Albert Marquet

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Albert Marquet
Albert Marquet (1875-1947), c. 1920s.jpg
Albert Marquet aux environs de 1916.
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 72 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Pierre Léopold Albert MarquetVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Formation
Maître
Représenté par
Artists Rights Society (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Marcelle Marquet (d) (depuis )Voir et modifier les données sur Wikidata
signature d'Albert Marquet
signature

Albert Marquet est un peintre et dessinateur français, né à Bordeaux le 27 mars 1875, mort à Paris le 14 juin 1947, et inhumé à La Frette-sur-Seine.

Issu d'un milieu modeste, Albert Marquet est encouragé par sa mère à se former à Paris, où il se lie tout particulièrement avec Henri Matisse. Solidaire du mouvement fauve, il poursuit sa carrière sans se laisser influencer par les autres courants du Postimpressionnisme et, dès les années 1910, rencontre un succès qui lui permet de vivre confortablement de son art. Grand voyageur, il parcourt la France, l'Europe, le Maghreb, et jusqu'au Proche-Orient. À partir de 1920, il quitte chaque hiver Paris pour Alger, où il rencontre sa femme, Marcelle Martinet (1892-1984), et où il passera en partie la Seconde Guerre mondiale.

Hormis quelques portraits et natures mortes, ainsi qu'un certain nombre de nus et des dessins notamment érotiques, Marquet se consacre aux paysages, naturels ou urbains, souvent vus en surplomb et marqués par la présence de l'eau. Comme s'il prenait le contre-pied de l'Impressionnisme, il les simplifie et les traite en aplats, dans des tons volontiers restreints, voire neutres, un trait sombre pouvant souligner les contours et les lignes de force — ce qui n'exclut pas une grande maîtrise de la lumière. Il peint toujours sur le motif, ses sujets répétitifs relevant de la variation plus que de la série systématique.

L'œuvre, peu évolutive, semble résister aux commentaires, d'autant que son auteur, très taciturne, ne se livrait pas plus sur son travail ou ses conceptions que sur lui-même. Son refus de la théorie et son indépendance vis à vis des courants esthétiques — qu'il n'ignorait pas — conduisirent certains critiques à le considérer comme un autodidacte. Marquet se situerait en fait dans le sillage de Paul Cézanne, mais en intégrant le monde moderne à sa peinture. Sa technique, qui vise à synthétiser les formes, faisait déjà dire à Léon Werth qu'il cherchait à peindre non pas l'essence mais l'essentiel.

Né au moment de sa renaissance sous le pinceau des Impressionnistes, Albert Marquet disparaît en même temps que cette peinture de paysage qu'il a contribué, comme Bonnard ou Dufy, à transformer tout en la maintenant dans une certaine tradition. Ceci explique peut-être l'oubli relatif dans lequel est tombée l'œuvre de celui qui déclarait en 1936 : « Je ne sais ni écrire ni parler mais seulement peindre et dessiner. Regardez ce que je fais. Ou je suis arrivé à m'exprimer ou j'ai échoué. En ce cas, que vous me compreniez ou pas, par votre faute ou par la mienne, je ne peux pas faire plus. »

Biographie[modifier | modifier le code]

Photo sépia montrant des quais avec bâtiments bas, personnages, carrioles, tonneaux et, au fond, de grands voiliers sur l'eau
Albert Marquet est né à Bordeaux non loin des quais (vus ici vers 1900).

La jeunesse de Marquet reste mal connue jusqu'à ce qu'il monte à Paris étudier la peinture. Informations et témoignages deviennent alors plus nombreux, sans compter les portraits et récits de voyages publiés plus tard par sa femme. La fragilité physique de Marquet n'empêche pas son ami Matisse de le définir comme « un lutteur, solide en terre »[1]. D'un caractère à la fois timide et sociable, il aime la distraction et s'avère plein d'humour : tandis que Marcel Sembat se le rappelle parfois sur la défensive[2], Jean Cassou note que cet homme qui s'amusait de tout savait le manifester par un clin d'œil ou un sourire[3]. « Albert Marquet est à l'image de sa peinture : calme, modeste, sans emphase[4] » ; et sa vie paraît aussi lisse que le personnage, sans autre mystère que sa propension au silence[5].

Jeunesse et débuts (1875-1906)[modifier | modifier le code]

Pierre Léopold Albert, dit plus tard Albert Marquet, est né au domicile de ses parents, 114 rue Pelleport à Bordeaux. Il est le fils unique de Joseph Marquet, employé des chemins de fer, et de son épouse Marguerite, née Deyres, âgés respectivement de 40 et 26 ans[6]. Après une enfance un peu triste, ses études dans différentes écoles d'art parisiennes le mettent au contact de l'effervescence du postimpressionnisme et de ceux qui resteront ses amis les plus chers. La vie n'est pas facile pour un jeune artiste sans ressources, mais Marquet va réussir à tracer sa voie, en marge du fauvisme.

Une vocation précoce[modifier | modifier le code]

D'un tempérament plus secret que solitaire, Albert Marquet enfant semble avoir trouvé dans l'art un exutoire à ses complexes.

Portrait dans des teintes chaudes représentant une femme entre deux âges en train de coudre, tête baissée, un chat sur les genoux
La mère de l'artiste peinte par lui vers 1905-1906 (pastel sur papier, 61 × 50 cm, Musée des beaux-arts de Bordeaux.

