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Guerre civile angolaise

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Guerre civile angolaise
Description de l'image LocationAngola.svg.
Informations générales
Date 1975-2002
Lieu Angola
Casus belli -Incapacité des différents groupes indépendantistes angolais à s'entendre pour exercer le pouvoir dans l'Angola indépendant.
Issue Victoire du MPLA
Belligérants
Drapeau de l'Angola République populaire d'Angola (1975-1992)
Drapeau de l'Angola République d'Angola (1992-2002)
Drapeau de Cuba Cuba
Organisation du peuple du Sud-Ouest africain (SWAPO)
Soutenus par
Drapeau de l'URSS Union soviétique
Drapeau de l'Allemagne de l'Est Allemagne de l'Est
Drapeau de la République fédérative socialiste de Yougoslavie Yougoslavie
Drapeau de la Corée du Nord Corée du Nord
Drapeau de la Bulgarie Bulgarie
Drapeau du Brésil Brésil[1],[2]
Drapeau du Mexique Mexique[3]
Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (UNITA)
Afrique du Sud
Drapeau du Zaïre Zaïre
Front national de libération de l'Angola (FNLA)
Front pour la Libération de l'enclave de Cabinda (FLEC)
Mercenaires
Soutenus par
Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau de la France France
Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Commandants
Agostinho Neto
José Eduardo dos Santos

Iko Carreira
Lúcio Lara
Nito Alves
João Lourenço
Kundi Paihama
Sam Nujoma
Drapeau de Cuba Fidel Castro
Drapeau de Cuba Arnaldo Ochoa Sánchez (1975-1989) †
Drapeau de Cuba Leopoldo Cintra Frías (1989-1991)

Drapeau de l'URSS Valentin Varennikov
Jonas Savimbi

Jeremias Chitunda †
António Dembo †
Paulo Lukamba Gato
Demosthenes Amos Chilingutila
Mobutu Sese Seko
Holden Roberto
Henriques Tiago Nzita
John Vorster (1975-1978)
Pieter Willem Botha (1978-1989)
Magnus de Merindol Malan (1976-1980)

Constand Viljoen (1980-1985)
Forces en présence
40 000-70 000[4] (1987)
130 000 (2001)
65 000 (1990)
22 000 (1975)
20 000 (1976)
Pertes
Inconnues
11 000 morts
Drapeau de Cuba 2 077-10 000 morts
Drapeau de l'URSS 55 morts
inconnues
7200 morts
600 morts

Civils :
800 000 morts
4 millions de déplacés

La guerre civile angolaise est un conflit important qui frappe l'Angola entre 1975, date de l'indépendance du pays, et 2002. La guerre débute immédiatement après l'indépendance obtenue du Portugal. Avant cette date, l'Angola a déjà connu une guerre de décolonisation entre 1961 et 1974. La guerre civile qui s'ensuit est principalement une lutte entre les deux principaux mouvements de libération que sont le Mouvement populaire de libération de l'Angola (MPLA) et l'UNITA (Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola). Dans le même temps, cette guerre devient un champ de bataille de substitution dans le cadre de la guerre froide, un conflit de plus grande envergure qui oppose un bloc dirigé par les États-Unis et le bloc communiste mené par l'URSS, représenté sur le terrain par Cuba.

Si le MPLA et l'UNITA partagent une volonté commune d'obtenir l'indépendance, ils n'ont pas les mêmes soutiens dans le tissu social angolais. Si les deux mouvements ont des orientations socialistes, le MPLA se définit comme marxiste-léniniste et l'UNITA comme anti-communiste, de manière à susciter l'attention internationale. Un troisième mouvement, le Front national de libération de l'Angola (FNLA), combat le MPLA aux côtés de l'UNITA durant la guerre de décolonisation mais il ne joue presque aucun rôle durant la guerre civile. En outre, le Front de libération de l'enclave de Cabinda, qui réunit des militants séparatistes, combattent pour l'indépendance de la province de Cabinda, au nord de l'Angola.

Cette guerre qui s'étale sur vingt-sept années peut être divisée en trois périodes principales (1975-1991, 1992-1994 et 1998-2002), séparées par de fragiles périodes de paix. Quand le MPLA finit par l'emporter en 2002, 500 000 à 800 000 personnes, surtout des civils ont été tuées et le nombre de déplacés au sein du pays s'élève à un, voire quatre millions. Cette guerre dévaste les infrastructures de l'Angola et fragilise durement l'administration publique nationale, le tissu économique et les institutions religieuses.

