Opération Ajax

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Opération Ajax
Description de cette image, également commentée ci-après

Partisans du Chah célébrant leur triomphe dans la capitale, 19 août 1953

Informations générales
Date -
Lieu Flag of Iran before 1979 Revolution.svg Iran
Issue Le premier ministre nationaliste Mohammad Mossadegh est remplacé par Fazlollah Zahedi et le pouvoir du Chah est renforcé.
Belligérants
Flag of Iran before 1979 Revolution.svg Partisans de Mohammad Reza Pahlavi

U.S. flag, 48 stars.svg États-Unis

Flag of the United Kingdom.svg Royaume-Uni

Flag of Iran before 1979 Revolution.svg Partisans de Mohammad Mossadegh Front National
Commandants
Flag of Iran before 1979 Revolution.svg Mohammad Reza Pahlavi

Flag of Iran before 1979 Revolution.svg Fazlollah Zahedi

Flag of Iran before 1979 Revolution.svg Abou al-Qassem Kachani

U.S. flag, 48 stars.svg Dwight D. Eisenhower

U.S. flag, 48 stars.svg Allen Dulles

U.S. flag, 48 stars.svg Kermit Roosevelt, Jr.

Flag of the United Kingdom.svg Winston Churchill

Flag of the United Kingdom.svg Anthony Eden

Flag of the United Kingdom.svg John Alexander Sinclair
Flag of Iran before 1979 Revolution.svg Mohammad Mossadegh

Flag of Iran before 1979 Revolution.svg Hossein Fatemi

Flag of Iran before 1979 Revolution.svg Abou al-Qassem Kachani

Flag of Iran before 1979 Revolution.svg Karim Sanjabi
Pertes
300-800 morts
Coordonnées 32° 25′ 40″ nord, 53° 41′ 17″ est

L’opération Ajax (officiellement TP-AJAX, "TP" signifiant Tudeh Party et "Ajax" faisant allusion au nettoyeur "Ajax" de chez Colgate-Palmolive) est une opération secrète menée par le Royaume-Uni et les États-Unis en 1953, exécutée par la CIA et le MI6, visant à renverser le Premier ministre d'Iran, Mohammad Mossadegh, pour le remplacer par le général Fazlollah Zahedi, et plus largement désigne les événements qui ont agité l'Iran du 15 au 19 août 1953, le plan AJAX n'ayant eu lieu pour ainsi dire que dans la nuit du 15 au 16 août. Le plan fut approuvé par le Premier ministre britannique Winston Churchill le 1er juillet 1953, et par le président des États-Unis Dwight D. Eisenhower le 11 juillet 1953. Les deux gouvernements fournirent un budget de 285 000 $, les États-Unis 147 000 $ et la Grande-Bretagne 137 000 $. Le plan s'appuya sur de nombreux collaborateurs, des membres éminents du clergé, la majorité des membres du Parlement iranien et le Shah, lesquels soutinrent l'armée iranienne [1]

Le déroulement des événements de même que les intentions des uns et des autres ne sont pas encore tout à fait claires, bien que les archives des services secrets américains aient été ouvertes sur le sujet en août 2013 - tandis que les archives britanniques sont toujours closes. Cependant, on suppose que dans le plan original, Mossadegh avait été révoqué de son poste par un décret du Shah qui nommait le général Zahedi en tant que nouveau Premier ministre. Mais ce plan initial, dans la nuit du 15 au 16 août, en fait la réelle opération Ajax, échoua et Mossadegh se maintint au pouvoir, tandis que les États-Unis s'inquiétaient de la tournure des événements. Le Chah ayant fui le pays, l'armée du général Fazlollah Zahedi et le clergé, dirigé par le Grand Ayatollah Hossein Boroudjerdi, organisèrent de massives manifestations pro-Shah à travers le pays, ce qui fit basculer la situation et l'opinion publique et politique, et Mossadegh fut finalement renversé le 19 août. Zahedi devint Premier Ministre et le Shah rentra en Iran le 22 août.

Contexte politique[modifier | modifier le code]

Durant tout le 19ème siècle, et lors de la majeure partie de l'état Sublime de Perse, le pays s'est vu souvent la victime des pays voisins : en premier lieu, l'Empire russe, qui dépeça à de nombreuses reprises le territoire iranien, l'amputant de son territoire au nord en 1813, 1828 et 1884 lors de guerres successives[2], puis en lui imposant des zones d'influence au nord, ayant accès à la totalité des territoires limitrophes de la Mer Caspienne [3]. Ensuite, et de façon plus importante ici, l'Empire britannique : si les britanniques imposèrent aussi des zones d'influences britanniques en Perse [3], limitrophes avec le Raj britannique, ce fut surtout le pétrole qui se révéla intéressant. En 1901, le souverain Qadjar, Mozaffaredin Shah, signa un contrat avec William Knox D'Arcy, un industriel et homme d'affaires britannique, permettant à ce dernier d'exploiter des territoires pétroliers dans le sud du pays, autour d'Abadan. Mais les puist ne foraient rien, et en 1907, D'Arcy vendit la quasi-totalité de ses droits à la Burman Oil Company. Mais en 1908, surprise : d'énormes réserves de pétrole sont découvertes, et rapidement est créée une société d'exploitation : l'Anglo-Persian Oil Company [4].

