Estonie

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République d'Estonie

(et) Eesti Vabariik

Drapeau
Drapeau de l'Estonie
Blason
Armoiries de l'Estonie
Hymne en estonien : Mu isamaa, mu õnn ja rõõm (« Ma patrie, mon bonheur et ma joie »)
Fête nationale
· Événement commémoré
Description de cette image, également commentée ci-après
La république d'Estonie en Europe (l'Union européenne en vert clair).
Description de l'image En-map.jpg.
Administration
Forme de l'État République parlementaire
Président de la République Alar Karis
Première ministre Kaja Kallas
Parlement Riigikogu
Langues officielles Estonien
Capitale Tallinn

59° 26′ N, 24° 45′ E

Géographie
Plus grandes villes Tallinn, Tartu, Narva, Pärnu
Superficie totale 45 339 km2
(classé 130e)
Superficie en eau 4,56 %
Fuseau horaire UTC +2 ; heure d’été : UTC+3
Histoire
Entités précédentes
Indépendance Drapeau de l'Empire russe Empire russe
Drapeau de l'Empire allemand Empire allemand

Drapeau de l'URSS Union soviétique
Démographie
Gentilé Estonien, Estonienne (eestlane)
Population totale 1 365 884 hab.
(classé 158e)
Densité 30 hab./km2
Économie
PIB nominal (2022) en augmentation 37,202 milliards de $
+ 2,52 % (103e)
PIB (PPA) (2022) en augmentation 59,557 milliards de $
+ 6,48 % (108e)
PIB nominal par hab. (2022) en augmentation 27 970,807 $
+ 2,52 % (41e)
PIB (PPA) par hab. (2022) en augmentation 44 778,397 $
+ 6,48 % (43e)
Taux de chômage (2022) 7,1 % de la pop.active
+ 15,72 %
Dette publique brute (2022) Nominale :
6,970 milliards d'
+ 25,92 %
Relative :
20,881 % du PIB
+ 15,67 %
Monnaie Euro (EUR)
Développement
IDH (2021) en diminution 0,890[1] (très élevé ; 31e)
IDHI (2021) en diminution 0,829[1] (22e)
Coefficient de Gini (2020) 30,7 %[2]
Indice d'inégalité de genre (2021) 0,100[1] (28e)
Indice de performance environnementale (2022) en augmentation 61,4[3] (14e)
Divers
Code ISO 3166-1 EST, EE
Domaine Internet .ee, .eu[note 1]
Indicatif téléphonique +372
Code sur plaque minéralogique EST
Organisations internationales Drapeau des Nations unies ONU :
COE :
Drapeau de l’Union européenne UE :
Drapeau de l'OTAN OTAN :
ESA :
CD :
CBSS :

L'Estonie (en estonien : Eesti), en forme longue la république d'Estonie (en estonien : Eesti Vabariik) est un État souverain d'Europe du Nord dont le territoire s'étend sur le flanc oriental et sur près de 2 200 îles de la mer Baltique. La partie continentale possède des frontières terrestres avec la Russie à l'Est et la Lettonie au Sud, tandis que l'archipel de l'ouest constitue l'essentiel de la partie insulaire du pays.

L'Estonie est une république unitaire ayant un régime parlementaire. Elle a pour capitale Tallinn et pour langue officielle l'estonien. Au , la population de l'Estonie est d'environ 1,36 million d'habitants.

Habité par des populations fenniques apparentées aux actuels finnois depuis le VIe millénaire av. J.-C., le territoire de l'Estonie connait un âge viking avant d'être colonisé et christianisé par des moines-soldats allemands lors des croisades baltes. Durant le Moyen Âge, les allemands asservissent les populations indigènes et développent le commerce sur la mer baltique. Tout au long de l'histoire, le pays est convoité par les puissances environnantes : Danemark, Pologne, Suède puis Russie ; qui envahissent tour à tour le pays tout en s'alliant avec le pouvoir local allemand. L'influence tardive du libéralisme et du nationalisme romantique dans cette région d'Europe pousse les indigènes estoniens à s'émanciper des tutelles allemandes et russes puis à développer un sentiment national à partir du XIXe siècle. Profitant de l'instabilité consécutive à la révolution russe, les Estoniens créent leur propre État à partir de 1918. La république d'Estonie est reconnue par les grandes puissances après la victoire dans sa guerre d'indépendance contre la Russie bolchévique en 1920. Lors de la Seconde Guerre mondiale, la population estonienne est victime de persécutions et de crimes de masse par l'Union soviétique et l'Allemagne nazie. L'URSS occupe ensuite illégalement le territoire jusqu'en 1991, date à laquelle l'Estonie retrouve le contrôle plein et entier de son territoire après des décennies d’exil.

L'Estonie réintègre à partir des années 1990 la sphère d'influence européenne. Elle rejoint l'Union européenne et l'OTAN à partir de 2004. L'Estonie est également membre de la zone euro, de l'ONU, de l'OMC, du Conseil de l'Europe, de l'espace Schengen, de l'OCDE ou encore du Conseil des États de la mer Baltique, et est observateur au Conseil nordique et à l'Organisation internationale de la Francophonie. En 2020 et 2021, l'Estonie siège au Conseil de sécurité des Nations unies[4].

Pays de culture autochtone nordique fennique[5] possédant un folklore, une origine et langue[6] semblables à celles de la Finlande[7],[8] (toutes deux berceaux du Sauna[9],[10]), l'Estonie a aussi été influencée par les traditions baltes[11] et la culture allemande[12],[13],[14]. Elle est politiquement rattachée à ses voisins méridionaux baltes : la Lettonie et la Lituanie, avec lesquelles elle est engagée contre l’impérialisme russe[15],[16],[17],[18]. Malgré sa faible population et son statut de petite nation, l'Estonie est un pays développé avec un Indice de développement humain élevé (31e sur 191 pays)[19] et figure parmi les chefs de file mondiaux dans des domaines tels que la qualité de vie[20], le niveau d'éducation (premier pays européen selon l'OCDE)[21], l'absence de corruption[22] ou encore la liberté de la presse[23].

La résilience de l'État estonien et de son économie est attribuée entre autres à la digitalisation de l'administration et des services publics effectuée au sortir de l'occupation[24],[25], au point que le pays est régulièrement qualifié d'État plateforme[26],[27],[28]. Cette stratégie, conjuguée à une politique plus libérale que ses voisins nordiques permet à l'Estonie de bien figurer au classement de facilité de faire des affaires[29] et d'avoir le plus grand nombre de start-ups par habitants en Europe[30].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom "Estonie" tire son nom du peuple estonien. Les origines du nom de ce peuple au cours de l'histoire pourraient provenir de racines germaniques via le nom tribal gothique aistan ("respect, honneur"), ou via les mots āst, eest ("grange, grenier"), ou encore aistmar ("mer d'ambre"). Elles pourraient aussi provenir alors de racines baltes que l'on retrouverai dans certains lieux-dits dans les actuelles Lettonie et Lituanie.

L'une des premières traces de ce terme pour qualifier un peuple est le mot Aestii, le nom latinisé de tribus de l'Antiquité mentionnées dans l'ouvrage de l'historien romain Tacite La Germanie (vers 98 ap. J.-C.) et décrit aux côtés des Germains et des Goths qui peuplent les régions au-delà des limites Nord-Est de l'Empire romain. La plupart des chercheurs pensent que ce nom s'appliquait en réalité aux tribus baltes actuelles (notamment lituaniens), et non aux ancêtres des actuels estoniens, situés plus au Nord. D'autres chercheurs considèrent que Tacite désignait toute la région de la Baltique orientale, incluant à la fois les peuples fenniques (dont les estoniens) et les peuples baltes.

Le même ethnonyme Esti, Aesti ou Haesti apparaît également au VIe siècle dans les œuvres de l'écrivain antique Cassiodore. Adam de Brême, au XIe siècle, mentionne trois îles, dont la plus septentrionale est appelée Aestland. La forme iestlatum se retrouve dans les runes scandinaves (XIe siècle). Les sagas scandinaves sont considérées comme la source la plus ancienne (seconde moitié du XIIe siècle), où le nom de lieu Eistland est utilisé au sens moderne. L'historien danois Saxo Grammaticus mentionne en latin la terre Hestia, Estia et l'ethnonyme Estones comme forme plurielle d'Esto dans sa chronique "Gesta Danorum" (XIIe – XIIIe siècles). Par l'intermédiaire des Scandinaves, le mot a atteint l'Allemagne en remplaçant la diphtongue ei par la voyelle longue e : Ehstland (Estonie), Ehste (Estonien), qui devient Estland en abrégeant la voyelle de la racine. Ce nom rentre depuis l'allemand dans les textes latins : Issu du pluriel de l'ethnonyme latin Estones, le terme "Estonia" est employé par le chroniqueur Henri, qui raconte la conquête allemande de l'actuelle Estonie au XIIIe siècle.

À partir du XIXe siècle, les premiers intellectuels estoniens, notamment Friedrich Reinhold Kreutzwald et Johann Voldemar Jannsen se réapropprient la racine du mot qu'ils transforment en Eesti ou Eestimaa pour désigner le territoire, et Eestirahwas (plus tard orthographié Eestirahvas) pour désigner le peuple. Cette expression remplace alors le terme maarahvas ("les gens du pays") utilisés jusqu'alors.

Dans les langues étrangères, la version déclinée dans la plupart des langues germaniques est Estland, tandis que dans les langues issues du latin, c'est le terme Estonia qui prédomine et donne le mot français Estonie, autrefois orthographié Esthonie. Le terme, aussi trouvé sous la forme germanique francisée Estlande, a souvent été utilisé par les envahisseurs pour qualifier la province correspondant au Nord de l'Estonie actuelle, le Sud était autrefois considéré comme une partie de la province limitrophe de Livonie.

En dehors des deux principales versions latines et germaniques, les pays voisins : la Lettonie au Sud, et la Finlande au Nord appellent respectivement l'Estonie Igaunjia et Viro, en références aux noms des régions estoniennes les plus proches de ces pays. Le terme Igaunjia vient de la province historique d'Ungannie, tandis que Viro fait référence au Comté de Viru[31].

Géographie[modifier | modifier le code]

D'une superficie (45 227 km2) proche de celle des Pays-Bas (celle définie par le traité de paix de Tartu en 1920 était de 47 549 km2), l'Estonie est le plus septentrional des pays baltes, largement ouvert à l'ouest sur la mer Baltique, au nord sur le golfe de Finlande (3 794 km de côtes), bordé à l'est par la Russie (frontière de 294 km) et au sud par la Lettonie (frontière de 339 km). La côte est diversifiée : tantôt roselière, tantôt rocheuse, tantôt sablonneuse, tantôt avec un haut escarpement.

Dix pour cent du territoire est composé d'un archipel de plus de 1 500 petites îles situées dans la Baltique dont les deux plus grandes sont Hiiumaa (989 km2) et Saaremaa (2 673 km2).

La distance de Tallinn à Helsinki n'est que de 85 km alors qu'il faut 307 km pour aller à Rīga, 395 km pour rejoindre Saint-Pétersbourg et 405 km pour Stockholm.

Relief[modifier | modifier le code]

Le terrain de l’Estonie est simple. Il existe des zones plus élevées au sud et à l'est. Dans les zones basses, les inondations sont fréquentes au printemps. Le sol et le climat de l'Estonie sont assez favorables à l'agriculture. L'Estonie est la région la plus septentrionale du monde où les céréales sont historiquement cultivées pour l'exportation[32]. 49 % du pays est constitué de bois et de forêts, et 13 % de marais à tourbe. L'Estonie compte également plus de 1 400 lacs. Le relief de l'Estonie est caractérisé par une altimétrie assez faible et un grand nombre de lacs et environ 150 rivières. Le point culminant est le Suur Munamagi, situé au sud-est du pays.

Le lac Peïpous est le quatrième plus grand lac d'Europe après les lacs Ladoga et Onega en Russie et le Vänern en Suède. Il ressemble à une véritable mer intérieure du point de vue de sa superficie et sert de frontière à l'est avec la Russie. Il est gelé en hiver pendant quatre mois et est navigable pendant les huit autres mois de l'année. À l'inverse, l'été avec les longues journées ensoleillées estoniennes, le lac est propice à la baignade et de nombreux Estoniens et Finlandais sont attirés par les plages de dunes sur son côté nord. Il présente même de nombreux campings gratuits, mode d'hébergement favori dans les pays nordiques. Le reste du lac est par contre davantage composé de marécages.

Climat[modifier | modifier le code]

Parc national de Karula.

