc d'Arguin[5] est également un site exceptionnel pour la reproduction des oiseaux migrateurs européens ; à ce titre il a été inscrit sur la liste Ramsar[6]. Le parc national du banc d'Arguin est également classé au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1989[7].

Géographie humaine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Villes de Mauritanie.
  • Urbanisation

Géographie administrative[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Subdivisions de la Mauritanie.

La Mauritanie est divisée en 6 régions regroupant 12 wilayas, auxquelles s'ajoutent trois autres wilayas formant la capitale, Nouakchott. Elle comprend également 58 Mouqataa, ainsi que 216 communes.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de la Mauritanie.

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Gravures rupestres.
L'Adrar.

De nombreuses peintures pariétales ou gravures rupestres, au fond de grottes ou sur des falaises, témoignent de présence humaine préhistorique sur l'actuel territoire mauritanien. L'environnement a donc été différent de ce que l'on connaît actuellement : autrefois, la Mauritanie n'était pas un désert mais une région humide avec des cours d'eau et du gibier.

Des bifaces témoignent des débuts de la présence de l'homme, au Paléolithique inférieur. Ces outils acheuléens changent de formes, deviennent ovales, triangulaires puis sont accompagnés de hachereaux (outil à biseau tranchant réalisé sur éclat massif). C'est dans l'Adrar et plus particulièrement à Aghmakou et El Beyyed que l'on peut se rendre compte de ces évolutions[8].

Des grattoirs, pointes, racloirs moustériens nous parviennent du Paléolithique moyen. Au nord de la Mauritanie actuelle, l'Atérien qui venait sans doute d'Afrique du Nord, nous apporte des outils améliorés avec une extrémité transformée en pédoncule pouvant être emmanché. Les humains anatomiquement modernes du Paléolithique supérieur s'établissent sur la côte atlantique vers la baie du Lévrier.

Au début du Néolithique, l'Atérien disparaît avec l'arrivée de population du nord de l'Afrique[9]. La présence humaine est attestée au Néolithique[9] par des habitats structurés pendant deux millénaires dans la région du Dhar Tichitt[10]. Des pointes de flèches ont également été retrouvées.

Des populations noires, les Bafours, en partie sédentaires, se sont établies en Mauritanie, plus particulièrement dans la région de l'Atar. Ils étaient chasseurs-pêcheurs puis ils ont développé une civilisation agro-pastorale. Ensuite le Sahara s'est étendu, d'autres populations venant de l'est sont parvenues dans cette région comme les Peuls (des pasteurs qui suivent leurs troupeaux) ainsi que d'autres nomades du nord qui sont venus dès le premier millénaire avec leurs dromadaires[11].

Empire du Ghana[modifier | modifier le code]

L’empire du Ghana fondé par les Soninkés avait pour capitale Koumbi (dans le Hodh El Chargui) et l'empire de Tekrour fondé par des Peuls les Dia-Ogo.

Désigné par ses habitants sous le nom d'empire de Ouagadou, il se fait connaître en Europe et en Arabie comme l'empire du Ghana. Issu du royaume du Ouagadou, l'empire du Ghana s'est développé au VIIIe siècle avec l’exportation d’or et de sel, important pour la conservation des aliments. Il connaît son apogée au Xe siècle, et s'étend alors sur un territoire à cheval sur la frontière actuelle entre la Mauritanie et le Mali, comprenant le Ouagadou, et Oualata. En 990, il annexe Aoudaghost, grande cité berbère, centre névralgique des échanges entre le nord et le sud[12].

Almoravides[modifier | modifier le code]

L'Empire almoravide s'étend du Tage au Sénégal, XIIe siècle.

Le mouvement religieux des Almoravides, de rite sunnite malékite, formé par des tribus Sanhadja (originaires de l'Adrar, nomadisant entre le Nord de l'actuel Sénégal, l'actuelle Mauritanie et le Sud de l'actuel Maroc) s'établit sur les rives du fleuve Zenaga (fleuve Sénégal) ou sur les rivages de l’Atlantique. Il fonde l'empire Almoravide, qui impose son hégémonie sur l'ensemble de la région. Il unifiera au Xe siècle, les peuples du Sahara occidental et étendra, au XIe siècle, sa domination sur l'empire du Ghana (conquête des villes Aoudaghost et de Koumbi Saleh). En peu de temps, les Almoravides s'emparent d'Aoudaghost, d'Awlil et de Sijilmassa. C'est à partir de cette dernière qu'ils entament la conquête du Nord7. Éliminant les pouvoirs locaux et annexant les principautés limitrophes, ils font l'unité d'une grande partie du Maghreb et d'al-Andalus.

Au XIIe siècle, après la chute des Almoravides, une partie du territoire de la Mauritanie (Sud/Sud-Ouest) redevient une province des empires du Mali et l'empire songhaï.

Au XIIe siècle, la ville de Tichitt est fondée. Cette cité qui allie le savoir au commerce contribue substantiellement au rayonnement de la région du Maghreb et de l'ouest africain fraîchement islamisé.

Au XIVe siècle, plusieurs villes comme Oualata, Chinguetti, Ouadane se développent.

Beidanes[modifier | modifier le code]

Au XVe siècle, les Banu Hassan (issus de l'ensemble Maaqil), venus probablement du Yémen, et d'Arabie, et dans une moindre mesure d'Égypte et d'Irak, se fixent dans le Nord et combattent les tribus berbères sanhadjas[13]. Ils vont influencer la structure sociale et la composition ethnique de la société donnant naissance à un ensemble arabo-berbère et répandre progressivement le dialecte arabe hassanya. Au XVIIe siècle, les tribus Mghafra (arabes) et Zwaya (Sanhadja) vont entrer en conflit pendant près de 30 ans. Il convient de noter que les populations (berbères, negro-africains et autres) vivant dans le pays au moment de l’arrivée des Beni Hassan étaient déjà islamisées et avaient fondé, quatre siècles auparavant, l'empire almoravide, qui avait dominé l'ensemble de l'Afrique du Nord-Ouest et la péninsule ibérique (alors connue sous le nom d'Andalus). D'autres royaumes islamisés, à l'image de l'empire peul du Fouta-Toro et, dans une certaine mesure, de l’empire du Ghana, s'étaient également déjà établis sur le territoire. Par la suite, les Beni Hassan fondent de nouveaux Émirats, dont les plus puissants furent ceux du Trarza, du Brakna et de l'Adrar, celui du Tagant ayant été fondé par les descendants des Sanhadja almoravides. Ces émirats étaient souvent en guerre entre eux et avec les principautés du sud, telles que le Fouta-Toro ou le royaume du Oualo[14].

Colonisation française[modifier | modifier le code]

Fort colonial d'Arguin (1721).

