Forces démocratiques syriennes

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Forces démocratiques syriennes
Image illustrative de l'article Forces démocratiques syriennes

Idéologie Diverses
Objectifs Chasser l'État islamique du nord de la Syrie
Statut Actif
Fondation
Date de formation
Actions
Mode opératoire Lutte armée
Zone d'opération Nord de la Syrie :
Gouvernorat d'Alep
Gouvernorat de Raqqa
Gouvernorat d'Hassaké
Organisation
Chefs principaux Talal Selo (porte-parole)
Membres environ 40 000 (dont 30 000 YPG)[1] estimés en 2015 et environ 50 000 à 80 000 (dont 23 000 à 25 000 de la Coalition Arabe Syrienne) estimés en 2017[2],[3],[4],[5],[6],[7]
Composée de
Branche politique Assemblée démocratique syrienne
Guerre civile syrienne

Les Forces démocratiques syriennes (arabe : قوات سوريا الديمقراطية, kurde : Hêzên Sûriya Demokratîk, syriaque : ܚܝ̈ܠܘܬܐ ܕܣܘܪܝܐ ܕܝܡܩܪܛܝܬܐ); abrégé en français FDS (ou QSD en kurde/arabe) sont une coalition militaire formée en octobre 2015 pendant la guerre civile syrienne. Active dans le nord de la Syrie, la coalition vise surtout à chasser l'État islamique de la zone. Elle regroupe principalement des Kurdes ainsi que des rebelles arabes proches de l'Armée syrienne libre, des tribus locales et des chrétiens du Conseil militaire syriaque. Les Kurdes des Unités de protection du peuple (YPG) dominent largement la coalition.

La coalition est activement soutenue par les États-Unis qui lui fournit des formateurs, des armes et un appui aérien grâce à la coalition arabo-occidentale. Depuis sa formation, la coalition a remporté plusieurs succès et étendu les zones contrôlées par les milices kurdes et leurs alliés, notamment grâce à la bataille de al-Hol, à l'offensive de Tichrine où à la bataille d'Al-Chaddadeh, et contrôle ainsi la majeure partie de la frontière turquo-syrienne.

Fondation et composition[modifier | modifier le code]

Carte de la Guerre civile syrienne montrant les zones contrôlées par les différentes parties au 20 octobre 2017. En jaune, les FDS et autres forces kurdes.

La création des « Forces démocratiques syriennes » est annoncée le lors d'une conférence à Hassaké. Les FDS consiste ainsi en un regroupement hétéroclite de divers groupes religieux et ethniques, surtout unis par leur hostilité commune à l'État islamique. Dominée initialement par les milices kurdes, le nombre des combattants arabes auraient ensuite augmenté. Début mars 2017, le général Stephen J. Townsend, chef militaire de la coalition, affirme que les YPG représentent 40 % des troupes des FDS, contre 60 % pour les groupes arabes[8].

Cette coalition regroupe notamment les mouvements suivants[9],[10],[11],[12],[13] :

Les FDS forment également des conseils militaires régionaux avec notamment :

  • Le Conseil militaire de Manbij, dirigé par Adnan Abu Amjad[23].
  • Le Conseil militaire de Jarablus, formé le 22 août 2016, dirigé par Abdulsattar Al-Kadiri, tué le 23 août 2016[24],[25],[26].
  • Le Conseil militaire de Deir ez-Zor, 1 700 hommes, dirigé par Dejwar Khabat[27].

Batailles[modifier | modifier le code]

Depuis leur création, les Forces démocratiques syriennes ont mené plusieurs offensives contre l'État islamique au sud de ses positions le long de la frontière nord de la Syrie. Ainsi, la bataille de al-Hol lancée le mobilise un millier de combattants des FDS et conduit deux semaines plus tard à la prise de la ville d'Al-Hol et de 200 villages alentours, au nord-est de la Syrie, le long de la frontière avec l'Irak.

La seconde offensive, de l'autre côté de la bande de terre contrôlée par les FDS, est menée du au . Elle réussit à prendre à l'État islamique le stratégique barrage de Tichrine et les zones aux alentours le long de la rive est de l'Euphrate.

