Accords de paix de Paris

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Les Accords de Paix de Paris de 1973 sont des accords d'armistice signés le à l'Hôtel Majestic de Paris pour mettre fin à la guerre du Viêt Nam. Ils ont été conclus entre les États-Unis et la République démocratique du Viêt Nam (Nord Viêt Nam), la République du Viêt Nam (Sud Viêt Nam) et le Gouvernement révolutionnaire provisoire de la République du Sud Viêt Nam formé par le Front national de libération (Viêt Cong).

Contexte[modifier | modifier le code]

Lorsque la guerre du Vietnam était devenue de plus en plus impopulaire au sein de l'opinion publique américaine alors sous la présidence de Lyndon B. Johson, qui soutenait que la guerre du Vietnam était justifiée. Il a assuré à la communauté internationale que les États-Unis ne recherchaient ni territoire ni bases, ni domination économique ni alliance militaire au Vietnam. Dans le même temps, il s'est engagé à donner aux combattants américains ce qu'ils doivent avoir: chaque arme, chaque dollar et chaque décision - quel que soit le coût ou quel que soit le défi. Le discours de Johnson du 12 janvier 1966 était une tentative gaspillée d'influencer l'opinion publique polarisée de plus en plus en faveur de la guerre de Vietnam. À la fin de l'année 1966, Johnson a augmenté le nombre de troupes américaines au Vietnam à 400 000.

Aux Etats-Unis, les américains eux même ne croyaient plus à cette guerre qui gaspillait de l'argent sans réel résultat, si ce n'est le fait que pour chaque opération menée au Vietnam, l'armée américaine, emportant ou pas l'opération, était celle qui perdait le moins en terme humain face à ses adversaires nord vietnamiens et le Viet Cong, si bien que lors d'un entretien du Général William Westmoreland à propos du Général Vo Nguyen Giap, le Général Westmoreland n'hésitait pas à dire que Giap n'était qu'un piètre Général et qu'à sa place, il se serait fait éjecter de l'armée américaine depuis longtemps à cause de ses méthodes peu efficaces et surtout faisant sacrifier des vies à ses soldats. Le candidat à la présidentielle de 1969, Richard Nixon, a fait alors de la vietnamisation de la guerre, son cheval de bataille et pour lui, l'Amérique pourrait se permettre de se retirer de ce conflit interminable la tête haute permettant à la fois de réduire les dépenses que le Congrès américain aurait du mal à accorder plus longtemps.

Sitôt élu, Richard Nixon a commencé à retirer les troupes, conformément à ses promesses de campagne. L'effectif américain au sud Vietnam a connu son maximum courant les 2 années sous Lyndon B. Johnson, 1968 et 1969 à environ 550000 soldats. En 1969 le Corps des Marines des Etats-Unis a mené la dernière grande opération, Dewey Canyon, avec succès avant le début du retrait des éléments de ce corps dès Juillet 1969, marquant ainsi le début de retrait des troupes américaines du Vietnam. Décembre 1971 marque le retrait des Navy SEALs, seuls quelques membres de ce corps prestigieux sont restés comme conseillers jusqu'en 1973. Dès son arrivée à la maison blanche, Richard Nixon a fait commencer les pourparlers de ce qui allait devenir les Accords de Paris.

Tout en assistant l'armée de la République du Vietnam (sud Vietnam) dans le renforcement de celle-ci, Nixon n'abandonne pas pour autant les missions d'appui de l'armée sud vietnamienne lors des opérations ou grands raids menés par le sud. A l'image de l'offensive de Pâques 1972, lancée par le Nord Vietnam, pensant à tort que les américaine ne pourraient pas appuyer l'armée sud vietnamienne en pleine croissance et dont la plupart des unités sont fraîchement formées, sans expérience du combat, afin de remplacer l'armée américaine jusque là sans cesse présente à ses cotés. En effet, en 1972, environ 24000 soldats américains sont encore présents au sud Vietnam. L'offensive de Pâque était la deuxième offensive majeure lancée par le Nord Vietnam afin de conquérir le sud, marquée par les batailles d'An Loc au sud Vietnam près de Saigon, et celles de Quang Tri (au Nord du Sud Vietnam, près de la DMZ, dans le I Corps). Cette bataille a été la plus rude qu'a subie l'armée sud vietnamienne, n'étant pas du tout prête ni préparée au cours de la quelle elle a perdu la ville de Quang Tri aux mains des communistes le 2 Mai 1972. Au Sud, les soldats sud vietnamiens à An Loc peinent à repousser l'armée communiste. Le 9 Mai 1972, Nixon décide d'intervenir en lançant l'opération Linebacker I. Le 28 juin 1972, l'armée sud vietnamienne se lance dans la reconquête de Quang Tri avec l'appui aérien américain. Linebacker I fut un succès et la ville de Quang Tri a été libérée des occupants communistes le 16 septembre 1972. Cependant l'opération Linebacker I se poursuit pour prendre fin le 23 octobre 1972. Pendant tout ce temps, les pourparlers se poursuivaient ou étaient interrompus à cause des événements ou des désaccords. 18 Décembre 1972, n'ayant pas obtenu de la part du Nord Vietnam une issue favorable, Nixon déclenche l'opération Linebacker II afin de mettre la pression au gouvernement Nord vietnamien et de les convaincre à revenir à la table des négociations.