La guerre civile angolaise a été marquante en raison de la combinaison entre les violentes dynamiques internes au conflit et l'importance des interventions étrangères. En cela, cette guerre s'intègre pleinement dans le contexte mondial de la guerre froide car autant les Américains que les Soviétiques, avec leurs alliés, fournissent une aide militaire significative aux parties en présence. En outre, le conflit angolais est aussi lié à la deuxième guerre du Congo au sein de la république démocratique du Congo et à la guerre d'indépendance namibienne.

Origines du conflit[modifier | modifier le code]

Au début des années 1960, alors que l'Angola est depuis le XVIe siècle une colonie portugaise, les colonies des autres pays européens (la France, la Belgique et la Grande-Bretagne) accèdent l'une après l'autre à l'indépendance. Cependant, le régime Salazariste refuse de se joindre au mouvement, ce qui provoque la radicalisation des mouvements indépendantistes. L'attaque de la prison de Sao Paulo à Luanda, le 4 février 1961, est suivie de nombreuses insurrections et entraîne le commencement de la guerre d'indépendance de l'Angola :

Trois groupes concurrents prennent part au conflit contre les autorités portugaises.

Positions des belligérants un mois avant l'indépendance, le 14 octobre 1975. (Le MPLA est en rouge, le FNLA en jaune, l'UNITA en vert).

Quand la révolution des Œillets d' met fin au régime salazariste au Portugal, le nouveau pouvoir annonce son intention de se retirer des colonies portugaises en Afrique, et de ne pas choisir quel groupe obtiendra le pouvoir. En Angola, les trois mouvements commencent alors immédiatement entre eux une lutte pour le pouvoir. Le FNLA, entrant en Angola par le nord, reçoit le soutien de l'armée zaïroise, de la Chine, du service Action du SDECE français, et de mercenaires, l'UNITA celui de l'armée sud-africaine (encore sous le régime de l'apartheid), et le MPLA de l'armée cubaine[5].

Les accords d'Alvor du , obtenus par l'intermédiaire du Portugal, semblent permettre un rapprochement momentané des trois factions et l'établissant d'un gouvernement d'union. Des élections générales qui n'auront jamais lieu sont également prévues. En effet, les hostilités recommencent aussitôt après, les combats entre les deux camps continuent et ont dorénavant le caractère d'une guerre civile.

Déroulement de la guerre civile : 27 ans de conflit[modifier | modifier le code]

Début de la guerre, et internationalisation du conflit (1975-1976)[modifier | modifier le code]

Une voiture affiliée au MPLA en flammes après avoir été touchée par un tir de l'UNITA près de Sumbe, 1975.
Agostinho Neto, président du MPLA et de l'Angola.

Dès le printemps 1975, alors que les accords d'Alvor ont perdu toute réalité, le MPLA se trouve dans une situation difficile face au FNLA, largement aidé par le Zaïre. Le Bloc de l'est, représenté d'abord par Cuba, rapidement suivit par l'Union soviétique, par les autres pays du pacte de Varsovie, et par la Yougoslavie, décident alors de profiter de la situation pour s'engager au côté du MPLA. Des cargos des pays de l'est accostent dans les ports de Luanda et Cabinda, et distribuent de grandes quantités d'armes, de véhicules et de munitions au MPLA et à diverses milices populaires. Des militaires cubains débarquent aussi, et permettent de créer une situation favorable à Neto[6].

En même temps, le MPLA négocie, difficilement, avec les divers conseils populaires qui s'organisent spontanément dans les villes, dominées par divers groupes marxisants divisés entre prosoviétiques, staliniens, maoïstes, et trotskystes. L'alliance temporaire avec ces hétéroclites «soviets» angolais, vite phagocytés par le MPLA, facilitent la prise des villes[7].

Ainsi, fin août, le MPLA a ainsi prit le contrôle de Luanda, mais aussi de Cabinda, Lobito, Benguela... en tout, près des trois-quarts des capitales provinciales, et des grands axes routiers du pays. Savimbi et Roberto se trouvent ainsi dans l'incapacité de joindre leurs forces, et sont coupés des ports qui auraient pu permettre à leurs alliés de les ravitailler[6].