Son enfance n'a pas été simple. Petit et maigrelet, il est affligé d'un pied bot qui le gêne pour courir et le fait moquer dans la cour de l'école. De surcroît il est myope mais ne porte pas de lunettes. Il s'évade pourtant dans le spectacle animé du port de Bordeaux, et du bassin d'Arcachon lors des vacances familiales au Teich ou à Arès (village de sa mère)[7]. D'après Marcelle Marquet, le port était pour lui un véritable refuge, et se glisser entre les tonneaux ou les ballots de marchandise pour voir arriver et repartir les navires lui donnait l'impression de vivre ses seuls moments pleins et vrais[a]. C'est sans doute de là entre autres que lui vient sa fascination pour l'eau, les bateaux, les quais[9].

Peu enclin à l'étude, le garçon couvre ses cahiers de croquis et s'isole au calme pour dessiner. Marguerite, le jugeant très doué, décide de le soutenir dans cette voie[10]. Plus tard André Rouveyre, proche de Marquet, rendra hommage au dévouement de cette mère dont Matisse appréciait aussi la bonté et la finesse[11].

Photo en noir et blanc montrant une rue animée bordée d'arbres et d'immeubles, avec sur la chaussée des passants et des voitures à cheval
La rue Monge, début du XXe siècle.

En 1890, contre l'avis de son mari qui n'est pas encore en retraite, elle monte dans la capitale avec l'adolescent et ouvre grâce à un héritage de ses parents une petite boutique au 38 de la rue Monge, « Jours et Broderies » : mère et fils logent au cinquième étage du même immeuble. Inscrit à l'École des Arts décoratifs, Albert y rencontre Géo Dupuis, Marcel-Lenoir et, aux cours du soir en octobre 1892[12], Henri Matisse. Celui-ci, de cinq ans son aîné, prend sous son aile le jeune provincial complexé, raillé pour son accent et surnommé « l'English » à cause de ses toutes nouvelles lunettes : c'est le début d'un long compagnonnage artistique, et d'une amitié indéfectible malgré des périodes d'éloignement[7] — ce que traduiront au fil des ans quelque 200 lettres[1].

Matisse et Marquet quittent « les arts déco » lorsqu'ils intègrent — l'un après l'autre et non sans peine apparemment — l'École nationale supérieure des beaux-arts. De 1895 à sa mort en 1898, ils suivent ensemble l'enseignement sans contraintes de Gustave Moreau[12]. Le vieux symboliste, dont l'aura est grande auprès de ses élèves, se définit comme un « passeur » : il cherche à faire éclore leur personnalité tout en les incitant à travailler la technique[13] et à se frotter aux grands maîtres. Marquet se rend très régulièrement au Louvre pour copier des tableaux de Titien, Poussin, Véronèse, le Lorrain, Chardin… Lui et Matisse se lient avec d'autres étudiants de l'atelier, tels Henri Manguin, Jules Flandrin, Louis Valtat, Henri Evenepoel, Simon Bussy ou Georges Rouault : mais c'est avec Charles Camoin qu'ils formeront un trio soudé jusqu'à la fin de leur vie[10].

Après un bref passage à l'atelier de Fernand Cormon puis à l'Académie Julian, les deux amis s'inscrivent aux cours d'Eugène Carrière rue du Vieux-Colombier, où ils croisent encore André Derain, Pierre Laprade, Jean Puy et Maurice de Vlaminck. Dès cette époque Marquet peint, en petit format, des vues de la Seine, des quais et des ponts[7].

La bohème[modifier | modifier le code]

Marquet partage avec Matisse dix années d'apprentissage qui sont aussi dix années de pauvreté.

Tous deux se sont attendris au soir de leur vie sur cette jeunesse où ils s'épaulaient dans un dénuement que Matisse, déjà marié et père de famille, dissimulait sous une façade respectable. « Nous n'avions pas de quoi nous payer un bock, confie-t-il lors d'un entretien en 1925. Marquet était dans une telle misère qu'un jour je fus contraint de réclamer les vingt francs que lui devait un amateur ». Matisse se souvient qu'entre autres travaux alimentaires, ils s'étaient fait engager avant l'Exposition universelle de 1900 pour « brosser au kilomètre des guirlandes aux plafonds du Grand Palais » — tâche éreintante et sous-payée[1]. Il semble aussi à l'origine de la rumeur selon laquelle Marquet se serait mis à peindre en gris parce qu'il n'avait pas de quoi s'acheter des couleurs, notamment les jaunes et les rouges de cadmium[14],[15].

Malgré le caractère difficile de Joseph Marquet, qui a rejoint femme et enfant au bout de deux ans, Albert suit ses parents dans leurs déménagements, avenue de Versailles en 1901, quai des Grands-Augustins en 1905, place Dauphine en 1906, après le décès de son père[b]. Il peint ce qu'il voit depuis les fenêtres, bien à l'abri des badauds[7], louant quand il le peut une chambre de bonne ou d'hôtel en guise d'atelier : 25 quai de la Tournelle, d'où il entreprend des chevets de Notre-Dame, ainsi que des ponts et des quais (1902) ; 1 rue Dauphine, d'où il poursuit ses vues de la Seine (1904)[17]. C'est de l'appartement de ses parents qu'il représente le quai des Grands-Augustins et tantôt, regardant à gauche, le pont Neuf et le Louvre, tantôt, regardant à droite, le pont Saint-Michel et la cathédrale[16] : les montrer par tous les temps et sous tous les éclairages lui a sans doute été inspiré par la série des Cathédrales de Rouen de Monet que Paul Durand-Ruel a exposée en 1904[18]. Une chambre occupée quelques mois quai du Louvre en 1906 lui offre un panorama qui va de l'Île de la Cité à la tour Eiffel[16].



