Opération Source de paix

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Opération Source de paix
Description de cette image, également commentée ci-après
Bombardements à Tall Abyad, le 13 octobre 2019.
Informations générales
Date depuis le
(8 jours)
Lieu Nord de la Syrie
Belligérants
Drapeau de la Turquie Turquie
Flag of Syria 2011, observed.svg Armée nationale syrienne
Flag of Syrian Democratic Forces.svg Forces démocratiques syriennes Drapeau de la Syrie République arabe syrienne
Commandants
Drapeau de la Turquie Hulusi Akar
Drapeau de la Turquie Yaşar Güler
Flag of Syria 2011, observed.svg Selim Idriss
Flag of Syrian Democratic Forces.svg Mazloum Kobane
Forces en présence
Drapeau de la Turquie
80 000 hommes[1]

Flag of Syria 2011, observed.svg
14 000 à 18 000 hommes[1],[2]
Flag of Syrian Democratic Forces.svg
50 000 à 110 000 hommes[3],[4]

Drapeau de la Syrie
inconnues
Pertes
Drapeau de la Turquie
6 à 9 morts[5],[8]

Flag of Syria 2011, observed.svg
164 morts au moins[5]
Flag of Syrian Democratic Forces.svg
185 morts au moins[5]

Drapeau de la Syrie
3 morts au moins[9]
Civils :
71 morts au moins en Syrie[5]
20 morts au moins en Turquie[6]
160 000 à 300 000 déplacés[5],[7]

Guerre civile syrienne

Coordonnées 36° 41′ 51″ nord, 38° 57′ 24″ est

Géolocalisation sur la carte : Syrie

(Voir situation sur carte : Syrie)
Opération Source de paix

L'Opération Source de paix (turc : Barış Pınarı Harekâtı, arabe : عملية نبع السلام) a lieu depuis le , lors de la guerre civile syrienne. Elle est lancée par l'armée turque et les rebelles de l'Armée nationale syrienne contre les Forces démocratiques syriennes dans le nord de la Syrie.

Prélude[modifier | modifier le code]

Premières crises à Afrine et Manbij en 2018[modifier | modifier le code]

Patrouille de militaires américains et turcs à Manbij, le .

Le 14 janvier 2018, la coalition internationale menée par les États-Unis annonce son intention de créer avec les Forces démocratiques syriennes (FDS) — dominées par les Kurdes des YPG — une « Force de sécurité aux frontières » constituée de 30 000 hommes dans le Nord de la Syrie[10]. L'annonce provoque la fureur d'Ankara qui décide de déclencher l'offensive préparée depuis des mois contre les FDS[11],[12]. Le 20 janvier, l'armée turque et l'Armée syrienne libre attaquent la ville d'Afrine, au nord-ouest de la Syrie[13]. La Russie retire ses troupes de la région et donne son accord à l'offensive turque[14],[15],[16]. Les tensions s'accroissent alors entre les États-Unis, alliés des FDS, et la Turquie qui annonce son intention de chasser les YPG de toute sa frontière, d'Afrine jusqu'à l'Irak[17],[18]. Les YPG demandent alors l'aide du régime syrien, mais celui-ci ne dépêche que quelques centaines de miliciens le 20 février[19],[20]. La progression des Turcs et de l'ASL est initialement lente et difficile, mais les défenses kurdes finissent par craquer début mars[21],[22]. Le 18 mars, les Turcs et les rebelles syriens prennent sans combattre la ville d'Afrine, abandonnée par une large partie de sa population et par les combattants kurdes[23]. La Turquie consolide alors son emprise sur le nord-ouest de la Syrie[24]. Le gouvernement turc annonce ensuite son intention de poursuivre l'offensive et de prendre toutes les villes tenues par les FDS près de sa frontière, à commencer par la ville de Manbij[25]. Cependant, les Turcs se heurtent cette fois à l'opposition des États-Unis, qui refusent de retirer leurs forces présentes dans la région aux côtés des FDS, et dont les soldats affichent ostensiblement leur présence afin d'empêcher une nouvelle offensive turque[25]. Le 4 juin, la Turquie et les États-Unis annoncent avoir trouvé un accord pour régler la situation à Manbij[26]. Celui-ci prévoit notamment la mise en place de patrouilles américano-turques et le retrait total des combattants des YPG[26],[27]. La région demeure aux mains du Conseil militaire de Manbij, affilié comme les YPG aux Forces démocratiques syriennes[28]. Le 1er novembre, les premières patrouilles conjointes américano-turques débutent à Manbij[29].

Tensions dans le nord de la Syrie à la fin de l'année 2018[modifier | modifier le code]

Le 28 octobre 2018, l'artillerie turque bombarde des positions des YPG sur une colline du village de Zur Maghar, à l'ouest de Kobané[30]. Le 31 octobre, quatre combattants kurdes sont tués dans la même région par des roquettes tirées par l'armée turque selon TRT[31]. Le 30 octobre, le président turc Recep Tayyip Erdoğan menace alors de lancer une offensive contre les YPG à l'est de l'Euphrate : « Nous allons détruire la structure terroriste à l’est de l’Euphrate. Nous avons terminé nos préparatifs, nos plans et nos programmes à ce sujet. [...] Nous avons commencé il y a quelques jours notre intervention contre cette organisation terroriste. [...] Bientôt, il y aura des opérations plus efficaces et de plus grande ampleur »[32]. Les contacts entre les États-Unis et la Turquie aboutissent cependant à une désescalade[33],[34].

Le 21 novembre, James Mattis, le secrétaire à la Défense des États-Unis, annonce que l'armée américaine va surveiller la frontière nord de la Syrie pour éviter d'autres incidents, avec notamment l'installation de tours d'observation[35]. Il affirme que cette décision a été prise « en coopération étroite avec la Turquie »[35]. Cependant, la décision américaine est critiquée par cette dernière[36]. Le 24 novembre, le ministre turc de la Défense Hulusi Akar déclare : « Je suis d'avis que ces mesures vont compliquer davantage une situation déjà très compliquée. [...] Nous avons fait part de notre malaise à nos homologues américains à plusieurs reprises »[36]. De plus, les YPG avaient annoncé en juin le départ de Manbij de leurs derniers conseillers militaires, mais la Turquie conteste ces déclarations[37] : elle affirme le 23 novembre que des combattants des YPG sont toujours présents à Manbij et le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Çavuşoğlu réclame leur retrait avant la fin de l'année[38]. Le 7 décembre, la Turquie demande aux États-Unis de renoncer à leurs postes d'observation[39]. Mais le 11 décembre, un porte-parole du Pentagone annonce que les postes d'observation ont été installés[40].

Première annonce de retrait américain en décembre 2018[modifier | modifier le code]

Le 12 décembre 2018, le président turc Recep Tayyip Erdoğan annonce une offensive imminente contre les forces kurdes : « Nous disons que notre opération pour sauver l'est de l'Euphrate de l'organisation terroriste séparatiste va commencer dans les prochains jours »[40],[41]. Il affirme également ne pas vouloir s'en prendre aux forces américaines mais condamne une nouvelle fois l'installation des postes d'observation[40],[41]. Un porte-parole du Pentagone réagit cependant en déclarant qu'une opération unilatérale turque dans une zone où des forces américaines sont présentes serait « inacceptable »[41]. Mais Erdoğan réaffirme à plusieurs reprises sa volonté de passer à l'offensive, aussi bien à Manbij qu'à l'est de l'Euphrate[42],[43],[44],[45],[46].

Le 14 décembre, Donald Trump et Recep Tayyip Erdoğan s'entretiennent par téléphone[47],[43],[48],[49],[50].

Le 17 décembre, le président turc affirme que les États-Unis ont donné leur feu vert à une opération : « Nous pouvons enclencher nos opérations en Syrie à n'importe quel moment à partir des territoires qui correspondront à nos projets. [...] Nous avons officiellement annoncé que nous allions lancer une opération militaire à l'est de l'Euphrate [...], nous en avons discuté avec monsieur Trump et il a donné une réponse positive »[51]. Ces déclarations ne sont cependant pas confirmées par Washington[51].

Mais le 19 décembre, le président américain Donald Trump déclare sur Twitter : « Nous avons vaincu l’Etat islamique en Syrie, ma seule raison d’y être pendant la présidence Trump »[52],[53],[54]. Des sources américaines affirment alors à plusieurs médias que le président aurait ordonné dans la matinée le départ des troupes américaines de Syrie dans les 60 à 100 jours[53],[54]. L'annonce du président américain provoque une véritable onde de choc et prend de court l'état-major américain, le Congrès et une grande partie du Parti républicain, qui défendaient une ligne diamétralement opposée[55],[56],[57],[58],[59].

