Groenland

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Groenland
Kalaallit Nunaat (kl)
Armoiries du Groenland
Armoiries du Groenland
Drapeau du Groenland
Drapeau du Groenland
Carte de localisation du Groenland.
Carte de localisation du Groenland.
Administration
Pays Drapeau du Danemark Danemark
Statut politique Pays constitutif du Royaume de Danemark
Capitale Nuuk
Gouvernement Démocratie parlementaire avec une monarchie constitutionnelle
Chef d'État Margrethe II de Danemark
Haute-commissaire Mikaela Engell
Premier ministre Kim Kielsen
Président du Parlement Lars Emil Johansen
Démographie
Gentilé Groenlandais
Population 55 847 hab. (2016)
Densité 0,03 hab./km2
Langue(s) Groenlandais[1]
PIB (2012)
 · PIB/hab.
11,3 milliards DKK
200 774 DKK
Géographie
Coordonnées 72° 00′ 00″ Nord 40° 00′ 00″ Ouest / 72, -40
Superficie 2 166 086 km2
Divers
Monnaie Couronne danoise (DKK​)
Fuseau horaire UTC +0, -1, -3 et -4[N 1]
Domaine internet .gl
Indicatif téléphonique +299
Hymne Nunarput utoqqarsuanngoravit
Nuna asiilasooq
Code ISO 3166-1 GRL, GL

Le Groenland[N 2], en groenlandais Kalaallit Nunaat, est un pays constitutif du Royaume de Danemark et un territoire d'outre-mer associé à l'Union européenne[2], situé entre les océans Arctique et Atlantique, à l'est de l'archipel arctique canadien, au nord-est de l'Amérique du Nord. Bien qu'appartenant physiographiquement au continent nord-américain, le Groenland a été politiquement et culturellement associé à l'Europe — en particulier à la Norvège et au Danemark, les puissances coloniales, ainsi qu'à l'île voisine d'Islande — pendant plus d'un millénaire[3]. Le Groenland est la deuxième plus grande île du monde[4]. Plus des trois quarts de son territoire sont couverts par la seule calotte glaciaire contemporaine en dehors de l'Antarctique. Avec une population de 55 847 habitants au [5], il est le pays le moins densément peuplé au monde[6].

Le Groenland a été habité pendant au moins les 4 500 dernières années par des peuples de l'Arctique dont les ancêtres ont migré depuis ce qui est aujourd'hui le Canada[7],[8]. Les Vikings se sont installés dans la partie sud inhabitée du Groenland, à partir du Xe siècle, et les peuples inuits sont arrivés au XIIIe siècle. Les colonies nordiques ont disparu à la fin du XVe siècle. Au début du XVIIIe siècle, la Scandinavie et le Groenland ont repris contact l'un avec l'autre, et le Royaume de Danemark et de Norvège a établi sa souveraineté sur l'île.

Le Royaume de Danemark et de Norvège a revendiqué le Groenland pendant des siècles. Le Groenland a été colonisé il y a plus de mille ans par les Norvégiens, qui avaient déjà colonisé l'Islande pour échapper aux persécutions du roi de Norvège et de son gouvernement central. C'est depuis le Groenland et l'Islande que les Norvégiens auraient pris la mer pour découvrir l'Amérique — près de 500 ans avant Christophe Colomb — et tenter de coloniser la terre. Bien que sous l'influence continue de la Norvège et des Norvégiens, le Groenland n'était pas formellement sous la couronne norvégienne avant 1262. Le Royaume de Norvège s'est étendu et devient une puissance militaire jusqu'au milieu du XIVe siècle. Mais la Norvège fut considérablement frappée par la peste noire, avec un nombre de morts supérieur à celui du Danemark, l'obligeant à accepter une union avec ce dernier dans laquelle le gouvernement central, l'université et d'autres institutions fondamentales étaient situés à Copenhague. Ainsi, les ressources des deux royaumes ont été dirigés vers la création de Copenhague, la Norvège devenant ainsi la partie la plus faible et perdant également sa souveraineté sur le Groenland en 1814 lors de la dissolution de l'union. Le Groenland devint alors une colonie danoise, puis une partie de la Communauté du Royaume de Danemark en 1953 en vertu de la Constitution du Danemark.

En 1973, le Groenland rejoint la Communauté économique européenne (CEE) avec le Danemark. Cependant, lors d'un référendum en 1982, une majorité de la population a voté en faveur d'un retrait du Groenland de la CEE, retrait qui sera par la suite étendu à l'Union européenne. En 1984, le Danemark a signé un traité modificatif avec la Communauté européenne pour préciser la situation du Groenland. Ce territoire a été retiré des accords sur le charbon et l'acier (CECA)[9] et des accords sur l'énergie atomique (Euratom)[10]. Des dispositions particulières ont été convenues pour protéger la pêche[11]. Le Groenland bénéficie néanmoins de la libre circulation des Européens au sens de la Convention de Schengen. En 1979, le Danemark a accordé une autonomie interne au Groenland, et le , les Groenlandais se sont prononcés par référendum consultatif sur la perspective d'une autonomie renforcée, la proposition étant approuvée par 75 % des suffrages exprimés. Le parlement danois a ensuite voté la loi sur l'autonomie du Groenland, promulguée le [12] et entrée en application le . Le Danemark cède à son ancienne colonie 32 domaines de compétences, dont ceux de la police et de la justice. La politique monétaire, la défense et la politique étrangère relative à ces aspects restent toutefois sous le contrôle danois.

Géographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Géographie du Groenland.
Carte politique du Groenland.

Localisation et frontières[modifier | modifier le code]

Le Groenland est situé au nord-est de l'Amérique du Nord, entre les latitudes 59° et 83° N et les longitudes 11° et 74° W. Il est bordé au sud-est par l'océan Atlantique, à l'est par la mer du Groenland, au nord par l'océan Arctique et à l'ouest par la mer de Baffin. Il est frontalier du Canada à l'ouest, de l'autre côté de la mer de Baffin, et de l'Islande à l'est, dans l'océan Atlantique.

La superficie totale du Groenland est de 2 166 086 km2 (y compris d'autres îles côtières mineures), dont la calotte glaciaire couvre 1 755 637 km2 — soit 81 % du territoire — et a un volume d'environ 2,85 millions de kilomètres cubes[13].

Le Groenland est la plus grande île non-continentale du monde[14], le troisième plus grand pays d'Amérique du Nord[15] ainsi que le plus grand territoire dépendant dans le monde. Il possède également le plus grand parc national au monde.

Géologie, topographie et hydrographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Inlandsis du Groenland.
Image satellitaire.
Les côtes sud-est du Groenland.

L'île est recouverte à 80 % par un inlandsis de 1 710 000 km2 de superficie et d'une épaisseur atteignant près de trois kilomètres de glace au centre, correspondant à l'altitude la plus élevée. Cet inlandsis est bordé de reliefs montagneux modérés entre lesquels s'écoule la glace par des glaciers. De certains d’entre eux se détachent des icebergs qui sont entrainés au large par les courants. C'est le cas à Ilulissat où les plus gros icebergs de l'hémisphère nord sont produits. En 1912, c'est l'un d'eux que le Titanic heurta.

