Guerre civile syrienne

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cet article concerne un événement en cours. Ces informations peuvent manquer de recul, ne pas prendre en compte des développements récents ou changer à mesure que l’événement progresse. Le titre lui-même peut être provisoire. N’hésitez pas à l’améliorer en veillant à citer vos sources.
 
 → Sur Wikinews, voir aussi : Dossier:Guerre civile syrienne.
Guerre civile syrienne
Description de cette image, également commentée ci-après

Carte de la guerre civile syrienne
Situation au 8 février 2016
[1]


La guerre civile syrienne ou révolution syrienne est un conflit armé en cours ayant lieu en Syrie. Elle débute en 2011, dans le contexte du Printemps arabe, par des manifestations contre le régime syrien baasiste dirigé par le président Bachar el-Assad. Ces manifestations en faveur de la démocratie, majoritairement pacifiques et touchant tout le pays, sont réprimées brutalement par le régime. Peu à peu, le mouvement de contestation se transforme en une rébellion armée.

De nombreux belligérants participent au conflit. Parmi les multiples groupes insurgés, l'Armée syrienne libre est le premier mouvement à mener la rébellion mais il est supplanté en 2013 par des brigades islamistes sunnites, telles que Ahrar al-Sham, Jaysh al-Islam ou Liwa al-Tawhid. Les mouvements rebelles sont soutenus par les pays du Golfe et l'Occident, et en particulier par l'Arabie saoudite, la Turquie, le Qatar et les États-Unis. Le régime syrien bénéficie quant à lui des renforts du Hezbollah et de brigades islamistes chiites irakiennes et étrangères, ainsi que du soutien militaire de l'Iran et de la Russie et diplomatique de la Chine. À ces forces s'ajoutent les Kurdes des YPG qui combattent pour l'autodétermination du Rojava et les salafistes djihadistes, représentés principalement par le Front al-Nosra, branche syrienne d'Al-Qaïda alliée de la rébellion, et par l'État islamique, qui à partir de 2014 entre en guerre contre tous les autres belligérants et devient la cible d'une campagne de frappes aériennes effectuées par une coalition menée par les États-Unis.

En se prolongeant dans le temps, le conflit syrien est devenu à la fois guerre civile, guerre énergétique, guerre par procuration et aussi guerre sainte. De mars 2011 à février 2016, le conflit a fait de 260 000 à 470 000 morts d'après les estimations de diverses ONG et de l'ONU. De nombreux massacres, crimes de guerre et crimes contre l'humanité ont été commis, principalement par le régime syrien et l'État islamique. Le camp loyaliste est responsable de la majorité des victimes civiles de la guerre, souvent par le fait de bombardements aériens. Entre 100 000 et 200 000 personnes ont disparu dans les prisons du régime, au moins 12 000 y ont été torturées à mort. Des armes chimiques ont également été employées. La moitié de la population syrienne a été déplacée pendant le conflit et entre cinq et six millions de Syriens ont fui le pays, soit le quart de la population.

Sommaire

Contexte[modifier | modifier le code]

Gouvernement el-Assad[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Parti Baas syrien, Hafez el-Assad et Bachar el-Assad.
Le président syrien Bachar el-Assad.

En 1946, la Syrie devient une république indépendante, mais la phase démocratique prend fin en mars 1949 avec un coup d'état soutenu par la CIA et suivi de deux autres la même année[39],[40]. Ces événements portent au pouvoir le général Chichakli, qui établit un régime parlementaire avant d'imposer son pouvoir personnel par un nouveau coup d'état en novembre 1951[41].

En février 1954, à l'issue d'un soulèvement populaire, le pouvoir est rendu aux civils. De 1958 à 1961, lors du rapprochement avec l'Égypte et de l'avénement de la République arabe unie, le régime parlementaire syrien est brièvement remplacé par un régime présidentiel extrêmement centralisé[42].

Après la rupture avec l'Égypte en 1961, la branche syrienne du Parti Baas (nationaliste et socialiste) accède au pouvoir, en mars 1963, à la suite d'un coup d'état. En février 1966, un putsch renverse Michel Aflak et Salah Eddine Bitar, les dirigeants historiques du Parti[43] et le général Hafez el-Assad, alors ministre de la Défense, s'empare du pouvoir en novembre 1970 au terme d'une « révolution correctrice » qui le porte au poste de Premier ministre. En mars 1971, Assad se proclame Président (il le restera jusqu'à sa mort en 2000). Le Parti Baas s'installe comme l'autorité politique de référence dans un système de parti unique. Les Syriens ne peuvent qu'approuver leur Président par référendum. Jusqu'à la mise en place, en 2012, d'un système contrôlé par le régime, ils ne sont pas invités à choisir entre plusieurs partis pour élire le corps législatif[44].

Succédant à son père au décès de ce dernier, Bachar el-Assad — et son épouse Asma el-Assad (une sunnite née et élevée en Grande-Bretagne) — inspirent des espoirs de réforme démocratique[45]. De juillet 2000 à août 2001, des débats sociaux et politiques animent une nouvelle phase qualifiée de « printemps de Damas »[46].

Pendant cette période, se développent en Syrie de nombreux forums politiques et des lieux de réunion privés où les citoyens débattent de questions politiques et sociales et d'où émergent des activistes comme Riad Seïf, Haitham al-Maleh, Kamal al-Labwani, Riad al-Turk et Aref Dalila[47]. Tandis que les hypothèses réformistes issues du Parlement et les promesses de changement de Bachar el-Assad restent largement lettre morte[48], le printemps de Damas prend fin en août 2001 avec l'arrestation et l'emprisonnement de dix des principaux leaders après leur appel à la désobéissance civile et à des élections démocratiques[49].

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte générale de la Syrie.
Carte des Gouvernorats de la Syrie (liste des provinces), avec le plateau du Golan (en vert, au sud-ouest), et les pays frontaliers.

L’essentiel du territoire syrien est constitué par un vaste plateau calcaire surmonté de quelques reliefs anciens et traversé au nord-est par l'Euphrate. Le pays est bordé au nord par la Turquie, à l'est par l'Irak et au sud par la Jordanie, Israël et le Liban. Le pays possède une façade maritime ouvrant sur la Méditerranée. La majorité de la population syrienne réside dans les villes et les principales agglomérations sont situées sur la bande côtière (Tartus, Banias, Lattaquié, Jableh), dans l'ouest (Alep, Homs, Hama) et le sud du pays (Damas, Deraa). À cette géographie physique se superpose une géographie humaine (ruraux/urbains) et une géographie ethno-religieuse (sunnites, chiites, alaouites, druzes, chrétiens, kurdes), qui rendaient déjà difficile toute représentation exacte de la situation avant la guerre civile. Le développement du conflit a compliqué la tâche des cartographes, au point que la représentation des opérations et des zones d'influence fait désormais partie d'une véritable « guerre des cartes » participant à la propagande et à la désinformation[50].

Cette configuration a conditionné la dynamique du conflit : la contestation a débuté dans les zones urbaines où étaient concentrés des griefs d'ordre économique et ethno-religieux contre le pouvoir en place. La répression s'est abattue sur les localités considérées comme rebelles, où le conflit a fait apparaître les fractures économiques, ethniques et religieuses entre centre, banlieue, périphérie et quartiers « informels ». Le conflit s'est ainsi installé au cœur des villes, où les combattants ont fait assaut de férocité pour assiéger et réduire leurs adversaires, quartier par quartier, et où les populations civiles ont payé un très lourd tribut aux violences.

Alors que certaines représentations laissent entendre que les rebelles contrôlent la majorité du pays et que les forces gouvernementales seraient acculées dans un « réduit alaouite », d’après Fabrice Balanche, directeur du Groupe de recherches et d’études sur la Méditerranée et le Moyen-Orient (Gremmo), « [en octobre 2013] la contre-insurrection contrôle 50 à 60 % de la population, l’insurrection arabe sunnite 15 à 20 %, les milices kurdes 5 à 10 % ». Environ 20 % de la population serait en zone contestée. Dans les zones insurgées et contestées, le nombre d’habitants a diminué depuis le début du conflit, en raison de l'exode des populations, alors qu'il augmentait dans la zone gouvernementale[50].

Selon Balanche, la représentation des fronts, des armées, des territoires occupés, est plus complexe dans une guerre civile que dans une guerre conventionnelle. La superposition des territoires tenus par l’insurrection et la contre-insurrection avec celle de la répartition ethnico-confessionnelle de la population fait apparaître la dimension communautaire du conflit. « À l’échelle de l’agglomération d’Alep, superposer la carte des combats à celle des quartiers informels d’une part, peuplés essentiellement de migrants ruraux, et, de l’autre, de ceux qu’habitent les citadins d’origine met en évidence une autre dimension du conflit : l’opposition ville-campagne »[50].

Mettant en garde contre une lecture acritique des cartes présentées par les médias et par les partie prenantes, Fabrice Balanche dénonce les « idéologues dans les rangs de l’insurrection [qui] ne s’arrêtent pas à de tels « détails » et croient pouvoir manipuler les représentations cartographiques du conflit au prétexte que les données statistiques seraient inexistantes ou peu fiables. Leur démarche rappelle celle du régime syrien qui a négligé les fondamentaux de l’espace et n’a pas prêté attention aux déséquilibres territoriaux croissants, jusqu’à se trouver confronté à cette insurrection. Néanmoins, à force de tordre les données spatiales à leur guise et de promettre depuis deux ans et demi la chute imminente de Bachar Al-Assad, l’opposition syrienne et ses soutiens médiatiques en arrivent à saper leur propre crédibilité[50].

Démographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ethnies et religions en Syrie.

Composition ethno-religieuse de la Syrie. Estimations de 2012[51].

Il n'existe pas de recensement officiel des confessions en Syrie et les estimations varient en fonction des sources. Un article français de 1955 dresse le portrait confessionnel et ethnique de la Syrie au seuil de son indépendance[52]. Un rapport d'un groupe interparlementaire du Sénat français datant de 2007[53] fait état de la répartition suivante :

Selon d'autres chiffres publiés en 2012[54], la répartition serait la suivante :

  • Arabes sunnites 72,8 %
  • Kurdes sunnites 8,3 %
  • Arabes alaouites 10,2 %
  • Arabes druzes 1,8 %
  • Arabes chiites ismaéliens 0,9 %
  • Arabes chiites duodécimains 0,4 %,
  • Tcherkesses sunnites 0,3 %
  • Turkmènes - Turcomans sunnites 0,6 %.
  • Kurdophones yézidis 0,1 %
  • Chrétiens 4,6 %.

Les chrétiens se répartiraient ainsi :

  • Arabes de religion grecque orthodoxe : 526 000
  • Arabes de religion grecque catholique: 121 000
  • Arméniens apostoliques : 121 000
  • Jacobites 89 000
  • Maronites 29 000
  • Arméniens catholiques 26 000
  • Protestants 21 000
  • Nestoriens 20 000
  • Syriaques catholiques 18 000
  • Chaldéens catholiques 14 000
  • Catholiques latins 9 000

Du point de vue religieux, la famille Assad est issue de la minorité alaouite, une branche du Chiisme qui engloberait 10% de la population syrienne[55]. Ses adeptes contrôlent étroitement les services de sécurité syriens[56], générant des ressentiments parmi les Sunnites[57], qui représentent plus de 60% de la population syrienne. Maher el-Assad le frère cadet d'Assad commande la 4e Division blindée, un corps d'élite de l'armée syrienne. Jusqu'à sa disparition dans l'attentat du 18 juillet 2012, Assef Chaoukat, son beau-frère, était vice-ministre de la Défense.

Les Kurdes de Syrie ont également protesté contre les discriminations ethniques et la négation de leur identité culturelle et de leur langue[58], [59].

Aspects socio-économiques[modifier | modifier le code]

Le mécontentement contre le régime est plus grand dans les zones les plus pauvres du pays, parmi les Sunnites conservateurs et dans les localités ayant un taux de pauvreté élevé, comme Deraa et Homs, ainsi que dans les zones rurales touchées par la sécheresse de 2001, et les quartiers les plus déshérités des grandes villes[60]. Les inégalités ont eu tendance à s'accroître après la mise en place, dans les dernières années du règne de Hafez el-Assad, de politiques favorisant le libre marché et avec leur développement après l'arrivée au pouvoir de son fils. Ces politiques, orientées vers le tertiaire, ont profité à une minorité de la population ayant des liens avec le gouvernement et aux membres des communautés sunnites marchandes de Damas et d'Alep. Dès 2011, la Syrie traverse une phase de dégradation du niveau de vie et de forte augmentation du prix des produits de base[61]. Le pays fait également face à un taux de chômage particulièrement élevé chez les jeunes[62].

D'après certains chercheurs et le département de la Défense des États-Unis, la sécheresse qui a frappé la Syrie entre 2006 et 2010, associée à une mauvaise gestion par les pouvoirs publics, a contribué à faire éclater la révolte[63],[64].

Droits humains[modifier | modifier le code]

La situation des droits humains en Syrie a été, de longue date, durement critiquée par les organisations internationales[65]. Le pays a été en état d'urgence de 1963 à 2011, interdisant les rassemblements de plus de cinq personnes et conférant aux forces de sécurité des pouvoirs étendus en matière d'arrestation et de détention[66].

Sur ce plan, les tentatives de démocratisation de Bachar el-Assad se sont soldées par un échec. Un rapport de l'organisation Human Rights Watch datant de 2010 conclut qu'en dépit d'améliorations mineures, il a échoué à faire évoluer significativement la situation des droits humains en Syrie depuis son arrivée au pouvoir[67]

À l'exception du Parti Baas, toutes les autres formations politiques ont été interdites, faisant de la Syrie un pays à parti unique sans élections démocratiques[68].

La liberté d'expression, d'association et de réunion étaient étroitement surveillées avant le soulèvement et les autorités harcelaient les défenseurs des droits de l'homme ainsi que les personnalités critiques vis-à-vis du régime et les détenaient, souvent sans procès, dans des conditions inhumaines et en ayant recours à la torture[69].

Les femmes et les minorités ont subi des discriminations dans le secteur public. Des milliers de Kurdes syriens se sont vu refuser la nationalité en 1962, et leurs descendants continuent à être considérés comme « étrangers »[70]. Depuis 2004, des émeutes récurrentes ont exacerbé les tensions dans les zones kurdes du pays. La situation a entrainé des heurts réguliers entre les manifestants kurdes et les forces de l'ordre[71],[72].

Printemps arabe[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Printemps arabe.

En décembre 2010, des manifestations de masse contre le gouvernement en place se déroulent en Tunisie, puis s'étendent au monde arabe jusqu'à la Syrie. En février 2011, des révolutions ont lieu en Tunisie et en Égypte, tandis que la Libye sombre dans la guerre civile. La plupart des pays arabes traversent une phase d'agitation et certains tentent de calmer la colère populaire en acceptant des concessions et en procédant à des aménagements politiques.

Alors que le printemps arabe s'étend en 2011 à tout le monde arabe, le gouvernement syrien prend des mesures de prévention et de répression, assorties de tentatives d'apaisement. Plusieurs appels à manifester sont lancés à partir du 4 février[73], mais les services de renseignements et les moukhabarat répriment ces manifestations. La Syrie garde en mémoire la révolte de Hama initiée par les Frères musulmans en 1982 et réprimée sans réaction internationale (2000 victimes[74]) par Hafez el-Assad.

Forces en présence[modifier | modifier le code]

Illustration des principales factions prenant part à la guerre civile syrienne, ainsi que leurs affiliations

Positions ethno-religieuses[modifier | modifier le code]

Carte montrant la répartition ethno-religieuse de la Syrie avant la guerre civile. En cas de repli militaire, chacun de ces groupes pourrait choisir de se replier sur son foyer géographique d'origine.

Le conflit syrien est fréquemment présenté, notamment par les soutiens du gouvernement, comme de nature confessionnelle, les sunnites étant alors considérés comme les responsables d'un conflit par lequel ils chercheraient à s'approprier le pouvoir contre la grande minorité dirigeante alaouite notamment. En dépit de réelles persécutions religieuses ponctuelles, notamment contre les Alaouites perçus comme les persécuteurs, le caractère religieux de ce conflit est vraisemblablement minoritaire face à une véritable rébellion contre un pouvoir oppressant et corrompu, dans la foulée du printemps arabe[réf. nécessaire].

Les principaux courants chiites en Syrie sont par ordre croissant les Ismaélites (1,3 %), les Druzes (1,9 %) et surtout les Alaouites (12 à 14 %) majoritaires le long de la côte ouest du pays. Les Alaouites sont régulièrement victimes d'actes de vengeance dans ce conflit, du fait de leur présence et domination à la tête de l’État depuis 1970. La création d'un mini-État alaouite est régulièrement évoquée, dans l'hypothèse d'une victoire des rebelles. Mais près d'un million d'Alaouites ne vivent plus dans leur région d'origine.

Le 22 avril 2011, à la suite de la mort de 25 nouvelles personnes à Deraa et Damas, le mufti de Deraa démissionne.

Les Kurdes de Syrie (8,5 à 11 %) ne constituent pas une confession en soi, mais sont majoritairement sunnites. Regroupée au nord-est du pays sur la frontière turque, ainsi que dans la province d'Alep, le Jazirah et la banlieue de Damas, cette population au fort sentiment communautaire met à profit l’affaiblissement de l'armée syrienne en juillet 2012 pour investir plusieurs villes du Nord du pays[75], soutenue par l'espoir, entretenu par le PKK, de la création d'un Kurdistan indépendant.

La part des chrétiens dans la population totale a fortement baissé au cours des dernières décennies, cette population émigrant beaucoup et ayant un taux de natalité faible. Le 15 décembre 2011, les patriarches d'Antioche, chefs spirituels des chrétiens, lancent un appel à la paix et à un arrêt des sanctions internationales contre la Syrie[76]. Les chrétiens sont très inquiets des manifestations du vendredi et ont en mémoire leurs coreligionnaires irakiens qu'ils ont accueillis après les massacres, les quartiers mixtes seraient désertés de 80 % de leurs habitants chrétiens, notamment en décembre pour célébrer Noël[77].

Camp pro-gouvernemental[modifier | modifier le code]

Régime el-Assad[modifier | modifier le code]

La position du gouvernement vis-à-vis de la révolte armée est d'incriminer des « groupes armés antigouvernementaux » ou des « islamistes armés ». Après le massacre de Houla, le gouvernement accuse ainsi principalement des islamistes armés. Des « ingérences extérieures » occidentales et des infiltrations d'armes commanditées par des pays adverses, dont le Qatar et l'Arabie saoudite sunnites, sont également régulièrement évoquées. Ainsi, dans une allocution télévisée du [78], le président syrien Bachar el-Assad affirme que l'État syrien fait « face à une véritable guerre menée de l'étranger », il précise que leur but est d’« étouffer la résistance » à Israël[79].

Manifestation de soutien à Bachar al-Assad le 20 juin 2011

Le 3 juin 2014, après plus de trois années de guerre civile, le gouvernement de Bachar el-Assad, fort des reconquêtes militaires enregistrées au premier trimestre avec l'aide du Hezbollah, organise des élections présidentielles qualifiées de « farce » par les Syriens en exil et par les opposants de l'intérieur. Outre le président en exercice, qui se présente pour un troisième mandat (les deux premiers entérinés par des plébiscites référendaires), deux autres candidats, Maher Al-Hajar et Hassan Al-Nourri se présentent au suffrage de 5 ou 6 millions citoyens en situation de voter (sur une population de 15 millions d'électeurs, avec 3 millions de réfugiés et 6 millions de déplacés). Le scrutin serait ainsi, selon un diplomate français cité par Le Monde, « le prolongement politique de l'offensive militaire en cours, une manière de fermer la porte à tout plan de paix, une fuite en avant dans la bunkerisation du régime et la sanctuarisation de la Syrie utile. »[80]. À l'issue des élections, où aucun parti islamiste ni membre de l'opposition n'a le droit de se présenter, Bachar el-Assad est reconduit pour un troisième mandat avec 88,7 % des suffrages exprimés. La participation aurait atteint 73,4 %, selon la Cour constitutionnelle et 11,6 millions de personnes auraient participé au scrutin. Selon le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid el-Mouallem, « face au complot, le peuple a choisi de reconduire ses dirigeants pour rétablir la sécurité, lutter contre le terrorisme et reconstruire le pays ». Catherine Ashton, chef de la diplomatie européenne, a qualifié l'élection d'« illégitime » tandis que le Secrétaire d'État américain, John Kerry, parle de « non-élection »[81].

Armée syrienne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Forces armées syriennes.
Des soldats de l'armée syrienne à Alep en 2012.
Insigne de la Garde républicaine.

Avant le soulèvement, les troupes régulières de l'armée syrienne comptaient environ 325 000 hommes, dont 220 000 dans l'armée de terre et le reste réparti entre la marine, l'armée de l'air et la défense aérienne. À ces effectifs venaient s'ajouter 280 000 à 300 000 réservistes.

Dès le mois de juin 2011, des défections sont signalées. En juillet 2012, l'Observatoire syrien des droits de l'homme estimait que des dizaines de milliers de soldats avaient déserté. Selon des experts occidentaux, ces défections, bien que dommageables pour le moral, n'avaient pas altéré la force de frappe de l'armée syrienne, la plupart des déserteurs étant issus de la communauté sunnite, dont les membres n'ont jamais occupé de poste de responsabilité dans le dispositif.

En mars 2013, selon l'International Institute for Strategic Studies de Londres, l'effectif régulier de l'armée de terre syrienne était tombé à 110 000, en raison des défections, des désertions et des victimes. Le gouvernement ne peut alors réellement compter que sur les contingents alaouites : les Forces spéciales, la Garde républicaine et deux divisions d'élite (3e et 4e divisions), soit 50 000 hommes au total[82]. De son côté, The Institute for the Study of War estime dans un rapport publié le , que les forces de l'armée syrienne sont passées de 325 000 hommes au début du conflit à 150 000 hommes au début de l'année 2015[83].

Forces de défense nationale[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Forces de défense nationale.

Les Forces de défense nationale sont des milices pro-gouvernementales qui reçoivent équipements et salaires du gouvernement[84],[85] et rassemblent environ 100 000 hommes[86],[87].

Ces forces jouent le rôle de l'infanterie, affrontant les rebelles sur le terrain et participant à des opérations en coordination avec l'armée régulière, qui leur apporte un soutien logistique et l'appui de son artillerie. L'effectif comprend une unité féminine de 500 « lionnes de la défense nationale » dévolues au contrôle des check-points[88]. Les membres de la FND sont autorisés à piller sur les théâtres d'opérations et à revendre leur butin pour améliorer l'ordinaire[84].

Milices : Shabihas et Jaysh al-Sha'bi[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Shabiha et Milice Jaysh al-Shabi.

Les shabiha sont des milices pro-gouvernementales non officielles généralement issues de la communauté alaouite. Le gouvernement les a utilisés régulièrement, au début des troubles, pour disperser les manifestations et faire régner l'ordre dans les quartiers en effervescence[89]. Quand les manifestations ont laissé place au conflit armé, l'opposition a commencé à nommer « shabiha » tout civil pro-Assad participant à la répression du soulèvement[90]. L'opposition a accusé les shabiha d'être à l'origine des nombreux abus commis à l'encontre des manifestants et des opposants[90] ainsi que de pillages et de déprédations[91],[92].

Les shabiha auraient été créés par Bassel el-Assad dans les années 1980 pour être utilisés par le gouvernement en période de crise[93]. On les a décrits comme « des paramilitaires alaouites de mauvaise réputation, accusés d'être les hommes de main du régime d'Assad[94] », des « mercenaires loyaux envers Assad[95] » et selon l'Arab Center for Research and Policy Studies, basé au Qatar, « des gangs à demi hors-la-loi, composés d'hommes de main proches du régime[95] ». En dépit de leur réputation de milice alaouite, des shabiha sunnites ont été signalés à Alep[96]. En 2012, le gouvernement Assad a créé une milice officielle, plus organisée et appelée Jaysh al-Sha'bi. Comme les shabiha, ses membres sont majoritairement des Alaouites et des Shiites[97],[98].

En décembre 2012, les shabiha et le Jaysh al-Sha'bi ont été listés comme des organisations terroristes par les États-Unis[99]

Défections dans le camp loyaliste[modifier | modifier le code]

Début juillet 2012, le général Manaf Tlass, intime de Bachar el-Assad tombé en disgrâce et fils de l'ancien ministre de la défense de Hafez el-Assad, fait défection[100] et se présente à la troisième réunion des Amis du peuple syrien qui se tient à Paris. Le 11 juillet 2012, l'ambassadeur de Syrie en Irak Naouaf Fares fait également défection[101]. 18 généraux et de nombreux officiers et soldats de l'armée syrienne ont abandonné le gouvernement et se sont réfugiés en Turquie avec leurs familles[102].

Lundi 6 août 2012, le premier ministre d'origine sunnite Riad Hijab fait défection deux mois après sa nomination pour rejoindre l'opposition[103] au Qatar, tandis que la télévision d’État annonce son limogeage. Mi-août 2012, une dizaine de diplomates syriens à l'étranger ont officiellement rejoint la contestation[104]: Bassam Al Imadi (ancien ambassadeur en Suède), Nawwaf Al Cheykh Fares (ambassadeur en Irak), Lamia Hariri (chargée d’affaires à Chypre), Abdel-Latif Al Dabbagh (ambassadeur aux Émirats arabes unis), Mohammed Tahsin Al Faqir (attaché de sécurité près l’ambassade à Oman), Farouq Taha (ambassadeur en Biélorussie), Mohammed Housam Hafez (conseiller et consul en Arménie), Khaled Al Ayyoubi (chargé d’affaires au Royaume-Uni), Khaled Al Saleh (chargé d’affaires au Nigeria), Dani Ba’aj (deuxième secrétaire à la représentation permanente auprès de l’ONU à Genève).

Soldats iraniens[modifier | modifier le code]

Les relations entre l'Iran chiite et le régime syrien sont plus que cordiales depuis la guerre Iran-Irak où, de 1980 à 1988, la Syrie d'Hafez el-Assad a été le seul pays arabe à soutenir l'Iran. Depuis 2011 l'Iran soutient le régime syrien face à ses ennemis[105]. À une date indéterminée, l'Iran commence à envoyer ses soldats en aide à l'armée syrienne[106]. En octobre 2015, il semble qu'il y ait plusieurs milliers de soldats iraniens en Syrie, en soutien de l'armée loyaliste, et en phase avec l'intervention militaire de la Russie[107]. En octobre 2015, 7 000 à 10 000 soldats iraniens seraient présents en Syrie[108].

Le général Hossein Hamadani, un haut commandant des gardiens de la révolution islamique (GRI) en Iran, a été tué par l'EI dans la région d’Alep, d'après une information officielle diffusée le 9 octobre 2015[109]. Le 13 octobre, deux hauts gradés de l'unité des Gardiens de la Révolution islamique iranienne, le général de division Farshad Hasounizadeh et le brigadier-général Hamid Mokhtarband sont tués en combattant l'EI[110].

Le Hezbollah, allié du régime[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Hezbollah.
Dessin de Hassan Nasrallah, homme politique libanais, et secrétaire général de l'organisation chiite Hezbollah, depuis 1992.

En 2012, le Hezbollah, la milice libanaise chiite pro-iranienne, envoie des forces en Syrie pour appuyer le régime de Damas qui lui assure un important soutien logistique dans sa lutte contre Israël[111],[112],[113].

Fin avril 2013, Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, reconnaît officiellement la participation de son organisation aux combats en Syrie[114] en invoquant une réaction à des agressions contre des Libanais dans la province de Qousseir (frontalière avec le Liban)[115]. D'après l'universitaire Thomas Pierret, « le Hezbollah cherche à protéger les points stratégiques syriens qui lui permettent d’acheminer des armes venues d’Iran »[116].

En février 2013, le Washington Post rapporte que l'Iran et le Hezbollah ont formé en Syrie la milice Jaysh al-Shabi chargée de combattre l'opposition anti-Assad, et que 50 000 combattants pro-Assad soutenus par l'Iran opèrent alors en Syrie[117].

Le contingent du Hezbollah engagé en Syrie au cours du conflit est estimé entre 5 000 à 8 000 hommes[118],[119].

Le 25 mai 2014, Hassan Nasrallah déclare que le Hezbollah se bat en Syrie parce que Damas « a nourri et protégé la résistance libanaise ». Accusé par ses détracteurs de baisser la garde contre Israël en envoyant des combattants en Syrie, il s'est dit convaincu de la victoire finale du régime d'el-Assad et a assuré que le Hezbollah avait « toujours la capacité de dissuader Israël » et que « c’est l’une des inquiétudes de l’ennemi israélien : il regarde la Syrie et l’Iran et il voit qu’ils donnent toute l’aide qu’ils peuvent à la résistance »[120].

Combattants irakiens chiites[modifier | modifier le code]

À mesure que la guerre civile syrienne s'installe dans la durée, elle intègre des acteurs et des enjeux hérités de la crise irakienne, dont elle partage la plupart des divisions ethno-religieuses. Selon l'agence Reuters, parmi les combattants chiites venus d'Irak figureraient d'ex-combattants de l'Armée du Mahdi, le mouvement armé de l'imam radical Moqtada al-Sadr, de l'organisation chiite Badr, proche du pouvoir iranien. Ces combattants justifient leur participation au conflit par leur volonté de défendre le mausolée de Saida Zeinab, situé près de Damas. Ils cherchent également à répondre à la présence de combattants irakiens sunnites, souvent affiliés au front al-Nosra[121],[122]. Mais d'après des responsables politiques chiites et le ministre des Affaires étrangères irakien Hoshyar Zebari, les combattants en question n'ont pas reçu de feu vert officiel de la part des chefs de leurs mouvements ou du gouvernement irakien, dominé par les chiites, pour aller combattre en Syrie[123],[124],[122].

D'après le journal Le Monde, en janvier 2014, une quinzaine de milices chiites irakiennes, représentant 5 000 à 10 000 hommes au total, combattent en Syrie. Initialement assignées à la seule défense du sanctuaire chiite de Sayed Zeinab, elles ont participé à deux des plus importantes batailles de l'année 2013, à savoir la seconde bataille de Qousseir (au mois de juin), et l'offensive dans le massif du Qalamoun (début décembre)[125].

Aide russe[modifier | modifier le code]

À partir du printemps 2015, la Russie accroit son aide à l'armée syrienne, la faisant passer d'un soutien matériel et diplomatique à une puissante présence militaire qui se manifeste par une campagne de bombardements contre les ennemis du régime syrien à partir du 30 septembre 2015, coordonnée avec des attaques au sol, par l'armée syrienne, pour la reconquête du territoire.

L'opposition politique : CNS et CNFOR[modifier | modifier le code]

Conseil national syrien (CNS)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Conseil national syrien.

Le Conseil national syrien est une autorité politique de transition créée le 15 septembre 2011 et officialisée les 1er et 2 octobre 2011 à Istanbul, en Turquie, pour coordonner l'opposition au régime de Bachar el-Assad, en Syrie et dans les pays tiers[126].

Composé de 400 membres et dominé par les sunnites, le CNS rassemble plus de 30 organisations d'opposants[127] dont les Frères musulmans (qui y sont majoritaires[128],[129],[130]), des libéraux mais aussi des partis kurdes et assyriens[131],[132].

