Daniele Ganser

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Daniele Ganser
Portrait de Daniele Ganser
Biographie
Naissance (46 ans)
à Lugano, canton du Tessin, Suisse
Nationalité Drapeau de la Suisse Suisse
Père Gottfried Ganser (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Thématique
Formation Université de Bâle
Université d'Amsterdam
London School of Economics
Profession historien
Employeur Avenir Suisse (2001-2003)
École polytechnique fédérale de Zurich (2003-2006)
Université de Bâle (2006-2011)
Université de Saint-Gall (2012-2017)
Distinctions IQ Award (en) () et Mind Award (d) ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Membre de Rubikon (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Daniele Ganser, né le à Lugano, est un historien suisse[1].Il aborde diverses théories du complot, en particulier sur 9/11 et les présente comme des approches explicatives qui doivent encore être examinées par les scientifiques. En lien avec ces activités, Kurt Spillmann, professeur émérite de politique de sécurité à l'ETH de Zurich, a classé M. Ganser parmi les "séducteurs et les profiteurs"[2].

Sujets d'étude[modifier | modifier le code]

Son travail de doctorat porte sur le réseau stay-behind (voir aussi Gladio).« Les armées secrètes de l’OTAN »[3], le livre publié à partir de sa thèse, a été traduit en neuf langues. Son étude, qui s'appuie notamment sur les rapports parlementaires belge et italien consacrés au réseau Gladio, détaille comment les États-Unis, avec le soutien du Royaume-Uni, ont organisé après-guerre dans divers pays de l'Europe de l’Ouest, et jusque dans les années 1980, des cellules clandestines destinées à organiser la résistance en cas d'invasion soviétique. Ganser fait l'hypothèse que ce réseau pourrait être à l'origine de certains attentats attribués à des mouvements d'extrême gauche, dans une tentative politique de discréditer aux yeux des électeurs et des populations les partis de gauche. Selon lui, cette stratégie de la tension trouverait un prolongement aujourd’hui dans le terrorisme islamiste, présenté comme une menace à même de justifier des guerres pour le pétrole[4]. Daniele Ganser a participé à un ouvrage collectif dirigé par David Ray Griffin et qui met en doute les conclusions de l'enquête sur les attentats du 11 septembre 2001[5]. Il considère que « l’histoire officielle sur le 11 septembre, les conclusions de la commission, ne sont pas crédibles »[4].

Accueil de ses travaux et critiques[modifier | modifier le code]

John Prados, membre du National Security Archive, le considère comme un « expert des programmes stay-behind européens »[6]. Henriette Hanke Güttinger pour le journal suisse Horizons et débats, avance que « Ganser présente les faits de manière nuancée et aisément compréhensible pour le profane »[7].

Le Journal of Intelligence History[8] considère au contraire son travail comme surfant sur la vogue des théories du complot devenues à la mode après le 11-Septembre. Cette recension met sérieusement en doute les conclusions de Ganser ainsi que la qualité des sources utilisées, dont une au moins est considérée comme un faux fabriqué par le KGB et estime que « l'approche méthodique et critique utilisée dans la recherche historique semble avoir joué un rôle mineur dans le travail effectué par Ganser sur le sujet à l'aide de quelques sources primaires ». La recension conclut : « le livre de Daniele Ganser devrait être lu avec des yeux très critiques et vu comme un exemple de la manière dont les choses peuvent être déformées si l'on n'est pas conscient de la nature des sources »[9].

Les chercheurs Leopoldo Nuti, de l'université de Rome III, et Olav Riste, de l'Institut Norvégien d'études de défense, commentent : « Un jeune chercheur suisse, Daniele Ganser, a publié ce qui prétend être l'analyse la plus complète à ce jour de l'organisation Stay-Behind, dans un livre dont les conclusions ambitieuses ne semblent pas être confirmées par une analyse en profondeur des sources disponibles »[10]. Riste, notamment, accuse Ganser de déformer les faits, et cite plusieurs passages dans lesquels ses propres recherches ont été utilisées comme source par le chercheur suisse qui en aurait détourné le sens ; il conclut qu'une réfutation de toutes les erreurs et contrevérités contenues dans l'ouvrage de Ganser demanderait un volume entier[11].

