Corne de l'Afrique

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Corne de l'Afrique
Carte des États de la corne de l’Afrique (en vert).
Carte des États de la corne de l’Afrique (en vert).
Localisation
Pays Drapeau de Djibouti Djibouti
Drapeau de l'Érythrée Érythrée
Drapeau de l'Éthiopie Éthiopie
Drapeau de la Somalie Somalie
Coordonnées 7° Nord 46° Est / 7, 46
Étendues d'eau Mer Rouge, golfe d'Aden, mer d'Arabie et océan Indien
Géographie
Superficie 2 000 000 km2

Géolocalisation sur la carte : Afrique

(Voir situation sur carte : Afrique)
Corne de l'Afrique

La corne de l’Afrique est une péninsule de l’Afrique de l'Est qui s’étend depuis la côte sud de la mer Rouge jusqu’à la côte ouest de la mer d'Arabie, en passant par le golfe d'Aden et dont la forme, sur une carte, évoque une corne de rhinocéros. Le terme désigne aussi la région occupée par quatre États, la Somalie, Djibouti, l’Éthiopie et l’Érythrée[1],[2]. De par sa position stratégique, elle est de longue date au cœur d’enjeux géopolitiques variés. La corne de l’Afrique couvre environ 2 millions de km2 et compte 106,2 millions d’habitants (dont 90 millions en Éthiopie, 10 millions en Somalie, 6 millions en Érythrée et 0,7 millions à Djibouti).

C’est un des trente-quatre points chauds de la biodiversité mondiale.

Histoire[modifier | modifier le code]

Durant l’Antiquité, les Égyptiens, les Grecs et les Romains s’y approvisionnaient en encens, myrrhe, sang-dragon et cinabre – les Romains parlaient de la Regio Aromatica (« région aromatique »). Il pourrait également s’agir du berceau du légendaire pays de Pount.

Le royaume d'Aksoum se développa entre le Ier et le VIIe siècle sur les territoires actuels de l’Éthiopie, du nord de la Somalie et du Yémen. L’emplacement stratégique de la corne africaine lui permit de contrôler le trafic maritime et commercial de la mer Rouge. Un réseau portuaire reliait la côte au golfe Persique et aux grandes routes commerciales de l’océan Indien. Après le déclin du Royaume d'Aksoum à partir du VIIIe siècle, le contrôle du commerce tomba entre les mains des marchands arabes (Mascate et Oman) qui essayèrent d'introduire l'islam dans la région.

Zheng He, dans son expédition de 1413-1415, visite la région[réf. nécessaire].

Plus récemment, la corne de l’Afrique a traversé plusieurs crises. Une grande partie de la région fut colonisée par l’Italie lors de l'expansion de son empire colonial : l’Érythrée entre 1880 et 1941, le protectorat de la Somalie italienne entre 1890 et 1960, ainsi qu’une brève occupation de l’Éthiopie de 1936 à 1941. La Grande-Bretagne s’installa au nord de la Somalie (Somalie britannique) et la France à Djibouti (Somalie française).

L’Éthiopie y occupe actuellement une place prépondérante de par sa démographie. Son histoire est parsemée de conflits entre chrétiens et musulmans autour de l’accès aux ressources et aux territoires, ainsi qu’entre nationalistes et marxistes, et avec l’Érythrée. La Somalie peine à sortir du désordre engendré par la guerre civile qui sévit depuis la fin des années 1980.

Les catastrophes naturelles, sécheresses et inondations en tête, sont fréquentes et touchent de plein fouet les régions rurales. La malnutrition y est l’une des plus élevées au monde et la menace d’une crise humanitaire majeure n’est jamais très loin. La guerre et la famine auraient provoqué la mort de deux millions de personnes entre 1982 et 1992.

Géographie[modifier | modifier le code]

Relief[modifier | modifier le code]

Image satellite de la Corne de l'Afrique.