Pendant la Première Guerre Mondiale, l'État britannique devient le principal actionnaire de l'Anglo-Persian Oil Company (APOC). Puis un autre problème se pose : la disparition de l'empire russe et surtout l'apparition de la RSFS de Russie fait craindre la possible absorption de la frêle Perse par le géant du nord, même si Trotski avait renoncé aux zones d'influence des russes en Perse. Le gouvernement élabore un projet, et décide, après plusieurs échecs, décide d'organiser un coup d'état pour favoriser un homme favorable à leurs intérêts à la tête du gouvernement persan. Cet homme est Sayed Zia ol-Din Tabatabaï ; aussi les britanniques décident de lui administrer un bras droit pour l'exécution du plan : Reza Khan Mir-Panj.

Ce dernier, né dans la plus grande misère à Alasht, dans le Mazandaran le 18 mars 1878, a intégré en 1895 la brigade cosaque persane, seul corps militaire assez organisé en Iran, puis a progressivement gravi les échelons pour se retrouver à la tête de la brigade. Les britanniques, à la recherche d'un homme à poigne pour aider Tabatabaï, profitant de sa popularité, l'associent à leur projet. Reza Khan voit cependant plus loin : s'il exécute avec brio le coup d'état en février 1921, il devient successivement chef des armées (Sadar Sepah), puis ministre de la Guerre, et se débarrasse de Tabatabaï en mai 1921. En 1923, le souverain perse, Ahmad Shah, part pour raisons de santé à Nice alors que Reza Khan, devenu Reza Pahlavi, devient chef du gouvernement, écartant le seul autre homme capable de lui faire de l'ombre : Ahmad Ghavam. Entre le 31 octobre et le 12 décembre 1925, Reza Pahlavi fait déposer Ahmad Chah par le Parlement, fait amender la Constitution puis devient le nouveau roi en prenant le titre de Reza Chah Pahlavi [4].

Sous son règne, l'Iran accélère sa modernisation : création d'universités, de chemins de fer et industrialisation massive. Il bouleverse l'ordre social établi en accélérant les réformes et en essayant de faire passer l'Iran au XXème siècle. Il crée la première université moderne du pays, l'Université de Téhéran (1934), instaure l'usage des noms de famille et du livret d'état civil, modernise la justice et l'armée et entreprend un effort considérable pour moderniser le système éducatif. En 1935, il interdit le port du voile pour les femmes et oblige les hommes à porter un habit "à l'occidentale". Parallèlement, les relations Iran-Royaume-Uni se détériorent considérablement, notamment après que Reza Chah essaie de supprimer les concessions britanniques sur le pétrole iranien ; avec un succès mitigé [5].

Mais Reza Chah, après 16 ans de règne, est déposé par les britanniques et les soviétiques dans le cadre l'opération Countenance en septembre 1941 : les rapprochements de Reza Chah avec l'Allemagne nazie qui était le premier partenaire commercial de l'Iran en 1939 avait inquiété les Britanniques. Quand la guerre éclate, les Britanniques demandent à Reza Chah d'expulser les citoyens allemands du pays, ce qu'il refuse. Reza Chah, ayant déclaré la neutralité de l'Iran, refuse à nouveau une demande des alliés de se servir du pays pour faire passer des munitions en Union Soviétique après l'entrée en guerre de l'URSS, ce qui pousse la Grande-Bretagne et l'Union des républiques socialistes soviétiques à envahir l'Iran le 25 août 1941 [5].

Par une habileté politique, le Premier Ministre Mohammad Ali Foroughi avait réussi à maintenir en place la dynastie Pahlavi : Mohammad Reza Pahlavi devint Chah d'Iran, succédant à son père, qui part en exil à l'île Maurice puis en Afrique du Sud, où il mourra en 1944. Passé l'occupation étrangère (1941-1945) puis la crise irano-soviétique (1945-1947), où Ghavam, revenu en politique, résolut une crise sécessionniste dans le nord du pays fomentée par les soviétiques, le Majlis (Parlement iranien) remet sur le tapis un certain nombre de questions, dont celle du pétrole.

La nationalisation[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Industrie pétrolière en Iran.

Le gouvernement nationaliste de Mohammad Mossadegh entreprend une série de nationalisations de compagnies pétrolières de l'Anglo-Iranian Oil Company (AIOC), qui devient la National Iranian Oil Company (NIOC)[6] en 1951.

