Pays baltes

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Localisation des pays baltes.
Estonie au nord, Lettonie au centre et Lituanie au sud
Distribution géographique des langues dans les pays baltes : l'estonien est finno-ougrien, les autres (actuelles ou éteintes), baltes. En outre, entre un cinquième et un tiers de la population est constitué de russophones, surtout dans les villes.

On appelle pays baltes les trois pays à l'est de la mer Baltique : l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie. Le mot baltes est ici employé dans un sens géographique (« limitrophes de la mer Baltique ») qui concerne les trois pays, et non dans le sens linguistique (langues baltes) qui ne concerne pas l'Estonie.

Géographie[modifier | modifier le code]

Les pays baltes s'étendent sur 175 000 km², avec une population de 6 826 000 habitants. Bordés par la mer Baltique à l'ouest, ils partagent leurs frontières avec la Russie, la Biélorussie et la Pologne. L'oblast de Kaliningrad, l'ancienne Königsberg allemande, enclavé entre la Lituanie et la Pologne, appartient à la Russie.

Le relief de cette région est relativement peu accidenté, ponctué de nombreux lacs et étangs, notamment au nord, et de collines en Lituanie.

Environnement[modifier | modifier le code]

La mer Baltique est victime de pollution marine, d'eutrophisation et de zones mortes, ainsi que de séquelles de guerre (munitions immergées notamment), mais les pays baltes ont conservé un taux de naturalité et une biodiversité plus élevée que dans beaucoup de zones de l'Europe de l'Ouest et du Sud-Ouest. Les pays baltes pourraient donc avoir une très grande importance dans le futur réseau écologique paneuropéen[1] promu par l'UICN et le Conseil de l'Europe. HELCOM est une commission internationale qui est l'équivalent d'OSPAR et qui contribue à la connaissance et protection de l'environnement de la mer Baltique.

Histoire[modifier | modifier le code]

Après la longue période de liberté balte allant de la proto-histoire au XIIe siècle, les trois pays ont connu deux histoires différentes :

Préhistoire[modifier | modifier le code]

La zone, initialement très boisée et marécageuse, est occupée par des populations proto-Baltes. On les a rapprochés des Thraces, des Germains, des Slaves, des Scythes, mais la seule certitude est qu'ils parlaient une langue d'origine indo-européenne et pratiquaient l'agriculture et le commerce de l'ambre. Attirés par cette dernière, les Scandinaves débarquent plus ou moins sporadiquement sur les côtes à partir du VIIIe siècle. Les ancêtres des Estoniens, d'origine finno-ougrienne s'installent aussi dans la région, en même temps que les Finnois, autour du golfe de Finlande, sans que la date puisse être clairement établie, mais en tout cas avant le IVe siècle. Le région reste cependant peu peuplée jusqu'à l'amélioration climatique du XIe siècle (appelée embellie de l'an mil).

Les croisades baltes[modifier | modifier le code]

Jusqu'au XIIIe siècle, différents peuples païens (baltes ou finno-ougriens), occupent les territoires des actuels pays baltes : Estoniens, Osiliens, Livoniens, Lettigaliens, Curoniens, Semigalliens, Séloniens, Samogitiens et Prusses (qu'il ne faut pas confondre avec les Prussiens, lesquels ont hérité du nom du pays, mais étaient des colons allemands).

Ces peuples sont établis à l'extrémité nord de la route fluviale qui traverse l'Europe reliant la mer Baltique à la mer Noire (et appelée route de l'ambre et du miel). À partir du XIe siècle, ils subissent les influences des deux courants de christianisation de l'époque, l'un catholique et « latin » venu de l'Ouest par l'influence germanique des marchands de la future Hanse et l'autre orthodoxe et « grec » venu du Sud et de l'Est par l'influence byzantine et russe.