La corne de l’Afrique est à peu près à mi-distance entre l’équateur et le tropique du Cancer. Son relief est constitué principalement de montagnes érigées lors de la formation de la vallée du Grand Rift, qui court depuis le Levant au Proche-Orient jusqu'au Mozambique – le Ras Dashan, dans les monts Simien, culmine à 4 533 mètres. Il était autrefois recouvert d’un glacier, qui fondit entièrement au début de l’Holocène[3]. À l'ouest, le massif domine la cuvette soudanaise, tandis qu'à l'est, il est séparé de la mer Rouge par un immense escarpement, mais descend plus régulièrement vers l’océan Indien[4]. L'extrémité de la corne est le cap Gardafui.

Climat[modifier | modifier le code]

Les plaines de Somalie et de Djibouti sont généralement arides malgré la proximité de l’équateur. Les vents d’ouest ont en effet perdu la plus grande part de leur humidité après avoir survolé le Sahel et le Soudan. L’ouest et le centre de l’Éthiopie, ainsi que l’extrémité sud de l’Érythrée, sont mieux exposés et reçoivent d’abondantes pluies en été. Des précipitations annuelles de 2 000 millimètres ne sont pas rares dans les montagnes éthiopiennes, et même la capitale érythréenne Asmara reçoit une moyenne de 570 mm par an. Ces pluies sont la seule source d’eau douce pour de nombreuses régions éloignées de l’Éthiopie, entre autres pour l’Égypte qui est, en termes de précipitations, le pays le plus sec du monde.

En hiver, l’alizé de nord-est n’apporte aucune humidité excepté dans les zones montagneuses du nord de la Somalie, où les précipitations de la fin de l’automne peuvent faire monter le total annuel à 500 mm. Sur la côte est, une brusque remontée naturelle des eaux profondes et le fait que les vents soufflent parallèlement à la côte peuvent limiter les précipitations annuelles à 51 mm.

Environnement[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Michael Hodd, East Africa Handbook, 7th Edition, (Passport Books: 2002), page 21
  2. Encyclopaedia Britannica, inc, Jacob E. Safra, The New Encyclopaedia Britannica, (Encyclopaedia Britannica: 2002), p. 61.
  3. Tierney et deMenocal 2013
  4. Gascon 2009

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Leenco Lata, The Horn of Africa as Common Homeland: The State and Self-determination in the Era of Heightened Globalization, Wilfrid Laurier Univ. Press, 2004, 219 p. (ISBN 9780889204560)
  • (en) I. M. Lewis, Peoples of the Horn of Africa : Somali, Afar and Saho, Haan Associates, Londres, 1994 (1re éd. 1955) (ISBN 1874209561)
  • (en) John Markakis, National and class conflict in the Horn of Africa, Cambridge University Press, Cambridge, 1987, 314 p. (ISBN 0521333628)
  • (en) Robert I. Rotberg, Battling Terrorism in the Horn of Africa, Brookings Institution Press, 2005, 210 p. (ISBN 9780815775706)
  • Christian Bader, Mythes et légendes de la Corne de l’Afrique, Karthala, 2000, 282 p. (ISBN 9782845860698)
  • Carol Beckwith, Angela Fisher et Graham Nancock, Les peuples de la Corne d’Afrique, Chêne, 1990 (ISBN 9782851086464)
  • Huy Thuan Cao, La Corne de l’Afrique : questions nationales et politique internationale : questions nationales et politique internationale, L’Harmattan, 1986, 268 p.
  • M. Djama et A. Gascon (dir.), « La Corne dans tous ses États », Cahiers d’Études africaines, 1997, XXXVII (2), 146, p. 277-500
  • Jean Doresse, Histoire sommaire de la Corne orientale de l’Afrique, P. Geuthner, 1971, 389 p.
  • Fabienne Le Houérou, Éthiopie-Érythrée : frères ennemis de la Corne de l’Afrique, L’Harmattan, 2000, 159 p. (ISBN 9782738493194)
  • Olivier Weber, Corne de l’Afrique, Éditions Autrement, 1987, 249 p. (ISBN 9782862601953)
  • Alain Gascon, « Espoir et inquiétude dans la Corne de l’Afrique », Revue humanitaire, vol. 22,‎ (lire en ligne)
  • (en) Jessica E. Tierney et Peter B. deMenocal, « Abrupt Shifts in Horn of Africa Hydroclimate Since the Last Glacial Maximum », Science, vol. 342,‎ (DOI 10.1126/science.1240411, présentation en ligne, lire en ligne [PDF])