Le 11 novembre 2012, le CNS adhère à la Coalition nationale des forces de l'opposition et de la révolution dont il reste la principale composante[133].

Coalition nationale des forces de l'opposition et de la révolution (CNFOR)[modifier | modifier le code]

Logo de la CNFOR.

La Coalition nationale des forces de l'opposition et de la révolution (ou Coalition nationale syrienne), est une autorité politique de transition créée le 11 novembre 2012 à Doha, au Qatar. Siégeant au Caire[134], plus large que le CNS, bien financée et largement reconnue au niveau international[135],[136],[137],[138],[139],[140],[141] la Coalition engage « les parties signataires [à] œuvrer pour la chute du régime, et de tous ses symboles et piliers, et pour le démantèlement de ses organes de sécurité, en poursuivant tous ceux qui ont été impliqués dans des crimes contre les Syriens ».

Denise Natali, professeur à la National Defense University, estime que la Coalition représente mieux les intérêts de ses soutiens étrangers que ceux des Syriens de l'intérieur, et ne se distingue du CNS que par une allégeance au Qatar et aux autres États du Golfe Persique plutôt qu'à la Turquie[142].

Rôle des Frères musulmans[modifier | modifier le code]

Selon Raphaël Lefèvre, doctorant en relations internationales à l’université de Cambridge, leur sens politique, leurs alliances et leur discipline, ont « donné aux Frères musulmans un rôle majeur, notamment au sein de l’opposition en exil, dans le Conseil national syrien (CNS) et, aujourd’hui, au sein de la coalition nationale. Alliés objectifs des djihadistes, les Frères musulmans, sans avoir nommément de brigades engagées en Syrie, y auraient également acquis un poids militaire en finançant, armant et entraînant plusieurs groupes dans les régions d’Idleb et d’Alep. Chassés du pays dans les années 1980, ils seraient revenus dans les zones « libérées » et y auraient « opéré un recrutement massif », faisant élire leurs affiliés à la tête de conseils municipaux. Pour contrer la méfiance persistante de la société syrienne à leur égard, « ils parient sur une puissante stratégie de communication […]. Ils viennent de lancer un journal début février [2013], al Ahd (la Promesse), et ils s’apprêtent à lancer une chaîne de télévision privée dans le nord de la Syrie. ». Toujours selon Raphaël Lefèvre, ils sont soutenus par le Qatar, mais surtout par la Turquie : « ils veulent faire ce qu’a fait Ennahdha en Tunisie : retourner au pays, recruter massivement les jeunes, asseoir une base sociale après des années de répression, participer à des élections, faire des alliances, même si elles peuvent paraître contre nature. Ils sont conscients de la méfiance qu’ils suscitent en Syrie, un complexe qui les fait avancer à visage à moitié couvert. Ils sont guidés avant tout par un esprit de revanche après le massacre de Hama et celui d’Alep, à la fin des années 1970 et au début des années 1980. »[143].

L'opposition armée[modifier | modifier le code]

L'Armée syrienne libre (ASL)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Armée syrienne libre.
Drapeau de l'Armée syrienne libre.
Des combattants de l'ASL à Alep en 2012.

À l'automne 2011, face à la répression, des défections se produisent dans les rangs gouvernementaux et une frange de l'armée semble se constituer en opposition armée au gouvernement. Deux groupes de soldats séditieux, l'Armée syrienne libre (créée en juillet 2011 par le colonel Riyad Al Asaad) et le Mouvement des officiers libres, se forment[144]. Ils fusionnent en septembre 2011 sous l'égide du premier, alors que les attaques de déserteurs contre les forces gouvernementales se multiplient[145],[146],[147].

Le , l'Armée syrienne libre reconnaît l’autorité du Conseil national syrien (CNS)[148].

Fin août 2012, à l'instigation de la France et de la Turquie, plusieurs centaines d'officiers, déserteurs de l'armée syrienne, se réunissent à Istanbul, autour du général Mohamed Al Haj Ali, le plus gradé d'entre eux, et décident de placer l'ensemble des brigades rebelles sous son commandement. Le projet échoue en raison des dissensions entre bailleurs de fonds et de la montée en puissance des djihadistes étrangers dans le nord du pays. Alors que le clan el-Assad resserre les rangs, l'option d'un retournement des forces armées, déterminant dans la chute des régimes tunisien et égyptien, s'éloigne définitivement[149].

L'Armée syrienne libre dispose d'un camp installé en Turquie[150], elle est armée par la Turquie, l'Arabie saoudite et le Qatar. Elle dispose également de l'aide d'agents de la CIA opérant à partir de la Turquie[151].

L'ASL combat le régime aux côtés de groupes djihadistes, mais malgré cette alliance opportuniste, elle a condamné à de nombreuses reprises les attentats-suicides, perpétrés notamment par le Front al-Nosra. Certains analystes estiment alors que l'éventualité d'un après-Assad débuterait par une guerre entre l'ASL et les djihadistes, qui prônent une société basée sur la charia[152].

Le Front islamique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Front islamique (Syrie).
Emblème du Front islamique.

Le Front islamique est formé le à la suite de l'alliance de groupes rebelles islamistes venus du Front islamique de libération syrien et du Front islamique syrien à la suite de la dissolution de ces deux mouvements. Sa création aurait été financée par la Turquie, le Qatar et l'Arabie saoudite[153],[154]. Ses chefs sont Ahmed Abou Issa, Abou Rateb, secrétaire-général, Hassan Aboud, chef politique et Zahran Allouche, chef militaire[18]. Le mouvement rassemble des brigades salafistes ou proches des Frères musulmans[155]. Fort de 50 000 à 80 000 hommes, le Front islamique est alors le plus important groupe rebelle de Syrie[156],[18]. Il rassemble sept groupes armés[18] :

Le Front islamique prône l'instauration d'un état islamique dirigé par une choura et fondé sur la charia. Il affirme que les minorités religieuses et ethniques y seraient protégées[156].

Le Front al-Nosra[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Front al-Nosra.
Drapeau du Front al-Nosra.

Le Front Al-Nosra (Jabhat an-Nuṣrah li-Ahl ash-Shām : « Front pour la victoire du peuple du Levant »), est un groupe salafiste djihadiste affilié à Al-Qaïda (en 2013, il prend également le nom de al-Qaïda Bilad ash-Sham : « al-Qaïda au Levant ») et est dirigé par Abu Mohammad al-Joulani.

Entre 2012 et 2013, les djihadistes ont vu leurs effectifs fortement augmenter : selon l'ONU, les rebelles issus des deux organisations liées à al-Qaïda (Front al-Nosra et État islamique) représentaient, en 2012, 5 % environ des insurgés, alors qu'en septembre 2013, « les membres de ces deux groupes et les salafistes en général sont en nombre au moins 40 % des 150 000 insurgés environ qui se battent sur l'ensemble du territoire ». « 58 % exactement des 600 factions armées les plus fortes — avec plus de 50 combattants — épousent [une] vision ultrarigoriste ou obscurantiste de l'islam »[159].

Le Front al-Nosra est initialement une extension en Syrie de l'État islamique d'Irak, mais il s'en sépare en 2013. Lorsque Abou Bakr al-Baghdadi annonce le 9 avril la fusion du Front al-Nosra et de l'État islamique d'Irak pour former l'État islamique en Irak et au Levant, Abou Mohammad al-Joulani ne répond pas favorablement à l'appel et renouvelle son allégeance à Ayman al-Zaouahiri, émir d'Al-Qaïda[160]. Depuis janvier 2014, les deux groupes sont en conflit direct[161].

Les relations d'al-Nosra avec les autres parties prenantes de la rébellion sont fluctuantes. Le groupe combat généralement aux côtés du Front islamique, de l'ASL et des autres groupes rebelles. Mais sa volonté d'imposer la charia lui a attiré l'hostilité d'une partie des Syriens et d'autres organisations rebelles, qui dénoncent son origine étrangère et estiment qu'elle « a volé la révolution syrienne », pillé des entreprises et imposé son intolérance religieuse[162],[163]. En novembre 2014, le Front al-Nosra entre en conflit avec le Mouvement Hazm et le Front révolutionnaire syrien, liés à l'Armée syrienne libre et soutenus par les États-Unis[164].

Le Front est responsable de nombreux attentats-suicides, dont plusieurs explosions meurtrières à Damas en 2011 et 2012. Elle est considérée comme une organisation terroriste par le gouvernement syrien et, depuis décembre 2012, par les États-Unis[165].

Les estimations des effectifs du Front al-Nosra varient de 6 000 à 15 000 hommes, incluant des combattants étrangers[166],[167].

L'État islamique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : État islamique (organisation).
Drapeau de l'État islamique.
En gris, territoires actuels conquis en Syrie et en Irak par le califat de l'État islamique

Né en 2006 en Irak, l'État islamique est une organisation salafiste djihadiste, dirigée par Abou Bakr al-Baghdadi, proclamé calife le . Le groupe apparaît en Syrie le sous le nom d'État islamique en Irak et au Levant et prend le nom d'État islamique lorsqu'il proclame l'instauration du califat, mais ses adversaires lui donnent le surnom de « Daech »[168].

Considéré comme moins corrompu que les autres groupes djihadistes, l'EIIL est aussi le plus extrémiste, il est craint pour sa violence, son intransigeance et son indifférence aux notions de droits humains[169]. Très impliqué sur les réseaux sociaux, il attire un grand nombre de djihadistes étrangers venus de tout le Monde musulman et même d'Occident[170].

Cependant sa radicalité et ses ambitions lui attirent rapidement l'hostilité des autres groupes rebelles. En janvier 2014, le Front islamique, l'Armée syrienne libre et le Front al-Nosra et plusieurs autres groupes rebelles lui déclarent la guerre[171].

En 2013 et 2014, les effectifs en Syrie de État islamique sont estimés de 5 000 à 13 000 hommes[172],[173]. Ils augmentent sensiblement à la suite de la proclamation du califat. En 2015, les estimations vont de 20 000 à 80 000 combattants, tant en Syrie qu'en Irak et sans compter le ralliement de nombreux groupes djihadistes à travers tout le monde musulman[174].

Les Kurdes[modifier | modifier le code]

Drapeau des YPG, branche armée du PYD.
Une combattante des YPG en 2014.

Les populations kurdes de Syrie occupent, le long de la frontière turque, trois enclaves séparées qui constituent le prolongement naturel des territoires kurdes de Turquie et d’Irak[175]. Historiquement discriminés par le régime et ancrés à une solide identité culturelle[58], les Kurdes de Syrie ont profité des désordres de la guerre civile pour prendre le contrôle de ces zones qui composent le « Kurdistan syrien »[176]. Depuis le 12 novembre 2013, ce dernier dispose d'une administration autonome, qui gère les questions « politiques, militaires, économiques et de sécurité dans la région et en Syrie »[177].

Le Kurdistan syrien, appelé le Rojava, passe aux mains du Parti de l'union démocratique (PYD), la branche syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Il dispose d'une branche armée, les Unités de protection du peuple (YPG). Les relations des Kurdes avec les autres parties prenantes au conflit sont fluctuantes : plutôt proches de l'ASL, les YPG entrent en conflit avec des brigades islamistes en juillet 2013[178]. Jouant leur propre carte, les rebelles kurdes concluent parfois des alliances ponctuelles et opportunistes, tantôt avec les forces loyalistes, tantôt avec les rebelles[179]. Hostiles au régime de Bachar el-Assad, dont ils souhaitent la chute, les Kurdes du PYD affrontent cependant rarement les forces loyalistes avec lesquelles ils cohabitent dans certaines villes. Les YPG livrent l'essentiel de leurs combats contre les forces djihadistes, et principalement l'État islamique[180],[181]. En 2015, les effectifs des YPG sont estimés entre 35 000 et 65 000 combattants, dont environ 40% de femmes[22].

Déroulement du conflit[modifier | modifier le code]

Genèse (2011)[modifier | modifier le code]

Appels à manifester non suivis[modifier | modifier le code]

Suivant l'exemple des « révolutions colorées », des appels à manifester sont lancés sur Facebook, invitant les Syriens à se mobiliser les 4 et 5 février, notamment devant le siège du parlement à Damas. L'appel n'est pas suivi, en raison notamment de l'important dispositif de sécurité, des intimidations des forces de sécurité et de l'arrestation des principaux organisateurs[182],[183]. Le 8 février 2011, le pouvoir rétablit l'accès à Facebook et YouTube pensant apaiser d'éventuelles tensions[184]. Cependant, ce geste n'est pas interprété de la même manière par tous les médias. D'après Télérama et le Huffington Post, il s'agirait d'un moyen pour mieux repérer les activistes[185],[186]. En outre, ce point de vue est partagé par Kenneth Roth, directeur exécutif de Human Rights Watch, qui estime que « les médias sociaux peuvent également être un outil de surveillance et de répression de l'opposition »[187]. Dans le même temps, le pouvoir multiplie également les mesures sécuritaires : renforcement des écoutes, plan de rupture des moyens de communications pour isoler des régions ou des villes du reste du pays, ordre donné aux moukhabarats de réprimer fermement toute agitation, interdiction de messagerie instantanée et de Skype, nombreuses arrestations préventives ou non, comme celles d’enfants tagueurs[188],[189].

Le 17 février 2011, le gouvernement annonce des mesures sociales prévoyant la baisse de taxes sur les produits alimentaires de première nécessité, l'augmentation des subventions pour le fioul et la création d'un fonds social qui aidera 420 000 personnes en difficultés[190],[188]. D’autres augmentations de prix et l’instauration de la TVA sont reportées ; le gouvernement annonce également le recrutement de 67 000 fonctionnaires, multiplie les rencontres avec des représentants de la société civile et des dignitaires religieux[188]. Des dizaines de fonctionnaires corrompus sont mutés ou renvoyés[188]. Le gouvernement apporte son soutien diplomatique, mais aussi matériel, et envoie des renforts en Libye soutenir le colonel Kadhafi, en manière d’avertissement sur ses intentions en cas de révolte[191]. Le 17 février 2011, les violences policières contre un commerçant entraînent le soulèvement d'un quartier de Damas[192],[193]. Le 7 mars 2011, 13 prisonniers politiques entament une grève de la faim[194].

Révolte de Deraa, en mars 2011[modifier | modifier le code]

Carte montrant le statut des manifestations de la mi-avril 2011 qui ont mené à la guerre civile.
En rouge : manifestations pacifistes.
En bleu : manifestations ayant fait des victimes.

Le 13 mars 2011, quinze écoliers sont arrêtés à Deraa pour avoir tagué des slogans issus de la révolution égyptienne de 2011 et transférés à Damas. Un nouvel appel est lancé sur Facebook, appelant les Syriens au soulèvement à partir du 15 mars. Des manifestations quotidiennes se succèdent à Deraa (ville du sud, d'environ 80 000 habitants)[195] à partir du 15 mars[196]. Plusieurs bâtiments symboliques du pouvoir (siège du Parti Baas, tribunaux) sont incendiés[196]. Une manifestation a lieu le même jour à Damas[197],[195] : quelques dizaines de personnes rassemblées au souk Al Hamidia (ou Hamidiyé) crient des slogans tels que : « Dieu, la Syrie, la liberté et c'est tout ! ». La foule est dispersée par les forces de l'ordre. Selon les organisateurs, des manifestations ont également lieu à Deir ez-Zor, Alep et Hassakeh[198].

Le 16 mars 2011, environ 150 personnes, pour la plupart des militants des droits de l'homme et des proches de prisonniers politiques, manifestent près du ministère de l'Intérieur à Damas, pour demander la libération des détenus politiques. Les participants sont violemment dispersés par la police[199]. Amnesty International condamne la répression et affirme que 30 personnes ont été arrêtées, dont les activistes des droits de l'homme Mazen Darwish et Suhair Al-Attassi et le philosophe Tayyeb Tizini[200]. Les auteurs de l’appel organisent le 18 mars un « vendredi de la dignité ». Le vendredi 18 mars 2011, des manifestations de plusieurs milliers de personnes ont lieu à Alep, Damas, Homs, Banias[197] et surtout Deraa[197]. Les manifestations partent des mosquées (le vendredi étant jour de prière) ou des stades où des matches ont lieu ce jour-là (ce qui entraîne la suspension de toutes les compétitions de football)[201]. Ces manifestations ont un caractère tribal et confessionnel limité : ainsi, la croix et le croissant ont été brandis au sein de la mosquée des Omeyyades à Damas[202]. Pour l’ancien diplomate Ignace Leverrier, il[Quoi ?] est même absent[203]. Des dizaines d'opposants, armés ou non, sont arrêtés[73]. Ainsi à Deraa, les forces de l’ordre tirent à balles réelles sur les manifestants, tuant quatre d'entre eux[204] et blessant plus de cent personnes[205]. Parmi les blessés transportés à l'hôpital, certains sont arrêtés par la police[206],[207]. Le même jour, la composition d’un « conseil national de transition temporaire », virtuel, est publiée sur Facebook pour manifester l’existence d’une alternative[208].

Le lendemain, 19 mars 2011, à Deraa, les funérailles des manifestants tués la veille se transforment en manifestations. Les forces de sécurité dispersent la foule, faisant plusieurs blessés[209]. La contestation s’amplifie le dimanche 20 mars, avec environ 10 000 manifestants (selon les organisateurs) descendant à nouveau dans les rues de Deraa et rejetant la tentative de médiation d’une délégation gouvernementale. Les forces de l’ordre répriment violemment les contestataires, tuant un manifestant et en blessant une centaine. La manifestation tourne alors à l’émeute. Les protestataires incendient le siège du parti Baas, le Palais de Justice et les succursales de deux compagnies de téléphonie mobile, dont l’une appartient à Rami Makhlouf, cousin du président Bachar el-Assad[210]. Les manifestations continuent le 22 mars à Deraa et s’étendent à la ville voisine de Djassem[211]. Le 23, un millier de personnes manifestent de nouveau à Deraa, où on compte plus de cent morts[197],[195]. La révolte s'étend à la ville de Nawa, où 2 500 manifestants scandent des slogans contre le pouvoir, et à Jassem[212]. Le 24 mars 2011, vers 1h30 du matin, à Deraa, une unité de l'armée prend d'assaut la mosquée Omari où s'étaient retranchés certains manifestants, en tuant au moins six. Plus tard dans la journée, la police ouvre le feu lors des funérailles de manifestants qui rassemblaient 20 000 personnes, selon les protestataires. D'autres incidents ont lieu entre opposants et forces de l'ordre dans les villages avoisinants. Au total, 15 personnes sont tuées tout au long de la journée[213].

Malgré la violence de la répression, faisant des centaines de morts et des milliers de blessés (Human Rights Watch parle de véritable massacre[214]). le 24 mars au soir, le gouvernement annonce des mesures comprenant des hausses de salaires dans l'administration (de 20 à 30 %), la libération des protestataires arrêtés et une possible abrogation de la loi sur l'état d'urgence (en vigueur depuis 1963). Une conseillère du président juge même les revendications des manifestants « légitimes »[215]. À partir du 25 mars, malgré la répression et les concessions du gouvernement, le mouvement s'étend aux principales villes du pays.

Extension à tout le pays[modifier | modifier le code]

Manifestation de l'opposition à Duma, le 8 avril 2011. Les manifestants ont d'abord utilisé les drapeaux nationaux avant de revenir à l’ancien drapeau de la Syrie.

Du 25 au 27 mars 2011, le mouvement s'étend dans plusieurs grandes villes du pays. Après les concessions annoncées par le gouvernement, et la libération de plus de 200 prisonniers politiques, les manifestations se renforcent à Deraa où une statue de Hafez el-Assad est déboulonnée. La contestation s'étend à deux villes proches de Deraa, Tafas et Sanamein et dans la capitale Damas (1,4 million d'habitants). Les troubles éclatent aussi à Hama (500 000 habitants), qui avait été victime d'une violente répression en 1982 (massacre de Hama). Des locaux du Parti Baas sont incendiés dans plusieurs villes. Les manifestants scandent des slogans tels « Le peuple veut la chute du régime » ou « Nous nous sacrifierions pour Deraa ». Le 26 mars 2011, Lattaquié (700 000 habitants) rejoint la contestation[195] et la répression y fait au moins dix morts. Le lendemain, l'armée est envoyée dans la ville. Le même jour, le gouvernement annonce qu'il abrogera la loi sur l'état d'urgence, après avoir évoqué cette possibilité trois jours auparavant, et que le président Bachar el-Assad s'adressera prochainement à la nation. Deux cent quatre-vingt prisonniers politiques sont libérés[197]. Dans le courant du mois, des sunnites manifestent par ailleurs à Banias contre la mixité confessionnelle dans les écoles et réclament des emplois dans les deux grandes entreprises publiques de la ville qu'ils dénoncent comme des fiefs alaouites[216].

Manifestation de l'opposition à Homs le 18 avril 2011.

Au 5 avril 2011, la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme recense 123 personnes tuées entre le 18 mars et le 1er avril en Syrie[217]. Le 8 avril, on compte 26 nouveaux morts à Deraa[197]. Une manifestation de 500 personnes a lieu le 13 avril à Alep[197],[195]. Un nouveau gouvernement est nommé le 14[195], mais sans calmer la contestation, qui rassemble 10 000 personnes à Lattaquié le 17. Le 18 avril, 20 000 personnes participent à un sit-in à Homs[197], huit sont tuées[195]. Le 20 avril, d'autres manifestations ont lieu à Alep et Homs, et le 21, l'état d'urgence est levé et la Cour de sûreté de l'État, un tribunal d'exception, est abolie[197],[195]. Toutefois, une nouvelle loi est adoptée quelque temps plus tard, qui selon les opposants, est tout aussi restrictive que la précédente. Le 22 avril, après la mort de 25 nouvelles personnes à Deraa et Damas, deux députés et le mufti de Deraa démissionnent[195]. C’est à cette période que la dissidence, totalement inorganisée, constitue un « comité de coordination pour le changement démocratique en Syrie[218],[219]. ».

À ces manifestants pacifistes se sont joints très rapidement des groupes armés. Ainsi, le 11 avril 2011, 10 militaires, dont des officiers, sont tués sur la route de Banias[220]. L'histoire est confirmée par Joshua Landis[221] dont le cousin de sa femme, le colonel Yassir Qash'ur est tué dans cette attaque attribuée par ses proches aux partisans de l'ancien vice-président Abdullah Halim Khaddam. Parallèlement, les islamistes proches des Frères musulmans et des mouvements djihadistes s'activent dès les début des manifestations. Cela s'explique par la place importante que tient le pays de Sham (la grande Syrie) dans l'eschatologie[222] islamique, qui prévoit une bataille épique entre le Mahdi et les vrais musulmans contre le faux Mahdi et les faux musulmans venus de Khrassan, une région de l'actuel Iran[223]. Ainsi, dès le mois de mai 2011, un certain nombre de Saoudiens ont rejoint la Syrie et se sont engagés dans ce qui deviendra la brigade Ahrar al-Sham[224].

Répression des manifestations[modifier | modifier le code]

Poste de contrôle de la circulation de l'armée syrienne, banlieue de Damas, 14 janvier 2012.
Police anti-émeute à Damas, 16 janvier 2012.

Le 25 avril 2011, les 4e et 5e divisions mécanisées, commandées respectivement par Maher el-Assad et Muhammad Saleh Al-Rifai, et le 132e bataillon, attaquent la ville rebelle de Deraa. Des sources font état de mutineries individuelles, voire d’unités entières, qui auraient occasionné un arrêt de la progression de l’armée dans la ville[225],[226],[227]. Pour rendre la défense de la ville plus difficile, l’eau, l’électricité et les communications téléphoniques sont coupées[228].

L’ampleur des répressions provoque la démission de plus de 230 membres du parti au pouvoir[195]. Les communications par téléphone satellite sont coupées[229]. Le vendredi 29 avril 2011, les forces de sécurité ouvrent le feu sur des milliers de personnes marchant sur la ville de Deraa, foyer de la contestation contre le gouvernement en Syrie et situé près de la frontière jordanienne[230]. Des manifestations ont lieu dans tout le pays[197]. Au moins 48 civils sont tués[231]. Six personnes périssent le samedi 30 avril 2011 à Deraa, pilonnée par l'armée et par les francs-tireurs. L'eau, la nourriture et les médicaments manquent depuis l'intervention des troupes[232]. Les forces syriennes arrêtent deux personnalités de l'opposition, Hassan Abdel Azim et Omar Kachach[233].

Le 1er mai 2011, de nouvelles manifestations ont lieu à Deraa, Kameshli, Douma, Lattaquié[197]. Le soir du 4 mai 2011, 161 véhicules blindés commencent le siège de deux villes du centre du pays, Al-Rastan et Talbisseh[234]. À Alep et Damas, des sit-in ont lieu dans les universités[195]. Le 5 mai 2011, l’armée se retire de Deraa[195]. Le 6 mai, comme chaque vendredi, des manifestations ont lieu un peu partout en Syrie pour demander la fin du « régime de Bachar el-Assad ». Comme chaque vendredi, les forces de l'ordre ouvrent le feu sur les contestataires. Selon les militants des droits de l'Homme, il y aurait ainsi eu au moins 26 morts, la plupart à Homs, dans le centre du pays. Riad Seif, l'un des leaders de l'opposition, est arrêté[235], avant d'être libéré dix jours plus tard sous caution[236]. Le 7 mai 2011, six manifestantes sont tués près de Baniyas[237]. Le 9 mai 2011, les manifestations continuent, les tirs se multiplient, et les communications téléphoniques sont coupées[238]. Selon Human Rights Watch, les bilans en morts, en blessés comme en arrestations sont invérifiables[226]. L’ONG Insan fait état de 632 morts et 8 000 arrestations entre le 15 mars et le 6 mai, mais en indiquant que les identités de 5 000 personnes arrêtées n’ont pas encore pu être vérifiées[201]. Le 11 mai, 21 personnes sont tuées dont deux soldats, un enfant et une infirmière[239].

Égyptiens arborant le drapeau de l'ASL lors d'une manifestation de soutien aux combattants de l'ASL, au Caire, le 18 novembre 2011
Égyptiens arborant le drapeau syrien lors d'une manifestation de soutien aux révolutionnaires, au Caire, le 18 novembre 2011.

Le 13 mai 2011, comme tous les vendredis, des manifestations pacifiques se déroulent dans tout le pays, notamment à Deraa, Homs, Hama, Bou Kamal, Lattaquié, Kameshli, Amouda et Alep. Au moins deux manifestants sont tués à Homs[240]. Le 14 mai, au moins quatre personnes sont tuées et plusieurs autres blessées à Tall Kalakh, près de Homs, par des tirs des forces de l'ordre[241]. Le 20 mai, des milliers de personnes manifestent. Ils répondent à l'appel de l'opposition pour la liberté et l'unité nationale. Damas, la capitale, et Alep, la deuxième ville pays, jusque-là globalement épargnées par les défilés, sont cette fois concernées. Les forces de sécurité font usage de leurs armes, notamment à Homs, Sanamein ou Maaret al Noumane. Il y aurait au total au moins 44 morts[242].

Manifestation de l'opposition à Baniyas, le 6 mai 2011.

Le 6 juin 2011, la télévision publique annonce la mort de 120 soldats et policiers tués par des groupes armés à Jisr al-Choughour[243]. Si ce chiffre est sûrement exagéré[244], des témoins font bien état de combats opposant les forces de l'ordre et des groupes armés dans la ville[245]. Le 12 juin 2011, dans un contexte d'escalade de la violence, l'armée syrienne pénètre dans Jisr al-Choughour pour « déloger les groupes armés » après avoir pilonné et tiré à la mitraillette au hasard sur les habitants depuis des hélicoptères[246],[247]. Le 21 juin 2011, la coordination nationale des comités locaux de jeunes révolutionnaires publie son programme politique, Vision des comités locaux de coordination pour l'avenir politique de la Syrie, qui évoque l'avenir de la Syrie sous forme de démocratie parlementaire[248]. Cette proclamation est suivie, le 27 juin, d'une réunion entre intellectuels de l'opposition dans un hôtel à Damas, alors que 400 étudiants d'Alep sont jugés pour sabotage et insulte au président[249].

Le vendredi 15 juillet 2011, des centaines de milliers de Syriens manifestent, notamment à Deir Ezzor (350 000 personnes), Hama (150 000) et Damas (7 000), pour demander la libération des détenus et la chute du régime. Plusieurs civils sont tués à Damas et à Idleb, dans le nord-ouest du pays, par les forces de sécurité[250]. Le 17 juillet, des affrontements entre partisans du gouvernement et opposants à Homs (centre) font au moins 30 morts[251].

Le 19 juillet, treize civils sont tués par des tirs de l'armée syrienne à Homs[252]. Le 31 juillet, 140 personnes sont tuées par l'armée[253].

Une escalade de la répression est constatée après la déclaration début août du Conseil de sécurité des Nations unies[254].

Fondé fin août et lancé les 1er et 2 octobre 2011 à Istanbul, en Turquie, le CNS (Conseil national syrien) a pour but de coordonner les opposants et mener des opérations contre le gouvernement syrien. Son analogue libyen, le CNT, est le premier à le reconnaitre comme unique représentant du peuple syrien[255]. La France lui apporte son soutien le 10 octobre[256].

Après une relative accalmie, des protestations reprennent le vendredi 14 octobre 2011, avec notamment des manifestations de soutien aux soldats ralliés à la contestation, et douze personnes sont tuées[145] par les forces de l'ordre loyalistes.


Vers la guerre civile (janvier-juin 2012)[modifier | modifier le code]

Manifestation de l'opposition à Homs, le 3 février 2012.

Le , le haut commissaire des Nations unies aux Droits de l'Homme déclare que la Syrie est en état de « guerre civile »[257].

Le 18 janvier, après plusieurs jours de combats, l'armée se retire de Zabadani qui devient la première ville de Syrie à tomber entièrement aux mains des rebelles[258]. Mais le 4 février, l'armée syrienne lance une contre-offensive en engageant au moins 15 000 soldats et 40 chars. Le 11 février, Zabadani est reprise par les forces du régime[259].

Le vendredi 3 février 2012 est la journée la plus meurtrière depuis le début de la révolte ; des tirs d'artillerie à Homs font au moins 260 morts parmi la population civile[260].

Le 10 février, après le veto russe et chinois à une résolution du conseil de sécurité de l'ONU contre le gouvernement syrien, l'opposition syrienne baptise sa journée de mobilisation au Liban « vendredi de la Russie qui tue nos enfants »[261].


Le 1er mars 2012, après plusieurs semaines de siège et de bombardements qui ont fait des centaines de morts, l'armée syrienne s'empare du quartier Baba Amr, bastion de la rébellion à Homs[262],[263],[264].

Article détaillé : Bataille d'Idleb (2012).