Durant cette période Marquet et Matisse travaillent toujours côte à côte, en cours, au jardin du Luxembourg, à Arcueil, à Saint-Cloud : parfois réalisés au pastel, leurs paysages au tournant du siècle manifestent leur commune admiration pour Cézanne. Ils s'entraînent aussi à dessiner le plus rapidement possible des scènes de rue ou des personnages saisis en plein mouvement : péniches, fiacres, cyclistes, passants pressés, blanchisseuses, chanteuses de café-concert. Marquet excelle dans ces exercices en noir et blanc où comptent l'économie du geste et la sûreté du trait : Matisse en 1943 l'apparentera aux « fous de dessin » japonais, Hokusai en particulier[14],[19]. Tous deux se retrouvent enfin chez Henri Manguin, seul à disposer d'un atelier où trois à quatre camarades peuvent partager les frais d'un modèle. Jusqu'à ce que Manguin la quitte pour Neuilly, tous les artistes marquants du début du XXe siècle auront fréquenté sa maison du 61 rue Boursault, dans le 17e arrondissement. Des toiles de 1904-1905 où ils se peignent mutuellement en train de peindre[c] témoignent de l'émulation qui a fait de ce lieu l'un des creusets du fauvisme[20].

Sous la bannière des fauves[modifier | modifier le code]

Couverture beige avec caractères et dessins noirs et rouges
Couverture du catalogue du Salon d'automne de 1905.

Le rôle prépondérant de Matisse dans le mouvement a occulté celui de Marquet, qui s'y est investi sans toutefois s'y engager à fond[19].

Le fauvisme émerge au tout début du XXe siècle pour s'éteindre dès les années 1910, non sans avoir révolutionné l'approche chromatique en peinture. Il peut être vu comme la convergence momentanée d'avant-gardes issues de l'éclatement de l'impressionnisme : décomposition de l'espace par Cézanne, synthétisme de Gauguin, pré-expressionnisme chez Van Gogh, pointillisme de Cross et Signac[21]. Plusieurs anciens de l'atelier de Gustave Moreau, Matisse en tête, développent les principes suivants : formes simplifiées, couleurs pures détachées de la réalité de l'objet, cloisonnées et posées en aplats, plus violentes que celles des nabis de la décennie précédente[22]. Matisse et Marquet sont les premiers à avoir usé de tons purs lors des séances de travail chez Henri Manguin[14], et les critiques, vers 1904, parlaient aussi bien du « groupe Marquet » que du « groupe Matisse »[19].

Tableau présentant dans une palette vive et claire un premier plan de végétation, puis une étendue d'eau, et au fond des collines boisées
Vue d'Agay présentée par Marquet au salon de 1905 (huile sur toile, 65 × 80 cm, Musée national d'Art moderne)..

À partir de 1901 Marquet expose avec les autres au Salon des indépendants, et Claude Roger-Marx salue bientôt son « autorité grandissante » parmi ces coloristes puissants inspirés tant par Cézanne que par les vieux maîtres[23]. Dès 1902 Berthe Weill ouvre sa galerie de la rue Victor-Massé aux « élèves de Gustave Moreau » : tout comme Eugène Druet, elle s'est intéressée aux fauves avant même le Salon d'automne de 1905 où ils ont gagné leur surnom[20]. Cette année-là, dans la salle VII du salon qui depuis deux ans offre à de jeunes artistes l'occasion de se faire connaître, cinq toiles de Marquet figurent parmi celles de Matisse, Derain, Vlaminck, Manguin et Camoin[d]. Les formes et surtout les couleurs font scandale : tandis que Camille Mauclair a l'impression d'un « pot de peinture jeté à la face du public » et Marcel Nicolle de « jeux barbares et naïfs » d'enfants, Louis Vauxcelles parle, plutôt en bien d'ailleurs, d'« orgie des tons purs », et compare la statue d'Albert Marque qui avait été placée au milieu de la salle à un « Donatello parmi les fauves »[24].

Conscient comme ses camarades qu'il leur faut une visibilité, Marquet continue à se joindre à leurs expositions et sera de tous les comités organisateurs (sélection des œuvres, accrochage, etc)[19]. Il ne suit pourtant pas Matisse dans ses explorations divisionnistes aux côtés de Paul Signac et André Derain, ni dans sa conceptualisation de la couleur comme vecteur d'expressivité[e]. Marquet, qui garde une approche réaliste, s'attache déjà davantage aux lignes et aux valeurs[25] ; peindre à la manière fauve consiste pour lui à user de tons purs tout en opposant, selon Roger-Marx, « une sourde résistance à ce qu'il y a d'un peu forcé et de systématique dans l'exaltation colorée que cultivent ses camarades ». Un critique comme Gustave Coquiot lui reproche un fauvisme assagi propre à plaire au grand public[26].