L'influence latine prend l'ascendant : dans les années 1190, la papauté apporte son soutien à l'établissement d'une église missionnaire chez les Livoniens. En 1201, Albert de Buxhoeveden est envoyé par l'évêché de Brême en Livonie où il fonde la ville de Rīga. Il organise autour de lui l'Ordre des Chevaliers Porte-Glaive. En l'espace de 30 ans (il meurt en 1229), l'évêque Albert de Rīga, avec les Chevaliers porte-glaives, ordre militaire mineur, conquiert la Livonie. Celle-ci regroupe alors la Lettonie actuelle, le nord de la Lituanie et le sud de l'Estonie.

De leur côté, les Danois ont entamé une série de conquêtes en Poméranie, en Prusse et en Estonie – où ils prennent Reval (nom de Tallinn à l'époque).

Les Chevaliers de Dobrzyń, un autre ordre mineur, tentent de convertir les Prusses païens mais échouent. Ils sont bientôt remplacés par les Chevaliers Teutoniques venus à l'appel de Conrad de Mazovie dont le duché est menacé par ces Prusses. Les Chevaliers ne tardent pas à se constituer un État, leur maître est reconnu prince d'Empire en 1226 par l'empereur Frédéric II et leurs terres, fief papal en 1234 par le pape Grégoire X. En 1236, l'ordre des Porte-Glaive, ou ordre livonien, est incorporé dans l'ordre teutonique après la débâcle de Saule contre les Lituaniens encore païens. Il garde néanmoins une organisation semi-autonome.

En territoire estonien, le progrès vers l'Est de l'Ordre livonien est stoppé par le prince russe Alexandre Iaroslavitch Nevski de Novgorod le à la bataille du lac Peïpous. En 1346, le Danemark vend le Nord de l'Estonie à l'Ordre livonien.

Du XIIIe au XVIIe siècle, les pays baltes font partie de la zone d'influence de la Hanse, avec notamment Rīga qui en était le principal comptoir oriental. En 1260, à la suite de leur défaite à Durben les Prusses se révoltent un temps.

La grande Lituanie et la tolérance religieuse[modifier | modifier le code]

L'expansion de la Lituanie débute avec l'effondrement de la Rus' de Kiev à la suite des invasions tataro-mongoles. Alexandre Nevski est investi dès 1249 comme grand-prince de Kiev par le khan Batu, et son fils Daniel Moskovski fonde la principauté de Moscou. Malgré cela, il faudra de nombreuses années à leurs successeurs pour unir les principautés russes et retrouver leur indépendance. En attendant, le moyen le plus pratique d'échapper à l'emprise tatare était, pour les princes des territoires slaves et orthodoxes, le rattachement à la Lituanie, d'autant que la tolérance religieuse de sa cour respectait leurs traditions.

Les religions en Pologne-Lituanie en 1573 ; en vert les territoires orthodoxes, en bleu les territoires protestants, en violet les principales communautés calvinistes.

À partir de 1252, Mindaugas crée un duché qui s'étendra au XIVe siècle de la Baltique à la mer Noire. La Lituanie, essentiellement païenne, acquiert de vastes territoires orthodoxes. Cependant sa noblesse devient catholique au fil d'alliances répétées avec le royaume de Pologne. En 1410, Lituaniens et Polonais parviennent à défaire les Chevaliers teutoniques à Tannenberg.

Dans la seconde moitié du XIVe siècle, en Mazurie et Lituanie, les dernières traces du vieux monde païen disparaissent, dans les forêts bordant le domaine balte teutonique. Plus à l'Est, dans ce qui est actuellement la Biélorussie, la Russie occidentale et l'Ukraine, le patriarcat de Constantinople cherche un accommodement avec le Pape dans l'espoir d'un secours des pays catholiques (1431 : concile de Florence), aussi l'intégration de ces orthodoxes à la Lituanie se fait-elle facilement. Cependant, à mesure que la Principauté de Moscou s'émancipe des Tatars (1480), s'agrandit et prend de l'importance, l'Église orthodoxe russe rompt ce consensus, notamment à partir de la nomination en 1448 de Jonas métropolite de Moscou et de toute la Rus'. En 1453 Constantinople, la « deuxième Rome », tombe aux mains des Ottomans et en 1485, Ivan III le Grand proclame Moscou « troisième Rome » et revendique l'ensemble de l'ancienne Rus' de Kiev, affirmant sa vocation à réunir toutes les Principautés russes qui en étaient issues, y compris celles intégrées entre-temps à la Lituanie : c'est l'origine du titre de « Tsar de toutes les Russies » (Царь всея Руси).

