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Parti des travailleurs du Kurdistan

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Parti des travailleurs du Kurdistan
(ku) Partiya Karkerên Kurdistan
PKK
Image illustrative de l’article Parti des travailleurs du Kurdistan

Idéologie De 1978 à 1994 :
Nationalisme kurde
Marxisme-léninisme[1],[2]
De 1994 à 2005 :
Nationalisme kurde
Socialisme
Depuis 2005 :
Confédéralisme démocratique
Autonomisme
Démocratie directe[3]
Positionnement Politique Extrême gauche
Objectifs Indépendance du Kurdistan (anciennement)
Obtention de droits linguistiques, culturels et existentiels des Kurdes.

Autonomie kurde au sein d'un système fédéral démocratique du Moyen-Orient[3]

Statut Actif
Fondation
Date de formation
Pays d'origine Turquie
Fondé par Abdullah Öcalan, Mazlum Doğan
Actions
Mode opératoire Guérilla, enlèvements, lutte armée, racket et terrorisme dont attentats-suicides
Zone d'opération Turquie, Irak, Iran et Syrie
Période d'activité Depuis 1978
Organisation
Chefs principaux Abdullah Öcalan
Murat Karayılan
Cemil Bayik
Membres 2016 : 5 000[4]
Fait partie de Flag of Koma Civakên Kurdistanê.svg KCK
Financement Collectes et activités culturelles, trafic de drogue[5],[6]
Sanctuaire Kurdistan irakien
Groupe relié HPG, YPG, YPJ, PYD, PJAK, KADEK, KONGRA-GEL, ASALA, FRA[7], CJGA, TAK[8],[9]
Répression
Considéré comme terroriste par Turquie, Canada, États-Unis et Union européenne
Conflit kurde en Turquie
Seconde guerre civile irakienne
Guerre civile syrienne

Le Parti des travailleurs du Kurdistan (en kurde : Partiya Karkerên Kurdistan, abrégé PKK, prononcé [pɛ.kɛ.kɛ]), formé en 1978, est une organisation politique kurde armée. Il est considéré comme terroriste par une grande partie de la communauté internationale, dont la Turquie, l'Australie, le Canada, les États-Unis, la Nouvelle-Zélande, l'Union européenne et le Royaume-Uni.

Le PKK est actif principalement en Turquie, en Syrie, en Iran et en Irak. Il a inspiré la création de plusieurs autres organisations dans les autres parties du Kurdistan, comme le Parti de l'union démocratique (PYD), en Syrie, et le Parti pour une vie libre au Kurdistan (PJAK), en Iran, qui lui sont liés, notamment dans le cadre du Koma Civakên Kurdistan (KCK).

Son fondateur et leader, Abdullah Öcalan, est détenu sur l'île-prison d'İmralı au nord-ouest de la Turquie depuis 1999.

Drapeaux

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Histoire

Combattante du PKK dans les montagnes de Qandil, en Irak, lors des célébrations de Newroz, le .

Contexte

Depuis sa création en 1923, la Turquie moderne s'est bâtie sur le déni de l'existence d'une nation kurde au sein de ses frontières. Une politique d'assimilation forcée, combinant l'interdiction de l'usage en public de la langue kurde, des déplacements de populations et des mesures de répression, est mise en œuvre dans tout le pays[10]. Dans les années 1960, le peuple kurde de Turquie qui tente de faire valoir ses droits se heurte à des arrestations massives d'intellectuels et de politiques, des interdictions de publier et de s'exprimer en langue kurde et plus globalement de mettre en avant la culture kurde et des attaques de la part de la presse turque[11]. C'est dans ce contexte que des manifestations éclatent en 1967 et que des associations kurdes sont créées l'année suivante. L'interdiction de partis pro-kurdes amène le Parti des travailleurs de Turquie (Türkiye İşçi Partisi/TIP) à se sensibiliser à la cause kurde et à devenir un espace de ralliement des Kurdes. Le TIP reconnaît officiellement l'existence « du peuple kurde (…) à l'est », une première à l'époque[12].

Le prélude à la fondation du PKK

Les origines du PKK remontent à un pique-nique d'étudiants dans la région d’Ankara en 1973. Les étudiants qui y participent ont été influencés par Dev-Genç (Jeunesse révolutionnaire, une organisation de la gauche turque) et par les leaders de la gauche radicale turque tués ou exécutés en 1972, comme Deniz Gezmiş et Mahir Çayan. Mais, parmi eux, seul Abdullah Öcalan semble avoir milité précédemment. Lors de ce pique-nique, le groupe d'étudiants, qui compte en son sein plusieurs étudiants turcs, comme Kemal Pir, Haki Karer et Duran Kalkan, dégagent trois idées principales. La première idée est que le Kurdistan est une colonie. La deuxième idée est que le Kurdistan nécessite une guerre de libération nationale. La troisième idée est que le processus de libération du Kurdistan exige, comme condition préalable, deux ruptures radicales : la première avec la gauche turque, qualifiée de « social-chauvine » ; la deuxième avec les autres groupes et organisations kurdes, qualifiés de « nationalistes primitifs » [13],[14].

En 1974, Abdullah Öcalan prend la tête, à l'université d'Ankara, de l'ADYOD (Association démocratique de l'enseignement supérieur d'Ankara). Après la défaite de Mustafa Barzani en Irak, Öcalan proclame qu'il incombe désormais à la jeunesse kurde de Turquie d'organiser une nouvelle résistance visant à libérer le Kurdistan dans son ensemble. Ses partisans vont commencer à sillonner les régions kurdes pour y enquêter sur la réalité sociale et pour établir des contacts avec la population. Ils vont rapidement se heurter aux autres organisations kurdes (tout particulièrement les KUK), aux groupes de la gauche turque et aux organes de contre-guérilla de l'État. En 1977, l'assassinat d'un membre, Haki Karer, par un groupuscule kurde incite le groupe informel à s'organiser de manière plus structurée et à fonder un véritable parti[13].

La fondation du PKK

Le groupe diffuse ses premiers tracts dans les régions kurdes en les signant du nom d'Armée de libération nationale (UKO, Ulusal Kurtuluş Ordusu). Mais les militants se font rapidement connaître sous le surnom d'Apocular (« partisans d'Apo » ou « apoïstes ») [15].

Les 26 et 27 novembre 1978 a lieu dans le petit village de Fis (district de Lice, province de Diyarbakir) le congrès fondateur du PKK. C'est lors de ce Congrès qu'est adopté le premier programme du PKK[13].

Mehmet Hayri Durmuş, Cemil Bayik, Mazlum Doğan, Abdullah Öcalan, Şahin Dönmez, Mehmet Karasungur et Baki Karer forment le comité central. Mehmet Hayri Durmuş, Şahin Dönmez et Baki Karer sont élus secrétaires au travail d'organisation. Mazlum Doğan est élu secrétaire à la propagande et rédacteur en chef du mensuel théorique officiel du parti, Serxwebûn (Indépendance). Mehmet Karasungur est élu secrétaire à l'organisation des forces armées, Cemil Bayik est élu vice-secrétaire général. Abdullah Öcalan est élu secrétaire général[16],[17].