Schéma du déroulement de l'opération « Savannah ».

Cependant, dès , l’Afrique du Sud, inquiète devant la progression soudaine du MPLA, et souhaitant protéger les installations menacées du fleuve Kumene qui alimente la Namibie en électricité, décide d’envoyer des commandos avant de dépêcher son armée. L'UNITA et le FNLA s'allient avec l'Afrique du Sud, qui leur livre un grand nombre d'armes et de munitions. Les forces armées du Zaïre franchissent également la frontière. En octobre, l’opération « Savannah » (en) est lancée avec le soutien des États-Unis, dont l'objectif consiste à reprendre Luanda avant le . L'entrée de l'Afrique du Sud dans la guerre renverse complètement la situation en quelques semaines, ses troupes et ses alliés s'avancent rapidement et profondément[6]. Le 10 novembre, les troupes du FNLA, du Zaïre, et quelques mercenaires sont stoppés à la bataille de Kifangondo, à seulement 22 kilomètres de la capitale.

Le , date prévue par les portugais pour le retrait de leurs dernières troupes et pour l'indépendance du pays, le MPLA déclare l'indépendance de la République populaire d'Angola à partir de la capitale Luanda. Au même moment le FNLA et l'UNITA font, ensemble, la même déclaration à partir de la ville d'Huambo.

Alors que l'effondrement du MPLA semble imminent, un pont aérien soviétique passant par les pays africains sympathisants envers le MPLA (Algérie, Libye, Tanzanie, Bénin, Guinée-Bissau et surtout Congo Brazzaville) augmente encore, cette fois de façon décisive, les quantités de matériel reçu. Le nombre de militaires cubains dépasse les 15 000 hommes, capables d'utiliser les avions MiG-21, les chars T-34 et PT-76, et leur déploiement met finalement l'opération « Savannah » en échec avec l’opération « Carlota »[6],[8].

Ne risquant plus un effondrement total, le MPLA s'attaque tout d'abord au FNLA de décembre 1975 à février 1976, le chassant des villes qu'il avait prises, et le condamnant à un rôle marginal pour le restant des hostilités.

Enlisement (1976-1988)[modifier | modifier le code]

Le coup d'État et la purge de 1977[modifier | modifier le code]

Soldats sud-africains en Angola.

Fin 1976, le MPLA et les cubains contrôlent l'essentiel du pays. La reconnaissance de la légitimité du gouvernement de Luanda par les autres nations africaines est rapide. Elle s'explique par l'alliance de l'UNITA et du FNLA avec l'Afrique du Sud ségrégationniste, véritable marque d'infamie pour la plupart des pays africains[6]. Mais le nouveau pouvoir est fragile : La plupart des colons portugais - exception faite des communistes - ont quittés le pays lors de l'indépendance. Or, c'était eux qui faisaient marcher l'économie et l'administration de la colonie. La situation économique se dégrade, les pénuries s'aggravent, et le mécontentement gagne la population, tandis que Neto et ses alliés se montrent de plus en plus autoritaires.

Le MPLA est encore assez fragile, et l'équipe dirigeante doit faire face à une opposition hétéroclite (intellectuels liés au PCP et historiquement membres du parti quoique n'ayant jamais pu s'imposer face à Neto, jeunes des comités de quartiers fondés spontanément lors de l'indépendance et souvent marxisants quoique non soumis au MPLA, prosoviétiques souhaitant entrer dans la sphère d'influence de Moscou, maoïstes portugais venus en Angola pour faire la révolution et pratiquer de l'entrisme, etc..), auquel s'ajoute les pressions de l'URSS qui souhaite satelliser le pays pour obtenir des bases et accéder au pétrole et aux mines dont le sol angolais regorge, ce que Neto refuse[7].

Char soviétique PT-76 en Angola.