La tolérance religieuse du Grand-Duché de Lituanie fait aussi de ce pays un havre de paix pour les Juifs chassés de l'Empire allemand en 1215 (ashkénazes, parlant yiddish), d'Angleterre en 1290, de France en 1306 et 1394, d'Espagne en 1492 et du Portugal en 1496 (séfarades, parlant judéo-espagnol, mais ces derniers finissent par s'intégrer à la communauté ashkénaze). Ainsi se constitue progressivement la plus nombreuse communauté juive d'Europe, qui, après la disparition du Grand-Duché, sera poussée à l'émigration vers le Nouveau-Monde par les pogroms du XIXe siècle et en grande partie anéantie au XXe siècle par la Shoah.

La domination polonaise[modifier | modifier le code]

La pression de la Moscovie conduit la Lituanie à fusionner en 1569 avec la Pologne par l'union de Lublin. L'Estonie et la Lettonie restent sous l'influence (réformée) de la Ligue hanséatique. Cette union dominée par une Pologne catholique militante sonne la fin de la tolérance religieuse (les élections libres de 1573 désignent le futur Henri III de France comme premier souverain du nouvel ensemble ; il retourne en France l'année suivante pour assumer le trône en pleines guerres de religion). Si le noyau historique du duché lituanien ainsi que sa noblesse adoptent le catholicisme, ce n'est pas le cas des « Russiens » (Руссянинъ : Russes, Biélorusses, Russins/Ruthènes aujourd'hui dits Ukrainiens) qui restent attachés à leur christianisme orthodoxe, ni des Juifs. Face au prosélytisme catholique officiel, les populations orthodoxes se tournent progressivement vers le voisin russe, tandis qu'une partie des Juifs émigrent vers la Bohême, la Hongrie et les principautés roumaines. Cependant une minorité d'Ukrainiens finissent par adopter, sinon le rite latin, du moins la foi catholique : c'est, en 1596, la naissance de l'Église grecque-catholique ukrainienne, par l'Union de Brest.

La Russie et la Pologne-Lituanie s'affrontent pendant les siècles suivants pour le contrôle politique et religieux des « Russiens » de l'ancienne Rus' de Kiev. Entre 1610 et 1612 des troupes polonaises occupent Moscou et une union slave sous l'égide catholique semble imminente. 1612 marque l'apogée de l'expansion polono-lituanienne à l'est. Le rétablissement russe est suivi d'un mouvement inverse vers l'ouest, s'appuyant sur les populations des territoires orthodoxes de la Pologne-Lituanie.

La domination russe[modifier | modifier le code]

Après la défaite suédoise dans la Grande Guerre du Nord, la Livonie (Estonie et Lettonie) est incorporée dans l'empire russe (1721 : traité de Nystad). Néanmoins, par souci d'efficacité, les barons germano-baltes, issus pour beaucoup de l'Ordre Teutonique, mais passés pour la plupart à la Réforme protestante, continuent à exercer leur emprise sur les sociétés baltes pour le compte de l'Empire russe et gardent leur immenses propriétés foncières. En 1795, lors du troisième partage de la Pologne, la Lituanie est elle aussi rattachée à la Russie.

Les pays baltes retrouvent leur liberté après la Première Guerre mondiale. Ils ont, au départ, de grandes difficultés à faire reconnaitre leur indépendance par les Alliés qui préfèrent ménager une victoire possible de la Russie « blanche » contre les Bolchéviques. La victoire de plus en plus évidente des communistes pousse les puissances occidentales à accepter les indépendances baltes comme un « cordon sanitaire » en Europe.