Le 10 mars 2012, tandis que Kofi Annan rencontre Bachar el-Assad pour tenter d'obtenir un cessez-le-feu, les forces gouvernementales syriennes assiègent et bombardent la ville d'Idleb, un des bastions de la rébellion[265]. De son côté, le Qatar juge qu'un cessez-le-feu est insuffisant et dénonce un « génocide » organisé par le gouvernement syrien. « Il y a un génocide systématique de la part du gouvernement syrien pendant que nous parlons en ce moment de cessez-le-feu », a déclaré le ministre qatari des Affaires étrangères cheikh Hamad ben Jassem Al Thani lors d'une réunion des ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe avec le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Le gouvernement syrien a parallèlement entrepris le rappel de ses ambassadeurs des 27 pays de l'Union européenne, anticipant leur expulsion en représailles à la répression menée par son armée[266],[267]. Le 12 mars, Kofi Annan quitte la Syrie sans avoir trouvé de solution à la crise et sans avoir obtenu de concessions d'Assad[268].

Le 13 mars 2012, une cinquantaine de corps de femmes et d'enfants sont découverts à Homs, un massacre dont les belligérants se rejettent la responsabilité. Adnane Mahmoud, le ministre syrien de l'Information accuse « les gangs terroristes » d'avoir perpétré le massacre « en vue de susciter des réactions internationales contre la Syrie », accusant l'Arabie saoudite et le Qatar d'être « complices » de ces « gangs »[269].

Le 14 mars, la ville d'Idleb est reconquise par le régime. Mal armées, les forces de l'Armée syrienne libre préfèrent battre en retraite[270].

Le 23 mars, l'armée syrienne continue de pilonner les insurgés dans la ville de Homs qui reste coupée du monde. Durant un entretien par téléphone satellitaire, un habitant déclare à Jérôme Bastion, de RFI : « La situation est bien pire qu'auparavant. Les bombardements aujourd'hui sont d'une intensité incroyable, cela tombe partout. Ils utilisent toute sorte d'artillerie, la plupart du temps des chars modèle T72, mais aussi souvent des roquettes »[271].

Article détaillé : Bataille de Taftanaz.

Le 3 avril, la ville de Taftanaz est prise d'assaut par une cinquantaine de chars et la rébellion est écrasée après deux jours des combats qui font au moins 120 morts[272].

Au printemps et à l'été 2012, les Shabiha et l'armée syrienne commettent une vague de massacres. Le 25 mai, 108 civils, dont 49 enfants et 34 femmes, sont massacrés à Houla[273],[274]. 78 autres sont tués à Mazraat al-Koubeir le 6 juin[275]. Le 12 juillet, 150 civils sont tués selon l'OSDH par des tirs d'artillerie à Tremseh, près de Hama[276]. Et les 25 et 26 juillet environ 600 personnes sont encore massacrées par les loyalistes à Darayya[277].

Tentative de cessez-le-feu et mission d'observation de l'ONU (avril-juin 2012)[modifier | modifier le code]

Carte de la situation en Syrie en juin 2012.
En jaune : zone sous contrôle des forces loyalistes.
En brun : zones sous contrôle de l'Armée syrienne libre et des rebelles.

Le 12 avril 2012, un cessez-le-feu est conclu entre le gouvernement et l'opposition armée par l'intermédiaire des négociations menées par Kofi Annan, délégué de l'ONU. L'accord prévoit aussi la libération de tous les prisonniers politiques, la liberté de la presse et de manifestations, ainsi que la mise en place d'une mission d'observation de l'ONU de 300 membres. Violé le jour même par les belligérants, le cessez-le-feu ne sera jamais respecté.

Le 20 mai 2012 et les jours qui suivent, des rumeurs persistantes, relayées par l'opposition[278], indiquent que la Cellule centrale de gestion des crises du gouvernement aurait été décimée par un empoisonnement. Cette cellule réunit plusieurs généraux dont le ministre de l'Intérieur Mohammed Al Cha’’ar, le directeur des Renseignements militaires Abdel-Fattah Qoudsiyeh, le directeur des Renseignements de l'Armée de l'Air Jamil Hassan, le directeur de la Sécurité politique Mohammed Dib Zitoun, le directeur des Renseignements généraux Ali Mamlouk, ainsi que le frère cadet de Bachar el-Assad Maher el-Assad, patron de la 4e division mécanisée et homme fort de l'appareil militaire, et son beau-frère Assef Chaoukat, ancien directeur des Renseignements militaires et vice-ministre de la Défense depuis l'été 2011. Ces rumeurs ne sont toutefois pas confirmées par la plupart des médias et sont démenties par le gouvernement syrien.

Le 5 juin 2012, le vice-ministre des affaires étrangères russe Guennadi Gatilov affirme n'avoir « jamais dit ou posé comme condition qu'Assad devait nécessairement rester au pouvoir à la fin du processus politique », ce qui constitue un premier signe de changement de position de la Russie. Le 6 juin, Bachar el-Assad désigne un nouveau premier ministre, Riad Hijab, ancien ministre de l'Agriculture, tandis que l'opposition syrienne dénonce un nouveau massacre de 78 personnes, dans le village de Mazraat Al-Qoubir situé près de Hama. Le lendemain, des observateurs de l'ONU venus y constater la situation sont empêchés d'entrer dans le village par l'armée syrienne, avant d'être pris pour cibles par des armes lourdes, des balles perforantes et des drones. Le 8 juin, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon évoque le danger d'une guerre civile « imminent et réel » en Syrie. Au niveau diplomatique, la Russie persiste à bloquer jusqu'en juillet 2012[279] toute condamnation ou intervention internationale de l'ONU en Syrie.

Avancées des rebelles, offensives à Damas et Alep (juillet 2012-avril 2013)[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une image pour l'agrandir, ou survolez-la pour afficher sa légende.
Articles détaillés : Bataille de Damas et Bataille d'Alep.
Rebelles de l'Armée syrienne libre à Alep en .

Début , les combats se propagent et s'intensifient au cœur de la capitale Damas. Le 15 juillet, les rebelles lancent une offensive sur la capitale syrienne et suivie d'une autre cinq jours plus tard à Alep. Les combats atteignent alors les deux principales villes du pays, le gouvernement organise une contre-offensive en juillet et chasse les rebelles de la capitale le 4 août, avant de tourner ses forces contre Alep, tenue pour moitié par les insurgés[280],[281],[282].

L'armée syrienne se retire du Kurdistan syrien (Rojava) pour se redéployer à Alep et sur d'autres fronts. Les loyalistes demeurent dans les villes d'Al-Qamishli et Hassaké, mais les miliciens kurdes du PYD, la branche syrienne du PKK, prennent sans tirer un coup de feu le contrôle d'Afrin le 11 juillet, de Kobané le 19 juillet et de plusieurs autres localités[283],[284]. La région passe alors sous le contrôle du PYD et de sa branche armée, les YPG. Ces derniers écartent les partis du Conseil national kurde (CNK) liés à Barzani et proches du Conseil national syrien et dont les dirigeants sont contraints de s'exiler au Kurdistan irakien[285].

Article détaillé : Bataille d'Azâz (2012).

Au nord, le régime syrien perd le contrôle de sa frontière avec la Turquie. Les rebelles prennent Jerablus le 17 juillet[286]. Puis le 19 juillet, après plusieurs mois de combats, l'Armée syrienne libre s'empare de la ville d'Azaz près de la frontière turque, au nord-ouest d'Alep[287]. Elle s'empare aussi le même jour du poste-frontière de Bab Al-Hawa, à l'ouest d'Alep, puis de celui d'Al-Salama, près d'Azaz, le 22 juillet[286]. Les rebelles prennent également la ville de Manbij le 20 juillet[284]. Enfin le 30, après trois jours de combats, les rebelles parviennent à prendre le poste d'Anadane, ce qui leur permet de disposer d'une voie de ravitaillement reliant Alep à la frontière turque[288]. Au début du mois d'août, les villes de Marea (en) et Al-Bab sont prises à leur tour, toute la région située au nord d'Alep est alors conquise par les rebelles[284].

En août, l'ONU qualifie juridiquement le conflit syrien de guerre civile, ce qui amplifie les qualifications de crimes contre la population susceptibles d'être reprochés aux cadres principaux du gouvernement qui les ordonnent. Elle impute aussi à la rébellion des cas de torture et d’extorsion de fonds à l’égard de civils, l'exécution sommaire de soldats gouvernementaux et miliciens, l’enrôlement de jeunes garçons de 13 ans et le harcèlement des communautés chiite, alaouite et chrétienne[289].

La contre-offensive se poursuit à la mi-août. À partir du 15 août, l'armée lance une vaste contre-offensive dans la banlieue de Damas, progressant ville par ville, puis sur Alep et sur différentes villes du pays[290].

Victimes civiles de la guerre syrienne convoyées à l'hôpital de Alep, le 5 octobre 2012
Article détaillé : Bataille de Ras Al-Aïn.

Cependant les rebelles poursuivent leur progression le long de la frontière turque. Le 15 septembre, ils s'emparent de la ville de Tell Abyad[291], puis de Ra’s al-‘Ayn le 8 novembre[292],[293]. Mais le 19 novembre, quelques jours après avoir pris Ra’s al-‘Ayn aux forces du régime, les rebelles du Front al-Nosra et de la brigade Ghouraba Al-Cham de l'Armée syrienne libre entrent en conflit avec les Kurdes des Unités de protection du peuple (YPG). Une trêve est conclue le 25 novembre mais en décembre les combats reprennent et se poursuivent pendant trois mois, jusqu'à ce qu'une trêve soit à nouveau conclue en février 2013[294],[295],[296].

Les rebelles progressent également dans l'est du pays. Ils commencent par prendre le contrôle des postes-frontières avec l'Irak. Le 19 juillet, la ville de Boukamal tombe aux mains des rebelles[297]. Le 22 novembre, ils s'emparent de la ville de Mayadeen[298]. Fin novembre, le gouvernorat de Deir ez-Zor est presque entièrement aux mains des rebelles, la ville Deir ez-Zor est toujours tenue par les loyalistes mais elle se retrouve isolée et encerclée[295].

En novembre, les rebelles font des gains importants dans le gouvernorat d'Alep. Le 18 novembre, après des semaines de combats intenses, ils prennent le contrôle de la base 46, située dans le gouvernorat d'Alep, l'une des plus grandes bases de l'armée syrienne dans le nord de la Syrie[299]. Le 26 novembre, ils s'emparent du barrage de Tichrin[284]. Enfin le 9 décembre, le Front al-Nosra prend d'assaut la base du bataillon 111, dite « Cheikh Souleimane »[300].

Article détaillé : Première offensive de Hama.

À la mi-décembre 2012, rassemblant ses forces dans le nord-ouest de la Syrie, l'armée syrienne libre (ASL) lance une offensive afin de reprendre le contrôle du gouvernorat de Hama, mais l'avancée des rebelles est modeste[301],[302].

Au début de l'année 2013, les rebelles poursuivent leur avancée sur plusieurs fronts. Le 11 janvier 2013, dans le gouvernorat d'Idleb, après deux mois d'assaut la base aérienne de Taftanaz, la plus grande dans le nord du pays, est prise par les rebelles. Le Front al-Nosra y joue un rôle déterminant[303],[304]. Le 6 février, aux abords de Damas, les rebelles lancent une offensive, surnommée « bataille de l'Armageddon » contre les troupes loyalistes, ils pénètrent dans le district de Jobar dans la capitale Damas et lancent également des attaques sur Adra, au nord-est de la capitale[305],[306],[307]. Près du Lac el-Assad, dans les régions d'Alep et de Racca, les rebelles prennent la ville de Tabqa le 11 février, puis l'aéroport d'Al-Jirah le 12[308]. Le 14 février, le Front al-Nosra s'empare de la ville de Chadadé, au sud d'Hassaké, après deux jours de combats. L'armée syrienne laisse au moins 100 morts et les djihadistes 40[309],[310]. Enfin le 6 mars, après trois jours de combats et plus d'une centaine de morts, la ville de Racca tombe aux mains des rebelles du Front al-Nosra, d'Ahrar al-Sham et de l'ASL. C'est la première capitale de gouvernorat capturée pars les rebelles depuis le début du conflit[311],[312].

Le 29 mars, dans le gouvernorat de Deraa, les rebelles capturent le village stratégique de Da'el après des combats acharnés avec les forces gouvernementales[313],[314]. Puis, le 3 avril 2013, les rebelles capturent une base de l'armée syrienne près de la ville de Deraa[315].

En 9 avril 2013, l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL) apparaît en Syrie. Son chef Abou Bakr al-Baghdadi, annonce alors la fusion de son groupe, l'État islamique d'Irak, avec le Front al-Nosra, afin de former l'EIIL. Mais al-Joulani et une partie de ses hommes refusent. Les forces d'al-Baghdadi s'implantent cependant en Syrie et combattent aux côtés des la rébellion, même si ponctuellement des affrontements l'opposent à d'autres groupes rebelles. L'EIIL se distingue aussi rapidement par sa brutalité et ses exactions[24],[316].

Contre-offensives des loyalistes (février-décembre 2013)[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une image pour l'agrandir, ou survolez-la pour afficher sa légende.
Carte de situation militaire des principales villes syriennes (en), début janvier 2013.
En vert : localités contrôle par les loyalistes.
En violet : localités contrôlées par les rebelles.
En bleu : localités disputées.

En février, les forces du Hezbollah se déploient dans la région de Qousseir, au sud-ouest de Homs[317],[318]. Soutenue par l'armée syrienne, la milice chiite libanaise mène l'offensive contre les rebelles[319],[320],[321]. Les loyalistes parviennent à prendre le contrôle du village de Abel, ce qui leur permet d'assiéger les positions rebelles à Qusair. Le 18 avril, après des semaines de combat contre les forces gouvernementales, les rebelles capturent le complexe militaire de Dabaa dans le gouvernorat de Homs et élargissent ainsi leur territoire autour de la frontière libanaise[322].

Le 7 avril 2013, l'Armée syrienne, soutenue par des chars, lance une contre-offensive à l'est de Damas, imposant un siège au district de Ghouta sous contrôle rebelle[323]. Les rebelles se regroupent dans le quartier de Qaboun et Barzeh, afin de limiter les pertes et d'attirer les forces gouvernementales dans des combats rapprochés[324]. Le 21 avril, après cinq jours de combats les loyalistes prennent la ville de Jdeidet al-Fadl, dans le sud-ouest de Damas[321],[325].

Le 24 avril, après plusieurs mois de siège, la base aérienne de Mennagh, dans la banlieue d'Alep, est prise par les Tchétchènes de Jaish al-Muhajireen wal-Ansar commandés par Abou Omar al-Chichani[326],[327]. Le 28 avril, les rebelles capturent trois bases aériennes de l'Armée syrienne dans le nord du pays[328].

Article détaillé : Massacre d'al-Bayda et de Baniyas.

Le 2 mai, l'armée syrienne et les Forces de défense nationale attaquent les rebelles à al-Bayda, une localité sunnite et pro-rebelles au milieu du gouvernorat de Tartous, majoritairement alaouite et pro-gouvernemental. Les forces de l'opposition sont chassées de la zone mais après leur victoire, les loyalistes commettent des massacres à al-Bayda et dans le quartier de Ras al-Nabaa, à Baniyas. Au moins 248 à 450 civils sont tués, dont des femmes et des enfants[329],[330].

Article détaillé : Seconde bataille de Qousseir.

Le 19 mai, l'armée syrienne et le Hezbollah atteignent la ville stratégique de Qousseir, près de la frontière libanaise. Les rebelles subissent des pertes très lourdes ; environ 500 morts et un millier de blessés, et doivent battre en retraite. Le 5 juin, la ville est conquise par les loyalistes[331],[332].

Le 6 juin, les rebelles prennent pendant quelques heures le contrôle de la ville de Kuneitra, unique point de passage reliant le plateau du Golan occupé par Israël au reste du territoire syrien. Cependant l'armée syrienne contre-attaque rapidement et reprend le contrôle du passage le jour même[333],[334].

Le 9 juin, l'armée syrienne annonce le lancement d'une vaste offensive pour la reprise de la province d'Alep appelée « Tempête du nord »[335] puis Canopus Star[336]. Le 14 juin, après le bombardement loyaliste de la centrale électrique, les rebelles lancent une offensive sur la ville d'Idlib au Nord-Ouest du pays. Le 15 juin, l'Armée syrienne reprend le contrôle du district de Ahmadiyeh près de l'aéroport de Damas. Le 21 juin, l'ASL affirme que 13 de ses brigades auraient lancé une nouvelle offensive à Alep[337].

À Homs, de violents combats permettent à l'armée loyaliste de reconquérir la quasi-totalité de la ville entre juin et juillet[338]. Seule la vieille ville reste encerclée. Le gouvernement autorisera la fuite des femmes et des enfants en janvier 2014[339]. Le 23 juin, Tell Kalakh (en), capitale de district du gouvernorat de Homs, à 4 km de la frontière nord du Liban, ville sous contrôle rebelle depuis deux ans, change d'allégence et passe sous le contrôle du gouvernement syrien, sans combat[340].

Le 28 juin, les forces gouvernementales lancent leur septième offensive sur les quartiers rebelles de Homs. Les 5 000 soldats syriens et miliciens du Hezbollah, appuyés par de lourds bombardements aériens, progressent rapidement dans la ville. Dans le même temps, de violents combats agitent la ville de Deir ez-Zor (Deir ez Zur), qui tombe peu à peu aux mains du Front al-Nosra, et dans le gouvernorat de Deraa la rébellion parvient à chasser les loyalistes, qui ont déjà fui le sud de Deraa, de presque toute la zone frontalière avec la Jordanie.

Article détaillé : Bataille de Ras Al-Aïn.

Le 16 juillet, les combats reprennent à Ras Al-Aïn, les forces kurdes du PYD prennent l'avantage et parviennent à chasser le Front al-Nosra de la ville[341].

Le 25 juillet, l'Armée syrienne repousse les islamistes d'Al Nosra hors d'As-Sukhnah.

Article détaillé : Massacres de Barouda.

Le , les rebelles lancent une offensive dans le gouvernorat de Lattaquié. Celle-ci est finalement repoussée par les loyalistes le 18 août, mais pendant les combats 67 à 190 civils alaouites sont massacrés par des djihadistes et des rebelles de l'État islamique en Irak et au Levant, du Front al-Nosra, de Jaish al-Muhajireen wal-Ansar et d'Ahrar al-Sham[342],[343],[344].

Article détaillé : Massacre de la Ghouta.

Le 21 août, une attaque chimique particulièrement meurtrière a lieu dans la Ghouta orientale, à l'est de Damas. Selon diverses estimations, entre 355 et 1 845 personnes sont tuées, dont un grand nombre de femmes et d'enfants. Les deux camps s'accusent mutuellement d'être responsable de l'attaque. Pour les pays occidentaux, la « ligne rouge » est franchie et les États-Unis, la France et le Royaume-Uni semblent prêts à intervenir militairement en Syrie contre le régime de Bachar el-Assad. Mais à Londres, la Chambre des communes vote contre une intervention tandis qu'à Washington, le président Barack Obama demande l'autorisation du Congrès. La Russie propose alors un plan de démantèlement de l'arsenal chimique syrien, sous la supervision de l'OIAC. Le régime syrien accepte et le , les États-Unis et la Russie annoncent qu'un accord a été trouvé. Dans les années qui suivent, la question de la responsabilité du massacre demeure controversée, certains journalistes accusent les groupes rebelles mais la grande majorité des experts pointent l'armée syrienne[345],[346].

Après le volte-face américain, les opposants qui avaient misé sur une intervention militaire occidentale pour faire chuter le régime sont désormais discrédités. Le , des brigades du Front islamique de libération syrien et du Front islamique syrien déclarent qu'elles rejettent la Coalition nationale syrienne et affirment que cette organisation ne les représente pas[347]. Ces deux mouvements sont dissous deux mois plus tard et le 22 novembre, plusieurs groupes rebelles islamistes — dont les principaux sont Ahrar al-Sham, Jaysh al-Islam et Liwa al-Tawhid — annoncent la formation d'un nouveau rassemblement ; le Front islamique, qui devient le plus important mouvement rebelle syrien[157],[156],[18].

À partir de l’automne 2013, les rapports de force s'inversent et commencent à être plus favorables au régime assadiste.

Le 4 septembre 2013, dans le gouvernorat de Rif Dimachq, la petite ville chrétienne de Maaloula, position stratégique dans la région montagneuse de Qalamoun, est attaquée par un grand nombre de combattants du Front Al-Nosra et de rebelles. La ville tombe entre leurs mains le 9 septembre. Les édifices religieux sont saccagés et quelques habitants sont tués ou enlevés[348]. La ville est reprise par les loyalistes le 15 septembre[349], mais le 29 novembre les rebelles repassent à l'attaque et reprennent Maaloula le 3 décembre[350],[351]. Pendant ce temps, un peu plus au nord, dans le gouvernorat de Homs, les rebelles et les djihadistes attaquent le 21 octobre le dépôt d'armes de Mahin et la petite ville chrétienne de Sadad. Cette dernière est rapidement prise, de même qu'une partie du dépôt le 5 novembre. Mais les loyalistes contre-attaquent et reprennent Sadad le 28 octobre, avant de chasser les rebelles de Mahin le 15 novembre au prix de plusieurs centaines de morts[352],[353],[354],[355],[356]. L'armée syrienne et le Hezbollah poursuivent ensuite leur progression dans le Qalamoun, ils prennent Qara le 19 novembre, puis Deir Attiya le 28 et enfin Nabak le 10 décembre[357],[358],[359].

Article détaillé : Bataille d'Azaz (2013).

Pendant ce temps, dans le nord-ouest de la Syrie, les incidents puis les affrontements se multiplient entre l'État islamique en Irak et au Levant et l'Armée syrienne libre. Plusieurs chefs de l'ASL sont assassinés par les djihadistes et en juillet des dizaines de rebelles sont tués dans une bataille dans le gouvernorat d'Idleb[360],[361],[362]. Le 18 septembre, des combats éclatent dans le gouvernorat d'Alep entre l'EIIL et la brigade « Tempête du nord » de l'Armée syrienne libre. Les djihadistes prennent l'avantage et s'emparent de la ville d'Azaz au début du mois d'octobre, la brigade de l'ASL est contrainte de se replier sur les territoires contrôlés par les YPG[363],[364],[365],[366],[367],[368]. Le 10 octobre, une autre brigade de l'ASL est attaquée à l'intérieur d'Alep et chassée de trois secteurs au terme de combats qui font une cinquantaine de morts[316].

Début octobre également, l'armée syrienne lance une offensive au sud d'Alep, elle parvient à percer les lignes rebelles et à établir une voie d'accès reliant Alep au gouvernorat de Hama[369].

Article détaillé : Première bataille de Tall Hamis.

En décembre, les Kurdes des YPG et les assyriens du MFS lancent une offensive sur Tall Hamis, à l'est d'Hassaké, tenue par les rebelles islamistes. La tentative est un échec, et le 7 janvier après les combats qui ont fait environ 250 morts, les Kurdes sont repoussés.

Avancées des loyalistes et offensive des rebelles contre l'État islamique (janvier-juin 2014)[modifier | modifier le code]

Évolution de la situation en Syrie en 2014
Janvier 2014
Février 2014
Mars 2014
Avril 2014
Mai 2014
Juin 2014
Juillet 2014
Août 2014
Septembre 2014
Octobre 2014
Novembre 2014
Décembre 2014
Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Le , l'assassinat d'un commandant d'Ahrar al-Sham par des djihadistes de l'État islamique en Irak et au Levant déclenche un nouveau conflit[370],[371]. Exaspérés par la radicalité, les assassinats et les ambitions expansionnistes de l'EIIL, les rebelles du Front islamique, du Front al-Nosra, du Front révolutionnaire syrien et de l'Armée des Moudjahidines passent à l'offensive le 3 janvier[372],[373],[374],[363]. L'EIIL est chassé d'Alep le 8 janvier, puis de la plus grande partie du gouvernorat de Deir ez-Zor au début du mois de février et le 28 février il abandonne la ville d'Azaz, l'aéroport de Mennagh, Marea (en) et deux autres villages dans l'ouest du gouvernorat d'Alep[375],[376],[363],[377]. En revanche, il se maintient dans le gouvernorat de Racca et l'est du gouvernorat d'Alep,[377]. L'attaque rebelle menée le 6 janvier par le Front al-Nosra à Racca est repoussée par les forces de l'EIIL qui prennent également l'avantage à Tall Abyad le 12 et Jerablus le 17[378],[363],[379],[380],[368]. Selon l'OSDH, le bilan des combats livrés du 3 au 16 janvier est d'au moins 608 rebelles tués (dont 99 prisonniers exécutés), 312 combattants de l'EIIL tués (dont 56 prisonniers exécutés) et 130 civils (dont 21 exécutés par l'EIIL)[381]. Au 28 février, le bilan passe à plus de 3 300 tués dans les deux camps[377]. Parmi les morts figure notamment Haji Bakr, un des chefs majeurs de l'EIIL, tué par des rebelles à Tal Rifaat, près d'Alep[382],[383].

À la mi-février, le commandant d'une brigade islamiste, Abou Khaled al-Souri (compagnon de route d'Oussama ben Laden et de Ayman al-Zawahari, les chefs d'Al-Qaïda) est tué dans un attentat-suicide à Alep, par l'EIIL. En tant que chef de Ahrar al-Sham, il jouait le rôle de médiateur entre l'EIIL et Front al-Nosra[384].


De leurs côtés, les loyalistes remportent des succès dans le sud du pays. Le , au nord-ouest de Damas, une troupe de 160 à 250 combattants du Front al-Nosra et de Jaysh al-Islam tombe dans une embuscade particulièrement meurtrière, tendue par les hommes du Hezbollah. Entre 150 et 200 rebelles sont tués[385],[386],[387],[388]. Puis, en mars 2014, les loyalistes passent à l'offensive dans les montagnes du Qalamoun, près de la frontière libanaise. Le 8 mars, ils prennent Zara, ville stratégique dans le Gouvernorat de Homs située sur les voies d'approvisionnement rebelles menant au Liban. Le 14 mars 2014, le Hezbollah et l'armée syrienne entrent dans la ville de Yabroud, un des principaux bastions rebelles au nord-ouest de la province de Damas, situé sur les pentes de la chaîne de l'Anti-Liban[389]. L'Armée syrienne libre et Ahrar al-Sham prennent la fuite, seul le Front al-Nosra tente de résister mais au bout de deux jours la ville est prise et plus de 1 500 rebelles se replient sur le Liban[390],[391]. Les loyalistes reprennent ensuite Rankous le 9 avril[392], puis le Krak des Chevaliers le 20 mars[393], et la ville chrétienne de Maaloula le 14 avril[394].

Article détaillé : Bataille de Kessab.

Au nord-ouest de la Syrie, les rebelles lancent une offensive depuis la Turquie dans le but de prendre le port et la ville de Lattaquié. Le 21 mars, ils prennent Kessab, située sur la frontière. Mais les loyalistes contre-attaquent et reprennent Kessab le 15 juin. Après trois mois de combats et plusieurs centaines de morts de part et d'autres, l'offensive rebelle se solde par un échec[395],[396].

Fort de ses succès militaires, le régime annonce, le 21 avril 2014, la tenue d'une élection présidentielle (prévue pour le 3 juin suivant) condamnée comme une « parodie de démocratie » par les alliés occidentaux de l'opposition syrienne, et qui devrait aboutir à la réélection de Bachar el-Assad. Jusqu'à présent, les el-Assad avaient été élus par référendum. La nouvelle constitution syrienne, approuvée en 2012, donne cependant la possibilité à plusieurs candidats de se présenter[397].

En mars 2014, à l'extrême sud du pays, dans le gouvernorat de Deraa. 55 brigades et 30 000 combattants, principalement liés à l'Armée syrienne libre, se réunissent dans une coalition appelée le Front du Sud. L'extrême sud syrien est désormais la seule zone du pays où l'Armée syrienne libre demeure la force rebelle dominante[398],[399],[400]. Le 19 mars 2014, ils remportent une première victoire en s'emparant de la prison de Daraa et en libérant des centaines de prisonniers.

Article détaillé : Siège de Homs.
Djihadiste de l'État islamique en Irak et au Levant dans une vidéo de propagande en 2014.

Le , le siège de la Vieille ville de Homs s'achève, mettant fin à deux années de combats dans le centre historique de cette ville. Les dernières forces rebelles capitulent contre la promesse de pouvoir évacuer la ville avec armes et bagages. Le 7 mai, 2 000 à 2 500 rebelles et civils sont évacués vers le nord, dans des zones tenues par l'opposition et le 9 mai, le régime syrien peut reprendre le contrôle du Vieux Homs. Cependant, les rebelles continuent de tenir le quartier de Waer[401],[402],[403],[404],[405],[406],[407].

Pendant ce temps, les combats se poursuivent entre les rebelles et l'État islamique en Irak et au Levant dans l'est de la Syrie. Le 31 mars, l'EIIL chasse le Front al-Nosra de la ville de Markada, dans le gouvernorat d'Hassaké, après dix jours de combats et au moins 120 morts[408],[409]. Le 10 avril, il attaque Boukamal, sur la frontière irakienne, mais est repoussé après des affrontements qui font près d'une centaine de morts[410]. Le 30 avril, l'EIIL lance une offensive depuis Racca sur le gouvernorat de Deir ez-Zor avec plus de 3 000 hommes. Les affrontements pour le contrôle du gouvernorat durent plus de deux mois et font plusieurs centaines de morts de chaque côté. Finalement le 14 juillet les forces rebelles du Front al-Nosra, du Front islamique et de l'ASL sont totalement chassées de l'est de la Syrie. Le gouvernorat de Deir ez-Zor est contrôlé de 95 à 98% par l'État islamique. Seule la partie ouest de la ville de Deir ez-Zor reste tenue par les loyalistes[411],[412],[413],[414].

Les offensives de l'État islamique (juillet-décembre 2014)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Deuxième guerre civile irakienne.

Au début du mois de juin 2014, l'État islamique en Irak et au Levant lance une importante offensive en Irak qui lui permet de s'emparer d'une large partie du nord et de l'est du pays. Le , il annonce le rétablissement du califat et l'émir Abou Bakr al-Baghdadi al-Husseini al-Qurashi est proclamé calife sous le nom d'Ibrahim. L'EIIL prend officiellement le nom d'État islamique (EI)[415]. Le groupe prend alors une nouvelle importance et ses effectifs augmentent sensiblement en Irak comme en Syrie[28].

L'État islamique mène alors des offensives sur plusieurs points à la fois contre les rebelles, les Kurdes, et les loyalistes. Le 2 juillet, près de la frontière turque, les djihadistes commencent par attaquer la ville de Kobané (ou Ayn al-Arab), défendue par les Kurdes des YPG et du PKK. Cette première tentative est un échec, après un mois d'affrontements et au moins 170 morts, l'EI est repoussé[416]. Puis le 19 août, les djihadistes attaquent à nouveau les YPG, cette fois-ci à Djezaa, à l'est d'Hassaké, mais après 14 jours de combats, 85 morts chez les Kurdes et 200 du côté des djihadistes, Djezaa reste aux mains des YPG[417],[418].

Si les djihadistes sont tenus en échec par les Kurdes ils avancent en revanche contre les rebelles. En juillet, le Front al-Nosra et le Front islamique sont chassés du gouvernorat de Deir ez-Zor[411]. L'EI progresse également sur son front ouest, bouscule les forces du Front islamique et s'empare des villes de Turkmen Bareh et d'Akhtarine, se rapprochant ainsi d'Alep[419],[420]. Au début du mois d'août 2014, au sud de Deir ez-Zor, la tribu des Al Cheitaat se révolte contre l'État islamique mais les djihadistes répliquent brutalement en massacrant près d'un millier de membres de la tribu en deux semaines, dont une grande majorité de civils[421],[422],[423],[424].