Grâce au courant nord atlantique chaud, le climat est considérablement plus doux qu’ailleurs dans le monde à la même latitude. La mer Baltique cause des différences climatiques notables entre les zones côtières et continentales.

Le climat est caractérisé par un hiver plutôt froid, un printemps doux et un peu pluvieux, un été relativement chaud et un long et doux automne (température moyenne en juillet +18 °C ; température moyenne en février −4 °C). Les premières neiges apparaissent vers novembre. La température peut descendre en dessous de −20 °C l'hiver. Le mois le plus sec est le mois de mars avec en moyenne 24 mm alors que la pluviométrie est la plus élevée au mois de juin avec une moyenne de 127 mm.

Comme dans les autres pays nordiques, la latitude élevée de l'Estonie engendre une importante différence de lumière de jour entre l'hiver et l'été.

Les journées sont plus courtes au solstice d'hiver :

  • Tallinn (au nord) : h 2 min de jour / 17 h 58 min de nuit ;
  • Valga (sud) : h 39 min de jour / 17 h 21 min de nuit.

À l'inverse, les journées sont plus longues au solstice d'été :

  • Tallinn : 18 h 40 min de jour / h 20 min de nuit crépusculaire ;
  • Valga : 18 h 10 min de jour / h 50 min de nuit crépusculaire.

Le nombre annuel d'heures ensoleillées varie entre 1 600 et 1 900, ce nombre étant plus élevé sur la côte et les îles et plus faible à l'intérieur du pays. Cela correspond à moins de la moitié de la quantité maximale de soleil possible.

Écologie[modifier | modifier le code]

Chouette de l'Oural, Albu.

Le pays produit la quasi-totalité de son électricité avec du pétrole de schiste et du charbon. En conséquence, il est le deuxième émetteur de CO2 par habitant d'Europe. L’Estonie compte aussi parmi les États à refuser l’objectif de neutralité carbone pour 2050[33]. La Commission européenne a lancé plusieurs procédures d'infraction à l'encontre de l'Estonie, constatant que celle-ci ne respectait pas pleinement le droit européen, notamment en raison de dépôts sauvages de déchets et de non-conformité de la législation estonienne avec les règles européennes de préservation de la nature[34],[35]. Selon une étude, les côtes de Talinn et de la baie de Muuga sont par ailleurs lourdement polluées[36].

Les Estoniens, comme les autres populations nordiques, sont très proches de la nature et soucieux de la préservation de l'environnement [réf. nécessaire]. L'Estonie pratique le libre droit d'accès à la nature comme la Finlande. Le camping sauvage est autorisé partout hors des villes et des endroits qui mentionnent une interdiction spécifique.

Une initiative de dépollution de grande ampleur a été mise en place en 2008 au niveau national par l'association Teeme Ära, devenu par la suite Let's do it! World au niveau international. Les zones polluées par de nombreux déchets ainsi que les décharges sauvages ont été localisées par images satellite et par des citoyens qui renseignaient une base de données. Les coordonnées GPS de chaque endroit ont ensuite été communiquées aux participants qui pouvaient localiser les zones proches de chez eux et y intervenir pour s'occuper des déchets. Plusieurs dizaines de milliers d'Estoniens ont participé à ce projet. Cette expérience fut accompagnée d'une vaste campagne de sensibilisation. 80 % des déchets collectés par les bénévoles ont été recyclés[37]


Paysage estonien – parc national de Lahemaa.

Réseau européen Natura 2000[modifier | modifier le code]

Le réseau Natura 2000 rassemble des sites naturels ou semi-naturels de l'Union européenne ayant une grande valeur patrimoniale, par la faune et la flore exceptionnelles qu'ils contiennent.

En décembre 2018, l'Estonie comptait 567 sites dont :

La superficie totale est de 14 861 km2, ce qui représente 17,9 % de la surface terrestre et marine du territoire de l'Estonie[38].

Cartographie des sites Natura 2000 de l'Estonie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire, âge Vikings et tribus estoniennes[modifier | modifier le code]

Tombes à ciste du nord de l'Estonie datant de l'Âge du bronze.

L'implantation humaine en Estonie devient possible il y a 13 000-11 000 ans, lorsque la glace de la dernière ère glaciaire fond. La plus ancienne colonie connue en Estonie est celle de Pulli, sur les rives du fleuve Pärnu dans le sud-ouest de l'Estonie. Selon la datation au carbone 14, elle a été colonisée il y a environ 11 000 ans[39].

La première habitation humaine pendant la période Mésolithique est liée à la culture Kunda. À l'époque, le pays est couvert de forêts, et les gens vivent dans des communautés semi-nomades près des plans d'eau. Les activités de subsistance comprennent la chasse, la cueillette et la pêche[40]. Vers 4900 av. J.-C., des céramiques apparaissent pendant la période Néolithique, connue sous le nom de culture de Narva[41]. À partir d'environ 3200 av. J.-C., la culture de la céramique cordée apparaît; cela inclut de nouvelles activités telles que l'agriculture primitive et l'élevage[42].

L'Âge du bronze commence vers 1800 av. J.-C. et voit la création des premières oppida[43]. Une transition de la subsistance par la chasse et la pêche à l'établissement basé sur une seule ferme commence vers 1000 av. J.-C. et est complète au début de l'Âge du fer vers 500 av. J.-C.[39],[44] La grande quantité d'objets en bronze indique l'existence d'une communication active avec des tribus scandinaves et germaniques[45].

Pendant l'âge du fer moyen, le territoire de l'Estonie fait l'objet de conflit et d'incursions venant de deux territoires différents. Plusieurs Sagas scandinaves évoquent des confrontations majeures avec les Estoniens, notamment lorsque, au début du VIIe siècle, les "Vikings estoniens" ont vaincu et tué Ingvar, le Roi Page d'aide sur l'homonymie des Suiones (ancêtres des Suèdois)[46]. Des menaces similaires apparaissent à l'est, où les principautés slaves de l'Est s'étendaient vers l'ouest. Vers 1030, les troupes de la Rus' de Kiev dirigées par Iaroslav le Sage soumettent les Estoniens et établissent un fort dans l'actuelle Tartu. Les slaves auraient conservé le contrôle du fort jusqu'en 1061 environ, lorsque l'il est détruit par une tribus estonienne appelée "Sosols" par les slaves[47],[48],[49],[50]. Autour du XIe siècle, l'ère viking scandinave autour de la mer Baltique est remplacée par l'ère des vikings baltes, avec des raids maritimes menés par les Couroniens et les Estoniens de l'île de Saaremaa, connus sous le nom d'"Oeseliens". En 1187, les Estoniens (Oeseliens), les Couroniens et/ou les Caréliens pillent Sigtuna, à l'époque grande ville de Suède[51],[52].

L'Estonie peut à cette époque être divisée en deux principales zones culturelles. Les zones côtières du nord et de l'ouest de l'Estonie entretiennent des contacts étroits avec la Scandinavie et la Finlande, tandis que le sud intérieur de l'Estonie a davantage de contacts avec les Baltes et la région de Pskov[53]. Le paysage de l'Estonie ancienne est parsemé de nombreux oppida[54]. Des sites portuaires préhistoriques ou médiévaux ont été découverts sur la côte de Saaremaa[54]. L'Estonie compte également plusieurs tombes de l'ère viking, tant individuelles que collectives, avec des armes et des bijoux très répandus en Europe du Nord et la Scandinavie[54],[55].

Aux premiers siècles après J.-C., des subdivisions politiques et administratives commencent à émerger en Estonie. Deux subdivisions plus importantes apparaissent : la paroisse (estonien : kihelkond) et le comté (estonien : maakond), qui se composent de plusieurs paroisses. Une paroisse est dirigée par des "aînés" (vanemad) et centrée sur un oppidum ; dans certains cas rares, une paroisse peut avoir plusieurs oppida. Au XIIIe siècle, l'Estonie comprend huit grands comtés : Harjumaa, Järvamaa, Läänemaa, Revala, Saaremaa, Sakala, Ugandi, et Virumaa; et six petits comtés à une seule paroisse : Alempois, Jogentagana, Mõhu, Nurmekund, Soopoolitse, et Vaiga. Les comtés sont des entités indépendantes et ne coopèrent ensemble qu'en cas de menace étrangère[56],[57].

On sait peu de choses sur les pratiques spirituelles et religieuses des Estoniens médiévaux avant la Christianisation. La Chronique d'Henri le Letton mentionne Tharapita comme la divinité supérieure des habitants de Saaremaa de l'époque (Oeseliens). Il existe des preuves historiques sur l'existence de bosquets sacrés Page d'aide sur l'homonymie, en particulier de bosquets de chêne, ayant servi de lieux de culte "païen"[58],[59].

Croisades, domination allemande et développement du commerce au Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Carte de la Livonie allemande et de l'Estlande danoise (en Allemand) après la conquête (1260).

En 1199, le pape Innocent III lance les croisades baltes pour "défendre les chrétiens de la Livonie"[60]. Les combats atteignent l'actuelle Estonie en 1206, lorsque le roi du Danemark Valdemar II tente sans succès d'envahir Saaremaa. L'Ordre religieux allemand des Chevaliers Porte-Glaive soumet les peuples indigènes au Sud tels que les Livoniens, les Latgaliens et les Séloniens, puis poursuit sa campagne au Nord contre les Estoniens en 1208. Les années qui suivent voient se dérouler de nombreuses batailles et contres-attaques, avec des raids et des conquêtes menés par les deux camps. Le Chef de la résistance estonienne est Lembitu, le doyen (vanem) du comté de Sakala. Il est tué pendant la défaite estonienne à la Bataille de la Saint-Mathieu en 1217. En 1219, l'armée danoise emmenée par Valdemar II débarque sur la côte Nord, bat les Estoniens lors de la Bataille de Lyndanisse, et commence à conquérir le nord de l'Estonie (dit "Estlande")[61],[62]. L'année suivante, la Suède envahit l'Estonie occidentale, mais est repoussée par les Oeseliens. En 1223, une révolte majeure chasse les Allemands et les Danois de toute l'Estonie, sauf Reval (fondée à l'emplacement de Lyndanisse) mais les croisés finissent par reprendre leur offensive, et en 1227, Saaremaa est le dernier maakond (comté) à se rendre[63],[64].

Après la croisade, le territoire de l'Estonie et de la Lettonie actuelle est appelé Terra Mariana; plus tard, il devient simplement connu sous le nom de Livonie[65]. Le nord de l'Estonie devient le duché d'Estlande (colonie du Danemark), tandis que le reste est divisé entre les Frères de l'Épée et les Principautés épiscopales de Dorpat et Ösel–Wiek. En 1236, après avoir subi une défaite majeure, les Frères de l'Épée fusionnent avec l'Ordre teutonique devenant l'Ordre livonien[66]. Dans les décennies suivantes, il y a plusieurs soulèvements contre les dirigeants teutoniques à Saaremaa. En 1343, un important soulèvement englobe le nord de l'Estonie et Saaremaa. L'Ordre teutonique réprime la rébellion en 1345, et en 1346, le roi du Danemark vend son territoire en Estonie à l'Ordre[67],[68]. La rébellion infructueuse conduit à une consolidation du pouvoir pour la minorité allemande[69]. Pendant les siècles suivants, le bas allemand reste la langue de l'élite dirigeante dans les villes estoniennes et à la campagne[70].

Château de Kuressaare, donjon carré avec une tour d'angle carrée et toit en tuiles rouges
Château de Kuressaare à Saaremaa datant des années 1380

Reval (Tallinn), la capitale de l'Estlande, adopte la Loi de Lübeck et obtient tous les droits de ville en 1248[71]. La Ligue hanséatique contrôle le commerce en mer Baltique, et les quatre plus grandes villes de l'actuelle Estonie en deviennent membres : Reval, Dorpat (Tartu), Pernau (Pärnu) et Fellin (Viljandi). Reval agit en tant qu'intermédiaire commercial entre Novgorod et les villes hanséatiques occidentales, tandis que Dorpat remplit le même rôle avec Pskov. De nombreuses guildes d'artisans et de marchands sont formées pendant cette période[72]. Protégées par leurs remparts de pierre et par leur adhésion à la ligue, des villes prospères comme Reval et Dorpat défiaient souvent d'autres souverains de la Confédération livonienne médiévale[73]. ,[note 2] L'Estlande et la Livonie sont alors de véritables colonies allemandes en dehors des frontières du Saint-Empire romain germanique.

Réforme protestante puis invasions par les puissances voisines (XVIe au XVIIIe siècle)[modifier | modifier le code]

Massacres en Livonie en 1561.

