Guerre civile angolaise

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Guerre civile angolaise
Description de l'image LocationAngola.svg.
Informations générales
Date 1975-2002
Lieu Angola
Issue Victoire du MPLA
Belligérants
Drapeau de l'Angola République populaire d'Angola (1975-1992)
Drapeau de l'Angola République d'Angola (1992-2002)
Movimento Popular de Libertação de Angola (bandeira).svg Mouvement populaire de libération de l'Angola (MPLA)
Drapeau de Cuba Cuba (jusqu'en 1991)
Drapeau de l'URSS Union soviétique (jusqu'en 1989)
Drapeau de la Corée du Nord Corée du Nord (présumément)
Flag of South-West Africa People's Organisation.svg South-West African People's Organisation
Flag of UNITA.svg Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (UNITA)
Flag of South Africa (1928-1994).svg Afrique du Sud
Drapeau du Zaïre Zaïre
Bandeira da FNLA.svg Front national de libération de l'Angola (FNLA)
Flag of Cabinda.svg Front pour la Libération de l'enclave de Cabinda (FLEC)
Commandants
Movimento Popular de Libertação de Angola (bandeira).svg Agostinho Neto
Movimento Popular de Libertação de Angola (bandeira).svg José Eduardo dos Santos
Flag of South-West Africa People's Organisation.svg Sam Nujoma
Drapeau de Cuba Arnaldo Ochoa Sánchez (1975-1989)
Drapeau de Cuba Leopoldo Cintra Frías (1989-1991)
Flag of UNITA.svg Jonas Savimbi
Flag of Zaire.svg Mobutu Sese Seko
Flag of Cabinda.svg Henrique N'zita
Flag of South Africa (1928-1994).svg Magnus de Merindol Malan (1976-1980)
Flag of South Africa (1928-1994).svg Constand Viljoen (1980-1985)
Flag of South Africa (1928-1994).svg Johannes Geldenhuys (1985-1989)
Forces en présence
Movimento Popular de Libertação de Angola (bandeira).svg 40 000-70 000[1] (1987)
130 000 (2001)
Flag of UNITA.svg 65 000 (1990)
Bandeira da FNLA.svg 22 000 (1975)
4 000-7 000 (1976)
Pertes
Movimento Popular de Libertação de Angola (bandeira).svg inconnues
Flag of South-West Africa People's Organisation.svg 11 000 morts
Drapeau de Cuba 2 077-10 000 morts
Drapeau de l'URSS 55 tués
Flag of UNITA.svg inconnues
Flag of South Africa (1928-1994).svg 2 300 morts
Flag of Zaire.svg 600 morts

La guerre civile portugaise est un conflit important qui frappe l'Angola entre 1975, date de l'indépendance du pays, et 2002. La guerre débute immédiatement après l'indépendance obtenue du Portugal. Avant cette date, l'Angola a déjà connu une guerre de décolonisation entre 1961 et 1974. La guerre civile qui s'ensuit est principalement une lutte entre les deux principaux mouvements de libération que le Mouvement populaire de libération de l'Angola (MPLA) et l'UNITA (Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola). Dans le même temps, cette guerre devient un champ de bataille de substitution dans le cadre de la guerre froide, un conflit de plus grande envergure qui oppose un bloc dirigé par les États-Unis et le bloc communiste mené par l'URSS, représenté sur le terrain par Cuba.

Si le MPLA et l'UNITA partagent une volonté commune d'obtenir l'indépendance, ils n'ont pas les mêmes soutiens dans le tissu social angolais. Si les deux mouvements ont des orientations socialistes, le MPLA se définit comme marxiste-léniniste et l'UNITA comme anti-communiste, de manière à susciter l'attention internationale. Un troisième mouvement, le Front national de libération de l'Angola (FNLA), combat le MPLA aux côtés de l'UNITA durant la guerre de décolonisation mais il ne joue presque aucun rôle durant la guerre civile. En outre, le Front de libération de l'enclave de Cabinda, qui réunit des militants séparatistes, combattent pour l'indépendance de la province de Cabinda, au nord de l'Angola.