Marquet, résumera Vauxcelles en 1934, n'était entré dans la « cage aux fauves » que « pour ne pas lâcher les copains […], son esthétique [étant] aux antipodes de la leur » ; et l'artiste lui-même déclarait en 1929 n'avoir peint « dans ce genre qu'à Arcueil et au Luxembourg »[27]. Sa façon de synthétiser les formes tiendrait fondamentalement, du début à la fin de sa carrière, plus à sa découverte de Paul Cézanne lors d'une rétrospective organisée en 1895 par Ambroise Vollard qu'à son compagnonnage avec les fauves[28]. Malgré cela, « Albert Marquet est enrôlé à tout jamais dans le mouvement[24] ».

Chemins personnels[modifier | modifier le code]

Tableau dans des tons clairs et lumineux avec angle d'immeuble au premier plan à droite, puis quai avec petits personnages, et au loin pont, immeubles, silhouette de cathédrale
Notre-Dame, soleil (1904) (huile sur toile, 73 × 60 cm, Musée des beaux-arts de Pau).

Réfractaire aux théories comme aux coteries — et plus tard aux honneurs —, Albert Marquet manifeste son indépendance par ses silences mêmes, tout en restant lié aux amis avec lesquels il peint et voyage en France[29].

Il en va du rapport de Marquet avec le fauvisme comme de son attirance pour le japonisme, visible à travers ses simplifications formelles, la concision de ses compositions et ses perspectives à vol d'oiseau : il s'en dégage très rapidement en captant ce à quoi il a été sensible. Soumis de même à l'influence diffuse des milieux symbolistes — à travers ses maîtres Gustave Moreau et Eugène Carrière, ses aînés Odilon Redon ou Félix Vallotton, ou encore ses amis libertaires Maximilien Luce, Félix Fénéon, George Besson[27] —, il en retire essentiellement l'idée d'une peinture spontanée et sans filtre, qui se tienne éloignée de la culture classique comme des élaborations conceptuelles afin de rester au plus près du réel et de l'émotion.

Tableau représentant en plongée et dans des tons neutres une rue animée bordée d'immeubles et semée de drapeaux où domine le rouge
Le 14 juillet au Havre (1906) (huile sur toile, 80 × 64 cm, Musée Albert-André).

Sans lui prêter les positions ouvertement anarchistes de Besson ou Fénéon, Emil Szittya considère que son regard, bienveillant quoique teinté d'ironie, émane d'un même humanisme[29], ce qui fait écho au jugement de Guillaume Apollinaire devant deux toiles de Marquet au Salon des indépendants de 1910 : « Ce peintre regarde la nature avec bonté. Il y a en lui un peu de la douceur de saint François[30]. »

Dès le tournant du siècle Marquet s'est mis à passer des vacances hors de Paris : en 1903 il séjourne en Normandie avec la famille d'Henri Manguin, avant de sillonner la région en sa compagnie, de Falaise à Flamanville. L'été suivant il reste à Paris peaufiner avec enthousiasme une série de dessins destinés à illustrer le roman de Charles-Louis Philippe Bubu de Montparnasse[f] — et refusés, à sa grande déception, par l'éditeur[31].

C'est en 1905 que Marquet découvre la Côte d'Azur, suivant l'habitude de certains artistes (Van Gogh et Gauguin par exemple) d'aller dans le Midi travailler en communauté[32] : Saint-Tropez d'abord, avec Manguin puis Camoin, qui l'accompagne chez Paul Signac — ainsi qu'auprès des prostituées du bar des Roses qu'ils font poser pour eux ; ensuite Cassis, Agay, Menton et Nice. Toujours attiré par ailleurs, à l'instar des Impressionnistes, par les eaux et les lumières normandes, Marquet rejoint en juillet 1906 Raoul Dufy au Havre : ils peignent depuis le balcon de leur hôtel les rues et maisons pavoisées pour la fête nationale, et posent leur chevalet sur la plage de Sainte-Adresse ; en août ils se rendent à Honfleur, Trouville, Fécamp, Dieppe[22].

L'année 1906 est un tournant : Marquet commence à être connu et à sortir de ses difficultés financières. Invité par l'historien d'art Élie Faure à participer au Salon belge de La Libre Esthétique, il y recommande même son ami Matisse. En marge des salons, Berthe Weill, Eugène Druet et bientôt la galerie Bernheim-Jeune l'exposent avec d'autres[9]. Mais surtout, si l'État lui avait acheté dès l'année précédente Notre-Dame, soleil — première de ses œuvres à entrer dans les collections publiques[17] —, son contrat d'exclusivité[31] avec Druet, qui a acquis toute sa production de l'année, le met désormais à l'abri du besoin[33].

La reconnaissance (1907-1919)[modifier | modifier le code]

Plaque claire tout en hauteur avec en rouge quantité de noms gravés sous ceux, en gros, de Matisse et Marquet.
Marquet a peint là près de vingt-cinq ans.

Marquet a acquis assez d'aisance pour voyager, le plus souvent avec des amis, visitant dans un curieux chassé-croisé les mêmes lieux que Matisse à quelques mois de distance[34]. Le reste du temps il travaille beaucoup et sa notoriété augmente. Même pendant la Première Guerre mondiale, il ne cesse de participer à des expositions tant à Paris que dans d'autres capitales européennes : il a été démobilisé, et le député collectionneur Marcel Sembat lui a conseillé ainsi qu'à Matisse de continuer à peindre car, leur dit-il, « personne, dans ce domaine, ne peut vous remplacer »[35]. Cette décennie est aussi celle de la liaison avec Yvonne, son modèle préféré.

