Dislocation de la Yougoslavie

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Animation montrant la dislocation de la Yougoslavie.

La dislocation de la Yougoslavie correspond à la période de 1991 à 2008, à la suite de laquelle l'ex-République fédérative socialiste de Yougoslavie (RFSY) s'est divisée en six pays indépendants et un État partiellement reconnu. Le processus de désintégration de l'État commence en 1991-1992, lorsque quatre des six républiques se séparent de la RFSY (Slovénie, Croatie, Bosnie-Herzégovine et Macédoine). Dans le même temps, les forces de maintien de la paix de l'ONU ont été déployées sur le territoire de la Bosnie-Herzégovine, puis dans la province autonome du Kosovo. Ce processus s'explique principalement par la volonté d'indépendance de ses pays membres à la fin de la guerre froide.

Les États actuels sur le territoire de la Yougoslavie avant sa dissolution sont :

Hormis le Kosovo, province autonome de Serbie, les six autres États sont les anciennes république fédérées de la Yougoslavie créées après la Seconde Guerre mondiale.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerres de Yougoslavie.

La dislocation de la fédération yougoslave trouve son origine dans l'échec du régime communiste du maréchal Tito à répondre de manière équitable aux aspirations des peuples constitutifs du pays, échec qui a favorisé la résurgence des nationalismes et des identités confessionnelles après la mort du dictateur (1980). L’arrivée au pouvoir de Slobodan Milošević, prenant fait et cause pour le nationalisme serbe au détriment des autres, et cherchant à contrôler l’ensemble des rouages économiques et politiques de la fédération yougoslave, poussera les autres républiques fédérées à s’émanciper de Belgrade les unes après les autres.

Pour sauver son propre régime, Milošević, le communiste devenu nationaliste, flatte les sentiments irrédentistes des nombreux Serbes vivant hors de la Serbie telle que Tito l’avait délimitée au sein de la fédération yougoslave. Il les incite à se lancer dans une série de guerres pour rester dans l’obédience de Belgrade et réaliser ainsi, contre la communauté internationale et contre les autres peuples de l’ancienne fédération, le projet d’une « Grande Serbie ». La communauté internationale ne parle pas d’une seule voix, et chaque belligérant cherche le soutien des pays qui lui semblent favorables (les républiques occidentales et le Kosovo cherchent l’appui de l’OTAN, tandis que Milošević s’adosse à la CEI, à la Roumanie et à la Bulgarie). Les communautés, qui avaient vécu mélangées et en paix, se séparent et se haïssent, car durant ces guerres, les belligérants se livrent, dans les territoires qu’ils contrôlent, à des purifications ethniques, des atrocités (qui seront bien plus tard jugées au tribunal pénal international) et des destructions du patrimoine culturel et historique[1].

À la fin de la guerre en 1999, la Yougoslavie n’est plus composée que de la Serbie et du Monténégro. La dictature mise en place par Slobodan Milošević s’effondre en 2000 et la Yougoslavie résiduelle est dissoute en 2003, date où les autorités proclamèrent la Serbie-et-Monténégro qui éclatera à son tour en 2006.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Michel Collon, Poker menteur : les grandes puissances, la Yougoslavie et les prochaines guerres, éd. EPO, Bruxelles 1998, ISBN 2872621148.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]