Les autres membres fondateurs du parti, qui pour certains sont membres du comité central, sont : Mehmet Çahit Şener, Mehmet Resul Altınok, Çetin Güngör, Ferhat Kurtay, Abdullah Kumral, Yıldırım Merkit, Duran Kalkan, Ali Gündüz, Ali Haydar Kaytan, Hüseyin Topgüder, Ali Çetiner, Kesire Yıldırım, Mehmet Turan, Abbas Göktaş, Enver Ata, Sakine Cansiz, Ali Topgüder et Ferzende Tağaç[18],[19],[20].

Les combats de Hilvan et Siverek

Dans un premier temps, le PKK suit une stratégie légaliste. Il soutient des candidats aux élections municipales. Mais à partir de 1979, il décide de porter la lutte dans les campagnes et choisit la province d'Urfa, pour expérimenter une stratégie de propagande armée, en affrontant les tributs kurdes considérées comme fidèles au régime. Il va lancer cette nouvelle stratégie à Hilvan, puis à Siverek. Le 30 juillet 1979, il échoue à assassiner Mehmet Celal Bucak, agha local et député. S'attaquer au clan Bucak n'est pas une mince affaire : il dispose en effet d'une armée privée de près de 10 000 hommes[21]. L’attentat manqué est suivi d'affrontements sanglants entre les militants du PKK et les milices privées de la famille Bucak. À la même période, le KUK et d'autres organisations kurdes rivales agressent violemment les militants du PKK[13].

La lutte pour le contrôle de la jeunesse

Outre les combats contre les tribus liées à Ankara, qualifiées de « féodales », le PKK se retrouve au centre d'une lutte sanglante pour le contrôle de la jeunesse kurde, aussi bien urbaine que rurale. Entre 1978 et 1980, les organisations de la gauche turque et les organisations kurdes rivales comme les KUK, issus d'une scission au sein du KDP-Turquie, s'opposent violemment aux entreprises du PKK. Les affrontements feront 400 morts[21].

Le coup d'État militaire

Le 12 septembre 1980, le coup d'État militaire jette une chape de plomb sur tout le pays. Plus de 400 militants, appartenant en majorité à des organisation kurdes, sont exécutés sommairement, torturés à mort ou portés disparus. Plus de 600 000 personnes sont placées en garde à vue. 85 000 personnes sont emprisonnées, souvent pour de longues périodes[22]. Tous les partis politiques, les syndicats et les associations sont interdits. Une répression féroce a lieu dans les régions kurdes, en même temps qu'un regain de la politique assimilation forcée (interdiction de la langue kurde en toute circonstance, propagande basée sur la « synthèse islamo-turque » de Kenan Evrenetc.)[13]. Le pouvoir militaire, qui se perçoit comme une restauration kémaliste, appréhende la gauche et la kurdicité comme des pathologies à soigner par les symboles de la turcité. D'emblée, il interdit toute expression politique ou culturelle kurde, à commencer par l'usage oral de la langue[22].

La « résistance des prisons »

2 000 membres présumés du PKK sont arrêtés et emprisonnés[10]. La prison de Diyarbakir va être le théâtre d'actes de « résistance » qui vont jouer un grand rôle dans la construction de la martyrologie du PKK. Plusieurs militants s'immolent par le feu pour protester contre les tortures systématiques de prisonniers pratiquées par l'État turc. Mazlum Doğan, membre du Comité central, après une tentative d'évasion, se pend le 21 mars 1982, après avoir symboliquement allumé trois allumettes pour célébrer le Newroz, le Nouvel an kurde[23]. Deux mois plus tard, le 18 mai 1982, quatre membres du PKK, dont le membre du Comité central Ferhat Kurtay, s'immolent par le feu pour « faire vivre la flamme de la résistance »[22].

Préparation du « retour au pays »

Abdullah Öcalan, lui, a rejoint le Liban déjà en juillet 1979. Il y sera bientôt suivi par plusieurs centaines de militants. Il considère que ce pays constitue une zone de guerre propice à la préparation du « retour au pays » et du lancement de la guerre de guérilla. Il obtient de l'OLP la possibilité d'entraîner ses militants : il ouvre le premier camp militaire du PKK dans la plaine de la Bekaa. Les militants du PKK, en retour, participeront à la résistance palestinienne lors de l'invasion du Liban par l'armée israélienne en 1982. 13 militants kurdes perdront la vie lors de ces combats[13].

Le deuxième Congrès du PKK a lieu au Liban en 1981[13].

Le lancement de la lutte armée

En 1984, le PKK crée les Unités de Libération du Kurdistan (HRK, Hêzên Rizgarî ya Kurdistan). Le 15 août 1984, deux attaques militaires sont lancées le même jour dans deux petites villes distantes de 330 kilomètres, Eruh et Shemzinan, pour marquer dans les esprits le début de la lutte armée (une troisième action avait été prévue à Çatak, mais est annulée au denier moment)[10].

Lors du troisième congrès du PKK, tenu à Damas en 1986, les HRK sont dissoutes et transformées en Artêşa Rizgarî ya Gel ê Kurdistan (ARGK, Armée de libération du peuple du Kurdistan). Le camp d'entraînement militaire du Liban est transformé en Académie militaire Mahsum Korkmaz. Celle-ci continuera ses activités dans la Bekaa jusqu'en 1998, quand elle sera transférée au Nord de l'Irak. Lors du même congrès est aussi fondé le Front de Libération Nationale du Kurdistan (ERNK), appelé à structurer la société civile autour du Parti[10].

Les années 1990-1993

C'est après la première guerre du Golfe en 1991 que le mouvement prend de l'ampleur. Face à la rigidité de la politique turque et son refus de reconnaître aux Kurdes la légitimité d'une identité culturelle à part entière et d'une autonomie administrative, nombre de jeunes s'engagent dans le combat et la guérilla s'intensifie dès le début des années 1990[24].

Cette période est considérée comme l'apogée du PKK. L'ERNK ouvre des bureaux d'informations et des représentations dans la plupart des pays d'Europe. Les engagements dans la guérilla sont de plus en plus nombreux[10].

Jusqu'en 1990, le PKK mène une guerre de guérilla dans les montagnes. L'État turc contre-attaque en organisant dans les villages les unités de köy korucuları (« protecteurs de village »). Les régions de montagnes et de campagnes sont un terrain où les groupes de guérilla affrontent quotidiennement la gendarmerie, l'armée régulière, des groupes paramilitaires et les milices (köy korucuları) composées de villageois kurdes recrutés par le gouvernement. Ces milices villageoises, armées et rémunérées par l'État atteignent l'effectif de 100 000 hommes[22]. Les villageois qui refusent de s'engager dans la milice sont menacés, voire tués[réf. nécessaire]. En décembre 1987, 27 villageois de la tribu Oramar, considérée par le gouvernement comme favorable au PKK, ont été massacrés à Yüksekova pour avoir refusé de fournir un contingent de miliciens. D'autres villages, considérés comme pro-PKK, ont été victimes de représailles pour avoir refusé de s'engager dans la milice pro-étatique (notamment à Gere-Cevrimli (province de Siirt) et à Bahçesaray (province de Van)[25]. Au tournant des années 1990, la Turquie engage une nouvelle politique de déplacement de la population kurde. Une série de lois (notamment la loi no 413 de 1989) qui autorisait le gouverneur régional à procéder à des déportations est votée[15]. Des milliers de villages sont évacués dans les années 1990 et des centaines de milliers de Kurdes sont forcés de quitter leur village ou ville[26]. Avant d'entamer un recul progressif, laminé par la contre-offensive des autorités turques, le PKK contrôlait en 1991 une large portion du sud-est anatolien. Le fait que l'armée reprenne les rênes des opérations anti-PKK et vide quelque 4 000 villages de leurs habitants coupe ensuite le PKK de ses soutiens dans la population et, par la même occasion, de ses circuits de ravitaillement clandestins.