La Réforme débute en Europe centrale en 1517 et se propage rapidement vers le nord jusqu'en Livonie malgré une certaine opposition de l'Ordre livonien[75]. Les villes sont les premières à adopter le protestantisme dans les années 1520, et d'ici les années 1530, la majorité des propriétaires terriens et de la population rurale adoptent le Luthéranisme[76],[77]. Les services religieux sont désormais conduits dans la langue vernaculaire, à savoir le bas allemand, mais à partir des années 1530, des offices religieux réguliers se déroulent en estonien[76],[78].

Pendant le XVIe siècle, les monarchies expansionnistes de Moscovie, de Suède et de Pologne-Lituanie consolident leur pouvoir, posant une menace croissante à la Livonie décentralisée affaiblie par des conflits entre les villes, la noblesse, les évêques et l'Ordre[76],[79]. En 1558, le tsar Ivan le Terrible de Moscovie envahit la Livonie, lançant la Guerre de Livonie. L'Ordre livonien est définitivement défait en 1560. La majorité de la Livonie accepte la domination de la Pologne, tandis que Reval et les nobles allemands du nord de l'Estonie prêtent allégeance au roi de Suède et l'évêque d'Ösel-Wiek vend ses terres au roi du Danemark. Les forces russes conquièrent progressivement la majorité de la Livonie, mais à la fin des années 1570, les armées polono-lituanienne et suédoise lancent leurs propres offensives, et la guerre sanglante prend fin en 1583 par la défaite russe[79],[80]. Conséquence de la guerre, le nord de l'actuelle Estonie devient l'Estlande suédoise, le sud de l'actuelle Estonie devient la Livonie polonaise, et Saaremaa reste sous le contrôle danois[81].

"Academia Dorpatensis" (de nos jours Université de Tartu) a été fondée en 1632 par le roi Gustave II Adolphe. Après la mort du roi, elle devient "Academia Gustaviana".

En 1600, la Guerre polono-suédoise éclate, causant davantage de dégâts. La guerre prolongée se termine en 1629 avec la Suède gagnant la Livonie, y compris les régions du sud de l'Estonie et du nord de la Lettonie[82]. L'ile de Saaremaa danoise est transférée à la Suède en 1645[83]. Les guerres ont réduit de moitié la population de l'Estonie, passant d'environ 250 000 à 270 000 personnes au milieu du XVIe siècle à 115 000 à 120 000 dans les années 1630[84].

Bien que de nombreux paysans indigènes restent des Serfs pendant la domination suédoise, des réformes juridiques renforcent à la fois les droits d'utilisation des terres et d'héritage des serfs et des fermiers libres - d'où la réputation de cette période sous le nom de "Bonne vieille époque suédoise" dans la mémoire populaire et l'historiographie estonienne[85]. Le roi suédois Gustaf II Adolf établit des lycées à Reval et Dorpat; celui de Dorpat est élevé au rang d'Université en 1632. Des imprimeries sont également établies dans les deux villes. Dans les années 1680, les débuts de l'éducation élémentaire estonienne apparaissent, en grande partie grâce aux efforts de Bengt Gottfried Forselius, qui introduit également des réformes orthographiques pour l'écriture de la langue estonienne[86]. La population de l'Estonie augmente rapidement jusqu'à la Grande Famine de 1695–97 au cours de laquelle 70 000-75 000 personnes meurent - soit environ 20 % de la population[87].

Georges Frédéric Parrot, premier recteur de l'université de Tartu. Il diffuse la pensée libérale venue d'Europe à Dorpat.

Pendant la Grande guerre du Nord (1700–1721) le Tsarat de Russie (Moscovie) conquiert l'ensemble de l'Estonie à partir de 1710[88]. La guerre ravage à nouveau la population de l'Estonie, avec une population estimée à seulement 150 000–170 000 en 1712[89]. En 1721, l'Estonie est divisée en deux gouvernements : le gouvernement d'Estlande, qui comprend Tallinn et la partie nord de l'Estonie, et le gouvernement de Livonie, qui comprend Tartu et s'étend jusqu'à la partie nord de la Lettonie au sein du nouvel Empire russe[90]. Le pouvoir russe rétablit tous les droits politiques et fonciers des nobles Allemands baltes et leur laisse une grande autonomie dans l'administration du territoire[91]. La condition des paysans indigènes, au service des nobles allemands, est alors complètement dégradée, le servage dominant complètement les activités agricoles au cours du XVIIIe siècle[92]. Le servage est officiellement aboli en 1816–1819, mais cela a initialement très peu d'effet pratique sur la conditions des paysans. L'amélioration de la condition paysanne commence avec les réformes au milieu du XIXe siècle, alors inspirées par les idées libérales et le nationalisme romantique venues d'Europe occidentale et apportées par les allemands[93].

Réveil national et affirmation de l'identité estonienne (XIXe et XXe siècle)[modifier | modifier le code]

Carl Robert Jakobson joue un rôle clé dans le réveil national estonien.

Le Réveil national estonien débute dans les années 1850 lorsque plusieurs figures de l'élite paysanne indigène commencent à promouvoir une identité nationale estonienne parmi la population générale. Les rachats massifs de fermes par des Estoniens et la classe croissante de fermiers propriétaires qui en résulte fournissent la base économique de la formation de cette nouvelle "identité estonienne". En 1857, Johann Voldemar Jannsen commence à publier le premier journal quotidien en langue estonienne et utilise pour la première fois le terme de eestlane (Estonien) pour définir son appartenance ethnique[94]. Le directeur d'école Carl Robert Jakobson et le pasteur Jakob Hurt deviennent des figures de proue d'un mouvement national, encourageant les agriculteurs estoniens à être fiers de leur identité estonienne[95]. Les premiers mouvements nationaux se forment, tels qu'une campagne pour établir l'école Alexandre de langue estonienne, la fondation de la Société estonienne de littératie et de la Société des étudiants estoniens, et le premier festival national de chanson, qui a lieu en 1869 à Tartu[96],[97],[98]. Les réformes linguistiques contribuent au développement de la langue estonienne[99]. L'épopée nationale Kalevipoeg est publiée en 1862, et en 1870 ont lieu les premières représentations du théâtre estonien[100],[101]. En 1878, une scission majeure se produit dans le mouvement national. L'aile modérée dirigée par Hurt se concentre sur le développement de la culture et de l'éducation estonienne, tandis que l'aile radicale dirigée par Jakobson réclame des droits politiques et économiques accrus[97].

Le drapeau originel de la Société des étudiants estoniens, datant de 1881, exposé au Musée national estonien à Tartu. Les couleurs du drapeau deviennent l'emblème du nationalisme estonien, puis le drapeau officiel de l'Estonie à l'indépendance.

À la fin du XIXe siècle, le gouvernement impérial russe prends diverses mesures administratives et culturelles pour diminuer l'autonomie des régions baltes, fortement influencées par la culture allemande et européenne, et pour les russifier[96]. La langue russe remplace l'allemand et l'estonien dans la plupart des écoles secondaires et universités, et de nombreuses activités sociales et culturelles dans les langues locales sont réprimées[101]. À la fin des années 1890, une nouvelle vague de nationalisme émerge avec la montée de figures éminentes telles que Jaan Tõnisson et Konstantin Päts. Au début du XXe siècle, les Estoniens commencent à prendre le contrôle des gouvernements locaux dans les villes, détrônant les nobles Allemands[102].

Pendant la Révolution russe de 1905, les premiers partis politiques estoniens légaux sont fondés. Un congrès national estonien est convoqué et demande l'unification des régions estoniennes en un seul territoire autonome ainsi que la fin de la russification. Des manifestations politiques pacifiques s'accompagnent parfois d'émeutes violentes et de pillages dans le quartier commercial de Tallinn et dans plusieurs manoirs de riches propriétaires terriens allemands des campagnes estoniennes. Le gouvernement tsariste répond par une répression brutale ; environ 500 personnes sont exécutées et des centaines d'autres sont emprisonnées ou déportées en Sibérie[103],[104].

Lutte pour l'indépendance puis Estonie libre dans l'entre-deux-guerres (1917-1939)[modifier | modifier le code]

Les drapeaux de l'Estonie brandis lors de l'annonce publique de la Déclaration d'indépendance de l'Estonie à Pärnu le 23 février 1918.

En 1917, après la Révolution de Février, le Gouvernement provisoire russe accepte la demande des Estoniens de redessiner les frontières pour inclure tous les territoires de culture indigène estonienne (Estlande et Nord de la Livonie) au sein de la nouvelle Province autonome d'Estonie, permettant la formation de l'Assemblée provinciale estonienne[105]. Un bref coup d'état des Bolcheviks à lieu en novembre 1917, et l'Assemblée provinciale est dissoute. Cependant, l'Assemblée provinciale crée le Comité de salut public estonien, et pendant la courte période entre la retraite russe et l'occupation allemande, le comité déclare l'indépendance le 24 février 1918, et forme le Gouvernement provisoire estonien. L'occupation allemande suit immédiatement, mais après leur défaite lors de la Première Guerre mondiale, les Allemands sont contraints de restituer le pouvoir au gouvernement provisoire le 19 novembre 1918[106],[107].

Le 28 novembre 1918, la Russie devenue soviétique envahit l'Estonie, lançant la Guerre d'indépendance estonienne[108]. L'Armée rouge s'approche à moins de 30 km de Tallinn, mais en janvier 1919, l'Armée estonienne, dirigée par Johan Laidoner, lance une contre-offensive, chassant les forces bolcheviques d'Estonie en quelques mois. Les attaques soviétiques renouvelées échouent, et au printemps, l'armée estonienne, en coopération avec les armées blanches russes, avance en Russie et en Lettonie[109],[110]. En juin 1919, l'Estonie bat la Landeswehr allemande qui avait tenté de dominer la Lettonie, restaurant le pouvoir au gouvernement de Kārlis Ulmanis. Après l'effondrement des forces russes blanches, l'Armée rouge lance une offensive majeure contre Narva à la fin de 1919, mais ne parvient pas à percer. Le 2 février 1920, le Traité de paix de Tartu est signé par l'Estonie et la Russie soviétique, cette dernière s'engageant à renoncer définitivement à toutes les revendications souveraines sur l'Estonie[109],[111].

Discours de Konstantin Päts en 1938.

En avril 1919, l'Assemblée constituante estonienne est élue. L'Assemblée constituante adopte une vaste redistribution des terres, expropriant de grands domaines et manoirs autrefois propriétés des nobles allemands, et adopte une nouvelle constitution extrêmement libérale établissant l'Estonie comme une démocratie parlementaire[112],[113]. En 1924, l'Union soviétique organise une tentative de coup d'État communiste en Estonie, qui échoue rapidement[114]. La loi estonienne sur l'autonomie culturelle des minorités ethniques, adoptée en 1925, est largement reconnue comme l'une des plus libérales du monde à l'époque[115]. La Grande Dépression exerce une forte pression sur le système politique estonien, et en 1933, le mouvement populiste Vaps mène une réforme constitutionnelle instaurant une présidence forte[116],[117]. Le 12 mars 1934, le chef d'État intérimaire, Konstantin Päts, déclare l'état d'urgence, sous le prétexte que le mouvement Vaps planifiait un coup d'État. Päts, avec le général Johan Laidoner et Kaarel Eenpalu, établissent un régime autoritaire pendant l' "ère du silence", où le parlement ne se réunit pas et la nouvelle Ligue patriotique devient le seul mouvement politique légal[118]. Une nouvelle constitution est adoptée par référendum, et des élections ont lieu en 1938. Les candidats tant pro-gouvernementaux que l'opposition sont autorisés à participer, mais uniquement en tant qu'indépendants[119]. Le régime de Päts est relativement clément par rapport à d'autres régimes autoritaires de l'entre-deux-guerres en Europe, et le régime n'a jamais utilisé la violence contre les opposants politiques[120].L'Estonie rejoint la Société des Nations en 1921[121]. Les tentatives d'établir une alliance plus vaste avec la Finlande, la Pologne et la Lettonie échouent, seule une alliance de défense mutuelle étant signée avec la Lettonie en 1923, suivie de l'Entente baltique de 1934[122],[123]. Dans les années 1930, l'Estonie s'engage également dans une coopération militaire secrète avec la Finlande[124]. Des pactes de non-agression sont signés avec l'Union soviétique en 1932 et avec l'Allemagne en 1939[121],[125]. En 1939, l'Estonie déclare sa neutralité, mais cela s'avère futile pendant la Seconde Guerre mondiale[126].

Seconde Guerre mondiale, occupations allemandes et soviétiques (1940-1944)[modifier | modifier le code]

Les troupes de l'Armée rouge entrent dans les bases militaires en Estonie en octobre 1939, après que l'Union soviétique a forcé l'Estonie à signer le Traité des bases.

