Forum des îles du Pacifique

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Logo du Forum des îles du Pacifique.
Siège du secrétariat à Suva.

Le Forum des îles du Pacifique est une organisation politique internationale de coopération régionale, créée le à Wellington, en Nouvelle-Zélande, sous le nom de Forum du Pacifique Sud. Il réunit les 16 pays indépendants de l'Océanie, ainsi que la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie française (depuis 2016). Le siège de son secrétariat est à Suva (Fidji). Son secrétaire général est la Papou-Néo-Guinéenne Meg Taylor depuis juillet 2014.

Le budget du Forum est de 5,8 M € (2003) dont les deux tiers assurés par Canberra et Wellington. Les principaux donateurs sont l'Australie (30 %), la Nouvelle-Zélande (30 %), les États-Unis, le Japon, l'Union européenne, le Canada, le PNUD et la France.

Les secteurs d'activités concernés par les missions du Forum sont l'environnement, les télécommunications, l'aviation civile, l'énergie, la sécurité, le commerce, la pêche et les communications maritimes.

Le Forum comprend également deux agences :

  • L'Agence des pêches (Forum Fisheries Agency),
  • La Compagnie de navigation maritime (Pacific Forum Line).

Présentation[modifier | modifier le code]

Pays membres (en bleu), membres associés (en rouge) et observateurs (en orange), avant l'admission de la Nouvelle-Calédonie et de la Polynésie française comme membres à part entière en 2016.

Créé en 1971 sous le nom de Forum du Pacifique Sud, l'organisation prend le nom de Forum des îles du Pacifique en octobre 2000. Regroupant dix-huit États indépendants et territoires associés d'Océanie, le Forum est la principale instance de coopération politique dans la région Pacifique. Il n'existe ni charte, ni traité international portant création de cette organisation, ni règle écrite relative à la conduite des réunions. Le Forum accède en 1994 au statut d'observateur auprès de l'Assemblée générale des Nations unies.

Chaque année, l'organisation se réunit au niveau des chefs de gouvernement pour déterminer par consensus les positions d'une communauté océanienne très composite. Un secrétariat général, basé à Suva, fait office d'organe de liaison permanent.

Le sommet d'Auckland d'août 2003, axé sur la bonne gouvernance et la sécurité régionale, a aussi pour but l'élection du nouveau secrétaire général. Rompant avec la tradition d'un secrétaire général ressortissant d'un des petits États insulaires, l'Australie parvient à faire élire un de ses ressortissants, M. Greg Urwin, à la tête de l'organisation.

Le secrétaire général est désigné par la conférence des chefs de gouvernement pour une période de 3 ans renouvelables. Depuis le 13 octobre 2008, la fonction est occupée par le Samoan Tuiloma Neroni Slade.

États membres[modifier | modifier le code]

Bien qu'elles ne soient pas des États souverains, la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie française sont admises comme membres à part entière par décision des autres membres le 10 septembre 2016[1].

Autres statuts[modifier | modifier le code]

Observateurs :

Partenaires du Dialogue Post-Forum :

Cas des Fidji (2009-2013)[modifier | modifier le code]

La participation des Fidji à l'organisation est suspendue à partir du 1er mai 2009, en raison de la suspension de la démocratie dans ce pays[2]. La suspension est levée en 2014, à la suite d'élections démocratiques dans ce pays. Le premier ministre fidjien Frank Bainimarama boycotte toutefois le Forum, exigeant que l'Australie et la Nouvelle-Zélande en soient exclues[3].

Relations avec la France[modifier | modifier le code]

Les relations avec la France ont souvent été difficiles voire houleuses, car le Forum est issu de l'opposition des pays de la région aux essais nucléaires français. Le Forum du Pacifique Sud a servi de cadre à l'adoption du traité de Rarotonga, le 6 août 1985, instaurant une zone dénucléarisée en Océanie. Mais en septembre 1995, la France a été représentée pour la première fois à un niveau ministériel dans le cadre du "Dialogue Post-Forum" de Port Moresby. Le Forum a néanmoins suspendu le statut de la France de "partenaire du dialogue" le 8 octobre 1995, en rétorsion à la reprise des essais nuclaires. Après la signature française des protocoles de Rarotonga le 25 mars 1996, le sommet de Majuro en septembre 1996 a décidé de réintégrer la France. Lors de la réunion France-Océanie de Papeete, le , Jacques Chirac a rencontré le président fidjien du Forum et son Secrétaire général-adjoint. En 2003, le Forum a invité les territoires français du Pacifique à adhérer à l'accord de libre-échange entre les États du Pacifique Sud (PICTA).

En 2006, les changements de statuts des collectivités territoriales françaises, soutenus par la France, avaient obtenu un agrément de principe des dirigeants océaniens lors notamment du second sommet France-Océanie, qui s'était déroulé le à Paris, sous la présidence de Jacques Chirac. Les réactions françaises à ces changements sont d'une extrême satisfaction : l'ambassadeur Patrick Roussel, Secrétaire permanent pour le Pacifique, qui fait partie d'une délégation française conduite par Richard Samuel, directeur de cabinet du ministre français de l'Outre-mer, François Baroin, s'est félicité de cette décision des dirigeants du Forum. « Je crois qu'on peut dire que 2006 est un très bon cru. La réaction, c'est que nous accueillons évidemment avec une grande satisfaction l'admission comme membre associé de la Polynésie française et de la Nouvelle-Calédonie. Et pour Wallis-et-Futuna, nous sommes d'autant plus contents que nous avions eu quelques craintes que le processus demande un petit peu plus de temps. Mais nous n'avions pas de doute sur l'issue. ». Concernant une demande de la France pour un statut de partenaire privilégié avec Forum, cette organisation régionale n'en fait pas mention dans son communiqué final. « Cette question n'apparaît pas et nous allons donc en discuter dans les deux jours qui viennent avec nos partenaires du Forum (dans le cadre du traditionnel "dialogue post-Forum"). L'Union européenne, bien entendu, fera de même de son côté », a indiqué le diplomate français.

En 2016, la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie française obtiennent le statut de membres à part entière[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]