Conférence de Bandung

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Le Gedung Merdeka où s'est tenue la conférence (photo d'époque).
Le Gedung Merdeka aujourd'hui.

La conférence de Bandung (ou conférence de Bandoeng) s'est tenue du 18 au à Bandung, en Indonésie, réunissant pour la première fois les représentants de vingt-neuf pays africains et asiatiques dont Gamal Abdel Nasser (Égypte), Nehru (Inde), Soekarno (Indonésie) et Zhou Enlai (Chine). Cette conférence marqua l'entrée sur la scène internationale des pays du Tiers monde. Les pays du Tiers monde choisissent le non-alignement ; ils ne veulent pas coopérer avec les différents blocs. Ces pays décolonisés formèrent le troisième Bloc.

Contexte[modifier | modifier le code]

Situation des colonies en 1945, au sortir de la dernière guerre : la décolonisation va s'opérer avec l'effacement des anciennes métropoles au profit des deux superpuissances de la guerre froide en devenir, qui transféreront leur opposition via leur influence sur ces nouveaux pays indépendants, nonobstant l'affirmation ultérieure d'un « troisième bloc » des non-alignés

Dès les années 1930, on assiste au développement de mouvements nationalistes revendiquant l'indépendance de leur pays ; ils se renforcent au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Au lendemain de la conférence de Genève qui, en 1954, met fin à la guerre d'Indochine, les nouvelles puissances asiatiques veulent accélérer le processus d'indépendance.

En 1955, une trentaine de pays asiatiques et africains ont acquis leur indépendance. Le monde est alors dans un contexte de guerre froide opposant le bloc soviétique au bloc occidental. Conscients de leur force, ces pays nouvellement indépendants décident alors de tout mettre en œuvre pour aider les autres colonies à acquérir elles aussi leur indépendance. L'Asie a été le premier continent à voir se multiplier de nouveaux États ayant accédé à leur souveraineté aux dépens des puissances coloniales occidentales, ce qui explique la localisation de la conférence à Bandung. Les grands acteurs de cette rencontre sont l'Indien Nehru, l'Égyptien Gamal Abdel Nasser, et le Chinois Zhou Enlai.

Conférence de Bandung[modifier | modifier le code]

Nasser au côté de Khrouchtchev
Sukarno, celui-ci accueillit la conférence

« Une Conférence des Nations afro-asiatiques convoquée par les gouvernements de Birmanie, de Ceylan, de l'Inde, d'Indonésie et du Pakistan s'est réunie à Bandung du 18 au 24 avril 1955 »[1].

Les cinq puissances invitantes de Bandung (avril 1955) – l'Inde, Ceylan (l'actuel Sri Lanka), le Pakistan, la Birmanie et l'Indonésie – s'étaient réunies à Colombo, du 5 avril au , pour chercher les moyens d'accélérer la conclusion de la paix en Indochine. Les cinq prennent alors position contre les essais nucléaires, la politique des blocs et le colonialisme et se prononcent pour l'admission de la République populaire de Chine aux Nations unies.

Quelques mois plus tard, en décembre 1954, les cinq de Colombo se retrouvent à Bogor, localité proche de la capitale indonésienne, pour décider des derniers préparatifs de la conférence, et, notamment, pour établir la liste des pays à inviter à prendre part à la création d'une zone de paix fondée sur les principes de la coexistence pacifique. Vingt-cinq pays, dont la Chine et la République démocratique du Viêt Nam, sont invités, et, parmi eux, seule la Fédération d'Afrique centrale décline l'invitation.