Au cours des mois précédents, James Mattis, secrétaire à la Défense, John Bolton, conseiller de la Sécurité nationale, Mike Pompeo, ministre des Affaires étrangères, James Jeffrey, représentant américain sur la question syrienne, et Brett McGurk, l'envoyé spécial des États-Unis auprès de la coalition internationale, s'étaient tous prononcés publiquement en faveur au maintien des troupes américaines en Syrie[55],[54],[56]. Cette annonce survient également alors qu'une offensive est toujours en cours contre l'État islamique dans la poche de Hajine[54],[60]. Le Pentagone déclare le même jour que « la campagne contre l’EI n’est pas terminée » et selon le New York Times plusieurs de ses responsables tentent de convaincre le président Trump de revenir sur sa décision[53]. Mais contrairement à avril, ce dernier ne fait cette fois pas machine arrière[61],[58],[62].

Le 20 décembre, opposé à la décision de Donald Trump, le secrétaire à la Défense James Mattis démissionne et déclare notamment dans sa lettre au président qu'il « faut traiter les alliés avec respect » et qu'il faut être « sans ambiguïté dans notre approche envers les pays dont les intérêts stratégiques sont de plus en plus opposés aux nôtres » en faisant notamment référence à la Russie[63],[64]. Le 22 décembre, Brett McGurk, l'envoyé spécial des États-Unis auprès de la coalition internationale, démissionne à son tour[65].

La décision du retrait est prise sans concertation avec les autres pays de la coalition internationale[66]. La France, le Royaume-Uni et l'Allemagne réagissent défavorablement et rappellent que l'État islamique n'est pas encore vaincu[67],[68],[69],[70],[71]. Le président français Emmanuel Macron déclare notamment le 23 décembre : « Un allié se doit d’être fiable, se coordonner avec ses autres alliés »[70]. L'annonce du retrait américain est en revanche saluée par le président russe Vladimir Poutine qui déclare le 20 décembre estimer cette décision « juste »[72],[73]. Erdoğan salue également la décision de Trump mais « avec une certaine prudence » et promet « d'éliminer les YPG et les résidus de Daech »[74]. Il décide alors de surseoir à l'offensive, alors que Trump promet que le retrait sera « lent et extrêmement coordonné » avec la Turquie[75],[76]. L'Iran réagit pour sa part via le porte-parole de son ministère des Affaires étrangères, qui affirme que « la présence de forces américaines était dès le départ, dans son principe, une erreur et une décision illogique, et la première cause d'instabilité et d'insécurité dans la région »[77].

Avec le retrait des Américains, les Kurdes se retrouvent alors en situation vulnérable face à la Turquie[78],[79],[80],[61],[81],[82],[60]. Ils en appellent alors à la France, mais cette dernière avec seulement 200 hommes présents en Syrie, ne dispose pas de forces suffisantes pour faire pression sur Ankara[83],[84],[85],[86],[66],[87],[61]. Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Çavuşoğlu avertit également Paris que si les soldats français « restent pour contribuer à l'avenir de la Syrie, alors merci. Mais s'ils restent pour protéger les YPG, cela ne sera bénéfique pour personne »[88],[89].

Le 28 décembre, les YPG demandent alors l'aide du régime syrien et invitent l'armée syrienne à se déployer à Manbij[90],[91]. Le même jour, cette dernière annonce son entrée dans la poche de Manbij[92],[93]. Ce déploiement est salué par la Russie, mais la Turquie proteste[94],[95],[96],[93]. Cependant les troupes américaines sont alors toujours présentes à Manbij[97],[98],[93],[99]. Environ 300 soldats et miliciens loyalistes se déploient sur la ligne de démarcation au nord et à l'ouest, mais ils n'entrent pas à l'intérieur de la ville[91],[98],[100],[99]. Le 2 janvier 2019, l'armée syrienne annonce le départ de 400 combattants kurdes de Manbij pour l'est de l'Euphrate, cependant pour l'OSDH ces derniers n'appartiennent pas aux YPG mais à des groupes alliés au sein des FDS[101]. Le 8 janvier, la police militaire russe commence à patrouiller à son tour dans la région de Manbij[102],[103].

Fin décembre 2018 et début janvier 2019, la communication du gouvernement américain sur son retrait de la Syrie devient chaotique et contradictoire[104],[105],[106]. Le président Donald Trump refuse de donner un calendrier et semble s'orienter vers un désengagement moins rapide qu'initialement prévu[107],[108],[109],[110],[111],[112],[113]. Les États-Unis demandent également par les voix de John Bolton et Mike Pompeo des garanties à la Turquie pour la sécurité des combattants kurdes[114],[115],[116],[117],[118],[119],[120],[121],[122],[123],[124]. Irrité, Recep Tayyip Erdoğan refuse le 8 janvier de recevoir la délégation américaine conduite par Bolton, venue à Ankara discuter des modalités du retrait américain de Syrie[123],[125],[126],[127]. Le 10 janvier, le ministre turc des Affaires étrangères avertit que la Turquie passera à l'offensive si le retrait américain est retardé « avec des excuses ridicules »[128]. Le 13 janvier, Donald Trump menace sur Twitter de « dévaster la Turquie économiquement si elle attaque les Kurdes », tout en demandant aux Kurdes de « ne pas provoquer la Turquie »[129]. Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Çavuşoğlu répond aussitôt : « Nous […] ne serons intimidés par aucune menace. Les menaces économiques ne mèneront à rien »[129].

Le 14 janvier, les États-Unis et la Turquie commencent à discuter de la possibilité d'instaurer une « zone de sécurité » ou une « zone tampon » le long de la frontière entre la Syrie et la Turquie[130],[131],[132]. Le 15 février, Patrick M. Shanahan, le Secrétaire par intérim à la Défense des États-Unis, propose aux autres pays de la coalition internationale de maintenir une présence militaire dans le nord de la Syrie et de former une « force d’observateurs », mais cette proposition est fraîchement accueillie par les pays concernés[133]. La Turquie exige quant à elle que la zone de sécurité soit tenue par ses troupes[134].

Le 31 janvier et le 4 février, le Sénat des États-Unis vote puis adopte à une très large majorité un amendement présenté par le sénateur Mitch McConnell critiquant le retrait des troupes américaines de Syrie[135],[136].

Le 14 février, les présidents Poutine, Rohani et Erdoğan se réunissent de nouveau à Sotchi[137]. Ils saluent ensemble la décision du retrait américain[138]. Cependant le président russe exhorte la Turquie à lancer une offensive contre Hayat Tahrir al-Cham, qui contrôle désormais presque tout le gouvernorat d'Idleb[137]. Il encourage également Ankara à renouer avec Damas en rétablissant le traité de sécurité de 1998 et à accepter le déploiement de l'armée syrienne aux frontières tenues par les Kurdes[137]. Mais la Turquie déclare qu'elle ne veut déployer que son armée dans la zone de sécurité du nord-est de la Syrie[139].

Le 17 février, le président syrien Bachar el-Assad s'exprime pour la première fois depuis l'annonce du retrait américain et déclare : « À ces groupes qui parient sur les Américains, nous leur disons ils ne vont pas vous protéger. [...] Les Américains ne vous mettront pas dans leur cœur ou dans leurs bras. Ils vous mettront dans leur poche, pour que vous soyez un outil dans leur troc [...] Si vous ne vous préparez pas à défendre votre pays et à résister, vous ne serez rien d'autre que des esclaves chez les Ottomans. Rien ne vous protègera si ce n'est votre État. Personne ne vous défendra si ce n'est l'armée arabe syrienne »[140],[141]. La Russie prône également un « dialogue entre les Kurdes et Damas »[142]. Cependant les négociations piétinent, le régime syrien refusant toute concession tandis que les États-Unis avertissent qu'ils cesseront toute assistance aux FDS si ceux-ci s'allient aux forces d'Assad[140],[141]. Selon Caroline Hayek, journaliste de L'Orient-Le Jour : « les Kurdes sont confrontés au dilemme d’une guerre avec la Turquie ou d’un accord avec le régime, ce qui dans les deux cas serait probablement synonyme de la fin de l’autonomie tant espérée »[141].

Le 18 février, Mazloum Kobane, le chef militaire des Forces démocratiques syriennes rencontre le général américain Joseph Votel, chef de l'United States Central Command, sur une base aérienne dans le nord-est de la Syrie[143]. Le chef des FDS demande alors à la coalition internationale de maintenir une force de 1 000 à 1 500 hommes en Syrie[143]. Il demande également aux États-Unis de renoncer à retirer leurs troupes, mais le général Votel se déclare porteur de l'ordre donné en décembre par le président Trump sur un retrait total des forces américaines de Syrie[143].

Le 22 février, les États-Unis annoncent finalement qu'ils vont maintenir 400 soldats en Syrie « pour un certain temps », dont 200 au Nord aux côtés des Forces démocratiques syriennes, et 200 au Sud dans la zone d'al-Tanaf aux côtés de groupes de l'Armée syrienne libre[144],[145].

Le 26 mars 2019, les forces turques et russes commencent également à mener des « patrouilles coordonnées séparées » dans la région de Tall Rifaat, contrôlée par les YPG[146].