Tous se regroupent donc derrière Nito Alves, jeune cadre populaire du MPLA, ministre de l'intérieur, et de surcroît bien vu par les soviétiques. Alves développe une rhétorique raciste dénonçant la surreprésentation de blancs et de métis dans la direction du parti, obtenant une réelle assise dans les quartiers pauvres de Luanda. Il est craint par Neto qui l'écarte de son poste fin 1976 pour factionnalisme. Le 27 mai 1977, Alves et ses alliés, José Van-Dúnem et Sita Valles tentent un coup d'État, mais le coup de force échoue grâce au soutien décisif des troupes cubaines. Les cubains ont intérêts à faire échec à l'homme de confiance de Moscou, car cela les fait peser sur la situation en Angola. Cuba affirme ainsi sa place à part dans le bloc de l'est, ni indépendante, ni subordonné aux soviétiques. Les conjurés sont capturés et exécutés, et Neto lance une vaste purge du MPLA : un nombre inconnu de personnes (les estimations vont de 30 000 à 82 000) accusées d'avoir étés liées au mouvement sont arrêtées et tuées sommairement à la suite des évènements du 27 mai. La purge rend Neto seul maître du MPLA, position renforcée lors du congrès de novembre 1977. Neto se rapproche ensuite malgré tout de l'URSS, pour mieux ménager son allié envers qui il reste encore très dépendant, mais dont il ne sera jamais la marionnette[7],[6].

Positions des belligérants au 13 janvier 1984, le MPLA est en rouge, l'UNITA en vert, l'Afrique du Sud en bleu.

Intensification des combats[modifier | modifier le code]

Pour dissocier le Zaïre du FNLA, Neto soutient des mouvements rebelles katangais. À la suite de l'intervention de la France, l'Angola et le Zaïre, et donc le MPLA et le FNLA, se rapprochent en 1978. La même tactique est utilisée contre l'UNITA, repoussé dans son fief du sud-est, le MPLA soutenant l'Organisation du peuple du Sud-Ouest africain, mais aucun camp n'arrivera désormais à remporter de victoire décisive contre l'autre.

À plusieurs reprises, l'Afrique du Sud pénètre sur le territoire angolais et affronte les armées angolaise et cubaine, combats qui participent à la guerre de la frontière, tandis que l'UNITA progresse, gagnant un certain soutien de la population. Le conflit prend une forme de guerre classique en 1987-1988, le gouvernement angolais perdant peu à peu ses soutiens internationaux et tentant donc de mettre fin rapidement à l'UNITA[5]. Au moins 11 militaires de l'Armée rouge sont morts dans ce pays[9] et plusieurs aéronefs soviétiques détruits[10]. Le service Action du SDECE français apporte une aide à l'UNITA. Un Mil Mi-8 abattu en 1980 l'aurait été par le service Action[11].

1 200 soldats de l'armée soviétique furent déployés en Angola en 1985, ainsi qu'entre 20 000 et 40 000 soldats des forces armées cubaines dont 10 000 trouvèrent la mort[12], et 3 000 soldats de l'Armée populaire de Corée afin d'apporter un soutien au MPLA[13]. L'Allemagne de l'Est, la Tchécoslovaquie, le Mozambique, la Jamahiriya arabe libyenne, la république populaire de Bulgarie, l'Algérie, la Tanzanie, la Guinée, la république socialiste de Roumanie, la Guinée-Bissau et le Zimbabwe fournirent par ailleurs un soutien logistique au MPLA.

De son côté, l'UNITA était soutenu par la Chine, les États-Unis, Israël, le Zaïre, le Gabon, le Maroc et par la Côte d'Ivoire. L'Afrique du Sud a envoyé 20 000 soldats en Angola en 1976 afin de soutenir militairement l'UNITA pour les retirer en 1989.

L'extraction du pétrole était l'activité économique permettant au MPLA de maintenir son effort de guerre contre l'UNITA. Malgré son positionnement marxiste, le mouvement a maintenu tout au long du conflit de bonnes relations avec les compagnies pétrolières assurant l'extraction, en particulier avec la multinationale américaine Chevron[14]. Cette situation a conduit le corps expéditionnaire cubain, dans un contexte de guerre froide, à défendre activement les installations de cette multinationale américaine contre la menace représentée par l'UNITA, un mouvement lui-même soutenu par la CIA[15],[16].

Pont détruit par les combats.

En , l’Afrique du Sud obtient de l’Angola la promesse du retrait de son soutien à la SWAPO (mouvement indépendantiste namibien installé en Angola depuis 1975) en échange de l’évacuation des troupes sud-africaines d’Angola. Malgré cet accord, l'Afrique du Sud, sous prétexte de poursuivre les guérilleros de la SWAPO mène des opérations de grande envergure sur le sol angolais, chaque fois que l'UNITA subissait des offensives des forces gouvernementales angolaises. En parallèle, l'Afrique du Sud organise des attentats en Angola. En , une patrouille angolaise intercepte à Malongo un commando sud-africain qui s'apprêtait à saboter les installations pétrolières[17].