L’origine du conflit est le refus d’AIOC d’autoriser un audit des comptes pour déterminer si le gouvernement iranien reçoit les redevances qui lui sont dues, en 1950, sous le gouvernement de Mohammad Sa'ed. Le contrat original pétrolier en Iran avait été signé en 1901, sous les Qâdjars. En 1933, Reza Chah avait ouvert des renégociations, puis avait aboli la concession pétrolière des britanniques, avant de chercher une forme de compromis face à la menace d'une guerre. Le Premier Ministre Foroughi avait obtenu d'importantes concessions, mais elles étaient bien maigres après les espoirs suscités. Les négociations sont rouvertes donc en 1949-1950, avec comme objectif que l'AIOC et l'Iran obtienne la même répartition des bénéfices que l'ARAMCO et l'Arabie Saoudite, c'est-à-dire 50/50. Mais Mohammad Mossadegh, alors député et leader du Front National, s'oppose au Premier Ministre Haj Ali Razmara en proposant une loi, rédigé par les cadres de son parti, stipulant qu'il faut aller plus loin en nationalisant la totalité de l'industrie pétrolière iranienne. Razmara estime cependant que l'Iran n'a pas les moyens techniques, financiers et économiques d'extraire et de vendre son propre pétrole. Le 7 mars 1951, Razmara est assassiné par un membre du groupe extrémiste des Fedayin de l'Islam, et le projet de Mossadegh est adopté par le Majlis (Parlement iranien). Ce dernier est lui-même nommé par le Shah Premier Ministre le 29 avril 1951, succédant à Hossein Ala', et si son projet de loi a été voté, il lui faut maintenant se charger de l'appliquer.

Mossadegh salue le Shah, après que ce dernier l'ait invité à former son gouvernement
Mohammad Reza Chah Pahlavi, Shahanshah d'Iran depuis 1941. Le monarque a un certain pouvoir, notamment un droit de regard sur les affaires militaires, mais pas (officiellement) dans la vie parlementaire

La nationalisation a symboliquement lieu à Abadan, le 20 juin 1951. Toutes les factions du pays (communistes, dans la clandestinité depuis 1949[7], religieux, nationalistes) sont derrière le gouvernement de Mossadegh. Leurs intérêts sont pourtant tous différents. Pour le parti communiste Tudeh la nationalisation est une étape importante dans la mise en place d'un Iran socialiste. Pour Mohammad Mossadegh et son parti le Front national, c'est une question de souveraineté politique et d'honneur national. Les islamiques et leurs partisans y voient une lutte contre l'occidentalisation (gharbsadegi) de l'Iran, critiquant Razmara qui se soucie de la praticabilité d'une telle loi et freine la nationalisation, cherchant à prendre toutes les précautions nécessaires[8], ce qui le fait passer pour un agent de la Grande-Bretagne (alors que Razmara s'est rapproché de l'URSS [4]) ; c'est du moins l'impression qu'il fait à Mossadegh, qui lui dit en pleine séance parlementaire, alors que Razmara venait de dire qu'il ne pensait pas que le pays soit réellement en mesure de vendre et d'extraire par ses propres moyens son pétrole [9].

La nouvellement fondée SNIP notifie à tous les employés de l'AIOC qu'ils sont désormais les employés de la société, ce que refuse le Royaume-Uni. La tension monte et débouche sur ce qui est connu comme la crise d'Abadan. Le Royaume-Uni tente sans succès de porter l'affaire devant la Cour internationale de justice, qui se déclare incompétente en juillet 1952 (Anglo-lranian Oil Co. (Royaume-Uni c. Iran)), prépare même une opération militaire à partir de Chypre et du Golfe. Le Royaume-Uni saisit également le Conseil de sécurité de l'ONU : le Conseil de sécurité, après avoir confronté un émissaire britannique et Mossadegh venu en personne, décide « de ne pas inscrire l’affaire à l’ordre du jour ». Les États-Unis, en la personne de Averell Harriman, se sont déjà posés en médiateurs à la crise. L'arrivée d'Harriman à Téhéran avait cependant fait peser un lourd climat anti-américain, provoqué par les manifestations massives du Tudeh. Les États-Unis, s’ils déplorent la crise, ne voient pas que des mauvais côtés aux événements, espérant avoir un rôle dans son issue future [10] : Mossadegh fait un voyage aux États-Unis pour assister au Conseil de sécurité de l’ONU, et est accueilli par le président Truman. Les Américains finissent par lâcher les Anglais, et ces derniers rapatrient tout le personnel de l’AIOC hors d’Iran. Mossadegh leur offre un emploi dans la nouvelle société SNIP, mais aucun n’accepte [10].

Nationalisation du pétrole iranien, 20 juin 1951 à Abadan

L'AIOC rappelle, furieuse, tous ses techniciens, et pas un n'accepte de travailler pour la SNIP ; les nouvelles compagnies pétrolières appartenant à l’État constatent une chute dramatique de productivité et conséquemment des exportations. La crise d'Abadan est le résultat de cette situation qui s’est envenimée avec la fermeture des marchés d’export. Sans réseau de distribution, le gouvernement iranien est rejeté des marchés par un blocus international pour forcer Mossadegh à la reprivatisation. Truman, "bloque le projet militaire anglais, accorde un prêt à Mossadegh, et lui suggère d'indemniser l'Anglo-Iranian"[11]. Mais Mossadegh, en 1952, refuse de négocier l'indemnisation, rompt toute relation diplomatique avec Londres et critique les États-Unis. Ensuite, le Premier Ministre ne fait plus l'unanimité : un de ses anciens ministres, Fazlollah Zahedi, fait figure de chef de l'opposition car il est partisan d'une reprise du dialogue avec l'AIOC.