Conclusion d'un accord sur une zone de sécurité en août 2019[modifier | modifier le code]

Mais les discussions entre la Turquie et les États-Unis piétinent[147],[148]. Ankara exige le contrôle total d'une bande de 30 à 40 kilomètres de profondeur, allant de Tall Abyad à la frontière irakienne, tandis que les Américains proposent des patrouilles conjointes sur un territoire profond de 14 kilomètres et long de 140 kilomètres[149],[148]. Les Kurdes auraient quant eux accepté une zone de 5 kilomètres de large, mais la proposition aurait été rejetée par Ankara[150]. Le 24 juillet 2019, les autorités turques déclarent « perdre patience » et affirment qu'elles lanceront une offensive dans le nord de la Syrie si aucun accord sur une zone de sécurité ne peut être conclu avec les États-Unis[147]. Le 4 août, la veille de l'arrivée d'une délégation militaire américaine, le président turc Recep Tayyip Erdoğan annonce à nouveau une prochaine offensive dans le nord de la Syrie : « Nous sommes entrés dans Afrin, Jarabulus et Al-Bab. Nous irons ensuite à l'est de l'Euphrate. Nous avons dit cela à la Russie et à l'Amérique. Parce que tant que nous serons sujets au harcèlement, il ne nous sera pas possible de garder le silence »[151],[148]. Le 5 août, le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Çavuşoğlu déclare également : « Nous attendons des Etats-Unis qu'ils répondent positivement à notre appel de cesser leur coopération » avec les YPG[152]. L'armée turque masse alors des centaines de chars à sa frontière, particulièrement à Suruç et Akçakale, qui font face aux villes syriennes de Kobané et Tall Abyad[148]. Les rebelles de l'Armée nationale syrienne déclarent également avoir 14 000 hommes près à prendre part à l'opération aux côtés des forces turques[153]. Les forces américaines ne comptent alors plus qu'un millier d'hommes en Syrie[148]. Mais le 6 août, Mark Esper, le secrétaire à la Défense des États-Unis, déclare qu'une « incursion unilatérale » de la Turquie contre les combattants kurdes serait « inacceptable » : « Nous n'avons aucune intention de les abandonner. Ce que nous allons faire, c'est empêcher des incursions unilatérales qui seraient contraires aux intérêts que nous partageons en ce qui concerne le nord de la Syrie »[149],[154]. Il évoque cependant des « progrès » dans les discussions et affirme que les États-Unis tentent de trouver avec les Turcs un « arrangement qui réponde à leurs inquiétudes »[149]. Le 7 août, le ministre turc de la Défense, Hulusi Akar, déclare également que « les rencontres ont été positives et plutôt constructives »[155]. Le même jour, le ministère turc de la Défense et l'ambassade américaine à Ankara annoncent que la Turquie et les États-Unis ont décidé d'établir un « centre d'opérations conjointes » pour coordonner la création d'une « zone de sécurité »[156],[157]. L'accord est condamné le 8 août par le ministère syrien des Affaires étrangères : « La Syrie rejette catégoriquement l'accord des occupants américain et turc sur la création de ce qui est appelé zone de sécurité »[158].

Membres des Forces démocratiques syriennes détruisant des fortifications près de la frontière turque en présence de militaires américains, le 22 août 2019.

Le 24 août, le ministre turc de la Défense Hulusi Akar déclare que le centre d'opérations conjointes turco-américain est « opérationnel »[159]. Le même jour, les Forces démocratiques syriennes se déclarent prêtes à coopérer en vue de la « réussite » de l'établissement d'une « zone de sécurité » à la frontière turque[160]. Le haut commandant des FDS Mazloum Kobane déclare alors : « Nous déploierons tous nos efforts pour garantir la réussite de l'accord avec l'Etat turc, et (la réussite) des efforts menés par les Etats-Unis. Les FDS joueront un rôle positif pour le succès de cette opération »[160]. Le commandement militaire américain au Moyen-Orient (Centcom) annonce également que les FDS ont détruits certaines de leurs « fortifications militaires » à la frontière[160]. Le 27 août, Mostafa Bali, le porte-parole des FDS, annonce que les forces kurdes et alliées ont commencé à se retirer de la frontière[161],[162]. Il donne également des précisions sur l'accord américano-turc : « Des points d'observation seront mis en place, mais ils seront construits sur le sol turc. Comme nous l'avons dit, un système similaire à celui d'Idleb, avec des points d'observation turcs sur le sol syrien, est inacceptable. Tout comme la possibilité pour l’armée turque de patrouiller en toute liberté. Seules les patrouilles conjointes turco-américaines pourront se déplacer le long de la route qui longe la frontière entre la Turquie et la Syrie. Ces patrouilles turques auront la possibilité de franchir la frontière, mais pas de rester en Syrie. Elles devront à chaque fois regagner leur pays. Les armes dont nous disposons et qui pourraient constituer un danger pour la Turquie, seront retirées de cette zone frontalière. Nos combattants reculeront de 5 km »[161]. Le 8 septembre, la première patrouille conjointe turco-américaine débute dans la « zone de sécurité »[163].

Deuxième annonce de retrait américain en octobre 2019[modifier | modifier le code]

Militaires américains et turcs en patrouille dans le nord de la Syrie, le 4 octobre 2019.

Cependant la Turquie reste insatisfaite et accuse Washington de traîner des pieds[164],[165]. La Turquie compte également sur son sol 3,6 millions de réfugiés syriens et courant septembre, le président Erdoğan affiche son intention de faire rapatrier jusqu'à 2 millions de ces réfugiés dans une zone de sécurité longue de 480 kilomètres et profonde de 30 kilomètres[166]. Il annonce également qu'il laisse jusqu'à fin septembre aux Américains pour obtenir des résultats concrets dans la mise en place de la zone de sécurité[167]. Mais le 1er octobre, Erdoğan affirme que la Turquie arrive à bout de sa patience[167] et le 5, il réitère ses menaces d'offensive militaire : « Nous avons effectué nos préparatifs, achevé nos plans d’opération, donné les instructions nécessaires. Nous conduirons cette (opération) sur terre et dans les airs [...] aussi tôt qu'aujourd'hui, demain »[168]. Des troupes turques sont déployées en renfort à la frontière[169]. Le 6 octobre, des milliers de Kurdes syriens manifestent à Ras al-Aïn pour dénoncer les menaces turques[170]. Selon l'OSDH, des tranchées et des tunnels sont à nouveau creusés par les FDS à Kobané, Tall Abyad et Ras al-Aïn[170].

Le 6 octobre, Donald Trump et Recep Tayyip Erdoğan s'entretiennent par téléphone[171]. La présidence turque annonce alors une rencontre entre les deux hommes en novembre à Washington, pour discuter de la zone de sécurité[171],[172]. Mais la Maison-Blanche annonce pour sa part dans un communiqué publié dans la soirée que les troupes américaines vont se retirer de la frontière : « La Turquie va bientôt mettre en oeuvre son opération prévue de longue date dans le nord de la Syrie. Les forces américaines ne vont pas soutenir ou être impliquées dans l'opération et les forces américaines, qui ont vaincu le +califat+ territorial de l'Etat islamique, ne seront plus à proximité immédiate »[172],[173]. La Maison-Blanche évoque également la possibilité de confier à la Turquie la responsabilité des combattants européens de l'État islamique détenus en Syrie par les FDS : « Le gouvernement des Etats-Unis a pressé la France, l'Allemagne et d'autres pays européens, d'où viennent beaucoup des combattants de l'EI capturés, de les reprendre, mais ils ne veulent pas et refusent. La Turquie va maintenant être responsable pour tous les combattants de l'EI dans la zone, capturés dans les deux dernières années »[172]. Le lendemain matin, le président américain justifie sa décision sur Twitter : « Les Kurdes ont combattu avec nous mais ils ont reçu énormément d'argent et de matériel pour le faire. Cela fait des décennies qu'ils combattent la Turquie. Je me suis tenu à l'écart de ce conflit pendant presque trois ans, mais il est temps pour nous de sortir de ces guerres ridicules et sans fin, dont beaucoup sont tribales »[174],[175].

L'annonce du président provoque de nombreuses réactions[176]. Le ministre turc des Affaires étrangères déclare le 7 octobre : « Depuis le début de la guerre en Syrie, nous avons soutenu l'intégrité territoriale de la Syrie et nous continuerons de le faire. Nous sommes déterminés à protéger notre (...) sécurité en nettoyant cette région des terroristes »[177]. Le Ministère turc de la Défense affirme que « tous les préparatifs en vue d'une opération ont été achevés »[178]. Le président Erdoğan déclare de son côté que l'offensive peut être lancée à tout moment : « Il y a une phrase que nous répétons tout le temps: on pourrait entrer (en Syrie) n'importe quelle nuit sans prévenir. Il est absolument hors de question pour nous de tolérer plus longtemps les menaces provenant de ces groupes terroristes »[179]. Les Forces démocratiques syriennes protestent quant à elles dans une communiqué : « Les forces américaines ne respectent pas leurs engagements et retirent leurs forces le long de la frontière avec la Turquie. L’opération militaire turque dans le nord et l’est syrien va avoir un immense impact négatif sur notre guerre contre l’EI »[176],[180].