Le Groenland a le plus grand Canyon du monde, situé sous l'inlandsis. En 2013, grâce à des observations satellitaires, une équipe de scientifiques a découvert l'existence d'un canyon d'au moins 750 kilomètres de long et 800 mètres de profondeur par endroits, traversant toute la partie nord-ouest de l'île arctique[16].

Diagramme de répartition des altitudes du Groenland[17]

Les glaciers et la couche de glace présentent une certaine élasticité, mais les avancées différenciées et périodiques (rythme saisonnier marqué) de coulées de glace provoquent des cassures dont les ondes élastiques génèrent des tremblements de terre, enregistrés par des sismographes loin du pôle à travers le monde. Ces « tremblements de terre glaciaires » du Groenland sont caractérisés par une forte saisonnalité. Une étude publiée en 2006 a conclu que le nombre de ces séismes avait doublé de 2000 à 2005, tendance temporelle suggérant un lien avec une modification du cycle hydrologique et une réponse glaciaire à l'évolution des conditions climatiques[18].

Les sommets les plus hauts du pays sont situés sur la côte est. Le point culminant est le mont Gunnbjørn, haut de 3 733 mètres. Le plus connu est le mont Forel (3 360 mètres). Il porte le nom du professeur suisse François-Alphonse Forel qui, en 1912, organisa une souscription pour financer une expédition suisse au Groenland. On signalera qu'un autre mont proche porte le nom de Paul-Émile Victor, explorateur et ethnologue français. Deux autres Français ont contribué à la connaissance de ce pays : Jean-Baptiste Charcot et Jean Malaurie.

Climat[modifier | modifier le code]

Tableau comparatif des données climatiques de différentes localités du Groenland[19]
Localité Temp. max. °C Temp. min. °C Temp. moy. °C Précipitations
Nuuk64° 10′ N 51° 45′ O / 64.17, -51.75 6,5 °C -8,0 °C -1,4 °C 756 mm/an
Thulé76° 31′ N 68° 50′ O / 76.517, -68.83 4,6 °C -24,6 °C -11,2 °C 124 mm/an
Ilulissat69° 13′ N 51° 03′ O / 69.217, -51.05 8,0 °C -15,2 °C -4,4 °C 257 mm/an
Nord Ads81° 36′ N 16° 40′ O / 81.6, -16.67 3,3 °C -30,1 °C -16,8 °C 200 mm/an
Prins Christian Sund60° 03′ N 43° 10′ O / 60.05, -43.17 6,5 °C -4,1 °C 0,6 °C 2 504 mm/an

La calotte s'est formée il y a 4,1 millions d'années – durant le Pliocène – par la fermeture de l'isthme de Panama. Les précipitations neigeuses qui s'accumulent au centre de l'ile, se transforment progressivement en glace et assurent théoriquement la pérennité de cette calotte. Les scientifiques s'intéressent de près à l'évolution de l'épaisseur de la glace et aux apports d'eaux douces générés par la fonte (impact sur la circulation thermohaline) dans le cadre du réchauffement climatique. Ce désert de glace représentant 80 % de la surface de l'ile, est très inhospitalier. On y trouve des températures extrêmes été comme hiver, des vents violents dits catabatiques et un sol fait de glace, impropre au développement d'une vie animale (à l'exception d'un être microscopique nommé le tardigrade).

En hiver, dans le Nord du Groenland, le soleil disparait presque totalement pendant plus de trois mois. La température moyenne avoisine −30 °C et il souffle un vent violent. Tandis que l'intérieur du Groenland connait un climat d'inlandsis, les températures moyennes en bord de mer varient de −15 °C dans le Nord à °C dans le Sud. La côte sud-ouest bénéficie d'étés assez longs et assez doux. Les maximales y avoisinent les 10 °C en été, avec un record de chaleur de 28 °C. Alors que le Nord connait un climat très sec, le Sud bénéficie d'un climat beaucoup plus humide. Les précipitations tombent majoritairement sous forme de neige en hiver sur la côte orientale alors que sur la côte occidentale elles tombent majoritairement en été sous forme de pluie. À noter que Narsarsuaq, dans le Sud-Ouest du Groenland, a un climat non polaire puisqu'en juillet on y mesure une température moyenne supérieure à 10 °C.

−66,7 °C est le record absolu mesuré à Northgrip à environ 2 900 mètres, le 8 janvier 2007[20]. − 66,1 °C est le record mesuré à Northice à 2 341 mètres, 78°04'N, 38°29'W, le 9 janvier 1954[21]. Pendant l'été 2012, la calotte glaciaire a fondu sur 97 % de sa surface, pourcentage le plus important enregistré depuis qu'on mesure le dégel[22]. De nombreux sites d'information francophones[23],[24] indiquent faussement que 97 % de l'inlandsis a disparu.

En hiver, la bande côtière montagneuse est cernée par la banquise à l'exception du Sud-Ouest de l'ile (environ jusqu’à la capitale Nuuk). En effet une branche du courant du Gulf-Stream y empêche la mer de geler. La côte est n'en bénéficiant pas, elle possède un climat plus hostile et un dégel de la banquise plus court. Ceci explique que seuls deux villages y existent : Ammassalik et Ittoqqortoormiit. Ce dégel, qui se déroule de la fin mars jusqu'en juillet, s'appelle la débâcle. La reformation progressive de la banquise a lieu vers le mois de novembre.

Selon une étude menée en 2007 par Mark Meier de l'Université du Colorado à Boulder (États-Unis), la fonte partielle prévue des glaces du Groenland et de l'Antarctique ne contribuerait, qu'à hauteurs respectives de 28 % et 12 %, à l'élévation du niveau des mers durant le XXe siècle. Ce serait donc dans un premier temps les petits glaciers du monde qui, fondant désormais à une vitesse accélérée, contribueraient à des apports excédentaires de 417 milliards de mètres cubes en eau par an. Ils devraient rester les plus gros contributeurs jusqu'à la fin du siècle, avec 10 à 25 cm de surélévation du niveau marin actuel, à laquelle il faudrait rajouter l'expansion du volume d'eau des mers due à leur réchauffement (l'eau chaude est moins dense que l'eau froide).

Paysages et environnement[modifier | modifier le code]

Faune et flore[modifier | modifier le code]

Chamerion latifolium.

La végétation du Groenland est en très grande majorité constituée de toundra, une végétation basse et pauvre composée de mousses et d'herbes poussant dans les zones polaires qui occupent une grande partie du Groenland hors inlandsis. La grande végétation ne peut en général pas y pousser car le sol est trop gelé en profondeur. Il ne pousse que quelques arbustes, tels les bouleaux rampants, qui sont une adaptation de la végétation aux conditions très rudes du milieu, en particulier des vents desséchants. Il n'existe que deux petites zones à l'abri des vents qui sont pourvues d'arbres, toutes situées dans le Sud de l'île. La première, la vallée de la Qinngua, est la seule forêt naturelle groenlandaise et abrite principalement des espèces de bouleau pubescent (Betula pubescens) et de saule à feuilles grises (Salix glauca) poussant jusqu'à une hauteur de sept à huit mètres[25]. La seconde, quant à elle, n'est autre que l'Arboretum Groenlandicum, un arboretum à Narsarsuaq abritant sur quinze hectares des arbres de taïga arctique tels que le mélèze de Sibérie, le pin tordu, l'épinette blanche et l'épinette de Sitka[26].