Les loyalistes subissent également d'importants revers. Le 17 juillet, près de Palmyre dans le centre de la Syrie, l'EI prend le champ gazier de Al-Chaer et tue près de 300 personnes, dont la plupart sont exécutées par balles[425]. Les loyalistes contre-attaquent et reprennent Al-Chaer le 26[426]. Mais en juillet et août, les forces du régime perdent leurs derniers bastions dans le gouvernorat de Racca. Le 24 juillet, les djihadistes prennent l'assaut la base de la division-17 au nord de Racca. Les forces loyalistes perdent 200 hommes, tués ou portés disparus, et dont les corps et les têtes tranchées sont exposés dans les rues de la ville[427]. Le 8 août, l'EI prend la base de la brigade 93 à Aïn Issa[428]. Puis le 24, la base aérienne de Tabqa est à son tour prise d'assaut par les djihadistes au terme d'une bataille particulièrement violente. En six jours de combats, au moins 346 hommes de l'EI et 195 soldats syriens sont tués. Victorieux, les djihadistes exécutent 160 à 200 prisonniers après l'affrontement[429],[430].

Le , Ahrar al-Sham est décapité par un attentat qui tue 47 de ses dirigeants, dont Hassan Aboud le chef du groupe et également l'un des principaux responsable du Front islamique[431].

Cependant les victoires de l'État islamique en Irak et en Syrie poussent la communauté internationale à intervenir et une quarantaine de pays planifient la création d'une nouvelle coalition[432]. La nuit du 22 au 23 septembre, les États-Unis, l'Arabie saoudite, la Jordanie et les Émirats arabes unis interviennent pour la première fois en Syrie et lancent une campagne de frappes aériennes contre les forces de l'EI et du Front al-Nosra[433]. Rapidement, le Qatar, le Maroc et Bahreïn engagent également leurs aviations au sein de la coalition. Cependant à partir de mi-août 2015, les pays du Golfe cessent leur opérations aériennes en Syrie pour concentrer tous leurs moyens au Yémen, théâtre également d'une guerre civile[434]. Le Canada engage à son tour son aviation en Syrie le 8 avril 2015[435], ainsi que la France le 27 septembre[436] et le Royaume-Uni le 3 décembre[437]. Selon l'OSDH, plus de 3 000 djihadistes de l'EI sont tués entre le 22 septembre 2014 et le 22 septembre 2015 par les frappes de la coalition[438], mais ces dernières causent également la mort de centaines de civils[439],[440].

Combattants kurdes des YPG en janvier 2015, pendant la bataille de Kobané.
Article détaillé : Deuxième bataille de Kobané.

Le , l'État islamique lance une nouvelle offensive contre les YPG à Kobané. Cette fois-ci les djihadistes progressent rapidement, ils prennent près de 400 villages en deux semaines, pénètrent dans la ville le 6 octobre et s'emparent de son centre quatre jours plus tard. Cependant la coalition intervient et concentre 75% de ses frappes en Syrie sur Kobané. Le 26 janvier 2015, après des mois d'intenses combats, les Kurdes parviennent à reprendre la totalité de la ville. Ils lancent ensuite une contre-offensive pour reprendre les villages, dont la plupart sont rapidement reconquis. De septembre à février, plus de 500 combattants kurdes et 1 200 djihadistes sont morts pendant la bataille de Kobané[441],[442],[443],[444].

Article détaillé : Bataille de Deir ez-Zor (2014).

Le 3 décembre, l'EI assaille l'aéroport de Deir ez-Zor. Mais après quatre jours de combats, l'offensive est finalement repoussée par les loyalistes et les djihadistes laissent plus d'une centaine de morts[445].

Avancées de l'Armée de la conquête à l'ouest et des Kurdes au nord (novembre 2014-août 2015)[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une image pour l'agrandir, ou survolez-la pour afficher sa légende.
Évolution de la situation en Syrie en 2015
1er janvier 2015
1er février 2015
1er mars 2015
1er avril 2015
1er mai 2015
1er juin 2015
1er juillet 2015
1er août 2015
1er septembre 2015
1er octobre 2015
1er novembre 2015
1er décembre 2015
Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

À l'est de la Syrie, l'État islamique s'est emparé de vastes territoires mais à l'ouest, les rebelles progressent également contre le régime. Vers la fin du mois d'août 2014, dans le sud de la Syrie, les rebelles du Front du Sud et du Front al-Nosra lancent une offensive dans le gouvernorat de Deraa et le gouvernorat de Kuneitra et conquièrent du terrain sur les forces loyalistes[446],[447]. Le 27 août, ils reprennent le passage de Kuneitra[448]. Le 9 novembre, ils s'emparent de la ville de Nawa[449].

Article détaillé : Bataille de Wadi al-Deïf.

De son côté, le Front al-Nosra, chassé de l'Est du pays par l'EI, monte en puissance dans le Nord-Ouest. En novembre, la guerre éclate entre les djihadistes d'al-Qaïda et les rebelles du Front révolutionnaire syrien et du Mouvement Hazm, soutenus par les Américains. Les combats à Deir Sinbel et à Khan al-Sobol tournent à l'avantage du Front al-Nosra qui s'empare de ces deux villes, ainsi que de la région de Jabal al-Zawiya, et chasse les rebelles modérés de la zone[164],[450],[451],[452],[453]. Le mouvement djihadiste tourne ensuite ses forces contre le régime syrien et le 15 décembre il prend d'assaut les bases militaires de Wadi al-Deïf et d'Hamidiyé, près de la ville de Ma'arrat al-Numan, au terme d'une bataille sanglante qui fait 200 à 300 morts en 24 heures. Après cette série de victoires, le Front al-Nosra devient la force dominante dans le gouvernorat d'Idleb[454],[455],[456],[457].

Article détaillé : Bataille du Régiment 46.

Après les combats de novembre, le Mouvement Hazm subit de nouvelles offensives du Front al-Nosra dans l'ouest du gouvernorat d'Alep. Soutenu par l'Occident et disposant d'armes américaines, le groupe modéré Hazm est cependant battu et perd le contrôle de la caserne du bataillon 111 fin janvier, puis la base du régiment 46 le 28 février et tout son arsenal tombe aux mains des djihadistes. Le 1er mars, le mouvement Hazm annonce sa dissolution[458],[459],[460],[461].

Au milieu du mois de février 2015, à Alep, l'armée syrienne soutenue par le Hezbollah lance une nouvelle offensive afin d'encercler la ville au nord et de couper sa voie d'approvisionnement vers la Turquie. La tentative se solde par un échec, les loyalistes sont repoussés après des combats qui ont fait près de 300 morts en cinq jours[462],[463],[464].

Combattants du Conseil militaire syriaque (MFS) affrontant l'État islamique près de Tall Tamer le .

Le 21 février 2015, dans le gouvernorat d'Hassaké, les YPG et le Conseil militaire syriaque lancent une offensive sur la ville de Tall Hamis, située à l'est d'Hassaké et tenue par l'État islamique. Cependant, les djihadistes réagissent et deux jours plus tard ils attaquent à leur tour les positions kurdes et syriaques au sud de la ville de Tall Tamer, située de son côté à l'ouest d'Hassaké et tenue par les Kurdes. À Tall Hamis, l'offensive kurde est un succès, la ville est prise le 27 février, suivie de Tell Brak le lendemain. Les YPG s'emparent également de Jazah et de 400 villages près de la frontière irakienne. Une fois encore, les Kurdes bénéficient du soutien aérien des forces de la coalition, au moins 200 djihadistes et quelques dizaines de Kurdes sont tués dans ces affrontements[465],[466]. À Tall Tamer, les combats sont plus indécis, les djihadistes s'emparent de plusieurs villages chrétiens et tentent de progresser vers Tall Tamer et Ras al-Ain. Fin mai, l'offensive de l'EI est finalement repoussée et les forces kurdes et assyriennes reprennent le terrain perdu[467].

Le 24 mars 2015, dans le gouvernorat d'Idleb, le Front al-Nosra, Ahrar al-Sham et d'autres groupes rebelles se rassemblent dans une alliance appelée l'Armée de la conquête. Forte d'environ 30 000 hommes et soutenue par l'Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie, cette coalition se lance à l'assaut de la ville d'Idleb le jour même de l'annonce de sa formation[468]. Après quatre jours de combats et au moins 200 morts, Idleb est conquise par les rebelles[469] et devient après Racca la deuxième capitale d'un gouvernorat à échapper au contrôle du régime syrien[470]. Les rebelles poursuivent sur leur lancée, le 23 avril ils attaquent Jisr al-Choghour et s'en emparent après deux jours de combats[471]. L'armée syrienne tente une contre-offensive mais les rebelles poursuivent leur progression dans le gouvernorat d'Idleb. Le 27 avril, ils s'emparent du camp militaire de Maamal al-Karmid[472], suivi du camp militaire d'Al-Mastouma le 19 mai[473]. Le 22 mai, les rebelles prennent l'hôpital de Jisr al-Choghour ou subsistait une dernière poche de résistance. L'armée syrienne se retire et laisse après un mois de combats dans cette ville et ses environs au moins 261 tués et 300 prisonniers[474],[475]. Le 28 mai, les rebelles prennent la ville d'Ariha, ils tiennent alors la quasi-totalité du gouvernorat d'Idleb[476]

Les rebelles du Front du Sud progressent également dans le gouvernorat de Deraa. Le 25 mars, ils s'emparent de la ville de Bosra[477]. Le 1er avril, ils se rendent maîtres du poste-frontière de Nassib[478]. Ils perdent quelques villages au nord de Bousra al-Harir le 21 avril[479]. Mais le 9 juin, ils prennent d'assaut la base de la Brigade 52, une des plus grandes bases militaires du régime syrien[480].

Article détaillé : Bataille de Palmyre.

En mai, le régime syrien subit un nouveau revers cette fois-ci dans l'est du gouvernorat de Homs. Le 13, l'État islamique lance une offensive qui lui permet de s'emparer de trois champs gaziers, de deux mines de phosphate, des villes de Al-Soukhna, Tadmor et du site de Palmyre après huit jours de combats[481],[482]. L'armée syrienne laisse au moins 300 morts, contre 180 du côté de l'EI, et plus de 700 prisonniers, dont 150 sont exécutés par les djihadistes après la prise de la ville, ainsi qu'au moins 67 civils[483],[484]. Le 30 mai, les djihadistes détruisent la prison de Tadmor, la plus terrible du pays et symbole de la répression du régime des Assad[485]. Puis en août, ils rasent le temple de Baalshamin et le temple de Baal, vieux de 2 000 ans[486].

Le régime syrien semble alors en difficulté à la suite de cette succession de défaites et Téhéran envoie plus de 7 000 volontaires iraniens et irakiens en renforts à Damas. L'Iran affirme alors qu'il soutiendra le régime de Bachar Al-Assad « jusqu’à la fin »[118],[487],[488]. Le régime syrien se résout alors à abandonner la reconquête de certaines provinces du pays et à se concentrer sur la défense de la « Syrie utile », soit les villes de Damas, Hama, Homs et la région côtière de Lattaquié, zones vitales pour sa survie[489],[490].

Fin mai, l'État islamique lance deux nouvelles offensives. La première à l'est, sur la ville d'Hassaké, la seconde au nord-ouest sur Azaz, sur la frontière turque. À Hassaké, tenue par le régime syrien et les Kurdes, les djihadistes ont d'abord l'avantage et atteignent le sud de la ville. Mais les YPG, d'abord réticents à appuyer les loyalistes, finissent par intervenir et le 7 juin l'EI est repoussé après des combats qui ont fait plus de 150 morts[491],[492],[493]. À Azaz, l'EI s'oppose aux rebelles et les combats se concentrent autour du village de Suran à une dizaine de kilomètres de la ville. Mais le 7 juin, la coalition menée par les États-Unis effectue pour la première fois des frappes aériennes pour appuyer au sol les rebelles, malgré la présence des djihadistes du Front al-Nosra parmi ces derniers[492].

Article détaillé : Bataille de Tall Abyad.
Des combattants des YPG et de l'Armée syrienne libre à Tall Abyad c. .

De leur côté, après avoir repoussé l'État islamique près de Tall Tamer et Ra’s al-‘Ayn, les Kurdes des YPG, soutenus par des éléments de l'Armée syrienne libre et la coalition, lancent une contre-offensive sur la ville de Tall Abyad, située sur la frontière turque entre Kobané et Ra’s al-‘Ayn[494]. Ils atteignent la ville le 14 juin et s'en emparent le 16[495],[496]. L'État islamique subit alors sa plus grande défaite stratégique en Syrie depuis la proclamation du califat un an plus tôt, il perd un important point de passage des djihadistes étrangers vers la Syrie et un axe de la contrebande de pétrole vers la Turquie[497],[498]. Quant aux Kurdes, ils peuvent relier le canton de Kobané à l'ouest au canton de Cizir à l'est et unifier ces deux territoires[499]. Les YPG et les rebelles poursuivent ensuite leur avancée au sud, vers Racca. Le 22 juin, ils s'emparent de la base de la Brigade 93, puis prennent le lendemain la petite ville de Aïn Issa[500].

Malgré ses défaites, l'État islamique continue d'attaquer. Le 24 juin, il assaille à nouveau Hassaké[501]. Puis le 25, une centaine d'hommes de l'EI déguisés en combattants des YPG et de l'ASL parviennent à s'infiltrer en plein cœur de la ville de Kobané. Les djihadistes font un carnage et massacrent environ 250 civils, avant que les YPG ne contre-attaquent et que les membres du commando ne soient tués ou mis en fuite[502],[503],[504]. Le 5 juillet, les djihadistes repartent à l'assaut à Aïn Issa. Le 6, ils parviennent à reprendre pied dans la ville avant d'être finalement repoussés par les YPG le 10 juillet. L'État islamique laisse au moins 150 morts dans l'offensive, les Kurdes perdent également plusieurs dizaines de combattants tués au moins[505],[506],[507],[508]. Enfin, le 27 juillet, après trois semaines de combats, les YPG prennent à l'EI la petite ville de Sarrine, au sud de Kobané[509]. À Hassaké, les combats durent un mois, l'EI s'empare de plusieurs quartiers au sud, mais les Kurdes effectuent une manœuvre de contournement et prennent les djihadistes à revers. Le 28 juillet, après avoir encerclé les derniers combattants, les YPG et les loyalistes reprennent le contrôle de la ville. La bataille a fait environ 500 morts[510],[511].

Articles détaillés : Bataille de Deraa et Bataille d'Alep.

De leur côté, les rebelles tentent en juillet de livrer des offensives décisives pour prendre Alep et Deraa. Le 25 juin, le Front du Sud lance l'assaut sur Deraa mais il ne progresse que légèrement et le régime tient toujours la moitié de la ville[512],[513]. Puis, le 3 juillet, les coalitions Fatah Halab et Ansar al-Charia mènent une offensive sur Alep, considérée comme la plus importante depuis le début de la bataille en juillet 2012[514],[515]. Mais là aussi, malgré quelques gains des rebelles, les loyalistes tiennent le choc et repoussent la plupart des assauts[516].

Article détaillé : Troisième bataille de Zabadani.

Le 4 juillet, le Hezbollah et l'armée syrienne répondent en attaquant Zabadani, une ville isolée et encerclée, dernier bastion rebelle dans le Qalamoun, tenue principalement par Ahrar al-Sham[517],[518]. Les rebelles résistent et un cessez-le-feu est conclu le 24 septembre, en même temps que dans les villages de Foua et Kafraya, les dernières positions loyalistes dans le gouvernorat d'Idleb, encerclées par les rebelles[519],[520]. Le blocus se poursuit également à Madaya, ville située juste au sud de Zabadani, également assiégée depuis juillet par les forces loyalistes et également concernée par le cessez-le-feu de septembre, mais à partir de décembre ses 40 000 habitants commencent à être en proie à la famine[521],[522],[523].

Dans le nord, l'Armée de la conquête lance une offensive le 27 juillet dans la plaine de Sahl al-Ghab, au sud de Jisr al-Choghour, les combats y sont indécis et font des centaines de morts de part et d'autres[524]. Le 8 août, l'État islamique reprend son offensive contre les rebelles au nord d'Alep, en attaquant la petite ville stratégique de Marea, où des combats acharnés ont lieu, faisant au moins 195 morts chez les rebelles et 134 tués du côté de l'EI en un mois[525],[526],[527]. Le 9 septembre, après deux années de siège, la base aérienne d'Abou Douhour, qui était la dernière position tenue par l'armée syrienne dans le gouvernorat d'Idleb, est prise par le Front al-Nosra. Plus d'une centaine de soldats loyalistes sont tués au combat ou exécutés après avoir été capturés[528],[529],[530].

Le 16 août, le régime syrien mène son raid aérien le plus meurtrier depuis le début de la guerre, des bombardements à Douma, près de Damas, font au moins 117 morts et 250 blessés, en grande majorité des civils[531],[532],[533],[534].

Entrée officielle de la Russie dans la guerre (depuis septembre 2015)[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une image pour l'agrandir, ou survolez-la pour afficher sa légende.
Décollage d'un Soukhoï Su-24 russe à Lattaquié, le .

Affaibli militairement par une succession de défaites, Bachar el-Assad demande officiellement l'« aide militaire » de la Russie le 30 septembre 2015[535]. Le même jour, le Conseil de la Fédération de la Russie approuve l'appel du président Vladimir Poutine, pour permettre l'utilisation des forces armées russes à l'étranger. En particulier, il prévoit l'utilisation de la puissance aérienne en Syrie. La décision est prise à l'unanimité des 162 voix des sénateurs présents[536]. L'aviation russe commence aussitôt une campagne de frappes aériennes en Syrie. L'État islamique est ciblé, de même que l'Armée syrienne libre, mais l'aviation russe se focalise surtout sur les positions rebelles de l'Armée de la conquête dans le gouvernorat d'Idleb[537],[538],[539],[540],[541],[542],[543],[544],[545].

Le 7 octobre, soutenues par l'aviation russe, les forces loyalistes lancent une offensive contre les rebelles dans les gouvernorats d'Idleb et de Hama[546],[547],[548],[549]. Les loyalistes étendent leur offensive au nord de Homs le 15 et au sud d'Alep le 16[550],[551]. Le régime regagne un peu de terrain, mais sa progression est modeste essentiellement à cause de l'utilisation en grand nombre de missiles antichar BGM-71 TOW livrés aux brigades de l'ASL et parfois d'une mauvaise organisation et coordination des loyalistes[552],[553],[554],[555],[556],[557],[558]. Sur le front entre Hama et Idleb, l'offensive se solde par échec ; le 5 novembre, après plusieurs mois de combats, la petite ville de Morek tombe entièrement aux mains des djihadistes de Jund al-Aqsa[559],[560],[561] et le lendemain Ahrar al-Sham reprend le village d'Atchane. Les rebelles reprennent alors le contrôle de toutes les zones prises en octobre par les loyalistes dans le gouvernorat de Hama[562]. En revanche, les loyalistes progressent du côté d'Alep ; le 10 novembre ils brisent l'encerclement de l'aéroport de Kweires, assiégé depuis deux ans par l'EI, puis le 12 novembre ils prennent aux rebelles la cité d'Al-Hader, au sud-ouest d'Alep, ainsi que de nombreux villages des environs[563],[564].

Article détaillé : Crise russo-turque de 2015.

Le 24 novembre cependant, un Soukhoï Su-24 russe est abattu par l'aviation turque près de Lattaquié, un pilote est tué, ce qui provoque une crise diplomatique entre la Russie et la Turquie[565],[566].

Article détaillé : Bataille d'Al-Qaryatayn.

De son côté, l'État islamique progresse contre le régime syrien dans le gouvernorat de Homs et se rapproche de la frontière avec le Liban. Le 6 août, il commence par prendre la ville d'Al-Qaryatayn, au sud-est de Homs, en une seule journée d'affrontements[567]. Puis il prend au régime la petite ville de Mahin, près de Sadad dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre[568],[569]. Mahin est reprise par les loyalistes le 23 novembre[570], puis à nouveau reconquise par l'EI le 10 décembre[571] et encore reprise par le régime le 29 décembre[572].

Articles détaillés : Bataille de al-Hol et Offensive de Tichrin.
Combattants des YPG au nord de Racca, c. .

Pendant ce temps, dans le nord de la Syrie, les Kurdes des YPG et des YPJ, les miliciens arabes chammar de l'Armée Al-Sanadid, les chrétiens du Conseil militaire syriaque et des brigades de l'Armée syrienne libre se rassemblent le pour former les Forces démocratiques syriennes (FDS)[573]. Cette alliance, largement dominée par les Kurdes, lance une offensive contre l'État islamique le 31 octobre dans la zone de al-Hol, au sud-est d'Hassaké[573],[574]. Appuyées par l'aviation américaine, les FDS remportent une première victoire en prenant la petite ville de al-Hol le 12 novembre et plus de 1 000 kilomètres carrés le long de la frontière irakienne, les pertes des djihadistes sont estimées entre 100 et 500 morts[575],[576]. Un mois plus tard, le 26 décembre, les FDS s'emparent du barrage de Tichrin, sur l'Euphrate[577]. Les Kurdes et leurs alliés peuvent alors franchir le fleuve à l'ouest, mais ils poursuivent également leur progression au sud, entre Aïn Issa et Racca, dans les premiers jours de janvier 2016[578],[579].

Article détaillé : Siège de Homs.

Au début du mois de décembre 2015, la ville de Homs repasse entièrement sous le contrôle du régime syrien. Un accord est conclu le 1er décembre entre les loyalistes et les rebelles et neuf jours plus tard 2 000 personnes, combattants et civils, commencent l'évacuation du quartier de Waer, le dernier de la ville qui se trouvait encore aux mains de l'opposition[580].

Le , Zahran Allouche, chef de Jaysh al-Islam et chef militaire du Front islamique, est tué à Al-Marj, près de Damas dans la Ghouta orientale, par des frappes aériennes russes ou syriennes contre une réunion de chefs rebelles. Abou Himam al-Buwaydani lui succède à la tête du groupe[581],[582].

Le , l'État islamique lance une importante offensive contre les forces loyalistes encerclées à Deir ez-Zor[583]. Selon l'OSDH, les cinq premiers jours de combats font au moins 200 morts du côté des loyalistes, dont 48 prisonniers exécutés, 110 tués au moins du côté de l'EI, dont 30 kamikazes, et 42 civils tués par les frappes aériennes[584],[585].

En janvier 2016, des avancées du régime ont lieu dans le gouvernorat de Lattaquié. Soutenus par les Russes, les loyalistes s'emparent des deux principaux bastions stratégiques rebelles de la région ; le village de Salma le 12 janvier, puis celui de Rabia le 24 janvier, qui étaient tenus par l'opposition depuis 2012[586],[587]. Selon l'OSDH, plus de 124 rebelles et 72 loyalistes sont tués dans ces combats[588]. Au sud, dans le gouvernorat de Deraa, les loyalistes avancent également en prenant au Front du Sud la ville de Cheikh Maskine le 25 janvier, après une bataille de 28 jours au cours de laquelle les rebelles laissent 210 morts dans les combats[589],[590],[591]. Dans le gouvernorat d'Alep, une offensive est lancée le , cette fois-ci au nord de la ville d'Alep, par 10 000 hommes de l'armée syrienne, des Forces de défense nationale, du Hezbollah libanais, de l'Organisation Badr, des Kataeb Hezbollah, du Harakat Hezbollah al-Nujaba, de la Brigade des Fatimides, de la Force Al-Qods et d'unités de l'armée iranienne, appuyés par les spetsnaz et l'aviation russe[592],[593],[594]. Le 3 février, les forces du régime brisent le siège de Nobl et Zahraa et coupent la route d'approvisionnement des rebelles au nord d'Alep, qui reliait la ville à la frontière turque[595],[596]. Selon l'OSDH, les dix premiers jours de l'offensive font plus de 500 morts, dont une centaine de civils[597]. De surcroît, la Russie affirme qu'elle a des raisons de penser que la Turquie préparerait une intervention militaire sur le sol syrien, arguant que l'interdiction de survol de la Turquie par des avions de reconnaissance russes est une preuve des préparatifs turcs[598],[599].

À Azaz, les rebelles se retrouvent pris en étau entre les YPG à l'ouest, les loyalistes au sud et l'État islamique à l'est. Soutenus par l'aviation russe, les YPG s'emparent de l'aéroport de Mennagh le 10 février[600],[601],[602],[603],[604]. Le 13, l'artillerie turque, postée à la frontière du gouvernorat d'Alep, effectue des tirs sur des positions des YPG localisés près de Mennagh[605],[606],[607].

Utilisation de tactiques et d'armes non conventionnelles[modifier | modifier le code]

Armes chimiques[modifier | modifier le code]

L'utilisation de gaz sarin[346] du chlore[608] et de gaz moutarde[609] est observée pendant le conflit. La majorité des attaques chimiques sont le fait du régime syrien[346], mais l'État islamique en fait également usage[609], de même peut-être que les rebelles[610].

La première attaque chimique du conflit a lieu à Homs, le . Plusieurs autres suivent ; le à Khan Al-Assal, près d'Alep et Atayba près de Damas ; le 24 mars à Adra ; le 13 avril dans le quartier kurde de Cheikh Maksoud à Alep et dans le quartier de Jobar à Damas et le 29 avril à Saraqeb[611],[612]. L'attaque la plus meurtrière à lieu le 21 août 2013 en banlieue de Damas, dans les localités de Jobar, Zamalka, Ain Tirma, et Hazza. Le nombre des victimes varie, selon les sources entre 281 et 1 429 morts[613],[346]. Des armes chimiques sont à nouveau utilisées à Kafr Zita, près de Hama, le [614] et à Marea le [609].

Attentats à la bombe et attentats-suicides[modifier | modifier le code]

Le Front al-Nosra a revendiqué la responsabilité de 57 des 70 attentats-suicides recensés jusqu'en avril 2013[615]. Ces attentats ont fait de très nombreuses victimes civiles[616].

Missiles Scud[modifier | modifier le code]

En décembre 2012, le camp gouvernemental commence à tirer des missiles Scud sur les villes tenues par les rebelles, en particulier Alep[617].

Le 19 février 2013, quatre Scud sont tirés : trois d'entre eux tombent sur Alep et un sur la localité de Tell Rifaat (gouvernorat d'Alep). Entre décembre 2012 et février 2013, une quarantaine d'impacts de Scud ont été documentés[618] et, sur le seul mois de février 2013, les attaques de Scud ont fait au moins 141 morts[619]. Le 1er mars 2013, un missile Scud, probablement destiné au gouvernorat de Deir Ezzor atterrit en Irak[620]. Le 29 mars 2013, un Scud frappe la zone de Huraytan (Alep), tuant 20 personnes et en blessant 50[621]. Le 28 avril 2013, l'OSDH rapporte une attaque de Scud contre Tell Rifaat ayant fait quatre victimes (deux femmes et deux enfants)[622]. Le 3 juin 2013, un missile sol-sol, dont le type exact n'a pas été déterminé, frappe le village de Kafr Hamrah aux environs de minuit, tuant 26 personnes, dont six femmes et huit enfants, selon l'OSDH[623].

Les États-Unis ont condamné l'usage des Scud dans le conflit syrien[624].

Armes à sous-munitions[modifier | modifier le code]

L'armée syrienne a commencé à utiliser des armes à sous-munitions dès septembre 2012. Steve Goose, directeur du bureau des Armes à Human Rights Watch explique que « la Syrie étend son utilisation répétée des armes à sous-munitions, qui sont interdites, et les civils en paient le prix en termes de morts et de blessés » […] « le bilan initial ne constitue qu'un début, car ces armes laissent des sous-munitions non explosées qui continuent à tuer et à mutiler pendant très longtemps »[625].

Bombes à barils[modifier | modifier le code]

Une bombe à baril (barrel bomb) est un type d'engin explosif improvisé couramment utilisé par l'armée de l'air syrienne contre les zones rebelles, y compris en milieu urbain et sur des populations civiles. Chaque baril est rempli d'une quantité importante de TNT auquel on ajoute des éléments métalliques (shrapnel) et de l'essence. Le tout est largué depuis un hélicoptère. La détonation qui en résulte peut être dévastatrice[626],[627],[628] ,[629].

Armes thermobariques[modifier | modifier le code]

Des armes thermobariques (bombes fuel-air) sont utilisées dans le conflit syrien par le camp loyaliste. Depuis 2012, les rebelles dénoncent l'usage de ces armes par l'armée de l'air syrienne, qui les a utilisées pour frapper les zones résidentielles occupées par les combattants rebelles, pendant la Bataille d'Alep et à Kafr Batna[630],[631]. Un groupe d'enquêteurs de l'ONU a conclu que le gouvernement syrien a utilisé les bombes fuel-air contre la ville stratégique de Qousseir en mars 2013[632].

En août 2013, la BBC a évoqué l'usage de bombes incendiaires comparables à des bombes au napalm sur une école du nord du pays[633],[634].

Bilan humain[modifier | modifier le code]

Bilan total[modifier | modifier le code]

Graphique des morts cumulés depuis le début de la guerre en Syrie

Le 2 janvier 2013, les Nations unies évaluaient à 60 000 le nombre de personnes tuées depuis le début de la guerre civile. Navanethem Pillay, du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme déclarait alors : « Le nombre des victimes est très supérieur à ce à quoi nous nous attendions, et réellement choquant »[635]. Quatre mois plus tard, l'ONU estime, dans une mise à jour de son évaluation, que le bilan se monte à 80 000 victimes[636]. Le 13 juin, l'ONU rend public une nouvelle estimation du nombre de personnes tuées depuis le début du conflit, avec un chiffre de 92 901 à la fin du mois d'avril 2013. Navanethem Pillay déclare alors : « Il s'agit très vraisemblablement d'une estimation basse du nombre de victimes. », le nombre réel étant estimé à plus de 100 000[637]. Certaines régions du pays ont été frappées de manière disproportionnée par la guerre ; selon certaines estimations, près d'un tiers des morts sont intervenues dans la ville de Homs[638]. Le 10 janvier 2014, les Nations unies annonçaient qu'elles renonçaient, faute de sources suffisantes, à mettre à jour le décompte des victimes, estimant dans le même temps que « le bilan des victimes dépasse largement 100 000 [et que] des centaines de milliers de personnes ont été blessées »[639].

Le , le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme (HCDH) affirme avoir comptabilisé 191 369 cas documentés de personnes tuées en Syrie entre mars 2011 et fin avril 2014. Il estime cependant que ce nombre est sans doute une sous-estimation du nombre réel des tués. La liste est établie sur la base des données issues de cinq sources différentes : le gouvernement syrien (jusque fin mars 2012), l'Observatoire syrien des droits de l'homme (jusque fin avril 2013), le Centre syrien pour les statistiques et la Recherche, le Réseau syrien des droits de l'homme et le Centre de documentation des violations[640]. En août 2015, l'ONU estime que le bilan du conflit est d'environ 250 000 morts[31].