La colonisation française peut être présentée selon la chronologie :

  • 1902 : début de la pénétration coloniale française, qui fait face à une vive résistance armée et culturelle. [réf. nécessaire].
  • 1903 : la Mauritanie est placée sous protectorat de la France.
  • 1904 : rattachement de la rive droite du fleuve Sénégal à la Mauritanie sous protectorat de la France ; arrêté du 10 avril 1904 prononçant l'éclatement du cercle de Kayhayzi et le rattachement de sa rive droite au nouveau protectorat.
  • 1920 : la Mauritanie est décrétée colonie française.
  • 1934 : fin de la résistance armée (bataille d'Oum Tounsi).
  • 1945 : la Mauritanie est élevée au statut de territoire d’outre-mer de l’Union française.
  • 1957 : la Mauritanie bénéficie de la loi-cadre (dite loi Defferre).
  • 1958 : devenue autonome, la République islamique est proclamée le 28 novembre (dans la nouvelle mais éphémère Communauté française qui remplace les anciennes fédérations administratives de territoires de l'Union française).
  • 1960 : le 28 novembre, l’indépendance nationale est octroyée en vertu des accords franco-mauritaniens de restitution de souveraineté.
La capitale Saint-Louis vue de la mer (1814).
Naufrage de la Méduse au banc d'Arguin en 1816.

Les Portugais avaient déjà eu des contacts avec les habitants du banc d'Arguin. Le commerce de la gomme au nord du Sénégal se développe. Le fort Portendick au nord de l'estuaire du fleuve Sénégal ainsi que la vallée du Sénégal deviennent une région servant de base à l'expansion économique des colonies. En 1816, le navire La Méduse s'échoue sur la banc d'Arguin en tentant de rejoindre Saint-Louis. Faidherbe considère que les émirats sont source d'insécurité et commence d'abord par annexer l'empire du Oualo avant de conquérir l'autre rive du fleuve. Les maures du Trarza tentent d'instaurer une paix entre les tribus, mais dès 1899 l'administrateur Coppolani instituera une Mauritanie occidentale, tout en reconnaissant en 1900 les intérêts des Espagnols établis au cap Blanc.

Les Français s'établissent dans l'Adrar en 1908 puis au Hodh en 1911. Les frontières sont fixées à la suite d'un accord franco-espagnol en 1912, attribuant à l'Espagne le territoire du Río de Oro (Wadi al-Dahab) et de la Saguia El Hamra (actuel Sahara occidental). En 1920, la Mauritanie devient une des colonies de l'Afrique-Occidentale française (AOF). 1934 sonne le glas de la résistance, alors que 1936 marque l'achèvement de l'occupation militaire de la Mauritanie.

Il n'y aura pratiquement pas de développement du pays, seulement une domination militaire en s'appuyant sur les chefs traditionnels afin de sécuriser le territoire (les antagonismes entre les différentes tribus seront utilisés avec profit par les Français). Saint-Louis du Sénégal — capitale de l'AOF et du Sénégal — fera donc office de capitale administrative de la Mauritanie. Il faudra attendre l'indépendance pour voir s'ériger des installations portuaires ou des aéroports. Durant cette période, les populations nomades s'appauvrissent.

En novembre 1945 les Sénégalais Amadou Lamine-Guèye et Léopold Sédar Senghor sont élus députés de la circonscription réunissant le Sénégal et la Mauritanie.

En 1946, la Mauritanie accède au statut de territoire d'outre-mer et le , Ahmeddou Ould Horma Ould Babana devient le premier député mauritanien. Cela permet dès 1948 le développement d'une nouvelle élite administrative et de partis politiques. La loi-cadre Gaston Defferre du autorise la création d'un pouvoir exécutif local, dont la mise en place est confiée à un jeune avocat, Moktar Ould Daddah.

Après l'indépendance du Maroc, à partir de 1956, le royaume chérifien, par la voix de son souverain, Mohammed V, revendique la Mauritanie[15] comme partie intégrante de son territoire.

Mauritanie indépendante[modifier | modifier le code]

Après le référendum de 1958, la Constitution mauritanienne adoptée l'année suivante instaure un régime parlementaire. L'indépendance est proclamée le . Le pays est reconnu officiellement par l'Organisation des Nations unies (ONU) le et devient membre fondateur de l'Organisation de l'unité africaine (OUA) en 1963. Le Maroc reconnait la Mauritanie qu'en 1969, neuf ans après son indépendance, levant ainsi le dernier obstacle à son adhésion à la Ligue arabe, qui devient effective en 1973[16].

Revendication par le Maroc de la Mauritanie[modifier | modifier le code]

Après son indépendance, le Maroc ambitionne de récupérer ce qu'il considère comme appartenant à son territoire précolonial, morcelé par la France et l'Espagne, en essayant de négocier avec ces deux puissances. Toutefois et contrairement à Tarfaya, qu'il récupère en 1958 et Sidi Ifni, en 1969, la Mauritanie lui échappe et accède à l'indépendance. Plusieurs personnalités mauritaniennes étaient cependant venues prêter allégeance au roi Mohammed V à Rabat, comme l'ancien député mauritanien à l'Assemblée nationale française, Horma Ould Babana, l'émir du Trarza, Mohammed Fal Ould Oumeir, devenu ministre au Maroc, chargé de la Mauritanie et du Sahara, ou encore le diplomate Dey Ould Sidi Baba. La Tunisie d’Habib Bourguiba tente, à plusieurs reprises, de rapprocher les positions de Rabat et de Nouakchott, et apporte un soutien diplomatique constant à la Mauritanie[17]. Le royaume marocain renonce finalement à ses revendications territoriales sur la Mauritanie (liées au concept du Grand Maroc développé par Allal El Fassi, le fondateur du parti de l'Istiqlal) et se résigne à la reconnaître formellement. Lors de leur première rencontre, en 1969, à l’occasion du sommet islamique de Fès, Hassan II confessera au président mauritanien Mokhtar Ould qu’il n’avait jamais cru au bien-fondé des revendications marocaines sur la Mauritanie, mais qu’il avait été obligé de les endosser par « filiation dynastique »[17].

Présidence de Mokhtar Ould Daddah (1960-1978)[modifier | modifier le code]

En 1961, la nouvelle Constitution instaure un régime de type présidentiel et Moktar Ould Daddah est élu premier président de la Mauritanie.

Reprendre l'œuvre inachevée d'unification des diverses tribus et ethnies est l'objectif prioritaire des nouveaux dirigeants du pays. Son président Moktar Ould Daddah devra s'imposer face aux dissensions internes et à l'influence de ses voisins, tels que le Maroc ou l'Algérie. En 1965, le parti du peuple mauritanien (PPM), issu de la fusion des quatre principales formations politiques, devient le seul parti autorisé. En août 1966, il est réélu à la présidence. Il est confronté à une contestation syndicale, nationaliste, marxiste et maoïste, qui finit par intégrer le parti unique au pouvoir quelques années plus tard, en 1975.

En 1971, Moktar Ould Daddah est élu pour un troisième mandat.

Le partage du Sahara occidental entre le Maroc et la Mauritanie va générer de graves crises pour le pays. Le conflit avec le Front Polisario soutenu par l'Algérie plonge la Mauritanie dans de graves difficultés économiques (conjuguées à la famine, suite en raison de la sécheresse). Malgré le soutien de l'aviation française basée à Dakar en décembre 1977, les attaques de villes dans le nord et même de la capitale Nouackchott par le Front Polisario finissent par pousser les militaires mauritaniens à déposer le président Mokhtar Ould Daddah en 1978.

