Voie balte

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Chaîne humaine à Šiauliai, Lituanie, le 12 janvier 1990.
La plaque "STEBUKLAS" (qui signifie miracle) à côté de la cathédrale de Vilnius, à l'endroit où la chaîne humaine aurait débuté.
Les participants portaient souvent un badge aux couleurs des trois pays, ainsi qu'une radio afin de suivre l'évolution rapide de la situation.

La voie balte est le nom donné à une chaîne humaine allant de Vilnius à Tallinn, en passant par Riga, soit 687 km en tout, pour demander l'indépendance des pays baltes le [1]. Plus de 2 millions de personnes, soit environ un tiers de la population, participèrent à cette manifestation qui mena vers un durcissement de l'attitude de Moscou vis-à-vis de ces républiques soviétiques. Le choix de la date est dû à la commémoration du cinquantenaire du pacte germano-soviétique.

Histoire[modifier | modifier le code]

Avec l'arrivée de Mikhail Gorbatchev (1985) au poste de Premier secrétaire du PCUS, commencent le glasnost et la perestroïka. Cette libéralisation entraîne une contestation de la domination soviétique, notamment dans les Pays baltes (annexés en 1940) et qui ont subi une politique agressive de russification et de colonisation de peuplement, de la part du pouvoir central.

Le , près de deux millions d’Estoniens, de Lettons et de Lituaniens se tenant par la main ont formé une chaîne humaine de 600 km de long, traversant les trois pays baltes pour exprimer leur condamnation du passé et leur espoir en l’avenir.

Ce fut leur manière de célébrer le 50e anniversaire du pacte Molotov-Ribbentrop. Signé en 1939 par les ministres des Affaires étrangères de l’Union soviétique et de l’Allemagne nazie, le protocole de cet accord secret définissait la répartition des territoires situés entre les frontières de ces deux pays, dont les trois États baltes.

C’est seulement le que le contenu de cet accord a été rendu public. Une année plus tard, le , un rassemblement massif est organisé par les mouvements nationaux des trois pays baltes : le Front populaire d’Estonie (Rahvarinne), le Front populaire de Lettonie (Tautas fronte) et le mouvement réformateur de Lituanie (Sąjūdis).

C’est ainsi qu’est née la voie balte, qui a suscité beaucoup d’attention à travers le monde. Elle a montré que les trois pays baltes, indépendamment de leur identité nationale propre, pouvaient unir leurs forces pour trouver le chemin de la liberté. L’impressionnante chaîne humaine, associée à la pression internationale grandissante en faveur de la révélation de la vérité historique, a donné une impulsion décisive au rétablissement de l’indépendance nationale de l’Estonie, de la Lettonie et de la Lituanie, encourageant dans le même temps les mouvements démocratiques dans toute l’ancienne Union soviétique.

Les mouvements nationalistes en profitent pour réclamer l'indépendance des 3 pays qui ont été illégalement annexés à l'URSS (juin 1940) et organisent, le jour de l'anniversaire du pacte, une manifestation pour l'indépendance.

Après la manifestation[modifier | modifier le code]

Les Baltes obtiennent leur indépendance en août 1991, à la suite du coup d'État de Moscou du 19 août 1991.

Mémoire[modifier | modifier le code]

La Voie balte est inscrite au registre Mémoire du monde de l'UNESCO depuis 2009[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Christelle Guibert, « Pays baltes. Quand une chaîne humaine faisait plier l'URSS », sur ouest-france.fr, (consulté le 22 août 2019).
  2. « La Voie balte - Chaîne humaine reliant trois Etats dans leur marche pour la liberté », sur unesco.org (consulté le 22 août 2019).

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