Le même jour, l'Iran déclare s'opposer à toute action militaire turque en Syrie[181]. La France appelle la Turquie à s'abstenir de mener une action unilatérale[182],[183]. Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne exhortent également la Turquie à ne pas lancer de nouvelles hostilités[184]. Panos Moumtzis, le coordinateur humanitaire de l'ONU pour la Syrie, déclare quant à lui : « Nous ne savons ce qui va se passer (...) Nous nous préparons au pire »[185].

L'annonce de Donald Trump provoque également de vives réactions aux États-Unis et au sein même du parti républicain[186],[173]. Le sénateur Lindsey Graham, pourtant proche du président américain, déclare ainsi que cette décision est « un désastre en puissance » et que « l'abandon des Kurdes sera une tache sur l'honneur de l’Amérique »[186],[173]. Il menace alors de proposer une résolution au Sénat pour revenir sur cette décision[186],[175],[173]. Plusieurs autres responsables républicains comme Mitch McConnell, Nikki Haley et Marco Rubio annoncent également désapprouver l'annonce du retrait américain[186]. Brett McGurk, l’ancien envoyé spécial américain pour la Syrie, déclare quant à lui sur Twitter : « Donald Trump n’est pas le chef des armées. Il prend des décisions impulsives sans connaissance ni délibération. Il envoie des militaires au danger sans aucun soutien. Il bafouille puis laisse nos alliés exposés lorsqu'il fait face à un coup de fil difficile. Le communiqué de la Maison Blanche démontre une absence totale de compréhension de ce qui se passe sur le terrain. Après un échange téléphonique avec un dirigeant étranger, Trump a fait un énorme cadeau à la Russie, à l’Iran et au groupe État islamique »[176],[186].

Face aux critiques, Donald Trump fait machine arrière et déclare sur Twitter le 7 octobre : « Si la Turquie fait quoi que ce soit dont j'estime, dans ma grande et inégalable sagesse, que cela dépasse les bornes, je détruirai et anéantirai complètement l'économie de la Turquie »[174],[173]. Le Département de la Défense des États-Unis déclare de son côté dans un communiqué : « Le ministère de la Défense a indiqué clairement à la Turquie - comme l'a fait le président - que nous ne cautionnons pas une opération turque dans le nord de la Syrie »[187],[173].

Le 7 octobre, des soldats américains se retirent de postes situés près de la frontière turque à Tall Abyad et Ras al-Aïn[174],[173]. Cependant, un haut responsable du département d’État américain déclare anonymement à des journalistes que ce retrait ne concerne qu'un « tout petit nombre » de soldats : 50 à 100 membres des forces spéciales qui seront « redéployés vers d'autres bases »[188],[189].

Le 8 octobre, Donald Trump assure que les États-Unis n'abandonnent pas les Kurdes et qu'ils continuent de les aider financièrement et de leur fournir des armes : « Nous sommes en train de quitter la Syrie mais nous n'avons absolument pas abandonné les Kurdes qui sont des gens formidables et de merveilleux combattants »[190]. Mais les Forces démocratiques syriennes dénoncent le même jour un « coup de poignard dans le dos » et un haut responsable de l'administration kurde, Badran Jia Kurd, déclare qu'elles pourraient se tourner vers Damas et Moscou : « Si l'Amérique évacue la zone et particulièrement la zone frontalière, nous serons contraints, en tant qu'administration autonome et en tant que FDS, d'étudier toutes les options disponibles. Nous pourrions discuter avec Damas ou la partie russe pour combler ce vide ou bloquer l'attaque turque. Cela pourrait donc évoluer et il pourrait y avoir des réunions et des contacts en cas de vide sécuritaire »[191]. De son côté, le vice-ministre syrien des Affaires étrangères Fayçal Mekdad appelle les Kurdes à revenir dans le giron du gouvernement : « Nous défendrons l'ensemble du territoire syrien et nous n'accepterons aucune occupation. [...] Celui qui se jette dans les bras de l'étranger, l'étranger finit par le jeter [...] et c'est ce qui s'est passé. [...] La Syrie est une et indivisible, nous conseillons à ceux qui se sont égarés de revenir vers la nation »[192]. Pendant ce temps, la Russie appelle à « éviter toute action qui pourrait saper le règlement pacifique » du conflit[193]. Enfin le Royaume-Uni déclare avoir « toujours été clair avec la Turquie sur le fait qu'une action militaire unilatérale devait être évitée car cela déstabiliserait la région et menacerait les efforts entrepris pour pérenniser la défaite de l'État islamique » [194].

Forces en présence[modifier | modifier le code]

L'armée turque déploie 80 000 hommes le long de sa frontière[1]. Plusieurs dizaines de milliers de rebelles syriens de l'Armée nationale syrienne (ANS) forment l'infanterie[2],[195],[196]. Parmi les factions rebelles mobilisées figurent la Division Sultan Mourad[197],[198], la Division al-Hamza[197],[198], Faylaq al-Cham[198], Ahrar al-Charkiya[197], Jaych al-Charkiya[198], Jaych al-Ahrar[198] et le Liwa Sultan Souleymane Chah[198]. Abdelrahmane Ghazi Dadeh, porte-parole de la faction Anwar al-Haq, annonce à des journalistes le 9 octobre à Akçakale que 8 000 hommes font face à Tall Abyad et que 10 000 autres font face à Ras al-Aïn, sans compter d'autres forces près de Kobané[2]. Les Forces démocratiques syriennes comptent quant à elles entre 50 000 et 110 000 combattants[3],[4],[197].

Déroulement[modifier | modifier le code]

Début de l'offensive[modifier | modifier le code]

Le 9 octobre 2019, dans l'après-midi, le président Erdoğan annonce que l'armée turque lance son opération militaire, baptisée Source de paix[199]. Les régions de Ras al-Aïn, Tell Abyad, Qamichli et Aïn Issa sont touchées par des frappes aériennes[200]. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), au moins quinze personnes sont tuées, dont huit civils, et des milliers de civils prennent la fuite[199]. Dans la soirée, une offensive terrestre est lancée par l'armée turque et l'Armée nationale syrienne près de Tall Abyad et Ras al-Aïn[199],[201],[202]. Cette région est peuplée principalement d'Arabes[203]. Les Forces démocratiques syriennes clament quant à elles avoir repoussé l'incursion[204],[205]. La date du début de l'opération renvoie à l'expulsion par le régime syrien d'Abdullah Öcalan, leader du PKK, qui a été obligé de quitter la Syrie le 9 octobre 1998[206].

Réactions internationales[modifier | modifier le code]

Réactions internationales à l'offensive militaire de la Turquie.

L'offensive turque provoque de nombreuses condamnations internationales[199],[207],[208],[209]. L'opération militaire est condamnée ou désapprouvée par l'Union européenne[210], la France[211],[208], l'Allemagne[212],[208], le Royaume-Uni[213],[208], l'Iran[214], l'Irak[215], l'Arabie saoudite[216], les Émirats arabes unis[216], l'Égypte[199], le Liban[217], Israël[218], la Chine[219], les Pays-Bas[208], le Canada[220], la Suède[208], le Danemark[208], la Finlande[208], l'Italie[208] et plusieurs autres États. Seuls le Pakistan, le Kazakhstan, l'Azerbaïdjan, le Venezuela et la Hongrie annoncent soutenir l'offensive turque[221],[222]. Le président de la commission européenne Jean-Claude Juncker déclare : « La Turquie doit cesser l'opération militaire en cours. Elle ne donnera pas de résultat. Et si le plan de la Turquie est la création d'une zone de sécurité, n'attendez pas de financement de l'Union européenne »[210]. En réponse aux critiques européennes, Erdoğan déclare : « Ô Union européenne, reprenez-vous. Je le dis encore une fois, si vous essayez de présenter notre opération comme une invasion, nous ouvrirons les portes et vous enverrons 3,6 millions de migrants »[223]. Donald Tusk, le président du Conseil européen, répond à son tour le 11 octobre : « Nous n'accepterons jamais que les réfugiés soient utilisés comme arme et pour nous faire chanter. [...] Notre principale préoccupation concerne le fait que ses actions peuvent mener à une nouvelle catastrophe humanitaire. [...] L'opération militaire unilatérale de la Turquie suscite de graves inquiétudes et doit s'arrêter »[224]. Mevlüt Çavuşoğlu, le ministre turc des Affaires étrangères, réagit quant à lui aux critiques des pays du Golfe : « Vous avez tué et affamé tant de civils au Yémen. De quel droit vous opposez-vous maintenant à cette opération ? »[225].