Nixon a exprimé qu'il souhaitait que les pourparlers reprennent le 2 Janvier 1973 et qu'il arrêterait les bombardements si Ha Noi accepte. Ils l'ont fait et Nixon a suspendu les bombardements au Nord le 30 décembre 1972 et a ensuite informé Henry Kissinger d'accepter les conditions offertes en octobre.

Déroulement des négociations[modifier | modifier le code]

L'action des négociateurs, Le Duc Tho pour la République Démocratique du Viêt Nam, Mme Nguyên Thi Binh pour le FNL et Henry Kissinger pour les États-Unis a mis fin à 10 années de guerre. L'accord a prévu le retrait des forces terrestres américaines dans un délai de 60 jours. En échange de quoi, Hanoï s'engageait à libérer tous ses prisonniers. Mais le problème vietnamien n'a pas été réglé pour autant : les États-Unis se sont retirés du conflit pour éviter une défaite « formelle » et la lutte armée a continué jusqu’à la capitulation inconditionnelle du Gouvernement de Saïgon, le 30 avril 1975. La manœuvre de Henry Kissinger a été de se retirer avant la défaite finale, dans une paix honorable pour les États-Unis. Le problème des prisonniers de guerre était qu'il n'y a pas eu de guerre, juste une escalade par étapes depuis les conseillers de l'aide militaire MAAG (Military Aid Advisers Group) jusqu'aux troupes de combat et les bombardements aériens sur la République démocratique du Viêt Nam.

Signature des accords de paix de Paris le 27 janvier 1973.

Au départ, les États-Unis ne reconnaissaient pas le rôle du FNL, comme la République démocratique du Viêt Nam ne reconnaissait le rôle de la République du Viêt Nam. Le préambule des négociations se jouait à deux entre Hanoï et Washington, les deux principaux belligérants, pour finir par intégrer les deux parties de la zone sud du Viêt Nam.

La guerre du Viêt Nam n'ayant jamais existé sur le plan légal du droit international, il a fallu instaurer a posteriori une « belligérance » ou « guerre », un état de droit avec ses belligérants bien identifiés et définis, ses lois et règlements ainsi que son espace et son temps.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Les accords de paix de Paris furent la concrétisation de la politique américaine de « vietnamisation » en 1972, qui consistait à laisser aux Vietnamiens régler leurs propres affaires. Cette politique de vietnamisation avait eu son précédent français pendant la guerre d'Indochine avec la création de l’État vietnamien de Saïgon et son « Armée nationale » dans laquelle furent formés les « généraux » de Saïgon qui succédèrent à Ngo Dinh Diem.

Même en retirant les troupes terrestres du territoire vietnamien, Richard Nixon avait promis au gouvernement de Saïgon un soutien logistique. Néanmoins, malgré la tenue correcte de l'armée sud vietnamienne lors de la réplique à l'offensive du Tết, la République du Viêt Nam s'écroula, à l’exception des irréductibles et de ceux qui étaient les plus impliqués dans les différents sphères des différents gouvernements de Saïgon.

Lors des négociations, seul opposant à ces accords était le président sud vietnamien Nguyen Van Thieu. Nixon a essayé de l'apaiser en lui écrivant le 5 janvier 1973 que «vous avez mon assurance d'une assistance continue dans la période post-règlement et que nous répondrons avec toute la force si le règlement est violé par le Vietnam du Nord». Cette fois, cependant, en raison de l'opposition du Congrès Nixon n'était pas en mesure de faire une telle promesse, puisque la possibilité d'obtenir les crédits nécessaires au Congrès était nulle. Nguyen Van Thieu n'était pas d'accord....

Le 9 janvier, Kissinger et Le Duc Tho revinrent à Paris. L'entente conclue entre les États-Unis et le Nord-Vietnam était essentiellement celle qui avait été conclue en octobre.

Le 27 Janvier 1973, ont été signés les accords de paix à Paris, mettant fin temporairement à la guerre du Vietnam. Il en ressort le retrait des troupes américains du Vietnam, la libération des prisonniers de guerre américains et sud vietnamiens, le maintien du régime du sud. Seul le retrait des troupes nord vietnamiennes du sud Vietnam n'a pas été retenu. Toutefois, que le régime de Thieu soit maintenu ou non, ce qui comptait aux yeux des communistes, c'est le départ de américains qu'il redoutait tant car par deux grandes tentatives d'offensives majeures (Offensive du Têt 1968 et offensive de Pâques), les nord vietnamiens ont subi des revers spectaculaires et les défaites cuisantes. Ces offensives majeures ont elles été lancées trop prématurément ? Sans doute, à analyser ce conflit avec du recul (en 1968 l'effectif US était à son maximum, en 1972 bien que seulement 24000 soient encore présents, l'armée US a laissé le plus gros contingent parmi l'US Navy et l'USAF, de plus, disposant encore de bases aériennes en Thaïlande et dans le pacifique proche, de quoi lancer les bombardements massifs à en croire l'opération Linebacker II). L'état major nord vietnamien depuis lors, craignait les affronts militaires directs avec les américains, du moins ce qui en est sorti de l'opération Cedar Falls (du 8 au 28 Janvier 1967) où les combattants du Viet Cong fuyaient les combats en se cachant dans le réseau des tunnels à Cu Chi. L'opération Cedar Falls fut un succès américain.