Le département d'État des États-Unis affirme pour sa part que Daniele Ganser a fondé ses travaux sur un faux supplément du manuel militaire américain. Ce document, qui aurait été concocté par les services de désinformation soviétiques dans les années 1970, traite en partie des réseaux stay-behind. Cependant, le département d'État américain ne remet pas en cause l'existence de ces réseaux et cite un ancien directeur de la CIA qui décrit leur mise en place. Il rejette l'accusation qu'ils aient commis des actes terroristes et/ou aient été constitués sans l'accord des gouvernements nationaux[12].

Selon le chercheur Elie Tenembaum, rien ne permet au vu des documents disponibles dans les archives déclassifiées de souscrire à l'idée d'une « armée secrète de l'OTAN » assurant le commandement coordonné de tous les réseaux stay-behind et encore moins l'implication de ces réseaux dans une stratégie de la tension. Pour Tenembaum il s'agissait davantage d'un échange informel d'idées relatifs à la mise en place et à l'action de réseaux de résistance en cas d'une invasion de l'Europe par les forces du Pacte de Varsovie[13].

Conspiracy Watch qualifie Ganser de « figure de la complosphère antiaméricaine » et évoque la « démarche militante » de l'enseignant-chercheur[14]. Markus Linden, un politologue allemand, a déclaré que Ganser avait encouragé l'anti-américanisme sous l'étiquette de recherche sur la paix, alors qu'il avait présenté unilatéralement la Russie de manière positive[15].

Publications[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Daniele Ganser Page d'accueil du site de Daniele Ganser.
  2. Reinhard Meier: Théories du complot: Ganser, Trump, Putin et les autres, Journal21, 9 Avril, 2018
  3. Ganser, Daniele., Les armées secrètes de l'OTAN : réseaux Stay Behind, Opération Gladio et terrorisme en Europe de l'Ouest, Éditions Demi-Lune, (ISBN 9782917112007 et 291711200X, OCLC 224949355, lire en ligne)
  4. a et b « Le terrorisme non revendiqué de l’OTAN », interview par Silvia Cattori, publiée sur le site web du Réseau Voltaire
  5. David Ray Griffin (dir), 9/11 American Empire : Intellectual speaks out, Olive Branch Press, 2006
  6. « an expert on the European stay-behind programs » in John Prados, Lost Crusader: The Secret Wars of CIA Director William Colby, Oxford University Press, 2003, p. 48.
  7. « L’Europe après la Seconde Guerre mondiale : Démocraties libres ou satellites des USA ? », Horizons et débats, no 24, 16 juin 2008, p. 4.
  8. Revue publiée par l'association International Intelligence History Association créée en 1993 qui rassemble des « historiens, politologues, cryptologues, anciens membres ou membres actifs du renseignement, ainsi que des militaires » issus de divers pays.
  9. (en) "Daniele Ganser’s book should be read with very critical eyes and seen as an example on how things could be blown out of proportions if one is not aware of the character of the used material." The Journal of Intelligence History, Volume 5, Number 1 été 2005.
  10. « Preparing for a Soviet Occupation: The Strategy of Stay-Behind », The Journal of Strategic Studies, volume 30, issue 6, pages 937-954, Routledge, décembre 2007.
  11. Olav Riste, Review of NATO’s Secret Armies, Intelligence and National Security, September 2005, pages 550-551
  12. (en) « Misinformation about "Gladio/Stay Behind" Networks Resurfaces », 20 janvier 2006.
  13. Mythes et réalités d’une stratégie « stay-behind » au début de la guerre froide (1945-1954), Elie Tenembaum, Tempsprésents.com, 22 avril 2016
  14. « Daniele Ganser et les réseaux « stay-behind » : dans la fabrique de « l’histoire-complot » », sur conspiracywatch.info, (consulté le 28 janvier 2019).
  15. L'historien Daniele Ganser ravi des complots, Die Welt, 8 Juin 2018

Liens externes[modifier | modifier le code]