 Amis, amours et plaisirs[modifier | modifier le code]

Albert Marquet ne travaille pas absolument sans relâche : il aime à s'amuser et sa vie sociale est bien remplie.

En 1908 Marquet, qui habitait sur le même palier, reprend le bail du petit logement-atelier (un deux pièces-cuisine[36]) libéré par Matisse au 5e étage du 19 quai Saint-Michel : il y restera jusqu'en 1931, son ami réenménageant avec sa famille à l'étage en-dessous en 1914. S'il fréquente régulièrement jusqu'à la Première Guerre mondiale les cours de croquis de l'Académie Ranson[33], il arrive à Marquet de s'ennuyer lorsque Matisse et par exemple Juan Gris se lancent dans des discussions abstraites sur l'art. Moins sérieux que son aîné — qui se soucie pourtant toujours de son jugement —, il se laisse plus facilement déconcentrer et tenter, selon ses propres termes, par des plaisirs de « célibataire libertin putassier » peu avouables devant Amélie Matisse[34] : il fréquente les maisons closes, de Marseille notamment, avec Charles Camoin ou George Besson. Celui-ci lui a été présenté en mai 1910 par Francis Jourdain, à la galerie Druet, et leur amitié prend un tour vraiment intime à partir de 1917, pour ne cesser qu'à la mort de Marquet[37]. À deux reprises ils réussissent à convaincre Matisse de les rejoindre dans la cité phocéenne, fin 1915 et fin 1917[g],[38].

Durant l'hiver 1908-1909, Marquet renoue avec l'étude du nu qu'il avait pratiquée naguère, en jouant de couleurs moins vives comme dans le Nu à contre-jour. Parmi les modèles égayant de leur compagnie ses journées d'homme seul, Ernestine Bazin, surnommée Yvonne, est une jeune femme vive et délurée qui sait le faire rire. Bien qu'il ne semble pas éprouver beaucoup d'amour pour elle et que ses amis ne la tiennent pas en haute estime[h], tous deux se mettent bientôt en ménage et le resteront jusqu'en 1922 — le peintre conservant par ailleurs sa liberté[40]. Elle lui inspire de nombreuses toiles d'un érotisme frontal, telles le Nu au divan dont Claude Roger-Marx rapproche l'expression froide et la simplicité de l'Olympia de Manet[41].

En parallèle, Marquet tire des ébats auxquels il assiste dans les lupanars — hommes et femmes ou femmes entre elles — quelques tableaux (Les Deux Amies) et une série de dessins érotiques à l'encre : réalisés jusque dans les années 1920, ils nourriront les vingt estampes de L'Académie des dames, publié en 1930 avec un poème de Verlaine, ainsi que d'autres recueils circulant plus ou moins sous le manteau[42].



Outre le spectacle infini et stimulant que lui procurent ses promenades dans Paris ou ce qu'il voit de ses fenêtres, Marquet aime jouer au billard, aux échecs[39], et il n'est pas le dernier à faire la fête. Le a lieu dans l'atelier de Van Dongen à Montparnasse un bal costumé mémorable : « Le déguisement est obligatoire pour les hommes. Les femmes sont priées d'être belles et peu vêtues », stipulait le carton d'invitation. George Besson se rappellera, parmi la foule d'artistes, écrivains, comédiens, sportifs ou individus un peu louches, « Matisse, Marquet et Camoin, costumés en popes barbus, dansant à la cosaque, vociférant et enlevant leur robe pour apparaître en maillot rose avec des muscles mal placés, des touffes de poils arbitrairement distribuées, et […] des inscriptions désignant d'effroyables infirmités »[43].

Marquet a trente-neuf ans lors de la déclaration de guerre : il est mobilisé, puis réformé pour raison de santé. Il vit les angoisses de l'automne 1914 avec Matisse. Déambulant au Quartier latin en compagnie de Van Dongen, ils se sentent inutiles, s'inquiètent du sort de leurs amis partis au front, et s'organisent pour leur adresser des colis de nourriture et de vêtements, en plus d'un courrier abondant. En 1915 Marquet aide dans la mesure de ses moyens des anciens des Beaux-Arts en permission[44]. Lorsqu'ils sont loin de Paris, lui et Matisse reviennent en alternance veiller sur leurs ateliers respectifs[45]. Tous les camarades se retrouveront dans la capitale en novembre 1918 pour fêter la fin des hostilités[46].


Les succès du peintre[modifier | modifier le code]

Photo en noir et blanc d'un gros bâtiment d'angle à gauche, sur une place avec des passants, et des colonnes à droite
Galerie Bernheim-Jeune, 1910.

Les œuvres d'Albert Marquet suscitent un engouement qui se manifeste chaque année par de multiples expositions en France et ailleurs, ainsi que par l'intérêt croissant des collectionneurs.

Marquet continue à participer durant toutes ces années au Salon d'automne et au Salon des indépendants. Il est très souvent exposé avec d'autres dans les galeries de Berthe Weill, Bernheim-Jeune, Eugène Blot — ainsi, chez celui-ci, avec Camille Claudel, en novembre 1907[33]. Eugène Druet le range dans le troisième des quatre groupes d'artistes qu'il met en valeur dans son « Exposition annuelle » au début des années 1910[47], et l'inclut dans les peintres dont il montre les dessins et les aquarelles en janvier 1912.