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

Le , l'URSS signe avec le Troisième Reich le pacte germano-soviétique, dont les protocoles secrets délimitent les « zones d'influence » des deux puissances. Lorsque l'Allemagne nazie envahit la Pologne, ce qui déclenche la Seconde Guerre mondiale, l'URSS envahit le reste de la Pologne et les États baltes.

En rose, les territoires occupés par l'URSS en septembre 1939 et juin 1940, puis par l'Allemagne nazie de juillet 1941 au printemps 1944 (parmi d'autres), et intégrés à l'URSS en 1945 (parmi d'autres).

Plusieurs déportations sont organisées par le pouvoir soviétique entre 1940 et 1949 : selon l'association « Mémorial », dans les pays baltes le nombre total des personnes victimes de la première déportation (1940-1941) est compris entre 200 000 et 300 000, et à 95 000 pour la seconde déportation (1944-1949)[2].

Dans les trois occupations successives des pays baltes et des autres territoires concernés par le pacte germano-soviétique (soviétique en 1940-1941, nazie en 1941-1944 et à nouveau soviétique après 1944), les clivages ethniques et religieux ont joué un rôle tragique : les communautés, qui vivaient globalement en paix sinon en bonne entente auparavant, furent dressées les unes contre les autres par les occupants successifs. Lors de la première occupation soviétique, une partie des militants, devenus communistes dans les années 1930, de l'Union générale des travailleurs juifs[3], ont été embrigadés par le NKVD[4] qui procédait alors à la recherche et à l'arrestation des catégories de citoyens jugés « nuisibles » : les anciens fonctionnaires des états estonien, letton et lituanien (en priorité les enseignants, juristes, policiers et militaires) ; les prêtres ; les professions libérales ; les propriétaires de biens immobiliers, de production (dont les dits « koulaks ») et de terre (dont les aristocrates germano-baltes qui n'avaient pas été rapatriés vers le Reich). Tous sont déportés avec leurs familles vers le Goulag. Un an plus tard, les occupants nazis accusent l'ensemble des juifs baltes, sans distinction, d'être « bolchéviques » et responsables des déportations soviétiques, incitant les populations chrétiennes locales (sortant d'un an de terreur rouge et encore peu informées de la nature réelle du nazisme qui les considère aussi comme « inférieures ») à rechercher, arrêter et livrer les juifs locaux. Ceux-ci sont massacrés avec leurs familles en une « Shoah par balles » (ou « Holocauste de l'Est »), moins connue que celle d'Europe occidentale et centrale, mais non moins meurtrière (environ deux millions de victimes en URSS dont cent cinquante mille dans les pays baltes, et on découvre encore de nouvelles fosses communes et dépôts de cendres)[5]. Aux yeux de l'historiographie soviétique, ni leur judéité ni l'antisémitisme attisé par les nazis n'entrent en ligne de compte : ce sont seulement « des civils soviétiques massacrés par l'envahisseur allemand ».

Redevenus soviétiques de facto en 1944, les pays baltes restent annexés par l'Union soviétique jusqu'en 1990, devenant des républiques de l'Union. Contrairement aux autres annexions soviétiques des années 1939-1945, l'annexion des pays baltes n'est pas reconnue internationalement de jure, et les trois pays sont considérés par l'ONU comme territoires occupés. L'URSS qui réclamait une voix à l'assemblée générale de l'ONU pour chacune de ses quinze républiques n'en obtient que trois (Russie, Biélorussie, Ukraine). Mais la non-reconnaissance n'a d'autre conséquence pendant la guerre froide, que la présence à Washington de trois ambassades des pays baltes, abritant en fait leurs gouvernements en exil.