Les États-Unis procurent aux rebelles des missiles sol-air Stinger, en passant par la base de Kamina, dans le sud du Zaïre. L'aide américaine portait également sur des armes antichars devant permettre à l'UNITA de mieux résister aux offensives de plus en plus menaçantes de l'armée de Luanda contre les zones encore sous son contrôle dans l'Est et le Sud-Est du pays[17].

Processus de paix (1988-1992)[modifier | modifier le code]

Le sont signés les accords de new York, ou accord tripartite, organisant l'indépendance de la Namibie et le désengagement progressif de l'Afrique du Sud, de Cuba et de l'Union soviétique. Malgré ces accords, l'Afrique du Sud, les États-Unis et le Zaïre continuent d'intervenir dans le conflit. Le sont signés les accords de Bicesse, mettant en place un cessez-le-feu, la démobilisation des groupes armés (et leur intégration dans les Forces armées angolaises) et l'organisation d'élections. Celles-ci se tiennent le 29 et et donnent la victoire du MPLA aux élections législatives et une majorité relative à José Eduardo dos Santos aux élections présidentielles[5]. Selon la constitution, un deuxième tour aurait été nécessaire pour qu'il soit légalement élu. Cependant, l'UNITA considère les élections comme truquées, ne les reconnaît pas et recommence aussitôt la guerre civile.

Reprise et fin des hostilités (1992-2002)[modifier | modifier le code]

Bâtiment criblé de balles à Huambo.

Les hostilités reprennent immédiatement après les élections de 1992 et ne prendront définitivement fin qu'avec la mort du dirigeant de l'UNITA, Jonas Savimbi, le .

Résultats des élections de 1992: en rouge, les régions où la population a majoritairement voté pour le MPLA, en vert, pour l'UNITA, et en jaune pour le FNLA.

L’offensive de l'UNITA est d'abord victorieuse et l'organisation s'empare des principaux centres producteurs de pétrole et de diamants. Son intention serait de partager le pays et de créer une République d'Angola du sud, qui posséderait de riches régions diamantifères[18].

En septembre 1993, le Conseil de sécurité de l’ONU adopte une résolution condamnant l’UNITA, considérée comme responsable de la reprise des combats. Les négociations reprennent officiellement en novembre 1994 et aboutissent à un nouvel accord de paix, qui sera rapidement rompu par Jonas Savimbi. Ce dernier déclare par la suite refuser « catégoriquement » l’un des deux postes de vice-président proposé par le gouvernement angolais. Plusieurs fois reportée, la constitution du gouvernement d’unité et de réconciliation nationale (GURN) devient effective à partir d'avril 1997. En octobre de la même année, le Conseil de sécurité de l’ONU vote à l’unanimité des sanctions contre l’UNITA, qui refuse de démobiliser ses troupes[19].

Une grande partie des cadres militaires et combattants de l'UNITA choisissent néanmoins de poursuivre le processus d’intégration au sein de l’armée nationale, de sorte que des généraux issus de l'UNITA étaient aux commandes de l’armée lorsqu’elle élimina la « faction » de Savimbi, en février 2002[20]. Après la mort de ce dernier de rapides négociations encouragées par l'ONU, la Russie, les États-Unis et le Portugal, José Eduardo dos Santos et Paulo Lukamba (en) « Gato », secrétaire général de l'UNITA, signent un accord de paix le de la même année[21]. L'UNITA, qui s'était déjà constitué en parti politique en 1991, démobilise ses forces armées qui sont en partie intégrées dans les Forces armées angolaises (dont un général de l'UNITA devient le chef d'état-major). Le MPLA ne tient cependant pas sa promesse d'organiser rapidement les élections qui sont reportées jusqu'en 2008[22].

Bilan[modifier | modifier le code]

Le conflit a considérablement handicapé économiquement l'Angola. Le pays devait consacrer, à la fin des années 1980, jusqu'à 70 % de son PIB aux dépenses liées à la défense tandis que l'UNITA cherchait prioritairement à saboter et à détruire des objectifs économiques, allant jusqu'à s'attaquer à des centres médicaux et à des écoles[18].