Une semaine avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, le 23 août 1939, l'Allemagne nazie et l'Union soviétique stalinienne signent le Pacte germano-soviétique. Dans le protocole secret du pacte, la Pologne, la Roumanie, la Lituanie, la Lettonie, l'Estonie et la Finlande sont divisées entre l'URSS et l'Allemagne en "sphères d'influence", l'Estonie étant assignée à la "sphère" soviétique[127]. Le 24 septembre 1939, l'Union soviétique exige que l'Estonie signe un traité d '"assistance mutuelle" qui permettrait à l'Union soviétique d'établir des bases militaires dans le pays. Le gouvernement estonien estime qu'il n'a d'autre choix que de se conformer, et le Traité d'assistance mutuelle soviéto-estonien est signé le 28 septembre 1939[128]. Le 14 juin 1940, l'Union soviétique impose un blocus naval et aérien total sur l'Estonie. Le même jour, l'avion Kaleva est abattu par les Forces aériennes soviétiques. Le 16 juin, l'URSS présente un ultimatum exigeant le passage libre complet de l'Armée rouge en Estonie et l'établissement d'un gouvernement pro-soviétique. Sans possibilité de s'y opposer, le gouvernement estonien est contraint d'abdiquer et, le lendemain, le pays entier est occupé[129],[130]. Le 6 août 1940, la République d'Estonie est annexée par l'Union soviétique, qui créé la République socialiste soviétique d'Estonie sur son territoire[131].

La capitale Tallinn après le bombardement par la Force aérienne soviétique pendant la guerre sur le Front de l'Est en mars 1944

L'URSS établit un régime de guerre répressif en Estonie occupée. Beaucoup de hauts fonctionnaires civils et militaires du pays, ainsi que des intellectuels et des industriels, sont arrêtés. Les répressions soviétiques culminent le 14 juin 1941 avec les déportations de masse d'environ 11 000 personnes vers la Russie[132],[133]. Une lutte de soldats estoniens partisans (les "Frères de la forêt"[134]) s'engage contre l'Union soviétique et coincide avec l'invasion allemande le 22 juin 1941 lors de la "Guerre d'été" (en Estonien suvesõda). Environ 34 000 jeunes hommes estoniens sont enrôlés de force dans l'Armée rouge, moins de 30% d'entre eux survivent à la guerre. Les Bataillons de destruction soviétiques initient une politique de la terre brûlée. Les prisonniers politiques qui n'ont pas pu être évacués sont exécutés par le NKVD[135],[136]. De nombreux Estoniens rejoignent les Frères de la forêt, lançant une campagne de guérilla anti-soviétique. En juillet, la Wehrmacht allemande atteint le sud de l'Estonie. L'URSS évacue Tallinn fin août avec des pertes massives, et la capture des îles estoniennes est achevée par les forces allemandes en octobre[137].

Une fois les soviétiques chassés, de nombreux Estoniens espèrent que l'Allemagne pourrait contribuer à restaurer l'indépendance de l'Estonie, mais cet espoir se révèle rapidement vain. Seule une administration autonome de collaboration est établie, et l'Estonie occupée est intégrée au Reichskommissariat Ostland, son économie étant entièrement subordonnée aux besoins militaires allemands[138]. Environ un millier de Juifs estoniens qui n'avaient pas réussi à partir sont presque tous tués en 1941. De nombreux camps de travail forcés ont été établis où des milliers d'Estoniens, de Juifs étrangers, de Roms et de prisonniers de guerre soviétiques meurent[139]. Les autorités d'occupation allemandes commencent à recruter des hommes dans de petites unités volontaires. Les recrutements volontaires donnant peu de résultats et la situation militaire s'aggravant, les occupants allemands mettent un place une conscription forcée en 1943, conduisant finalement à la formation de la division estonienne de la Waffen-SS[140]. Des milliers d'Estoniens parviennent a échapper au service militaire allemand et fuient secrètement en Finlande, où beaucoup se portent volontaires pour combattre aux côtés des Finlandais contre les Soviétiques[141].

navire rempli de réfugiés
Un navire avec des Suédois estoniens fuyant vers l'ouest à cause de l'invasion soviétique (1944)

L'Armée rouge atteint à nouveau les frontières estoniennes au début de 1944, mais son avancée en Estonie est stoppée dans de violents combats près de Narva pendant six mois par les forces allemandes, comprenant les unités d'estoniens enrôlés de force[142]. En mars, les forces aérienne soviétiques effectuent d'intenses bombardements contre Tallinn et d'autres villes estoniennes[143]. En juillet, les Soviétiques lancent une offensive majeure depuis le sud, forçant les Allemands à abandonner l'Estonie continentale en septembre et les îles estoniennes en novembre[142]. Alors que les forces allemandes se retirent de Tallinn, le dernier Premier ministre d'avant-guerre, Jüri Uluots, nomme un gouvernement dirigé par Otto Tief dans une tentative infructueuse de restaurer l'indépendance de l'Estonie[144]. Des dizaines de milliers de personnes, dont la plupart des Suédois d'Estonie, fuient vers l'ouest pour éviter la nouvelle occupation soviétique[145].

Dans l'ensemble, l'Estonie perd environ 25 % de sa population à travers les décès, les déportations et les évacuations pendant la Seconde Guerre mondiale[146]. Les occupations soviétiques et allemandes contribuent à décimer la société estonienne toute entière, parfois à l'intérieur même de familles. Les soldats estoniens enrolés de force par le premier occupant sont alors contraints de se battre contre leurs propres compatriotes enrolés par le second. L'Estonie subit également des pertes territoriales irréversibles, car l'Union soviétique transfère des zones frontalières représentant environ 5 % du territoire estonien d'avant-guerre de la RSS d'Estonie à la RSFS de Russie[147].

Deuxième occupation soviétique, Estonie en exil et Révolution chantante (1945-1990)[modifier | modifier le code]

Partisans estoniens, les "Frères de la forêt".

Des milliers d'Estoniens s'opposant à la deuxième occupation soviétique rejoignent un mouvement de guérilla connu sous le nom de "Frères de la forêt" (en Estonien Metsavennad). La résistance armée est la plus intense au cours des premières années après la guerre, mais les autorités soviétiques l'affaiblissent progressivement par l'usure, et la résistance cesse effectivement d'exister au milieu des années 1950[148]. Les Soviétiques lancent une politique de collectivisation, mais comme les agriculteurs y restent opposés, une campagne de terreur est déclenchée. En mars 1949, environ 20 000 Estoniens sont déportés en Sibérie. La collectivisation est entièrement achevée peu de temps après[132],[149].

Les autorités d'occupation, dominées par les Russes sous l'Union soviétique, commencent la colonisation de peuplement couplée d'une Russification, incitant des centaines de milliers de Russes ethniques et quelques autres peuples de l'Union soviétique à s'installer en Estonie occupée, dans un processus qui menace de transformer les Estoniens autochtones et leur culture en une minorité dans leur propre pays natal[150]. En 1945, les Estoniens représentaient 97 % de la population, mais en 1989, leur part dans la population était tombée à 62 %[151]. Les autorités d'occupation mènent des campagnes de purification ethnique, de déportation massive des populations autochtones et de colonisation massive par des russes, ce qui conduit à une perte de 3 % de la population autochtone de l'Estonie[152]. En mars 1949, 60 000 personnes sont déportées d'Estonie et 50 000 de Lettonie vers le Goulag en Sibérie, où les taux de mortalité atteignent 30 %. Le régime d'occupation crée un Parti communiste estonien, où les Russes sont majoritaires parmi les membres du parti[153]. Économiquement, l'industrie lourde est fortement priorisée, mais cela n'améliore pas le bien-être de la population locale et cause d'énormes dommages environnementaux dus à la pollution[154]. Le niveau de vie sous l'occupation soviétique continue de stagner par rapport à la Finlande indépendante voisine, en plein développement économique[150]. Le pays est fortement militarisé, avec des zones militaires fermées couvrant 2 % du territoire[155]. Les îles et la plupart des zones côtières sont transformées en une zone frontalière restreinte qui nécessite un permis spécial d'entrée[156]. L'Estonie est fermée jusqu'à la deuxième moitié des années 1960, lorsque progressivement les Estoniens commencent à regarder clandestinement la Télévision finlandaise dans les parties nord du pays, obtenant ainsi un aperçu du mode de vie derrière le rideau de fer[157].

La majorité des pays occidentaux considèrent l'annexion de l'Estonie par l'Union soviétique comme une occupation illégale[158]. La continuité juridique de la République d'Estonie (surnommée Vaba Eesti - "l'Estonie libre") est préservée grâce au gouvernement en exil et aux service diplomatiques estoniens basés à l'étranger - particulièrement depuis les pays nordiques ainsi qu'aux États-Unis - qui continuent d'émettre des passeports, et que les gouvernements occidentaux continuent de reconnaître[159],[160]. La diaspora estonienne, composée entre autres de 70 000 réfugiés, est très présente dans les pays anglo-saxons tels que les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada et l'Australie[161], et tente, non sans difficultés, d'alerter l'opinion publique locale à l'histoire de leur pays d'origine[162].

Lors de la Voie balte le 23 août 1989, deux millions de personnes forment une chaîne humaine à travers trois pays lors d'une manifestation de masse contre l'occupation soviétique.

L'introduction de la perestroïka par le gouvernement central soviétique en 1987 rend possible une activité politique ouverte en Estonie, déclenchant un processus de restauration de l'indépendance. Le mouvement est plus tard connu sous le nom de révolution chantante (en Estonien laulev revolutsioon) en raison des chants traditionnels baltes utilisés lors des manifestations[163]. La campagne environnementale Fosforiidisõda ("Guerre du phosphore") devient le premier grand mouvement de protestation contre le gouvernement central[164]. En 1988, de nouveaux mouvements politiques apparaissent, tels que le Front populaire estonien, qui représente l'aile modérée du mouvement indépendantiste, et le plus radical Parti de l'indépendance nationale estonienne, premier parti non communiste de l'Union soviétique, exigeant le rétablissement complet de l'indépendance[165]. Le 16 novembre 1988, après la tenue des premières élections multipartites non-truquées depuis un demi-siècle, le parlement de l'Estonie sous contrôle soviétique émet la Déclaration de souveraineté, affirmant la primauté des lois estoniennes. Au cours des deux années suivantes, de nombreuses autres parties administratives (ou "républiques") de l'URSS suivent l'exemple estonien en émettant des déclarations similaires[166],[167]. Le 23 août 1989, environ 2 millions d'Estoniens, de Lettons et de Lituaniens participent à une manifestation de masse, formant la chaîne humaine de la Voie balte à travers les trois pays[168]. En février 1990, des élections ont lieu pour former le Congrès de l'Estonie[169]. En mars 1991, un référendum a lieu où 78,4% des électeurs soutiennent une indépendance totale. Pendant le Putsch de Moscou, l'Estonie déclare la restauration de la République le 20 août 1991[170].

L'Estonie depuis 1991: intégration européenne, croissance accélérée et digitalisation[modifier | modifier le code]

Lennart Meri, premier président de l'Estonie après le retour de l'indépendance.

Les autorités soviétiques reconnaissent l'indépendance estonienne le 6 septembre 1991, et le 17 septembre, l'Estonie est admise dans les Nations unies[171]. Le gouvernement de retour d'exil passe le flambeau au nouveau président élu Lennart Meri en 1992. Les dernières unités de l'armée russe Page d'aide sur l'homonymie quittent l'Estonie en 1994[172]. Le 28 septembre de la même année, le ferry MS Estonia reliant Tallinn à Stockholm coule dans la Mer Baltique. La catastrophe cause la mort de 852 personnes (dont 501 Suédois[173]), constituant l'une des pires catastrophes maritimes du XXe siècle[174].

Le début des années 1990 est une période instable ou l'accession aux biens de première nécessité est difficile entre l'effondrement du système soviétique et la transition vers une économie de marché[175]. De nombreuses mafias estoniennes en lien avec la Russie, prospèrent dans la continuité du marché noir dans l'ex-URSS. Les activités criminelles finissent par presque totalement disparaître en raison de la restauration du système judiciaire et de la police[176]. Dès 1992, des réformes économiques radicales sont initiées pendant le mandat du premier ministre Mart Laar pour passer à une économie de marché. Elles comprennent la privatisation, le lancement d'une nouvelle monnaie (la Couronne estonienne), un système fiscal simplifié et plus largement une politique plutôt libérale favorable à l'entrepreneuriat[177]. Le développement économique rapide vaut à l'Estonie d'être le seul pays de l'ancien Bloc de l'Est à débuter les discussions en vue d'une adhésion à l'Union européenne sans période de transition[178]. L'Estonie rejoint l'OMC le 13 novembre 1999[179].