Peinture montrant des barques et des voiliers sur l'eau, avec au fond deux mamelons montagneux
Le Port de Naples (1909) (huile sur toile, 63,5 × 76,5 cm, Musée des Beaux-Arts et d'Archéologie de Besançon).

Le Cercle de l'art moderne du Havre, où ses œuvres sont accrochées régulièrement depuis 1906[i], devient également l'un des lieux favoris de Marquet, qui sera en outre bien représenté dans la section artistique de l'Exposition internationale de Lyon entre mai et novembre 1914 [48].

En 1907 Druet lui a offert sa première exposition monographique : trente-neuf de ses œuvres étaient visibles en février rue du Faubourg-Saint-Honoré ; cinquante-trois le sont dans la galerie de la rue Royale en mai 1910, et quarante-sept encore en avril 1913, qui lui attirent des critiques élogieuses dans divers journaux, dont Le Figaro, Gil Blas et Comœdia[40],[48].

Les manifestations artistiques se raréfient durant la guerre, mais Marquet expose en mars 1916 au Jeu de paume pour le Salon de la Triennale, et il offre des peintures pour des expositions-ventes au profit des artistes ou des victimes de la guerre. C'est là qu'en 1917 Claude Monet lui achète Le Port de Naples, l'invitant à lui rendre visite à Giverny avec Matisse[47].

Les œuvres de Marquet plaisent aussi beaucoup à l'étranger. Après une exposition itinérante de mars à novembre 1907 (Vienne, Budapest, Prague), elles sont montrées au printemps suivant lors de plusieurs manifestations à Liège, Moscou (Galerie Tretiakov) et Berlin — dans le cadre de la Sécession[33], à qui il enverra de nouveau des toiles de 1911 à 1913. À partie de 1909 il figure dans quantité d'expositions collectives internationales : Saint-Pétersbourg (à l'initiative notamment de la revue Apollon), Kiev, Riga, Odessa, Prague, Cologne, Londres, Bruxelles, Winterthur, Gand (pour l'exposition universelle de 1913), et enfin, grâce à l'entremise de Druet, New York, Boston et Chicago (pour l'« Armory Show » qui se déroule de février à mai 1913)[48]. Au printemps 1916, un ancien peintre devenu marchand d'art, Walter Halvorsen, se fait guider par Matisse et Marquet, dont il a visité l'atelier, pour choisir des œuvres d'artistes variés à rapporter en Norvège[44].



Marquet a vendu en 1907 quelques toiles à Daniel-Henry Kahnweiler, marchand de l'homme d'affaires et collectionneur russe Ivan Morozov. Celui-ci est également conseillé par Ambroise Vollard, Durand-Ruel et Druet, ces deux derniers étant par ailleurs en relation avec Sergueï Chtchoukine. Entre 1908 et 1913, le peintre vend ainsi à chacun de ces deux grands amateurs d'art moderne un bon nombre d'œuvres qui, comme toutes celles qu'ils avaient achetées en France, seront réparties après la Révolution d'Octobre puis la période stalinienne entre le musée de l'Ermitage de Saint-Pétersbourg et le musée Pouchkine de Moscou[47].

Attristé par le décès subit d'Eugène Druet en janvier 1916, Marquet voit son contrat reconduit pour trois ans par sa veuve et en signe un autre avec Bernheim-Jeune[44]. Ses deux principaux marchands lui resteront fidèles car ses œuvres se vendent bien[5].

Voyages[modifier | modifier le code]

Marquet s'est découvert voyageur insatiable, fuyant moins, d'après ce qu'en dira sa femme, les trépidations de Paris que ce et ceux qui l'empêchent d'en jouir en toute intimité[49].

Un séjour à Londres avec Charles Camoin et Othon Friesz, à partir de mai 1907, est interrompu mi-juillet : Marquet doit rentrer précipitamment au chevet de sa mère, qui s'éteint au Teich le 25 août. Très affecté, il descend travailler à Ciboure et Saint-Jean-de-Luz. L'année suivante il visite l'Italie avec Henri Manguin, poussant jusqu'à Naples[50] et s'arrêtant entre autres à Fiesole, où se trouvent Paul Signac mais aussi Leo et Gertrude Stein, défenseurs de l'art moderne et en particulier du fauvisme de Matisse. Au retour, Marquet va voir Camoin à Cassis, avant d'aller se reposer de la chaleur à Poissy[33], dans un hôtel. La vieille cité médiévale industrialisée au XIXe siècle a gardé son charme et ses guinguettes, qui lui inspirent plusieurs esquisses et toiles de petit format. Par temps gris, il pêche à la ligne avec Matisse, venu le rejoindre[51]. C'est là que les deux amis décident de s'embarquer pour Dakar, où ils passent une semaine avant le salon d'automne[33].

Pendant les premiers mois de l'année 1909, Marquet est à Hambourg : froid, pluie et neige ne l'empêchent pas de dessiner ni de peindre — mais à l'avenir il préférera l'hiver travailler en atelier à Paris[40]. Il visite dans la foulée les musées de Berlin, Dresde et Munich. Rentré très fatigué, il repart néanmoins dès le mois de juin pour Naples et la Sicile, puis pour Tanger en septembre, avec l'écrivain Eugène Montfort ; au retour ils font halte à Séville[52]. En 1910 Marquet se rend avec Matisse en Bavière et en Autriche, après un été passé en compagnie de Manguin puis de Friesz dans une villa louée à Villennes-sur-Seine, village résidentiel proche de Poissy[40].