Succession de juntes militaires éphémères (1978-1984)[modifier | modifier le code]

Le 10 juillet 1978, le lieutenant-colonel Moustapha Ould Mohamed Saleck, à la tête de l'armée depuis quelques mois, renverse Moktar Ould Daddah et prend la tête d'un Comité militaire de redressement national (CMRN), qui signe un cessez-le-feu avec le Front Polisario.

Le nouveau régime est en proie à des luttes intestines qui conduisent, le 6 avril 1979, à des modifications transférant la réalité du pouvoir à un nouveau Premier ministre, le lieutenant-colonel Ahmed Ould Bouceif. Moustapha Ould Mohamed Saleck conserve toutefois son poste de chef de l’État. Un Comité militaire de Salut National est créé.

À la suite de la disparition du Premier ministre, Ahmed Ould Bouceif, dans un accident d'avion, le 27 mai 1979, une nouvelle direction est mise en place. Mohamed Mahmoud Ould Ahmed Louly devient chef de l’État (symbolique) et Mohamed Khouna Ould Haïdalla Premier ministre. Un accord de paix est signé avec le front Polisario et la Mauritanie se retire du Sahara occidental.

Le 4 janvier 1980, à la suite d'une nouvelle restructuration au sein du Comité Militaire de Salut National, Ould Haïdalla devient chef de l’État. Diverses tentatives de putsch sont déjouées (dont une le 16 mars 1981, menée par l'Alliance pour une Mauritanie démocratique, réputée proche de l'ancien président Mokhtar Ould Daddah et du Maroc), tandis que l'opposition ne cesse de se renforcer en réaction à la politique autoritaire du nouveau chef de l'État.

Présidence de Maaouiya Ould Sid'Ahmed Taya (1984-2005)[modifier | modifier le code]

Le 12 décembre 1984, le colonel Maaouiya Ould Sid'Ahmed Taya, chef d'état major des armées — Premier ministre (1981-1984) et ministre de la Défense — accède au pouvoir par un coup d'État sans effusion de sang avec l'aide du Comité militaire de salut national dont il est président.

Il libéralise l'économie et permet l'organisation d'élections locales. En 1991, il proclame une nouvelle Constitution qui instaure le multipartisme (à l’exception des partis islamistes) et la liberté de la presse. Le chef de l'État créé le Parti républicain démocratique et social (PRDS). En 1992, il est élu président de la République, puis réélu en 1997 avec plus de 90 % des voix tandis que le front uni de l'opposition a appelé au boycott[18].

En 2001, le régime de Maaouiya Ould Sid Ahmed Taya devient plus souple avec la reconnaissance de 6 nouveaux partis[18].

Le 8 juin 2003, le président Ould Taya parvient à reprendre le contrôle de Nouakchott après de violents combats contre des soldats putschistes, surnommés « Les Cavaliers du changement » et menés par l’ancien commandant de la garde nationale, Saleh Ould Hannena et l’officier Mohammed Ould Cheikhna[18]. Le bilan officiel est de 15 morts et une dizaine de blessés. Ould Taya indiquera l'année suivante avoir déjoué une nouvelle tentative[18].

En novembre 2003, Ould Taya est réélu avec 67 % des voix[18].

Conflit de 1989 avec le Sénégal et expulsion de populations noires-mauritaniennes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Conflit sénégalo-mauritanien.

Avec la prise du pouvoir par le colonel Maaouiya Ould Sid'Ahmed Taya à la suite d’un coup d’État du 12 décembre 1984, la dérive chauvine du pouvoir atteint son paroxysme dans les années 1989-1991[19].

Le 9 avril 1989, un incident frontalier opposant bergers peuls mauritaniens et paysans soninké sénégalais provoque l’intervention de l’armée mauritanienne dans le village de Diawara, au Sénégal, et se solde par la mort de deux Sénégalais. Cet événement exacerbe les tensions communautaires entre les deux pays et provoque des émeutes, à Dakar et à Kaolack : des dizaines de commerçants mauritaniens sont pris pour cible, par représailles, et plusieurs sont massacrés, entre le 21 et le 24 avril[20]. Ces événements déclenchent, à leur tour, des émeutes en Mauritanie, particulièrement à Nouakchott, visant cette fois les Sénégalais expatriés, et, indistinctement, les populations noires-mauritaniennes. La France, l’Algérie et le Maroc, qui a offert sa médiation, organisent un pont aérien pour permettre aux ressortissants des deux pays d’être évacués. Ce double exode concerne des dizaines de milliers de personnes, obligées de tout abandonner. La Mauritanie et le Sénégal rompent leurs relations diplomatiques en août 1989, et la frontière restera fermée jusqu’en mai 1992[20].

En Mauritanie, la période 1989-1991 est marquée par les assassinats de cadres militaires et civils noire-mauritaniens, la déportation de dizaines de milliers de noirs-africains vers le Sénégal (environ 50 000 personnes[21]) et au Mali (40 000 personnes), la radiation de milliers de cadres civils et militaires de la fonction publique, viols, la destruction de documents d’état-civil, la confiscation de biens et de terres. Les peuls éleveurs de zébus ont été les principales victimes de ces exactions.

Il s’agit sans nul doute de l'événement le plus significatif de la politique d’épuration ethnique de l'histoire de la Mauritanie, accomplie méthodiquement et fondée sur la négation du caractère pluri-ethnique du pays, légitimant l’exclusion des populations non arabes et, à défaut, leur exclusion et la relativisation de la discrimination.

À son arrivée au pouvoir à l'issue des élections présidentielles de 2007, le président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi entreprendra, ultérieurement, le rapatriement volontaire des réfugiés au Sénégal à la suite des accords tripartites conclus entre le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et les gouvernements mauritaniens et sénégalais. Ce rapatriement aurait été freiné avec le coup d'État ayant mis fin au mandat du président Ould Cheikh Abdallahi.

Début de la guerre avec les djihadistes[modifier | modifier le code]

En avril 2005, les autorités arrêtent une cinquantaine d'individus dans les milieux islamistes accusés de planifier des actions terroristes avec des djihadistes liés au Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC)[18].

Le 4 juin 2005, une caserne de l'armée mauritanienne est attaquée par des combattants du GSPC. Cette action, dite attaque de Lemgheity, est la première attaque commise par le GSPC contre des militaires hors de l'Algérie[réf. nécessaire].

Ely Ould Mohamed Vall (2005-2007)[modifier | modifier le code]

Le 3 août 2005, l'armée, au travers du Conseil militaire pour la justice et la démocratie (CMJD), prend le pouvoir pour « mettre fin au régime totalitaire du président Taya et mettre en place de véritables institutions démocratiques ». Ce putsch a lieu alors que le président est sur le chemin du retour de Riyad, où il avait assisté la veille aux funérailles du roi Fahd. Après un court séjour au Niger et en Gambie, ce dernier se réfugie au Qatar où il obtient une résidence permanente.