Cette guerre qui s'étale sur vingt-sept années peut être divisée en trois périodes principales (1975-1991, 1992-1994 et 1998-2002), séparées par de fragiles périodes de paix. Quand le MPLA finit par l'emporter en 2002, plus de 500 000 personnes ont été tuées et le nombre de déplacés au sein du pays s'élève à un million. Cette guerre dévaste les infrastructures de l'Angola et fragilise durement l'administration publique nationale, le tissu économique et les institutions religieuses.

La guerre civile angolaise a été marquante en raison de la combinaison entre les violentes dynamiques internes au conflit et l'importance des interventions étrangères. En cela, cette guerre s'intègre pleinement dans le contexte mondial de la guerre froide car autant les Américains que les Soviétiques, avec leurs alliés, fournissent une aide militaire significative aux parties en présence. En outre, le conflit angolais est aussi lié à la deuxième guerre du Congo au sein de la République démocratique du Congo et à la guerre d'indépendance namibienne.

Origines du conflit[modifier | modifier le code]

Trois mouvements concurrents participent à la guerre d'indépendance de l'Angola :

Quand la Révolution des Œillets met fin au régime salazariste au Portugal, en avril 1974, le nouveau pouvoir annonce son intention de se retirer des colonies portugaises en Afrique. En Angola, les trois mouvements commencent alors immédiatement entre eux une lutte pour le pouvoir. Le FNLA, entrant en Angola par le nord, reçoit le soutien de l'armée zaïroise et de mercenaires, l'UNITA celui de l'armée sud-africaine (encore sous le régime de l'Apartheid), et le MPLA de l'armée cubaine[2]. Au moins 11 militaires de l'armée rouge sont morts dans ce pays[3] et plusieurs aéronefs soviétiques détruits[4]. Le service Action du SDECE français apporte une aide à l'UNITA. Un Mil Mi-8 abattu en 1980 l'aurait été par le service Action[5].

Les accords d'Alvor du 15 janvier 1975, obtenus par l'intermédiaire du Portugal, semblent permettre un rapprochement momentané des trois factions et l'établissant d'un gouvernement d'union. Cependant, les hostilités recommencent aussitôt après, et le 11 novembre 1975 le MPLA déclare l'indépendance du pays à partir de la capitale Luanda, et au même moment le FNLA et l'UNITA font, ensemble, la même déclaration à partir de la ville d'Huambo. Les combats entre les deux camps continuent et ont dorénavant le caractère d'une guerre civile.

Déroulement de la guerre civile[modifier | modifier le code]

27 ans de conflit[modifier | modifier le code]

Le MPLA s'attaque tout d'abord au FNLA, soutenant ainsi des mouvements rebelles katangais contre le Zaïre. À la suite de l'intervention de la France, l'Angola et le Zaïre, et donc le MPLA et le FNLA, se rapprochent en 1978. Le MPLA utilise la même tactique contre l'Unita, en soutenant le South-West African People's Organisation. À plusieurs reprises, l'Afrique du Sud pénètre sur le territoire angolais et affronte les armées angolaise et cubaine, combats qui participent à la guerre de la frontière, tandis que l'Unita progresse, gagnant un certain soutien de la population. Le conflit prend une forme de guerre classique en 1987-1988, le gouvernement angolais perdant peu à peu ses soutiens internationaux et tentant donc de mettre fin rapidement à l'Unita[2].

Participation étrangère au conflit[modifier | modifier le code]

1 200 soldats de l'armée soviétique furent déployés en Angola en 1985, ainsi qu'entre 20 000 et 40 000 soldats des forces armées cubaines dont 10 000 trouvèrent la mort[6], et 3 000 soldats de l'Armée populaire de Corée afin d'apporter un soutien au MPLA[7]. L'Allemagne de l'Est, la Tchécoslovaquie, le Mozambique, la Jamahiriya arabe libyenne, la République populaire de Bulgarie, l'Algérie, la Tanzanie, la Guinée-Bissau, la République socialiste de Roumanie et le Zimbabwe fournirent par ailleurs un soutien logistique au MPLA.

De son côté, l'UNITA était soutenu par la Chine, les États-Unis, Israël, le Zaïre, le Gabon, le Maroc et par la Côte d'Ivoire. L'Afrique du Sud a envoyé 20 000 soldats en Angola en 1976 afin de soutenir militairement l'UNITA pour les retirer en 1989.