Au-delà de 66° de latitude nord, la végétation ne pousse plus, car le sol est soit recouvert par les glaciers, soit de la roche nue. Seuls quelques animaux vivent dans de tels milieux, comme l'ours polaire et le phoque. C'est une des zones du monde les plus exposées au réchauffement climatique, et les effets de ces changements climatiques sur la biosphère semblent y être plus rapides qu'ailleurs. Au sud de 66° de latitude nord, se trouve la « zone verte », ou poussent des arbres, ou le sol peut être cultivé (sous certaines conditions), et qui est en permanence dépourvue de glace : cette zone, tout au sud, couvre environ 5 000 kilomètres carrés, et son climat ressemble à celui de l'Islande, ou du nord de la Suède ou de la Norvège : on peut y trouver des ours brun, des sangliers, des lapins, des oies sauvages, ou des canards, et différentes variétés de lézards.

Santé environnementale[modifier | modifier le code]

Spécimen d'épicéa à l'Arboretum Groenlandicum de Narsarsuaq.

Paradoxalement, malgré l'éloignement des grands centres urbains et industriels, le Groenland reçoit des polluants aéroportés de tout l'hémisphère nord, et via l'alimentation (produits de la mer en particulier) les Groenlandais sont exposés à certains contaminants, plus que la moyenne des humains, et souvent excessivement par rapport aux recommandations de l'OMS ou de la Commission européenne. C'est le cas pour les polluants organochlorés (dioxines, furanes, PCB…) et pour des métaux toxiques tels que le plomb, le cadmium, le mercure et le sélénium par exemple[27].

Répartitions spatiale des hommes et des activités[modifier | modifier le code]

Article connexe : Liste des villes du Groenland.

C'est sur la bande de terre montagneuse périphérique que l'on retrouve exclusivement les habitants. Le tableau ci-dessous liste les principales villes du pays en 2012 classées en fonction de leur population.

Axes de communication et transports[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Transport au Groenland.
Un cairn sur le chemin de Sisimiut, à quelques kilomètres de Kangerlussuaq.

Aucun réseau routier n'existe entre les différents villages, les glaciers et la ligne côtière, fortement découpée par les fiords, empêchent de construire des routes entre les localités. Seuls des ferrys, et plus rarement des avions, relient les villages entre eux en été. En hiver, des hélicoptères permettent d'assurer certains ravitaillements des villages pour la plupart isolés par la banquise.

Il existe néanmoins quelques rares itinéraires à travers la toundra, comme les deux cents kilomètres qui séparent Kangerlussuaq et Sisimiut, balisés par les Inuits grâce à des cairns (ou inuksuit). Ceux-ci étaient et sont encore parcourus en été par des marcheurs et parfois même des coureurs, et de plus en plus empruntés par les touristes en quête de treks (grandes randonnées) originaux.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Ce sont les anciens colons scandinaves qui ont donné au pays le nom de Groenland. Dans les sagas islandaises, il est dit que l'Islandais d'origine norvégienne Erik le Rouge fut chassé d'Islande pour meurtre. Avec sa famille élargie et ses esclaves (thrall), il partit à bord de navires pour explorer la terre glacée connue pour se situer au nord-ouest. Après avoir trouvé une zone habitable et s'y être installé, il l'a nommée Grœnland, littéralement « terre verte », soi-disant dans l'espoir que le nom serait agréable pour attirer des colons[29],[30],[31]. Le nom du pays en groenlandais est Kalaallit Nunaat (« terre des Groenlandais »).

Histoire[modifier | modifier le code]

Carte de Skálholt (1570).

L'histoire du Groenland est celle de la survie et de l'adaptation des hommes dans les conditions climatiques extrêmes de l'Arctique. La couverture de glace recouvrant environ 95 % du territoire, l'activité humaine est cantonnée aux seules régions côtières. Si le Groenland était inconnu des Européens jusqu’au milieu du Xe siècle[32], époque à laquelle il a été aperçu par un certain Gunnbjörn, puis colonisé par Éric le Rouge en 984 ou en 985 (« quinze hivers avant que le christianisme fût légalement adopté en Islande », dit la Saga des Groenlandais[33])[pas clair], il avait été habité auparavant pendant près de quatre millénaires par des peuples de l'Arctique (cultures du Dorset et de Saqqaq notamment). Lors de l'arrivée des Vikings qui y subsistèrent pendant plus de quatre siècles, il était en revanche très probablement inhabité. Les premiers arrivants avaient en effet disparu et les peuples inuits vivant actuellement au Groenland ne s'y sont établis qu'au début du XVIIIe siècle[34].

En 1491-1492, l’île est visitée par le navigateur portugais João Fernandes Lavrador.

Alors que les établissements vikings de la côte sud-ouest disparaissaient finalement au cours du XVe siècle du fait du refroidissement de plusieurs siècles appelé « petit âge glaciaire »[35], les Inuits y ont, quant à eux, survécu jusqu'à nos jours. Ils ont développé une société capable de vivre sous un climat très rude. Ainsi, ils demeurèrent pendant plusieurs siècles le seul peuple à habiter l'île. Au XVIIIe siècle, le Royaume de Danemark et Norvège fit cependant valoir ses droits sur le territoire, alors que l'on était sans nouvelle des Vikings partis coloniser l’île depuis plusieurs siècles. Craignant qu'ils ne fussent retombés dans le paganisme, les autorités danoises organisèrent une expédition missionnaire en 1721. Ne trouvant aucun descendant des Vikings groenlandais, les membres de l'expédition se consacrèrent à la conversion des Inuits et à l'établissement de colonies commerciales le long de la côte. L’île repassa donc sous domination scandinave et conserva son statut de colonie jusqu'en 1953. Durant la Seconde Guerre mondiale, le Groenland se détacha socialement et économiquement du Danemark, alors occupé par les Allemands. En revanche, de nombreux liens se créèrent avec les États-Unis et le Canada. Après la guerre, le Danemark reprit le contrôle du Groenland, mais dut transformer son statut en 1953 : de colonie, il passa à celui de comté d'outre-mer, avant d'acquérir l'autonomie interne en 1979. Enfin, en 1985, les habitants décidèrent de quitter la CEE à laquelle le Danemark avait adhéré en 1973.[réf. nécessaire]

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Politique au Groenland.