Le , l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) estime que la guerre en Syrie a fait 230 618 à 320 000 morts[29].

La Ligue arabe juge que les bilans de l'OSDH sont surestimés. Le , elle affirme que la guerre civile syrienne a fait 100 293 morts de mars 2011 à juin 2015.

Le , le Centre syrien pour la recherche politique affirme que le conflit a fait 470 000 morts depuis mars 2011, dont 70 000 en raison d'un manque d'eau potable, de nourriture ou de médicaments, et 1,9 millions de blessés[32],[641].

Pertes des forces belligérantes[modifier | modifier le code]

Rapport de pertes belligérantes totales en Syrie (à octobre 2015)

Pertes du camp loyaliste[modifier | modifier le code]

À la date du , selon l'OSDH les pertes du camp loyaliste sont d'au moins 49 106 morts pour l'armée syrienne, de 32 533 morts pour les Forces de défense nationale et les milices, 838 morts pour le Hezbollah et 2 844 pour les milices chiites étrangères[29].

Selon un rapport de The Institute for the Study of War publié le , le nombre des tués dans l'armée syrienne depuis le début du conflit est estimé à 44 000[642],[83].

Pertes des forces de l'opposition[modifier | modifier le code]

À la date du , selon l'OSDH les pertes des forces de l'opposition sont d'au moins 72 363 morts. Un bilan qui inclut les Kurdes des YPG et les djihadistes de l'État islamique[29].

Pertes de l'État islamique[modifier | modifier le code]

En mai 2015, le chercheur Romain Caillet estime que les pertes de l'EI en Irak et en Syrie pourraient être d'environ 20 000 tués, dont la moitié dans les frappes de la coalition[174].

En juin 2015, l'OSDH estime que l'État islamique a perdu 8 000 hommes en Syrie, dont plus de 2 600 tués par les frappes de la coalition[38],[643].

Pertes des Kurdes des YPG[modifier | modifier le code]

Les Kurdes des YPG et YPJ ont déclaré que leurs pertes ont été de 379 morts pendant l'année 2013[644], 537 morts pour l'année 2014[36] et 680 pour l'année 2015[37].

Pertes iraniennes[modifier | modifier le code]

Selon The Washington Post, au moins 67 Iraniens sont tués en octobre et novembre 2015, ce qui représente une augmentation, les pertes étant habituellement d'environ 10 tués par mois depuis 2013 d'après Ali Alfoneh, expert iranien de la Foundation for Defense of Democracies, basée à Washington[33]. Selon l'historien Stéphane Mantoux, 172 soldats iraniens sont tués en Syrie de septembre 2015 à février 2016[645].

Pertes civiles[modifier | modifier le code]

Bilan général[modifier | modifier le code]

À la date du , au moins 108 086 civils sont morts pendant le conflit selon l'OSDH, dont 7 371 femmes et 11 493 enfants[29].

À la date du , selon le Réseau syrien des droits de l'homme dont la neutralité comme la véracité des chiffres sont contestés[646],[647], au moins 176 678 civils ont été tués par les seules forces du régime, dont 18 457 femmes et 18 242 enfants. 1 649 civils ont été tués par les rebelles, dont 427 femmes et 360 enfants. 1 045 civils, dont 184 femmes et 145 enfants ont été tués par l'État islamique. 258 civils, dont 66 femmes et 44 enfants ont été tués par le Front al-Nosra. Et 242 civils, dont 31 femmes et 21 enfants ont été tués par les forces kurdes[30].

Bilan des victimes civiles des bombardements du régime syrien[modifier | modifier le code]

Plusieurs milliers de civils meurent dans les bombardements effectué par l'aviation syrienne et des hélicoptères qui larguent des barils d'explosifs.

Selon l'OSDH, de janvier 2014 à juillet 2015, ces bombardements tuent au moins 9 469 civils, dont 2 779 enfants[648],[649]. Du au , 20 686 raids aériens et 25 784 barils explosifs sont recensés, causant la mort d'au moins 4 007 rebelles et djihadistes et d'au moins 7 677 civils, dont 1 622 enfants ou adolescents, 1 078 femmes et 4 977 hommes, ainsi que 39 000 blessés[650].

À la date du , selon le Réseau syrien des droits de l'homme, les raids aériens et les tirs d'artillerie du régime ont tué 12 194 personnes, dont 96% de civils[30].

Selon un rapport d'Amnesty International publié le , les bombardements au baril d'explosifs largués par hélicoptère ont fait 11 000 morts parmi les civils depuis 2012[651],[652].

Bilan des victimes civiles des sniper du régime syrien[modifier | modifier le code]

À la date du , selon le RSDH, les sniper loyalistes ont tué 5 671 civils, dont 687 femmes et 494 enfants[30].

Bilan des victimes civiles des bombardements de la coalition[modifier | modifier le code]

Selon l'OSDH, les bombardements aériens de la coalition ont tué 162 civils au moins, dont 35 femmes et 51 enfants, du au [643].

À la date du , selon le Réseau syrien des droits de l'homme, les bombardements de la coalition ont fait 103 morts chez les civils, dont 11 femmes et 11 enfants[30].

Le , Airwars, un collectif de journalistes d’investigation, publie un rapport dans lequel il affirme que 291 à 354 civils ont été tués par les frappes aériennes de la coalition en Syrie entre le et le [439].

Bilan des victimes de la torture dans les prisons du régime syrien[modifier | modifier le code]

En janvier 2014, trois anciens procureurs internationaux publient un rapport dans lequel ils affirment que 11 000 prisonniers ont été exécutés ou torturés à mort dans les prisons du régime syrien. Le rapport, commandé par le Qatar, allié de la rébellion, se base sur le témoignage d'un déserteur surnommé « César ». Ce dernier, un photographe ayant déserté la police militaire syrienne, avait fourni 55 000 photos numériques, dont 27 000 sont authentifiées par l'ONU et des ONG et quelques-unes rendues publiques[653],[654],[655].

Pour Human Rights Watch : « Selon des détenus libérés et des transfuges, les méthodes de torture utilisées par les forces de sécurité syriennes sont notamment de longs passages à tabac, souvent avec des matraques et des câbles métalliques, l’obligation pour les détenus de demeurer dans des positions pénibles et douloureuses pendant des périodes prolongées, l’électrocution, l’agression sexuelle, l’arrachage des ongles des mains et le simulacre d’exécution »[656].

Le , l'OSDH affirme que le nombre de détenus morts sous la torture est d'au moins 12 751, dont 108 enfants, et qu'environ 20 000 autres prisonniers sont portés disparus[657]. Leur nombre des morts est de 11 427 selon le Réseau syrien des droits de l'homme (RSDH) à la date du [30]. En 2015, selon les sources, entre 100 000 et 200 000 Syriens ont disparu dans les prisons du régime[658],[659].

Le , les enquêteurs du Conseil des droits de l'homme des Nations unies affirment que ces exactions sont le résultat d'une « politique d'État » et accusent le régime syrien de mener une « extermination » des détenus. Le chef de la commission, Paulo Pinheiro, déclare : « Le caractère massif des morts de détenus suggère que le gouvernement syrien est responsable d’actes qui relèvent de l’extermination et sont assimilables à un crime contre l’humanité »[660].

Bilan des exactions de l'État islamique[modifier | modifier le code]

Selon l'OSDH, l'État islamique exécute au moins 3 027 personnes en Syrie entre le et le , dont 1 787 civils (principalement 930 membres de la tribu des Al Cheitaat) dont 74 enfants, 900 soldats et miliciens du régime syrien, 216 rebelles syriens, y compris des djihadistes du Front al-Nosra et des Kurdes des YPG, et 143 de ses propres hommes pour tentative de désertion ou suspectés d'espionnage. L'OSDH estime cependant que le bilan réel est probablement plus élevé et évoque notamment plusieurs centaines de disparus dans les prisons de l'EI[661].

À la date du , selon le Réseau syrien des droits de l'homme, les exactions de l'État islamique ont fait 3 967 morts, dont 2 913 rebelles et 1 045 civils, dont 184 femmes et 145 enfants. Le groupe détient 3 914 personnes, dont 159 femmes et 487 enfants et 1 471 personnes ont été « forcées à disparaître »[30].

Bilan des exactions des rebelles syriens[modifier | modifier le code]

À la date du , selon le Réseau syrien des droits de l'homme, les exactions des rebelles syriens ont fait 1 787 morts, dont 138 autres rebelles et 1 649 civils, dont 427 femmes et 360 enfants. Les groupes rebelles ont arrêté 2 029 personnes, dont 875 femmes et 136 enfants et de plus 1 610 personnes ont été « forcées à disparaître »[30]. Ce bilan n'inclut pas les exactions du Front al-Nosra qui ont fait 313 morts, dont 73 de l'opposition armée et 258 civils, dont 66 femmes et 44 enfants. Le groupe détient 1 236 personnes, dont 30 femmes et 53 enfants et 269 personnes ont été « forcées à disparaître »[30].

Impact de la guerre civile[modifier | modifier le code]

Déplacés et réfugiés[modifier | modifier le code]

Une vue aérienne rapprochée (au 18 juillet 2013) du camp Za'atri (Zaatari en Jordanie) pour les réfugiés syriens. L'hélicoptère transportait le secrétaire d’état américain John Kerry et le ministre jordanien des Affaires étrangères Nasser Judeh.

Du fait de la guerre, plusieurs millions de Syriens (sur une population totale de 22 millions avant guerre) ont dû abandonner leurs foyers.

Plus d'un million d'entre eux ont trouvé refuge au Liban voisin (soit l’équivalent d’un quart de la population libanaise). La Jordanie a également vu affluer plus de 600 000 réfugiés syriens qui y survivent dans des conditions extrêmement précaires. Le camp de réfugiés de Zaatari, établi en territoire jordanien, à 12 km de la frontière syrienne et construit pour 50 000 personnes, est devenu une ville de tentes où s'entassent plus de 100 000 Syriens et le second camp de réfugiés au monde par la taille. Il est gangréné par les gangs et les recruteurs de la rébellion, surpeuplé, inondé en hiver et mal accepté par la population locale. En mai 2014, l'ONU a ouvert un second camp en Jordanie (Al Azraq), à 90 km d'Amman, en tirant les enseignements des dysfonctionnements enregistrés à Zaatari. Financé intégralement par les organisations non gouvernementales, relativement isolé, dimensionné pour accueillir 130 000 réfugiés, Al Azraq est en effet conçu comme une série de villages où les Syriens sont regroupés par origine géographique et la sécurité y a été renforcée[662].

En août 2012, l'ONU estimait qu'un million de personnes avaient été déplacées à l'intérieur du territoire[663]. Un peu plus d'un an plus tard, en septembre 2013, les estimations montaient à 6,5 millions de déplacés, dont 2 millions ayant cherché refuge dans les pays voisins. 667 000 d'entre eux avaient gagné le Liban[664]. D'autres ont gagné la Turquie, la Jordanie et l'Irak, l'Égypte, la Palestine, la Libye et l'Algérie. Certains ont quitté la région pour se réfugier en Suède (14 700), en Allemagne (5 000 à 8 000), en Italie (4 600), dans d'autres pays européens voire en Russie, en Argentine ou aux États-Unis.

Réfugiés de la guerre civile syrienne

En 2013, la République d'Abkhazie aurait même accueilli 400 réfugiés syriens d'origine abkhaze ou abkhazo-tcherkesse, leur garantissant automatiquement la citoyenneté abkhaze. Un total de 1 000 citoyens syriens d'origine abkhaze vivent en Syrie[665].

En septembre 2015, selon Amnesty International, plus de 4 millions de réfugiés ont quitté la Syrie dont[666] :

  • 1,2 millions au Liban (dont la population compte, en temps normal, 4,8 millions d'habitants) ;
  • 1,9 millions en Turquie ;
  • 650 000 en Jordanie ;
  • 249 463 en Irak ;
  • 132 375 en Égypte.

Selon l'UNHCR, en 2015 la tragédie syrienne est à l'origine de plus de 10 millions de déplacés :

  • 4 millions de Syriens ont quitté leur pays[667],
  • 7,6 millions se sont déplacés à l'intérieur du pays[667].

Les pays voisins de la Syrie ferment de plus en plus leurs frontières aux civils syriens. Ainsi, la Jordanie n'accepte plus que les réfugiés syriens d’origine palestinienne ou irakienne. L’Irak a définitivement fermé sa frontière depuis août 2012. La Turquie n’accepte plus que les urgences médicales et les réfugiés possesseurs de passeport. L’Égypte refuse tout accueil des syriens depuis la chute du président Mohamed Morsi[668].

Réfugiés syriens en Jordanie

En mars 2014, les Nations unies estiment que 9 millions de Syriens ont quitté leurs foyers en raison violences. Parmi tous ces déplacés, deux millions et demi sont maintenant des réfugiés dans les pays voisins (dont la moitié d'enfants)[669].

Em mai 2014, la Commission européenne a annoncé qu'elle va débloquer une aide humanitaire supplémentaire de 50 millions d'euros, portant ainsi sa contribution tirée du budget de l'Union européenne à 119 millions d'euros[670].

À l'été 2015, la réduction de l'aide humanitaire internationale pour les réfugiés provoque une augmentation des départs vers l'Europe et des retours vers la Syrie. L'appel de fonds lancé par l'ONU pour l'année 2015 n'est financé qu'à hauteur de 41 % et le Programme alimentaire mondial est contraint de réduire ses rations[671],[672]. Plusieurs milliers de réfugiés majoritairement Syriens, Irakiens et Afghans tentent de gagner l'Union européenne par la Grèce et les Balkans et la Hongrie va jusqu'à construire une barrière de séparation le long de sa frontière avec la Serbie[673]. Certains réfugiés passent même par l'Arctique, à la frontière entre la Norvège et la Russie[674]. Des centaines de personnes trouvent cependant la mort dans leur tentative de gagner l'Europe. Le 27 août, les corps en décomposition de 71 réfugiés probablement syriens — 59 hommes, huit femmes et quatre enfants — sont retrouvés dans un camion, probablement morts d'asphyxie, au bord d'une autoroute de l'État de Burgenland en Autriche[675],[676]. De nombreuses personnes meurent également en tentant de traverser la Méditerranée et de gagner la Grèce depuis la Turquie, en passant notamment par l'île de Kos[677],[678]. Le 2 septembre, la photo du corps d'un enfant syrien — Alan Kurdi originaire de Kobané et âgé de 3 ans — retrouvé noyé sur la plage de Bodrum en Turquie fait le tour du monde[679],[680],[681].

Maladies[modifier | modifier le code]

Des infections devenues rares[682] sont réapparues dans les zones tenues par les rebelles, touchant principalement les enfants et favorisées par l'effondrement des systèmes d'assainissement et la dégradation des conditions de vie.

Les opposants incriminent le régime, qu'ils accusent d'avoir supprimé, avant même le soulèvement, les vaccinations, l'assainissement et la purification de l'eau dans les « zones considérées comme politiquement hostiles »[683].

Le 28 octobre 2013, le Ministre de la Santé syrien annonçait que la poliomyélite était réapparue dans le pays pour la première fois depuis près de 15 ans. Fin 2013, 90 cas de poliomyélite[684] avaient été identifiés par les médecins et les agences internationales sanitaires, déclenchant, au mois de mars suivant, une campagne régionale au cours de laquelle plus de 22 millions d’enfants résidant dans 7 pays devaient être vaccinés sur une période de six mois[685].

Violations des droits humains[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Droits de l'homme en Syrie.

Selon plusieurs organisations de défense des droits humains et selon les Nations unies, des violations des droits humains ont été commises par le gouvernement et par les rebelles, la très grande majorité des abus étant attribués au gouvernement syrien[686] ,[687] ,[688] ,[689]. La commission de l'ONU chargée d'enquêter sur les violations des droits humains en Syrie confirme au moins 9 massacres délibérés dans la période allant de 2012 jusqu'à la mi-juillet 2013. Le gouvernement syrien est désigné comme l'auteur de 8 de ces massacres et l'opposition du neuvième[690],[691].

Women Under Siege, une organisation de défense des droits humains, avait documenté, en juillet 2012, plus de 100 cas de viols et d'agressions sexuelles pendant le conflit. La plupart de ces crimes étaient attribués aux Shabiha et aux autres milices loyalistes. Les victimes étaient des hommes, des femmes et des enfants, les femmes et les filles représentant 80% des victimes[692].

Fin novembre 2013, selon un rapport de l'EMHRN intitulé Violence against Women, Bleeding Wound in the Syrian Conflict, près de 6 000 femmes avaient été victimes de viols (y compris de viols collectifs) depuis le début du conflit. Les chiffres sont probablement plus élevés, un grand nombre de cas ne faisant pas l'objet de déclaration[693],[694],[695]. En mars 2014, Abdel Karim Rihaoui, président de la Ligue syrienne des droits de l'homme, estime à plus de 50 000 le nombre des femmes violées dans les prisons du régime syrien[696].

Selon trois avocats internationaux de premier plan[Note 1], certains responsables du gouvernement syrien pourraient avoir à répondre de l'accusation de crimes de guerre, face aux preuves sorties clandestinement de Syrie et mettant en évidence des « exécutions systématiques » touchant 11 000 détenus. La plupart des victimes étaient des hommes jeunes et leurs corps portaient souvent des traces de tortures et de privations. Certains avaient eu les yeux arrachés ; d'autres cadavres portaient des traces de strangulation ou d'électrocution[697],[698].

Le , l'organisation Human Rights Watch publie un rapport détaillé portant sur la période de juin 2012 – juillet 2013 et montrant que le gouvernement syrien a fait raser 7 districts rebelles dans les villes de Damas et d'Hama, sur une surface correspondant à 200 terrains de football. Des témoignages confirmés par des photos-satellites montrent l'usage de bulldozers et d'explosifs pour raser des immeubles[699]. Ces déprédations sont qualifiées de punition dirigée contre les habitants des zones acquises aux rebelles[700].

Exactions envers des enfants[modifier | modifier le code]

Le 25 mai 2011, le corps mutilé de Hamza Ali Al-Khateeb, un garçon âgé de 13 ans disparu depuis le 29 avril, est rendu à sa famille par les autorités syriennes. Il porte des marques de tortures : cou et mâchoire brisés, rotules broyées, brûlures de cigarettes, blessures par balles dans les bras et parties génitales mutilées. Il avait été arrêté lors d'une manifestation contre le régime. Les images de son corps, diffusées par la famille, alimentent l'indignation contre le régime, qui nie les tortures et les circonstances du décès[701],[702],[703],[704].

Au début du mois de février 2012, le Fonds des Nations unies pour l'enfance estimait en outre que plus de 500 enfants avaient été tués[705] ; 400 enfants supplémentaires auraient aussi été arrêtés et torturés dans les prisons syriennes[706]. Ces deux informations ont été contestées par le gouvernement syrien.

Le 12 juin 2012, l'ONU dénonce le gouvernement syrien comme étant « l'un des pires sur sa liste annuelle « de la honte » où figurent les protagonistes des pays en conflit où les enfants sont tués, torturés et forcés à combattre. » Dans son rapport « Les enfants dans les conflits armés », rendu public le même jour, les Nations unies affirment que « les soldats syriens ont torturé et exécuté sommairement des enfants, et se sont servis de certains d'entre eux âgés d'à peine huit ans comme de « boucliers humains » au cours de leurs opérations contre les rebelles ». Le rapport cite à l'appui les circonstances d'une opération menée le 9 mars par les forces de sécurité syriennes, armée, services de renseignement et milice Shabiha, contre le village d'Ayn l'Arouz dans la région d'Idlib où ont été « raflés des dizaines de garçons âgés de huit à treize ans avant d'attaquer le village. « Ces enfants ont été ensuite utilisés par des soldats et des miliciens comme boucliers humains, placés devant les vitres des autocars transportant les militaires pour pénétrer dans le village lors de l'assaut. Parmi les 11 morts du premier jour de combats ont figuré trois garçons de 15 à 17 ans. Trente-quatre autres personnes, dont deux garçons de 14 et 16 ans et une fillette de neuf ans, ont été capturés. Le village fut finalement incendié et quatre des 34 prisonniers ont été abattus par balles et brûlés, notamment les deux garçons ». Radhika Coomaraswamy, représentante spéciale de l'ONU pour les enfants dans les conflits armés, avait déjà fustigé les forces gouvernementales syriennes avant la publication de ce rapport déclarant « J'ai rarement vu autant de brutalités contre les enfants qu'en Syrie, où les filles et les garçons sont emprisonnés, torturés, exécutés et utilisés comme boucliers humains[707]. »

À la mi-octobre 2012, l'Observatoire syrien des droits de l'homme (d'opposition) annonce que le nombre d'enfants tués dans le conflit a atteint 2 300[708]. En mars 2013, des sources issues de l'opposition indiquent que plus de 5 000 enfants ont été tués[709].

Le , Leila Zerrougui, Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations unies pour les enfants et les conflits armés, déclare que le nombre d'enfants affectés par le conflit a doublé en un an et que la Syrie est ainsi devenue « l'un des endroits au monde les plus dangereux pour les enfants ». Elle estime que 3 millions d'enfants syriens sont privés d'éducation « depuis trois ans pour nombre entre eux »[669].

Des enfants soldats sont aussi présents sur le front, d'après Human Rights Watch[710].

Criminalité[modifier | modifier le code]

Avec l'extension du conflit sur le territoire syrien, et avec l'effondrement des services de l'État et de la police, de nombreuses localités ont été submergées par la criminalité. Les vols, les pillages d'habitations et de magasins se sont multipliés, ainsi que les enlèvements. Des combattants rebelles ont été vus volant des voitures et ils ont détruit un restaurant d'Alep qui avait servi des soldats syriens[711].

Le gouvernement et l'opposition ont tous deux utilisé des réseaux criminels. Le gouvernement, face aux sanctions internationales, a fait appel à ce type d'organisation pour faire entrer et sortir clandestinement de l'argent et des marchandises. La crise économique et les sanctions ayant réduit les rémunérations des miliciens Shabiha, certains d'entre eux ont commencé à voler les biens des civils et à organiser des enlèvements[712].

Les rebelles s'adressent parfois aux réseaux criminels pour obtenir des munitions et du ravitaillement. Dans les pays voisins de la Syrie, les prix des armes au marché noir ont augmenté de manière significative depuis le début du conflit. Pour lever les fonds nécessaires à leurs achats, certains groupes rebelles ont recours à l'extorsion, au vol, et aux enlèvements[712].

Extension du conflit au Liban[modifier | modifier le code]

Le Liban est profondément divisé au sujet de la situation en Syrie : le Hezbollah chiite et ses alliés soutiennent le régime Assad, tandis que la majorité des sunnites soutiennent la rébellion.

Le , le gouvernement syrien bombarde des objectifs rebelles retranchés au Liban, dans les collines de Jroud Arsal, à proximité de la localité libanaise d'Arsal, faisant dix blessés Syriens[713].

Recrutement et formation de djihadistes occidentaux[modifier | modifier le code]

Selon Le Monde, à la fin mai 2014, entre 3 000 et 11 000 combattants étrangers auraient été impliqués dans le conflit syrien. Parmi eux, environ 1 000 à 2 500 musulmans d'Europe, dont 200 Belges, 500 Britanniques et 350 Français. Des Scandinaves, des Allemands, des Espagnols, de Italiens et des Néerlandais figurent également parmi les nationalités représentées sur le terrain. Les chiffres sont difficiles à préciser, mais les autorités estiment que 700 à 800 ressortissants et résidents français auraient transité par la Syrie depuis le début du conflit et une vingtaine d'entre eux y avaient trouvé la mort à la fin mai 2014. Fin juillet 2015, le nombre des morts est établi à 126 sur les 906 ressortissants français ayant participé ou participant au conflit[714].

Ces combattants, hommes et femmes (15 %), jeunes et radicalisés, se regrouperaient par nationalités dans des « katibas » essentiellement rattachées à l'EILL. Après l'affaire Merah, la fusillade au Musée juif de Belgique, et surtout les attentats de Paris du 13 novembre 2015 (où trois criminels au moins revenaient de Syrie), les autorités européennes redoutent le retour sur le continent de ces djihadistes formés par la guerre civile et prêts à accomplir des actions symboliques[715],[716].

Impact économique[modifier | modifier le code]

Entre juillet 2011 et juillet 2013, l'économie syrienne s'est rétractée de 45%, à la suite des divers évènements du conflit.

Le chômage a quintuplé et la devise syrienne a perdu les 5/6 de sa valeur[717],[718].

Avant le début de la guerre syrienne, l'Union Européenne achetait 95% du pétrole exporté par la Syrie, ce qui représentait entre un quart et un tiers des recettes de ce pays.

En septembre 2011, pour faire pression sur le régime dans un conflit qu'elle pensait limité dans le temps, l'Union européenne décrète un embargo total sur le pétrole syrien. L'Europe envisage alors, pour casser le monopole gazier russe, d'encourager, après la fin des hostilités, la construction de gazoducs au proche et Moyen-Orient (Qataris notamment) à destination de la Turquie (puis de la Grèce) et passant par les zones d'Alep et de Homs[719]. En avril 2013, la guerre s'éternisant, l’Europe lève « partiellement » son embargo sur le pétrole syrien : « les ministres européens des Affaires étrangères souhaitant ainsi aider les rebelles syriens, qui contrôlent une partie des champs pétroliers »[720]. En mai 2013, le ministre syrien du Pétrole Suleiman Abbas révèle que la production de pétrole syrienne a chuté de 95% (à 20 000 barils par jour contre les 380 000 barils par jour) et celle du gaz syrien de 50%, à la suite des combats et des activités terroristes[721].

De 2011 à 2014, la guerre a coûté 502 milliards de livres syriennes (3 milliards de dollars américains) aux secteurs du pétrole et des mines du pays. En mai 2014, alors que la Russie fournit surtout des armes, l'Iran livre plutôt du pétrole à Bachar el-Assad. Quant à la manne pétrolière, elle attire nombre de groupes rebelles qui se combattent mutuellement pour la posséder. Les puits de gaz d'Alep (au centre du pays) et les puits de pétrole des provinces de Deir ez-Zor (Est de la Syrie) et d'Hassaka (nord-est) font ainsi l'objet de convoitises des milices rebelles et terroristes (Front al-Nosra, Front islamique, Armée Libre, divers groupes salafistes et EIIL) qui se livrent une guerre totale pour s'en emparer. Par exemple, EIIL détient deux puits de pétrole (pris à al-Nosra) à al-Djafara et Kouniya[722].

Biens culturels[modifier | modifier le code]

Les biens culturels et historiques syriens ont énormément souffert de la guerre en cours. Des monuments, des musées et des sites remarquables ont été dévastés par les bombardements, les pillages et les travaux de retranchement. Des sites du patrimoine syrien ont été endommagés, parfois irrémédiablement. Selon les Nations unies, quatre de ces sites « sont utilisés à des fins militaires ou ont été transformés en champs de bataille » : Palmyre, le Krak des chevaliers, l’église Saint-Siméon-le-Stylite et la ville d’Alep (dont la citadelle)[723],[724].

En avril 2014, les grandes statues des lions Assyriens de Racca (Raqqua), vieilles de 2 700 ans, sont détruites par la rébellion. La ministre de la culture syrienne, Loubana Mchaweh, et le représentante du comité national de l'UNESCO en Syrie, Dr Nidhal Hassan, annoncent le lancement d'un site web pour l'authentification du patrimoine immatériel touché par la guerre en Syrie et la sauvegarde du patrimoine restant[725]

Une organisation (Syrian archaeological heritage under threat) tente de recenser les dommages et de réunir de moyens pour protéger et préserver les biens archéologiques et architecturaux menacés[726].

Diplomatie et réactions internationales[modifier | modifier le code]

Enjeux géopolitiques[modifier | modifier le code]

Pour l'islamologue Gilles Kepel, « la Syrie est la clef de voûte de tout le système moyen-oriental et s'articule aux deux enjeux essentiels qui caractérisent l'inscription du monde arabe dans l'univers : le conflit israélo-arabe et le pétrole ». Ainsi, le pays est l'otage d'enjeux qui le dépassent. Contrairement à ce qui s'est passé lors des autres printemps arabes, « au fur et à mesure du conflit, la Syrie devient le cadre dramatique dans lequel les pays du Golfe projettent leur volonté d'éjecter l'Iran de la scène politique régionale ». En appuyant Bachar el-Assad et en contrôlant le Hezbollah libanais, l'Iran dessine en effet « un axe d'influence majeur au sein de toute la sphère arabo-musulmane ». Les pays du Golfe, qui y voient une menace directe, aggravent la situation en finançant les groupes salafistes qui injectent dans la révolte syrienne un djihad sunnite, à la fois antichiite et anti-alaouite[727].

Selon Kepel, les dirigeants de l'ASL, « qui ne sont pas du tout des djihadistes mais des démocrates et des laïques », se trouvent confrontés à la fois « aux forces d'Assad, appuyées par les livraisons de matériel russe et [par] les Gardiens de la révolution iraniens, et aux salafistes, qui disposent, eux, de l'argent abondant du Golfe ». Pour affaiblir l'ASL et effrayer les minorités, Assad a délibérément encouragé la « djihadisation » du conflit. En l'absence d'évolution militaire décisive, la solution politique passerait par « des garanties offertes par l'ASL aux différentes communautés, afin de les assurer qu'elles ne feront pas l'objet d'une vengeance aveugle. En Syrie, il n'y a d'issue que politique, à travers un État démocratique et pluraliste »[727].

Selon Milad Jokar, analyste spécialiste de l'Iran et du Moyen-Orient, la guerre civile en Syrie est plus qu'un mouvement démocratique contre une dictature ou qu'une guerre civile entre l'opposition et le régime. « Il s'agit d'un conflit régional qui déborde chez les pays voisins, le tout entremêlé de conflits sectaires. La Syrie est devenue un théâtre de guerre dans lequel les puissances régionales tentent d'imposer leur influence et défendre leurs propres intérêts géostratégiques et économiques ». Selon lui, le départ de Bachar el-Assad « ne stoppera pas le bain de sang causé par cette guerre civile qui est alimentée principalement par le Qatar, l'Arabie saoudite et la Turquie d'un côté, et par l'Iran, la Russie et certains groupes irakiens chiites de l'autre »[728].

Pour Frédéric Pichon, l'ouverture économique du pays s'accompagne du passage d'un État qui défend durement sa laïcité vers un État qui laisse affluer les investissements du Qatar et de l'Arabie saoudite qui portent essentiellement vers les mosquées et l'influence religieuse. La chaîne de télévision qatarienne Al jazeera joue également un rôle essentiel dans la mondialisation de l'information arabe. Dès le début, le soulevement sera présenté comme un conflit confessionel entre chiites (ou alaouites) et sunnites[729].

Si les différents gouvernements européens appellent à la paix et la démocratie « d'un point de vue réaliste, il existe trois enjeux stratégiques principaux : l'isolement de l'Iran, le maintien de l'alliance stratégique et économique avec des alliés arabes comme le Qatar, et enfin […] les besoins énergétiques en gaz vers l'Europe »[728].