Le nouvel homme fort du pays, le colonel Ely Ould Mohamed Vall, a été l'un des plus fidèles compagnons de route du président déchu. Responsable de la Sûreté nationale (police) pendant 18 ans, il a été associé aux vagues de répressions successives. Le 21 avril 2006, il autorise l'ex-président Maaouiya Ould Taya, en exil au Qatar, à revenir dans son pays, lui interdisant toutefois de participer aux élections prévues dans le cadre d'une transition démocratique jusqu'en 2007. L'ex-président Maaouiya Ould Taya n'a toutefois pas regagné la Mauritanie et continue de vivre au Qatar.

Conformément aux engagements formulés lors de sa prise de pouvoir, Ely Ould Mohamed Vall ne se présente pas à l’élection présidentielle de mars 2007, ainsi que tous les militaires qui avaient participé au coup d'État. Aucun des candidats en lice n'ayant obtenu plus de 50 % des suffrages lors du premier tour, un second tour a lieu le 25 mars 2007, portant au pouvoir Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi.

Présidence Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi (2007-2008) et montée des groupes jihadistes[modifier | modifier le code]

Le nouveau président de la République élu, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, prête serment le 19 avril 2007. C'est le premier civil, depuis près de 30 ans, élu sans fraude massive depuis l'indépendance de la Mauritanie. Un vent d'espoir souffle sur le pays : les médias sont plus libres et de nouvelles formations politiques sont reconnues, dont un parti islamiste (Tawassoul). Mais des émeutes en raison de la baisse du pouvoir d'achat et l'augmentation de l'insécurité dans le pays affaiblissent le pouvoir du président[22], de même que l'influence trop pesante des dirigeants de l'armée, qui lui avaient apporte leur soutien durant la campagne électorale.

Parallèlement, les attaques du groupe jihadiste Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), nouveau nom depuis le du Groupe salafiste pour la prédication et le combat après que celui-ci ait fait allégeance à al-Qaïda, se multiplient sur le territoire mauritanien :

  • le 24 décembre 2007 à Aleg (250 kilomètres à l’est de Nouakchott), quatre touristes français sont assassinés sur la route de l'Espoir[23]. Le Paris-Dakar est annulé.
  • Le 27 décembre 2007, 3 personnes sont tuées dans une attaque près d’Al Ghallawiya, à l’extrême nord-est du pays[24].
  • Le 1er février 2008, un commando attaque l’ambassade d’Israël à Nouakchott ainsi que le restaurant-discothèque mitoyen[24].
  • En avril 2008, les forces de l’ordre donnent l'assaut contre une cachette de terroristes localisée en plein quartier résidentiel de Nouakchott qui fait trois morts (un officier de police et deux djihadistes)[24].

Le Premier ministre, Zeine Ould Zeidane, annonce en mai 2008 sa démission ainsi que celle du cabinet[25]. Le 11 mai 2008, un nouveau Premier ministre, Yahya Ould Ahmed el Waghf, forme un gouvernement d'ouverture avec des personnalités de l'entourage du président déchu, suscitant les réserves des militaires à l'origine du putsch de 2005, sans oublier l'entrée de deux islamistes. Une motion de censure est déposée par des députés, le 30 juin 2008. Toutefois, cette motion n'aboutit pas, en raison de la démission du gouvernement el Waghf.

Après trois semaines de crise constitutionnelle, le Premier ministre, reconduit dans ses fonctions, compose un nouveau cabinet renouvelé de moitié mais sans ouverture vers l'opposition. Quelques ministres qui semblaient être source de conflit entre le président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi et les militaires sont écartés afin de permettre un apaisement, mais la crise ne prend pas fin, pour autant[26].

Mohamed Ould Abdel Aziz (depuis 2008)[modifier | modifier le code]

Lors du coup d'État militaire du 6 août 2008, le président de la République et le Premier ministre sont arrêtés et déposés à la suite du renvoi de quatre des plus importants officiers militaires du pays[27],[28], arguant notamment de sa « faiblesse » face au terrorisme (détenu au palais des congrès de Nouakchott puis placé en résidence surveillée dans son village de Lemden, Sidi Ould Cheikh Abdallahi sera finalement libéré en décembre 2008[29]).

Le nouveau maître du pays est le général Mohamed Ould Abdel Aziz qui préside un Haut Conseil d'État et promet d'organiser une rapide élection présidentielle. Le 13 août 2008, il nomme un nouveau Premier ministre, Moulaye Ould Mohamed Laghdhaf.

Après avoir démissionné de l'armée, il abandonne la charge de chef de l'État le au président du Sénat Ba Mamadou M'Baré afin de pouvoir se présenter à l'élection présidentielle, prévue en juin, qui se tient finalement le 18 juillet. Élu avec 52,5 % des voix, il entre officiellement en fonction le 5 août.

Les attaques d'AQMI se poursuivent contre la Mauritanie malgré la résolution affichée par le nouveau pouvoir :

  • En septembre 2008, douze militaires trouvaient la mort dans une attaque d’AQMI contre une patrouille positionnée à Tourine, toujours à l’extrême nord du pays (à 80 kilomètres au nord de la ville de Zouerate)[24].
  • Le 23 juin 2009, un ressortissant américain, l’évangéliste et humanitaire Christopher Legget, est assassiné près du marché du Ksar, au cœur même de la capitale[24].
  • En août 2009, l'ambassade de France est la cible d'un attentat-suicide, sans faire d'autres victimes que son auteur[24].
  • Le 29 novembre 2009, un convoi d’humanitaires catalans composé de quinze voitures était attaqué en pleine journée sur la principale route nationale du pays située entre la capitale politique, Nouakchott, et la capitale économique, Nouadhibou. Trois Espagnols sont enlevés et acheminés dans le nord du Mali[24].
  • En décembre 2009, au sud-est, près de la frontière avec le Mali, un couple d’Italiens, Sergio Cicala, 65 ans et Philomène Kaboré, 39 ans, est enlevé.
  • Le 25 août 2010, un jeune candidat au suicide mauritanien membre d'AQMI se lance contre le quartier général de la cinquième région militaire de Néma (sud-est), sans faire d'autre victime que le terroriste[24].
  • Les 17 et 18 septembre 2010, des combats entre l'armée mauritanienne et des éléments d'AQMI se déroulent à Raz-El-Ma (235 km à l'ouest de Tombouctou), dans le nord du Mali. 12 membres insurgés islamistes sont tués, mais aussi plus d'une dizaine de soldats mauritaniens.
  • Dans la nuit du 1er au 2 février 2011, un véhicule chargé d'explosifs est intercepté à un barrage et explose[24].

Le premier semestre de l'année 2011 est marqué par l’extension du printemps arabe en Mauritanie, avec une vague de grèves, manifestations et revendications politiques.

Il est réélu en juin 2014 pour un second mandat, avec 81,89 % des voix au premier tour[30].