Échange entre le Président américain Barack Obama et le Président estonien Toomas Hendrik Ilves, lui-même descendant d'exilés estoniens aux États-Unis (2009).

En plus de revendiquer son héritage nordique[180], l'Estonie aligne sa politique étrangère sur celle des autres démocraties occidentales et se soustrait à l'influence de la Russie[181]. Environ 300 000 descendants de colons russes de la période soviétique restent néanmoins vivre en Estonie, et disposent jusqu'en 2030 d'écoles publiques dans leur propre langue. L'Estonie rejoint l'Union européenne et l'OTAN en 2004[182]. Malgré un faible soutien de l'opinion publique, l'Estonie intervient lors de la Guerre en Irak à partir de 2003[183]. En 2007, le déplacement d'un mémorial de l'époque soviétique controversé à Tallinn est suivi d'émeutes déclenchées par des membres de la minorité russe[184] et d'une cyberattaque de très grande ampleur attribuée à la Russie[185]. En réponse, l'Estonie installe sur son territoire le Centre d'excellence pour la cyberdéfense en coopération de l'OTAN[186]. Après une très forte croissance, l'économie estonienne subit de plein fouet la crise financière de 2008 et traverse une intense période de récession[187]. L'Estonie retrouve la croissance et rejoint l'OCDE en 2010[188] puis la zone euro en 2011[189].

Robots de livraison de la société Starship Technologies, conçus et testés en Estonie.

Sous l'impulsion des Estoniens de retour d'exil menés par Toomas Hendrik Ilves et témoins de l'arrivée d'Internet dans les pays anglo-saxons[190], le gouvernement lance en 1996 la politique du "bond du tigre" (en Estonien Tiigrihüpe), qui promeut massivement l'utilisation du numérique, notamment dans les écoles[191]. En plus de rattraper son retard, l'Estonie devient précurseur dans l'utilisation des technologies de l'information pour les besoins du quotidien[192]. Les innovations numériques pénètrent la société estonienne avant même de se répandre dans les pays de l'ancien bloc de l'ouest: banques en ligne dès 1996, administration des tâches gouvernementales (e-cabinet), impôts en ligne et paiements de parking par téléphone mobile dès 2000, système X-Road d'échange de données en 2001, carte d'identité à puce et signature électronique dès 2002, vote en ligne dès 2005, E-santé en 2008 et 2010, portail d'administration routière et E-Residence en 2014, distribution automatique des prestations sociales aux familles et authentification digitale des acte notariés en 2020 et même contrat de mariage en ligne en 2022[193].

Avec une politique basée sur le numérique, l'Estonie devient très vite une destination pour les entrepreneurs et investisseurs du secteur au point d'être surnommée "la Silicon Valley de l'Europe" par la presse étrangère[194], Tallinn devient la ville avec le plus de start-ups par habitants au monde[195] et l'Université de Tartu voit la création de plus de 50 entreprises spin-off.[196] Bien qu'ayant parfois un siège à l'étranger, de nombreuses entreprises installent tout ou parties de leurs bureaux pour concevoir leurs produits depuis l'Estonie. Skype, Playtech, Glia, Veriff, ID.me, Gelato, Zego, Pipedrive, Bolt et Wise deviennent les 10 premières "licornes" estoniennes ou d'origine estonienne[197]. De nouvelles sociétés en lien avec l'innovation industrielle, la deep tech et l'intelligence artificielle telles que Starship Technologies, Cleveron, AUVE-Tech ou Skeleton, voient ensuite le jour en Estonie dans les années 2010.

Départ d'un convoi humanitaire estonien vers l'Ukraine en novembre 2023.

La République d'Estonie célèbre son centenaire le 24 février 2018[198]. En 2020, la pandémie de Covid-19 en Estonie fait plus de 3 000 morts[199]. L'Estonie est membre du Conseil de sécurité de l'ONU de 2020 à 2021[200]. En 2021, le premier ministre Jüri Ratas démissionne après des scandales liés à son parti et aux déclarations et décisions controversées de son allié populiste au gouvernement, le Parti populaire conservateur[201]. Kaja Kallas, du Parti de la réforme, lui succède sous la présidence de Kersti Kaljulaid, faisant de l'Estonie le premier pays du monde avec deux femmes à sa tête[202]. Témoins historiques de l'impérialisme russe, la société estonienne et le gouvernement soutiennent massivement l'Ukraine lors de son invasion par la Russie en 2022 (débutée le même jour que la fête nationale estonienne) avec de l'aide humanitaire, militaire et l'accueil de près de 50 000 réfugiés[203],[204]. En réponse à l'agression russe, l'Estonie accélère le processus inachevé de décolonisation/dérussification sur son territoire[205],[206]. Le pays fait face à la plus forte vague d'inflation de l'Union européenne avec un record de près de 25% en aout 2022[207]. Après la réélection de Kaja Kallas sous la présidence d'Alar Karis, l'Estonie autorise en 2024 le mariage homosexuel[208].

Politique[modifier | modifier le code]

Le président Toomas Hendrik Ilves et George W. Bush en Estonie en 2006.

L'Estonie est une démocratie parlementaire depuis le rétablissement de l'indépendance en 1991.

Pouvoir exécutif[modifier | modifier le code]

Le mandat du président de la République est de cinq ans. Il est élu au premier tour de scrutin par le Riigikogu (parlement) s'il obtient la majorité des deux tiers, et au second tour, si nécessaire, par un collège électoral composé des 101 députés du Riigikogu et d'un nombre d'élus locaux défini à chaque nouvelle élection. Son principal pouvoir est de nommer le Premier ministre qui doit obtenir la confiance du Riigikogu.

Le président actuel, Alar Karis, a succédé en 2021 à Kersti Kaljulaid. Kaja Kallas exerce la fonction de Première ministre depuis le [209].

Pouvoir législatif[modifier | modifier le code]

Riigikogu.

Le Riigikogu est le nom estonien du parlement monocaméral de l'Estonie. Il comprend 101 députés, élus tous les quatre ans. L'Estonie étant une république parlementaire, le Riigikogu est le principal acteur du pouvoir estonien.

Riigi- se rapproche de l'allemand Reich ou du suédois Riks (« État ») et -kogu vient d'« assemblée » en estonien.

Les premières élections eurent lieu en 1920. Jusqu'en 1938, cinq autres élections se déroulèrent sur la base de trois constitutions différentes. Depuis 1922, les sessions du Riigikogu ont lieu dans le château de Toompea où une aile a été reconstruite pour devenir le bâtiment du parlement. En 1992, après 50 ans d'occupation soviétique, de nouvelles élections eurent lieu selon la nouvelle constitution adoptée durant l'été 1992.

Le Riigikogu est entièrement équipé de matériel de vote informatique, les résultats sont transmis via internet et donc directement accessibles aux citoyens.

Cinq partis politiques sont actuellement représentés au Riigikogu depuis les élections de 2019 et ont donc dépassé le seuil d'éligibilité de 5 %[210].

Relations avec l'Union européenne[modifier | modifier le code]

L'Estonie a signé le Traité de Lisbonne en 2007.

Le processus d'adhésion de l'Estonie à l'Union européenne débute en 1995, et s'achève en 2004 :

  • le , l'Estonie présente la question d'adhésion ;
  • le , l'Estonie ouvre des négociations d'adhésion, elles s'achèvent lors du Conseil européen de Copenhague du  ;
  • le , le Conseil européen approuve l'adhésion ;
  • le , l'Estonie signe le traité d'adhésion, en vigueur à partir du  ;
  • le , 68,9 % des Estoniens approuvent l'adhésion par référendum ;
  • le , entrée dans l'Union européenne ;
  • le , l'Estonie entre dans l'espace Schengen[211] ;
  • le , l'Union européenne prévoit de faire entrer l'Estonie dans la zone euro en 2011 ;
  • le , la monnaie de l'Estonie devient l'euro.

L'Organisation internationale de la francophonie[modifier | modifier le code]

L'Estonie est un membre observateur au sein de l'Organisation internationale de la francophonie[212].

Droits de l'homme[modifier | modifier le code]

L'Estonie fait l'objet de critiques sur sa gestion des droits humains.

En 2011, le département d'État des États-Unis classe l'Estonie comme « pays à surveiller » en matière de trafic d'êtres humains. Selon ledit rapport, « l'Estonie est un pays d'origine, de transit et de destination pour les femmes soumises à la prostitution forcée, et pour des hommes et des femmes soumis au travail forcé »[213].

En 2020, la Commission européenne exige de l'Estonie qu'elle implémente mieux une législation de l'Union européenne pénalisant les manifestations de racisme et de xénophobie, constatant que le pays a des lacunes dans le domaine[214]. En effet, selon le centre estonien pour les droits humains, le gouvernement estonien ne prend pas de mesures pour s'attaquer aux discours de haine[215].

Le pays est également l'un de ceux où les inégalités salariales entre les hommes et les femmes sont les plus élevées, avec des écarts moyens de 21 %, contre 14 % en moyenne dans l'Union européenne[216].

Selon Amnesty International, des violations des règles du droit d'asile seraient commises dans le pays par la police et les gardes-frontières[217]. En 2022, la Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe Dunja Mijatovic appelle les députés estoniens à modifier un projet de loi sur les frontières nationales considéré comme peu conforme aux droits de l'homme[218].

En décembre 2022, le Parlement estonien adopte une loi éliminant en pratique l'enseignement à l'école dans les langues des minorités linguistiques du pays, soulevant la préoccupation d'experts en droits de l'homme de l'ONU[219].

Division du territoire et administration[modifier | modifier le code]

Comtés[modifier | modifier le code]

L'Estonie est divisée en quinze comtés (maakond, au pluriel maakonnad) symboliques, ayant eu un rôle administratif jusqu'en 2018.

No Nom Taille (km2) Population (2020) Drapeau Blason Carte
1 Harjumaa 4327 605 029
2 Hiiumaa 1032 9 315
3 Ida-Virumaa 2972 134 259
4 Jõgevamaa 2545 28 442
5 Järvamaa 2674 30 174
6 Läänemaa 1816 20 444
7 Lääne-Virumaa 3696 58 862
8 Põlvamaa 1823 24 647
9 Pärnumaa 5419 86 185
10 Raplamaa 2765 33 282
11 Saaremaa 2938 33 083
12 Tartumaa 3349 153 317
13 Valgamaa 1917 28 204
14 Viljandimaa 3420 46 161
15 Võrumaa 2773 35 415

Communes[modifier | modifier le code]

Tartumaa - partie orientale de l'Estonie.

L'Estonie est divisée en 79 communes (en Estonien : kohalik omavalitsus, abregés en KOV, littéralement le "gouvernement autonome local"). Les communes constituent le second échelon politique et administratif après le gouvernement du pays. Officiellement, les communes organisent les services sociaux, les soins aux personnes âgées, les activités culturelles et sportives, la jeunesse, le logement, l'approvisionnement en eau, l'assainissement, l'ordre public, la gestion des déchets, l'aménagement du territoire, l'urbanisme, l'entretien des transports publics, sauf si la loi estonienne confie ces services à un tiers. Le travail des communes est également d'organiser l'entretien des écoles maternelles, des écoles élémentaires, des gymnases et des écoles de loisirs, des bibliothèques, des centres communautaires, des musées, des installations sportives, des établissements de santé et d'autres institutions locales dans le municipalité ou ville donnée, s'ils appartiennent à la municipalité. Chaque commune (subdivision) a une sphère d'influence sur les différents aspects du service public et perçoit une partie des impôts sur le revenu payés par les personnes enregistrées dans la subdivision.

Chaque commune est gérée par un conseil municipal, élu par les habitants tous les 4 ans. Le conseil élit les membres de l'exécutif de la commune, appelé gouvernement. Le chef de l'exécutif est le maire de la commune, il est élu parmi les membres du conseil municipal. Les autres membres du gouvernement sont également choisis par le conseil. Les communes ont leur propre budget et ont le droit de prélever des impôts.

64 communes d'Estonie sont dites "rurales" (en estonien : vallad au pluriel, vald au singulier), 15 autres sont dites "urbaines" (linnad au pluriel, linn au singulier). Le maire d'une commune rurale porte le nom de vallavanem (littéralement, le "doyen de la commune") tandis que celui d'une commune urbaine est appelé linnapea ("la tête de la ville"). Le type de commune rurale ou urbaine est surtout symbolique, les communes urbaines sont pour la plupart les communes ou se trouvent les grandes villes du pays.