La politique de glasnost de Mikhail Gorbatchev, introduite en 1986, permet aux dissidents et aux mouvements contestataires de prendre la parole et d'exprimer des critiques à l'égard du pouvoir central. Des groupes d'opposition baltes commencent alors à réclamer l'indépendance de ces pays, à demander des explications sur l'annexion dont ils ont fait l'objet en 1940 et à dénoncer l'absence de légitimité de la domination soviétique. Dès l'été 1987, l'Estonie donne le coup d'envoi avec des festivals où les gens entonnaient des chansons folkloriques et des chants religieux interdits sous le régime soviétique. La Lettonie et la Lituanie lui emboitèrent le pas. Le , dans les trois pays, des manifestants sont descendus dans la rue pour protester contre le pacte qui les lie à Moscou. La police n'intervient pas. L'année suivante, les manifestants plus nombreux et les chefs des différents mouvements testent encore la ténacité de l'ennemi. Mouvements écologistes, associations d'écrivains, militants des droits de l'homme et groupes antirusses se retrouvent tous dans une action commune et pacifique.

Article détaillé : Voie balte.

La version balte du poème de Paul Fort : Si tous les gars du monde voulaient se donner la main… a été jouée toute une journée, à la fin de l'été 1989, par des dizaines de milliers d'Estoniens, Lettons et Lituaniens. De Tallinn à Vilnius, en passant par Riga, ils ont formé sur 560 kilomètres un cordon de solidarité et de protestation pour dénoncer le pacte germano-soviétique annexant cinquante ans plus tôt les pays baltes à l'URSS, et affirmer tous ensemble leur volonté d'indépendance nationale.

Le , la voie balte réunit les habitants des trois nations pour l'indépendance. Cet acte, fortement relayé en Occident, fut la manifestation la plus visible du mouvement de fond réclamant l'indépendance de ces trois pays. Dès 1989, l'indépendance économique y est déclarée, entraînant en réaction un embargo économique drastique de Moscou sur la Lituanie, afin d'en faire un exemple, et de fortes pressions sur tous les pays pour exiger leur maintien dans l'Union soviétique.

Article détaillé : Événements de janvier.

Mais Moscou rechigne à employer la force militaire et l'unique fait d'armes a lieu en janvier 1991. Les bâtiments stratégiques des capitales, tels les sièges des télévisions, sont pris d'assaut par les troupes du ministère soviétique de l'Intérieur, alors que de nombreux civils sont massés autour pour les défendre. Les tirs qui s'ensuivent tuent quatorze personnes et en blessent une centaine.

Peu après (février-mars 1991), des consultations officielles sont organisées (les constitutions des républiques parties de l'URSS n'autorisent pas les référenda), montrant la forte mobilisation des Baltes pour leur indépendance : 90 % en Lituanie, 77 % en Estonie et 73 % en Lettonie. L'échec du putsch soviétique d'août 1991 - où la ligne dure des communistes ne parvient pas à prendre le pouvoir - permet aux pays baltes de déclarer leur indépendance politique, que de nombreux pays occidentaux s'empressent de reconnaître. Ayant perdu toute marge de manœuvre, Moscou se voit obligé de suivre le mouvement et reconnaît leur indépendance le , trois mois avant que ne disparaisse l'Union soviétique.

Au XXIe siècle, les relations avec la Russie restent complexes, les trois pays possèdent d'importantes minorités russophones (6 % en Lituanie, 35 % en Lettonie et 25 % en Estonie)[6]. Cette minorité, qui souffre quelquefois d'exclusion, redoute l'intégration à l'Union européenne qu'elle voit comme une rupture supplémentaire avec la Russie, après l'indépendance de 1990. L'enclave de Kaliningrad est également une source de différends entre la Lituanie et la Russie. Les frontières entre l'Estonie et la Russie sont aussi source de conflits.

Le XXIe siècle[modifier | modifier le code]

En 2003, les trois pays baltes sont admis comme membres de l'Union européenne (avec 7 autres pays). Ils ont pris leur place à partir de 2004 dans les instances politiques de l'Union européenne (UE) et de l'OTAN.

Politique[modifier | modifier le code]

Reprenant l'idée du traité d'entente et de coopération mutuelle de 1934, le Conseil balte est créé en 1990 peu avant les indépendances. Aujourd'hui la coopération entre les trois États couvre à peu près tous les domaines. Elle est notamment visible internationalement pour la défense, la lutte contre la criminalité et la surveillance des frontières.