les révoltes urbaines : les serhildan

À partir de 1990, commence une vague de révoltes urbaines : les serhildan (« soulèvement »). Le premier de ces soulèvements populaires a lieu à Mardin, quelques jours avant la célébration du Newroz, le Nouvel An kurde, le 21 mars. La révolte s'étend à Cizre, puis se propage dans la plupart des régions kurdes de Turquie. Elle s'étend même aux populations kurdes d'Istanbul et d'Ankara[10].

À cette période, l'État turc adopte la doctrine de la guerre de basse intensité. L'armée applique le principe de la terre brûlée. En même temps, cette politique donne un libre cours aux exécutions extra-judiciaires de plus de 2000 intellectuels, hommes d'affaires et politiciens, souvent sans aucun rapport organique avec le PKK. Parmi les victimes de ces assassinats, les membres du parti légal DEP (Parti Démocratique) payent un lourd tribu : une centaine d'entre eux disparaissent avant d'être retrouvés exécutés[22],[27].

Les serhildan reprennent de l'ampleur en 1991, 1992 et 1993. Ils ont lieu souvent aux moments du Newroz, mais aussi à l'occasion des enterrements de guerilleros du PKK ou de personnalités civiles assassinées par les forces de contre-guérilla. Ainsi, le 10 juillet 1991, à Diyarbakir, 25 000 personnes suivent le cortège funèbre du député kurde Vedat Aydin, disparu puis retrouvé assassiné après avoir été torturé. La police ouvre le feu sur la foule : 12 personnes sont tuées et 122 sont blessées[28].

Le premier cessez-le feu

C'est alors que le président turc Turgut Özal, lui-même d'origine kurde, entame une rupture avec la politique kémaliste de son pays et propose des solutions politiques, notamment une meilleure représentation des Kurdes en politique, l'amnistie des membres du PKK et une certaine autonomie du Kurdistan. Öcalan, en relation directe avec Özal, proposera un premier cessez-le-feu en mars 1993[29], cessez-le-feu entériné par le conseil présidentiel en 1993. Le texte, qui suit les recommandations d'Öcalan, définit l'arrêt de la lutte armée comme la seule voie possible à la démocratisation de la Turquie et la résolution du problème kurde[30]. Un mois plus tard, le président turc meurt en emportant avec lui ses projets et le pouvoir qui prend la relève ne respecte pas la trêve. De plus, l'exécution de trente soldats turcs désarmés sur l'ordre du commandant Sakik, en désaccord avec Öcalan, conduit Ankara à refuser le dialogue avec la guérilla[29].

Les années 1994-1998

Deux cessez-le-feu ont été décrété en 1995 et 1998, toujours dans le but, selon ses dirigeants, d'aboutir à la résolution du problème kurde par la voix du dialogue[31].

En 1995, le PKK inaugure la première chaîne de télévision en kurde, par satellite, MED-TV. La même année, il fonde le PKDW, le Parlement du Kurdistan en exil, avec la participation de représentants de la majorité des partis et organisations kurdes d'Iran, d'Irak, de Turquie et de Syrie. Son siège est à Bruxelles[10].

Zilan et la YAJK

Le 30 juin 1996, la militante du PKK Zeynep Kınacı (nom de code Zîlan) exécute une action-suicide à l'explosif dans la ville de Dersîm (Tunceli). Se faisant passer pour une femme enceinte, elle fait exploser sa charge au milieu d'une parade militaire. Huit soldats turcs sont tués, 33 sont blessés. Abdullah Öcalan déclare que Zîlan, par son don de soi, incarne le modèle de la militante du PKK. En outre, son action n'est pas considérée comme un suicide, mais comme une action de dévouement total (fedai eylem) et un exemple d'héroïsme à suivre[32],[33],[34].

Zîlan devient aussi l'icone de la « femme libre » dans l'idéologie du PKK. Elle devient le symbole de la YAJK (Yeketiya Azadiya Jinên Kurdistan, Union de la liberté des femmes du Kurdistan, fondée en 1995), structure qui regroupe les unités combattantes féminines du PKK[34].

La Turquie et les bandes

À partir de 1995, la Turquie voit se développer de plus en plus ouvertement le phénomène des « bandes ». En effet, une dizaine de groupes organisés, au croisement des services de renseignements, des acteurs de l'économie souterraine (traffic de drogues, extorsion, contrebande), des milieux de la droite radicale et des sbires du pouvoir, se livrent à une lutte pour le pouvoir. En 1996, l'accident de la circulation de Susurluk, dévoile au grand jour ces collusions : Sedat Bucak, député influent de la majorité gouvernementale, Hüseyin Kocadag, l'un des plus hauts gradés de la police d'Istanbul et Abdullah Çatlı, ancien militant de la droite radicale impliqué dans de nombreux homicides et officiellement recherché par la police depuis des années. Au-delà du scandale politico-judiciaire, l'« affaire de Susurluk » est le départ de nombre d'enquêtes qui attirent l'attention du public sur la privatisation massive de la violence en Turquie. Cette privatisation de la violence s'illustre particulièrement par les escadrons de la mort, institués par l'État mais agissant le plus souvent de manière autonome et en toute illégalité, mais aussi par le système des unités de köy korucuları (« protecteurs de village »), au nombre de 100 000 hommes. Ces derniers sont armés et salariés par l'État (leur salaire équivaut à trois fois le SMIC français). Selon les sources officielles turques, nombre d'entre eux sont impliqués dans toutes sortes d'activités de racket et de contrebande[21].

L'arrestation d'Abdullah Öcalan

En 1999, Abdullah Öcalan, fondateur du PKK est capturé au Kenya par les services secrets turcs, américains et israéliens, puis condamné à mort pour avoir fondé et dirigé une organisation considérée terroriste. Des manifestations, parfois violentes, ont lieu dans de nombreux pays. Ainsi, quatre membres du groupe sont tués lors d'une manifestation devant le consulat général d'Israël à Berlin pour protester contre le rôle du Mossad dans l'arrestation d'Öcalan[35]. Des membres se réunissent également devant l'ambassade de Grèce à Londres, pour protester contre la fin du soutien grec au PKK.

Une première réaction des militants et des sympathisants du PKK est le passage à des formes d'actions auto-sacrificielles : une douzaine de militants ont recours à des attentats-suicides, tandis qu'une soixantaine de sympathisants tentent de s'immoler par le feu (20 d'entre eux perdront la vie)[21].