Localités : villes, villages et bourgs[modifier | modifier le code]

Les communes sont donc elles-mêmes divisées en localités (en estonien, « asula », ou « asustusüksus » c'est-à-dire de « lieux peuplés ») afin le faciliter l'action des pouvoirs publics.

Officiellement, les localités peuvent être de statut différents :

  • les villes (en estonien : au singulier : linn, au pluriel :linnad) ;
  • les bourgs (en estonien : au singulier : alev, au pluriel : alevid) ;
  • les petits bourgs (en estonien : au singulier : alevik, au pluriel : alevikud) ;
  • les villages (en estonien : au singulier : küla, au pluriel : külad) ;

Liste des villes d'Estonie[modifier | modifier le code]

Les localités ayant le statut de ville sont au nombres de 47.

Liste des localités estoniennes ayant le statut de ville
No. Nom de la ville Population
(2023)
Commune
(type)
Population totale
de la commune (2023)
1 Tallinn 453 864 Tallinn (U) 453 864
2 Tartu 97 524 Tartu (U) 100 724
3 Narva 53 875 Narva (U) 53 875
4 Pärnu 41 226 Pärnu (U) 52 362
5 Kohtla-Järve 33 675 Kohtla-Järve (U) 33 675
6 Viljandi 17 353 Viljandi (U) 17 353
7 Maardu 16 750 Maardu (U) 16 750
8 Rakvere 15 614 Rakvere (U) 15 614
9 Kuressaare 13 197 Saaremaa (R) 30 191
10 Sillamäe 12 452 Sillamäe (U) 12 452
11 Valga 12 319 Valga (R) 15 864
12 Võru 12 055 Võru (U) 12 055
13 Jõhvi 10 852 Jõhvi (R) 12 351
14 Keila 10 905 Keila (U) 10 905
15 Haapsalu 9 812 Haapsalu (U) 13 435
16 Paide 8 081 Paide (U) 10 664
17 Saue 6 045 Saue (R) 25 370
18 Elva 5 720 Elva (R) 14 863
19 Tapa 5 488 Tapa (R) 11 082
20 Põlva 5 535 Põlva (R) 13 534
21 Türi 5 218 Türi (R) 10 683
22 Rapla 5 353 Rapla (R) 13 453
23 Jõgeva 5 224 Jõgeva (R) 13 122
24 Kiviõli 4 844 Lüganuse (R) 8 250
25 Põltsamaa 4 198 Põltsamaa (R) 9 665
26 Sindi 3 837 Tori (R) 12 277
27 Paldiski 3 983 Lääne-Harju (R) 13 462
28 Kärdla 3 019 Hiiumaa (R) 8 474
29 Kunda 3 057 Viru-Nigula (R) 5 813
30 Tõrva 2 627 Tõrva (R) 5 862
31 Narva-Jõesuu 2 618 Narva-Jõesuu (U) 4 269
32 Kehra 2 846 Anija (R) 6 456
33 Loksa 2 603 Loksa (U) 2 603
34 Otepää 2 147 Otepää (R) 6 388
35 Räpina 2 175 Räpina (R) 6 049
36 Tamsalu 2 404 Tapa (R) 11 082
37 Kilingi-Nõmme 1 611 Saarde (R) 4 393
38 Karksi-Nuia 1 462 Mulgi (R) 7 086
39 Võhma 1 274 Põhja-Sakala (R) 7 748
40 Antsla 1 247 Antsla (R) 4 200
41 Lihula 1 221 Lääneranna (R) 5 092
42 Mustvee 1 163 Mustvee (R) 4 952
43 Suure-Jaani 1 185 Põhja-Sakala (R) 7 748
44 Abja-Paluoja 1 039 Mulgi (R) 7 086
45 Püssi 886 Lüganuse (R) 8 250
46 Mõisaküla 754 Mulgi (R) 7 086
47 Kallaste 655 Peipsiääre (R) 5 059
Type de commune
(U) Commune urbaine (linn).
(R) Commune rurale (vald).
  • Les villes situées dans des communes urbaines sont appelées linnasisene linn (en Estonien : la "ville dans la ville"). Dans certains cas, les communes urbaines contenant une ville n'ont qu'une seule localité et se confondent avec la ville elle-même (comme à Narva ou Viljandi). Dans d'autres cas, les communes urbaines englobent également d'autres localités (villages, bourgs...) formant une partie rurale en périphérie de la ville elle-même (comme à Tartu ou Pärnu).
  • Les villes situées dans des communes rurales sont appelées vallasisene linn (en Estonien : la "ville dans la commune"). Dans certains cas, les communes rurales peuvent avoir plusieurs villes en leur sein (comme à Mulgi).

Principales villes du pays[modifier | modifier le code]

La carte géographique des axes formées par la position des villes d'Estonie se présente sous la forme d'un rectangle reliant les quatre agglomérations majeures du pays. Chacune de ces villes est distinguée par un ou plusieurs domaines de spécialités :

  • Tallinn, dans le Nord-Ouest, est la capitale politique, premier port marchand et poumon économique du pays. Elle est la plus peuplée, regroupe de nombreuses entreprises, notamment issues des technologies de l'information-communication ;
  • Tartu, dans le Sud-Est, est la ville intellectuelle et étudiante. Plus ancienne ville du pays, elle abrite en son sein l'Université de Tartu, classée parmi les 300 meilleures Universités du monde. Elle est à la fois le berceau de la culture estonienne proprement dite (littérature, théâtre, chants), mais aussi reconnue pour la vitalité de sa vie étudiante, culturelle et intellectuelle. L'expression populaire Tartu vaim (l'esprit de Tartu) est très utilisée en Estonie ;
  • Pärnu, dans le Sud-Ouest, est la ville touristique. Située sur les bords de la mer baltique, elle est le principal lieu de villégiature de la population estonienne. Elle est couramment désignée sous l'appellation de « capitale de l'été » ;
  • Narva et Kohtla-Järve, dans le Nord-Est sont des villes industrielles. Les deux villes sont le siège d'anciennes usines métallurgiques, mais également des centrales électriques qui alimentent tout le pays.

Économie[modifier | modifier le code]

Évolution du PIB réel par habitant en Estonie, Lettonie et Lituanie depuis 1973.
Taux de croissance annuel en Estonie (2000-2010).

En 2020, le PIB/habitant était de 23 312 dolars, le PIB en standard de pouvoir d'achat (SPA) par habitant de 42 191 dolars et le taux d'inflation de 4,6 % (2021). En 2022, le taux de chômage était de 5,5 %.

L'Estonie se trouve dans une région d'Europe à fort potentiel économique, autour de la mer Baltique. Ces dernières années, elle a connu une croissance rapide (8,1 % en 2004, de 10,5 % en 2005 et de 11,4 % en 2006, selon Eurostat). Elle appartient, depuis 2001, au premier groupe des pays à fort niveau de développement humain (31e rang sur 191). En 2023, l'Estonie est classée en 16e position pour l'indice mondial de l'innovation[220].

L’une des plus libérales d'Europe du Nord, l’économie estonienne exporte machines-outils, équipements électriques et électroniques (comme les pièces de téléphonie mobile), logiciels et services liées aux NTIC, bois et produits textiles.

L'Estonie est l'une des sociétés les plus avancées sur le plan numérique[221]. En 2005, elle est devenue le premier État à tenir des élections sur Internet. En 2014, elle est le premier État à offrir la résidence électronique, et est également à l'origine du système d'échange de données X-Road.

Microsoft Skype est une entreprise qui commercialise son logiciel propriétaire et le service lié de voix sur IP (VoIP) développé par les programmeurs estoniens Ahti Heinla, Priit Kasesalu et Jaan Tallinn pour les entrepreneurs suédois et danois Niklas Zennström et Janus Friis. Les trois Estoniens étaient déjà à l'origine du logiciel Kazaa.

L'Estonie est régulièrement citée comme modèle dans l'adoption des technologies de l'information et des télécommunications. Anneli Kavald, chargée de mission à l’Institut estonien en France, établit sur ce point une comparaison d'ordre culturel avec la France : « les Estoniens sont beaucoup plus réceptifs en matière de NTIC que les Français, qui, habitués au Minitel, ont parfois eu du mal à passer à autre chose. Et puis les Estoniens sont partis de zéro et cela leur a permis d’acquérir à une vitesse supérieure tout ce qu’il y avait à acquérir en matière de connaissances, même au niveau d’un simple utilisateur. Nous sommes très branchés mais sans forcément nous en rendre compte car, pour nous, il s’agit d’une norme. Nous nous plaignons parfois quand nous voyageons car, ailleurs, ces services ne sont pas obligatoirement disponibles. »[222]

L’économie, très dépendante sur le plan financier des banques suédoises, s’est révélée très fragile. La crise bancaire et financière de l'automne 2008 a provoqué une débâcle dans ce petit pays qui avait formé sa propre bulle immobilière : entre juin 2008 et juin 2009, le chômage a doublé, le PIB a reculé de 15 %, la production industrielle de 34 %. Le gouvernement tente de renverser la situation essentiellement par des coupes budgétaires[223] afin de pouvoir remplir les conditions d'entrée dans la zone euro dès 2011[224]. On attendait pour 2009 une contraction du PIB comprise entre -14 % et -15 % tandis que le pays connaissait désormais la déflation qui a atteint - 0,1 % en 2009.

Le pays renoue avec la croissance à partir de 2010, et le gouvernement estime que l'Estonie retrouvera le niveau de PNB d'avant la crise économique à horizon 2015[225]. Quant au taux de chômage, il s’élève en décembre 2011 à 11,7 %[226] contre 15,2 % en janvier 2010[227], selon Eurostat.

Vue de Tallinn – quartier moderne avec ses gratte-ciels à gauche et la ville historique à droite.

L’écart de l’espérance de vie entre les personnes diplômées et les personnes non diplômées est de 15 ans en Estonie[228]

Grâce, entre autres, à l'économie numérique, l'Estonie est aujourd'hui un pays développé doté d'une économie qui a connu l'une des croissances les plus rapides de l'Union européenne, qu'elle a rejoint en 2004[229]. Le pays se classe à la trente-et-unième place en 2021 dans l'indice de développement humain[1] et obtient des résultats favorables en termes de liberté économique, libertés civiles, enseignement (régulièrement classé dans les premiers pays d'Europe)[230] et liberté de la presse selon RSF (quatorzième dans le monde en 2020)[231]. Les citoyens estoniens bénéficient de soins de santé universels[232] ainsi que d'un enseignement public gratuit et de qualité[233],[234]. Par ailleurs, l'Estonie est également l'un des pays qui compte le plus de musées, de livres et le plus grand répertoire de chansons par habitant au monde.

Monnaie[modifier | modifier le code]

À l'issue de la Première Guerre mondiale, plusieurs monnaies circulaient en Estonie, dont le mark allemand et le rouble russe. Elles furent remplacées en 1918 par le mark estonien, à parité avec le mark allemand. Après plusieurs dévaluations, celui-ci fut remplacé le par la couronne estonienne au taux de 1 couronne pour 100 marks. Cette première couronne estonienne fut à nouveau dévaluée en 1933 lors de la crise économique.

À la suite de l'invasion soviétique de 1940, la couronne estonienne se trouva remplacée par le rouble soviétique au taux de 1 rouble pour 0,8 couronne.

Après l'indépendance, une nouvelle couronne estonienne (eesti kroon ; abréviation internationale EEK), fut introduite en à parité fixe avec le mark allemand (1 DEM = 8 EEK). Cette nouvelle monnaie rejoint le mécanisme de taux de change européen II (MCE II) le , en vue d'une adoption de l'euro initialement prévue en (1 euro = 15,646 6 EEK, ± 15 %). Mais une inflation trop importante (environ 4 % sur 12 mois) retarde le passage à l'euro jusqu'à 2011.

Depuis le , la monnaie nationale est l'euro, avec une parité fixe de 1  = 15,6466 EEK. Les pièces en euro de l'Estonie représentent toutes la carte du pays.

Transports[modifier | modifier le code]

En , 11 des 15 comtés estoniens ont adopté la gratuité des déplacements en bus. L'Estonie est ainsi devenue le premier pays européen à prendre cette mesure sur quasiment l'ensemble du territoire, dans le but de limiter l'exode rural et la consommation de combustibles fossiles. La capitale Tallinn offre déjà la gratuité des bus depuis 2013[235].