Les FDS étendent de nouveau leur aire d'influence depuis leur enclave du district d'Afrin lors de l'offensive du nord d'Alep de février 2016 coordonnée avec l'armée syrienne qui brise le siège de Nobl et Zahraa. Les FDS prennent alors aux rebelles Kafr Naya, la base aérienne de Menagh et Tall Rifaat. L'offensive mobilise surtout les Kurdes des Unités de protection du peuple (YPG) mais aussi le groupe rebelle pro-démocratie Jaych al-Thuwar. Le mouvement est alors interprété comme le début possible d'une stratégie visant à réunifier l'enclave kurde d'Afrin avec le reste des zones sous contrôle des FDS. Le gouvernement turc s'oppose vigoureusement à un tel mouvement qu'il voit comme une menace et bombarde les forces kurdes à partir du 13 février afin de stopper leur avance.

De nouveau, en février 2016, les Forces démocratiques syriennes étendent leur contrôle dans le sud du gouvernorat d'Hassaké lors de la bataille d'Al-Chaddadeh ; elles chassent l'État islamique de la zone avec l'appui des bombardements de la coalition arabo-occidentale. Les FDS prennent alors le contrôle de la ville d'Al-Chaddadeh, de dizaines de villages alentours et des ressources énergétiques de la zone.

Alliés et opposants[modifier | modifier le code]

Les Forces démocratiques syriennes sont activement aidées par les États-Unis qui a impulsé leur création, aidé à la formation de ses combattants et a fourni des équipements et des armes ainsi qu'un appui aérien grâce à la coalition arabo-occidentale. Ainsi, par exemple, les États-Unis ont parachuté le cinquante tonnes de munitions pour les milices arabes de la région. Le , le président américain Barack Obama annonce avoir envoyé cinquante soldats des forces spéciales américaines afin d'entraîner et coordonner les FDS[28],[29].

La Russie est également une alliée des FDS, notamment depuis la destruction d'un avion russe en 2015 par l'armée turque à la frontière turco-syrienne. En soutenant de la sorte les Kurdes, la Russie pourrait chercher une revanche sur les Turcs[30]. Ainsi, lors de la bataille de Nord d'Alep en février 2016, l'avancée des FDS sur les rebelles syriens est appuyée par des bombardements russes.

En revanche, la Turquie s'oppose très nettement à la coalition des FDS alors que sa principale composante, les Unités de protection du peuple (YPG), est considérée comme organisation terroriste par Ankara, qui l'accuse d'être une émanation du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui est en lutte armée avec l'État turc. L'aviation turque a ainsi bombardé plusieurs fois la coalition afin de stopper son avance le long de la frontière turco-syrienne déjà contrôlée en grande partie par les FDS. Le pouvoir turc craint en effet qu'un Kurdistan syrien autonome ou Rojava en cours de constitution devienne une base arrière du PKK à partir de laquelle cette organisation lancerait des attaques armées sur la Turquie.

Sur le plan interne, les Forces démocratiques syriennes ainsi que les Kurdes de manière générale, se sont largement opposés aux factions les plus islamistes des rebelles syriens. C'est notamment le cas de groupes comme Ahrar al-Sham, le Front al-Nosra ou le Front du Levant. Les FDS ont en revanche adopté une certaine neutralité envers le pouvoir syrien, alors que ce dernier a accordé aux Kurdes une autonomie de fait au début de la guerre civile syrienne en espérant ainsi qu'ils ne rejoignent pas les rebelles. Les FDS ont même coordonné certaines de ses actions avec l'armée syrienne, comme lors de l'offensive du nord d'Alep en février 2016 contre les rebelles syriens qui tenaient le corridor entre Azaz et Alep. Pourtant, les FDS comprennent plusieurs groupes rebelles anti-Assad à tendance « pro-démocratie », comme Jaych al-Thuwar qui a quitté les zones rebelles du fait de son opposition aux factions islamistes ou salafistes de la rébellion.

Le 31 janvier 2017, les Forces démocratiques syriennes annoncent avoir reçu pour la première fois des blindés américains[31].

Critiques[modifier | modifier le code]

Les Forces démocratiques syriennes ont été critiquées, notamment parce qu'elles représentent un groupe très majoritairement composé de Kurdes s'étendant de plus en plus dans des régions majoritairement peuplées d'Arabes sunnites. Ces derniers ne composent qu'une faible part de l'alliance, à l'inverse des zones tenues par l'État islamique, et sont parfois marginalisés dans les prises de décision[32]. De plus, les Unités de protection du peuple ont été ponctuellement accusées de crimes de guerre envers des populations arabes[33]. Dans un article du New York Times, Ben Hubbard considère notamment que les forces arabes sont peu équipées, peu entraînées et qu'elles disposent d'un encadrement insuffisant. De même, l'auteur note que la « Coalition arabe syrienne », censée coordonner et unir les différents groupes arabes, est une création américaine peu effective sur le terrain. De plus, les forces arabes et kurdes ne partagent pas les mêmes objectifs, les seconds soutenant la création d'un État kurde autonome ou indépendant dénommé « Rojava »[32].