Les pays scandinaves ont établi des liens privilégiés avec les États baltes, qui jouissent d'un statut d'observateurs aux réunions du Conseil nordique. Les trois États sont également membres du Conseil des États de la mer Baltique, créé en 1992.

Depuis 1991, la volonté politique partagée de ces trois pays est de tourner le dos à la sphère d'influence russe pour ancrer définitivement les pays baltes au sein du monde européen. Ceci s'est traduit par le refus d'intégrer la Communauté des États indépendants (CEI), structure floue formée sur les cendres de l'URSS en décembre 1991, par la candidature à une adhésion à l'OTAN, qui se heurte à une forte opposition de la Russie, et par la candidature à une adhésion à l'Union européenne. Les trois pays baltes se sont prononcés positivement par référendum en 2003 sur leur adhésion à l'Union européenne, qui a eu lieu le 1er mai 2004.

Économie[modifier | modifier le code]

Le PIB des trois pays combinés représente environ 65 milliards d'euros.

Avant l'éclatement de l'URSS, le niveau de vie de ces pays était supérieur à celui de toutes les autres républiques socialistes soviétiques. La transition vers l'économie de marché a été difficile puisque entre 1989 et 1996 le PIB avait baissé de 28,3 % pour l'Estonie, 46,55 % pour la Lettonie et de 58,4 % pour la Lituanie. En 2004, le PIB par habitant de ces trois pays était inférieur à la moyenne des pays ayant adhéré à l'Union européenne cette même année, avec respectivement 91,3 %, 69,5 % et 80,4 % de cette moyenne en 2003. Ces pays ont été les premiers en Europe à adopter de nouveau un impôt à taux unique au milieu des années 1990.

Les échanges commerciaux vers l'Union européenne sont privilégiés depuis 2001. L'approvisionnement énergétique (pétrole et gaz naturel) est toujours dépendant de la Russie, du fait de l'existence d'un réseau de pipelines. Aujourd'hui, un tiers des échanges commerciaux se font avec les pays nordiques, Islande exceptée.

Pour l'avenir ces pays possèdent plusieurs atouts : un haut degré de formation, l'héritage urbain et la situation géographique ou encore la qualité des infrastructures. Au rang des handicaps on peut citer une pollution importante héritée de l'URSS.

Culture[modifier | modifier le code]

L'estonien est une langue finno-ougrienne (apparentée au finnois), alors que le letton et le lituanien sont des langues indo-européennes du groupe balte. Les trois langues utilisent l'alphabet latin. Des populations russophones sont encore présentes, voir ci-avant.

La Lituanie est à majorité catholique alors que l'Estonie est protestante ; en Lettonie, les deux religions coexistent au côté de la religion orthodoxe.

Il existe néanmoins une unité culturelle balte, visible par exemple dans l'architecture hanséatique des grandes villes comme Tallinn, Rīga, Vilnius, Tartu, Daugavpils ou Kaunas.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sepp, K. and A. Kaasik (Eds) (2002) Development of National Ecological Networks in Baltic Countries in the Framework of Pan-European Ecological Network, Varsovie, IUCN Office for Central and Eastern Europe
  2. Nikolai Bugai, Депортация народов СССР : Лагеря, принудительный труд и депортация (Déportation des peuples d'URSS), éd. Dittmar Dahlmann et Gerhard Hirschfeld, Essen, Allemagne, 1999
  3. Henri Minczeles, Histoire générale du Bund, un mouvement révolutionnaire juif, Denoël, Paris, 1999
  4. Patrick Barbéris et Patrick Rotman, Les révolutionnaires du Yiddishland, série documentaire historique, prod. La Sept Arte/Kuiv/Arkeion, 1999
  5. Israël W. Charny, Le Livre noir de l'Humanité, encyclopédie mondiale des génocides, Privat, ISBN 2708956078 et ISBN 9782708956070.
  6. les minorités russophones dans les pays baltes

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]