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2010, la population de l'Estonie s'élevait à 1 340 194 habitants, contre 1 372 071 en 2000[236]. La démographie est marquée par une perte sensible de population de la fin des années 1990 jusqu'au milieu des années 2000 (-4,9 ‰ en 1998 ; -3,8 ‰ en 1999), en raison du départ d'une partie de la population, comme dans les autres pays baltes, mais surtout d'un indice de fécondité faible (1,37 enfant par femme en 2000 et 1,64 en 2010[237]). En 2019, le département des statistiques d'Estonie prévoit une chute de la population de 1,3 à 1,2 million de personnes de 2019 à 2080[238].

Cependant, l'immigration due à l'attractivité du pays (notamment liée aux entreprises de l'économie numérique) engendre un accroissement de la population. En 2018, la population était de 1 319 133 personnes, tandis qu'en 2022, elle est de 1 331 796, soit une augmentation de 12 663 personnes en quatre ans[239].

Puis, l'arrivée massive de réfugiés en provenance d'Ukraine, à la suite de l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022, fait augmenter ce nombre.

Ethnies[modifier | modifier le code]

Populations fenniques[modifier | modifier le code]

Présents depuis l'Antiquité sur le territoire de l'Estonie, les Estoniens forment la majorité de la population avec 914 896 personnes en 2022 (67 %). Les estoniens sont répartis dans plusieurs provinces historiques (comtés), elles-mêmes divisées en tribus, jusqu'au XIe siècle.

Dominés et colonisés à partir du Moyen Âge par les Allemands, les autochtones, au départ païens (puis christianisés par les allemands), sont essentiellement des paysans réduit au servage, voire à l'esclavage. La séparation sociale maintenue par les seigneurs allemands permet aux Estoniens de conserver une endogamie culturelle malgré l'omniprésence des dialectes germaniques parlés dans le pays.

Avec le réveil national au XIXe siècle, l'intérêt grandissant pour les minorités indigènes et le développement du nationalisme estonien permet de standardiser la langue estonienne, en se basant notamment sur les dialectes du Nord de l'Estonie. Les peuples du Sud-Est, qui se distinguent du reste du pays sur les plans culturels et linguistiques, ont toutefois pu garder leurs particularités culturelles jusqu'à nos jours, notamment les Setos et Võros. Les habitants des îles de l'Ouest du pays possèdent également des cultures particulières.

Les Finnois sont également présents en Estonie avec 8 479 habitants, de nationalité finlandaise.

Populations germaniques[modifier | modifier le code]

Bien qu'étant un très petit nombre de nos jours, les Allemands (ou Germano-Baltes) ont été le groupe dominant de l'Estonie pendant sept cents ans. Les premiers Allemands étaient des prêtres arrivés à la fin du XIIe siècle pour christianiser le territoire. Lors des croisades baltes, des ordres religieux composés de moines-soldats et de chevaliers prennent le contrôle du territoire, accaparent les terres et créent un État : la confédération de Livonie.

La noblesse dite germano-balte domine le pays pendant le Moyen Âge, puis la Renaissance et y impose ses lois, contraignant les indigènes estoniens au servage, voire à l'esclavage. Malgré les multiples invasions étrangères (de la Pologne-Lituanie, de la Suède ou de l'Empire russe), les Allemands continuent à dominer la société estonienne jusqu'à la fin du XVIe siècle, en concluant des accords avec chaque puissance occupante tout en maintenant des liens avec l'Allemagne continentale.

Du fait de leur domination, les Allemands ont profondément influencé l'Estonie et lui ont permis d'accéder à la culture européenne en y apportant la religion (le protestantisme), la langue (près d'un tiers du vocabulaire estonien provient de l'allemand), une partie de la tradition juridique, mais aussi en y réintroduisant l'université ou encore des innovations technologiques de la révolution industrielle telles que le chemin de fer. Étant essentiellement des nobles et bourgeois, les Allemands ont perdu de leur influence politique sur la région entre la fin du XIXe siècle (russification de l'Empire russe) et le début du XXe siècle (indépendance de l'Estonie). L'immense majorité d'entre eux a quitté le pays peu avant la Seconde Guerre mondiale à la suite des déplacements de population exigés par le régime nazi.

La domination allemande en Estonie laisse cependant des traces encore de nos jours, notamment dans l'architecture des centres-villes et les divers monuments historiques (ruines des châteaux médiévaux et manoirs du XIXe siècle). La population allemande d'Estonie est très faible au début du XXIe siècle : de l’ordre de 2 500 personnes. Néanmoins, ces statistiques incluent également les immigrés et expatriés directement originaires d'Allemagne, et non uniquement les Germano-Baltes. Quelques descendants de longues lignées de familles nobles sont toutefois revenues s'installer dans le pays après le rétablissement de l'indépendance de l'Estonie.

Les Suédois d'Estonie sont les populations de langue suédoise qui se sont installées en Estonie, notamment pendant la période de colonisation du pays par la Suède pendant la Renaissance. Comme du côté finlandais, ils résidaient principalement dans les îles du golfe de Riga (notamment Hiiumaa, Ruhnu, Naissaar et Vormsi) et sur la côte nord-ouest du pays, appelée aujourd'hui Rannarootsi (« la côte de Suède » en estonien). La communauté suédoise, installée dans ces lieux depuis le XIIIe siècle et qui comptait alors environ 7 000 membres a quitté le pays durant la Seconde Guerre mondiale. Il ne reste aujourd'hui que quelques centaines de Suédois d'Estonie.

Populations slaves[modifier | modifier le code]

Les Russes représentent la minorité la plus importante d'Estonie (environ 320 000 personnes). Elle est constituée de plusieurs sous-groupes dont l'arrivée sur le sol estonien s’est échelonnée dans le temps.

Tout au long de l'histoire de l'Estonie, des Russes se sont installés dans les villes pour occuper des métiers d'artisans et de commerçants. Au Moyen Âge, les villes, alors sous domination allemande et catholique (puis protestante), comportaient des quartiers russes (et orthodoxes) situés à l'écart des bourgs. Environ 40 000 Russes sont descendants de Russes présents avant l'invasion soviétique de 1940.

La période qui correspond à la Renaissance, voit arriver les vieux-croyants sur les rives du lac Peïpous. Cette communauté liée à l'Église vieille-orthodoxe pomore était alors pourchassée par le pouvoir tsariste et par l'Église officielle (le Patriarcat de Moscou et de toute la Russie). Les vieux-croyants forment aujourd'hui une communauté d'environ 15 000 personnes, et sont même parfois perçus comme un mouvement sectaire par certains habitants.

La majeure partie de la population russe ethnique d'Estonie est composé de colons russes et leur descendant venus durant l'occupation soviétique officiellement pour occuper les emplois nécessités par la construction en Estonie d'importants complexes industriels, et officieusement pour intensifier la russification de l'Estonie et étouffer toute contestation de l'occupation. Cette partie de la communauté russe représentant environ 20 % de la population est très présente de nors jours dans certains quartiers à Tallinn (Lasnamäe), Tartu (Annelinn) et représente la majorité de la population des villes industrielles du Nord-Est (Narva et Kohtla-Järve).

Les personnes se déclarant comme "russes ethniques" lors des recensements ont toutefois des nationalités différentes. Les Russes de nationalité estonienne sont les plus intégrés dans la société. Plus de 70 000 Russes ethniques sont devenus estoniens après le rétablissement de l'indépendance. 100 000 Russes ethniques sont, bien qu'étant pour la plupart nés en Estonie lors de la période soviétique, des citoyens de la fédération de Russie. Ils sont donc actuellement considérés comme des étrangers par l’État. Peu parlent l'estonien et, vivant en communauté fermée, ils ont peu de contacts avec les autres habitants de l’Estonie qui ne cherchent de toute façon pas à les fréquenter. Ces Russes sont souvent des personnes âgées. Environ 170 000 Russes ethniques n'ont pas voulu choisir entre la citoyenneté Russe et Estoniennes à la fin de l'occupation soviétique, et sont depuis reconnus par l'État estonien comme étant des « non-citoyens » (aussi surnommés "passeports gris") et sont donc privés de leurs droits civiques. Aujourd'hui encore, ils sont apatrides puisque leur pays d'origine, l'Union soviétique, a depuis disparu[240]. Peu à peu, une partie de cette minorité russe quitte le pays[241].

De nos jours la population russe ethnique tend à diminuer. De plus en plus de Russes choisissent de s'intégrer dans la société estonienne et de se considérer estoniens. Les autres Russes font le choix de quitter le pays pour rentrer en Russie.

Les Ukrainiens sont la seconde plus grande population slave d'Estonie et la troisième minorité. Les premières arrivées massives d'Ukrainiens viennent essentiellement de la période soviétique. Après le rétablissement de l'indépendance, de nombreux Ukrainiens arrivent également pour étudier. La population de personnes se déclarant ukrainiens ethniques est de 22 000 personnes. Lors de l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022, près de 41 000 réfugiés Ukrainiens arrivent en Estonie et 27 000 d'entre eux y restent.

L'Estonie compte également de nombreux Biélorusses, un grand nombre d'entre eux considérés comme des réfugiés politiques. On peut également noter la présence de Polonais.

Langues[modifier | modifier le code]

Pourcentage d'habitants de langue maternelle estonienne en 2011 par commune.

La langue officielle de l'Estonie est l'estonien, qui est la langue maternelle de plus de 69 % de la population du pays ainsi qu'une langue étrangère maîtrisée par 14 % de la population, ce qui fait que plus de 82 % des habitants du pays savent parler estonien. La plupart des habitants du pays qui ne maîtrisent pas l'estonien sont étrangers (particulièrement des Russes) et sont plutôt âgés. L'apprentissage de l'estonien est obligatoire dans toutes les écoles du territoire, et quasiment toute la jeunesse du pays maitrise cette langue.

L'estonien proprement dit repose sur le standard d'écriture du nord de l'Estonie. Des langues régionales (notamment le võro et le seto) sont parlées dans le Sud, et des dialectes sont encore parlés dans les îles du Nord-Ouest. Un temps délaissés et stigmatisés, ces dialectes sont aujourd'hui remis à l'honneur par certains médias et activités culturelles.

La première langue étrangère dépend principalement des différentes catégories d'âges et des origines individuelles. L'anglais est la langue étrangère la plus parlée par la jeunesse et se répand très rapidement car enseignée très tôt dans les écoles et diffusée massivement par l'industrie culturelle britannique et américaine. Certaines personnes ont pu bénéficier d'un enseignement de l'anglais y compris lors de la période soviétique.

Du fait du passé soviétique, le russe est également très présent avec 30 % des habitants l'ayant comme langue maternelle et 42 % comme langue étrangère. Environ 72 % des habitants comprennent ainsi plus ou moins le russe, malgré un rejet massif de cette langue par la population de souche estonienne qui tend à l'oublier et l'écarter au profit de l'anglais. La concentration de population d'origine russe dans certains endroits très localisés est telle que la langue russe est quasiment hégémonique dans ces zones, notamment dans les villes de Narva, Kohtla-Järve, Maardu, l'Arrondissement de Lasnamäe à Tallinn et, dans une moindre mesure dans le quartier d'Annelinn à Tartu et la ville de Valga.

La troisième langue et deuxième langue étrangère proposée à l'enseignement dans les écoles est souvent un choix entre le russe, l'allemand (langue historique du pays, très présente chez l'élite, et dans des domaines comme le tourisme), ainsi que le français (l'Estonie est un membre observateur de l’Organisation internationale de la francophonie, ce qui traduit la présence plus ou moins importante d'une certaine francophonie sur le territoire[212]. Deux établissements participent à la promotion de la langue française : l’Institut français d’Estonie[242] et l'école française de Tallinn[243]).

Le finnois, langue apparentée à l'estonien, est connu de nombreux habitants âgés du nord de l'Estonie en raison de la diffusion régulière de programmes radiodiffusés finlandais à partir des années 1970. La censure alors exercée sur les radios estoniennes par le pouvoir soviétique encourage la population à écouter les radios émises depuis Helsinki afin de s'informer des actualités extérieures à l'URSS[244]. Abandonné peu à peu au profit de l'anglais, il connait néanmoins un regain d’intérêt dans les écoles au début des années 2020[245], notamment grâce aux renforcement des liens entre les deux pays.

La colonisation suédoise d'Estonie à la renaissance a conduit à l'installation prolongée d'habitants dans le nord-ouest du pays (notamment Noarootsi). Malgré le départ de l'essentiel de cette communauté lors de l'invasion soviétique, la langue suédoise s'est maintenue à petite échelle et son enseignement est réhabilité dans la région depuis la fin de l'occupation[246],[247].

Principale Église par commune en 2011 (répondants de 15 ans et plus)

Athéisme et religions[modifier | modifier le code]

D'après le recensement de 2011, 65 % des Estoniens de 15 ans et plus ont indiqué être non croyants.