Un cessez-le-feu de 1999 intervient après l'arrestation d'Öcalan. Ce dernier avait alors dans l'idée que certains groupes de combattants stationnés en Irak traversent la frontière pour se rendre symboliquement aux autorités turques en gage de bonne volonté. Mais après l'arrestation le des sept membres du premier groupe et la condamnation de son chef Ali Sapan à dix-huit ans de prison, le conseil présidentiel met fin à ce projet[36].

La reprise en main du Parti

Au sein du PKK, l'arrestation d’Öcalan constitue par ailleurs une crise institutionnelle sans précédent. Elle fait courir le risque d’une désagrégation accélérée du parti car elle pourrait rendre caduque les rôles institués au sein du PKK. Ceci pousse les commandants de la nouvelle direction, après une période de flottement de quelques semaines, à réélire Öcalan à la tête du parti lors d'un VIème Congrès. Depuis lors, la fidélité à Apo passe toujours d’abord par une discipline du corps et de l’esprit qui seule peut permettre de faire avancer le « combat pour la civilisation »[37].

Le VIIème Congrès du PKK (janvier 2000) maintient l'unité de l'organisation mais reflète également un certain vide idéologique. Il reconduit Öcalan à la présidence mais élit un Conseil Présidentiel. Les objectifs politiques sont redéfinis: autonomie culturelle pour les Kurdes et transformation de la Turquie en une République démocratique. En avril 2002, le nom de PKK est mis de côté au profit de KADEK (Congrès de la liberté et de la démocratie au Kurdistan), puis de Kongra-Gel (Congrès du Peuple) en 2003. En mai 2005, l'organisation reprend le nom du PKK, pour se présenter comme une branche du Kongra-Gel, sensé englober la totalité de la population kurde[22].

2005 : Reprise de la lutte armée

Combattants du PKK en 2015.

Entre le printemps 1999 et mai 2005, le Kurdistan connaît une période d'accalmie. Les dirigeants de l'organisation pensent que ce repli permettra une solution négociée avec Ankara. Ils espèrent aussi qu'en contrepartie de la reconnaissance des droits culturels et la proclamation d'une amnistie générale leur ouvrant les portes d'un champ d'action légal, ils pourront faire descendre des montagnes leurs combattants. Mais la poursuite des offensives militaires turques, le refus de nombres de militaires et de politiques turcs de négocier avec l' « organisation terroriste », mais aussi les limites de l'action légaliste, constamment exposée à la répression, ruinent bientôt les espoirs d'une solution pacifique [22].

Le PKK reprend les armes en juin 2005, après une trêve de six ans qu'il avait décrétée et respectés malgré les multiples offensives d'Ankara[22].

Depuis le Newroz 2007, le PKK a pris des mesures contre l'Armée turque qui ne respectait pas les trêves décrétées. Elles ont été un succès notamment avec l'attaque à plusieurs reprises de casernes militaires.

À la suite des attaques de l'armée turque dans le Kurdistan irakien en février 2008, des Kurdes d'Istanbul descendent dans la rue. Face à la grande pression des forces de police turques, des chefs du PKK lancent des appels à la population kurde de Turquie afin qu'ils rendent « la vie dans les grandes métropoles insupportable », notamment en « incendiant des voitures »[38]. Les forces turques réagissent en menant une répression féroce dans le Sud-Est du pays[39] qui a été mis en zone interdite aux étrangers et un état d'urgence, levé depuis, fut imposé à la population durant plusieurs années.

À partir de 2009, le Parti des travailleurs du Kurdistan opère aussi sur les territoires turcs, comme l’attaque sur un convoi militaire le 7 décembre 2009 près de la ville de Tokat qui a fait 7 morts et trois blessés, ou encore l'attaque armée contre le convoi électoral du premier ministre turc Recep Tayyip Erdoğan, qui a fait un mort et un blessé aux environs de Kastamonu.

Un cessez-le-feu est décrété en 2013 avec la Turquie suite à des négociations mêlant les services secrets turcs, des responsables du PKK et du Parti démocratique des peuples et dans une moindre mesure Abdullah Öcalan qui est consulté depuis sa cellule de prison. Le conflit reprendra suite à l'assassinat de deux policiers turcs en représailles de l'attentat de Suruç. Les rebelles du PKK assurent que les policiers collaboraient avec l'état islamiste[40],[41].

Face à l'État islamique

Combattants du PKK (à gauche) et un peshmerga de l'UPK (à droite), à Kirkouk en Irak, en août 2015.

Dès le début de l'offensive en juillet 2014 de l'organisation terroriste État Islamique en Irak et en Syrie, les forces armées du PKK et du PYD s'érigent en principale force capable de freiner l'avancée djihadiste, alors même que les troupes irakiennes y opposent une résistance quasi nulle[42],[43].

En août 2014, le PKK et les YPG (unités armées dépendant du PYD) se font connaître du monde entier à la suite de leur opération d'évacuation de 200 000 Yézidis encerclés dans les Monts Sinjar en Irak et abandonnés par les peshmergas[44].

Les unités féminines armées des YPG (ou YPJ), deviennent alors un symbole médiatique de la lutte kurde du fait d'abord de leur impressionnante discipline, mais aussi par la rumeur sur la crainte qu'elles inspireraient aux djihadistes ne pouvant accéder au paradis en cas d’assassinat par une femme[45],[46].

En juillet 2014, le groupe EI attaque la ville kurde de Kobané et subit une importante défaite face aux YPG. Des centaines des membres de l'EI, dont plusieurs émirs, y trouvent la mort

Article connexe : Bataille de Kobané.

Le 16 septembre, les djihadistes reviennent avec une artillerie lourde et assiègent de nouveau la cité. Bien qu'en important sous-équipement, les YPG tiennent la ville pendant deux mois et en contrôlent toujours la moitié au 23 octobre.

En raison de leur classement comme organisations terroristes, la Turquie et les États-Unis refusent pendant ces deux mois de soutenir militairement le PKK ou le PYD et d'envoyer des troupes au sol[47]. La Turquie refuse également l'ouverture de ses frontières intérieures pour l'appui des Kurdes de Turquie. Celle-ci est d'ailleurs fréquemment accusée de soutenir l'État Islamique contre les Kurdes[48],[49]. Plusieurs manifestations sont alors organisées dans le monde en soutient à Kobané[50]. En Turquie plusieurs dizaines de Kurdes y sont tués dans de violents affrontements avec la police et des groupes islamistes[51],[52].

Les États-Unis prennent finalement contact avec le PYD le 16 septembre, et le 20 septembre décident de livrer des armes et du matériel aux YPG. La Turquie quant à elle accepte pour la première fois d'ouvrir une partie de ses frontières aux peshmergas irakiens[47], bien que la réalité de ce compromis soit pour le moment incertain[53].

La bataille de Kobané s'érige rapidement en symbole. Troisième ville kurde de Syrie, cette dernière est primordiale pour la sauvegarde de l'autonomie kurde et l'édification du confédéralisme, pour l'EI, Kobané n'a pas d'importance géostratégique mais une importance symbolique depuis sa première défaite[54].

Certains médias d'extrême gauche ont voulu voir dans Kobané un affrontement entre forces réactionnaires et combattants révolutionnaires, et en ont fait un parallèle avec les batailles de Stalingrad ou Barcelone[55],[56]. Certains groupes anarchistes Modèle:Lesquels? et socialistes Modèle:Lesquels? de Turquie ont ainsi rejoint les rangs des miliciens kurdes du PKK et du PYD en Syrie[57],[58].