La rupture de « l'axe de résistance » chiite Irak-Syrie-Liban (avec le Hezbollah) contribuerait à l'affaiblissement de l'Iran et lui enlèverait des marges de manœuvre sur le nucléaire et dans ses relations avec Israël. Cette option est privilégiée par l'Europe et l'Arabie saoudite, le Qatar et les Émirats arabes unis. La position de certains pays européens, comme la France, la Grande-Bretagne, ou l'Allemagne, est en outre influencée par le poids qu'a acquis le Qatar dans leurs économies respectives. Le Qatar, un des principaux ennemis de l'Iran, partage avec ce dernier un des principaux champs gaziers du monde, le South Pars (iranien) / North Dome (qatari)[728].

Enfin, « l'Europe a des besoins énergétiques en gaz importants. Par conséquent, l'acheminement du gaz qatari vers l'Europe représente l'un des multiples enjeux géostratégiques de la crise syrienne ». L'Iran, l'Irak et la Syrie sont les promoteurs d'un projet de gazoduc qui acheminerait le gaz du Golfe Persique vers la Méditerranée et l'Europe. De son côté, le Qatar, tributaire de l'Iran pour l'exportation de son gaz naturel avait un projet de gazoduc Arabie saoudite-Jordanie-Syrie auquel Bachar al-Assad a préféré l'option iranienne. Dans les deux cas de figure, la Syrie est l'élément clé du dispositif[728].

D'après le géopoliticien français d'extrême droite[730] Aymeric Chauprade, la déstabilisation de la Syrie pourrait être le conflit le plus grave de tous les « printemps arabes » en termes de conséquences géopolitiques à l'échelle internationale[731]. D'après lui, la Syrie, État multiconfessionnel et multiethnique (le pays est composé notamment d'Arabes sunnites, d'Alaouites, de Kurdes, d'Arabes chrétiens, d'Arméniens et de Circassiens), et facilement proie aux divisions et aux affrontements internes, n'a pu maintenir son unité et sa stabilité que grâce au régime panarabiste baasiste, qui a tenu d'une main de fer le pays durant plus de quarante années et garanti la paix intérieure au prix de l'autoritarisme de l'exécutif[732]. L'effondrement du régime de Bachar El-Asad pourrait mener à une escalade militaire, et certaines franges des services armés américains redoutent une évolution incontrôlable de la situation, avec des retombées sur l'ensemble du Moyen-Orient, et plus largement du monde[733].

Le , le secrétaire général de l'Organisation des Nations unies Ban Ki-moon dénonce une « guerre par procuration entre grandes puissances[734]. »

Initialement, la Syrie est un enjeu d'une lutte géopolitique et énergétique entre deux camps :

Mais sur la durée, sous la pression des événements, le premier camp se fissure[735],[736].

Par ses nombreuses interventions extérieures et par son caractère religieux, la guerre civile syrienne est parfois comparée à la guerre de Trente Ans[737],[738].

Moyen-Orient[modifier | modifier le code]

Carte géo-militaire des pays voisins de la Syrie (en rouge).
En vert : pays appuyant officiellement l'opposition syrienne.
En bleu : pays soutenant le régime syrien.

L'hostilité marquée du Qatar et de l'Arabie saoudite envers la Syrie peut se lire dans le cadre de l'opposition traditionnelle entre un front sunnite et un front chiite représenté par l'Iran et la Syrie alaouite, mais aussi dans le cadre de leur proximité avec les États-Unis.

Dès la fin de l'année 2011, la Syrie accuse ces deux États de participer au financement et à l'armement des rebelles. Pour David Rigoulet-Roze, « [les monarchies du Golfe] et l'Iran, dont la rivalité est historique, se livrent une guerre par procuration en Syrie aujourd'hui. Les pays sunnites redoutent la constitution d'un croissant chiite, de l'Iran jusqu'à la Méditerranée avec le Hezbollah libanais, auquel la Syrie offre une continuité ». Le clivage religieux vient ici doubler un clivage géostratégique, notamment dans l'attitude face aux États-Unis. Cet antagonisme est confirmé par l'attitude du Hamas sunnite, qui en dépit de ces attaches avec le régime syrien[739] affirme rapidement son soutien au soulèvement[740],[741] et par l'attitude de Bahreïn, dictée par des raisons stratégiques.

La place de la Syrie est particulièrement importante dans l'eschatologie chiite : d'après Jean-Pierre Filiu, « c'est là que l'imam caché, le Mahdi, reviendra pour y terrasser le Sofyani, la figure maléfique qui se pare des habits de l'Islam pour mieux le pervertir » ; tandis que, dans la tradition sunnite, « Damas est [...] le lieu où Jésus/Issa, avant-dernier prophète de l'Islam, reviendra à la fin des temps pour affronter Al-Dajjal, l'Antéchrist ou faux prophète »[742].

Front chiite[modifier | modifier le code]

L'appui des forces étrangères chiites au gouvernement syrien monte progressivement en puissance au cours de la guerre civile.

Au printemps 2013, la bataille de Qousseir représente un tournant, les combattants venant d'Iran et du Hezbollah se montrant décisifs dans l'avancée des forces loyales au gouvernement syrien après le recul de l'été 2012[742]. Le discours des sunnites extrémistes à l'encontre des chiites se radicalise après cet épisode[743]. En juillet 2013, Selim Idriss, le commandant de l'Armée syrienne libre, déclare : « Le régime dispose du soutien d'environ 20 000 combattants étrangers. La plupart (15 000), sont des miliciens du Hezbollah. Les autres sont des Gardiens de la révolution iraniens, des houthis (secte chiite) du Yémen, des Irakiens ou des Afghans »[744]. Parmi les troupes soutenant le régime de Damas se trouve en effet une brigade de l'ethnie des hazaras d'Afghanistan (de confession chiite)[745]. Cette brigade, dite des « Fatimides », est active près d'Alep à la fin de 2015.

Rôle de l'Iran[modifier | modifier le code]

Le général iranien Qasem Soleimani joue un rôle de premier plan dans le soutien au régime de Bachar al-Assad.

L'appartenance de la famille el-Assad au groupe ethnique et religieux chiite des Alaouites a permis depuis plusieurs années un important rapprochement avec l'Iran. La Syrie est ainsi devenue le principal allié de Téhéran dans le monde arabe. Mais la nature du soutien de l'Iran à la Syrie dans le cadre de la guerre civile reste longtemps confuse. Dans un premier temps, Téhéran semble avant tout préoccupé de préserver ses intérêts dans la région en adoptant une attitude assez ambiguë. D'un côté, Téhéran prend quelques distances avec le gouvernement syrien en ouvrant le dialogue avec l'opposition syrienne[746]. De l'autre, il désapprouve les sanctions prises par la Ligue arabe, craignant que celles-ci n'attisent la violence, et ne débouchent ainsi sur une guerre civile[747].

Mais alors que l'Union européenne et de hauts responsables militaires américains ont accusé l'assistance iranienne, le commandant en second de la Force Al-Qods (milice des Gardiens de la révolution) reconnaît en juin 2012 que la République islamique a été présente en Syrie lors de la révolte, poussant le chef des forces armées iraniennes à assurer que l'aide était « uniquement logistique et morale »[748]. De son coté, l'Armée syrienne libre affirme avoir capturé des combattants iraniens en mars 2012[749], tandis que le ministre des affaires étrangères iranien admet en août 2012 que « des retraités des Gardiens de la révolution et de l'armée, mais aussi d'autres administrations » figuraient parmi 48 otages iraniens enlevés à Damas[750], précisant qu'ils étaient officiellement en pèlerinage[743]. Le même mois, le Guide suprême Ali Khamenei déclare : « La Syrie est notre première ligne de défense. Nous combattons là-bas pour notre propre compte. Nos ennemis viendront vers nous après la Syrie, et c'est pour les ralentir et résister à leurs plans que nous nous y battons »[751]. En septembre 2012, le commandant de la Force Al-Qods reconnaît la présence de certains de ses hommes en Syrie, en précisant qu'ils fournissent une assistance de nature « intellectuelle » et « financière » mais non militaire[752]. Cette déclaration est suivie d'un démenti du ministre iranien des affaires étrangères[753]. Le même mois, la diffusion d'une photo de la tombe de Moharram Tork, un gardien de la révolution « mort en martyr pour la patrie » à Damas, confirme que l'assistance iranienne est bien militaire.

Pour David Rigoulet-Roze, chercheur à l'Institut français d'analyse stratégique (IFAS), l'aide iranienne a d'abord été logistique avant de devenir militaire dès 2011 : l'Iran aurait alors envoyé des militaires, des gardiens de la révolution et des armes pour soutenir le gouvernement syrien, s'engageant même à un soutien « illimité » dans le cadre d'un accord de défense mutuelle après l'attentat ayant touché la cellule de crise syrienne le 18 juillet 2012[124]. D'après Jean-Pierre Filiu, « Téhéran a été contraint d'engager aussi directement ses clients et ses conseillers pour compenser le délitement des défenses gouvernementales depuis l'été 2012, face aux avancées révolutionnaires sur Damas et Alep. Ce contrôle opérationnel de l'Iran a été démontré avec éclat, en janvier, lorsque la libération de 48 ressortissants iraniens a été négociée par la guérilla syrienne en échange de plus de 2 000 prisonniers aux mains du régime Assad »[742]. Ce soutien militaire se renforce en juin 2013 lorsque l'Iran décide d'envoyer en Syrie un contingent de 4 000 soldats en appui aux troupes du président Bachar el-Assad. Selon The Independent : « Téhéran est complètement prêt à protéger le régime du président Bachar el-Assad et propose même d'ouvrir un front supplémentaire contre Israël sur le plateau du Golan »[754].

Par ailleurs, l'Iran a fourni une aide d'un milliard de dollars au gouvernement syrien pour contourner les sanctions internationales[755]. Le ministre iranien des affaires étrangères reconnait ce soutien économique en février 2013, précisant que son gouvernement fournit notamment de l'essence et du blé à la Syrie. En revanche, il déclare que « l'armée syrienne est suffisamment importante et n'a pas besoin de combattants étrangers »[756].

Après son élection à la présidence de la République islamique en juin 2013, Hassan Rohani proclame que « la crise syrienne doit être réglée par le peuple syrien. Nous sommes contre le terrorisme, la guerre civile et les interventions étrangères. J'espère qu'avec l'aide de tous les pays de la région et du monde, la paix et le calme reviendront en Syrie »[757]. Mais en novembre 2013, de courts extraits vidéo sont mis en ligne par des combattants rebelles de la brigade Daoud, montrant des soldats iraniens, à visage découvert, en train de se battre et de former les soldats syriens. Ils indiquent que « les Iraniens participent parfois aux combats, en menant des opérations de repérage, en tirant sur l'ennemi et en posant des mines »[758].

Peu à peu, l'Iran incite le régime syrien à protéger seulement les zones stratégiques du pays[759].

En juillet 2015, le général iranien Qasem Soleimani effectue une visite à Moscou alors que les rebelles progressent vers la côte, suscitant l'inquiétude des Russes. D'après l'agence Reuters, ce déplacement, précédé par des contacts à haut niveau entre Russes et Iraniens, est la première étape préparant l'intervention militaire de la Russie en Syrie[760].

En octobre 2015, il apparait que l'Iran engage un nombre croissant de ses soldats dans des batailles au sol, couvertes par l'aviation russe. D'après un « responsable américain », il y aurait environ 2 000 soldats iraniens engagés en renforts de l'armée syrienne contre les rebelles[761].

Front sunnite[modifier | modifier le code]

Les pays partenaires de la Ligue arabe.
Populations musulmanes membres de la Ligue arabe.
Les oléoducs et gazoducs du Moyen-Orient et du Proche-Orient (dont ceux de la Syrie) sont l'objet de nombre de convoitises. Le « front sunnite » défend ainsi ses intérêts économiques pétroliers et gaziers face à de nombreux autres intervenants non-sunnite.

Après une période d'indécision, plusieurs capitales arabes condamnent finalement le pouvoir syrien, se joignant aux pays occidentaux pour provoquer, le 22 août 2011, une session spéciale du Conseil des droits de l'homme de l'ONU[762],[763].

Le , la Ligue arabe (sauf l'Irak et le Liban) vote la « suspension de l'adhésion de la Syrie à toutes ses réunions » à compter du 16 novembre et prône des « sanctions politiques et économiques » contre le pouvoir syrien[764]. Le 7 mai 2012, les chefs de tribus se rencontrent à une conférence au Caire pour annoncer leur soutien à l'Armée syrienne libre et aux révolutionnaires en Syrie ; à la fin de la conférence les chefs de tribus arabes en Syrie annoncent la fondation d'un conseil politique, où toutes les tribus de Syrie sont représentées. Le 15 août 2012, le sommet islamique de La Mecque (Arabie saoudite) prononce la suspension de la Syrie de l'Organisation de la coopération islamique.

L'Arabie saoudite se distingue par des intérêts géopolitiques particuliers, plus précisément pétroliers : le royaume « prépare un projet de pipeline pour acheminer son pétrole vers la Turquie » et passant par la Syrie, ce qui lui permettrait d'éviter le détroit d'Ormuz contrôlé par l'Iran[743].

Le Qatar, qui s'oppose à Bachar el-Assad et soutient la rébellion, cherche lui aussi à s'affranchir du détroit d'Ormuz pour ses exportations de gaz et a élaboré en 2009 un projet de gazoduc terrestre allant du golfe Persique jusqu’à la Turquie et passant par l'Arabie saoudite, la Jordanie et la Syrie. Celui-ci serait relié à Nabucco, projet de pipeline européen dont l’objectif est d’alléger la dépendance des pays européens au gaz russe. Alors que le Qatar se rapproche dans un premier temps du régime de Bachar al-Assad dans cette perspective, ce dernier oppose finalement un refus au projet qatari qui aurait menacé son allié russe, au profit d'un projet de pipeline avec l’Iran et l’Irak, l’Islamic Gas Pipeline, qui serait relié au South Stream, le gazoduc russe. Le chercheur David Rigoulet-Roze souligne ainsi « l’intérêt du Qatar à un changement de régime à Damas. Il est évident que si le régime de Bachar el-Assad tombe et qu’il est remplacé par un gouvernement de Frères musulmans, ce dernier sera sensible aux demandes de ceux qui les ont aidés à accéder au pouvoir »[765].

Le roi sunnite de Bahreïn Hamed ben Issa al-Khalifa, qui vient de réprimer la contestation massive dans son propre pays, apporte son soutien au gouvernement syrien[766].

Égypte[modifier | modifier le code]

En février 2012, le chef de la diplomatie égyptienne Mohamed Kamel Amr se prononce pour un règlement pacifique du conflit syrien, une prise en compte des exigences du peuple et une cessation immédiate des violences dans le pays, rejetant toute ingérence extérieure[767],[768].

En septembre 2012, le président égyptien Mohamed Morsi affirme qu'« il ne faut pas perdre de temps à parler de réforme » et que le président Bachar el-Assad « ne sera pas là pour longtemps »[769], ce à quoi réagit le ministère des affaires étrangères syrien en accusant l'Égypte d'ingérence[770] ; mais le même mois, Morsi s'oppose, devant l'Assemblée générale de l'ONU, à une intervention militaire étrangère[771]. Il annonce finalement en juin 2013 avoir rompu « définitivement » les relations avec le régime en place en Syrie[772].

Le 3 octobre 2015, le ministre égyptien des Affaires étrangères Sameh Choukry salue la campagne de bombardements russes en Syrie qui va, d'après lui, « avoir pour effet de contenir et éradiquer le terrorisme » dans le pays. Ces propos témoignent, pour Le Monde, « du réchauffement des relations entre Le Caire et Moscou », alors que l'Égypte s'était « jusque-là efforcée de ne pas soutenir publiquement Bachar Al-Assad pour ne pas froisser l’un de ses principaux alliés, l’Arabie saoudite »[773].

Turquie[modifier | modifier le code]

Lors de la guerre, la Turquie est gouvernée par le premier ministre Recep Tayyip Erdoğan. Hostile au régime syrien, le pays laisse sa frontière ouverte aux djihadistes[774].

Le 11 décembre 2013, les médias turcs, citant des documents de l'ONU et du gouvernement, affirment que depuis juin 2013, la Turquie avait envoyé 47 tonnes d'armes aux rebelles[775].

En 2014, la Turquie est également accusée par certains mouvements politiques et des journalistes de soutenir l'État islamique. Selon Daniel Pipes, journaliste américain pour le Washington Times : « En réalité les Turcs ont offert bien plus qu'un passage aisé de la frontière : ils ont fourni le gros des fonds, de la logistique, de l'entraînement et des armes de l'EIIL. Les Turcs résidant non loin de la frontière syrienne parlent d'ambulances turques se rendant dans les zones de combats entre les Kurdes et l'EIIL pour évacuer les blessés de l'EIIL vers des hôpitaux turcs »[776]. En Turquie, le Parti républicain du peuple accuse également le gouvernement de soutenir l'EI[777]. Recep Tayyip Erdoğan nie cependant toute alliance avec les groupes armés islamistes en Syrie et en Irak[778].

Selon Jean Marcou, directeur des relations internationales de l’Institut d’études politiques de Grenoble, chercheur associé à l'Institut français d’étude anatolienne d’Istanbul, la position de la Turquie évolue à l'été 2014 : « Il y a eu effectivement un laissez-faire, voire finalement un certain soutien, avec l’idée que tout ce qui pouvait faire tomber le régime de Bachar el-Assad, était bon à prendre. Mais très nettement, depuis le début de cette année, il y a une volonté d’enrayer ce processus ». L'État islamique est alors en pleine expansion et des dizaines de ressortissants turcs sont pris en otages par l'EI après la bataille de Mossoul. À cette période, le pays accueille également 1,5 millions de réfugiés syriens, dont 60 000 enfants nés en Turquie dans les trois premières années du conflit[779]. Parallèlement, les victoires militaires successives de l'État Islamique à la frontière turque oblige le gouvernement à déployer 54 000 hommes pour limiter l'incursion de combattants étrangers[780].

Union européenne[modifier | modifier le code]

Dès le mois de mars 2011, l'Union européenne (de concert avec le Canada, et les États-Unis) a condamné les violences[781],[782],[783].

L'Union européenne a pris des sanctions à plusieurs reprises contre la Syrie. Tout au long du mois d'août 2011, Catherine Ashton, chef de la diplomatie européenne, a annoncé une série de sanctions contre la Syrie. Une vingtaine de personnes faisant partie du gouvernement syrien ont été interdites de visa et ont vu leurs avoirs gelés. Cinq entreprises militaires impliquées dans les violences sont interdites de relations commerciales. Un embargo de l'UE sur les exportations de pétrole syriennes est également instauré[784],[785],[786]. Plusieurs États de l'UE rappellent leurs ambassadeurs à Damas.

France[modifier | modifier le code]

Dès le début du conflit, la diplomatie française s'illustre par son caractère très offensif contre le régime de Damas[787]. Le , le ministère des Affaires étrangères français appelle le gouvernement syrien à « renoncer à tout usage excessif de la force » et condamne « les violences qui font des morts et des blessés ». Il invite également le président Bachar el-Assad à engager des réformes politiques. La France se joint à la demande du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme de « procéder à une enquête transparente sur les événements » des jours précédents[788]. Le 17 novembre 2011, la France rappelle son ambassadeur français en Syrie, Éric Chevallier, à Paris et ferme les consulats généraux d'Alep et de Lattaquié[789]. Le , Alain Juppé, ministre français des affaires étrangères dénonce « l'obstination criminelle de gouvernements archaïques » et la fuite en avant du gouvernement syrien qui s'« enfonce dans une répression toujours plus sanglante, dans une violence toujours plus barbare »[790].

En août 2012, s'exprimant au sujet du régime syrien, Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères, déclare que « Bachar el-Assad ne mériterait pas d’être sur la terre »[791] le qualifiant également de « bourreau »[792]. En mars 2013, il déclare que la France et la Grande-Bretagne pourraient livrer des armes aux rebelles syriens sans accord de l'UE[793],[794]. L'objectif français serait notamment de fournir des missiles sol-air pour contrer les attaques de l'armée syrienne[795]. Cette position est critiquée par un certain nombre de spécialistes de la région et du conflit, comme susceptible d'alimenter le conflit[796]. Fin août 2013, l'engagement français est tel que François Hollande prépare des frappes aériennes directes contre le régime syrien. Ces bombardements sont annulés au dernier moment faute du soutien de Barack Obama[797].

Décrite comme « un mélange d'indignation morale, d'agressivité verbale et d'impuissance militaire », l'attitude du ministère des Affaires étrangères français a pour conséquence que la France est l'un des pays ayant le plus perdu sur le plan diplomatique dans ce conflit[798], résultat que Bernard Squarcini désigne sous le terme de « fiasco politico-médiatique »[799].

États-Unis[modifier | modifier le code]

Aide militaire aérienne (avion Globemaster III C-17) des États-Unis en appui des forces de l'opposition syrienne, le 4 juin 2013.

Le 10 août 2011, le gouvernement américain prend des sanctions économiques contre les sociétés de télécommunication syriennes et les banques liées à Damas. Ces sanctions empêchent les citoyens américains de mener des affaires avec la Banque commerciale de Syrie, la Banque syrienne libanaise commerciale ou Syriatel. Les avoirs de ces sociétés situés aux États-Unis sont gelés[800]. Dans une déclaration publiée le 18 août 2011, le président Obama dit explicitement pour la première fois que Bachar el-Assad devrait démissionner : « Le futur de la Syrie doit être déterminé par son propre peuple, mais le président Bachar el-Assad s'est mis en travers… Pour le bien du peuple syrien, le moment est venu pour le président Assad de s'éloigner. » Il a condamné à nouveau la répression, mais répété que les États-Unis n'interviendraient pas dans les affaires syriennes au-delà des pressions politiques et économiques pour qu'Assad quitte le pouvoir. Le même jour, Hillary Clinton a annoncé un embargo total sur les importations de pétrole et de produits pétroliers syriens aux États-Unis[801].

Le 11 décembre 2013, les États-Unis et le Royaume-Uni annoncent leur décision de suspendre l'aide « non létale » aux rebelle, de peur qu'elle ne tombe entre les mains des djihadistes[802].

Le 15 mars 2015, le secrétaire d'État américain John Kerry déclare lors d'un entretien que les États-Unis, afin de trouver une solution diplomatique au conflit, allaient négocier avec Bachar el-Assad signant un tournant de la politique américaine dans le conflit syrien[803],[804].

L'Administration Obama met en place un programme de formation et d'équipement de rebelles syriens modérés avec pour objectif d'entraîner 5 000 rebelles par an. Cependant le 7 juillet 2015, Ashton Carter, secrétaire américain à la Défense déclare devant le Sénat que seulement 60 hommes ont été formés à cette date[805]. Quelques jours plus tard, 54 rebelles avec 30 véhicules entrent en Syrie depuis la Turquie mais le 29 juillet, un chef d'unité et sept de ses hommes sont enlevés par le Front al-Nosra près d'Azaz[806],[807],[808].

Russie et Chine[modifier | modifier le code]

La Russie et la Chine s'opposent à toute résolution ou sanction contre la Syrie, ce qui pourrait entre autres s'expliquer par des raisons intérieures (craintes de voir le Printemps arabe faire tache d'huile chez eux[809],[810]), pour des raisons de principes (ces deux pays sont traditionnellement opposés à tout droit d'ingérence[809],[810]), ou encore pour des raisons d'intérêts :

  • la Russie est notamment le premier fournisseur d'armes de la Syrie, qui reste le seul allié de Moscou dans la région, y compris du point de vue militaire grâce à la base navale de Tartous : c'est la dernière qui, en Méditerranée, accueille encore en permanence des navires de la flotte militaire russe[811],[812],[809],[810] ; la Russie prétend néanmoins ne livrer que des armes de défense anti-aérienne à la Syrie, affirmant même en juillet 2012 qu'elle ne conclurait plus de nouveaux contrats d'armement avec la Syrie avant la stabilisation de la situation[813] ; les Russes redoutent plus globalement une perte de débouchés commerciaux en Syrie, mais aussi une montée islamiste liée à la formation d’un front panislamique qui s’étendrait du Caucase aux frontières orientales de la Communauté des États indépendants et de l'Asie centrale, ainsi qu'un affaiblissement de l'Iran dans l'équilibre géopolitique du Moyen-Orient ; enfin, ils s'affichent en protecteurs de la communauté chrétienne en Syrie, en grande majorité orthodoxe et liée à l'Église moscovite[814] ;
  • la Chine s'aligne sur les positions russes en espérant tout simplement obtenir en retour un soutien de Moscou lorsque les intérêts chinois sont également menacés, notamment en cas de volonté d'ingérence occidentale dans ses affaires intérieures (par exemple au Tibet, ou dans le Xinjiang)[810] et par peur de la contagion de telles révoltes populaires[815].

Ces deux pays ont notamment boycotté en juin 2011 les discussions à l'ONU destinées à établir un projet de résolution condamnant la répression en Syrie[816]. Moscou se déclare par la suite opposé aux sanctions prises par l'Union européenne au cours du mois d'août[817]. Début octobre 2011 à l'ONU, Russes et Chinois opposent leurs vétos à un projet de résolution concernant la Syrie, puis l'opposent une seconde fois en février 2012[818].

Alors qu'une demande d'intervention de la Turquie par des réfugiés syriens se fait de plus en plus pressante, la Russie prévoit en retour de déployer une importante flotte militaire dans les eaux territoriales syriennes pour empêcher une éventuelle attaque de l'OTAN[819],[820]. Le 20 mars 2012, Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères annonce que la Russie est prête à soutenir une déclaration du Conseil de sécurité de l'ONU appuyant la mission en Syrie de Kofi Annan sous condition que celle-ci « ne constitue pas un ultimatum »[821]. Le 5 juin 2012, son vice-ministre Guennadi Gatilov affirme n'avoir « jamais dit ou posé comme condition qu'Assad devait nécessairement rester au pouvoir à la fin du processus politique », ce qui constitue un premier signe de changement de position de la Russie, devant la répétition de massacres. Le 25 juin 2012, la crise prend une tournure plus internationale lorsque la défense anti-aérienne syrienne abat un F-4 Phantom de la Force aérienne turque effectuant un vol d'entraînement au-dessus des eaux syriennes. Les autorités syriennes arguent que le chasseur avait violé l'espace aérien syrien et menacent de détruire les équipages partis à la recherche des débris de l'aéronef[822]. Le lendemain la Turquie demande à Bruxelles une réunion de crise des 28 ambassadeurs de l'OTAN. À l'issue de cette réunion la solution de représailles militaires contre le régime syrien n'était pas retenue d'actualité comme l'a confirmé le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu[823]. Sur le plan financier, la Russie a envoyé des tonnes de billets de banque à la Syrie. L'impression de la monnaie syrienne était initialement dévolue à une banque autrichienne mais elle fut stoppée à cause des sanctions occidentales[824].

À l'été 2015, la Russie intensifie son aide au régime syrien, notamment par la livraison de blindés et d'avions (des Su-24, Su-25, ainsi que des avions de reconnaissance[825],[826]), et renforce les garnisons russes à Lattaquié et Tartous[827],[828]. À partir du 30 septembre 2015, l'intervention militaire de la Russie prends la forme d'une intense campagne de bombardements en aide au régime syrien.

Autres pays d'Asie[modifier | modifier le code]

L'Inde et la Corée du Nord sont favorables à une résolution du conflit par un dialogue entre Syriens. Le Bangladesh s'aligne sur la position de la fédération de Russie[829]. Dès , la Turquie condamne les violences[830].

En novembre 2013, le Jerusalem Post indique que des pilotes d'hélicoptères nord-coréens opèrent en Syrie « pour le compte du régime de Bachar el-Assad », information corroborée selon le journal par l'Observatoire syrien des droits de l'homme. Mais la Corée du Nord dément apporter une quelconque aide militaire au gouvernement syrien de Bachar el-Assad, avec lequel elle entretient des relations de longue date[831].

Amérique du Sud[modifier | modifier le code]

Le président vénézuélien, Hugo Chávez, a apporté son soutien à son « ami » Bachar el-Assad, et l'a décrit comme « un humaniste »[832]. Après la mort de Chavez, le gouvernement vénézuélien fait le choix de se déclarer neutre en ce qui concerne la suite de la guerre civile syrienne, ne soutenant plus ni Bachar el-Assad, ni la rébellion et, se rangeant derrière l'ONU et la Ligue Arabe, recommande des élections démocratiques[réf. nécessaire].

D'autres pays, comme le Brésil, soutiennent une position en faveur du dialogue avec le gouvernement du président Bachar el-Assad[833]. La Bolivie soutient une solution pacifique sans intervention étrangère[834].

Vatican[modifier | modifier le code]

Le Saint-Siège a plusieurs fois appelé à l'arrêt des violences en interpellant aussi bien les parties impliquées que la communauté internationale ainsi que les leaders religieux et les croyants des différentes religions[835],[836]. Et, alors que l'ONU décide de retirer ses observateurs, le 16 juin[837],[838], le Saint-Siège a réitéré ses appels en demandant à ce que la Syrie ne soit ni abandonnée ni oubliée[839]. Ce même jour, l'agence Fides, de la Congrégation pour l'évangélisation des peuples, a relayé l'appel d'environ 800 civils musulmans et chrétiens de Homs pris au piège[839]. Information reprise dans les médias occidentaux[837],[838].

Le , lors de sa bénédiction Urbi et Orbi, le pape Benoît XVI a appelé à prier pour la paix en Syrie et réaffirmé son opposition au bellicisme des pays occidentaux[840].

Le , une journée de jeûne et de prières est décrétée par le pape François à travers le monde, afin d'empêcher les éventuelles frappes punitives internationales et de prier pour la paix et des solutions de négociations diplomatiques en Syrie, le , au cours de l'audience générale, celui-ci a lancé un appel pour la réussite de la Conférence internationale de soutien à la paix en Syrie qui s’est ouverte à Montreux en Suisse. Il explique sa prière pour que seul le bien du peuple Syrien soit recherché, et aussi que « Je souhaite à la chère nation syrienne, a encore ajouté le Pape, un chemin déterminé de réconciliation, d’entente et de reconstruction avec la participation de tous les citoyens, afin que chacun puisse trouver dans l’autre non pas un ennemi, non pas un concurrent, mais un frère à accueillir et embrasser. »[841].

Nations unies[modifier | modifier le code]

Les 7, 20 et , le secrétaire général Ban Ki-moon appelle à mettre un terme à la répression[842],[843],[844].

Le , le Conseil de sécurité condamne la répression menée par les autorités syriennes[845], ainsi que les « violations généralisées des droits de l'homme et l'emploi de la force contre des civils » par les autorités syriennes[846].

Le 5 août 2011, des experts de l'ONU exhortent la Syrie à cesser la répression contre les civils[847].

Le 5 octobre 2011, puis le 4 février 2012, la Chine et la Russie opposent par deux fois leur veto à une résolution de l'ONU condamnant la répression en Syrie[848],[849].

En février 2012, alors que plusieurs villes sont bombardées par l'armée syrienne, Ban Ki-moon, déclare que la répression contre les opposants est « presque certainement un crime contre l'humanité »[850].