Il confirme début 2018 qu’il se conformera à la Constitution, laquelle limite à deux le nombre de mandats présidentiels : « Nous avons certes révisé la Constitution, mais nous n’avons jamais touché à cet article. Et je n’y toucherai pas. »[31].

En 2019 la sécheresse menace les populations du sud et de l’est du pays. Près de 560 000 personnes se trouvent en situation d'insécurité alimentaire[32].

Article détaillé : Contestation en Mauritanie en 2011.

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Politique[modifier | modifier le code]

Politique intérieure[modifier | modifier le code]

La Constitution de la République islamique de Mauritanie date du 20 juillet 1991, et a été révisée à trois reprises, en 2006, 2012 et 2017. Elle rappelle dans son préambule son attachement à l'islam et aux principes démocratiques tels que définis dans la Déclaration universelle des droits de l'homme ainsi que dans la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples[33].

Modification du drapeau national[modifier | modifier le code]

Le 9 mars 2017 une révision de la Constitution est approuvée à l'Assemblée nationale. Elle porte sur la suppression du Sénat, de la Haute cour de justice, du médiateur de la République et du Haut Conseil islamique ainsi que sur une modification du drapeau national qui portera désormais deux bandes rouges symbolisant le sang versé par les « martyrs de la résistance » durant la période coloniale française[34]. Soumise initialement au parlement, cette modification, vivement contestée par l'opposition[35], est rejetée, à la surprise générale, par le Sénat. Le président Mohamed Ould Abdel Aziz opte alors pour l'organisation d'un référendum, qui a lieu le 5 août 2017. Les électeurs mauritaniens votent « oui » à 85 %, selon les résultats dévoilés par la commission électorale. La participation s'est élevée à 53,73 %[36].

Politique extérieure[modifier | modifier le code]

Les traités et accords internationaux ne peuvent être ratifiés qu'en vertu d'une loi. Aucune modification du territoire (cession, échange, adjonction) ne peut se faire sans le consentement du peuple par référendum.

Les engagements internationaux contraires à la Constitution rendent nécessaire la révision de celle-ci afin de ratifier ces engagements. À partir de leur publications, ces engagements internationaux ont une valeur supérieure à celle des lois[37].

Ordres et décorations[modifier | modifier le code]

  • Ordre national du Mérite

Économie[modifier | modifier le code]

Données Valeurs
Produit intérieur brut 5,124 $ milliards (2017)[38]
Produit intérieur brut par habitant 1300 dollars US (2016)[39]
Taux de croissance 3,5 % (2017)
Taux d'inflation 2,4 % (2017)
Main d’œuvre par secteurs agriculture : 40,3 %
industrie : 9,5 %
services : 50,2 % (2016)[40]
Taux de chômage 10,2 % (2017)[41]
Dette extérieure Ratio de la dette / PIB : 93,6 % (2017)
Indice de développement humain 0,513 (2016)[42]
Population sous le seuil de pauvreté 33 % (est. 2016)
Coefficient de Gini 32,4 (est. 2014)[43]
Sources : Banque Mondiale[44]
Importance de l'élevage.
Garage à Nouakchott.

En 2016, la Mauritanie s'est classée au 157e rang sur 182 pays à l'indice de développement humain (IDH)[45]. La moitié de sa population vit toujours de l'agriculture et de l'élevage, mais un nombre croissant de nomades et de paysans ont dû migrer vers les grandes villes afin de fuir la pauvreté[1]. Certains ont tout perdu lors des sécheresses des années 1970 et 1980. Une mauvaise gestion de ces crises dues à la sécheresse n'a fait qu'augmenter la dette qui s'élève à plus de trois fois le total des exportations annuelles du pays.

En décembre 2001, la Mauritanie a reçu — en tant que « pays pauvre fortement endetté » ou Heavily Indebted Poor Countries (HIPC) — des aides de la part de pays donateurs. Une nouvelle fiscalité a été développée (0 % d'imposition sur les sociétés en 1993) afin de favoriser les investisseurs étrangers et créer de l'emploi.

Le 6 décembre 2017, le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) approuve un accord triennal au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) avec la Mauritanie, d’un montant de 115,92 millions de DTS (environ 163,9 millions de dollars américains ou 90 % de la quote-part de la Mauritanie), pour accompagner le programme de réformes économiques et financières du pays. Le programme appuyé par la FEC devrait « contribuer à favoriser une croissance inclusive et diversifiée de l’économie mauritanienne afin d’améliorer le niveau de vie de la population, de maintenir la stabilité macroéconomique, de renforcer la viabilité de la dette, et de réduire la pauvreté »[38].

En janvier 2017, le pays se dote d’une loi sur le partenariat public-privé[46].

En novembre 2017, la Banque mondiale présente son rapport annuel qui indique une progression de la Mauritanie dans le classement Doing Business 2018, pour la troisième année consécutive : elle gagne 10 places en se classant 150e sur 190 pays[47].

L’activité économique reprend lentement en 2017 grâce à l’amélioration progressive de la consommation privée et à la performance des secteurs de la pêche, du commerce et des industries manufacturières[44].

Le gouvernement souhaite réduire la pauvreté, améliorer l'éducation et la santé et développer le secteur privé.

Secteurs[modifier | modifier le code]

Pêcheurs à Nouackchott.

Agriculture et élevage[modifier | modifier le code]

L'agriculture se développe autour de la production de dattes, millet, sorgho, maïs[48], des bovins (1,8 million de têtes) des ovins et caprins (14,7 millions en 2013) et des camélidés (1,5 million)[49] en élevage.

Le riz constitue un des secteurs les plus importants de l’agriculture mauritanienne[48]. Sa production est concentrée le long de la frontière méridionale, sur la rive nord du fleuve Sénégal. Ces terres ont fait partie du Waalo, royaume né de l’éclatement de l’empire Wolof, et sont traditionnellement orientées vers l’agriculture de rizières. Le rythme des crues (septembre-octobre) et décrues (novembre-décembre) marque la vie des communes riveraines du fleuve Sénégal. Le riz s’est introduit assez récemment dans la région. Sa culture, alliée à celles des tomates et des oignons permet aux cultivateurs de maximiser le rendement des terres en opérant un roulement entre les trois productions[50]. Ce changement des pratiques se détourne de siècles d’exploitations traditionnelles tournées principalement vers le sorgho, le maïs, la courgette, la patate douce, le niébé. La jachère est donc de moins en moins pratiquée. Il semble que des politiques gouvernementales aient également remis en cause la hiérarchie sociale liée à l’agriculture : « L’aménagement et la distribution des superficies irriguées étant assurés par l’État, on constate également un certain équilibre entre les différentes couches sociales d’un même village. Autrement dit, les anciens propriétaires terriens ne sont plus ceux qui contrôlent les rizières. »[51].

Pêche[modifier | modifier le code]

Le secteur de la pêche représente environ 20 % des recettes budgétaires de l’État[52] (estimées en 2016 à 400 M) et emploie près de 40 000 personnes. La pêche est surtout réalisée par des sociétés étrangères[53].