Opéré d'une hernie en novembre 1910, il garde la chambre un mois et reprend la peinture de nu pour se ménager : il ne se risque travailler dehors qu'à partir d'avril 1911, d'abord à Paris, où il peint l'Église de la Trinité, puis à Conflans-Sainte-Honorine, Le Havre, Honfleur. Mais dès le mois d'août il parcourt le Maroc à cheval avec Monfort, de Tétouan à Fès, Rabat et Casablanca. Il n'en rapporte que quelques gouaches, décrétant dans une lettre à Matisse : « Je ne serai jamais un orientaliste »[52]. Il n'en retournera pas moins au Maroc deux ans plus tard, dans le sud cette fois, toujours avec Montfort ; ses escapades de 1912 et 1913 ont eu sinon pour cadre la Normandie (Rouen, par temps gris[40]), le Midi (Marseille, Toulon), et l'Île-de-France (Champigny-sur-Marne, La-Varenne-Saint-Hilaire, Samois, Villennes-sur-Seine)[48].



En mai 1914, Marquet séjourne à Rotterdam, d'où il se rend à La Haye contempler les œuvres de Rembrandt et Vermeer[48]. La guerre va freiner ses déplacements. Fin août 1914 Matisse et lui partent à Collioure puis, avec Étienne Terrus et Juan Gris, à Céret, où ils rencontrent le sculpteur Manolo Hugué[35] ; mais l'inquiétude les fait remonter à Paris dès novembre. Après cela, hormis un voyage à Barcelone et aux Baléares en avril 1917 — où il semble s'être beaucoup amusé sans produire autre chose que des croquis —, Marquet passe toute la guerre, soit avec Besson, soit avec Matisse, entre Paris (qu'il fuit dès qu'il y a des bombardements[46]), diverses bourgades de la région parisienne, et Marseille (où il occupe l'appartement de Montfort quand il ne s'installe pas à l'Estaque)[47].

Début 1918, puis derechef au printemps 1919 où Marquet est descendu à Nice soigner une mauvaise grippe, Matisse l'accompagne à Cagnes-sur-Mer chez Renoir, et ils font de nombreuses excursions dans l'arrière-pays[46]. Marquet achève de se remettre en passant l'été à peindre mais aussi à nager, pêcher, canoter ou se promener à Herblay-sur-Seine. À la fin de l'année 1919, de nouveau grippé et conseillé par son médecin et ami Élie Faure, il décide d'aller chercher le soleil en Algérie[39].

Entre France et Algérie (1920-1947)[modifier | modifier le code]

Dès son premier séjour à Alger, Albert Marquet fait la connaissance de Marcelle Martinet, une pied-noir. Une fois mariés ils y retournent tous les ans jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, effectuant par ailleurs plusieurs voyages en Europe du Nord et de longues croisières autour de la Méditerranée. Déchargé par sa femme des soucis d'ordre matériel, le peintre a tout loisir pour travailler[47] : les années 1930 marquent sa consécration — ainsi qu'une certaine affirmation de ses idées de gauche[53]. L'achat d'un appartement à Paris puis d'une maison à Alger ne le détourne pas des villégiatures plus modestes qu'offre l'hexagone, notamment La Frette-sur-Seine.


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Une vue d'Alger en 1921.

À l'occasion de son séjour en Algérie, il rencontre une jeune écrivaine Marcelle Martinet (sous le nom de Marcelle Marty, puis de Marcelle Marquet ) originaire d'Alger, qui lui sert de guide. Marquet timide, se confie à elle, à travers une longue correspondance. Intelligente, cultivée, Marcelle devient sa confidente et, le 10 février 1923, sa femme à Alger[54]. Avec Marcelle, il découvre les oasis du sud algérien, le Sahara, le Maroc ou la Tunisie. Marcelle devient sa secrétaire et prend en charge sa correspondance. Ensemble ils publient, en 1925, le livre de Marcelle Marty, Moussa, le petit noir, illustré de 23 dessins et aquarelles de A. Marquet.

À partir de cette date, Albert Marquet passe tous les hivers à Alger[55], voyageant le reste de l'année, en Norvège, en Italie, en France métropolitaine… faisant de lui un voyageur perpétuel, dont la peinture en est le carnet de voyage et est reconnue à travers de très nombreuses expositions à travers le monde (Le Caire, Chicago, Stockholm, etc.). Il peint les ports, les paysages qu'il a traversés quasiment sans aucun personnage.

En 1931, il achète un appartement rue Dauphine avec vue sur le Pont-Neuf et la Samaritaine. Le céramiste Josep Llorens i Artigas lui enseigne la céramique. Albert Marquet s'est lié à plusieurs écrivains dont le poète Paul Fort[56], des jeunes peintres comme Yahia Turki. En 1933, il fait une croisière en Méditerranée et descend le Danube jusqu'à la Mer noire. En 1934, il fait un long voyage en URSS où le peintre est entouré et fêté. L'été 1935 le voit de retour sur le bassin d'Arcachon d'où sa famille est originaire : il s'installe à Pyla-sur-Mer et peint plusieurs œuvres[57]. En 1937, il voyage aux Pays-Bas, en Suède.