Idéologie

Combattants du PKK en 2014, brandissant les drapeaux du PKK, du KCK, des HPG et des YJA-Star.

Le programme du PKK

Lors du premier Congrès (1978) est adopté le premier programme, celui du Bağımsız Birleşik Kürdistan (Kurdistan indépendant unifié). Le programme est présenté dans la deuxième partie d'une brochure, La Voie de la Révolution au Kurdistan (Kürdistan Devrimin Yolu)[59], connu aussi sous le nom de Manifesto (le Manifeste), rédigée par Mazlum Doğan et Abdullah Öcalan. Le texte prône la création d'un État kurde indépendant, réunissant tous les territoires peuplés par les populations kurdes. Cet État aurait pour tâche de liquider le « féodalisme » et d'établir une société démocratique et socialiste[60].

Parmi les mouvements kurdes, se réclamer à la fois du nationalisme et du socialisme n'est pas exceptionnel. C'est plutôt une caractéristique commune. Mais une particularité essentielle du PKK est qu'il rejette le passé, assimilé à l'âge de la corruption durant lequel le Kurde opprimé aurait été le complice de ses oppresseurs. L'identité kurde existante est considérée comme la mentalité, intériorisée et coupable, de l'esclave. Cette vision de l'histoire du Kurdistan différenciera fondamentalement le PKK de tous les autres mouvements kurdes[22].

Par la suite, à partir de 1999, le PKK abandonnera ses revendications maximalistes et affirmera lutter pour la reconnaissance de l'identité kurde et pour une forme d'autonomie au sein d'un projet dit de « Confédéralisme démocratique », qui ne remettrait pas en cause les frontières étatiques existantes[61].

Le militant du PKK : un Homme nouveau

Un élément particulièrement important du premier congrès est la mise en place du modèle du militant du PKK, qui perdurera jusqu'à aujourd'hui : c'est un militant professionnel, dont les principes de base sont l'abnégation et l'observation de règles de vie strictes [61]. Pour le PKK, le militant doit incarner un « homme nouveau », sur le modèle apoïste (dérivé d'Apo, surnom d'Abdullah Öcalan). Cet « homme nouveau » a pour repère la vie du leader du PKK : une enfance marquée par les humiliations et les révoltes, puis une démarche de libération. Le Kurde est considéré comme victime autant que comme responsable de l'identité d'esclave qu'il porte . Aucun militant n'est considéré comme digne du parti par le seul sacrifice de soi. Il doit s'efforcer de lui-même « devenir le Parti » et « devenir du PKK » (Partileşme et PKKlileşme). L'instruction idéologique du militant du PKK n'est pas basée sur la théorie politique, mais sur les Analyses (de « personnalité » ) (Çözümlemeler) d'Abdullah Öcalan[62].

La « personnalité kurde»

Le principe de base de l'éducation du PKK est que « 90 % du combat est dirigé contre l’ancienne personnalité, l’ennemi intérieur, et seulement 10 % contre l’ennemi extérieur »[63].

Le premier ouvrage faisant référence à la « personnalité » des Kurdes paraît en 1983, mais la question de l’individu devient centrale dans les écrits d’Öcalan dans les années suivantes, soit au moment où commence la formation des guérilleros au Liban. Les notions d’ « humanisation », de « socialisation », d’ « émancipation individuelle » [özgürleşme], de « soi », de «personnalité libérée » remplacent alors progressivement les notions marxistes classiques de « lutte des classes » ou de « matérialisme historique ». La « production de soi », c’est-à-dire d’une personnalité libérée à la fois de l’aliénation turque et de l’aliénation liée aux structures sociales traditionnelles, vertueuse et par dessus tout digne de confiance du guide, devient progressivement la seule voie proposée aux militants dans les Çözümlemeler [Analyses], ces cours professés par Öcalan lui-même à l’Académie[63].

Il faut donc éduquer « socialement » les Kurdes, les persuader « qu’ils sont des esclaves et qu’ils ont besoin d’être libérés ». Mais plus qu’aux principes du parti, c’est à la personne d’Öcalan qu’il convient d’être fidèle, car elle est le garant de la cause et de la vie meilleure. Et c’est en suivant son exemple – sans l’imiter – que l’on peut devenir un bon militant, un Homme digne de ce nom. C’est aussi la guerre qui est l’instrument principal de la transformation de l’Homme. Cette mystique de la violence s’appuie en effet sur « le passage libérateur où le colonisé, en passant à la violence contre un ordre et un maître tout puissant, rompt de façon radicale l’infériorisation dans laquelle il était tenu. Grâce à elle, il retrouve sa dignité et son identité oblitérées par le colonialisme »[63].

Le modèle éducatif de l'Académie Mahsum Korkmaz

Plus tard, le système éducatif du PKK aura son laboratoire: l’Académie Mahsum Korkmaz, Ce centre de formation de cadres sera fondé en 1986 à Helve dans la Bekaa libanaise, déménagé en Syrie près de Damas en 1993 et installé depuis 1998 dans les régions kurdes d’Irak (plus précisément au Zap). Plus de 10 000 militants et commandants du parti sont sans doute passés par cette « école » entre 1986 et 1998, pour des sessions de formation d’environ trois mois ou pour des rééducations plus longues, jusqu’à quelques années[63].

Ce chiffre important ne doit cependant pas laisser croire que tous les guérilleros étaient amenés à recevoir une formation dans cette Académie : à partir du début des années 1990, la plupart des jeunes recrues du mouvement sont formées au sein même de leur unité de combat, et plus spécifiquement durant l’hiver, lorsque les affrontements avec l’armée turque sont moins nombreux. Mais le système éducatif pratiqué est le même dans toutes les branches et dans tous les secteurs de l'organisation: ainsi stagiaires de l’Académie, guérilleros, détenus en Turquie et militants politiques en Europe sont soumis à des règles souvent très similaires (forte autodiscipline demandée à chacun, interdiction de se plaindre, interdiction des relations sexuelles, interdiction de boire de l’alcool, obligation de participer aux différentes activités, interdiction de déserter), alors même qu’ils sont insérés dans des contextes politiques et sociaux objectivement très différents[63].

La critique et l'autocritique

La critique et l’autocritique tiennent une place centrale dans le quotidien. A tous les niveaux, du simple combattants au commandant, les militants du PKK sont constamment soumis à la critique et sommés de faire leur autocritique. Ils doivent systématiquement reconnaître leurs erreurs et leurs insuffisances et expliquer publiquement comment ils comptent s’améliorer. Ils doivent rechercher ce qui, dans leur « ancienne vie », continue d’agir aujourd’hui sur eux et bloque l’avènement d’une nouvelle personnalité. ll reste que si la critique des commandants et des militants est considérée comme nécessaire, celle d’Abdullah Öcalan est totalement impossible[63].