Le royaume du Danemark est une monarchie constitutionnelle, dans laquelle la reine Margrethe II est la chef d'État. Le monarque conserve officiellement le pouvoir exécutif et préside le Conseil d'État (conseil privé)[36],[37]. Cependant, à la suite de l'introduction d'un système de gouvernement parlementaire, les devoirs du monarque sont depuis devenus strictement représentatifs et cérémonieux[38], comme la nomination formelle et la révocation du Premier ministre et d'autres ministres dans le gouvernement exécutif. Le monarque n'a pas à répondre de ses actes, et la personne du monarque est sacrosainte[39].

Organisation des pouvoirs[modifier | modifier le code]

Le , a été organisé un référendum consultatif portant sur l'autonomie de l'île, où les habitants ont très majoritairement voté en faveur d'un plan d'autonomie vis-à-vis du Danemark. Selon des résultats officiels définitifs, 75,5 % des suffrages exprimés étaient en faveur d'un régime d'autonomie élargie. Le nouveau régime, soutenu par Copenhague, prévoit, entre autres, de donner au Groenland le pouvoir sur sa police, ses tribunaux et ses garde-côtes, de faire du groenlandais, qui est une langue inuite, la langue officielle. Il accorde également aux Groenlandais le droit de contrôle sur leurs propres ressources (pétrole, gaz, or, diamants, uranium, zinc, plomb). Le texte, soumis à la population, proposait, au total, des transferts de compétence dans trente domaines. Il est entré en vigueur le , jour de la fête nationale du Groenland. Néanmoins, seules les dispositions qui relèvent des compétences transférées dans le statut d'autonomie de 1978 s'appliquent. En particulier, la politique étrangère, la défense nationale, la politique monétaire constituent un domaine conservé par le pouvoir central danois[40]. Les Groenlandais peuvent participer à des négociations internationales sur des sujets qui les concernent exclusivement, sauf sur les questions de défense et de sécurité. Cet accord ne limite pas les pouvoirs constitutionnels du Danemark. Il est réaffirmé que les affaires internationales, la défense et la politique de sécurité sont affaires du Royaume de Danemark. En outre, le gouvernement du Groenland peut envoyer des représentants au sein des missions diplomatiques danoises à l'étranger pour faire valoir les intérêts groenlandais. Enfin, tout projet de loi concernant le Groenland doit faire l'objet d'observations de la part du Parlement groenlandais avant que le Folketing (le Parlement danois) n'adopte (ou ne refuse) le texte. Ce procédé concerne aussi les projets d'ordonnance administrative, auquel cas c'est le gouvernement groenlandais qui se charge de l'observation.

En cas de doute dans la dévolution des pouvoirs, une cour constituée de deux représentants du gouvernement danois, deux représentants du gouvernement groenlandais et trois membres de la Cour suprême danoise nommés par le président de celui-ci doivent trancher. Si aucun accord n'est trouvé, les membres de la Cour Suprême ont le dernier mot[41].

Découpage territorial[modifier | modifier le code]

Découpage administratif du Groenland depuis le , avec les quatre municipalités (en gris) et le Parc national du Nord-Est du Groenland (en orange).

Le Groenland est divisé, à la suite d'une réforme territoriale entrée en vigueur le , en quatre municipalités seulement[42] : Kujalleq, Qaasuitsup, Qeqqata et Sermersooq. À ces quatre municipalités s'ajoutent les zones non incorporées du Parc national du Nord-Est du Groenland et de la base aérienne de Thulé, enclave de la municipalité de Qaasuitsup.

Des élections municipales sont organisées tous les quatre ans au système proportionnel pour élire les membres des conseils municipaux[42]. Les maires sont ensuite élus, de manière indirecte, par les conseils municipaux[42]. Les municipalités étant extrêmement étendues, les conseils municipaux peuvent décider d’établir des conseils villageois dans certaines parties de leur territoire[43]. Comptant peu de membres – généralement entre trois et cinq – ils sont également élus pour une période de quatre ans au suffrage universel[43].

Tendances politiques, partis et élections[modifier | modifier le code]

Institutions[modifier | modifier le code]

Le se sont déroulées les élections législatives, moins de deux ans après les précédentes. Ce scrutin anticipé est une conséquence de la suspension de la Première ministre Aleqa Hammond, qui a quitté le pouvoir en raison d'un scandale financier[44]. Le parti du gouvernement sortant, Siumut, remporte la majorité des suffrages soit 34,3 % des voix et perd trois députés, ce qui le place à égalité avec le principal parti d'opposition Inuit Ataqatigiit qui remporte 33,2 % des voix[45]. Siumut remporte cependant un pourcentage légèrement supérieur des suffrages, et son chef Kim Kielsen forme un gouvernement de coalition avec les Démocrates[46].

Lars-Emil Johansen est président du Parlement depuis 2013[47].

Importance stratégique et militaire[modifier | modifier le code]

Une importante base militaire américaine intégrée à l'OTAN se situe à Thulé. Elle existe depuis 1941. Elle est intégrée à l'OTAN en 1951. En 1961 l'effectif atteint 10 000 personnes. C'est à cette époque qu'est construit un radar du Ballistic Missile Early Warning System (BMEWS), c'est-à-dire un élément stratégique de la défense antimissiles des États-Unis (12th Space Warning Squadron, 22d Space Operations Squadron). La base de Thulé a été très active pendant la Guerre froide. Un vol de bombardier armé d'armes nucléaires, non déclaré au Danemark, s'est écrasé au Groenland en janvier 1968 (Accident de Thulé). Il dissémine quatre bombes, dont l'une semble n'avoir jamais été retrouvée[48]. En 2004 le gouvernement danois a signé un accord avec les États-Unis autorisant le renforcement de la base pour la modernisation du système antimissiles. Il existe aux États-Unis une conscience aiguë de l'importance du Groenland. Le journaliste John J. Miller déclare : « C’est une honte qu’un pays aussi insignifiant que le Danemark puisse tenir une telle place à propos d’un aspect aussi essentiel pour la sécurité des États-Unis[49]. »

De 1958 à 1966, les États-Unis ont déployé au Groenland, à 200 km de la base de Thulé, un projet nommé Iceworm[50] qui consistait à créer un réseau de centaines de kilomètres de tunnels sous-glaciers pour déployer des dizaines de missiles nucléaires mobiles. L’implantation a commencé à Camp Century avec une logistique fournie par un réacteur nucléaire mobile. Le projet a été abandonné à cause de problèmes de stabilité des tunnels. L’ensemble a été présenté à l’époque, notamment par le gouvernement danois, comme un projet scientifique de recherches polaires[51].

Le nouveau secrétaire général de cette organisation est Anders Fogh Rasmussen ancien premier ministre du Danemark de 2001 à 2009.