Les mois passent et la situation se détériore : les techniciens iraniens ne sont pas assez expérimentés ni nombreux pour s’occuper des puits, qui ferment ou brûlent, faute d’entretien. Les relations continuent de se dégrader avec les Anglais, qui finissent par décréter un embargo total sur le pétrole iranien : ils décrètent que tous pays acquérant du pétrole iranien acquerra un bien volé [10]. Selon Daniel Clairvaux, auteur d’un essai sur l’Iran, « Mossadegh a commis deux erreurs politiques majeures : d’une part, il est convaincu que le monde ne pourra se passer de pétrole iranien ; en réalité, d’autres pays (l’Irak, le Koweït, l’Arabie Saoudite) se sont substitués ; d’autre part, il croit pouvoir se passer des étrangers pour exporter le pétrole : ce ne sera pas possible à cause du blocus organisé par l’Angleterre. » [8]. La situation politique en Iran n’est pas mieux, Mossadegh, entraînant le pays dans la crise par son intransigeance, commençant à perdre son aura, bien que l'anglophobie du peuple reste vivace. La Grande-Bretagne saisit une nouvelle fois la Cour de La Haye, et Mossadegh et sa suite s’y rendent, cette fois. Les débats sont plus houleux, et la Cour finit par se déclarer de nouveau incompétente. C’est une victoire pour les Iraniens, mais c’est un status quo [4]. Mossadegh demande au Shah et au Parlement les pleins pouvoirs pour régler la crise populaire, l'opinion étant divisé ; les deux refusent et Mossadegh démissionne.

Intermède Ghavam os-Saltaneh (17 juillet - 22 juillet 1952)[modifier | modifier le code]

Ahmad Ghavam redevient Premier Ministre pour trois jours en 1952

Mossadegh démissionne donc avec fracas le 17 juillet 1952, et pour le remplacer, le Parlement pressent comme Premier Ministre [12] Ahmad Ghavam os-Saltaneh, 76 ans. Le chah ne l’apprécie pas, lui reprochant d’avoir été omniprésent dans le rôle de la crise d’Azerbaïdjan, sans parler des contentieux datant de l’époque de Reza Chah [13], ni d’une mini-crise que Ghavam avait engendrée en critiquant ouvertement le renforcement du pouvoir du shah en 1949, mais le nomme Premier Ministre. En outre, Ghavam a contre lui la Cour, qui lui reproche à peu près la même chose que le shah, Mossadegh, qui même s’il le connaît et l’apprécie aimerait bien retrouver sa place, et ses partisans, très nombreux, ainsi que le Tudeh, qui, aux ordres de l’URSS, déteste Ghavam depuis l’affaire des crises sécessionnistes [4].

Ainsi débute une véritable campagne contre le nouveau Premier Ministre, à laquelle se joignent les extrémistes religieux, suspectant Ghavam de vouloir tenir les mollahs loin de la politique [4]. Le premier ministre condamne l’idée d’une économie sans pétrole que le gouvernement Mossadegh avait fini par envisager, et cherche à renouer le dialogue avec l’AIOC, et face au désordre ambiant, à rétablir l’ordre [4]. Mais la situation populaire est complètement chaotique, et des manifestations liant généralement le départ de Mossadegh et une haine de Ghavam deviennent de plus en plus violentes. La maison de Ghavam est prise d’assaut par les émeutiers qui y mettent le feu, sa famille se réfugiant chez une amie [14]. Le shah, sans trop se forcer, finit par démettre Ghavam et, face à la demande populaire, se contraint à rappeler Mossadegh le 22 juillet 1952. Mossadegh redevient donc Premier Ministre et Ghavam restera à l’écart de la vie politique jusqu’à l’arrivée au pouvoir du général Zahedi. Ghavam n'a même pas eu le temps de former un gouvernement, ni de recevoir la confirmation de sa nomination par le Majlis ; il avait en outre prévu de renouer le dialogue avec les britanniques, et de rétablir l'ordre dans la rue, en faisant s'il le fallait usage de la force ; si tous ces projets ne verront pas de suite, personne n'a jamais su comment le vieil homme comptait s'y prendre, personne ne lui ayant demandé ; Mossadegh n'a lui pas un grande technique non plus : les pleins pouvoirs pour résoudre la crise, mais sans préciser comment [4].

Loi d’habilitation [modifier | modifier le code]

Rapport américain sur la situation politique en Iran, 20 novembre 1952

Le 3 août 1952, le Parlement iranien adopta une loi d' habilitation, qui exige que tous les projets de loi signés par Mossadegh entrent immédiatement en application, même s’ils ne sont pas examinées par le Parlement et le Sénat et approuvés et signés par le Shah. Mossadegh justifie cela en disant que le pays est dans une situation d'urgence et que le gouvernement doit se donner les moyens d'agir. Dans la loi, il était prévu que le projet de loi soit présenté au Parlement plus tard. En effet Mossadegh profita de cette occasion pour mettre le Parlement, le Sénat et le Shah en marge du processus législatif, car il ne comparu plus devant le Parlement. Après six mois Mossadegh demanda une prolongation de ses pouvoirs. Après débat houleux, le Parlement adopta le 20 Janvier 1953 une extension de la procuration à condition que Mossadegh, pour tout projet de loi, qu'il signe, le soumette au Parlement, et qu’il disposait ainsi d’un délai de trois mois pour présenter d' autres lois et les soumettre au Parlement à l'avenir. [15] Cependant, Mossadegh n’en tint pas compte en continua à gouverner comme avant.