Évolution idéologique du PKK

Au cours des années 1990, le PKK évolue sur le plan idéologique. La chute du bloc soviétique et le bilan des « socialismes réels » lui font prendre ses distances avec la référence au communisme. La ligne se réoriente vers un socialisme démocratique, un nationalisme kurde et le respect des droits de l'homme[10]. En 1994, toute référence au marxisme-léninisme est abandonnée[64],[65]. En 1995, la faucille et le marteau disparaîtront définitivement du drapeau, et sont remplacés par un flambeau[10]

Du changement stratégique au changement de paradigme

Combattantes du PKK en 2016.

Changements organisationnels

En 2001, à la suite de son renoncement à la lutte armée, le PKK forme le Congrès pour la liberté et la démocratie au Kurdistan (Kongreya Azadî ya Demokratik a Kurdistan, ou KADEK). En 2002, le PKK prend le nom de Congrès pour la liberté et la démocratie au Kurdistan (Kadek) et abandonne les références marxistes et léninistes[66]. En 2003, renonçant au léninisme, il change de nouveau son nom en Congrès du peuple du Kurdistan (Kongra-GEL ou KGK)[67]. Pourtant, le , Zübeyr Aydar proclame la fin du cessez-le-feu. Un autre cessez-le-feu est décrété en 2006[68].

Nouvelle évolution idéologique: le nouveau paradigme

Les cadres référentiels du PKK deviennent les droits de l'homme, la justice, la démocratie, l'écologie et le féminisme[22].

Il adopte à partir de 2005 le Confédéralisme démocratique d'Abdullah Öcalan[69]. Ce nouveau paradigme marque sa nouveauté dans l'évolution idéologique du PKK. D'une part, il abandonne le principe du nationalisme, qu'il considère comme dépassé et inadapté au Moyen-Orient. D'autre part, il rejette la prise du pouvoir politique en tant qu'objectif ; le principe devient : « changer la société sans prendre le pouvoir » [69].

Ses grandes lignes sont définies par un projet de démocratie participative, proche du municipalisme libertaire, une économie de type coopératif, un système de fédéralisme intégral entre communes et une coopération paritaire et multiethnique dans des systèmes organisationnels et décisionnels autogérés[70],[71],[72]. Cette réorientation sera principalement l'œuvre des relations entretenues par Abdullah Öcalan lors de sa détention avec l'essayiste libertaire Murray Bookchin. En 2006, à la suite de la mort du théoricien, l’assemblée du PKK se réfère à Bookchin pour la construction d'un nouveau modèle de socialisme démocratique : le municipalisme libertaire[73],[74],[75]. Celui-ci sera repris par le PYD, proche du PKK en Syrie, mais ne connaîtra une mise en place singulière qu'en 2012 avec l'autonomie kurde acquise au Rojava[76],[65],[77].

Actions

Selon le gouvernement turc, le PKK mène des actions et attentats contre les autorités et les intérêts touristiques turcs (attentats à la bombe en ville, enlèvements[78] dans les stations balnéaires et centres commerciaux). Le gouvernement et les médias turcs attribuent régulièrement au PKK des attentats non revendiqués ayant fait des victimes civiles en Turquie[79].

Le PKK quant à lui dément toujours ces attentats et accuse les forces de contre-guérilla, ou l'organisation Ergenekon[80], mouvement présenté par certains comme la version turque du réseau stay-behind et dont plusieurs membres — généraux de l'armée turque et politiciens — ont été arrêtés durant l'été 2008[81].

Le PKK agit également comme groupe de guérilla[82] aux côtés d'autres groupes armés kurdes, parfois clandestins et terroristes comme le Parti de la liberté du Kurdistan, mais aussi avec des forces régulières et officielles comme les peshmergas du gouvernement régional du Kurdistan irakien - au cours de la Guerre civile syrienne et de la seconde guerre civile irakienne [pas clair] [réf. nécessaire] .

Bilans humains

Selon les sources turques, de 1978 à 1980, le PKK aurait assassiné 354 personnes et en aurait blessé 366 ; de 1987 à 2002, le PKK aurait assassiné 5 335 civils (dont 96 instituteurs) et en aurait blessé 10 714 ; 5 500 membres des forces de sécurité auraient été tués et 11 500 blessés ; 23 500 membres du PKK auraient été tués, 600 blessés et 3 500 arrêtés ; le PKK aurait entièrement détruit 114 écoles, en aurait endommagé 127, il aurait démoli six hôpitaux et cliniques, endommagé huit autres, et aurait attaqué, par des engins explosifs, diverses infrastructures de transport et de communication[83]. Le choix d'attaquer des villages, à partir de 1987, ce qui aurait entraîné l'assassinat, par le PKK, d'au moins seize enfants et huit femmes, a provoqué, dès 1988, la rupture d'Hüseyin Yildirim, jusque-là porte-parole du PKK pour l'Europe (Hüseyin Yildirim nie avoir jamais exercé la moindre fonction au sein du PKK[84]) [85].

En 29 ans, le bilan humain du conflit entre l’État turc et le PKK est lourd :

  • décès de plus de 45 000 personnes[86]
  • meurtres non élucidés : entre 2 000 et 17 000[87]
  • déplacement de 386 000 habitants dans 14 départements
  • lourd traumatisme dans la société turque[87].

Analyses

En avril 2017, le politologue Olivier Roy, spécialiste de l'Islam, propose l'analyse suivante du retour à la lutte armée en Turquie[88] :

Il [le PKK] est tombé de lui-même dans un piège que personne ne lui a tendu. Quand il a vu les succès militaires en Syrie, il s’est dit que finalement, l’action militaire fonctionnait. Il a relancé l’option militaire en Turquie, ce qui a été pris par Erdogan comme une trahison. Et il a en revanche complètement échoué à relancer la direction militaire car la société kurde a changé : la guérilla rurale ne marche plus car, pour simplifier, il n’y a plus de paysans. Les développements économiques ont urbanisé le Kurdistan. Donc le PKK a lancé une guérilla urbaine. Donc des quartiers se sont soulevés. J’étais à ce moment-là en Turquie, et c’était complètement dingue. Il y avait des quartiers où les jeunes se battaient encerclés par l’armée et juste à côté, les gens allaient faire leurs courses, étaient aux terrasses des cafés, etc. La population n’a pas du tout accroché à cela, pas du tout, ils en ont même voulu au PKK, parce que c’était une opération suicidaire d’un simple point de vue militaire, complètement suicidaire. L’armée n’a eu aucun mal à encercler et réduire les quartiers insurgés. On peut discuter des dommages collatéraux mais quand j’y étais, les dommages collatéraux étaient relativement faibles. Donc c’était un échec, maintenant il n’y a plus de négociations.

Relations avec les autres partis kurdes et les pays limitrophes de la Turquie

Que ce soit en Turquie ou en Irak, les relations entre les différents partis kurdes ont toujours été problématiques, oscillant au gré des circonstances entre alliances et conflits ouverts. En raison de son positionnement marxiste-léniniste, le PKK s'est heurté à de nombreuses reprises avec le PDK ou l'UPK, accusés de « féodalisme » et de collaboration avec le gouvernement turc, alors que le PKK collaborait tantôt avec la Syrie, l'Irak ou l'Iran afin de se ménager des bases arrière à l'abri des frontières[89].