L'extraction du pétrole était l'activité économique permettant au MPLA de maintenir son effort de guerre contre l'UNITA. Malgré son positionnement marxiste, le mouvement a maintenu tout au long du conflit de bonnes relations avec les compagnies pétrolières assurant l'extraction, en particulier avec la multinationale américaine Chevron[8]. Cette situation a conduit le corps expéditionnaire cubain, dans un contexte de guerre froide, à défendre activement les installations de cette multinationale américaine contre la menace représentée par l'UNITA, un mouvement lui-même soutenu par la CIA[9],[10].

Processus de paix[modifier | modifier le code]

Le 22 décembre 1988 sont signés les accords de New York, organisant l'indépendance de la Namibie et le désengagement progressif de l'Afrique du Sud, de Cuba et de l'Union soviétique. Malgré ces accords, l'Afrique du Sud, les États-Unis et le Zaïre continuent d'intervenir dans le conflit. Le 1er mai 1991 sont signés les accords de Bicesse, mettant en place un cessez-le-feu, la démobilisation des groupes armés (et leur intégration dans les Forces armées angolaises) et l'organisation d'élections. Celles-ci se tiennent le 29 et 30 septembre 1992 et donnent la victoire du MPLA aux élections législatives et une majorité relative à José Eduardo dos Santos aux élections présidentielles[2]. Selon la constitution, un deuxième tour aurait été nécessaire pourqu'il soit légalement élu. Cependant, l'UNITA considère les élections comme truquées, ne les reconnaît pas et recommence aussitôt la guerre civile.

Reprise et fin des hostilités[modifier | modifier le code]

Les hostilités reprennent immédiatement après les élections de 1992 et prennent fin avec la mort du leader de l'UNITA, Jonas Savimbi le 22 février 2002. Après de rapides négociations encouragées par l'ONU, la Russie, les États-Unis et le Portugal, le 4 avril de la même année, José Eduardo dos Santos et Paulo Lukamba "Gato", secrétaire général de l'UNITA, signent un accord de paix[11]. L'UNITA, qui s'était déjà constitué en parti politique en 1991, démobilise ses forces armées qui sont en partie intégrées dans les Forces Armées Angolaises (dont un général de l'UNITA devient le chef d'état major). Le MPLA ne tient cependant pas sa promesse d'organiser rapidement les élections qui sont reportées jusqu'en 2008[12].

Le bilan humain global est estimé à 500 000 morts.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (es) Las Guerras Secretas de Fidel Castro, cubamatinal.com, 17 août 2008
  2. a, b et c Jean-Marc Balencie et Arnaud de La Grange, Mondes rebelles : L'encyclopédie des acteurs, conflits & violences politiques, Paris, Éditions Michalon,‎ , 1677 p. (ISBN 2841861422), p. 1074-1077
  3. « Implication des troupes russes dans des conflits à l'étranger », sur RIA Novosti,‎ (consulté le 17 février 2012)
  4. (ru)« Сергей Коломнин. "История сбитого летчика". », sur Veteran Angola (consulté le 5 janvier 2013)
  5. Roger Faligot, Jean Guisnel (dir.), Rémi Kauffer, Renaud Lecadre, François Malye, Martine Orange et Francis Zamponi, Histoire secrète de la Ve République, Paris, La découverte,‎ , 752 p. (ISBN 2-7071-4902-0 et 978-2-7071-4902-2), p. 156-157
  6. Cuba, une odyssée africaine
  7. (en) Angola - Foreign Influences - Communist Nations, consulté le 21 janvier 2013
  8. Ricardo Soares de Oliveira, Magnífica e Miserável: Angola Desde a Guerra Civil, 2015,Tinta da China, p.33
  9. Ricardo Soares de Oliveira, Magnífica e Miserável: Angola Desde a Guerra Civil, 2015,Tinta da China, p.61
  10. Julia E Sweig, Cuba: What Everyone Needs to Know, Oxford University Press (ISBN 9780199740819, lire en ligne), p. 114.
  11. Associated Press, « La paix, après 27 ans de guerre civile », L'Obs,‎ (lire en ligne).
  12. Sabine Cessou, « Dos Santos, le Machiavel de l'Afrique », Slate,‎ (lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

  • W. Martin James: A Political History of the Civil War in Angola 1974-1990, [1]. Transaction Publishers, Piscataway 2011

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]