Purges dans l'armée [modifier | modifier le code]

En février 1953, la tension entre le gouvernement de Mossadegh et l'armée s’accroît ; sur ordre de Mossadegh, le général Morteza Yazdan-Panah, qui avait refusé de valider une décision gouvernementale, est remplacé par Mahmud Baharmast en tant que chef de l'armée ; en février 1953, Mossadegh suggère au Shah de quitter discrètement le pays pour calmer la tension, mais tout se sait et des manifestation pro-Shah et anti-Mossadegh éclatent partout dans la capitale. Mossadegh, dont la maison manque de tomber aux mains des émeutiers, revient sur sa décision que le shah avait pourtant accepté, et ce dernier, qui sait qu’il possède un réel pouvoir populaire, reste dans la capitale[4]. Baharmast est après cela remplacé par le général de brigade Taqi Riahi, une meilleure connaissance de Mossadegh, et plusieurs officiers supérieurs de l'armée sont envoyés à la retraite anticipée [16].

Effondrement de l'industrie pétrolière iranienne [modifier | modifier le code]

En mars 1953 , l'économie iranienne est par le manque de recettes pétrolières au bord de l'effondrement. De 54 millions de tonnes en 1950, les ventes tombent à 132 000 tonnes en 1952 [10]. Mossadegh envisage une économe sans pétrole, ou de se tourner vers les pays du bloc de l’Est. L'Union Soviétique aurait, selon certaines sources, promis une aide économique de 20 millions de dollars. Le général Zahedi avait à plusieurs reprises demandé au ministre de la Cour Hossein Ala de persuader le Shah Mohammad Reza Pahlavi de destituer Mossadegh. Mais le Shah refusait de le faire, aussi longtemps que le premier ministre avait la confiance de la majorité des membres du Parlement. Le Shah était convaincu que le gouvernement de Mossadegh serait politiquement fini de par ses propres actions un jour ou l’autre, et sa propre intervention n’était pas nécessaire. [17]

La lutte avec les Anglais ne mène à rien, et même au quart du prix, la plupart des pays qui contournent le blocus imposé par les Anglais ne veulent pas du pétrole iranien, car il existe d'autres pays producteurs de pétrole, qui ont fait moins parler d'eux [8], et les Anglais avaient sérieusement alarmé tous les pays que s'ils achetaient du pétrole iranien, ils achèteraient de facto un bien volé, celui de l'AIOC [10].

Un pouvoir disputé[modifier | modifier le code]

La reine Soraya, le Chah Mohamma Reza, et le Premier Ministre Mossadegh

En avril 1953 Mossadegh renvoya la ministre de la Cour Hossein Ala et nomma à sa place Alas Abol Qasem Amini , un homme de sa confiance. Le 20 avril 1953, le chef de la police de Téhéran, Mahmoud Afshartous , est enlevé et assassiné peu après. Le cerveau de cet enlèvement et assassinat fut arrêté le 22 avril, 1953, un certain Hossein Khatibi. Le 2 mai 1953, le gouvernement accusa les députés Mozzafar Baghai et le général Fazlollah Zahedi d’avoir été impliqués dans l'enlèvement et l’assassinat d’Afschartus, et exigea leur arrestation. Le président du Parlement Abol-Ghasem Kashani contredit les accusations et accorda l'asile accordé à Zahedi dans le bâtiment du Parlement de l' Iran. Tout au long du mois de juin, il y avait entre les partisans et les adversaires de Mossadegh un débat houleux au Parlement. Les opposants de Mossadegh l'accusaient de ne pas tenir compte des avancées parlementaires iraniennes acquises sous la Révolution constitutionnelle et de gouverner comme un dictateur[18].

Mohammad Reza Chah finit par prendre en grippe cet homme providentiel de la nationalisation qu’il avait lui-même soutenu, et dont les prises de position puis l’intransigeance ont fini par l’indisposer, et dont il livrera un portrait à la limite du caricatural dans ses mémoires [19]. Les événements suivant la reconduite de Mossadegh le confinent dans un climat particulier : le chah est privé du titre honorifique de chef des armées, et s’il peut effectuer des visites en province pour tester sa popularité, il ne peut désormais accorder ses audiences qu’en présence d’un tiers du gouvernement, surtout le ministre des affaires étrangères Hossein Fatemi, opposant notoire aux Pahlavi [4], la princesse Ashraf [20] allant jusqu’à dire que Mossadegh a placé le téléphone du Shah sur écoute et envoyé des espions dans la Cour [21]. Cette dernière est également victime d’une purge dans la Cour orchestrée par Mossadegh, qui ordonne à la quasi-totalité des membres de la famille royale de quitter le pays, dont la reine-mère Tadj ol-Molouk et le prince Ali Reza [4]. Si le shah et Mossadegh se rencontrent régulièrement pour sauver les apparences, la situation se détériore et la rue se divise en deux camps, les pro-Shah et les pro-Mossadegh.

L'offre soviétique[modifier | modifier le code]

Projet de mémorandum du Conseil de sécurité nationale sur la façon de procéder en ce qui concerne l'Iran, 10 août 1953.