En Turquie, l'offensive est soutenue par l'ensemble de la classe politique, y compris par le CHP et Le Bon Parti, les principaux parti d'opposition[221],[3],[226]. Seul le HDP s'oppose à l'opération[221],[3]. Plus de cent personnes ayant critiqué l'intervention militaire sur les réseaux sociaux sont placés en garde à vue et 500 enquêtes judiciaires sont ouvertes à la date du 15 octobre[221]. Quatre co-maires HDP sont arrêtés le 15 octobre et poursuivis pour « terrorisme »[227].

Manifestation à Paris contre l'intervention militaire turque, le 12 octobre 2019. Des manifestations ont lieu ce jour-là dans plusieurs villes européennes[228].

Le président américain Donald Trump déclare après le début de l'opération turque : « Ce matin, la Turquie, membre de l’OTAN, a envahi la Syrie. Les États-Unis ne soutiennent pas cette attaque et ont clairement indiqué à la Turquie que cette opération était une mauvaise idée »[229]. Il écrit ensuite sur Twitter : « Les États-Unis n'auraient jamais dû aller au Moyen-Orient. Les guerres sans fin stupides sont terminées pour nous! Nous ramenons désormais lentement et sûrement nos formidables soldats et militaires à la maison »[230]. Donald Trump déclare espérer qu'Erdoğan agisse de manière « rationnelle » et « humaine » et indique que : « s'il le fait de manière injuste, il paiera un énorme prix économique. [...] J'anéantirai leur économie si cela arrive »[231]. Il justifie cependant le retrait américain en affirmant notamment que : « Les Kurdes [...] ne nous ont pas aidés pendant la Seconde Guerre mondiale. Ils ne nous ont pas aidés en Normandie, par exemple »[231]. Le sénateur républicain Lindsey Graham et sénateur démocrate Chris Van Hollen déposent devant le Congrès une proposition visant à sanctionner la Turquie, avec notamment un gel sur les biens aux États-Unis des plus hauts dirigeants turcs, y compris le président Recep Tayyip Erdogan, et l'imposition de sanctions à toute entité étrangère qui vendrait des armes à Ankara[232]. Le sénateur Lindsey Graham déclare notamment sur Twitter : « Priez pour nos alliés kurdes qui ont été honteusement abandonnés par l'administration Trump. Je vais mener les efforts aux Congrès pour qu'Erdogan paie très cher »[233]. Il promet alors des « sanctions infernales, [...] de grande ampleur, draconiennes et dévastatrices » contre l'économie et l'armée turques et demande la suspension d'Ankara de l'OTAN[233],[234]. Le 11 octobre, Donald Trump signe un décret autorisant la mise en place de sanctions contre la Turquie, mais sans encore les activer[235].

Le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, déclare quant à lui : « Je compte sur la Turquie pour agir avec retenue et veiller à ce que les progrès que nous avons réalisés dans la lutte contre l'Etat islamique ne soient pas compromis »[236]. Il ajoute le lendemain : « Nous devons continuer à nous serrer les coudes contre notre ennemi commun, qui est l'EI »[237].

Recep Tayyip Erdoğan s'entretient également le même jour par téléphone avec Vladimir Poutine[238]. Selon une source de l'AFP à la présidence turque : « Lors de cet entretien, le président a déclaré que l'opération militaire prévue à l'est de l'Euphrate contribuera à la paix et à la stabilité de la Syrie et facilitera la voie vers une solution politique »[238]. Le Kremlin rapporte pour sa part dans un communiqué que « Poutine a appelé ses partenaires turcs à bien réfléchir à la situation afin d'éviter de porter atteinte aux efforts communs visant à résoudre la crise syrienne »[239]. Selon Marie Jégo, journaliste pour Le Monde : « L’opération turque n’est pas pour déplaire à la Russie, qui a tacitement donné son accord à l’entrée des Turcs à l’est de l’Euphrate. L’occasion se présente enfin pour Moscou de bouter les Américains hors de Syrie, sans lever le petit doigt »[1].

Donald Trump demande à sa diplomatie d'obtenir un cessez-le-feu entre la Turquie et les forces kurdes[240]. Il déclare le 10 octobre sur Twitter : « Nous avons un des trois choix suivants : envoyer des milliers de soldats pour gagner militairement, frapper la Turquie très dur financièrement et avec des sanctions, et jouer les médiateurs en vue d'un accord entre la Turquie et les Kurdes ! J'espère que la dernière option sera la bonne, j'espère que nous pourrons faire une médiation »[240].

Les Forces démocratiques syriennes dénoncent quant à elles l'attitude des États-Unis dans un communiqué le 12 octobre : « Nous invitons nos alliés à assumer leurs responsabilités morales et à respecter leurs promesses. [...] Nos alliés nous avaient garanti leur protection après qu’on a détruit nos tranchées et nos fortifications. Mais soudain, sans prévenir, ils nous ont abandonnés avec une décision injuste de retirer leurs troupes de la frontière turque. [...] Cette mesure a été une déception majeure, comme un coup de couteau dans le dos »[228],[241]. Elles réclament également la « fermeture de l’espace aérien face à l’aviation turque »[228].

Le 10 octobre, cinq pays européens — la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni, la Pologne et la Belgique — saisissent en urgence le Conseil de sécurité des Nations unies pour appeler la Turquie à « à cesser son offensive »[242],[243]. Cependant, ils ne sont pas suivis par les autres membres du Conseil de sécurité, et notamment par les États-Unis, la Russie et la Chine[242],[243]. Les États-Unis proposent ensuite un projet de déclaration invitant Ankara à revenir à la diplomatie, mais sans condamner ses frappes et n’exigeant pas de cessez-le-feu[242],[243],[244]. Le projet américain est ensuite durci après plusieurs observations d'autres États[245],[246]. Il demande alors à la la Turquie « d'arrêter son opération militaire et de faire plein usage des canaux diplomatiques pour résoudre ses préoccupations de sécurité »[246]. Mais le 11 octobre, le projet américain est bloqué par la Russie[246],[245].

Le président turc Erdoğan rejette quant à lui tous les appels aux cessez-le-feu ou à une médiation[247],[248]. Il déclare le 11 octobre : « On reçoit maintenant des menaces à droite et à gauche, on nous dit Arrêtez!. Nous ne reviendrons pas en arrière. [...] Nous continuerons notre combat jusqu'à ce que tous les terroristes soient descendus au sud des 32 km »[247],[249]. Deux jours plus tard, il ajoute : « Depuis que nous avons lancé notre opération, nous faisons face à des menaces de sanctions économiques ou d'embargos sur les armes. Ceux qui pensent pouvoir nous contraindre à reculer avec ces menaces se trompent »[248]

La France[250], l'Allemagne[251], les Pays-Bas[252], la Norvège[253] et la Finlande[253] suspendent leurs exportations d'armement vers la Turquie. L'Union européenne échoue le 14 octobre à imposer un embargo sur les ventes d'armes à la Turquie en raison de l'opposition du Royaume-Uni[7],[254]. Le lendemain, Londres suspend pourtant à son tour ses exportations d'armes vers Ankara[255]. Le Canada fait de même le 15 octobre[220].

Le 14 octobre, Donald Trump s'entretient à nouveau par téléphone avec Recep Tayyip Erdoğan pour lui demander de « mettre fin à l’invasion » en Syrie et de décréter un « cessez-le-feu immédiat »[256]. Il signe ensuite un décret imposant des sanctions contre trois ministres turcs : Fatih Donmez, ministre de l'Énergie, Hulusi Akar, ministre de la Défense et Süleyman Soylu, ministre de l'Intérieur[221],[256],[257]. Leurs éventuels avoirs aux États-Unis sont gelés, leurs transactions internationales en dollars, bloquées, et leur entrée sur le territoire américain, interdite[256]. Le président américain annonce également la suspension des négociations commerciales avec la Turquie et le relèvement des droits de douane américains sur l'acier turc, à 50 %[256]. Erdoğan déclare cependant qu'il poursuivra l'offensive jusqu'à ce que ses « objectifs soient atteints »[258].

Offensive de la Turquie et des rebelles à Tall Abyad et Ras al-Aïn[modifier | modifier le code]

Évolution dans le nord de la Syrie en octobre 2019:
Bombardements sur Ras al-Aïn, le 10 octobre 2019.

Le 10 octobre, l'offensive au sol des Turcs et des rebelles se poursuit dans les régions de Tall Abyad et Ras al-Aïn[202]. Onze villages sont pris près de ces deux villes selon l'OSDH[202]. Lors de ces combats, l'armée turque perd son premier soldat[259]. Dans la matinée, Kobané est à son tour touchée par des frappes aériennes[1]. Les FDS répliquent par des tirs de roquettes qui s'abattent sur Akçakale, Ceylanpınar, Suruç et Nusaybin, en territoire turc[260],[261],[262].