Les Nations participantes[modifier | modifier le code]

Vingt neuf pays se rendront à la conférence : quinze pays d'Asie (Afghanistan, Birmanie, Royaume du Cambodge, Ceylan, République populaire de Chine, Inde, Indonésie, Japon, Royaume du Laos, Népal, Pakistan, Philippines,Thaïlande, République démocratique du Viêt Nam, État du Viêt Nam), neuf du Moyen-Orient (Arabie saoudite, Égypte, Iran, Royaume d'Irak, Jordanie, Liban, Syrie, Turquie et Yémen) et six pays africains (Côte-de-l'Or (l'actuel Ghana), Éthiopie, Libéria, Soudan, Somalie et Libye) ce qui reflète le fait que la plus grande partie de ce continent est encore colonisée. Le Japon est le seul pays industrialisé à assister à la conférence. Pour l'Afrique une délégation du FLN algérien est aussi présente ainsi que le Destour tunisien.

Les personnalités participantes[modifier | modifier le code]

Résolution finale[modifier | modifier le code]

Le communiqué final[3] de la conférence de Bandung, inspiré par l'Indien Nehru, est marqué par le neutralisme et les principes de la coexistence pacifique mais peine à déterminer une ligne commune face aux « Grands » : aux non-engagés (Inde et Égypte), s'opposent, d'un côté, les pro-occidentaux, les pays du Pacte de Bagdad, de l'OTAN ou de l'OTASE (Irak, Iran, Japon, Pakistan, Philippines et Turquie), et de l'autre, les pays ayant adopté le régime communiste (la Chine communiste et République populaire du Viêt Nam).

Outre le fait que la conférence de Bandung marque l'entrée du Tiers monde sur la scène internationale, la conférence a condamné la colonisation et l'impérialisme en général, et en particulier l'apartheid en Afrique du Sud, et la France qui est la première puissance coloniale en Afrique. Les pays signataires appellent les pays encore colonisés à lutter pour leur indépendance mais la solution pacifique et la recherche de la négociation doivent être préférées. Ils rappellent également leur volonté de ne pas appartenir à l'un ou l'autre des deux blocs en pleine guerre froide opposant les États-Unis et le bloc soviétique.

Conséquences[modifier | modifier le code]

La conférence a contribué à l'accélération du processus de « décolonisation » et à l'émergence d'un nouveau groupe de pays qui feront partie du « tiers-monde » entre le bloc communiste et le bloc occidental. Dans la continuité, la conférence de Belgrade qui réunira certains de ces pays en 1961, posera les bases du mouvement des non-alignés. Cependant la conférence a mis en lumière les divisions existantes entre les pays plutôt proches d'un des deux blocs ou préférant le non-alignement. Le « non-alignement » est la position de certains États qui refusent de se ranger dans l'un ou l'autre des deux blocs, celui de l'Ouest ou celui de l'Est.

Chronologie de la conférence de Bandung[modifier | modifier le code]

Lieux de mémoire, lieux de savoirs[modifier | modifier le code]

  • Le petit film du musée de la Conférence Afro-Asiatique, Bandung, Indonésie[5].
  • Le website du musée de la Conférence Afro-Asiatique, Bandung, Indonésie[6].
  • Le reportage du musée[7].
  • Épreuves d'examens[8]
  • Le website officiel de New Asian-African Strategic Partnership (NAASP)[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • 1965 : Conte Arthur, Bandung, tournant de l'Histoire, Robert Laffont, Paris, 1965.
  • 1976 : Guitard Odette, Bandung et le réveil des peuples colonisés, PUF, coll. « Que sais-je ? », Paris, 1976.
  • 2008 : Tan See Seng, Bandung Revisited: The Legacy of the 1955 Asian-African Conference for International Order, Singapore University Press, Singapour, 2008.
  • 2009 : Amady Aly Dieng, Les Grands Combats de la Fédération des étudiants d'Afrique noire : de Bandung aux indépendances 1955-1960, L'Harmattan, Paris, 2009.
  • 2005 : Jean Lacouture.- Bandung ou la fin de l’ère coloniale.- Archives Le Monde diplomatique, édition imprimée, avril 2005, p. 22-23. Consulté le mardi 7 avril 2009

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]