Le 20 juillet 1953, la direction du Parti Tudeh écrivit une lettre ouverte à Mossadegh, dans laquelle le parti appelait le gouvernement à cesser tous les accords d'assistance militaire et technique des États-Unis et à rompre les relations diplomatiques avec les États-Unis. Le lendemain, se tint une conférence et une manifestation de masse organisés par le parti Tudeh avec une estimation de 40 000 participants appuyant les revendications de la lettre ouverte. L'Union Soviétique demanda à Mossadegh le 9 août 1953 si une équipe de négociation pourrait venir en Iran pour offrir une aide économique au pays, ainsi que le retour de onze tonnes d'or, que l'Union soviétique avait prises après le retrait de ses troupes du pays lors de la Seconde Guerre mondiale en Iran[22].

Le gouvernement ne répond pas, bien que de nombreuses personnalités dans le gouvernement aient de l'estime pour la république ; rien ne laisse supposer, du reste, que Mossadegh ait vraiment envisagé l’alignement sur Moscou, comme cela l'a souvent été prétendu.

Référendum sur la dissolution du Parlement[modifier | modifier le code]

Après le 2 août, 1953 Mossadegh avait pris des mesures contre les courtisans et dans les palais royaux, le Shah n'était plus autorisé à recevoir des visiteurs sans l' autorisation préalable du Premier ministre. Les membres du Parlement iranien se trouvaient en majorité contre Mossadegh. Ce dernier organisa un référendum pour le dissoudre. Le vote donne une réponse sans appel : la proposition de dissolution l'emporte avec une majorité de 99,94%. Mais les personnes ne rendaient publiquement dans ses isoloirs séparés pour voter oui ou non. Peut-être intimidés, peu de personnes votèrent contre la proposition de Mossadegh de dissoudre le parlement. C'était semble-t-il un idée de l'organisation des bureaux de vote qui avaient été approché par Mossadegh. Il n'est donc pas surprenant que seulement 170 voix contre furent émises à Téhéran.

Le Parlement est ainsi dissous, et de nouvelles élections sont prévues, mais aucune date n'a été avancée : c'est une occasion pour le Shah de renvoyer son Premier Ministre : selon la Constitution, le monarque peut démettre le chef du gouvernement selon sa volonté [23], mais l’usage avait été pris que le chef d’état se repose sur le « pressentiment » du Majlis avant de nommer un gouvernement ; en l’absence de Parlement, le Chah reprend cette prérogative.

Organisation[modifier | modifier le code]

Extrait d'un rapport américain concernant la possible prise de contrôle des communistes en Iran, 20 mars 1953

Début 1953, Dwight D. Eisenhower, devenu président des États-Unis le 20 janvier 1953, se pose en nouveau médiateur sur le litige britannique : il offre à Mossadegh de faire reconnaître la nationalisation à l’AIOC, contre dédommagement de la compagnie anglaise, et de renflouer ensuite les caisses de l’état iranien, qui en ont grandement besoin [10]. Mais Mossadegh exige un prêt à ses conditions et louvoie sur le reste. A Washington, des rumeurs naissent qu'il aurait décidé de se tourner vers l'Union Soviétique pour vendre le pétrole ; la nouvelle administration prend peur : on sait que Mossadegh, pour se faire pressentir et ensuite pour la nationalisation, a pactisé avec les communistes, et qu’il a dans son gouvernement de nombreux sympathisants de la république, comme Hossein Fatemi, ou du pacte de Varsovie [24]. Et si l’Iran se tournait vers le bloc de l’est ? Face à la demande déconcertante de Mossadegh, Eisenhower diffère sa réponse, puis commence de secrètes tractations avec le Royaume-Uni pour trouver une issue à la crise, qui passera par le remplacement de Mossadegh, et qui débouche sur la planification du coup d’état.

Fut choisi pour mener l’opération Ajax Kermit « Kim » Roosevelt, Jr. (en), un agent senior de la CIA et petit-fils de l’ancien président des États-Unis Theodore Roosevelt. Alors que la direction officielle lui est attribuée, le projet est conçu par Donald Wilber, un agent de la CIA et auteur encensé de livres sur l’Iran, l’Afghanistan et Ceylan (Sri Lanka), et mené sur le terrain par le colonel Herbert Norman Schwarzkopf[25].

Le 6 juillet 1953 [26], puis le 19 juillet 1953 [27], Kermit Roosevelt Jr. se rendit en Iran pour rencontrer le général Fazlollah Zahedi, qui avait donc soutenu le Front national depuis 1949 et avait été le premier ministre de l'Intérieur de Mossadegh, mais qui avait rompu avec Mossadegh après leurs divergences concernant la coopération du gouvernement avec le parti communiste Toudeh. Après sa rupture avec Mossadegh, Zahedi était membre du « Comité pour le salut de la patrie » (Komitah-e-Vatan e Najat) (ou Comité des 46), qui appelait les officiers et les civils iraniens à résister [28]. Un autre membre éminent du comité était le général Hasan Arfa. Le colonel Schwarzkopf se rendit également à Téhéran le 1er août 1953, mais ne devait rester que quelques jours en Iran.