Le , Kofi Annan est nommé émissaire conjoint de l'Organisation des Nations unies et de la Ligue arabe sur la crise en Syrie[851]. Il démissionnera en juillet 2012, face à la mésentente entre les 5 membres permanents du conseil.

Le 20 mars 2012, Ban Ki-moon déclare, lors d'une conférence de presse à Bogor, que « La situation en Syrie est devenue intolérable et inacceptable ». Il ajoute que « La communauté internationale doit s'unir. Ce n'est pas parce que nous ne sommes pas capables d'avoir une résolution à l'ONU qu'il faut que la souffrance de la population syrienne continue. Il s'agit de la responsabilité morale et politique de la communauté internationale »[852].

Fin mai 2012, le massacre de Houla suscite une condamnation unanime du régime de Damas par le conseil de sécurité, cependant Russie et Chine maintiennent leur veto face aux projets de résolution du Conseil de sécurité contre le régime syrien.

Le 15 août 2012, une commission d'enquête des Nations unies conclut que les forces gouvernementales syriennes et les milices chabihas ont commis des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité, notamment des meurtres et des actes de torture[853]; elle incrimine également les insurgés, quoiqu'à un degré moindre.

« Conférence internationale des amis de la Syrie »[modifier | modifier le code]

Le se tient en Tunisie la première Conférence internationale des amis de la Syrie, regroupant une soixantaine de délégations occidentales et arabes qui souhaitent voir condamner fermement le régime syrien. Elle se réunit pour la troisième fois à Paris le , avec 106 pays participants qui se heurtent toujours au refus de la Chine et la Russie d'infliger des sanctions à la Syrie. Elle se réunit pour la cinquième fois à Amman, en Jordanie, le [854], et pour la sixième fois à Doha, au Qatar, le [855], avec, chaque fois, 11 pays participants.

Conférence « Genève 2 » sur la Syrie[modifier | modifier le code]

Fin 2013, les Nations unies soutiennent la mise en place d'une conférence diplomatique internationale sur le futur de la Syrie. Baptisé « conférence Genève II sur la Syrie»[856], « Conférence de paix au Moyen-Orient Genève II » ou simplement « Genève 2 », le processus a pour objectif de mettre fin au conflit en amenant les belligérants à la table des négociations[857],[858] avec pour objectif avoué de négocier la création d'un gouvernement de transition doté de tous les pouvoirs exécutifs[859].

La conférence débute le 22 janvier 2014 à Montreux et se poursuit, du 23 au 31 janvier 2014, à Genève (Suisse)[Note 2], à un moment ou le régime syrien a repris l'avantage militaire sur les rebelles. En l'absence de résultats tangibles, un second round a lieu à partir du 10 février et les travaux sont suspendus le 15 février 2014[860]. Un troisième round de négociations est prévu[861].

Conférence de Munich du 11 février 2016[modifier | modifier le code]

Cette réunion se tient à Munich les 11 et 12 février 2016 à l'invitation du ministre allemand des Affaires étrangères, Frank Walter Steinmeier, et réunit le secrétaire d'État américain John Kerry et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, avec l'envoyé spécial de l'ONU pour le règlement du conflit en Syrie, Staffan de Mistura, des représentants du groupe international de soutien à la Syrie, et des représentants des pays impliqués[862]. Cette réunion a lieu alors que l'avancée - confirmée depuis janvier 2016 et surtout la levée du siège de Nobl et Zahraa (encerclées depuis 2012) début février[863] - des hommes de l'armée arabe syrienne, aidée par l'aviation russe et des brigades chiites irakiennes et afghanes, continue à changer le rapport de forces sur le terrain, la route de ravitaillement brigades rebelles vers Tell Rifaat, Azaz et la frontière turque est coupée par l'armée gouvernementale. Cette réunion aboutit à un accord sur l'approvisionnement humanitaire de plusieurs zones touchées par les combats et à l'étude d'un cessez-le-feu le 1er mars 2016. Cela signifie que d'ici-là l'aviation russe ne doit viser que les organisations listées terroristes par les Nations unies, soit le Front al-Nosra et l'État islamique[864]. Les deux grandes puissances, les États-Unis et la Russie, se sont en outre entendues sur le fait que la Syrie et les représentants de son opposition doivent s'accorder sur « consentement mutuel », ce qui anéantit la position de Laurent Fabius[865] posant le départ de Bachar Al-Assad comme « préalable » à un règlement du conflit. D'autre part, cet accord confirme la place de la Russie et des États-Unis devant tous les autres acteurs (et en particulier devant l'Union européenne, la Turquie ou les pays du Golfe et de la Ligue arabe), pour arriver à une solution pacifique de cette guerre[réf. nécessaire].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Sir Desmond de Silva QC, ancien procureur général de la Cour spéciale pour la Sierra Leone, Sir Geoffrey Nice QC, ancien procureur au procès de Slobodan Milosevic, et le Professeur David Crane, qui a mis en accusation le président Charles Taylor.
  2. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, au moins 1 870 personnes seraient mortes, victimes des affrontements, pendant les 9 jours qu'a duré la conférence. At least 1,870 die during Geneva talks, dailystar.com, 1er février 2014.

Références[modifier | modifier le code]