Appartenance à des organisations internationales[modifier | modifier le code]

En tant que territoire autonome, le Groenland est membre du Conseil nordique. Cependant le Danemark le représente auprès du Conseil arctique. À l'occasion du référendum consultatif du , le Groenland a souhaité modifier ses relations avec l’Union européenne. Il s'agissait de ne pas être soumis à certaines contraintes de la CEE, en particulier pour protéger son industrie de pêche. Ce souhait a donné lieu à une demande du Danemark présentée à la Communauté européenne. À la suite de l'acceptation de celle-ci en 1984, un traité modifiant les traités instituant les communautés européennes en ce qui concerne le Groenland a été signé. Le Groenland a été retiré des accords sur le charbon et l'acier, ainsi que des accords sur l'énergie atomique. Il a été placé sur la liste des territoires d'outre-mer associés à la Communauté européenne (devenue Union européenne). En 2006, le Conseil européen se prononce sur les relations entre l'Union européenne, d'une part, et le Groenland et le Royaume de Danemark, d'autre part. Il a notamment été déclaré : « La Communauté européenne a un intérêt durable, sur un plan géostratégique, à tisser des relations privilégiées avec son voisin groenlandais, qui est partie intégrante de l’un de ses États membres, et à participer au bien-être et au développement économique de ce territoire[52]. »

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2012, la population comprenait 56 749 habitants[28]. Le Groenland possède l'un des taux de suicide les plus élevés du monde[53].

Évolution de la démographie entre 1961 et 2003 (chiffres de la FAO, 2005 en millier d'habitants).

Religions[modifier | modifier le code]

La plupart des villages du Groenland, y compris Nanortalik, ont leur propre église.

Les Inuits nomades étaient traditionnellement chamanistes, avec une mythologie bien développée. Ils s'inquiétaient principalement d'apaiser le courroux de la déesse de la mer sans doigts qui contrôlait le succès de la chasse aux phoques et à la baleine.

Les premiers colons scandinaves étaient païens, mais le fils d'Erik le Rouge, Leif, a été converti au christianisme catholique par le roi Olaf Trygvesson lors d'un voyage en Norvège en 999 et le monarque a envoyé des missionnaires au Groenland. L'arrivée de ceux-ci a eu pour conséquence l'établissement de seize paroisses, de monastères et d'un évêché à Gardhar.

La redécouverte de cette colonie et la diffusion de la Réforme protestante figurent parmi les principales raisons de la recolonisation danoise au XVIIIe siècle. Sous le patronage de la Mission Collège royal à Copenhague, des luthériens norvégiens et danois ainsi que des missionnaires moraves allemands ont cherché les établissements scandinaves manquants. En l'absence de survivants des colonies scandinaves, les religieux ont commencé à prêcher aux Inuits. Hans et Poul Egede, ainsi que Matthias Stach, sont les principales figures de la christianisation du Groenland . Le Nouveau Testament a été traduit de manière fragmentaire dès l'époque de la première colonie sur l'île Kangeq, mais la première traduction de la Bible ne fut achevée qu'en 1900. Une traduction améliorée en utilisant l'orthographe moderne a été achevée en 2000.

Aujourd'hui, la principale religion est le christianisme protestant et la plupart des croyants appartiennent à l'Église luthérienne du Danemark. Bien qu'il n'y ait pas de données officielles du recensement sur la religion au Groenland, l'évêque luthérien du Groenland Sofie Petersen estime que 85% de la population groenlandaise sont membres de sa congrégation. Le premier musulman rapporté au Groenland, Wassam Azaqeer, a fait les manchettes à travers le monde quand il a observé le Ramadan à Nuuk, ce qui l'obligeait à jeûner pendant 21 heures consécutives.

Langues[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Groenlandais et Langues au Groenland.

Le groenlandais et le danois ont tous les deux été utilisés dans les affaires publiques depuis la mise en place de l'autonomie interne en 1979 ; la majorité de la populations est bilingue. Le groenlandais est devenu la seule langue officielle en juin 2009[1]. L'orthographe du groenlandais a été établi en 1851[54] et révisé en 1973, et le pays a un taux d'alphabétisation de 100 %[55].

Dans la pratique, le danois est encore largement utilisé dans l'administration et dans l'enseignement supérieur et reste également la première ou la seule langue pour certains immigrants danois à Nuuk et dans d'autres villes. Il y a un débat constant sur le rôle du groenlandais et du danois dans la société future. Environ 12 % de la population a le danois comme langue maternelle, en particulier les immigrants danois au Groenland, dont beaucoup occupent des postes tels qu'administrateurs, professionnels, universitaires ou ouvriers qualifiés. Alors que le groenlandais est dominant dans tous les villages, une partie de la population inuite ou d'ascendance mixte, en particulier dans les villes, parle le danois. La plupart de la population inuite a le danois comme langue seconde. Dans les grandes villes, en particulier à Nuuk, et dans les classes sociales plus élevées, les danophones constituent encore un grand groupe. Tandis qu'une stratégie vise à promouvoir le groenlandais dans la vie publique et dans l'éducation, en développant son vocabulaire et sa pertinence pour tous les contextes complexes, cette approche est étiquetée de « groenlandisation » par ses opposants qui ne souhaitent pas que le groenlandais devienne l'unique langue nationale.

L'anglais est une langue importante pour le Groenland, enseignée dans les écoles dès la première année scolaire[56].

Éducation[modifier | modifier le code]

Le système d'éducation est calqué sur le système danois. L'école publique du Groenland est, comme au Danemark, sous la juridiction des municipalités : ce sont donc des écoles municipales. L'assemblée législative précise les normes autorisées pour les contenus dans les écoles, mais les administrations municipales décident des modalités du fonctionnement des écoles placées sous leur responsabilité. L'éducation est gratuite et obligatoire pour les enfants âgés de sept à seize ans. L'effort financier consacré à l'éducation est aujourd'hui très important (11,3 % du PIB). L'article 1 de l'Ordonnance du gouvernement relative aux écoles publiques (modifiée au 6 juin 1997) impose le groenlandais comme langue d'enseignement. L'éducation est régie par le règlement no 10, du 25 octobre 1990, concernant l'enseignement primaire et secondaire du premier cycle. Ce règlement a été modifié par le règlement no 8 du 13 mai 1993 et le règlement no 1 du 1er mars 1994. En vertu du règlement no 10 du 25 octobre 1990, l'intégration linguistique dans les écoles primaires et secondaires du premier cycle est devenue obligatoire pour tous les élèves. L'objectif est de placer les élèves de langue groenlandaise et ceux de langue danoise dans les mêmes classes, alors que, auparavant, ils étaient répartis dans des classes séparées en fonction de leur langue maternelle. En même temps, le gouvernement garantit aux danophones de pouvoir apprendre le groenlandais. Le gouvernement groenlandais désire ainsi donner la même formation linguistique, culturelle et sociale à tous les élèves, tant ceux d'origine groenlandaise que danoise. Une étude, qui a été réalisée au cours d'une période d'essai de trois ans, est arrivée à la conclusion que cette politique avait obtenu des résultats positifs. C'est cette politique de bilinguisme qui est en vigueur depuis 1994.

