Sanna Marin

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Sanna Marin
Illustration.
Sanna Marin, en 2019.
Fonctions
Présidente du Parti social-démocrate de Finlande
En fonction depuis le
(2 ans, 1 mois et 12 jours)
Élection
Prédécesseur Antti Rinne
Première ministre de Finlande
En fonction depuis le
(2 ans, 9 mois et 25 jours)
Président Sauli Niinistö
Gouvernement Marin
Législature 38e
Coalition SDP-Kesk-Vihr-Vas-SFP
Prédécesseur Antti Rinne
Ministre des Transports et des Communications

(6 mois et 4 jours)
Premier ministre Antti Rinne
Gouvernement Rinne
Prédécesseur Anne Berner
Successeur Timo Harakka
Biographie
Nom de naissance Sanna Mirella Marin
Date de naissance (36 ans)
Lieu de naissance Helsinki (Finlande)
Nationalité Finlandaise
Parti politique SDP
Diplômée de Université de Tampere

Sanna Marin
Premiers ministres de Finlande

Sanna Marin (/ˈsɑnːɑ ˈmɑriːn/[a][1]), née le à Helsinki, est une femme d’État finlandaise, présidente du Parti social-démocrate de Finlande (SDP) et Première ministre depuis le .

Issue d'une famille pauvre et ayant grandi dans la précarité, elle est diplômée de l'Université de Tampere après avoir financé ses études avec des « petits boulots », ce qui fait d'elle un symbole de l'ascension sociale finlandaise. Elle obtient son premier mandat électif en , comme conseillère municipale de Tampere. Elle est élue députée au Parlement de Finlande trois ans plus tard et devient en ministre des Transports et des Communications du gouvernement de coalition du social-démocrate Antti Rinne.

À la suite de la démission de ce dernier, elle prend sa succession et devient Première ministre en . À 34 ans, elle est à ce moment la plus jeune personne à diriger un gouvernement dans le monde et à diriger le gouvernement dans l'histoire finlandaise. Les cinq partis de sa majorité sont par ailleurs dirigés par des femmes. Elle prend la tête du Parti social-démocrate de Finlande le et intègre la même année le classement des 100 femmes les plus puissantes du monde selon Forbes[2],[3].

En 2022, elle adopte une ligne très ferme face au président russe Vladimir Poutine, à la suite de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, pays voisin de la Finlande. Elle choisit notamment, dès le début de l'invasion, de fournir des armes à l'Ukraine, rompant avec la neutralité historique de la Finlande, et de soumettre la candidature de son pays à l'Organisation du traité de l'Atlantique nord malgré les menaces ouvertes du gouvernement et du président russes.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Sanna Mirella Marin naît le à Helsinki dans une famille modeste. Peu après sa naissance, sa mère rejoint un refuge pour femmes battues pour échapper à son mari alcoolique. Ses parents divorcent donc. Elle est alors élevée par sa mère et sa nouvelle compagne. Elle n'a jamais connu sa famille maternelle, sa mère ayant passé son enfance dans un orphelinat[4].

La famille rencontre des difficultés financières qui ont un impact sur le début de sa scolarité que Sanna Marin qualifie de « médiocre »[4]. Diplômée en administration publique à l'université de Tampere, elle est la première membre de sa famille à suivre des études universitaires. Afin de les financer, elle occupe plusieurs « petits boulots » ; dans une boulangerie, livreuse de journaux ou caissière en magasin et ne contracte aucun prêt étudiant de peur de ne pas pouvoir le rembourser[5].

Depuis une quinzaine d'années, elle est en couple avec l'ancien footballeur et entrepreneur Markus Räikkönen, avec qui elle a une fille née en [6],[7]. Le couple s'est marié en [8].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Début de parcours[modifier | modifier le code]

Elle entre dans le mouvement de jeunesse du Parti social-démocrate en 2006 et se présente sans succès aux élections municipales à Tampere deux ans plus tard. Cela reste à ce jour son seul échec en politique[5].