Références[modifier | modifier le code]

  1. US preparing airbase in northeast Syria: reports.
  2. « US commander says Syrian Arab Coalition is now majority group within SDF », sur Rudaw, (consulté le 31 juillet 2017).
  3. « 3 maps that show why it won't be easy defeating ISIS ».
  4. Adam Patterson, « ISIS is Going to Lose Its Capital ».
  5. Mark Townsend, « Syria’s Kurds march on to Raqqa and the sea », .
  6. « US Gen. Townsend rebuffs Turkish reporter with 'political agenda' against SDF - Kom News », .
  7. « Exclusive: Syrian Kurdish YPG aims to expand force to over 100,000 », .
  8. Syrie: des Kurdes participeront à l'assaut de Raqqa (général américain), AFP, 2 mars 2017.
  9. Kurdes et Arabes créent les Forces démocratiques de Syrie, OLJ avec agences, 12 octobre 2015.
  10. Qui sont les nouveaux alliés des États-Unis en Syrie ?, Le Point, 14 octobre 2015.
  11. Syrian Democratic Forces, ypgrojava.com, 1er octobre 2015.
  12. New Syrian rebel alliance formed, says weapons on the way, Reuters, 12 octobre 2015.
  13. Syrian Democratic Forces Announce Final Declaration, ypgrojava.com, 16 octobre 2015.
  14. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u, v, w, x, y, z, aa, ab, ac, ad, ae et af Cody Roche, Factions Fighting in the Syrian Civil War, Bellingcat, 29 avril 2017.
  15. (en) Associated Press, « U.S.-backed Syrian Democratic Forces emerges as force against ISIS », sur thestar.com, (consulté le 30 décembre 2015).
  16. (en) Albin Szakola, « US preparing airbase in northeast Syria: reports », sur now.mmedia.me, (consulté le 30 décembre 2015).
  17. [1].
  18. [2].
  19. a et b Cédric Mas, La situation en Syrie au 20 février 2016, Kurultay.fr, 21 février 2016.
  20. A new brigade"Liwa Jund Al Haramayn" announced it is joining to our forces #SDF.#QSD #Syria Press Office10-3-2016, QSD Press Office, twitter, 10 mars 2016.
  21. Full press conference: Brigade" Jund Al Haramayn" announced it is joining to our forces #SDF. Press Office10-3-2016, QSD Press Office, twitter, 10 mars 2016.
  22. The Front of Thowwar Al-Raqqah announces its joining to the Syrian Democratic Forces, OSDH, 8 janvier 2016.
  23. Syrie : la coalition internationale et les rebelles ouvrent un nouveau front contre l'EI à Manbij, France 24 avec AFP et Reuters, 2 juin 2016.
  24. La Turquie lance une offensive terrestre sur le territoire syrien, RFI, 24 août 2016.
  25. La Turquie prête à soutenir une opération anti-EI à la frontière syrienne, AFP, 24 août 2016.
  26. Marie Jégo, Syrie : l’offensive de l’armée turque marque un tournant dans la guerre, Le Monde, 25 août 2016.
  27. Syrie: avancée vers Raqqa de forces anti EI, Le Figaro avec AFP, 21 février 2017.
  28. Luc Mathieu, Des forces spéciales américaines envoyées en Syrie, Libération, 30 octobre 2015.
  29. Jean-Pierre Perrin et Luc Mathieu, L’État islamique sur la défensive, Libération, 12 novembre 2015.
  30. Syrie : l’alliance des Russes et des Kurdes dans « l’épicentre de la guerre » sur L'Opinion, le 21 décembre 2015.
  31. Syrie: des forces anti-EI disent avoir reçu des blindés de l'administration Trump, Le Figaro avec AFP, 31 janvier 2017.
  32. a et b (en) Ben Hubbard, « New U.S.-Backed Alliance to Counter ISIS in Syria Falters », sur The New York Times, (consulté le 30 décembre 2015).
  33. Amnesty accuse les forces kurdes syriennes d’avoir commis des crimes de guerre, Le Monde avec AFP, 13 octobre 2015.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]