Une centaine d'établissements scolaires ont été créés. Le groenlandais et le danois y sont enseignés. Normalement, le groenlandais est enseigné de la maternelle à la fin du secondaire, mais le danois est obligatoire dès le premier cycle du primaire comme langue seconde. Comme au Danemark avec le danois, le système scolaire prévoit des cours de « Groenlandais 1 » et des cours de « Groenlandais 2 ». Des tests linguistiques autorisent les élèves à passer d'un niveau à l'autre. Selon l'évaluation des enseignants à l'égard de leurs élèves, un troisième niveau de cours a été ajouté : le « Groenlandais 3 ». Au Groenland, l'enseignement secondaire correspond généralement à une formation professionnelle et un enseignement technique. Le système est régi par le règlement no 16 du 28 octobre 1993 relatif à la formation professionnelle et l'enseignement technique, les bourses d'études et l'orientation professionnelle. Le danois reste la principale langue d'enseignement. La capitale, Nuuk, abrite un collège (bilingue) de formation des maitres et une université (bilingue). À la fin de leurs études, tous les étudiants doivent passer avec succès un test en langue groenlandaise.

Un enseignement supérieur est offert au Groenland : « formation universitaire » (règlement no 3 du 9 mai 1989) ; formation des journalistes, la formation des enseignants de l'école primaire et secondaire du premier cycle, la formation des travailleurs sociaux, la formation des éducateurs sociaux (règlement no 1 du 16 mai 1989) ; et formation d'aides-soignants et d'infirmiers (règlement no 9 du 13 mai 1990). Les élèves groenlandais peuvent poursuivre leur scolarité au Danemark, s'ils le désirent et en ont les moyens financiers. Pour être admis dans les établissements d'enseignement danois, les candidats groenlandais sont placés sur un pied d'égalité avec les candidats danois. Des bourses d'études sont accordées aux élèves groenlandais admis dans les établissements d'enseignement du Danemark. Pour avoir droit à ces bourses, le candidat ou la candidate doit avoir la citoyenneté danoise et avoir une résidence permanente au Groenland depuis au moins cinq ans. La durée totale des séjours effectués hors du Groenland ne peut pas être supérieure à trois années.

Médias[modifier | modifier le code]

Le Teletårnet à Nuuk.

Kalaallit Nunaata Radioa (KNR) est l'entreprise de radiotélévision publique du Groenland. Elle est membre-associée de l'Eurovision et membre-associée du réseau Nordvision. Près d'une centaine de personnes sont directement employées par cette entreprise qui compte parmi les plus importantes du territoire[57]. La ville de Nuuk dispose également d'une chaîne de télévision locale, Nuuk TV, créée le . Il s'agit de la plus grande station de télévision locale au Groenland, pouvant toucher plus de 4 000 ménages en tant que membres réceptionnaires, ce qui correspond à environ 75 % de tous les ménages dans la capitale[58].

Aujourd'hui seuls deux journaux sont publiés au Groenland, tous deux sont distribués nationalement. L'hebdomadaire groenlandophone Sermitsiaq est publié tous les vendredis, tandis que la version en ligne est mise à jour plusieurs fois dans la journée. Il était distribué uniquement à Nuuk jusque vers les années 1980. Son nom vient de la montagne Sermitsiaq, située à environ 15 kilomètres au nord-est de Nuuk. Le bihebdomadaire Atuagagdliutit/Grønlandsposten (AG) est l'autre journal du Groenland, publié tous les mardis et tous les jeudis en groenlandais sous le nom de Atuagagdliutit et en danois sous le nom du Grønlandsposten. Les articles sont tous publiés dans les deux langues.

Sport[modifier | modifier le code]

Le footballeur Jesper Grønkjær évolue en tant qu'ailier ou milieu droit ; sa rapidité surprenante et sa technique le rendent difficilement saisissable[réf. nécessaire].
Article détaillé : Sport au Groenland.

Le sport est une partie importante de la culture groenlandaise, la population étant généralement assez active[59]. Les principaux sports traditionnels au Groenland sont les sports de l'Arctique, une forme de lutte probablement originaire de l'époque médiévale.

Les sports les plus populaires sont le football, l'athlétisme, le handball et le ski. Le handball est souvent désigné comme le sport national[60], et l'équipe du Groenland de handball masculin a été classée parmi les 20 premières dans le monde en 2001. Les Groenlandaises excellent au football par rapport aux autres danoises.

Le Groenland présente d'excellentes conditions pour le ski, la pêche, le surf des neiges, l'escalade glaciaire et l'escalade, mais l'alpinisme et la randonnée sont préférés par le public en général. Bien que l'environnement du pays soit généralement mal adapté pour le golf, il existe néanmoins des terrains de golf sur l'île . Le Groenland accueille le plus grand multisports d'une biennale internationale du monde et événement culturel pour les jeunes de l'Arctique pour la deuxième fois en 2016[61].

Le football est le sport national du Groenland. L'organe directeur, la Fédération du Groenland de football (Kalaallit Nunaanni Arsaattartut Kattuffiat), n'est pas encore membre de la FIFA en raison de désaccords en cours avec Sepp Blatter. Cependant, il est le 17e membre de la NF-Board.

La plus ancienne association sportive au Groenland est la Fédération de ski du Groenland, fondée en 1969. Ce qui est arrivé quand le Président de la commutation GIF Daniel a obtenu réformé connecté et pris l'initiative de fédérations trouvés. La fédération de ski du Groenland est plus tard divisée en ski alpin et le ski de comité de sélection. La fédération n'est pas membre de la Fédération internationale de ski (FIS), mais les skieurs groenlandais ont participé aux Jeux olympiques et aux championnats du monde sous le drapeau danois en 1968, 1994, 1998 et en 2014[62].

En janvier 2007, le Groenland a pris part au championnat du monde de handball masculin en Allemagne, terminant 22e sur un total de 24 équipes nationales.

Le Groenland participe à la biennale des Jeux des îles, ainsi qu'à la biennale des Jeux d'hiver de l'Arctique. En 2002, Nuuk a accueilli les Jeux d'hiver de l'Arctique en liaison avec Iqaluit, au Nunavut[63]. De plus en 2002 et auparavant en 1994, ils ont remporté le trophée Hodgson pour l'esprit sportif[64].

Économie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Économie du Groenland.
1 couronne du Groenland, 1913.

La pêche représente 95 % des exportations. Il existe un accord de partenariat en matière de pêche entre la Communauté européenne, d’une part, et le gouvernement du Danemark et le gouvernement local du Groenland. Le Groenland présente un fort potentiel minier et pétrolier. Ses eaux côtières recèleraient des réserves de pétrole équivalentes à la moitié de celles de la mer du Nord. Le réchauffement climatique va faciliter l'accès à ces ressources. L'US Geological Survey estime les réserves pétrolières à la moitié de celle de l'Arabie saoudite[65]. Cela représenterait environ 10 % des réserves mondiales connues. Les réserves de gaz sont importantes, mais elles n'ont pas été évaluées précisément. Le groupe américain Alcoa envisage l'implantation d'une grande usine d'aluminium sur la côte ouest (Maniitsoq)[66]. Elle pourrait occuper 5 000 personnes à la construction[67], et créer environ 700 emplois. L'investissement prévu est de l'ordre de trois milliards d'euros[68]. La date prévue de mise en service est 2014. Ce projet suscite d'ores et déjà un conflit avec le Danemark. Le gouvernement groenlandais souhaite que les droits d'émission de gaz à effet de serre soient ceux d'un pays en voie de développement. Actuellement ce sont les règles danoises qui s'appliquent. Elles impliquent une pénalisation de la production de gaz à effet de serre[69].