Ascension[modifier | modifier le code]

Sanna Marin est élue au conseil municipal de Tampere en 2012, et en prend la présidence en . À l'occasion des élections législatives du 19 avril 2015, elle fait son entrée au Parlement de Finlande en représentation de la circonscription de Pirkanmaa.

Elle devient seconde vice-présidente du Parti social-démocrate de Finlande (SDP) en 2014, puis première vice-présidente en [9].

Ministre[modifier | modifier le code]

Sanna Marin est nommée ministre des Transports en juin 2019.

Au début de l'année 2019, elle remplace Antti Rinne, alors absent pour congé maladie, dans la campagne pour les élections législatives du suivant[10]. Lors du scrutin, elle recueille 20 000 voix de préférence, réalisant la meilleure performance parmi les candidats sociaux-démocrates[5].

En juin suivant, Rinne la nomme ministre des Transports et des Communications[11].

Première ministre[modifier | modifier le code]

Sanna Marin devient Première ministre en décembre 2019.

Le , cinq jours après que Rinne a remis sa démission en raison de la rupture de sa coalition gouvernementale, Sanna Marin est désignée candidate du SDP à la direction du gouvernement par le conseil du parti. Lors du vote, elle recueille 32 voix favorables, trois de plus qu'Antti Lindtman (fi)[12].

L'Eduskunta la désigne formellement Première ministre le suivant[13], par 99 voix pour et 70 voix contre. Son gouvernement est désigné quelques heures plus tard par le président de la République Sauli Niinistö[14]. À 34 ans, elle devient le plus jeune chef du gouvernement de l'histoire finlandaise, et devient également la chef de gouvernement la plus jeune lors de sa prise de fonction, ravissant ce titre au centriste Esko Aho qui s'était hissé au pouvoir à 36 ans en 1991. À sa prise de fonction, elle est également le plus jeune chef de gouvernement en exercice, devançant le Premier ministre ukrainien Oleksiy Hontcharouk, âgé de 35 ans[15].

Le , elle est élue à la présidence du Parti social-démocrate de Finlande[16].

Elle annonce, début 2022, dans le contexte de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, le « renforcement de la coopération de la Finlande avec l’Union européenne en matière de défense » et évoque « le droit [de la Finlande] de déposer une demande d’intégration à l’OTAN »[17]'[18]. Rompant avec la neutralité historique de la Finlande, elle fait une demande officielle d'adhésion à l'OTAN le 15 mai 2022[19].

Polémique et image[modifier | modifier le code]

En août 2022, des vidéos de Sanna Marin faisant la fête et dansant dans un appartement privé à Helsinki sont publiées. Riikka Purra, présidente des Vrais Finlandais — parti d'opposition — lui demande de se soumettre à un test de dépistage de drogues. Le député Mikko Kärnä, député du Parti du centre — membre de la coalition gouvernementale — suggère qu'elle se soumette volontairement à ce test pour lever les doutes. Sanna Marin déclare n'avoir pas consommé de drogue ni vu personne le faire au cours de la fête[20],[21],[22],[23]. Elle se soumet à un test de dépistage, qui se révèle négatif[24]. Elle reçoit face à certaines critiques nombre de soutiens internationaux[25],[26]. La semaine précédente, Sanna Marin avait été désignée « Première ministre la plus cool du monde » par le quotidien allemand Bild et comme une femme « relaxée, moderne et sûre d'elle même ». Le magazine Time l'a sélectionné comme une des 100 personnes les plus influentes du monde, membre de la « génération cool », « la personnalité politique la plus importante de son pays, qui le mène au travers d'une des crises les plus dangereuses de son temps, et qui trouve encore le temps de faire la fête »[23].