Soutiens et financement

Dès 1979, les responsables principaux du PKK quittent la Turquie à la veille du coup d'État militaire de 1980, et trouvent refuge à Damas. Le fondateur du PKK, Abdullah Öcalan, y restera jusqu'en 1998, date à laquelle il décide de gagner l'Europe et la Russie pour défendre le problème Kurde. Il resta plusieurs semaines à Rome et à Moscou[90]. Ensuite il sera arrêté quelques mois plus tard au Kenya, avec la collaboration des services secrets israéliens[91] de la CIA et des services secrets turcs (MIT).

Le PKK a reçu l’aide matérielle de l’URSS, de la Grèce et de la République grecque de Chypre[92].

Pour ses actions hors du Kurdistan turc, le PKK a été en contact avec l'Armée secrète arménienne de libération de l'Arménie (Asala), un groupe armé surtout actif entre 1975 et 1983 pour obtenir la reconnaissance du génocide arménien[93]. En mai 1990, lors de son deuxième congrès, le PKK décide de resserrer les liens avec Dev-Sol[94]. Les relations avec les Kurdes irakiens sont ambiguës : si des bases du PKK ont pu être installées dans le Nord de l'Irak au bénéfice d'une autonomie de fait depuis la Première guerre du Golfe (1991), les partis kurdes irakiens ont toujours cherché à garder leurs distances avec le PKK, sans doute pour éviter de devenir les cibles du feu turc. Cette réserve relative de l'UPK et du PDK n'a cependant pas empêché l'armée turque d'envisager sérieusement d'envahir le Nord de l'Irak sous couvert de l'opération américaine en 2003 et en 2007, initiative qui n'a été stoppée qu'au dernier moment par Washington. Depuis, certaines informations indiquent qu'Ankara soutient en sous-main les activités de déstabilisation autour de la minorité turcomane vivant au Kurdistan irakien[réf. nécessaire].

De 1979 à 1998, l'état-major du PKK est basé en Syrie. Alors que les autres organisations kurdes sont réprimées, le PKK collabore avec le régime de Hafez el-Assad qui autorise le recrutement de Kurdes syriens, à condition que ces derniers ne soient pas actifs en Syrie même. Entre 7 000 et 10 000 Kurdes syriens auraient été tués dans les combats contre l'armée turque. En septembre 1998, Süleyman Demirel, alors président de la République de Turquie, met la Syrie en demeure d’expulser le PKK de ses camps d’entraînement, faute de quoi l’armée turque ira chercher elle-même les terroristes sur le territoire syrien. Face aux pressions, le PKK est contraint de quitter la Syrie en octobre, Öcalan est expulsé et des centaines de combattants sont arrêtés[95],[96].

Ses sources de financement sont les collectes, médias, activités culturelles[réf. nécessaire].

Trafic de drogues

L'administration américaine accuse le PKK de se livrer au trafic de stupéfiants[97],[98] et au racket[99].

Pendant une vingtaine d'années[Quand ?], Abdullah Baybasin, qui contrôla jusqu'à 90 % du trafic d'héroïne au Royaume-Uni et fut condamné pour ce motif à 22 ans de prison, et son aîné Huseyin Babasin, condamné à perpétuité par la justice néerlandaise, auraient financé, selon le journaliste britannique Jason Bennetto, le PKK, pourtant leur rival, jusqu'en 2002[100]. Un rapport de l'ONU publié en 2010 accuse le PKK de « taxer » le trafic d'héroïne transitant via la Turquie et d'en retirer entre 50 et 100 millions de dollars par an, arguant que « l'implication du PKK dans le trafic de drogue est aussi démontrée par l'arrestation de plusieurs de ses membres, en 2008, sous l'accusation de trafic d'héroïne »[101]. Une plainte déposée à New York par l'Union européenne contre plusieurs grandes compagnies cigarettières américaines accuse le PKK d'avoir participé au trafic organisé par ces sociétés, jusqu'en 2002[102].

La part que représente le narcotrafic dans les sources de financement des activités du PKK ne fait pas l'objet d'un consensus. En 1995, Béatrice Fournier-Mickiewicz, spécialiste des mouvements de guérilla, considère que dans le cas du PKK, « [les] profits tirés du commerce de drogue pour financer leurs activités militaires [sont] sans doute peu importants »[103]. Cependant, de 1996 à 1998, s'appuyant sur des opérations de police et condamnations prononcées par des tribunaux, notamment allemands et britanniques, le juriste criminologue François Haut, directeur de recherches à l'université de Paris-II, décrit le PKK comme « un mouvement terroriste des plus violents, fondé sur des bases purement criminelles du narcotrafic et de la distribution de drogue en Europe »[104],[105],[106].

Cependant, la taxation ou les implications dans le trafic de drogue dans le cadre du conflit kurde ne sont pas l'apanage du seul PKK. En effet, de nombreux officiels, militaires, politiques ou policiers turques ont profité de leur situation pour participer au trafic.

Extorsion de fonds

En février 2012, quatre personnes sont mises en examen en France à la suite de plaintes pour extorsion de fonds censés servir au financement du PKK[107][Passage à actualiser].

En 2013, 10 autres personnes sont jugées pour les mêmes faits. Ce jugement intervient à la suite de plaintes déposées par deux hommes d'origine kurde qui avaient été menacés physiquement, dont l'un dans les locaux de la Maison du Peuple Kurde de Marseille, car ils refusaient de payer la « Kampanya » ou « Impôt révolutionnaire »[108].

À la suite de cette affaire, la Cour d'appel de Paris a prononcé la dissolution de la Maison du Peuple Kurde de Marseille[109].

Répression à travers le monde

Classement comme organisation terroriste

La Turquie le considère comme un mouvement terroriste[110].

L'organisation est placée sur la liste officielle des organisations terroristes du Canada[111], des États-Unis (depuis août 1997)[112], de l'Union européenne[113], de l'Australie[114], de la Turquie[115], de la Nouvelle-Zélande[116] et du Royaume-Uni[117]. Le , le Tribunal de première instance des Communautés européennes a annulé une décision du Conseil de l'Union européenne de 2002 d'inscrire le PKK sur sa liste d'organisations terroristes, estimant que le Conseil n’avait pas suffisamment motivé sa décision[118],[119], mais le , le Conseil des ministres de l'Union Européenne réintègre le PKK dans la liste des entités qu'il considère comme terroristes et adopte des mesures restrictives[120].

Il est également considéré comme terroriste par le gouvernement kirghize (depuis le 11 juin 2008)[121][source insuffisante].

Le , le président américain George W. Bush, en vertu d'une loi contre le trafic de drogue international, impose au PKK des sanctions financières[122].

En Europe

La Suède est l'un des premiers pays européens à interdire le PKK sur son sol en 1984. En 1986, après l'assassinat d'Olof Palme et l'acquittement d'un Suédois condamné en premier lieu, de nombreuses pistes sont exploitées en vain, notamment celles du PKK, deux de ses membres ayant été condamnés pour le meurtre de dissidents du parti[123]. Öcalan accuse son ex-femme, ancienne cadre du PKK, d'avoir commandité l'assassinat du Premier ministre suédois dans le but de discréditer son parti[124].

