Jean-Christophe Victor

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Jean-Christophe Victor
Portrait de Jean-Christophe Victor

Jean-Christophe Victor en 2013.

Biographie
Naissance Voir et modifier les données sur Wikidata
à ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès Voir et modifier les données sur Wikidata (à 69 ans)
à MontpellierVoir et modifier les données sur Wikidata
Pays de nationalité FranceVoir et modifier les données sur Wikidata
Père Paul-Émile VictorVoir et modifier les données sur Wikidata
Mère Éliane VictorVoir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint Virginie RaissonVoir et modifier les données sur Wikidata
Thématique
Formation Institut d'ethnologie du musée de l'Homme, École des langues orientales
Titres Docteur en ethnologie
Profession Ethnologue
Géopolitologue
Animateur de télévision
Cartographe
Géographe
Écrivain
Employeur Centre d'analyse et de prévision et Arte FranceVoir et modifier les données sur Wikidata

Jean-Christophe Victor, né le à Paris[1] et mort le à Montpellier[2],[3], est un ethnologue, enseignant français, expert en géopolitique et en relations internationales.

Fondateur et directeur scientifique du Laboratoire d'études prospectives et d'analyses cartographiques (Lépac)[4], il s'est illustré en mettant au point une forme originale de présentation télévisée à partir de cartes des concepts géographiques, politiques et, au sens propre du mot, géopolitiques, avec l'émission Le Dessous des cartes diffusées depuis 1990, d'abord sur la Sept puis sur Arte.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Jean-Christophe Victor est le fils de l'explorateur polaire Paul-Émile Victor et de la productrice de télévision Éliane Decrais.

Conjoint de Virginie Raisson, il est le père de trois enfants[5],[6].

Formation[modifier | modifier le code]

Il est diplômé en chinois de l'École des langues orientales, diplômé d'études approfondies en science politique (1982)[7] et docteur en ethnologie[8] de l'Institut d'ethnologie du musée de l'Homme[9]. Pour les besoins de sa thèse, il passe une année dans le village reculé de Birdim, un village tamang, au Népal[10]. Il développe une passion pour le continent asiatique. « J’adore l’Asie, et c’est le continent que je connais le mieux. » confie-t-il au journal Libération[3].

Carrière[modifier | modifier le code]

Au début des années 1970, fraîchement diplômé, il postule au ministère français des Affaires étrangères dans l'espoir d'être affecté à Pékin. Mais il se retrouve nommé provisoirement comme attaché culturel à Kaboul (Afghanistan)[8]. À la suite de l'invasion de l'Afghanistan par l'URSS, il est recruté au Centre d'analyse et de prévision (CAP) pour apporter son expertise sur la situation du pays. « Je faisais de l’analyse de renseignements — pas du renseignement, attention —, je devais pondre des notes de trois pages sur l’évolution de la situation au Pakistan et en Afghanistan[3]. ». De cette expérience nait son sens de la synthèse, et il rédige son premier ouvrage La Cité des murmures, paru en 1983, où il décrit l'entrée des Afghans dans la guerre. Il participe également à de nombreuses missions humanitaires en Afghanistan et au Pakistan, notamment comme membre cofondateur de l'association Action contre la faim. Il travaille au CAP de 1980 à 1989.

Il développe en 1990 pour La Sept un concept inédit d'émission associant des cartes à la présentation de réalités historiques et géopolitiques, Le Dessous des cartes[11]. Ce magazine hebdomadaire est diffusé à partir de 1992 par la chaîne franco-allemande Arte. Depuis, il est également diffusé sur TV5 Monde et sur Internet. Au journal Libération, Jean-Christophe Victor confie être « tombé dans les cartes tout petit. Il y en avait partout à la maison[3]. » Il justifie la courte durée de ses émissions : « […] dix minutes, ça suffit bien, c’est même parfois trop long[3]. »

Dans le même temps, il crée en 1992[12] avec Virginie Raisson le Laboratoire d'études prospectives et d'analyses cartographiques (Lépac), laboratoire de recherche appliquée, privé et indépendant, spécialisé en politique internationale et prospective[13]. Ce centre de recherches en relations internationales, spécialisé dans l'analyse, la pédagogie, la cartographie, la transmission des connaissances, intervient auprès d'entreprises françaises et européennes, de collectivités territoriales et auprès de l'Union européenne. Sa vocation est d'éclairer le débat public et les enjeux de long terme. Jean-Christophe Victor en est, jusqu'à sa mort, le principal actionnaire et le directeur scientifique.