En juillet 2015, l’Union Européenne (UE) confirme par un nouveau protocole de mise en œuvre l’accord de partenariat signé avec la Mauritanie dans le domaine de la pêche durable. En plus des captures payées, l'UE garantit 59,125 millions d'euros, dont 4,125 millions d'euros directement dédiés au soutien des communautés de pêche locales[54]. Une Résolution du Parlement européen du 12 avril 2016[55] précise que le Parlement « se félicite vivement des dispositions en matière de transparence contenues dans le dernier protocole avec la Mauritanie, au titre desquelles celle-ci s'engage à publier l'ensemble des accords conclus avec des États ou des entités privées qui accordent aux navires étrangers un accès à sa zone économique exclusive (ZEE) et demande instamment que ces dispositions relatives à la transparence figurent dans tous les accords de partenariat dans le domaine de la pêche durable ».

Les côtes mauritaniennes sont parmi les plus poissonneuses d'Afrique, comme celles du Sénégal.[réf. nécessaire]

L'agriculture, l'élevage et la pêche représentaient 16,6 % du PIB et employaient 50 % des actifs en 2012[49].

Mines[modifier | modifier le code]

Le fer constitue près de 40 % des exportations : mine de F'Derick, Tazadit, Rouessat, guelb à magnétite.
Mine(s) d'or : mine de Tasiast...

Hydrocarbures[modifier | modifier le code]

En janvier 2016, le président sénégalais Macky Sall annonce la découverte d’un gisement offshore[56] à la frontière sénégalo-mauritanienne, à la suite des prospections de la société américaine Kosmos. Il se situe à 5 200 mètres de profondeur et les réserves seraient estimées à 450 milliards de mètres cubes. Kosmos signe ensuite un mémorandum avec la Société des pétroles du Sénégal (Petrosen) et la Société mauritanienne des hydrocarbures et du patrimoine minier (SMHPM), entérinant les principes d’une coopération intergouvernementale pour le développement du complexe Grande Tortue d’une surface de 1 200 km2 [57].

En décembre 2016, BP signe un accord[58] pour acquérir 62 % du projet d’exploitation de plusieurs blocs explorés par Kosmos (28 %), en partenariat avec la Société mauritanienne des hydrocarbures et de patrimoine minier (10 %). Au titre de cette prise de participation, BP paie à Kosmos la somme de 916 millions de dollars couvrant notamment la poursuite des explorations. Les exportations de GNL vont ainsi permettre à la Mauritanie de se positionner en tant que fournisseur d’énergie à part entière pour plusieurs années et de générer des revenus qui pourront être investis dans le développement d’autres secteurs[59].

Le 9 février 2018, la Mauritanie et le Sénégal signent un accord de coopération[60] intergouvernemental (ACI) portant sur l’exploitation du champ gazier off-shore « Grand Tortue - Ahmeyim » (GTA), à cheval sur la frontière maritime entre les deux pays. Signé au cours d'une visite à Nouakchott du président sénégalais Macky Sall, son contenu n'a pas été rendu public, mais selon une source du Ministère mauritanien du Pétrole, de l'Énergie et des Mines, il inclut le « développement de l'exploitation et le partage des ressources, ainsi que les conditions de règlement des litiges. […] L'accord est avantageux pour les deux pays »[60].

Infrastructures[modifier | modifier le code]

Monnaie[modifier | modifier le code]

L’ouguiya-MRU (de l'arabe wqiya qui signifie once) est la devise officielle de la Mauritanie depuis le 1er janvier 2018. Elle remplace la première ouguiya-MRO, qui avait cours depuis 1973, au taux de 10 pour 1. Ce changement s’explique, selon la Banque centrale par la trop forte augmentation de la masse monétaire (environ 608 milliards d’ouguiya en 2017)[61].

Le 28 novembre 2017, le Président de la République, dans son discours prononcé à l'occasion du 57e anniversaire de l'Indépendance nationale, avait annoncé la démonétisation de l’ouguiya (MRO) et la création d’une nouvelle ouguiya (MRU). Ce changement de l’étalon monétaire entraîne le changement de toute la gamme de billets (adoption du polymère comme seul substrat) et le changement de toute la gamme des pièces, mais n'affecte pas le nom de la monnaie nationale qui reste l'ouguiya[62].

Démographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Démographie de la Mauritanie.

La population de la Mauritanie est estimée à près de 4 millions d'habitants en 2014[63].

Les conditions géographiques – le Sahara occupe les deux tiers du territoire – expliquent la très faible densité moyenne de population, de l'ordre de 3 habitants par km2. Dans le Sud cependant, les rives du fleuve Sénégal connaissent une plus grande concentration d'habitants, très majoritairement noirs. Nouakchott, capitale créée de toutes pièces en 1958 et qui comptait 6 000 habitants en 1965, est devenue une agglomération importante qui accueille, aujourd'hui, le tiers des Mauritaniens, dont de très nombreux anciens nomades, que la sécheresse a condamnés à changer de mode de vie. Avec le port de Nouadhibou, au nord, et quelques rares centres secondaires, dont Zouerate, la ville minière du désert, le taux d'urbanisation dépasse 50 %. Le pays connaît une croissance démographique soutenue, de l'ordre de 3 % par an, liée à une très forte fécondité.

On distingue généralement trois groupes principaux de population ː

Ils constitueraient (34 %)[1]. Les Haratins sont des Noirs, anciens esclaves des Bidhaan, d'origines bafours , fortement assimilés et quelque peu métissés aux Maures blancs, qui partagent la même langue et la même culture.

  • Les « Beidanes» (littéralement « les Blancs », en arabe) ou Maures blancs, représenteraient 53 % de la population[1]. Ils sont issus des vagues successives de peuplement arabe plus ou moins métissées avec les populations berbères et noires préexistantes. Ils parlent un dialecte arabe, le hassanya, également présent au Sahara occidental, au Sud du Maroc, au Sud de l'Algérie et au Nord du Mali, et étaient organisés en Emirats, cités (Chinguetti, Oualata, Tichitt et Ouadane) et tribus nomades.
  • Les Noirs africains, bloc non homogène, représenteraient environ 13 % de la population, comprenant plusieurs ethnies[1] :
    • Les Poulars (ou Peuls): faisant partie des plus anciens peuples du pays, ils sont pour la plupart originaires du sud du pays.
    • Les Soninkés : sont les descendants des habitants de l'empire du Ghana qui dominait le pays jusqu'à la chute de l'empire, ils se sont par la suite établis majoritairement dans les wilaya du Guidimakha et du Gorgol.
    • Les Wolofs : ils sont pour la plupart établis au sud du Trarza sur les rives du fleuves Sénégal.
    • Les Bambaras également présents dans le Sud du pays, principalement dans la région du Guidimakha.

Réfugiés[modifier | modifier le code]

Selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, et à la suite du conflit qui a éclaté dans le nord du Mali en 2012, à la mi-août 2013, 72 000 réfugiés maliens avaient trouvé refuge en Mauritanie.

Esclavage[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Esclavage en Mauritanie.