Le 11 octobre, les FDS parviennent à reprendre deux des villages conquis la veille[203]. Mais les rebelles s'emparent ensuite de onze villages dans la nuit du 11 au 12 octobre, principalement près de Tall Abyad[263]. À la date du 12 octobre, 23 villages sont aux mains des rebelles et des Turcs[263]. Les combats se poursuivent sur une bande de 120 kilomètres le long de la frontière[203]. Certains combattants arabes rejoignent les rangs des forces turques et lancent des attaques à l'intérieur des lignes kurdes en activant des cellules dormantes[203]. Les forces des FDS utilisent quant à elles des tunnels, des tranchées et des murets comme positions défensives[203]. Tall Abyad et Ras al-Aïn sont abandonnées par presque tous leurs habitants[203]. Les FDS évacuent également le camp de déplacés de Mabrouka, après que ce dernier, situé à 12 kilomètres de la frontière, ait été touché par un bombardement, et ses 7 000 occupants sont transférés à al Aricha, au sud d'Hassaké[264].

Le soir du 11 octobre, des obus d'artillerie turcs s'abattent près d'une position tenue par les forces spéciales américaines à Kobané[265]. L'incident ne fait pas de blessé, mais les États-Unis demandent à Ankara « d'éviter toute action pouvant conduire à une riposte immédiate » et indiquent que leurs forces « ne se sont pas retirées de Kobané »[265]. La Turquie dément quant à elle avoir visé les forces américaines[266].

Le 12 octobre, les Turcs et les rebelles syriens entrent dans la ville de Ras al-Aïn[263],[267]. La Turquie revendique rapidement la prise de la ville, mais celle-ci est démentie par les Forces démocratiques syriennes[263],[268]. Selon l'OSDH, seule la zone industrielle, à la périphérie de la ville, est conquise[267]. Les deux camps s'affrontent alors dans des combats de rues[263],[268].

Le 12 octobre, neuf civils sont exécutés au sud de Tall Abyad par des rebelles appartenant à la faction Ahrar al-Charkiya[6],[269]. Parmi les victimes figure Hevrin Khalaf, une femme politique kurde, membre de la direction du Conseil démocratique syrien et secrétaire générale du parti Avenir de la Syrie[6],[269]. L'Armée nationale syrienne publie le même jour un communiqué ordonnant à tous ses commandants de « superviser en permanence les combattants sur le front pour empêcher toute violation ou abus » et avertissant que les auteurs d’éventuels abus « s'exposeront aux sanctions les plus sévères et seront traduits devant la justice pour désobéissance militaire »[6].

Le 13 octobre, les forces rebelles et turques s'emparent de la ville de Tall Abyad[270]. Elles parviennent également, après avoir réalisé une percée de 30 à 35 kilomètres de profondeur, à couper l'autoroute M-4, qui file d'est en ouest, privant ainsi les FDS d'une voie cruciale de ravitaillement[271]. Les FDS et l'Armée nationale syrienne s'affrontent également pour le contrôle de la localité de Soulouk, à une vingtaine de kilomètres au sud-est de Tall Abyad[272]. À Ras al-Aïn, les FDS parviennent en revanche à regagner du terrain après des combats nocturnes dans la périphérie ouest[272]. Dans cette ville, des défenses kurdes parviennent à tenir grâce à un important réseau de tunnels souterrain[273],[272]. Un convoi de civils et de journalistes étrangers est également bombardé au sud de la ville par l'armée turque, faisant au moins 14 morts[274],[275].

Attaques de l'État islamique[modifier | modifier le code]

Pendant l'offensive, les cellules clandestines de l'État islamique connaissent également un regain d'activité. Le 8 octobre, Mazloum Kobane avertit qu'une partie des hommes chargés de la défense des prisons ont été déployés à la frontière et que la surveillance des djihadistes est désormais une « seconde priorité »[276]. Environ 12 000 combattants de l'État islamique, dont 10 000 Syriens et Irakiens et 2 000 étrangers, sont alors détenus par les FDS, tandis que 70 000 femmes et enfants de combattants djihadistes sont également retenus dans le camp d'al-Hol[276].

Le 9 octobre, à Raqqa, deux djihadistes de l'EI attaquent des positions du Conseil militaire de Raqqa, puis activent leurs ceintures explosives sans faire de victimes[277]. Le 11 octobre, l'attaque revendiquée par l'EI d'un véhicule piégé à Qamichli cause la mort de trois civils[278]. Le même jour, une émeute éclate dans le camp d'al-Hol[279]. Le 13 octobre, selon les autorités kurdes, 785 membres de familles de combattants de l'État islamique s'enfuient du camp d'Aïn Issa après une révolte et l'attaque de cellules dormantes djihadistes[280]. La Turquie accuse quant à elle les YPG d'avoir libéré ces prisonniers[7], une version confirmée par le témoignage de deux djihadistes françaises recueilli par les journalistes Édith Bouvier et Céline Martelet[281],[282]. Le président Donald Trump déclare estimer pour sa part que les Kurdes auraient relâché volontairement quelques prisonniers pour forcer les Américains à s'impliquer sur le terrain[283].

Retrait américain et intervention de l'armée syrienne[modifier | modifier le code]

Le 13 octobre, Mark Esper, le secrétaire à la Défense des États-Unis, annonce que, sur l'ordre du président Donald Trump, les 1 000 soldats américains vont se retirer du nord de la Syrie[284],[285]. Le même jour, dans la soirée, l'administration kurde annonce avoir conclu un accord avec le régime syrien pour le déploiement de l'armée syrienne près de la frontière turque : « Afin de faire face à l'agression turque et empêcher qu'elle ne se poursuive, nous sommes parvenus à un accord avec le gouvernement syrien pour que l'armée se déploie le long de la frontière turco-syrienne dans le but de soutenir les Forces démocratiques syriennes »[286],[287]. Mazloum Kobane, le commandant en chef des Forces démocratiques syriennes déclare au magazine américain Foreign Policy : « Nous savons que nous devrons faire des compromis douloureux. Mais entre les compromis et le génocide de notre peuple, nous choisirons la vie »[288]. L'accord est conclut après des discussions sur la base aérienne de Hmeimim, contrôlée par la Russie[288],[289],[290]. Sana, l'agence de presse officielle du régime, annonce également que « des unités de l'armée arabe syrienne » sont « en route pour le Nord pour affronter l'agression turque sur le territoire syrien »[291]. L'accord prévoit une entrée des troupes loyalistes à Manbij et Kobané[292].

Le matin du 14 octobre, l'armée syrienne se déploie à Tall Tamer, à une trentaine de kilomètres au sud de Ras al-Aïn[293]. Des chars se positionnent aussi aux abords de Tabqa et d'Aïn Issa[273]. En fin de journée, des unités loyalistes entrent également à Manbij[273],[294],[282]. L'annonce du retrait américain est saluée par Erdoğan qui la qualifie d'« approche positive »[292]. Le président turc annonce également ne pas s'opposer à l'entrée de l'armée syrienne à Kobané : « En ce qui concerne Kobané, à ce stade, il semble qu'il n'y aura pas de problème, grâce à l'approche positive de la Russie »[292],[295]. Le même jour, l'AFP indique que selon un responsable américain, tous les militaires américains ont reçu l'ordre de quitter la Syrie, à l'exception des 150 hommes de la base d'al-Tanaf, située au sud du pays[273],[257]. Les quelques troupes françaises et britanniques, peu nombreuses et totalement dépendantes des Américains pour le renseignement et la logistique, sont également contraintes de se retirer[296].

Dans la nuit du 14 au 15 octobre, des combats ont lieu près de Manbij entre les rebelles de l'ANS et le Conseil militaire de Manbij[297],[8]. Deux soldats turcs sont tués par des obus de mortier[8],[298]. Mais le 15 octobre, Manbij et ses environs sont entièrement sous le contrôle du régime syrien[299]. La police militaire russe se déploie sur les limites nord-ouest de la région afin d'éviter une avancée des Turcs et des rebelles[297],[299]. La coalition internationale annonce également s'être retirée de la ville[299],[300]. À Ras al-Aïn, les FDS contiennent toujours les forces rebelles et turques et lancent une contre-attaque pendant la nuit[301],[297]. L'armée syrienne subit quant à elles ses premières pertes : un soldat est tué le 14 octobre près de Manbij et deux autres sont fauchés le 15 près d'Aïn Issa par des obus de mortier tirés par les rebelles[9],[302].

Le 16 octobre, l'armée syrienne et l'armée russe entrent dans la ville de Kobané[303],[304]. Après avoir bloqué ce déploiement pendant trois jours et démantelé leurs bases, les Américains se retirent de la ville[304]. Ils évacuent également Raqqa le même jour[304]. L'armée syrienne et les Forces démocratiques syriennes affrontent ensemble des rebelles de l'Armée nationale syrienne au nord-est d'Aïn Issa, près de l'autoroute M-4[9].

Pertes[modifier | modifier le code]

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), au 16 octobre, les pertes sont de 9 morts pour l'armée turque, d'au moins 164 morts du côté de l'Armée nationale syrienne, au moins 185 tués chez les Forces démocratiques syriennes et au moins deux morts du côté de l'armée et des milices du régime syrien[5]. L'OSDH rapporte également la mort d'au moins 71 civils en Syrie, dont 21 enfants[5]. En Turquie, 20 civils sont tués et 170 sont blessés[305].

