Zone coréenne démilitarisée

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La zone militaire démilitarisée est en rouge et la ligne de démarcation militaire en noir. Il est indiqué les quatre tunnels d'agression découverts depuis 1974.

La zone coréenne démilitarisée, abrégée en DMZ (de l’anglais demilitarized zone, en Hangeul : 한반도 비무장지대, en Hanja : 韓半島非武裝地帶), créée le lors de la signature de l’armistice de Panmunjeom, est une étroite bande de terre servant de zone tampon entre la Corée du Nord et la Corée du Sud. D'une longueur de 248 km pour environ 4 km de large située de part et d'autre de la frontière entre les deux pays, elle coupe la péninsule coréenne suivant approximativement le 38e parallèle qui formait la ligne de démarcation intercoréenne avant le conflit.

Frontière fortement militarisée[modifier | modifier le code]

Zone minée (on estime le nombre de mines à 1 million)[1] et surveillée par 700 000 soldats nord-coréens et 410 000 soldats sud-coréens[1] aidés par la 2e division d’infanterie des États-Unis, avec qui la Corée du Sud a signé un pacte de sécurité, c’est l'un des rares vestiges de la Guerre froide, équivalente à l’ancien rideau de fer. La circulation des civils est également restreinte dans un no man's land de plusieurs kilomètres de part et d’autre de la DMZ[2]. Toutefois, deux convois ferroviaires — l’un parti du Nord et l’autre du Sud — ont franchi pour la première fois depuis cinquante-six ans la zone coréenne démilitarisée le 17 mai 2007[3]. L'aménagement de la zone industrielle de Kaesong est également vue comme un signe d'ouverture de cette frontière.

Le seul point de passage existant sur cette frontière est constitué par la Joint Security Area placée sous contrôle de l'ONU.

L’espace est couvert d’une épaisse forêt ponctuée de part et d’autre d’un chapelet continu de postes militaires particulièrement visible sur les photos aériennes. Il est truffé de souterrains, de batteries de canon, de kilomètres de barbelé, d'antennes et de miradors.

Les autorités nord-coréennes dénoncent la construction d’un mur de division en béton, d’une hauteur de 5 à 8 m, dans la zone démilitarisée côté sud. Des déplacements sont organisés pour montrer ce mur de division aux visiteurs étrangers en Corée du Nord. Côté sud, des terrasses permettent aux touristes et aux Sud-Coréens d’observer la zone démilitarisée[1].

Les tunnels d'agression[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Tunnels d'agression.

Depuis 1974, les autorités sud-coréennes découvrirent l'existence de quatre tunnels creusés sous la frontière par les nord-coréens dans le but semble t-il, d'infiltrer des troupes pour envahir le sud et tout particulièrement, Séoul[4]. Selon les experts, le nombre de tunnels pourrait en réalité en compter une vingtaine[5].

Sanctuaire pour la conservation d’espèces naturelles[modifier | modifier le code]

Article connexe : Parc involontaire.

Malgré les mines, la zone démilitarisée est devenue un sanctuaire pour la conservation de plusieurs espèces animales, notamment d’oiseaux migrateurs[6]. En période hivernale, des milliers de hérons et de grues blanches y séjournent[1] ; les associations de défense des animaux voudraient voir cet espace inscrit en zone protégée au patrimoine mondial de l’UNESCO[7].

En certaines zones, le tigre pourrait y être implanté pour sauver l'espèce de l'extinction : un tel projet concernerait une dizaine d'individus. Ce projet doit être au préalable soumis et étudié par les autorités des deux Corée. La zone étant clôturée et surveillée par des militaires, les tigres ne pourraient pas sortir de la zone, mais les mines posent problème. Elles sont dispersées immédiatement après la zone clôturée, sur une centaine de mètres, ce qui laisse un espace de quelque 3 km de large sur 248 km (au lieu des 4 km de large au départ). De plus, l'implantation du tigre dans cette zone est vue comme une arme aussi prédatrice que les mines, car il est un puissant prédateur qui s'attaque aux hommes, donc à des intrus potentiels. Il semble que des tigres soient déjà présents dans la zone, ainsi que des léopards de l'Amour, espèce en voie d'extinction, ainsi que de nombreuses panthères des neiges.

De nombreux félins sont tués par les mines chaque année, ainsi que d'autres animaux (dont des lapins, des cerfs, et des sangliers), mais les accidents diminuent ces dernières années, ce qui semble indiquer que les animaux sont conscients des zones de danger, et qu'ils ont établi leurs propres zones de vie[réf. souhaitée].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alexendra Novosseloff et Franck Neisse, Des murs entre les hommes, éditions la Documentation française, 2007.
  • Alexandra Novosseloff, « Des murs du XXe siècle, entre enfermement et repli sur soi : les nouvelles fractures de la mondialisation », Diplomatie magazine, no 41,‎ , p. 31-36.

Articles connexes[modifier | modifier le code]