Le nord Vietnam, après 2 défaites a t il compris que tant que les américains sont encore présents au Vietnam, il ne pourrait gagner cette guerre ?

C'est pourquoi, après les désaccords à l'issue de cette négociation, les dirigeants nord vietnamiens ont compris l'enjeu du départ des américains du Sud Vietnam. Une fois partis, ce sera une affaire entre vietnamiens du nord et ceux du sud.

Fin mars 1973, le dernier soldat américain quitte le Vietnam avec les prisonniers de guerre américains. A partir de ce moment, on peut parler de conséquence directe de ce départ :

Le président sud vietnamien Nguyen Van Thieu, trop souvent dépendant d'aides américaines, se retrouve comme du jour au lendemain avec les aides militaires réduites de plus de 2 tiers. Bien que son armée au fil du temps à partir du moment où il planait un soupçon de vietnamisation de cette guerre, augmente en effectifs, elle est constituée, pour la moitié, d'éléments fraichement formés, manquant totalement d'expérience à l'inverse des combattants nord vietnamiens qui pour la plupart ont gagné contre l'armée française.

Thieu doit faire face, avec 2 tiers de moyens en moins, à l'armée du nord Vietnam qui de son côté bénéficiait toujours d'aides logistiques russes et chinoises. L'armée nord vietnamienne n'en était pas insensible et savait bien que Thieu ne pourrait jamais, seul, venir à bout d'une nouvelle attaque et l'état major nord vietnamien laissait croire à l'opinion publique qu'il respectait les termes des accords de Paris signés, bien que des opérations militaires continuent. Le sud Vietnam s'est réellement trouvé en danger lorsque Nixon, à cause de l'affaire Watergate, démissionne en septembre 1974. En effet, le Nord Vietnam dès lors, sachant que Nixon n'aurait plus aucune crédibilité au sein du gouvernement américain et que Gerald Ford qui lui succède, n'avait plus les mêmes objectifs vis à vis de la guerre du Vietnam, planifient une opération d'envergure initialement pour printemps 1976.

Au début de mars 1975, l’Armée populaire vietnamienne (APVN) lança une série d’attaques sur les hautes terres des provinces au nord de Saïgon et les places fortes tombèrent les unes après les autres. Le gouvernement de Saïgon du président Nguyễn Văn Thiệu ordonna une retraite fatale et sanglante de ces régions, malgré la résistance héroïque de quelques garnisons. Selon Thieu, ce retrait aurait eu pour but de préserver ces éléments d'élite afin de mieux défendre Saigon. C’était des scènes de panique et d’exode, déserteurs et civils confondus, comme en Belgique ou en France en juin 1940. Le 20 mars, Thiệu donna le contre-ordre de défendre à tout prix la capitale impériale Huê, qui tomba après trois jours de combat. Les combats se tournèrent alors vers Da Nang, la grande base militaire en bord de mer, où les Marines avaient débarqué en fanfare le 8 mars 1965. Da Nang tomba le 30 mars, intacte, avec une armée de 100 000 soldats sans commandement. La dernière phase de l’offensive était prévue pour le 1er mai pour capturer Saïgon, mais les événements s'accélérèrent, l’Armée populaire vietnamienne continuant d’attaquer. Mi-Mars 1975, Gerald Ford a demandé l'aval au Congrès américain afin d'envoyer les appuis aériens pour soutenir les troupes sud vietnamiennes un peu comme lors de l'offensive de Pâques 1972, n'a pas obtenu de réponse positive.

Article détaillé : Chute de Saïgon.

Le 21 mars, la garnison de Xuan Loc, au nord de Saïgon, se rendit et Ville après ville, Xuan Loc tombe etc... c'est le "jeu de dominos" qui cette fois a eu réellement son sens. La route de Saïgon était ouverte : le président Nguyen Van Thieu démissionna le 21 avril et s’enfuit à Taïwan pour laisser la place au général Duong Van Minh, considéré comme modéré et peu compromis. Malgré un « baroud d’honneur » lors des derniers combats autour de Saïgon, celui-ci signa la capitulation inconditionnelle le 30 avril 1975.

Conclusion[modifier | modifier le code]

Classique des accords d’armistice, les accords de Paris remettaient en champ clos les belligérants pour régler leurs querelles, sans l’intervention d’éléments extérieurs. Pour ces accords, Lê Đức Thọ et Henry Kissinger ont reçu le prix Nobel de la paix 1973. Considérant la paix comme non encore établie, Lê Đức Thọ a refusé le prix.

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