Le 12 octobre, le gouvernement turc affirme que quatre de ses soldats ont été tués en Syrie et que 18 civils ont été tués en Turquie par des roquettes tirées par les forces kurdes[6]. Deux des soldats turcs tués ont été fauchés par des obus à Azaz le 11 octobre, hors de la zone de l'opération Source de paix[306].

Déplacés[modifier | modifier le code]

Le soir du 14 octobre, 160 000 civils ont été déplacés par les combats selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies[7].

Au 16 octobre, l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) fait pour sa part état de 300 000 déplacés[5].

Crimes de guerre[modifier | modifier le code]

Le 15 octobre 2019, trois jours après l'exécution de neuf civils kurdes par les rebelles, Rupert Colville, le porte-parole du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme déclare que : « Les civils, tout comme les combattants qui ont été désarmés et capturés, doivent être protégés. La Turquie pourrait être considérée responsable des exactions commises par les groupes armés qui lui sont liés. Nous appelons la Turquie à lancer immédiatement une enquête indépendante et impartiale et à arrêter les auteurs de ces crimes. Certains peuvent d'ailleurs être facilement identifiés puisqu'ils ont eux-mêmes partagé la vidéo sur les réseaux sociaux »[296].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Analyses[modifier | modifier le code]

Reportages[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e Marie Jégo, En Syrie, Erdogan lance son assaut contre les Kurdes, Le Monde, 10 octobre 2019.
  2. a b et c Des dizaines de milliers de combattants syriens mobilisés par la Turquie, AFP, 9 octobre 2019.
  3. a b c et d Ce qu'il faut savoir de l'offensive turque contre les forces kurdes en Syrie, RFI, 10 octobre 2019.
  4. a et b Metin Gurcan, Looming dilemma for the US: Disarm the YPG or not?, Al-Monitor, 2 octobre 2019.
  5. a b c d e f g et h http://www.syriahr.com/en/?p=144121 The first week of “Peace spring”: 300 thousand displaced people and 71 civilian casualties… violent clashes in several fronts and several changes in the area… and About 360 casualties of the “SDF”, the factions, and the Turkish Forces], OSDH, 15 octobre 2019.
  6. a b c d et e Syrie : neuf civils « exécutés » par les rebelles proturcs, AFP, 12 octobre 2019.
  7. a b c et d Syrie : l’UE ne parvient pas à imposer un embargo sur les ventes d’armes à la Turquie, Le Monde, 14 octobre 2019.
  8. a b et c Turquie: deux civils et deux soldats tués par des obus tirés depuis la Syrie, Le Figaro avec AFP, 15 octobre 2019.
  9. a b et c Syrie: l'armée et les forces kurdes affrontent "ensemble" les rebelles proturcs, AFP, 16 octobre 2019.
  10. Syrie : les Kurdes vont constituer une force frontalière avec la coalition internationale, France 24 avec Reuters, 14 janvier 2018.
  11. Syrie: Erdogan menace la "force frontalière" parrainée par Washington, AFP, 15 janvier 2018.
  12. Philippe Gélie, Syrie : Washington pris à revers par Ankara, Le Figaro, 23 janvier 2018.
  13. La Turquie annonce le lancement d’une opération militaire en Syrie, Le Monde avec AFP, 20 janvier 2018.
  14. Marie Jégo, Syrie : Erdogan prêt à envahir l’enclave d’Afrin, Le Monde, 19 janvier 2018.
  15. Offensive turque en Syrie : les militaires russes retirés de la zone d'Afrine, AFP, 20 janvier 2018.
  16. Offensive turque au Kurdistan : Erdogan affirme avoir l'aval de Moscou, l'ONU dans l'embarras, L'Obs avec AFP, 22 janvier 2018.
  17. Syrie : la Turquie lance une offensive contre une milice kurde, Le Point avec AFP, 20 janvier 2018.
  18. Syrie: fermeté d'Ankara contre Washington, appel de groupes kurdes au monde, AFP, 27 janvier 2018.
  19. Marie Jégo, A Afrin, les Kurdes reçoivent le soutien de milices prorégime, Le Monde, 21 février 2018.
  20. Syrie: l'offensive turque à Afrine tourne à la confrontation avec le régime syrien, AFP, 20 février 2018.
  21. Allan Kaval, Syrie : l’offensive turque piétine à Afrin, Le Monde, 7 février 2018.
  22. Élie Saïkali, Les Kurdes impuissants face à l’encerclement de Afrine, OLJ, 10 mars 2018.
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  102. Paul Khalifeh, Syrie: la police militaire russe patrouille dans la région de Manbij, RFI, 8 janvier 2019.
  103. Syrie : la police militaire russe commence à patrouiller dans la région de Manbij, AFP, 8 janvier 2019.
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  106. Hala Kodmani et Frédéric Autran, Retrait de Syrie : l’administration Trump revient sur ses faux pas, Libération, 7 janvier 2019.
  107. Trump prêt à "ralentir" le retrait de Syrie, selon un de ses proche, BFMTV avec AFP, 30 décembre 2018.
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  109. Jeff Mason, Le retrait américain de Syrie sera progressif, dit Trump, Reuters, 2 janvier 2019.
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  111. Julie Kebbi, Ce que disent les propos de Trump sur sa politique anti-iranienne, OLJ, 4 janvier 2019.
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  113. Gilles Paris, Washington renonce à un retrait militaire rapide de Syrie, Le Monde, 8 janvier 2019.
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  115. Syrie : les propos de Pompeo sur les Kurdes traduisent un "inquiétant manque d'information", selon la Turquie, AFP, 4 janvier 2019.
  116. Bolton : la Turquie doit s'engager à ne pas attaquer les Kurdes, Reuters, 6 janvier 2019.
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  223. Offensive en Syrie : Erdogan menace l'Europe d'un flot de migrants, Le Point avec AFP, 10 octobre 2019.
  224. Offensive turque : "nous n'accepterons pas un chantage" d'Erdogan à propos des réfugiés syriens, prévient Tusk, AFP, 11 octobre 2019.
  225. Syrie : Ankara rejette les critiques des pays du Golfe qui ont «tué tant de civils» au Yémen, Le Figaro avec AFP, 9 octobre 2019.
  226. [vidéo] Offensive turque en Syrie : la classe politique turque soutient l'incursion militaire, France 24, 9 octobre 2019.
  227. Turquie: les maires de quatre villes kurdes arrêtés pour «terrorisme», Le Figaro avec AFP, 15 octobre 2019.
  228. a b et c Offensive turque en Syrie : de violents combats sur le terrain, des milliers de manifestants en France, Le Monde avec AFP, 12 octobre 2019.
  229. L’offensive turque est «une mauvaise idée», croit Trump, AFP, 9 octobre 2019.
  230. Trump: «Intervenir au Moyen-Orient fut la pire décision de l'histoire des États-Unis», Le Figaro avec AFP, 9 octobre 2019.
  231. a et b Les Kurdes "ne nous ont pas aidés en Normandie" : l'étrange argumentaire de Donald Trump, L'Express avec AFP, 10 octobre 2019.
  232. Des sénateurs américains proposent des sanctions draconiennes contre la Turquie, Le Figaro avec AFP, 9 octobre 2019.
  233. a et b Le Congrès américain fera payer «très cher» à la Turquie son offensive en Syrie, Le Figaro avec AFP, 9 octobre 2019.
  234. La Turquie s'expose à des sanctions "infernales" venues de Washington, AFP, 12 octobre 2019.
  235. Les Etats-Unis prêts à activer de «très fortes sanctions» contre la Turquie, Le Figaro avec AFP, 11 octobre 2019.
  236. L'Otan appelle la Turquie à la «retenue» dans son opération en Syrie, Le Figaro avec AFP, 9 octobre 2019.
  237. L'OTAN appelle ses membres à "se serrer les coudes" contre Daech, AFP, 10 octobre 2019.
  238. a et b Erdogan à Poutine: une offensive turque en Syrie apportera «paix et stabilité», 9 octobre 2019.
  239. Syrie: Poutine appelle Erdogan à «bien réfléchir» avant de lancer une offensive, Le Figaro avec AFP, 9 octobre 2019.
  240. a et b Syrie : Trump charge sa diplomatie d'arranger un cessez-le-feu entre Kurdes et Turcs, L'Express avec AFP, 11 octobre 2019.