« Ce n'était pas l'intention de la CIA » , comme l'écrit le journaliste français Gérard de Villiers : « de déclencher un conflit militaire » , qui n'aurait d'ailleurs pas été possible avec les 900 hommes de la mission militaire américaine, mais « d'organiser et de coordonner la résistance contre Mossadegh » [26]

En planifiant l’opération, la CIA organise une guérilla afin d’empêcher le parti communiste Tudeh de prendre le pouvoir dans le cas d'un échec de l’opération Ajax. Selon des documents autrefois classés « top secret » de la National Security Archive, le sous-secrétaire d’État Walter Bedell Smith révèle que la CIA est parvenue à un accord avec des chefs de tribu Qashqai dans le sud de l’Iran, afin d’établir un refuge pour que les agents et guérillas financés par les États-Unis puissent opérer.

La CIA, organise une fausse manifestation du Tudeh à Téhéran, ses agents détruisent les symboles de la monarchie, attaquent des mosquées pour provoquer une riposte des monarchistes et de l'armée. Les objectifs sont atteints, Mossadegh est arrêté, le Shah est remis sur le trône, le général Zahedi est nommé premier ministre, et le Front national interdit. Mossadegh, jugé, emprisonné, puis assigné à résidence, meurt en 1967[11].

L’opération Ajax est le premier complot organisé par la CIA pour renverser un gouvernement démocratiquement élu. Le succès obtenu avec une logistique modique et un coût relativement faible encourage l'agence américaine à mettre en œuvre une opération similaire au Guatemala un an plus tard.

Conséquences[modifier | modifier le code]

En 1954, les États-Unis imposent leurs conditions dictant la fin de son monopole. Des licences sont données à cinq entreprises pétrolières américaines, en plus de la Royal Dutch Shell et de la Compagnie française de pétroles. La AIOC (Anglo-Iranian Oil Company) reste propriétaire des installations, et de la distribution en Iran, la commercialisation extérieure est assurée par un consortium anglo-américain, les revenus pétroliers sont partagés. La AIOC devient, en 1955, la British Petroleum, BP.

Dès son rétablissement sur le Trône du Paon, le Chah joue un rôle plus actif et central dans la gestion de l'État, tant d'un point de vue politique qu'économique. Les partis d'opposition sont ainsi décrétés illégaux et la Savak, police politique chargée de surveiller et de réprimer au nom de la sûreté de l'État, est mise en place avec l'aide des services secrets américains et du Mossad. Simultanément, un train de réformes sociales, économiques et culturelles inspirées des modèles occidentaux est lancé dans les années 1960 (Révolution blanche).

L’insatisfaction dominant au milieu des années 1970, et ce malgré une croissance économique forte, le régime pro-occidental du Chah a de plus en plus de mal à justifier son autoritarisme (censure, parti unique, abus commis par la Savak et dénoncés par Amnesty International) et ses nombreuses dépenses (festivités de Persépolis, projets pharaoniques, achats d'appareils militaires sophistiqués). Les effets pervers de la crise pétrolière de 1973 n'étant pas encore évalués à leur juste valeur, l'amélioration du niveau de vie ne s'étend pas à l'ensemble des Iraniens : le fossé se creuse entre la classe dirigeante et une part grandissante de la population, aux aspirations diverses et pour certaines diamétralement opposées, exigeant certaines réformes et en rejetant d'autres. La situation se détériorant dès la fin de l'année 1977, elle tournera au chaos, à la confusion et aux affrontements violents durant l'année suivante. C'est la révolution iranienne qui verra l'émergence de l'ayatollah Khomeyni, chef religieux en exil depuis quinze ans en Irak puis en France et soutenu par le gouvernement de Valéry Giscard d'Estaing dans un contexte de concurrence entre la CEE et les États-Unis, et la chute du régime impérial pro-occidental au profit d'un système théocratique instauré en avril 1979 : la République islamique d'Iran[29].

Reconnaissance par les États-Unis[modifier | modifier le code]

Durant l’administration du président américain Bill Clinton en 2000, la secrétaire d’État Madeleine Albright a reconnu officiellement le rôle des États-Unis dans l'organisation et le soutien financier du coup d’État de 1953[30]. Barack Obama est le premier président à reconnaître l'implication de son gouvernement et à s'en excuser dans un discours adressé à la communauté musulmane le 4 juin 2009[31]. « En pleine guerre froide, les États-Unis ont joué un rôle dans le renversement d’un gouvernement iranien démocratiquement élu. »

Réfutations de l'opération et des interventions étrangères[modifier | modifier le code]