L’esclavage est officiellement aboli en 1981[64]. En 2007, une nouvelle loi criminalise l’esclavage dorénavant passible de cinq à dix ans de prison ainsi que l’apologie de l’esclavage punissable de deux ans de prison.

Le 28 mars 2013, l’agence nationale Tadamoun est créée par décret. Elle entend « répondre à un impératif de développement relatif à l’amélioration des conditions de vie d’une certaine population victime d’une parenthèse historique ». La mission de Tadamoun s’articule autour de trois composantes : lutte contre les séquelles de l’esclavage, insertion des rapatriés mauritaniens du Sénégal et lutte contre la pauvreté[65].

En 2015, le parlement pénalise de 10 à 20 ans de prison les maîtres et complices d'esclavage[66], désormais reconnu comme crime contre l'humanité[67].

Pour autant, en dépit de l’arsenal législatif, plusieurs milliers de personnes seraient encore concernées[68] par ce phénomène qui relève d'un ordonnancement social très ancien[69], une forme de société de castes, au sein des sociétés tribales sahariennes[70]. Selon le Global Slavery Index 2016, qui s’est appuyé sur 1 000 sondages effectués par téléphone ou sur le terrain, 43 000 Mauritaniens, soit 1,06 % de la population, sont concernés. Les chiffres de 2014 étaient quatre fois plus élevés, avec 155 600 personnes, soit 4 % de la population[68]. Cette situation est combattue par des mouvements politiques d'opposition, dont celui des Kadihine (prolétaires) et le Mouvement pour l'émancipation des Haratines (connu sous le nom d'El Horr ou l'Homme libre), actifs dans les années 1970 et 1980, et des associations, dont les plus connues sont SOS Esclaves, fondée en 1995 par des militants des droits de l'Homme et dirigée par Boubacar Ould Messaoud, l'un des leaders historiques du mouvement El Horr, et l'Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (en) (IRA) fondée plus récemment et dirigée par Biram Ould Dah Ould Abeid, surnommé par la presse le « Spartacus mauritanien »[71].

En 2011, un arrêté réglementant le travail domestique est pris par le gouvernement, afin de renforcer la protection des droits des travailleurs domestiques[72].

L'envoi de jeunes Mauritaniennes pauvres vers l'Arabie saoudite où elles sont exploitées, et parfois tuées, est considéré comme une forme d'esclavage[73].

Le 30 mai 2018, la 107e session du Bureau international du travail (BIT) de Genève a supprimé la Mauritanie de la liste des pays interpellés par la commission des normes sur la question de l’esclavage en matière d’emploi et de travail forcé. Ce retrait couronne les efforts consentis depuis une quinzaine d’années par les gouvernements mauritaniens pour lutter contre les pratiques de l’esclavage[74].

Transports[modifier | modifier le code]

Éducation[modifier | modifier le code]

L'école primaire dure six ans et l'enseignement secondaire sept ans[75]. L'enseignement est fondé sur un système bilingue (arabe et français)[75] L'analphabétisme est encore assez important[76], le taux d'alphabétisation étant de 58 % seulement (en 2010)[77].

Culture[modifier | modifier le code]

Tatouage au henné (Adrar)
Article détaillé : Culture mauritanienne.
Fêtes et jours fériés
Date Nom français Nom local Remarques
1er janvier Jour de l'an
1er mai fête du travail
28 novembre indépendance LISTIKLAL

Sont également fériées certaines fêtes musulmanes : Aïd el-Fitr, Aïd al-Adha et le Mawlid (naissance de Mahomet).

Religions[modifier | modifier le code]

Très ancienne terre d'islam, comme en témoignent les milliers de manuscrits conservés dans les bibliothèques de Chinguetti, Ouadane ou Oualata, la Mauritanie est musulmane à près de 100 %[78]. Cette foi qui imprègne très fortement la société et la culture du pays est affirmée par la Constitution qui en fait la religion d'État. Les Mauritaniens sont sunnites et se réclament pour la plupart de l'école de jurisprudence malékite, l'une des quatre écoles du sunnisme[78]. Beaucoup de musulmans appartiennent aussi à des confréries religieuses. Les plus représentées en Mauritanie sont la Qadiriyya et la Tijaniyya[78].

Selon l’article 306 du Code pénal mauritanien, tout musulman qui apostasie, sans se repentir dans un délai de trois jours, est passible de la peine de mort[79]. Ce châtiment extrême n’a cependant jamais été appliqué. Le pays observe un moratoire de fait sur les condamnations à mort, la dernière exécution capitale en Mauritanie remontant à plus de trente ans[80].

Les non-musulmans sont pour la plupart des étrangers, généralement des catholiques qui disposent de plusieurs lieux de culte dans le pays, à Nouakchott (cathédrale) et à Nouadhibou notamment. En revanche les protestants et les juifs – très peu nombreux – n'ont ni temple ni synagogue[81].

L'impression et la distribution de matériel non musulman sont interdits ainsi que le prosélytisme non musulman[82]. Selon la Constitution de 1991, les citoyens sont musulmans[82].

Langues[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Langues en Mauritanie.
« Mauritanie » en écriture arabe

Les langues sont inscrites dans la Constitution à l'article 6[83].

La langue officielle est l'arabe écrit. À noter qu'il existe l'arabe dialectal local parlé : le hassanya.

Les langues nationales sont l'arabe-hassaniya, le peul, le soninké, et le wolof.

Le français est, de facto, l'une des langues de travail au sein de l'administration, même s'il n'a pas le statut de langue officielle.

Francophonie[modifier | modifier le code]

La Mauritanie est membre de l'Assemblée parlementaire de la francophonie de même que de l'Organisation internationale de la francophonie.

Les régions mauritaniennes de Dakhlet Nouadhibou, Gorgol et de l'Inchiri sont membres de l'Association internationale des régions francophones[84].

Médias[modifier | modifier le code]

La Mauritanie est 55e au classement mondial 2017 en termes de liberté de la presse, selon le rapport annuel établi par le groupe de surveillance des médias Reporters Sans Frontières (RSF)[85].

La liberté des médias fluctue selon les régimes en place. Il n'est pas toujours facile pour les journalistes de faire leur travail mais cela dépend réellement de la situation politique du jour. Depuis le début de la transition démocratique en 2005 les médias ont plus de liberté. Après le coup d'État de 2008, une reprise en main des médias publics a été observée. Elle a concerné notamment la télévision et la radio publique dont l'information est censurée, mais les journaux gardent une grande liberté de parole (notamment le Calame et la Tribune). Mal payés, les journalistes rédigent souvent sur commande des notables, des politiques ou des hommes d'affaires. L'autocensure et le manque de sources aux articles sont d'autres pratiques qui contribuent à la médiocrité de la presse mauritanienne.

Mode[modifier | modifier le code]

Le mode vestimentaire en Mauritanie a été influencé par les modes traditionnels dans l’Afrique du Nord et l’Afrique au sud du Sahara. Le climat aride et chaud du désert mauritanien a déterminé la nature de chaque pièce vestimentaire du costume traditionnel.