À la pointe sud de l'île, dans le sous-sol du plateau surplombant la ville de Narsaq, la compagnie australienne Greenland Minerals and Energy Ltd a découvert ce qui pourrait être le plus grand gisement mondial de métaux rares. L'exploitation des richesses du sous-sol est une perspective à double tranchant : elle ouvre la possibilité de s'affranchir de la tutelle danoise, mais, ce faisant, menace l'environnement et les traditions[réf. nécessaire].

Culture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Culture du Groenland.

La lecture des œuvres de Jorn Riel, un Danois qui a vécu lui-même au Groenland pendant de nombreuses années, offre une excellente représentation des modes de vie des Groenlandais et des Inuits. Une grande partie de la population, surtout urbaine, parle ou comprend l'anglais, qui est la seule langue étrangère enseignée et parlée, avec le danois, qui était langue officielle[1]. En première ou seconde langue, vu le statut international de l'anglais, au niveau du tourisme, de la proximité avec le Canada ou les États-Unis, les échanges avec les autres Inuits qui vivent au Canada, le nombre de locuteurs anglophones dépasse sans doute les locuteurs danophones. L'anglais est enseigné dès l'école primaire.

La littérature groenlandaise écrite commence dès la fin du XIXe siècle, alors que le taux d'alphabétisation atteint presque 100 %. Au début du XXe siècle, les premiers romans (Le rêve groenlandais de Mathias Storch et Trois cents ans après d'Augo Lynge) sont des utopies sociales dont l'action se situe dans le futur. Aujourd'hui, le poète Aqqaluk Lynge (Des veines du cœur au sommet de la pensée) et les romanciers Kelly Berthelsen (Je ferme les yeux pour couvrir l'obscurité) et Niviaq Korneliussen (HOMO sapienne) témoignent plutôt de la révolte politique et du désarroi des Groenlandais face aux difficultés sociales et à l'incertitude de leur identité. La plupart des œuvres groenlandaises sont traduites en danois, mais peu le sont dans d'autres langues. Depuis quelques années, certains auteurs ont été publiés en français, tels Aqqaluk Lynge, Augo Lynge, Mathias Storch et Kelly Berthelsen.

Thulé est la ville la plus anglophone du Groenland, car une base militaire américaine est située juste à côté de la ville. Généralement, les personnalités politiques et les élites maitrisent parfaitement l'anglais.

Codes[modifier | modifier le code]

Le Groenland a pour codes :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le Groenland s'étend sur les fuseaux horaires UTC -1 à UTC -4, mais UTC -2 n'est pas utilisé, et la région de Danmarkshavn est à UTC+0. Seule la région d'Ittoqqortoormiit (UTC -1) observe l'heure d'été européenne.
  2. Prononcé [ɡʁɔɛnlɑ̃ːd], parfois orthographié « Groënland » (Cf. Jean-Marie Pierret, Phonétique historique du français et notions de phonétique générale, Louvain-la-Neuve, Peeters, (lire en ligne), p. 107.).