La réalité de l'opération Ajax est contestée par certains protagonistes des évènements de 1953, ainsi que par d'anciens hauts dirigeants de la CIA, qui soutiennent que le gouvernement Mossadegh a été renversé sous la pression populaire, après sa destitution par le Chah selon les termes de la constitution de 1906. L'un de leurs arguments est que les documents déclassifiés de l'opération, d'avant le 19 août 1953, qui auraient pu prouver sans ambiguïté l'intervention des services secrets américains et britanniques, ont été détruits dans leur intégralité, ce qui jette le doute sur son existence et sur tous les documents publiés par la suite : le rapport secret publié en 2000 par The New York Times, de même que le livre de Kermit Roosevelt, Jr., sont des témoignages individuels a posteriori. Selon Richard Helms, ancien directeur de la CIA, l'opération aurait été au départ une rumeur, reprise après coup par la CIA pour son propre compte dans le but de pouvoir présenter un succès après l'échec retentissant du débarquement de la baie des Cochons à Cuba[32]. Par ailleurs, l'opposition iranienne favorable au Shah estime que si les États-Unis n'ont jamais démenti l'opération Ajax, c'était afin de délégitimer le régime du Chah auprès de l'opinion publique, notamment lorsque celui-ci a annoncé son intention de ne pas reconduire les accords pétroliers internationaux de l'Iran à leur échéance de 1979[33].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Darioush Bayandor, Iran and the CIA, New York, , p.86
  2. Fabienkhan, Date, (lire en ligne)
  3. a et b « Terrorisme islamiste : les jihadistes de l’Empire (...) - Solidarité & Progrès », sur www.solidariteetprogres.org (consulté le 5 mars 2017)
  4. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k Houchang Nahavndi et Yves Bomati, Mohammad Reza Pahlavi, le dernier shah/1919-1980, Perrin, 2013
  5. a et b Mémoires de Guerre, « Chah Reza - Mémoires de Guerre », Mémoires de Guerre,‎ (lire en ligne)
  6. et par la suite la BP, The British Petroleum Company
  7. Car à l'origine d'un attentat contre le Shah à l'université de Téhéran, en février 1949
  8. a, b et c « Iran : grandeur et décadence de Mossadegh - CHRONIQUES EN LIBERTE », sur danielclairvaux.blogs.nouvelobs.com (consulté le 4 mars 2017)
  9. Rahim Zehtab Fard, Afsane-ye Mossadegh (Le mythe Mossadegh). Nashr-e Elmi, Téhéran, 1376 (1997), p. 230
  10. a, b, c, d, e et f Serge, « 5/8 - L'histoire secrète du pétrole - Le règne despotique des 7 soeurs (HD) », (consulté le 4 mars 2017)
  11. a et b [1]
  12. C'est-à-dire qu’il vote pour une personnalité en tant que Premier Ministre, mais comme la décision finale – qui tient compte de ce vote – appartient au shah, on dit qu’il « pressent »
  13. Voir sections La marche vers le pouvoir (1921-1925) et Naissance de la dynastie Pahlavi (1925-1926) de « Reza Chah »
  14. Témoignage du fils Abdol-Aziz Farmanfarma, fils de la princesse Farmanfarma, l'amie de la famille en question, veuve du prince Abdol-Hossein Farmafarman, Premier Ministre sous les Qâdjârs, cité dans Mohammad Réza Pahlavi, le dernier shah/1919-1980
  15. (fa) « قانون مربوط به اعطای اختیارات برای مدت شش‌ ماه به شخص آقای دکتر مصدق نخست‌وزیر - ویکی‌نبشته », sur fa.wikisource.org (consulté le 4 mars 2017)
  16. (en) Darioush Bayandor, Iran and the CIA: The Fall of Mosaddeq Revisited, Springer, , 247 p. (ISBN 0230277306)
  17. Darioush Bayandor, Iran and the CIA. New York 2010, p. 82
  18. (fa) Mehdi Shamshiri, A Documentary Research Revealing the Secrets of Afshartoos Assassination, 2011
  19. Mohammad Reza Pahlavi, Réponse à l'histoire, 1980
  20. Sœur jumelle du Shah
  21. Ashraf Pahlavi, Visages dans un miroir, Prentice-Hall (pour la première édition), 1980, 238 p.
  22. Kristen Blake, The U.S.-Soviet confrontation in Iran, 1945–1962. University Press of America, 2009, p. 84
  23. Reza Chah, dont le style de gouvernement avait été assez dictatorial, avait ainsi scrupuleusement respecté la Constitution sur ce point
  24. Kit Kirja, « Shah Of Iran - BBC Documentary, By Britain - British Opinion », (consulté le 4 mars 2017)
  25. ancien chef de la mission militaire américaine à Téhéran pendant la guerre et père de Norman Schwarzkopf
  26. a et b (de) Gérard de Villiers, Le Shah ː l'irrésistible ascension de Mohammed Reza Pahalvi, Munich, Heyne, , 412 p. (ISBN 3-453-00632-1), p. 265
  27. Jürgen Martschukat, « Iran: „So werden wir den Irren los!“ », Die Zeit,‎ (ISSN 0044-2070, lire en ligne)
  28. Stephanie Cronin, The Army and the Creation of the Pahlavi State in Iran., Londres, études universitaires Tauris, , p. 245
  29. Selon Alexandre de Marenches, c'est l'administration américaine de Jimmy Carter qui a décidé de renverser le Chah car pas assez démocratique et entamant un programme nucléaire potentiellement militaire.
  30. (en) « U.S. Comes Clean About The Coup In Iran », sur cnn.com
  31. les États-Unis ont joué un rôle dans le renversement d'un gouvernement iranien démocratiquement élu
  32. (en) « The CIA and Iran - What really happened, [[Ardeshir Zahedi]], fils du général [[Fazlollah Zahedi]] et ancien ambassadeur d'Iran aux États-Unis, », sur Stanford - World Association of International Studies
  33. «Obama-Iran : L’instrumentalisation de Mossadegh est une erreur tactique» et «Iran - 11 février : La révolution de Khomeiny, l’héritage de Mossadegh», sur «Iran Resist»

Annexe[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]