Le daraa ou boubou, est le costume incontestable des hommes Maures en Mauritanie. Cette tenue traditionnelle est habituellement, confectionnée de coton chiga, ou du bazin damassé. Le daraa peut être de couleur bleue ou blanche, avec une fente pour la tête et de larges pans (manches) ouverts des deux côtés, qu’on peut replier sur les épaules. Ce boubou est parfois orné, en plusieurs endroits, de jolies bordures. Sous ce boubou, les hommes portent un sarouel, un pantalon bouffant, de couleur bleue, blanche ou noire.

Un chèche ou haouli en hassanya, de couleur bleue, blanche ou noire, est porté par les hommes pour se protéger du soleil et des vents de sable.

Le melehfa, un long voile rectangulaire souple et généralement fin, enveloppe les Mauresques de la tête aux pieds. Il est coloré de teintures unicolores ou multicolores.

Chez les Peuls, Soninkés, Wolofs et Bambaras, la version féminine du boubou largement répandu dans les pays du Sahel est porté par les femmes, avec de beaux pagnes dessous et un foulard ceignant la tête. Le bolonta est surtout porté par la population soninké de Kaédi au sud du pays, il a la forme d'un caftan, mais il est sans manche, on met une chemise longue manche appelé katalla en dessous.

Arts[modifier | modifier le code]

La poésie

C'est l'art le plus apprécié des Mauritaniens avec les contes. La Mauritanie est connue dans le monde arabe pour être le 'Pays du Million de poètes'. La poésie est appréciée chez les principaux groupes ethniques du pays[86] :

  • en soninké : Xaran sungu
  • arabe classique : echiir
  • en hassaniyya : leghna
  • en wolof: taalif
  • en pulaar: jime
Les contes

La nuit à la belle étoile après une chaude journée, les Mauritaniens aiment contempler leur environnement. Les choses sont magnifiées (sans les diviniser puisque cela est interdit par l'islam), les conteurs savent raconter des histoires qui permettent à l'imaginaire de s'échapper vers le contemplatif.

Les contes servent également à éduquer les enfants en leur transmettant des connaissances, préceptes avec des exemples développés sous formes de petites histoires...

La littérature peul

Elle est surtout orale constituée de chants et de musique. Chaque groupe social (guerriers, tisserands...) a son chant[87].

La musique

La musique maure ou hassani se situe au confluent des musiques arabe et de l'Afrique sub-saharienne. Elle est influencée par les sons des peuples noirs du sud.

La musique traditionnelle rappelle les exploits des princes guerriers des émirats et des empires qui ont existé en Mauritanie. Elle est assez élitiste. Aujourd'hui, une musique populaire jouée par des artistes contemporains est écoutée lors d'événements traditionnels tels que les mariages et les baptêmes[88].

Les principaux instruments de la musique maure ou hassani sont la Tidinit, l'Ardîn, le Tbol, etc.

Les instruments de musique se modernisent et remplacent la Kora, le Djembé, les Dum dum, le N'goni, la Tambin (flûte peule)…

Le cinéma
Article détaillé : Cinéma mauritanien.

Traditions[modifier | modifier le code]

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Mariages[modifier | modifier le code]

Fête lors d'un mariage à Atar

Le mariage unit non seulement deux individus mais aussi deux familles, deux ethnies. Par le passé, les enfants étaient désignés pour le mariage dès leur berceau. Parvenus à l'âge adulte, nul ne songe à décevoir les parents, la communauté. Une dot est fixée lors d'une réunion entre les parents.

Chez les Maures, après le mariage, la mariée tente de se cacher avec ses amies. Si le marié ne la retrouve pas, il paie une rançon au camp adverse. Mais actuellement, l'évolution de la société mauritanienne fait que beaucoup de ces pratiques disparaissent, surtout dans les villes.

Gastronomie[modifier | modifier le code]

La cuisine mauritanienne est composée de produits locaux : mil, blé, orge, haricot, pastèque, dattesetc. C'est donc une cuisine typique des peuples du Sahel. Les plats les plus connus sont à base de deux variétés de couscous communément appelé petit couscous et gros couscous, et, fondé, Makhafo, El aiche, Baci, sakou, Echerchem, Leglyé, Bellakh, Belleghmane, Hacou, lemvassas, soupou kandia, mechoui, gombo, néré, thiéboudiène, mafé, lakhetc.[89].

Les protéines animales viennent du dromadaire, des ovins et caprins, du bœuf, et du poisson (sur la côte). Le fromage caravane se fait à partir de lait de chamelle.

À part ces produits traditionnels, d'autres denrées tels le riz, la pomme de terre sont également consommés et la mondialisation influence les méthodes et les usages culinaires.

Jeux et sports[modifier | modifier le code]

L'influence de l'islam dans les relations hommes/femmes a créé deux types de jeux[90] :

  • soit uniquement pour les femmes (es-sig, krour, Em-Ehmeidech, Chnague, lewzar, Sigueye, Salar…) dans des endroits frais (tentes, maisons) ou ombragés (arbres…) ;
  • soit uniquement pour les hommes (Edghougha, Heibe, Towd, Dhamet[91], Khreibga, Diaro…) dans des endroits découverts, à l'air libre ;
  • soit uniquement pour les enfants.

Codes[modifier | modifier le code]

La Mauritanie a pour codes :

Notes et références[modifier | modifier le code]

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    .
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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  • Danielle et Vincent Bisson, Mauritanie, aux confins du Maghreb, éditions ACR, , 335 p. (ISBN 9-782867-701719)
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  • Muriel Devey, La Mauritanie, Paris, Karthala, , 316 p. (ISBN 978-2-84586-583-9)
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  • Attilio Gaudio, Le dossier de la Mauritanie, Nouvelles éditions latines, , 429 p. (ISBN 978-2-7233-0035-3)
  • Jean-Claude Klitchkoff, La Mauritanie aujourd'hui, Éditions du Jaguar, , 2e éd., 248 p. (ISBN 978-2-86950-340-3)
  • Moktar Ould Daddah, La Mauritanie, contre vents et marées, Karthala, , 672 p. (ISBN 978-2-845-86437-5)
  • Elemine Ould Mohamed Baba, La Mauritanie, un pays atypique, L'Harmattan, , 160 p. (ISBN 978-2-296-04591-0)
  • Mariella Villasante Cervello, Parenté et politique en Mauritanie : essai d'anthropologie historique, Paris, L'Harmattan, , 282 p. (ISBN 2-738-46392-4)
  • Mariella Villasante Cervello (dir.), Colonisations et héritages actuels au Sahara et au Sahel, L'Harmattan (ISBN 978-2-296-04024-3)
  • Mariella Villasante Cervello (dir.), Le passé colonial et les héritages actuels en Mauritanie, L'Harmattan, 566 p. (ISBN 978-2-343-01767-9)

Discographie[modifier | modifier le code]

  • Le Chant des enfants du monde, vol. 8 Mauritanie, Arion, 2009 (1re  éd. 2001), ICD (compilation de 24 titres)

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Mauritanie de Claude Pavard, Oasis Production, 2003, 2 DVD + un livret (64 p. ), 240 min : film documentaire

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]