L'orthodoxie est la première religion du pays avec un peu moins de 177 000 fidèles se recrutant pour l'essentiel parmi la communauté russophone.

Le luthéranisme quant à lui s'est implanté chez les habitants de langue maternelle estonienne. L'Église luthérienne regroupe 11,9 % de la population.

Culture[modifier | modifier le code]

Danse traditionnelle estonienne.
Culture urbaine – graffiti à Tallinn.

De tout temps, l'Estonie s'est trouvée dans la sphère de culture européenne. Tallinn (Reval à l'époque) était, au Moyen Âge, la ville la plus orientale de la Ligue hanséatique. Tartu, siège de l'Université nationale, était au XIXe siècle un foyer de culture et langue allemande au cœur de l'Empire russe.

Forte des diverses cultures qui se sont côtoyées et succédé du fait des occupations successives, l'Estonie s'est forgé une culture particulière faite de tolérance et de respect envers l'étranger, quels que soient son pays ou sa culture. L'Estonie compte de nombreuses minorités : les Russes représentent 25,7 % de la population. Viennent ensuite les Ukrainiens : 2,1 % de la population ; 1,2 % de la population est biélorusse et 0,8 % finnoise. L'importance de la population russophone vient naturellement de l'occupation soviétique et de l'industrialisation forcenée dont l'Estonie avait fait l'objet à l'époque. En Estonie, on retrouve le sauna, une mythologie riche, ainsi qu'une culture du silence et le droit d'accès à la nature. Par ailleurs, l'Estonie est également l'un des pays qui compte le plus de musées, de livres et le plus grand répertoire de chansons par habitant au monde.

Littérature[modifier | modifier le code]

Friedrich Reinhold Kreutzwald.
Extrait du premier film estonien, 1914 – cliquer en bas de l'image pour lire la vidéo.

L'estonien n'est pas une langue indo-européenne mais finno-ougrienne de même que le finnois et le hongrois. L’estonien littéraire naît tardivement, entre les XVIe et XVIIe siècles. Il est surtout utilisé par des pasteurs allemands pour transmettre la littérature religieuse. Le plus ancien livre en estonien est le catéchisme de Wanradt et Köll, publié en 1535 à Wittenberg. On remarquera que c'est la Réforme qui est à l'origine de ce livre.

Le XVIIIe siècle voit la naissance de la littérature nationale, et la langue écrite se répand par les almanachs et journaux, colportés jusqu’au fond des campagnes. La littérature est alors composée de récits imités d’œuvres allemandes. À partir de 1820, Kristjan Jaak Peterson est à l’origine de la poésie estonienne moderne. Dans les années 1850, à la suite des mouvements nationaux et romantiques, la littérature connaît un véritable essor, avec notamment la redécouverte du folklore national et la rédaction de l’épopée nationale, le Kalevipoeg, composée par Friedrich Reinhold Kreutzwald, publiée entre 1857 et 1861 (voir L'Homme de Bois et la Femme d'Écorce, un conte typiquement estonien) dans les publications de la Société savante estonienne. L'édition populaire a été publiée en 1862 en Finlande. À cette période, entre 1860 et 1885, la nation estonienne prend conscience d’elle-même, et la littérature se développe rapidement. La poésie est un genre particulièrement vivace (et le reste aujourd’hui), symbolisée à cette époque par l’une des grandes poétesses de ce pays, Lydia Koidula. Comme dans le reste de l’Europe, la fin du XIXe siècle voit le développement d’une littérature réaliste, en particulier avec Eduard Vilde.

Eduard Vilde (1911).

Peu après, la littérature s’ouvre de plus en plus aux courants occidentaux, avec le groupe des « Jeunes Estoniens ». C’est dans ce contexte qu’émerge l’une des figures estoniennes les plus connues à l’étranger, celle de la poétesse Marie Under. Les années 1920 voient le retour du réalisme, avec Anton Hansen Tammsaare. La période de l’entre-deux-guerres, celle de l’indépendance, contraste fortement avec la suivante, celle de l’exil pour les uns, de la déportation en Sibérie pour les autres. La littérature estonienne en exil demeure très vivace, pour preuve les 2 600 volumes en estonien qui sont parus entre 1945 et nos jours. En Estonie devenue soviétique, la littérature « bourgeoise » est brûlée, interdite, censurée, etc. Un certain renouveau se déclare après la mort de Staline, avec les débuts de grands auteurs comme Viivi Luik et Jaan Kaplinski, mais surtout le monument Jaan Kross qui est publié chez Robert Laffont. Il est l'auteur notamment du Fou du Tzar (1978), prix du meilleur livre étranger 1989. « Ses romans, aujourd'hui traduits en de nombreuses langues, font revivre pour la plupart des figures importantes de l'Histoire estonienne ou des Estoniens ayant atteint dans leur domaine une certaine notoriété internationale »[248] comme le baron balte Timotheus von Bock du Fou du Tzar ou le juriste et diplomate Frédéric Fromhold de Martens de Le départ du professeur Martens (1984).

Après le retour de l’indépendance, l’Estonie libre retrouve une belle vitalité littéraire, marquée par l’émergence de nombreux jeunes auteurs, comme Tõnu Õnnepalu, en particulier grâce aux généreuses subventions de la Fondation pour la culture.

Médias[modifier | modifier le code]

Musique, arts du spectacle[modifier | modifier le code]

Eda-Ines Etti.

La musique est indissociable de la culture nationale, les Estoniens n'ont-ils pas été qualifiés de « Peuple chantant » ?[249]Le premier festival pan-estonien de chant a eu lieu en 1869 à Tartu, où près de mille chanteurs et musiciens venus de tout le pays furent réunis. Aujourd'hui cette fête rassemble trente mille chanteurs et musiciens devant un public de 200 000 personnes. Ces traditions ont inspiré en 1988 la « révolution chantante », c'est en chantant que l'Estonie s'est libérée du joug soviétique. En 2001, l'Estonie a remporté le concours Eurovision.

L'Estonie est également le pays du compositeur de musique classique, religieuse et contemporaine Arvo Pärt, créateur du style tintinnabuli.

Il existe deux grands théâtres en Estonie : le théâtre Estonia à Tallinn fondé en 1865, le théâtre Vanemuine à Tartu fondé en 1883. Tous les registres y sont abordés.

Le cinéma estonien compte pour une très faible partie (2 %) du taux d'audience cinématographique du pays[250], mais est très productif surtout en ce qui concerne les films d'animation et documentaires. Un festival est proposé chaque été, consacré au film anthropologique à Pärnu et en hiver c'est à Tallinn que se déroule le « Festival de cinéma des nuits noires ».

Sports[modifier | modifier le code]

Jaan Kirsipuu.

Le cycliste Jaan Kirsipuu a été vainqueur de nombreuses étapes du Tour de France. À Sydney, la médaille d'or du décathlon a été remportée par Erki Nool. À Pékin, c'est le discobole Gerd Kanter déjà champion du monde à Osaka en 2007, qui décroche l'or olympique. Il succède à Erki Nool, sacré en 2000 à Sydney et à Jaak Uudmae — Estonien sautant pour l'URSS — vainqueur du triple saut en 1980 lors des Jeux de Moscou. Dans les sports d'hiver, les athlètes estoniens sont très productifs : une médaille d'or, une d'argent et une de bronze aux Jeux olympiques de Salt Lake City en 2002 (se plaçant devant la Suède et le Royaume-Uni) et trois médailles d'or aux Jeux olympiques de Turin en 2006. À noter que le champion d'échecs Paul Keres (1916-1975), au sommet de l'élite dans les années 1930-1960, était Estonien et a concouru pour le pays, puis pour l'URSS. Il a même eu droit à son effigie sur le billet de banque de cinq couronnes[251]. En rallye, Markko Märtin a remporté 5 épreuves en championnat du monde en 2003 et 2004 ; Ott Tänak et son copilote Martin Järveoja ont remporté 17 victoires entre 2017 et 2022, ainsi que le titre mondial en 2019. Enfin, la joueuse de tennis Kaia Kanepi est devenue durant les années 2010 l'une des athlètes les plus populaires de son pays en intégrant le top 20 du classement WTA en 2010, après avoir notamment atteint les quarts de finale à Wimbledon et à l'US Open de tennis.

Fêtes et jours fériés[modifier | modifier le code]

Jours fériés
Date Nom français Nom local Remarques
Jour de l'An Uusaasta
24 février Fête nationale iseseisvuspäev, Eesti Vabariigi aastapäev commémoration de l'indépendance de 1918
variable Vendredi saint suur reede
variable Pâques ülestõusmis püha
Fête du travail kevadpüha
variable Pentecôte nelipühad
23 juin Jour de la Victoire võidupüha
24 juin fête de saint Jean Jaanipäev
20 août Jour du rétablissement de l'indépendance taasiseseisvumispäev
25 décembre Noël esimene jõulupüha
26 décembre Saint Étienne teine jõulupüha en calendrier populaire tabanipäev ou tehvanipäev - jour d'Étienne
Fêtes non fériées
Date Nom français Nom local Remarques
6 janvier Épiphanie kolmekuningapäev
2 février Anniversaire du traité de paix de Tartu Tartu rahulepingu aastapäev
14 mars Jour de la langue maternelle emakeelepäev
2e dimanche de mai Jour des Mères emadepäev
14 juin Jour du Souvenir leinapäev
2 novembre Jour des Défunts hingedepäev
2e dimanche de novembre Jour des Pères isadepäev

Capacités militaires[modifier | modifier le code]

Les forces estoniennes à Bagdad.

L'armée estonienne est de constitution récente. En 2011, 1,9 % du PNB est consacré à la défense, soit un budget de la défense de 280 millions d'euros[252]. Ayant adopté une attitude prudente face à la Russie, l'Estonie compte sur l'OTAN pour protéger son espace aérien et sur l'Union européenne en cas de crise internationale. Elle participe à plusieurs missions à l'étranger sous le commandement des Nations unies ou de l'OTAN. Les forces estoniennes sont présentes en Afghanistan et un contingent est impliqué dans la guerre en Irak. Les forces estoniennes font partie de la KFOR au Kosovo et de la Force intérimaire des Nations unies au Liban renforcée. L'armée de l'air possédant plusieurs hélicoptères et avions légers de transport ainsi qu'une centaine de batteries anti-aériennes, son réseau radar est relié à celui de l'OTAN.

Les forces militaires de l'Estonie ont introduit une nouvelle formation basée sur la cyberguerre et la défense des infrastructures électroniques et infrastructures essentielles de la république d'Estonie. Actuellement, la principale organisation de cyberdéfense estonienne est le CERT (Computer Emergency Response Team of Estonia), créée en 2006, comme organisation responsable de la gestion des incidents de sécurité dans des réseaux informatiques estoniens. Son but est de réduire le plus possible les dommages liés aux incidents de sécurité en répondant efficacement aux nouvelles menaces. L'Estonie a connu une série de cyberattaques qui ont commencé le 27 avril 2007. Les dirigeants estoniens attribuent ces attaques aux autorités russes, lesquelles démentent[253]. Le 25 juin 2007, le président estonien Toomas Hendrik Ilves a rencontré le président des États-Unis, George W. Bush[254]. Parmi les sujets abordés, il y avait notamment les attaques sur l'infrastructure électronique estonienne. Ces attaques ont provoqué, dans un certain nombre d'organisations militaires mondiales, une reconsidération de l'importance de la sécurité de réseau dans la doctrine militaire moderne. Le 14 juin 2007, les ministres de la Défense de l'OTAN ont tenu une réunion à Bruxelles, publiant un communiqué sur une action immédiate commune. Cette action permit de mettre fin aux attaques à l'automne 2007. L'OTAN s'apprête à mettre en place en Estonie son futur centre cybernétique de défense, les Estoniens formeront ainsi les spécialistes du cyberterrorisme, du cyber-espionnage[255] et de la cyberdéfense pour les forces de l'alliance atlantique.

Le , le président des États-Unis Barack Obama, en visite en Estonie au moment où se déroule la guerre du Donbass en Ukraine, pays qui n'est pas membre de l'OTAN, et où la Russie est accusée notamment par les membres de l'OTAN, d'envoyer des troupes de soldats russes pour soutenir les pro-Russes, déclare que l'Estonie « ne sera jamais seule »[256].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. .eu, partagé avec les autres pays de l’Union européenne.
  2. Après le déclin de l'Ordre teutonique suite à sa défaite lors de la Bataille de Grunwald en 1410, et la défaite de l'Ordre livonien lors de la Bataille de Swienta le 1er septembre 1435, la Confédération livonienne est établie par un traité signé le 4 décembre 1435[74].

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Références externes[modifier | modifier le code]