Une étude de 1987 de l'UNICEF a estimé qu'il y avait eu 140 000 décès d'enfants en 1986 en Angola et au Mozambique. L'étude a estimé que 45 % des décès étaient dus à la guerre et à la déstabilisation économique, notamment les raids transfrontaliers et les guérillas de l'UNITA et de la RENAMO. Ils ont également noté une mauvaise gestion économique de la part du gouvernement[23].

Le bilan humain global est estimé à 800 000 morts[24].

En 2021, le Président angolais João Lourenço exprime publiquement ses excuses aux victimes du massacre du 27 mai 1977, où des dizaines de milliers de personnes sont mortes et auquel les militaires cubains ont participé[25].

Culture populaire[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Brazilian Relations with Portuguese Africa in the Context of the Elusive "Luso-Brazilian Community", 1976, p. 25–58
  2. Carlo Patti, « Brazil-South Africa Nuclear Relations », sur Wilson Center
  3. Cámara Francisco, Dos Captíulos de la Diplomacia Mexicana, Ville de Mexico, Universidad Nacional Autónoma de México, (ISBN 968-36-2914-8), p. 73
  4. (es) « Las Guerras Secretas de Fidel Castro », cubamatinal.com, 17 août 2008.
  5. a b et c Jean-Marc Balencie et Arnaud de La Grange, Mondes rebelles : L'encyclopédie des acteurs, conflits & violences politiques, Paris, Éditions Michalon, , 1677 p. (ISBN 2-84186-142-2), p. 1074-1077.
  6. a b c d e et f Hélène Carrère d'Encausse, Ni paix ni guerre, Le nouvel Empire soviétique, ou du bon usage de la détente, Flamarion, , 419 p., p. 17 -59
  7. a b et c Jean-Michel Mabeko Tali, « Jeunesse en armes – Naissance et mort d’un rêve juvénile de démocratie populaire en Angola en 1974-1977 », L'Afrique des générations,‎ , p. 299 - 358 (lire en ligne)
  8. Augusta Conchiglia, « Ingérences occultées en Angola », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne)
  9. « Implication des troupes russes dans des conflits à l'étranger », sur RIA Novosti, (consulté le ).
  10. (ru)« Сергей Коломнин. "История сбитого летчика". », sur Veteran Angola (consulté le ).
  11. Roger Faligot, Jean Guisnel (dir.), Rémi Kauffer, Renaud Lecadre, François Malye, Martine Orange et Francis Zamponi, Histoire secrète de la Ve République, Paris, La découverte, , 752 p. (ISBN 2-7071-4902-0 et 978-2-7071-4902-2), p. 156-157.
  12. Cuba, une odyssée africaine.
  13. (en) Angola - Foreign Influences - Communist Nations, consulté le 21 janvier 2013.
  14. Ricardo Soares de Oliveira, Magnífica e Miserável: Angola Desde a Guerra Civil, 2015, Tinta da China, p. 33.
  15. Ricardo Soares de Oliveira, Magnífica e Miserável: Angola Desde a Guerra Civil, 2015, Tinta da China, p. 61.
  16. Julia E. Sweig, Cuba : What Everyone Needs to Know, Oxford University Press (ISBN 978-0-19-974081-9, lire en ligne), p. 114.
  17. a et b « Analyse economique et sociale », sur afriquepluriel.ruwenzori.net (consulté le )
  18. a et b Aguirre Mariano, « Presse internationale », sur Afrique pluriel,
  19. Angola : Vingt-cinq ans de guerre civile, Atlas 2000 des conflits, (lire en ligne)
  20. « Angola, le MPLA attendu au tournant »,
  21. Associated Press, « La paix, après 27 ans de guerre civile », L'Obs,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  22. Sabine Cessou, « Dos Santos, le Machiavel de l'Afrique », Slate,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  23. Infant Toll 'Horrendous' in Africa, U.N. Finds The New York Times, février 2 1987.
  24. « Angola (1975 - 2002) » [PDF]
  25. « Angola pide perdón por masacre en la que participó el ejército cubano. », ADNcuba,

Voir aussi[modifier | modifier le code]

  • W. Martin James, A Political History of the Civil War in Angola 1974-1990, Transaction Publishers, Piscataway, 2011 [lire en ligne].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]