Pravda

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Pravda
Правда
Image illustrative de l'article Pravda

Pays Drapeau de la Russie Russie
Langue Russe
Périodicité Trois fois par semaine
Format Grand format
Diffusion 100 300 ex. (2013)
Fondateur Lénine (Officiellement)
Date de fondation (calendrier julien)
(Officiellement)
Éditeur Parti communiste de la Fédération de Russie
Ville d’édition Moscou

Propriétaire Parti communiste de la Fédération de Russie
Rédacteur en chef Boris Komotsky
ISSN 0882-0325
Site web Pravda
Première page de la Pravda du 16 mars 1917

La Pravda (en russe Правда), « Vérité », est un journal soviétique écrit en russe. À l'époque de l'Union soviétique, il s'agissait d'une publication officielle du parti communiste (de 1918 à 1991). Après la chute de l'URSS, la rédaction du journal est dissoute par Boris Eltsine mais le titre est repris par des journalistes de l'ancienne structure et est depuis le journal officiel du Parti communiste KPRF, principale force d'opposition au président Poutine.

D'autres publications russes utilisent le mot Pravda comme le tabloïd Komsomolskaïa Pravda.

Origines[modifier | modifier le code]

La Pravda est fondée à Saint-Pétersbourg comme un journal des travailleurs le 22 avril / . Les bolcheviks commencent la publication légale du journal à Saint-Pétersbourg le dans un contexte tendu. 400 000 travailleurs font grève le premier mai 1913, et des lettres de travailleurs sont publiées, attisant la colère des ouvriers. La Pravda est considérée comme le successeur du journal socialiste Iskra par les communistes.

Lénine, qui contrôle le journal, place Joseph Staline dans l’équipe éditoriale. Celui-ci reste à ce poste jusqu’à son exil en 1913. Pendant cette période, la ligne éditoriale plus modérée du journal entre souvent en conflit avec Lénine, et les éditeurs refusent ou censurent parfois ses articles. Le gouvernement russe tente d’arrêter la publication du journal, mais les Bolcheviks disposent de plus de 40 000 lecteurs réguliers et d’un réseau de diffuseurs. La Pravda dépend du support financier des travailleurs.

Lénine vit alors à Cracovie et écrit de plus en plus d’articles, de tendance anti-tsariste croissante. Lorsque le journal est interdit, les Bolcheviks continuent à le distribuer illégalement.

La Pravda joue un rôle important dans la révolution. La révolution de Février 1917 permet à la Pravda de rouvrir. Peu de temps après sa libération en mars 1917, Staline retourne à son poste éditorial, en collaboration avec Lev Kamenev. Après le retour de Staline et Kamenev, la Pravda prend un ton plus conciliant à l’égard du gouvernement provisoire de Kerenski, ce qui déplaît aux lecteurs. Le mois suivant, les Thèses d'avril définissent l’analyse de Lénine sur la situation politique et les actions à mener. Lénine condamne fermement le gouvernement provisoire et la ligne éditoriale de la Pravda. Quelques jours plus tard, la Pravda change de ton, condamnant à son tour Alexandre Kerenski et les autres sympathisants du gouvernement provisoire, taxés de « contre-révolutionnaires ». Dès lors, la Pravda suit les directives éditoriales de Lénine. Après la révolution d'Octobre, la Pravda se vend à presque 100 000 exemplaires quotidiennement.

La période soviétique[modifier | modifier le code]

Les bureaux du journal sont transférés à Moscou le . La Pravda devient l’organe officiel du parti communiste de l'Union soviétique. Elle le restera jusqu’en 1991.

Plusieurs corps d’États et administrations avaient leurs journaux officiels. Par exemple, les Izvestia (traitant de la politique étrangère) sont l’organe du Soviet suprême, Troud est la publication du mouvement syndical, la Komsomolskaïa Pravda est celle de l’organisation de jeunesse Komsomol, tandis que la Pionerskaïa Pravda est celle des Jeunes pionniers.

Après la mort de Lénine, la Pravda devient un tremplin pour Nikolaï Boukharine, un des dirigeants du parti. Il y acquiert une réputation de théoricien politique. De même après la mort de Staline et le vide de pouvoir qui s’ensuit, Nikita Khrouchtchev utilise le contrôle éditorial de la Pravda pour obtenir le pouvoir face à Gueorgui Malenkov, l’éditeur des Izvestia.

Bien que le contenu de la Pravda soit étroitement contrôlé par ses éditeurs, il n'est pas impossible de déceler la vérité dans le journal parmi les articles de désinformation et de propagande. De nombreux lecteurs deviennent experts dans l’art de deviner la vérité. La formulation des articles est un indice important pour comprendre le message. Les nouvelles les plus importantes sont souvent mentionnées brièvement et placées dans des rubriques obscures. Les pages du verso contiennent souvent des informations plus avérées que les pages du recto. À la place d’une mauvaise nouvelle en URSS, le journal parle d’une série de désastres similaires dans d’autres pays.

La période post-soviétique[modifier | modifier le code]

Un groupe de journalistes a créé un site Internet dont le nom reprend celui du journal, sans qu'il y ait de lien légal direct entre les deux (le journal papier ayant été revendu à des investisseurs grecs).

En 1997, le journal a été racheté par le Comité central du Parti communiste de la Fédération de Russie. Son rédacteur en chef depuis 2009 est Boris Komotsky, membre du secrétariat du Comité central du Parti communiste et député à la Douma d'État de Russie depuis 2011.

Le 5 mai 2012, le journal fête ses 100 ans d'existence[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Retour aux sources pour la "Pravda" qui fête ses cent ans », sur Le Grand Soir,‎ 7 mai 2012

Liens externes[modifier | modifier le code]