  1. en.wikipedia.
  2. Des chiites irakiens combattent en Syrie pour Assad et l'Iran|, Nouvel Observateur, 16 octobre 2012.
  3. a et b The Shabiha Militia in Syria, worldpress.org, 30 mai 2012.
  4. Executions Reported as Syria Civilian Crisis Looms, The Wall Street Journal, 1er août 2012.
  5. Sources to Al Arabiya: 30 Hezbollah bodies arrive to Lebanon from Syria, freenewspos.com, 29 avril 2013.
  6. Un assassinat confirme le soutien de Téhéran à Damas, lefigaro.fr, 15 février 2013.
  7. Syria bomb blast kills Hezbollah operative, guardian.co.uk, 2 octobre 2012.
  8. L'armée syrienne en proie au doute, FranceTVinfo, 16 octobre 2012.
  9. Syrie : quel est l'arsenal de Bachar Al-Assad ?, rfi.fr, 31 août 2013.
  10. Syrie: Bachar el-Assad subit-il un «retour de bâton»?, RFI, 27 juillet 2015.
  11. Syria's Alawite Force Turned Tide for Assad, The Wall Street Journal, 26 août 2013.
  12. Ignace Dalle et Wladimir Glasman, Le cauchemar syrien, p. 261
  13. Syrian war widens Sunni-Shia schism as foreign jihadis join fight for shrines, theguardian.com, 4 juin 2013.
  14. Le Hezbollah, arbitre de la guerre en Syrie, lacroix.com, 14 novembre 2013.
  15. Rana Moussaoui, Avancée de l'EI en Syrie malgré les raids russes et de la coalition, AFP, 9 octobre 2015.
  16. (en)Freedom fighters ? Cannibals'? The truth about Syria’s rebels, The Independent, 17 juin 2013.
  17. Syrie: le Front islamique dévoile son programme politique, rfi.fr, 27 novembre 2013.
  18. a, b, c, d et e En Syrie, sept groupes armés constituent un Front islamique, L'Humanité, 26 novembre 2013.
  19. Julien Abi Ramia, Caroline Hauyek, Lina Kennouche, Samia Medawar et Anthony Samrani, Syrie : qui combat qui, et où, OLJ, 17 octobre 2015.
  20. Georges Malbrunot, Modérés, salafistes, terroristes... Qui sont les insurgés syriens, Le Figaro, 31 janvier 2016.
  21. Kurdish militia has 35,000 fighters: spokesman, The Daily Star, 27 décembre 2013.
  22. a et b Moyen-Orient, Kurdistan(s), une nation, des états ?, numéro 26, avril-juin 2015, p. 43.
  23. Irak: la ville de Falloujah conquise par les islamistes, L'Humanité, 4 janvier 2014.
  24. a et b De la désaffiliation de l'État islamique à al-Qaïda, Huffington Post, 8 octobre 2013.
  25. L'Obs avec AFP : 7 questions sur cet "Etat islamique" qui sème la terreur
  26. Le Figaro avec AFP et Reuters : État islamique : un djihadiste parlant français dans une vidéo d'assassinat
  27. Hélène Sallon, Sur la piste du fief de l’Etat islamique, Le Monde, 15 septembre 2015.
  28. a et b AFP : Syrie: les combattants de l'État islamique ont dépassé les 50 000
  29. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q et r About 20 millions and half killed, and wounded since the beginning of the Syrian Revolution, OSDH, 16 octobre 2015.
  30. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j [vidéo] Four Years Harvest the Highlights of Human Rights Violations in Syria, SNHR, 19 mars 2015.
  31. a et b Alarmed by Continuing Syria Crisis, Security Council Affirms Its Support for Special Envoy’s Approach in Moving Political Solution Forward, un.org, 17 août 2015.
  32. a et b Report on Syria conflict finds 11.5% of population killed or injured, The Guardian, 11 février 2016.
  33. a et b Hugh Naylor, Iranian media is revealing that scores of the country’s fighters are dying in Syria, The Washington Post, 27 novembre 2015.
  34. Syrie : un rapport impute à Damas des massacres à grande échelle', Le Point, 21 janvier 2014.
  35. Syrie: les Kurdes ont pris 5 villes, 6 districts et plus de 120 villages Maxime Azadi, Médiapart, 27 décembre 2013.
  36. a et b ANHA : YPG releases statement on the clashes in 2014
  37. a et b Balance of the War Against Hostile Groups in Rojava, Northern Syria: Year 2015, YPGRojava, 1er janvier 2016.
  38. a et b Syrie: 3.000 personnes exécutées par l'EI en 1 an, Le Figaro avec AFP, 28 juin 2015.
  39. Douglas Little, Professor, Department of History, Clark University. Cold War and Covert Action: The United States and Syria, 1945–1958. Middle East Journal, 1990, vol. 44, no 1.
  40. Douglas Little, Professor, Department of History, Clark University. 1949–1958 : Syria: Early Experiments in Cover Action.
  41. Michel Mourre, Dictionnaire de l'histoire, article Syrie. Larousse, 2001. ISBN 2-03-505169-X.
  42. Syria Profile, BBC, 13 septembre 2013.
  43. Syria escalates attacks against demonstrators, Scott Wilson, The Seattle Times, 25 avril 2011.
  44. Protests in Syria Pose Challenges for the U.S. NPR, 13 avril 2011.
  45. Asma al Assad, a « desert rose » crushed by Syria's strife, Maria Golovnina, Reuters, 19 mars 2012.
  46. No Room to Breathe : State Repression of Human Rights Activism in Syria. Human Rights Watch, octobre 2007, vol. 19 no 6, p. 8–13.
  47. Syria Smothering Freedom of Expression : the detention of peaceful critics. Amnesty International, 5 juillet 2011.
  48. Liam Stack, David Goodman, Syrian Protesters Clash With Security Forces New York Times, 1er April 2011.
  49. Alan George. Syria : Neither Bread nor Freedom. Zed Books, New York, NY, 2003, p. 56-58. ISBN 1-84277-213-9.
  50. a, b, c et d L’insurrection syrienne et la guerre des cartes, Orient XXI, octobre 2013.
  51. La situation de la mosaïque religieuse en Syrie. La Croix, 9 novembre 2012.
  52. La structure confessionnelle de la population syrienne dans « Annales de Géographie », 1955, Étienne de Vaumas sur Persée
  53. Où en est la Syrie ?, Rapport de groupe interparlementaire d'amitié no 76, 11 octobre 2007 Sénat français
  54. Ce que la démographie nous dit du conflit syrien sur Slate
  55. Tom Heneghan, Syria's Alawites are secretive, unorthodox sect. Reuters, 23 décembre 2011.
  56. washingtoninstitutemap.
  57. Syrian Crisis Tests the Mettle of Its Autocratic Ruler. Robert F. Worth. The New York Times, 24 avril 2011.
  58. a et b Syria Kurd leader vows to keep up democracy struggle. Reuters, 7 April 2011.
  59. US will not intervene in Syria as it has in Libya, says Hillary Clinton. The Guardian 27 mars 2011.
  60. Rebels in Syria's largest city of Aleppo mostly poor, pious and from rural backgrounds. Fox News Channel, Associated Press, 16 octobre 2012.
  61. Suzanne Saleeby, Sowing the Seeds of Dissent: Economic Grievances and the Syrian Social Contract's Unraveling. Jadaliyya, 16 février 2012.
  62. Youth Exclusion in Syria : Social, Economic, and Institutional Dimensions. Journalist's Resource.
  63. Stéphane Foucart, « La thèse qui associait sécheresse et guerre syrienne », sur Le Monde,‎ (consulté le 12 septembre 2015)
  64. Jean-Marie Pottier, « Le changement climatique a-t-il eu une influence sur la guerre en Syrie? », sur Slate,‎ (consulté le 12 septembre 2015)
  65. World Report 2010 Human Rights Watch World Report 2010, p. 555.
  66. Syria's Assad vows to lift emergency law by next week. Reuters, 16 avril 2011.
  67. Syrian human rights record unchanged under Assad, report says. Ian Black, The Guardian, 16 juillet 2010.
  68. Syrie - Rapport 2009 d'Amnesty International.
  69. Human Rights Watch World Report 2005 Events of 2004. Human Rights Watch 2005. ISBN 1-56432-331-5.
  70. Stateless Kurds in Syria granted citizenship. CNN, 7 avril 2011.
  71. James Brandon, The PKK and Syria's Kurds. Terrorism Monitor, The Jamestown Foundation, Washington, DC. Vol. 5, no 3, 21 février 2007.
  72. Kurdish agony – the forgotten massacre of Qamishlo Ami Isseroff. MideastWeb, 24 mars 2004
  73. a et b Syrie : chronique d'une impossible révolution Twitter », Saena Sadighiyan, Nicolas Brien, Rue89, 19 mars 2011.
  74. [1], mai 1982
  75. Les Kurdes du PKK à l'offensive contre le régime de Damas, Le Monde, 23 juillet 2012.
  76. Message des Patriarches aux croyants et à leurs concitoyens syriens.
  77. Syrie: les chrétiens fuient Homs pour célébrer Noël dans la montagne, 20minutes.
  78. Pour Assad, la Syrie affronte « une guerre venue de l'étranger » Le Monde, 3 juin 2012.
  79. Interview de Bashar el-Assad par Al-Manar.
  80. Syrie : une élection pour empêcher toute transition. Le Monde, 3 juin 2014, p. 5.
  81. Bachar el-Assad réélu président de la Syrie, lefigaro.fr, 5 juin 2014.
  82. Military Balance 2013 Press Statement, iiss.org, 14 mars 2013.
  83. a et b Christopher Kozak, The Assad Regime Under Stress: Conscription and Protest among Alawite and Minority Populations in Syria, Institute for the Study of War Syria Updates, 15 décembre 2014.
  84. a et b « Insight : Battered by war, Syrian army creates its own replacement », Reuters,‎ (lire en ligne)
  85. Michael Weiss, « Rise of the militias », NOW.,‎ (lire en ligne)
  86. « Syria's Alawite Force Turned Tide for Assad », Wall Street Journal,‎ (lire en ligne)
  87. « Syria’s civil war : The regime digs in », The Economist,‎ (lire en ligne)
  88. Adam Heffez, « Using Women to Win in Syria », Al-Monitor (Eylül),‎ (lire en ligne).
  89. Berman Asher, « Criminalization of the Syrian Conflict », Institute for the Study of War (consulté le 27 octobre 2012).
  90. a et b The Syrian Shabiha and Their State, Yassin al-Haj Salih, Heinrich Boell Foundation, 3 mars 2014.
  91. Esther Adorno, « The Two Homs », Harper's Magazine,‎ (consulté le 22 septembre 2012).
  92. Armored Syrian forces storm towns near Turkey border, Khaled Yacoub Oweis, Reuters, 15 septembre 2011.
  93. « Bashar Al-Assad's transformation », Saudi Gazette,‎ (consulté le 6 juillet 2012)
  94. Oliver Holmes, « Assad's Devious, Cruel Plan to Stay in Power By Dividing Syria — And Why It's Working », TNR,‎ (lire en ligne)
  95. a et b Analysis : Assad retrenches into Alawite power base, Reuters, 4 mai 2011.
  96. Uprising finally hits Syria's Silk Road city, Khaled Yacoub| Oweis, Reuters, 3 février 2012.
  97. « Iran and Hezbollah build militia networks in Syria », officials say, The Guardian, 12 février 2013.
  98. Pro-Assad militia now key to Syrian government’s war strategy. The Miami Herald. 19 février 2013.
  99. « U.S. blacklists al-Nusra Front fighters in Syria », CNN,‎ (lire en ligne)
  100. La défection du général Manaf Tlass, coup dur pour le régime syrien Le Monde, 7 juillet 2012.
  101. Nouvelle défection pour Assad, Le Monde, 11 juillet 2012.
  102. Décompte au 17 juillet 2012. De nouvelles défections en Syrie, dépêche AFP sur le site du Figaro, 17 juillet 2012.
  103. [2], Le Monde 6 août 2012.
  104. Après les militaires, les diplomates syriens tentés par la défection, Ignace Leverrier, Le Monde - 16 août 2012.
  105. Le régime syrien aidé par l’Iran, article sur le site lemonde.fr, daté du 16 septembre 2015.
  106. Frappes russes en Syrie : les visites du major-général iranien Qassem Soleimani à Moscou, article sur le site lemonde.fr, daté du 7 octobre 2015.
  107. Deux généraux iraniens tués en Syrie, article sur le site lemonde.fr, daté du 10 octobre 2015.
  108. La Syrie et ses alliés préparent une offensive contre les rebelles, RFI, 15 octobre 2015.
  109. Un général iranien tué près d’Alep, en Syrie, article sur lemonde.fr, daté du 9 octobre 2015.
  110. « Syrie: deux hauts gradés iraniens tués », sur Le Figaro (consulté le 14 octobre 2015)
  111. Le Hezbollah a partie liée avec la Syrie d'Assad, Le Nouvel Observateur, 26 juillet 2012.
  112. Syrie : les États-Unis blâment le Hezbollah libanais pour son soutien à Assad, Le Point, 10 août 2012.
  113. Pourquoi le Hezbollah soutient Bachar el-Assad, Le Figaro, 24 juillet 2012.
  114. Syrie : le chef du Hezbollah reconnaît la participation du mouvement aux combats, Le Monde, 30 avril 2013.
  115. Almanar.com.
  116. Que fait le Hezbollah en Syrie ?, France TV Info, 23 mai 2013.
  117. Syrie: l'Iran et le Hezbollah créent une milice pro-Assad (journal), RIA Novosti, 11 février 2013.
  118. a et b RFI : Syrie: 10 000 volontaires rejoignent Damas pour soutenir le régime
  119. OLJ : Plus d’un million de Libanais devraient être évacués en cas de guerre avec le Hezbollah, avertit un responsable militaire israélien
  120. Nasrallah promet un triomphe du régime et de la résistance en Syrie, Libération.fr, 25 août 2014.
  121. (fr) Jabhat al-Nosra : entre guerre civile et terrorism business, Roxanne D'Arco, Le Journal International, 9 septembre 2013.
  122. a et b Irak: un ministre reconnaît la présence de combattants chiites en Syrie, Radio France International, 29 juin 2013.
  123. Syrie. Qui compose la légion étrangère d'Assad ?, Le Nouvel Observateur, 31 mai 2013.
  124. a et b Syrie : les preuves de l'implication militaire iranienne s'accumulent, Le Monde, 22 septembre 2012.
  125. Benjamin Barthe, Des milices chiites venues d'Irak combattent désormais aux côtés de l'armée de Bachar, Le Monde, 6 janvier 2014.
  126. Le Monde, 3 octobre 2011.
  127. Syrie : l'opposition crée une Coalition nationale, RIA Novosti, 11 novembre 2012.
  128. Burhan Ghalioun reconduit à la tête du Conseil national syrien, Le Monde, 16 février 2012.
  129. Syrie : les islamistes contrôlent-ils la révolution ?, Le Point, 23 juillet 2012.
  130. Syrie : la lutte pour le pouvoir déchire l'opposition, Le Figaro, 8 novembre 2012.
  131. Le Figaro, 2 octobre 2011.
  132. L'insoutenable solitude de l'opposition syrienne, Le Monde, 22 octobre 2013.
  133. Syrie : le principal groupe d'opposition refuse de participer à la conférence pour la paix, Le Monde, 13 octobre 2013.
  134. Syrie : deux des principaux groupes islamistes rejettent la Coalition nationale, Le Monde, 19 novembre 2012.
  135. (en) « Syria crisis: Gulf states recognise Syria opposition », BBC News, 13 novembre 2012.
  136. Syrie: Paris accueillera un « ambassadeur » de l'opposition, Le Point, 17 novembre 2012.
  137. Londres reconnaît la Coalition nationale syrienne comme seul représentant légitime, Le Monde, 20 novembre 2012.
  138. L'UE reconnaît la coalition de l'opposition comme représentant légitime des Syriens, Le Monde, 19 novembre 2012.
  139. Washington reconnaît la Coalition nationale syrienne, Le Monde, 12 décembre 2012.
  140. [3],Figaro, 12 décembre 2012.
  141. Ligue arabe: le siège syrien attribué à l'opposition (TV), RIA Novosti, 6 mars 2013.
  142. (en)Will the New Syrian Opposition Survive?, Al-Monitor, 27 novembre 2012.
  143. Raphaël Lefèvre : « Les Frères musulmans dominent l’opposition syrienne », La Croix, 27 mars 2013.
  144. L'armée libre de Syrie veut armer la rébellion Hélène Sallon, blog Le Monde, 26 septembre 2011.
  145. a et b Syrie : une responsable de l'ONU redoute une « guerre civile » Le Monde, 14 octobre 2011.
  146. Syrie : Ban Ki-Moon hausse le ton, de plus en plus d'attaques contre l'armée, Libération, 17 octobre 2011.
  147. Syrie : des déserteurs commencent à résister à l'armée, Le Parisien, 29 octobre 2011.
  148. L'Armée syrienne libre reconnait l'autorité du conseil national syrien, blog Le Monde, 30 novembre 2011.
  149. : la rébellion engluée, trois ans après le début de la guerre, Benjamin Barthe, Le Monde, 14 mars 2014.
  150. Sophie Shibab, La frustration des déserteurs syriens en Turquie, Le Monde, jeudi 15 décembre 2011, p. 3.
  151. C.I.A. Said to Aid in Steering Arms to Syrian Opposition, NY Times, 21 juin 2012.
  152. (en) Inside Jabhat al Nusra - the most extreme wing of Syria's struggle, The Telegraph, 2 décembre 2012.
  153. Les actions du Front islamique affaiblissent l'Armée syrienne libre, Le Monde, 13 décembre 2013.
  154. Le nouveau visage de la rébellion syrienne, Le Figaro, 13 janvier 2014.
  155. L'orient Le jour : Des militants anti-régime sur le terrain ont vu dans cette annonce une "mauvaise nouvelle" pour le président Assad.
  156. a, b et c Syrie: le Front islamique dévoile son programme politique, RFI, 27 novembre 2013.
  157. a, b, c et d Djihadistes, islamistes, rebelles... La guerre dans la guerre en Syrie, Catherine Gouëset, L'Express.
  158. (en) The Non-State Militant Landscape in Syria, Combating Terrorism Center, consulté le .
  159. Syrie : la poussée djihadiste, Le Figaro, 18 septembre 2013.
  160. Romain Caillet, « De la désaffiliation de l'État islamique à al-Qaïda », Al Huffington Post Maghreb, 8 octobre 2013.
  161. « Syrie : le chef du Front al-Nosra appelle l’EIIL à cesser les combats fratricides », 45enore.ca, 7 janvier 2014.
  162. Martin Chulov, « Syria crisis : al-Qaida fighters revealing their true colours, rebels say », The Guardian, London,‎ (lire en ligne).
  163. Catholic Priest Allegedly Beheaded in Syria by Al-Qaeda-Linked Rebels as Men and Children Take Pictures and Cheer. TheBlaze.com, 30 juin 2013.
  164. a et b Le Point : En Syrie, la déroute des modérés
  165. 'With wary eye, Syrian rebels welcome Islamists into their ranks, Times of Israël, 25 octobre 2012.
  166. Ghaith Abdul-Ahad, « Syria : the foreign fighters joining the war against Bashar al-Assad », The Guardian, London,‎ (lire en ligne).
  167. Le Figaro : Le nouveau visage de la rébellion syrienne, par Georges Malbrunot.
  168. Qu’est ce que l’État Islamique ?, par Romain Caillet, Les cles du Moyen-Orient, 8 juillet 2014.
  169. « Syria : Harrowing torture, summary killings in secret ISIS detention centres », 19 décembre 2013, Amnesty International (consulté le 3 janvier 2014).
  170. Sarah Birke, « How al-Qaeda Changed the Syrian War », New York Review of Books,‎ (lire en ligne).
  171. Céline Lussato, Le Nouvel Observateur : SYRIE. La guerre des djihadistes a-t-elle éclaté ?
  172. Léa Baron, « L'EIIL, l’État islamique en Irak et au Levant », TV5 Monde, 11 juin 2014.
  173. Ruth Sherlock, « Inside the leadership of Islamic State: how the new 'caliphate' is run », telegraph.co.uk, 9 juillet 2014.
  174. a et b Slate : Combien l'État islamique compte-t-il réellement de combattants?, par Guillaume Fontaine.
  175. Jordi Tejel Gorgas. Les Kurdes de Syrie, de la dissimulation à la visibilité ?, Remmm, Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée, no 115-116, novembre 2006.
  176. Kurds Take Control As Regime Retreats From Northern Syria, Al Monitor.
  177. En Syrie, les Kurdes prennent le large, Le Monde, 27 novembre 2013.
  178. The Latest Sideshow: the PYD v. al-Qaeda, Now, 24 juillet 2013.
  179. Les Kurdes de Syrie jouent un jeu trouble, France24, 17 avril 2013.]
  180. Le Figaro : Qui se bat contre qui en Syrie ?, par Edouard de Mareschal.
  181. Reuters : Premiers combats importants entre Kurdes et pro-Assad en Syrie
  182. En Syrie, un appel à manifester contre la « monocratie » pas suivi, Rtl.be, 4 février 2011.
  183. L'appel à manifester contre le pouvoir diffusé sur Facebook n'a pas été suivi sur France 24, le 4 février 2011. Consulté le 24 mars 2011.
  184. La Syrie rétablit l'accès à Facebook et à YouTube, sur France24, 9 février 2011. Consulté le 22 mars 2011.
  185. « En Syrie, Facebook est aussi un outil de répression », sur Télérama
  186. « Syrie: des armes numériques pour traquer les opposants », sur Huffington Post
  187. « Abandonner les autocrates et soutenir les droits humains », sur hrw.org
  188. a, b, c et d Ignace Leverrier, op. cit., p. 62
  189. « En Syrie aussi, la peur a commencé à changer de camp », sur Moyenorient-presse
  190. « Damas baisse les taxes sur des produits alimentaires », sur Le Monde,‎ (consulté le 5 mars 2011)
  191. Ignace Leverrier, op. cit., p. 61
  192. Gilles Paris, «La Syrie n'est pas épargnée par la contestation, Le Monde, 19 mars, p. 13
  193. « Les protestations s’enclenchent timidement »
  194. « Syrie: 13 militants emprisonnés en grève de la faim », sur TF1,‎
  195. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l AFP, « Retour sur deux mois de contestation », Le Nouvel Observateur, publié le 6 mai 2011, consulté le 8 mai
  196. a et b AFP, « Des milliers de manifestants de nouveau à Deraa », France 2, 21 mars 2011.
  197. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k « Le mouvement de contestation ne fléchit pas en Syrie », RFI, 5 mai 2011.
  198. Premiers signes de contestation en Syrie, L'Express, 15 mars 2011.
  199. « Syrie : Dispersion violente d’un rassemblement pacifique », sur hrw.org
  200. Amnesty.org
  201. a et b Cécile Hennion, « En Syrie, la résistance des militants du web face à la répression », Le Monde, 7 mai 2011, p. 6
  202. Gilles Paris, En Syrie, la ville de Deraa est en état quasi-insurrectionnel, Le Monde, 24 mars 2011, p. 10
  203. Ignace Leverrier, «L’appartenance citoyenne au centre des revendications des manifestants syriens», Un Œil sur la Syrie, blog du Monde, publié le 3 mai 2011, consulté le 10 mai 2011.
  204. Syrie - manifestations : 4 morts, Le Figaro, 18 mars 2011.
  205. Syrie: sanglantes manifestations à Deraa, bâtiments et voitures en feu, Le Point, 20 mars 2011.
  206. AFP, « Syrie : quatre manifestants tués dans le Sud », Le Monde, 20-21 mars 2011, p. 12.
  207. « Deraa, ville martyre de Syrie », sur Liberation
  208. Il existe en Syrie une alternative à Bachar Al Assad, Ignace Leverrier, blog Le Monde.fr, publié le 26 avril 2011, consulté le 10 mai 2011.
  209. Syrie: des blessés lors d'affrontements, Le Figaro, 19 mars 2011.
  210. Syrie : la contestation vire à l'émeute dans la ville de Deraa, Le Monde, 20 mars 2011.
  211. Les manifestations gagnent une deuxième ville de Syrie, L'Express, 21 mars 2011.
  212. Syrie: 5e journée de manifestations contre le régime dans le sud, Le Point, le 22 mars 2011.
  213. Syrie: au moins 15 morts dans des affrontements à Deraa, L'Express, le 23 mars 2011.
  214. Syrie: Les forces de sécurité ont tué des dizaines de manifestants, HRW, 25 mars 2011.
  215. La Syrie libère des militants sur Le Figaro, 24 mars 2011. Consulté le 24 mars 2011.
  216. « Syrie : les hésitants ont basculé dans le camp d’Assad », entretien avec Fabrice Balanche recueilli par Daoud Boughezala, Causeur, no 68, février 2014, p. 24-25
  217. « Une tension toujours très vive en Syrie », sur Le Monde,‎
  218. Appel à la libération des prisonniers politiques en Syrie
  219. «Syrie : La fin de l'État de l'urgence ne résout rien», BBC, 22 avril 2011.
  220. Middle-east soldiers die in ambush as Syria protests spread to coast, The Independent, 11 avril 2011.
  221. The Revolution Strikes Home: Yasir Qash'ur, my wife’s cousin, killed in Banyas, Syria Comment, 11 avril 2011.
  222. Indonesian Militants Join Foreigners Fighting in Syria, NT Times, 31 janvier 2014.
  223. Indonesians and the Syrian Conflict, IPAC Report no 6, 30 janvier 2014.
  224. Saudi jihadists flow into Syria, Al Monitor, 8 décembre 2013.
  225. « Aljazeera.net »
  226. a et b RFI, « Répression en Syrie : des bilans invérifiables », RFI, 10 mai 2011.
  227. « Syrie : le front se lézarde », TTU online, 28 avril 2011, consulté le 17 mai
  228. « Syrie : la répression continue avec l’entrée des blindés à Deraa », RFI, 25 avril 2011.
  229. Joshua Landis, « It seems they got better in tracking satellite mobiles », Syria comment, publié le 8 mai 2011, consulté le 10 mai
  230. « LCI.TF1.fr »
  231. « LCI.TF1.fr », 29 avril 2011.
  232. « LCI.TF1.fr », 30 avril 2011.
  233. «LCI.TF1.fr», 30 avril 2011.
  234. « La contestation ne faiblit pas », L'Écho, 5 mai 2011, page Actu 1
  235. « LCI.TF1.fr », 6 mai 2011.
  236. Riad Seif libéré sous caution Le Figaro-15 mai 2011.
  237. « LCI.TF1.fr », 7 mai 2011.
  238. « LCI.TF1.fr », 7 mai 2011.
  239. « LCI.TF1.fr », 11 mai 2011.
  240. LCI.TF1.fr
  241. LCI.TF1.fr
  242. LCI.TF1.fr
  243. Syria says protesters killed 120 soldiers, Wahington Post, 6 juin 2011.
  244. Syria Reports 120 Military Killed in Jisr al-Shagour, Promises Decisive Response. More Economic Woes, Syria Comment, 6 juin 2011.
  245. Syrian TV : Security officers killed in ambush, Aljazeera, 11 juin 2011.
  246. L'armée syrienne pénètre dans Jisr Al Choughour, lemonde.fr, 12 juin 2011.
  247. Syrie: des chars s'affrontent à Jisr al-Choughour, selon un témoignage », Libération, 13 juin 2011.
  248. Syrie : l'opposition en colère organise l'après el-Assad », Radio France internationale, 21 juin 2011.
  249. AFP, L'Express, « [4] », L'Express', 27 juin 2011.
  250. [5]
  251. [6]
  252. [7]
  253. « SYRIE. Bachar el-Assad fier de son armée », sur tempsreel.nouvelobs.com (consulté le 1er août 2011)
  254. Human Rights Watch, le 09/09/2011
  255. Syrie : le CNS n'a pas l'intention d'être un « gouvernement bis », Le Point, 10 octobre 2011.
  256. La France soutient l'opposition syrienne Le Figaro
  257. La Syrie est en état de « guerre civile », selon l'ONU, lepoint.fr, 1er décembre 2011.
  258. Marc Daou, Zabadani, "première ville libre de Syrie" ?, France 24, 20 janvier 2012.
  259. Alfred de Montesquiou, Syrie : La chute de Zabadani, Paris Match, 16 février 2012.
  260. SYRIE. Une nuit de massacre à Homs, 260 morts, L'Obs avec AFP, 4 février 2012.
  261. Amid Lebanese Anti-Assad Protests, Syrians Find Shaky Refuge in Lebanon
  262. L’armée syrienne dresse un mur de séparation à Baba Amr, France 24, 26 avril 2012.
  263. Syrie: le "massacre aveugle" de Homs raconté par les journalistes évacués, L'Express avec AFP, 3 mars 2012.
  264. Syrie : raids aériens après l'offensive des rebelles dans le quartier Baba Amro, Le Monde avec AFP, 10 mars 2013.
  265. Syrie : la ville d'Idleb prise d'assaut, malgré la visite de Kofi Annan, Francetv info avec AFP, 11 mars 2012.
  266. lemonde.fr
  267. leparisien. fr
  268. ouest-france.fr
  269. lepoint.fr, 13 mars 2012.
  270. Syrie: l'armée contrôle totalement la ville d'Idleb, Le Point avec AFP, 14 mars 2015.
  271. rfi.fr
  272. Khaled Yacoub Oweis et Can Sezer, L'odyssée des réfugiés syriens pour échapper à l'enfer, Reuters, 6 avril 2012.
  273. Le Monde : Syrie : le massacre de Houla raconté par des enfants rescapés, par Christophe Ayad.
  274. « Syrie : le bilan s'alourdit à Houla, le Conseil de Sécurité se réunit », sur Nouvel Observateur,‎
  275. Céline Lussato, Le Nouvel Observateur : Syrie. Le récit du massacre d'al-Koubeir
  276. Nouveau massacre en Syrie - L'ONU toujours dans l'impasse. liberation.fr, 13 juillet 2012.
  277. Le Monde : Le massacre de Daraya témoigne de l'escalade sans fin de la violence, par Claire Talon.
  278. La Cellule centrale de gestion des crises décimée par un empoisonnement ? Blog Le Monde 23/05/2012.
  279. Moscou reste hostile à toute pression sur Damas, Le Monde, 19 juillet 2012.
  280. War crimes by Syrian rebels must be condemned too. theguardian.com, 10 août 2012.
  281. Benjamin Barthe, Comment les rebelles syriens se sont affirmés, Le Monde, 21 juillet 2012.
  282. L'armée syrienne dit contrôler la totalité de Damas, Le Monde avec AFP, 4 août 2012.
  283. Guillaume Perrier, Les Kurdes du PKK à l'offensive contre le régime de Damas, Le Monde, 23 août 2012.
  284. a, b, c et d Synthèse des évènements dans le gouvernorat d’Alep, syrianfacts, 3 décembre 2012.
  285. Moyen-Orient, Kurdistan(s), une nation, des états ?, numéro 26, avril-juin 2015, p. 43. Contribution de Jordi Tejel Gorgas.
  286. a et b La frontière avec la Turquie, enjeu stratégique pour la rébellion, Le Monde, 23 juillet 2012.
  287. Julie Schneider, REPORTAGE. Azaz, ville syrienne "libérée", Le Point, 16 août 2012.
  288. En Syrie, les insurgés d'Alep s'assurent un passage vers la Turquie, Le Monde avec AFP et Reuters, 30 juillet 2012.
  289. Les milices se multiplient en Syrie
  290. Le massacre de Daraya témoigne de l'escalade sans fin de la violence, Le Monde, 27 août 2012.
  291. Le président Assad reçoit le chef de la diplomatie iranienne, les combats se poursuivent à Alep, Le Monde avec AFP, 19 septembre 2012.
  292. Cinq civils turcs blessés, 26 syriens tués à la frontière turco-syrienne, Le Monde avec AFP et Reuters, 8 novembre 2012.
  293. Assad estime que son sort ne dépend que des "urnes", inquiétudes de l'ONU, Le Monde avec AFP et Reuters, 9 novembre 2012.
  294. Guillaume Perrier, En Syrie, Kurdes et rebelles entrent en conflit, Le Monde, 29 novembre 2012.
  295. a et b Christophe Ayad, L'avancée inexorable des rebelles syriens, Le Monde, 27 novembre 2012.
  296. Amara Makhoul-Yatim, "Les Kurdes de Syrie jouent un jeu trouble", France 24, 17 avril 2013.
  297. Benjamin Barthe, Syrie : les rebelles poursuivent leur travail de sape, Le Monde, 20 juillet 2012.
  298. Les rebelles syriens renforcent leur emprise dans le nord et l'est, Le Monde avec AFP, 22 novembre 2012.
  299. Les rebelles syriens s'emparent de la Base 46, garnison clé de l'armée, AFP, 22 novembre 2012.
  300. Prise de la base Cheikh Souleimane: 36 soldats syriens tués, AFP, 11 décembre 2012.
  301. (en) Syria Live Coverage: A Battle for Hama?, 18 décembre 2012.
  302. (en) Rebels seize towns in central Syria, Reuters, 19 décembre 2012.
  303. (en) Syrian rebels seize key air base, activists say, USA TODAY, 11 janvier 2013.
  304. Très gros acquis dans l’escarcelle des rebelles : l’aéroport de Taftanaz, L'Orient Le Jour, 12 janvier 2013
  305. (en) Syrian rebels fight close to heart of Damascus, Reuters, 6 février 2013.
  306. (en) Damascus on Edge as War Seeps Into Syrian Capital, The New York Times, 10 février 2013.
  307. Intenses combats dans la banlieue de Damas, Le Monde avec AFP et Reuters, 7 février 2013.
  308. Les rebelles syriens prennent un aéroport militaire, Le Monde avec AFP, 12 février 2013.
  309. OSDH : Preliminary death toll for Thursday 14/2/2013
  310. Les rebelles syriens continuent de marquer des points sur le terrain, L'Orient Le Jour, 15 février 2013
  311. (en) Syria rebels capture northern Raqqa city, Al Jazeera, 5 mars 2013.
  312. (en) Syrian jets bomb northern city overrun by rebels, The Examiner, 5 mars 2013
  313. (en) Syrian rebels capture key town near Jordan border after clashes kill 38, Fox News, 29 mars 2013.
  314. (en) Rebels claim to take key city in southern Syria, The Washington Post, 29 mars 2013.
  315. (en) New Rebel Gains Reported in Southern Syria With Seizure of Military Base, The New York Times, 3 avril 2013.
  316. a et b Syrie: près de 50 morts dans des combats entre djihadistes et rebelles à Alep, Le Monde avec AFP, 12 octobre 2013.
  317. Khaled Sid Mohand, Le ton monte entre l'ASL et le Hezbollah au Liban, Le Monde, 26 février 2013.
  318. Hélène Sallon, Le Liban, base arrière du conflit en Syrie, Le Monde, 20 mars 2013.
  319. Liban : appel de cheikhs sunnites au djihad en Syrie pour contrer le Hezbollah, Le Monde avec AFP, 23 avril 2013.
  320. (en) Syria fighting flares both sides of Lebanese border, Reuters, 21 avril 2013.
  321. a et b Syrie: des dizaines de morts lors de la prise d'une ville proche de Damas, L'Express avec AFP, 21 avril 2013.
  322. (en) Syria rebels 'capture' Homs army base, Al Jazeera, 18 avril 2013.
  323. (en) Suicide car bomber kills 15 in central Damascus, Reuters, 8 avril 2013.
  324. (en) Army bombs Damascus to halt Syrian rebels - activists, Reuters, 15 avril 2013.
  325. Syrie: les rebelles dénoncent un massacre dans la banlieue de Damas, Express avec AFP, 23 avril 2013.
  326. Michael Weiss et Hassan Hassan (trad. Anne Giudicelli), EI ; au coeur de l'armée de la terreur : État islamique, Hugo Doc,‎ , p. 184.
  327. (en) Syria clashes destroy ancient Aleppo minaret, BBC News, 24 avril 2013.
  328. (en) Heavy clashes between rebels, troops at 3 military air bases in northern Syria, The Washington Post, 28 avril 2013.
  329. Syrie : Exécutions de masse par les forces gouvernementales, Human Rights Watch, 13 septembre 2013.
  330. Syrie : les forces du régime accusées de massacre, Le Monde avec AFP et Reuters, 13 septembre 2013.
  331. Reuters : L'armée syrienne s'empare de la ville-clé de Koussaïr
  332. (fr) Ultimatum de l’ASL au Liban, L'Orient-Le Jour, 28 mai 2013.
  333. L'armée syrienne reprend le contrôle du passage de Qouneitra, Le Monde avec AFP et Reuters, 6 juin 2013.
  334. Syrie: l'armée reprend aux rebelles le point de passage avec Israël sur le Golan, AFP, 6 juin 2013.
  335. L'Armée syrienne lance une vaste offensive contre Alep, Iran French Radio, 9 juin 2013.
  336. Al-Nabak liberated ! Jihadist terrorists crushed in Damascus ; terrorist leader killed in east Ghouta by SAA ; massive operation « Canopus Star » grinds rats in Aleppo, Syrian Perspective, 9 décembre 2013.
  337. (en) Damascus clashes rage, Aleppo rebels in new attack, The Daily Star, 22 juin 2013.
  338. Syrie: un quartier clé de Homs tombe aux mains de l'armée, L'Express, 29 juillet 2013.
  339. Syrie : femmes et enfants peuvent quitter Homs assiégée, Euronews, 26 janvier 2014.
  340. (en) Tal Kalakh: Syria's rebel town that forged its own peace deal The Independent, Patrick Cockburn (en) 25 juin 2013, commenté en français par dedefensa.org La paix en Syrie ? Voyez Tal Kalakh, 27 juin 2013.
  341. Syrie: les Kurdes infligent une cuisante défaite aux jihadistes, AFP, 17 juillet 2013.
  342. Human Rights Watch : Syrie : Exécutions et prises d’otages par des rebelles
  343. Le Monde avec AFP : Syrie : des islamistes accusés de crimes contre l'humanité par une ONG
  344. Frédéric Pichon, Syrie : Pourquoi l'Occident s'est trompé, Éditions du Rocher, 2014, p. 60
  345. Hélène Sallon, Retour sur l'attaque chimique du 21 août à Damas, Le Monde, 28 août 2013.
  346. a, b, c et d Luc Mathieu, Syrie : sarin, une preuve dure comme pierre, Libération, 26 mars 2014.
  347. Céline Lussato, SYRIE. Pourquoi des rebelles syriens rejettent la Coalition nationale, Le Nouvel Observateur, 25 septembre 2013.
  348. Journal La Croix, 9 septembre 2013, p. 3
  349. Syrie: Maaloula, terrain de chasse des tireurs embusqués nouvelobs.com, 18 septembre 2013.
  350. france24.com Les rebelles syriens s'emparent de nouveau de la ville chrétienne de Maaloula, france24.com, 3 décembre 2013.
  351. Syrie: sombre Noël à Damas pour les réfugiés de Maaloula, ladepeche.fr, 23 décembre 2013.
  352. Syrie: plus de cent morts pour la prise d'une armurerie à l'armée, AFP, 26 octobre 2013.
  353. L'armée a repris le village chrétien de Sadad, Belga, 28 octobre 2013.
  354. (en) Syria: Opposition Abuses During Ground Offensive, Human Rights Watch, 19 novembre 2013.
  355. (en) Syria rebels said to have seized arms cache in Homs, AFP, 6 novembre 2013.
  356. Syrie: des milliers de réfugiés fuient au Liban, AFP, 16 novembre 2015.
  357. Syrie : l'armée reprend un secteur clé au nord de Damas, Le Monde avec AFP, 28 novembre 2013.
  358. Progrès de l'armée syrienne avant Genève 2, Le Monde avec AFP, 29 novembre 2013.
  359. Syrie: nouveau succès militaire du régime au 1000e jour de la guerre, AFP, 10 décembre 2013.
  360. Rebelles syriens contre djihadistes : les forces anti-Assad se déchirent, France 24 avec dépêches, 19 juillet 2013.
  361. François d’Alançon, Affrontements entre groupes rebelles en Syrie, La Croix, 12 juillet 2013.
  362. Syrie: un chef rebelle tué par des islamistes pro Al-Qaïda, AFP, 12 juillet 2013.
  363. a, b, c et d Syrie : de l'hostilité à la guerre ouverte entre insurgés et djihadistes, Le Monde avec AFP, 11 janvier 2014.
  364. Syrie : accord de trêve à Azaz, Europe 1 avec AFP, 20 septembre 2013.
  365. Jean-Pierre Perrin et Luc Mathieu, La rébellion syrienne phagocytée par le jihad, Libération, 27 septembre 2013.
  366. Nouveaux combats entre rebelles et islamistes en Syrie, Le Monde, 2 octobre 2013.
  367. Romain Caillet, Non-dits autour d'une libération d'otages en Syrie, Al Huffington Post, 22 octobre 2013.
  368. a et b Romain Caillet, Échec de l’offensive de l’Armée syrienne libre contre l’État islamique en Irak et au Levant, Orient XXI, 4 février 2014.
  369. Syrie : les forces de Bachar Al-Assad rouvrent une voie d'accès à Alep, Le Monde avec AFP et Reuters, 7 octobre 2013.
  370. Catherine Gouëset, L'Express : Djihadistes, islamistes, rebelles... La guerre dans la guerre en Syrie
  371. The Daily Star : ISIS condemned for brutal murder of fellow jihadist
  372. « Syrie: la «deuxième révolution» contre Al-Qaeda, AFP, 4 janvier 2014.
  373. AFP : Syrie : le chef du Front al-Nosra appelle à un cessez-le-feu
  374. Hélène Sallon, En Syrie, la « deuxième révolution » des insurgés, Le Monde avec AFP et Reuters, 10 janvier 2014.
  375. Syrie : le quartier général de l'EIIL sous le contrôle des rebelles, Le Monde, 8 janvier 2014.
  376. « En Syrie, les djihadistes de l'EIIL chassés par les rebelles », Le Monde, 10 février 2014.
  377. a, b et c Syrie: les jihadistes de l'EIIL se replient face à la menace de leurs rivaux, AFP, 28 février 2013.
  378. Le Monde : En Syrie, les islamistes assiégés par les rebelles à Rakka.
  379. Syrie : l'EIIL accusé de massacres, Le Monde avec Reuters, 13 janvier 2014.
  380. Sécurité renforcée à la frontière turco-syrienne après la prise de Tel-Abyad par les jihadistes, RFI, 12 janvier 2014.
  381. Reuters : Syrie : plus de 1 000 morts en 2 semaines de combats entre djihadistes et rebelles.
  382. France 24 : Haji Bakr, fidèle de Saddam Hussein devenu stratège de l’EI, par Julia Dumont.
  383. Le Monde : Haji Bakr, le cerveau de l’État islamique
  384. Syrie: les combats entre les rebelles et l'EIIL ont fait 3.300 morts, selon une ONG, leparisien.fr - AFP, 26 février 2014.
  385. Major Ambush by Syrian Army Eliminates Over 175 Wahhabi Terrorists in Eastern Ghouta, LiveLeak.
  386. Le Monde : En Syrie, l'armée dit avoir tué des « Saoudiens, des Qataris et des Tchétchènes »
  387. Electronic Resistance : Syrian Army Conducts A Massive Operation Near The Jordanian Border
  388. ILSE : 175 rebels killed near Damascus, Syrian government says
  389. L'armée syrienne est entrée dans Yabroud, Le Figaro, 14 mars 2014.
  390. RFI : Après la chute de Yabroud, les rebelles syriens fuient vers le Liban
  391. AFP : Offensive. Attaqué par les loyalistes et le Hezbollah, le bastion rebelle est tombé en quarante-huit heures
  392. « Syrie : l'armée prend Rankous, ville stratégique », RFI, 9 avril 2014.
  393. Amara Makhoul-Yatim, Syrie : la prise du Krak des Chevaliers, une victoire "symbolique" pour le régime, France 24, 21 mars 2014.
  394. RFI : La ville chrétienne de Maaloula reprise par l'armée syrienne
  395. Reuters : Syrie-Les habitants de Kassab de retour après le départ des rebelles, par Firas Makdesi.
  396. The Daily Star : Syrian army claims seizure of key Latakia position
  397. Syrie : l'élection présidentielle fixée au 3 juin, lemonde.fr. 21 avril 2014.]
  398. RFI : Syrie: un nouveau Front rebelle se déploie pour contrôler le Sud, par Toufik Benaichouche.
  399. OLJ : Assad veut-il punir les druzes de Syrie ?, par Antoine Ajoury.
  400. OLJ : « Une zone d’exclusion aérienne signifierait presque la chute du régime de Bachar »
  401. AFP : Syrie: accord à Homs entre régime et rebelles, avancée de l’armée près de Damas
  402. RFI : Syrie: les rebelles se préparent à quitter Homs
  403. RFI : Première accalmie à Homs, livrée aux autorités syriennes
  404. 20 Minutes : Syrie: L'accord pour laisser sortir les rebelle de Homs appliqué dans les 48h
  405. Europe 1 : Syrie : les rebelles quittent Homs, et après ?
  406. Le Monde : En Syrie, la chute du dernier carré rebelle d’Homs
  407. AFP : Syrie : l'armée entre dans Homs pour la première fois depuis plus de deux ans
  408. AFP et Le Nouvel Observateur : SYRIE. 50 morts à l'issue de combats dans le nord-est du pays
  409. AFP : L'armée reprend une position clé dans un fief du régime
  410. AFP : Syrie: un assaut jihadiste repoussé dans l'est, environ 90 morts
  411. a et b Le Parisien et AFP : Syrie : l'État islamique prend l'une des plus grandes villes de l'est
  412. Reuters : Hundreds killed as ISIL insurgents gain ground in east Syria
  413. RFI : En Syrie, plus de 100 000 civils ont dû fuir leurs villages dans l'est du pays. Un exode en raison de violents combats dans cette région proche de l'Irakn entre groupes jihadistes rivaux.
  414. France 24 : Syrie : les civils fuient les combats à Deir Ezzor, Alep privée d'eau
  415. « L'EIIL établit un “califat islamique” en Syrie et en Irak », tempsreel.nouvelobs.com, 29 juin 2014.
  416. Syrie: les djihadistes resserrent l'étau autour de la 3e ville kurde, AFP, 13 juillet 2014.
  417. François de Labarre, Daesh passe aux aveux, Paris-Match, 26 décembre 2014.
  418. YPG Releases Report On Victory In Jezaa, ANF, 1er septembre 2014.
  419. Reuters : L'État islamique progresse dans la région d'Alep en Syrie
  420. Le Moande avec AFP : Les djihadistes gagnent aussi du terrain en Syrie
  421. Reuters : L'État islamique a exécuté 700 membres d'une tribu syrienne
  422. France 24 : Syrie : 700 membres d'une tribu "exécutés" par des jihadistes
  423. AFP : Syrie: l'EI a tué plus de 700 membres d'une tribu en 2 semaines
  424. Le Monde avec AFP et Reuters : Plus de 230 corps retrouvés dans l'est de la Syrie
  425. AFP : La prise d'un gisement gazier à Homs fait 270 morts
  426. AFP : Syrie: les jihadistes prennent une base de l’armée mais reculent sur un champ gazier
  427. AFP : Syrie: les jihadistes s'emparent d'une importante base de l'armée dans le nord
  428. Grégoire Chambaz, La bataille de Deir Ez Zor, un exemple de la guerre moderne, Courrier d'Orient, 14 mai 2015.
  429. France 24 : La province syrienne de Raqqa désormais sous le contrôle de l'EI
  430. AFP : L'État islamique exécute 160 soldats syriens
  431. Un groupe rebelle islamiste syrien décimé par un attentat, lemonde.fr, 9 septembre 2014.
  432. RFI : Conférence de Paris: un plan d’action contre le groupe jihadiste EI
  433. RFI : Syrie: frappes de la coalition contre le groupe EI
  434. Nathalie Guibert, Les limites de l’engagement militaire français en Syrie, Le Monde, 15 septembre 2015.
  435. La Presse Canadienne : Première frappe aérienne canadienne contre le groupe État islamique en Syrie
  436. Nathalie Guibert, La France a mené ses premières frappes en Syrie, Le Monde, 27 septembre 2015.
  437. Christophe Dansette, Londres lance ses premières frappes contre l'EI en Syrie,France 24 avec AFP et Reuters, 3 décembre 2015.
  438. After a year of US-led coalition airstrikes, “Islamic State” loses about 15 square kilometers out of its-held areas in Syria, OSDH, 23 septembre 2015.
  439. a et b Étienne Combier, Plus de 400 civils tués dans les frappes des occidentaux en Syrie et en Irak, Les Echos, 3 août 2015.
  440. Cause For Concern, Airwars, 3 août 2015.
  441. OLJ et AFP : Kobané : retour sur un mois de bataille
  442. Le Parisien : Syrie : les forces kurdes ont repris Kobané face à Daech
  443. Le Monde : Dans Kobané, libérée mais détruite, par Louis Imbert.
  444. OSDH : More than 1800 killed since the IS started its attack on Ein al-Arab ”Kobane”
  445. AFP : Syrie: l'armée bloque l’avancée jihadiste à Deir el-Zor
  446. AFP : Syrie: les rebelles avancent sur le plateau du Golan
  447. AFP : Syrie: intenses combats au plateau du Golan, sous le guet israélien'
  448. Syrie : l'unique passage menant au Golan tombe aux mains des rebelles, France 24 avec AFP, 28 août 2014.
  449. Syrie: des rebelles et Al-Nosra prennent une ville aux forces du régime, AFP, 9 novembre 2014.
  450. AFP : Les rebelles syriens et Al-Nosra s'affrontent sur le champ de bataille et sur le web
  451. AFP : Syrie : Al-Nosra chasse les rebelles modérés de leur bastion dans le nord-ouest
  452. OSDH : Jabhat al-Nusra take control on the main stronghold of SRF
  453. AFP : Syrie: Offensive d'el-Qaëda contre les rebelles modérés dans le nord-ouest
  454. AFP : Le régime syrien perd deux bases militaires clés en 24 heures
  455. RFI : Syrie: le Front al-Nosra gagne du terrain dans le nord-ouest
  456. Reuters : Environ 180 morts dans les combats à Wadi al Deïf, en Syrie-OSDH
  457. al-Monitor : Jabhat al-Nusra deals Syrian regime major blow in Idlib
  458. AFP : Syrie: assaut d'el-Qaëda contre les rebelles modérés dans le Nord
  459. RFI : Syrie: al-Nosra attaque des positions de la rébellion modérée
  460. AFP : Syrie: percée du régime au sud, des jihadistes prennent une base au nord
  461. Le Monde avec Reuters : Un groupe syrien non djihadiste rejoint les islamistes
  462. OSDH : 28 members in Hezbollah killed during the unsuccessful attack on the north of Aleppo
  463. AP : Les rebelles syriens reprennent le terrain perdu
  464. La Croix avec AFP : Offensive incertaine du régime syrien dans la province d’Alep
  465. Francetv info avec AFP et Reuters : Nouveau revers des jihadistes face aux Kurdes en Syrie
  466. Libération : A Tal Brak, les hommes de l’EI ont «fui comme des souris», par Luc Mathieu.
  467. AFP : Syrie: l'EI chassé de tous les villages chrétiens assyriens qu'il contrôlait
  468. Hala Kodmani, Syrie: qui se cache derrière l’Armée de la conquête ?, Libération, 30 juillet 2015.
  469. AFP : Syrie: l'armée se repositionne après la prise d'Idleb par Al-Qaïda
  470. Le Monde avec AFP : Syrie : la ville stratégique d'Idleb tombe aux mains d'Al-Qaida
  471. France 24 : Syrie : al-Nosra et ses alliés islamistes s'emparent d'une ville stratégique
  472. Le Figaro avec AFP : Syrie: les rebelles prennent une base militaire
  473. AFP : Syrie: les rebelles prennent la dernière base du régime dans la province d'Idleb
  474. AFP : Syrie : les rebelles prennent un hôpital de Jisr al-Choughour (ONG)
  475. OSDH : 90 officers in regime forces and NDF out of 261, were killed during the taking over of Jesr al-Shughour and the national hospital
  476. AFP : Al-Qaïda contrôle quasi-totalement Idleb, nouveau revers au régime syrien
  477. Reuters : Syrie-Les rebelles modérés à l'offensive dans le Sud
  478. AFP : Syrie: des rebelles prennent le dernier poste-frontière avec la Jordanie
  479. Reuters : Syrie-L'armée dit avoir pris des villages de la province de Deraa
  480. Le Monde : L’armée d’Assad perd une base dans le sud de la Syrie
  481. AFP : Syrie: la cité antique de Palmyre aux mains des jihadistes
  482. AFP : Syrie: intenses raids du régime sur Palmyre, 160 objectifs visés
  483. Reuters : Frappes aériennes syriennes contre Palmyre
  484. Syrie : massacre de l'organisation État islamique à Palmyre, lepoint.fr, 25 mai 2015
  485. Le Monde avec AFP : La prison de Palmyre, emblème de la répression du régime syrien
  486. Palmyre : Daech a bien rasé le temple de Bêl, "la perle du désert", L'Obs avec AFP, 1er septembre 2015.
  487. Libération : Le général iranien Soleimani vole au secours de Damas, par Jean-Pierre Perrin.
  488. Le Monde avec AFP : Face à la progression de l’État islamique, quelle stratégie pour la coalition ?, par Hélène Sallon.
  489. Jean-Pierre Perrin, Bachar al-Assad reconnaît la «fatigue» de son armée, 27 juillet 2015.
  490. Jean-Pierre Perrin, Damas se résigne à défendre la «Syrie utile», Le Temps, 3 août 2015.
  491. AFP : Syrie: le groupe État islamique aux portes d’une grande ville du nord-est
  492. a et b OLJ et AFP : En Syrie, la coalition frappe l'EI au bénéfice des rebelles et d'el-Qaëda
  493. AFP : Daesh multiplie les assauts contre la ville d'Hassaké
  494. AFP : Les forces kurdes avancent vers une ville à la frontière syro-turque tenue par l'EI
  495. RFI : Syrie: les Kurdes progressent à la frontière turque, par Jérôme Bastion.
  496. RFI : Syrie: le groupe État islamique perd la ville stratégique de Tal-Abyad
  497. AFP : Syrie: l’EI perd Tall Abyad, son plus grand revers dans le pays
  498. RFI : Syrie: la bataille de Tal-Abyad, enjeu stratégique pour le groupe EI
  499. [vidéo] France 24 : SYRIE - Violents combats entre Kurdes et jihadistes de l'État islamique à Tal Abyad
  500. AFP : Les Kurdes chassent l’État islamique d’une base syrienne clé
  501. Syrie : l’EI gagne du terrain à Hassaké face aux forces du régime, France 24, 26 juin 2015.
  502. Syrie: plus de 3.000 personnes exécutées par l'EI en un an, AFP, 28 juin 2015.
  503. A Kobané, un des « pires massacres » de l’État islamique, Le Monde avec AFP, 26 juin 2015.
  504. Syrie: Meurtre délibéré de civils par l'État islamique, Human Rights Watch, 3 juillet 2015.
  505. Syrie: l'EI attaque une localité prise récemment par les Kurdes, AFP, 6 juillet 2015.
  506. L'EI reprend une ville aux combattants kurdes dans le nord de la Syrie (OSDH), Xinhua, 6 juillet 2015.
  507. Aïn Issa en Syrie repasse aux mains des peshmergas kurdes, Reuters, 8 juillet 2015.
  508. Syrie: nouvelles attaques suicides de l'EI, Le Figaro avec AFP, 10 juillet 2015.
  509. Syrie : les Kurdes coupent une route vitale pour l'EI dans le nord, AFP, 27 juillet 2015.
  510. Syrie: à Hassaké, soldats syriens et Kurdes font front commun face à l'EI, AFP, 20 juillet 2015.
  511. Soldats et kurdes syriens chassent leur ennemi jihadiste d'une ville clé, AFP, 28 juillet 2015.
  512. Syrie: les rebelles à l'offensive à Deraa, RFI, 25 juin 2015.
  513. Angélique Ferat, Syrie: revers pour l'Armée syrienne libre à Deraa, RFI, 9 juillet 2015.
  514. Le régime syrien perd un important centre militaire à Alep, Le Point avec AFP, 4 juillet 2015.
  515. « Beaucoup de Syriens ont déjà intégré l’idée d’une partition du pays », OLJ, 5 juillet 2015.
  516. Syrie: 25 rebelles tués lors d'une attaque ratée sur une base de l'armée
  517. Lina Kennouche, Pas de réédition du scénario Qalamoun ; Zabadani serait une guerre d’extermination, OLJ, 8 juillet 2015.
  518. Syrie: l’armée resserre l’étau autour des rebelles à Zabadani, RFI, 5 juillet 2015.
  519. Le Hezbollah confirme une trêve dans trois localités syriennes, AFP, 25 septembre 2015.
  520. Syrie: cessez-le-feu de six mois à Zabadani, Le Figaro avec AFP, 24 septembre 2015.
  521. Benjamin Bouchard, Syrie : Madaya, la ville où le kilo de riz vaut 100 dollars, TF1, 4 janvier 2016.</