Selon le journal Le Parisien, cet événement révèle un traitement politique qui diffère selon le sexe et l'âge des personnalités au pouvoir. Sanna Marin reçoit le soutien de nombreuses femmes dans le monde entier[27]. Pour Eugenia Michtelstein, experte en communication politique et directrice du département de sciences sociales de l'Université de San Andrés, ces critiques sont sexistes : elle se demande si une demande de dépistage aurait été faite pour un homme premier ministre tel que Boris Johnson à la suite du Partygate. Elle questionne le rôle des réseaux sociaux qui diffusent publiquement la vie privée des personnalités politiques, chose impossible 20 ans auparavant[23].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Prononciation en finnois retranscrite phonétiquement selon la norme API.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (fi) « Miten pääministerin sukunimi ääntyy? », sur kotus.fi, Institut des langues de Finlande, (consulté le )
  2. « Sanna Marin », sur Forbes.
  3. Bhavi Mandalia, « Power Forbes selected Prime Minister Sanna Marin as one of the most influential women in the world », sur PledgeTimes, (consulté le ).
  4. a et b Camille Pagella, « Le surprenant parcours de Sanna Marin, première ministre finlandaise qui défie Moscou », L'Illustré, .
  5. a b et c Anne-Françoise Hivert, « Sanna Marin, 34 ans, et première ministre... la carrière politique fulgurante d’une Finlandaise « ordinaire » », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  6. « Sanna Marin, la génération écolo-connectée arrive au pouvoir en Finlande », Madame Figaro,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  7. Jean-Baptiste François, « Finlande : l'incroyable ascension de Sanna Marin, première ministre à 34 ans », La Croix,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  8. (fi) « Pääministeri Sanna Marin meni naimisiin – "Olen onnellinen ja kiitollinen, että saan jakaa elämäni rakastamani ihmisen kanssa" », sur Yle Uutiset (consulté le ).
  9. Sanna Marin, 34 ans, et première ministre... la carrière politique fulgurante d’une Finlandaise « ordinaire ».
  10. (en) « Sanna Marin to replace ailing SDP chair Antti Rinne through February », Yle,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  11. (en) « Names of new Finnish cabinet ministers emerge », Yle,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  12. (en) « Finland to get youngest-ever PM », Yle,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  13. « Politique. Sanna Marin : la Finlande entre les mains de femmes trentenaires », Courrier international,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  14. (en) « Finland’s record-young PM appointed, faces confidence vote next week », Yle,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  15. (en) « Marin to be youngest sitting PM in the world », Yle,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  16. (fi) « Sanna Marin SDP:n johtoon: "Teidän ansiosta ja teidän vuoksenne" – Ei ole kuullut Antti Rinteeltä ministerihaaveista, Yle seurasi kokousta », sur Yle Uutiset (consulté le )
  17. « Vu de Russie. La Finlande brave l’“ultimatum” de Moscou et revendique son droit à intégrer l’Otan », sur Courrier international,
  18. La guerre en Ukraine pousse la Suède et la Finlande à renforcer leur défense (11 mars 2022).
  19. « Finlande : qui est Sanna Marin, la Première ministre qui s'oppose à Vladimir Poutine ? », L'Express, (consulté le ).
  20. (en-GB) Merlyn Thomas, « Sanna Marin: Finland PM partying video causes backlash », sur BBC News, (consulté le ).
  21. (fi) « Perussuomalaisten Purra: Pääministeri Marinin kannattaisi mennä vapaaehtoiseen huumetestiin », sur Helsingin Sanomat, (consulté le ).
  22. (en-US) Sammy Westfall, « Video of Finnish prime minister partying sparks outrage — and applause », The Washington Post,‎ (ISSN 0190-8286, lire en ligne, consulté le ).
  23. a b et c (es) « El escándalo por las fiestas de Sanna Marin encendió el debate: ¿puede un líder llevar una “vida normal”? », La Nación, (consulté le ).
  24. (en) « Sanna Marin: Finnish PM's drug test comes back negative », sur Deutsche Welle, .
  25. Valentine Ulgu-Servant, « Polémique sur les soirées de Sanna Marin : Hillary Clinton affiche son soutien à la Première ministre finlandaise », Vanity Fair, .
  26. Sarah Paillou, « Vidéo scandale : la lettre d’Élisabeth Borne en soutien à la Première ministre finlandaise », Le Journal du dimanche, .
  27. Aubin Laratte, « Sanna Marin filmée en train de danser : derrière la polémique, des relents sexistes ? », Le Parisien, .

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]