  241. Syrie: les Kurdes appellent Washington à «respecter ses promesses», Le Figaro avec AFP, 12 octobre 2019.
  242. a b et c Carrie Nooten, Le Conseil de sécurité de l’ONU très timoré face à l’offensive de la Turquie contre les Kurdes syriens, Le Monde, 11 octobre 2019.
  243. a b et c Syrie: les Européens à l'ONU demandent l'arrêt de l'offensive turque, Le Figaro avec AFP, 10 octobre 2019.
  244. Offensive turque: suspense à l'ONU sur l'adoption d'un texte, AFP, 11 octobre 2019.
  245. a et b Syrie : Moscou bloque à l’ONU un texte demandant l’arrêt de l’offensive turque, AFP, 11 octobre 2019.
  246. a b et c Syrie: Moscou bloque à l'ONU un texte demandant l'arrêt de l'offensive turque, Le Figaro avec AFP, 11 octobre 2019.
  247. a et b Syrie: la Turquie «ne stoppera pas» son opération, malgré les «menaces», Le Figaro avec AFP, 11 octobre 2019.
  248. a et b Syrie: les embargos sur les ventes d'armes ne feront pas reculer la Turquie (Erdogan), AFP, 13 octobre 2019.
  249. Syrie: la Turquie n'est pas prête à arrêter son opération, estime le Pentagone, Le Figaro avec AFP, 11 octobre 2019.
  250. Paris suspend ses exportations d'armes vers la Turquie, Le Figaro avec AFP et Reuters, 12 octobre 2019.
  251. Berlin interdit l'exportation d'armes vers la Turquie, Le Figaro avec Reuters, 12 octobre 2019.
  252. Les Pays-Bas suspendent toute nouvelle exportation d'armes vers la Turquie, Le Figaro avec AFP, 11 octobre 2019.
  253. a et b La Norvège, pays de l'Otan, suspend toute nouvelle exportation d'armes vers la Turquie, Le Figaro avec AFP, 10 octobre 2019.
  254. Syrie : l'UE peine à peser sur Ankara, AFP, 14 octobre 2019.
  255. Offensive turque en Syrie: Londres suspend les exportations d'armes vers Ankara, AFP, 15 octobre 2019.
  256. a b c et d Donald Trump sanctionne la Turquie et réclame la fin de l’« invasion » en Syrie, Le Monde avec AFP et Reuters, 15 octobre 2019.
  257. a et b Syrie: Trump annonce qu'il prendra "bientôt" des sanctions contre Ankara, AFP, 15 octobre 2019.
  258. Syrie: l'offensive se poursuivra jusqu'à ce que ses "objectifs soient atteints" annonce Erdogan, AFP, 15 octobre 2019.
  259. Un premier soldat turc tué dans l'offensive en Syrie, Le Figaro avec AFP, 11 octobre 2019.
  260. Des blessés par des tirs depuis la Syrie sur deux localités turques, Le Figaro avec AFP, 10 octobre 2019.
  261. Turquie: 10 civils morts et 35 blessés par des obus tirés par une milice kurde, Le Figaro avec AFP, 11 octobre 2019.
  262. Jérémie Berlioux, Turquie : retour de flammes sur Akçakale, Libération, 15 octobre 2019.
  263. a b c d et e Les forces turques sont entrées dans une ville kurde clé en Syrie, L'Obs avec AFP, 12 octobre 2019.
  264. Syrie: les Kurdes évacuent un camp de déplacés visé par un bombardement, Le Figaro avec Reuters, 11 octobre 2019.
  265. a et b Des troupes américaines sous le feu de positions turques en Syrie, AFP, 11 octobre 2019.
  266. Syrie: la Turquie dément avoir visé des positions américaines, AFP, 12 octobre 2019.
  267. a et b Syrie : violents combats à Ras al-Aïn après l'entrée des troupes turques, Le Point avec AFP, 12 octobre 2019.
  268. a et b Syrie: les forces kurdes nient la perte de la ville de Ras al-Aïn, AFP, 12 octobre 2019.
  269. a et b Enquête : des vidéos démontrent les exactions d'une milice proturque dans le nord de la Syrie, Les Observateurs et France 24, 16 octobre 2019.
  270. Syrie : les forces turques et leurs supplétifs syriens ont pris la ville de Tal Abyad, AFP, 13 octobre 2019.
  271. Syrie: la Turquie dit avoir pris le contrôle d'une importante autoroute, AFP, 13 octobre 2019.
  272. a b et c Syrie: combats dans les secteurs frontaliers entre forces turques et kurdes, AFP, 13 octobre 2019.
  273. a b c et d L'armée syrienne déployée dans le Nord, les soldats américains sur le départ, AFP, 14 octobre 2019.
  274. Un convoi de civils kurdes et de journalistes étrangers bombardé par l’armée turque en Syrie, Le Monde avec AFP, 13 octobre 2019.
  275. More casualties raise to about 15, the number of people who were killed due to the Turkish airstrikes which targeted the “humanitarian support” convoy in Ras Al-Ayn city, OSDH, 14 octobre 2019.
  276. a et b Syrie : surveiller les djihadistes prisonniers n'est plus la priorité des Kurdes, L'Express, 8 octobre 2019.
  277. Syrie: l'EI revendique un attentat suicide à Raqqa, Le Figaro avec AFP, 9 octobre 2019.
  278. Syrie: au moins 3 morts dans un attentat revendiqué par l'EI dans une ville kurde, Le Figaro avec AFP, 11 octobre 2019.
  279. Syrie: émeute dans un camp abritant des familles de l'EI, Le Figaro avec AFP, 11 octobre 2019.
  280. Syrie: fuite de 800 proches de l'EI en plein assaut turc selon les Kurdes, AFP, 13 octobre 2019.
  281. Edith Bouvier et Céline Martelet, «Les Kurdes nous ont dit "sortez, courez !"» : le témoignage de djihadistes françaises, Le Parisien, 14 octobre 2019.
  282. a et b [vidéo] Offensive turque en Syrie : sur le terrain, quelles avancées des forces en présence ?, France 24, 15 octobre 2019.
  283. Syrie : Donald Trump laisse penser que les Kurdes relâchent des djihadistes pour forcer Washington à s'impliquer, Europe 1 avec AFP, 14 octobre 2019.
  284. Jusqu’à 1000 soldats américains vont quitter la Syrie, AFP, 13 octobre 2019.
  285. Jusqu'à 1000 soldats américains vont quitter le nord de la Syrie, Le Figaro avec AFP, 13 octobre 2019.
  286. Les Kurdes annoncent un accord avec Damas, Le Figaro avec AFP, 13 octobre 2019.
  287. Allan Kaval, Réduits à solliciter le renfort de Damas, les Kurdes pleurent la fin d’un monde, Le Monde, 14 octobre 2019.
  288. a et b Syrie: accord entre les Kurdes et Damas contre l'offensive turque, RFI avec agences, 13 octobre 2019.
  289. Damas et Kurdes discuteraient sur une base russe en Syrie, Le Figaro avec Reuters, 13 octobre 2019.
  290. Discussions FDS-Damas sur une base russe en Syrie, selon un politicien kurde, Reuters, 13 octobre 2019.
  291. La Syrie envoie des troupes dans le Nord face à l'offensive turque, AFP, 13 octobre 2019.
  292. a b et c Retrait américain de Syrie : Erdogan salue une "approche positive", Europe 1 avec AFP, 14 octobre 2019.
  293. Syrie: les forces du régime se rapprochent de la frontière avec la Turquie, Le Figaro avec AFP, 14 octobre 2019.
  294. Syrie: les forces du régime entrent dans Minbej, Le Figaro avec AFP, 14 octobre 2019.
  295. Erdogan minimise le risque d'affrontement turco-syrien, Reuters, 14 octobre 2019.
  296. a et b En Syrie, le retrait américain recompose le paysage militaire, RFI, 15 octobre 2019. Erreur de référence : Balise <ref> non valide ; le nom « RFI151019 » est défini plusieurs fois avec des contenus différents
  297. a b et c Syrie: résistance des forces kurdes, patrouilles russes après le retrait américain, AFP, 15 octobre 2019.
  298. Syrie : deux soldats turcs tués par des obus tirés depuis Manbij, AFP, 15 octobre 2019.
  299. a b et c L'armée syrienne a repris le contrôle de la ville de Minbej, Le Figaro avec AFP, 15 octobre 2019.
  300. Syrie : la coalition internationale anti-EI confirme avoir quitté la ville de Minbej, Le Figaro avec AFP, 15 octobre 2019.
  301. Offensive turque en Syrie: contre-attaque kurde près d'une ville clé, AFP, 15 octobre 2019.
  302. Syrie: deux soldats du régime tués dans le nord par le pilonnage des rebelles proturcs, AFP, 15 octobre 2019.
  303. Syrie: les troupes du régime entrent dans la ville kurde de Kobané, Le Figaro avec AFP, 16 octobre 2019.
  304. a b et c Syrie: les troupes du régime sont entrées dans Kobané, RFI, 17 octobre 2019.
  305. EN DIRECT - Offensive turque en Syrie : les forces kurdes suspendent leurs opérations contre Daech, LCI, 16 octobre 2019.
  306. Syrie: quatre soldats turcs tués par une milice kurde, Le Figaro avec AFP, 11 octobre 2019.