Dès les années 1980, la police criminelle de la République fédérale allemande considère le PKK comme « une organisation dangereuse », impliquée, pour la seule année 1987, sur le sol de la RFA, dans « au moins un assassinat, deux tentatives d'assassinat, trois agressions et quatre autres infractions graves, comme le vol, le chantage, la coercition » ; l'équivalent de plusieurs centaines de milliers d'euros avaient alors été saisis[125]. Plusieurs membres du PKK sont condamnés en Allemagne en avril, juillet et août 2009 : Hüseyin Acar et Muzaffer Ayata à trois ans et demi de prison pour participation à une entreprise terroriste, et un autre à quatre ans de prison pour le même motif, aggravé par plusieurs incendies volontaires (dont un a provoqué la mort d'une personne)[126].

En 2009 et 2010, plusieurs membres et proches du PKK sont interpellés ou condamnés en France pour incendie volontaire, association de malfaiteurs et financement du terrorisme[127],[128].

En février 2010, une opération conjointe des polices française, italienne, allemande, belge et néerlandaise démantèle un réseau de recrutement du PKK en Europe occidentale[129].

Le 27 janvier 2011, la Cour européenne des droits de l'homme rejette, par une majorité de six voix contre une, la requête d'Aysel Aydin, condamnée en Allemagne à 1 200 euros d'amende pour avoir lancé une pétition réclamant le retrait du PKK de la liste des organisations terroristes établie par l'Allemagne et l'Union européenne[130].

Le 4 juin 2011, à Arnouville et à Évry, cinq personnes dont trois « cadres importants » du PKK, selon le ministère de l'Intérieur, sont interpellés à la suite de « plaintes pour extorsion de fonds qui devaient servir au financement d'activité terroristes menées par le PKK »[131]. Il s'ensuit des affrontements entre la police et deux à trois cents membres de la communauté kurde française[132].

Dans la nuit du 9 au 10 janvier 2013, Sakine Cansiz, Fidan Doğan et Leyla Söylemez sont assassinées dans les locaux de la Fédération des associations Kurdes de France à Paris[133]. Sakine Cansiz est une des fondatrices du PKK, présente au premier Congrès en 1978. Sur vingt fondateurs du PKK, cinq seulement sont encore en vie.

En Turquie

Dès les années quatre-vingt, le gouvernement turc met en place une politique de lutte anti-insurrectionnelle inspirée des pratiques françaises et américaines lors des guerres d'Algérie et du Vietnam : installations de fortins dans tout le territoire kurde, opérations coups de poing et ratissage de zone par les unités spéciales (Tims), enrôlement de supplétifs locaux (gardes de villages), mais aussi déplacements forcés de populations vers les centres urbains (plus de trois millions de personnes en dix ans), destruction totale de plusieurs villes kurdes, tentatives de contrôle de la natalité des femmes kurdes, meurtres extra-judiciaires, arrestations abusives et enlèvements de civils suspectés de sympathie envers la cause kurde, recours systématique à la torture, guerre psychologique et intimidation de la presse turque, déforestation des zones susceptibles de servir de sanctuaire pour les guérilleros, etc. Le MIT a aussi créé de toutes pièces des mouvements concurrents d'inspiration nationaliste kurde ou islamiste (Hizbolla). Ces exactions n'ont été que partiellement documentées par les organisations de Droits de l'Homme en raison du black-out imposé par les autorités et de l'interdiction d'accès aux zones de guerre. Si cette stratégie a effectivement mené le PKK à réaliser l'impossibilité d'une victoire militaire, les conséquences sont aussi une exacerbation du clivage dans la société turque et une radicalisation d'une frange importante de la population kurde[134].

Même à l'heure de la lutte contre Daesh, le président Erdoğan a continué de rappeler que, pour lui, il n'existait aucune différence entre le PKK et l'État Islamique[135].

Comité anti-PKK

En novembre 2008, les gouvernements irakien, turc et américain ont créé conjointement le comité « anti-PKK » afin de contrecarrer leurs activités supposées. La rencontre s'est déroulée à Bagdad en présence du ministre turc de l'Intérieur Beşir Atalay, du Premier ministre irakien Nouri al-Maliki et de l'ambassadeur des États-Unis à Bagdad, Ryan Crocker[136].

Le comité sera dirigé par le ministre d'État pour la sécurité nationale, Shirwan al-Waïli, en collaboration avec le ministre de l'Intérieur de la région autonome du Kurdistan, Karim Sinjari.

Notes et références

  1. Front Social : Spécial PKK -partiya karkeren kurdistan
  2. Abdullah Ocalan, « Democratic Confereralism », International Initiative, édition 2011 [lire en ligne].
  3. a et b UEKE - Qu'est ce que le Confédéralisme démocratique ?[lire en ligne]
  4. France 24 : La Turquie veut-elle vraiment la paix avec les Kurdes ?
  5. Turquie: saisie record de marijuana et d’armement dans un repaire du PKK, RFI, 15 décembre 2012.
  6. « PKK: Terror at home, drug trafficking around the world », sur DailySabah (consulté le 16 juillet 2017)
  7. Gaïdz Minassian, op. cit., p. 109.
  8. Quentin Raverdy, Attentat d'Ankara : qui se cache derrière les Faucons de la liberté ?, Le Point, 20 février 2016.
  9. Marie Jégo, « Un groupe kurde dissident du PKK revendique l’attentat d’Ankara », sur Le Monde, (consulté le 24 février 2016)
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  11. Sabri Cigerli et Didier Le Saout, op. cit., p. 23-24.
  12. Sabri Cigerli et Didier Le Saout, op. cit., p. 25
  13. a b c d e f et g Olivier Grojean, La révolution kurde : le PKK et la fabrique d'une utopie, Paris, La Découverte, coll. « Cahiers libres », , 256 p. (ISBN 978-2-7071-8847-2)
  14. Michael M. Gunter, Historical Dictionary of the Kurds, Toronto/Oxford, Scarecrow Press, 2011, 410 p. (ISBN 978-0-8108-6751-2)
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  18. PKK nedir, ne değıldır, Baki Karer, 1997 (ISBN 978-9163085727).'PKK’NİN İÇYÜZÜNÜ KAVRAYALIM', Baki Karer, Pamphlet politique publié le 1er décembre 1985
  19. http://kurdishvoices.blogspot.com
  20. http://www.belgenet.com/dava/dava09.html
  21. a b c et d Hamit Bozarslan, Une histoire de la violence au Moyen-Orient - De la fin de l'Empire ottoman à Al-Qaida, Paris, La Découverte, 2008, 319 p. (ISBN 978-2-7071-4958-9), p. 148-149, 181-186.
  22. a b c d e f g h i et j Hamit Bozarslan, Conflit kurde : le brasier oublié du Moyen-Orient, Paris, éditions Autrement, coll. « Collection Mondes et nations-Autrement », 2009, 172 p. (ISBN 978-2-7467-1273-7), p. 18-19, 24, 61, 67, 70-73, 102-110.
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  25. Bozarslan H., op. cit., p. 168-69
  26. Le journal Turkish Daily annonçait, le 9 février 1994, que 874 villages avaient été évacués rien que pour l'année 1993.
  27. Hamit Bozarslan, Histoire de la Turquie contemporaine, Paris, La Découverte, , 680 p. (ISBN 979-10-210-1040-6), p. 420-421
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Voir aussi

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Bibliographie

Vidéographie

Articles connexes

Liens externes