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Depuis 2009, le groenlandais est la langue officielle : Débat linguistique Québec-Groenland, 13 août 2012.
  2. « Article 3 : Traité modifiant les traités instituant les communautés européennes en ce qui concerne le Groenland, signé le 13 mars 1984 », sur Journal officiel des Communautés européennes,‎ (consulté le 20 décembre 2013).
  3. The Fate of Greenland's Vikings, by Dale Mackenzie Brown, Archaeological Institute of America, 28 February 2000
  4. (en) « Joshua Calder's World Island Information », Worldislandinfo.com (consulté le 6 septembre 2010)
  5. (kl) « Inuit amerliartornerilu 1901-2016 kingorna piffissaq, art aamma inunngorfik », sur www.stat.gl, Naatsorsueqqissaartarfik (consulté le 14 mai 2016)
  6. (en) « Population density (people per sq. km of land area) », The World Bank (consulté le 3 novembre 2012)
  7. (en) « Saqqaq-kulturen kronologi », National Museum of Denmark (consulté le 2 août 2013)
  8. (en) Saillard J, Forster P, Lynnerup N, Bandelt HJ, Nørby S, « mtDNA variation among Greenland Eskimos: the edge of the Beringian expansion », American Journal of Human Genetics, vol. 67, no 3,‎ , p. 718–726 (PMID 10924403, PMCID 1287530, DOI 10.1086/303038)
  9. Article 1 du traité modifiant les traités instituant les Communautés européennes en ce qui concerne le Groenland, signé le 13 mars 1984, publié le 1er février 1985 dans le Journal officiel de la Communauté européenne.
  10. Article 5 du traité modifiant les traités instituant les Communautés européennes en ce qui concerne le Groenland, signé le 13 mars 1984, publié le 1er février 1985 dans le Journal officiel des Communautés européennes.
  11. Protocole sur le régime particulier applicable au Groenland. Annexe du Traité modifiant les traités instituant les communautés européennes en ce qui concerne le Groenland, signé le 13 mars 1984, publié le 1er février 1985 dans le journal officiel de la communauté européenne.
  12. « Loi numéro 473 du 12 juin 2009 » (consulté le 27 février 2014).
  13. « IPCC Climate Change 2001: Working Group I: The Scientific Basis », Grida.no (consulté le 6 septembre 2010).
  14. « The Island of Greenland », sur Hidden Journeys – explore the world from the air (consulté le 8 juillet 2014).
  15. « Demographic Yearbook – Table 3: Population by sex, rate of population increase, surface area, and density », United Nations Statistics Division, United Nations,‎ (lire en ligne [PDF]).
  16. « Un canyon géant sous la calotte glaciaire du Groenland », sur Le Figaro,‎ (consulté le 30 août 2013).
  17. MNT GTOPO30 - traitement ImageJ.
  18. (en) Göran Ekström, Meredith Nettles et Victor C. Tsai, « Seasonality and Increasing Frequency of Greenland Glacial Earthquakes », Science,‎ , p. 1756-1758 (lire en ligne).
  19. (en) « Greenland Climate Charts Index », sur climate-charts.com (consulté le 8 juillet 2014).
  20. « Record de froid frôlé au Groenland ! », sur lachainemeteo.com,‎ (consulté le 12 mars 2013).
  21. (en) « Western Hemisphere: Lowest Temperature », sur wmo.asu.edu (consulté le 20 décembre 2013).
  22. (en) « Satellites See Unprecedented Greenland Ice Sheet Surface Melt », sur nasa.gov (consulté le 8 juillet 2014).
  23. « Sa calotte glaciaire a presque entièrement fondu », sur Le Figaro,‎ (consulté le 12 mars 201).
  24. « La quasi-totalité de la calotte glaciaire a fondu », sur Le Point,‎ (consulté le 12 mars 201).
  25. (en) « Qinngua Valley », Wondermondo (consulté le 20 décembre 2013).
  26. Documentation de l'Arboretum Groenlandicum, Narsarsuaq.
  27. P. Johansen, T. Pars et P. Bjerregaard, « Lead, cadmium, mercury and selenium intake by Greenlanders from local marine food », Science of The Total Environment, vol. 245, no 1–3,‎ , p. 187-194.
  28. a et b (fr) Naatsorsueqqissaartarfik, « Population dans les communes au 1er janvier par commune, âge, sexe et lieu de naissance 1977-2012 » (consulté le 5 février 2013).
  29. « Eirik the Red's Saga », Gutenberg.org,‎ (consulté le 26 février 2014).
  30. (en) « How Greenland got its name », sur The Ancient Standard (consulté le 2 janvier 2012).
  31. (en) Grove, Jonathan, « Norse Greenland: Selected Papers of the Hvalsey Conference 2008 », Journal of the North Atlantic Special Volume 2,‎ , p. 30 (lire en ligne).
  32. (en) « The Fate of Greenland's Vikings » (consulté le 8 juin 2013).
  33. Traduction de Régis Boyer, La Pleïade, Sagas islandaises
  34. Saillard J, Forster P, Lynnerup N, Bandelt HJ, Nørby S, « mtDNA variation among Greenland Eskimos: the edge of the Beringian expansion », American Journal of Human Genetics, vol. 67, no 3,‎ , p. 718–726 (PMID 10924403, DOI 10.1086/303038).
  35. Episode évoqué dans le roman de Bernard du Boucheron, Court serpent, Paris, éditions Gallimard, coll. « Folio », , 160 p. (ISBN 978-2070321032)
  36. "The executive power is vested in the King." The Constitution of Denmark – Section 3..
  37. "The body of Ministers shall form the Council of State, in which the Successor to the Throne shall have a seat when he is of age. The Council of State shall be presided over by the King..." The Constitution of Denmark – Section 17..
  38. The Monarchy todayThe Danish Monarchy (kongehuset.dk). Access date: 16 June 2012.
  39. "The King shall not be answerable for his actions; his person shall be sacrosanct." The Constitution of Denmark – Section 13..
  40. « DANEMARK », sur Sénat français (consulté le 8 juillet 2014).
  41. « Lov om Grønlands Selvstyre. Texte de la Loi sur l'autonomie du Groenland. » (consulté le 8 juillet 2014).
  42. a, b et c « Elections au Groenland », sur elections-en-europe.net (consulté le 12 juillet 2015).
  43. a et b « Elections au Danemark », sur elections-en-europe.net (consulté le 12 juillet 2015).
  44. « Élections législatives au Groenland », sur Le Figaro,‎ (consulté le 13 juillet 2015).
  45. (en) « Greenland's ruling party to seek coalition after narrow election win »,‎ (consulté le 29 novembre 2014).
  46. (kl) « Naalakkersuisoqarfiit », sur Naalakkersuisut (consulté le 13 juillet 2015).
  47. (kl) « CV Lars-Emil Johansen », sur Inatsisartut (consulté le 13 juillet 2015).
  48. Selon un reportage de la télévision BBC news le 10 novembre 2008 par Gordon Corera.[réf. insuffisante].
  49. (en) John J. Miller, dans NRO (national review onLine), 2001.
  50. Weiss, Erik D, « Cold War Under the Ice: The Army's Bid for a Long-Range Nuclear Role, 1959-1963 », Journal of Cold War Studies, vol. 3, no 3,‎ , p. 31-58.
  51. Il est révélé ultérieurement que le gouvernement danois n’avait pas été mis au courant de la nature du projet Iceworm (Grønland under den kolde krig. Dansk og amerikansk sikkerhedspolitik 1945-68, København: Dansk Udenrigspolitisk Institut, 1997, p. 319-325).
  52. (en) « Décision du Conseil européen »,‎ (consulté le 8 juillet 2014).
  53. (en) Al Jazeera, « Rising suicide rate baffles Greenland »,‎ (consulté le 20 décembre 2012).
  54. Kleinschmidt, Samuel 1968 (1851): Grammatik der grønlændischen Sprache : mit teilweisem Einschluss des Labradordialekts. Hildesheim : Olms, 1968.
  55. (en) « Greenland », CIA World Factbook,‎ (consulté le 5 novembre 2009)
  56. (en) « Travelling in Greenland », Greenland Representation to the EU, Greenland Home Rule Government,‎
  57. « Informations sur KNR »
  58. « Site de Nuuk TV »
  59. Wilcox and Latif, p. 109.
  60. Wilcox and Latif, p. 110.
  61. Wilcox and Latif, p. 111.
  62. « Ski forbundet », gif.gl.
  63. « Arctic Winter Games », Gif.gl (consulté le 6 août 2011).
  64. « Hodgson Trophy Winners », Arcticwintergames.org (consulté le 6 août 2011).
  65. (en) US Geological Survey de 2001.
  66. (en) Omar R. Valdimarsson, « Greenland Courting Alcoa to Build Smelter, Finance Minister Says », sur Bloomberg,‎ (consulté le 8 juillet 2014).
  67. Protocole d'accord entre Alcoa et le gouvernement autonome du Danemark, signé le 26 mai 2007.
  68. (en) « Greenland postpones decision on Alcoa plant-paper », sur Reuters,‎ (consulté le 20 décembre 2013).
  69. Berlingske Tidende, , (Premier ministre groenlandais Kuupik Kleist) : Le Groenland se réserve le droit de ne pas participer à l'accord sur le climat, si les conditions de l'accord se traduisent par des sanctions sur des pays comme le Groenland, qui essayent de se développer et de renforcer leur peuple et leur société.

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Il existe une catégorie consacrée à ce sujet : Groenland.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) David Cranz, Historie von Grönland, enthaltend die Beschreibung des Landes und der Einwohner etc., insbesondere die Geschichte der dortigen Mission der Evangelischen Brüder zu Neu-Herrnhut und Lichtenfels. 2. Auflage. Ebers, Barby 1770.
  • Le Groenland, Colonie du Danemark : notes géographiques, historiques et sociales, édité par le Commissariat général de Danemark pour l'Exposition coloniale internationale de Paris en 1931 - Imprimerie Gauthier-Villars & Cie, 14 p. & 1 carte
  • Damien Degeorges, « Le Groenland : enjeux et nouveaux défis », Nordiques, nr. 14 (2007), Institut Choiseul.
  • Georges Bayard, « Moi, Eric Le Rouge », (1988), Casterman, Moi, Mémoires.
  • (de) Michael Harbsmeier, Stimmen aus dem äußersten Norden: wie die Grönländer Europa für sich entdeckten. Thorbecke, Stuttgart 2001. ISBN 3-7995-0610-1 (Sammlung alter Berichte aus dem 18. Jahrhundert)
  • (de) Harald Steinert, Tausend Jahre Neue Welt - Auf den Spuren der Wikinger in Grönland und Amerika. Deutsche Verlags-Anstalt, Stuttgart 1982. ISBN 3-421-06113-0

Liens externes[modifier | modifier le code]