Il est également enseignant et conférencier en France et à l’étranger et anime des séminaires de formation sur les questions internationales.

En liaison avec le département du Jura et la région Franche-Comté, il travaille à l'établissement du premier grand musée français concernant les mondes arctique et antarctique, succèdant à Prémanon à un plus modeste musée Paul-Émile-Victor[14]. Cet Espace des mondes polaires[15],[16],[17], ouvert depuis le [18] est consacré à l'histoire des recherches françaises dans ces régions et aux enseignements scientifiques qu'elles ont produit.

Il meurt dans la nuit du 27 au à Montpellier, à l'âge de 69 ans, des suites d'une crise cardiaque[19].

Publications[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Jean-Christophe Victor – Dernières actualités sur Jean-Christophe Victor », sur fiches.lexpress.fr, L'Express (consulté le 29 décembre 2016).
  2. Delphine Papin et Frank Tetart, « Jean-Christophe Victor, expert en géopolitique et créateur de l’émission Le dessous des cartes, est mort », sur lemonde.fr, Le Monde,‎ (consulté le 29 décembre 2016).
  3. a, b, c, d et e Laurence Defranoux, « Jean-Christophe Victor, voyage sans retour », sur liberation.fr, Libération,‎ (consulté le 29 décembre 2016).
  4. Jean-Claude Raspiengeas, « Jean-Christophe Victor, un passeur s’en est allé », sur la-croix.com, La Croix,‎ (consulté le 15 janvier 2017).
  5. « Le Dessous des cartes : hommage à Jean-Christophe Victor », sur arte.tv, Arte+7 (consulté le 10 janvier 2017).
  6. Romain Herreros, « Mort de Jean-Christophe Victor, présentateur de l'émission Le Dessous des cartes », Le Huffington Post, 29 décembre 2016.
  7. Sous la dir. de Pierre Dabezies, La Crise afghane et ses conséquences stratégiques (mémoire de diplôme d'études approfondies en science politique), Paris, université Paris-I, , 57 p. (SUDOC 022993517).
  8. a et b « Jean-Christophe Victor, créateur de l’émission, le Dessous des cartes, est décédé », Les Inrockuptibles, lesinrocks.com, 29 décembre 2016.
  9. Jean-Christophe Victor : « ce que je vois me plaît beaucoup », Le Progrès, leprogres.fr, 4 juillet 2016.
  10. Jean-Christophe Victor, « Birdim, village tamang (Népal). Compte rendu de mission », L'Homme, vol. 15, no 2, 1975, p. 121-126.
  11. « Le dessous des cartes – L'actualité autrement », Le Monde, lemonde.fr, 25 novembre 1990.
  12. « LEPAC », sur societe.com, Societe.com (consulté le 16 janvier 2017).
  13. Site officiel.
  14. Jean-Christophe Ploquin, « Jean-Christophe Victor, cartes sur table », sur la-croix.com, La Croix,‎ (consulté le 15 janvier 2017).
  15. « Espaces de mondes polaires », sur espace-des-mondes-polaires.org (consulté le 15 janvier 2017).
  16. Monique Henriet, « Jura - La patinoire de l'Espace des Mondes Polaires à Prémanon ouvrira ses portes le 18 janvier 2017 », sur archive.wikiwix.com, Voix du Jura,‎ (consulté le 23 février 2017).
  17. Isabelle Brunnarius, « Décès de Jean-Christophe Victor, l'un des concepteurs du futur Espace des mondes polaires de Prémanon », sur france3-regions.francetvinfo.fr, France 3 Franche-Comté,‎ (consulté le 29 décembre 2016).
  18. « Jura : le seul musée au monde consacré à l'Arctique et à l'Antarctique », sur myaireurbaine.info,‎ (consulté le 14 mars 2017).
  19. « Le Dessous des cartes : hommage à Jean-Christophe Victor », Arte, info.arte.tv, 7 janvier 2017.
  20. Laurence Defranoux, « Jean-Christophe Victor : « On s’est aperçu que Google Maps mentait », sur liberation.fr, Libération,‎ 25, 29 décembre 2016 (consulté le 17 janvier 2017).

Liens externes[modifier | modifier le code]