Vue de La Frette-sur-Seine en bord de Seine où est enterré Albert Marquet

La galerie Druet fait faillite, le stock dispersé. Marquet découvre le village de la Frette-sur-Seine, y loue une maison près du chemin de halage et y installe son atelier[58].

En 1938, il participe aux actions caritatives pour la défense des intellectuels allemands chassés par les nazis. À cette occasion, il rencontre le peintre François Desnoyer.

En 1940, après avoir mis ses œuvres à l'abri, il est contraint de quitter la France métropolitaine pour Alger, de peur des représailles pour avoir signé la pétition de protestation des artistes et des intellectuels contre le nazisme[59]. Sa maison est réquisitionnée par les Allemands, son appartement perquisitionné. Ses œuvres sont protégées par Louis Martinet, oncle de Marcelle, qui, avec des amis, les cachent. Certaines sont même confiées à Vlaminck. Marquet vit à Alger pendant toute la durée de la guerre. Il refuse de participer au Salon des Tuileries qui exige de lui un certificat de « non-appartenance à la race juive », et y fait décrocher des cimaises ses œuvres prêtées par des collectionneurs par « solidarité avec ses amis juifs »[60]. En 1942, il organise à Alger une vente pour la Résistance nationale. En 1943, le général de Gaulle reçoit une de ses toiles en cadeau[61]. En 1945, il devient peintre officiel de la Marine[62] seul honneur qu'il ait jamais accepté. En 1946, il revient à Paris. David Weill lui propose de rentrer à l'Académie des Beaux-Arts, en réponse Marquet non seulement refuse mais demande la dissolution de l'Académie et de l'École des Beaux-Arts. Il refuse la Légion d'honneur également. Il participe à des ventes caritatives pour les enfants juifs (Œuvre de protection des enfants juifs) et pour les prisonniers de guerre. Il prend sa carte au Parti Communiste[60].

Opéré d'un cancer de la prostate, Albert Marquet s'éteint le 14 janvier 1947, après avoir peint des vues de Paris.

Son corps repose dans le cimetière communal de La Frette-sur-Seine.

Son épouse lui survit. En 1947 elle publie sous le nom de Marcelle Marty Images d'une petite ville arabe accompagnée des gravures originales de Albert Marquet. Auteure[63] de livres pour enfants, elle devient l'historiographe de son époux, et publie biographies, catalogues et de nombreux récits de voyages, parmi ceux-ci Vie et portrait de Marquet par Marcelle Marquet en 1953[64], Le Danube : voyage de printemps[65]. Marquet dessine des animaux[66]Marquet, Voyages en 1968 [67]. Elle meurt en 1982.

Son œuvre[modifier | modifier le code]

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L'œuvre d'Albert Marquet est fait de plans simplifiés, de couleurs vives et dégradées, travaillé de manière rapide à la fois croquis et notation de lumière avec un art accompli du cadrage qui privilégie la plongée. Les personnages présents au début de sa carrière tendent à disparaître pour ne laisser apparaitre que l'effet d'ensemble de paysages, de ports ou d'architectures maritimes dans des camaïeux de gris. Ami de Matisse et de Derain, il a conservé, de sa période fauve, le sens de la couleur et de la lumière. Il peint Paris et ses environs, les ponts de la Seine, les rues illuminées la nuit, Paris sous la neige ou sous un soleil de plomb. Son art est poli, doux et mesuré, sans violence ni pathos ou expressionnisme et place la couleur sans excès, en réserve, au mur d'un intérieur.

Comme Monet il crée des séries d'études des variations de la lumière en fonction des saisons, de l'heure de la journée, et du temps. Ainsi, entre 1905 et 1906, il peint une série de paysages urbains sur le thème du quai des Grands-Augustins, qu'il voit depuis la fenêtre de son atelier au numéro 25, acheté par ses parents en 1905.

Il participe en 1905 à l'exposition des « Fauves » qui fait scandale par une vision brutale des formes et des couleurs. Il abandonne plus tard cette manière pour la recherche d'une harmonie tonale, privilégiant les couleurs plus harmonieuses, moins saturées afin de rendre toutes les nuances de la lumière. L'eau est l'un de ses motifs favoris, avec notamment la représentation de la Seine et des quais, tout comme les ports d'Afrique du Nord : Alger, Bougie, Oran, Tunis, La Goulette.

Formé de manière académique et classique pendant une dizaine d'années, le jeune Marquet s'affranchit en pratiquant le portrait, et des nus féminins très présents, des dessins érotiques de bordel qui seront reproduits dans des livres. Ses dessins à l'encre de Chine, comme ceux croquant des passants parisiens, visibles au musée Malraux du Havre, sont tracés d'un trait de pinceau elliptique et dépouillé.

La séparation d'Yvonne et le mariage avec Marcelle, semblent sceller l'abandon des nus et des scènes de genre au profit d'un art du paysage qu'il aime pratiquer avec ses amis peintres. Dès 1919, il voyage beaucoup, notamment en Tunisie et Algérie, en compagnie de Jean Launois et Étienne Bouchaud. Il a aussi parcouru le Nord de la France, la côte belge et la Hollande, faisant des ports ses ateliers. À l'été 1920, Marquet invite Signac à le rejoindre à La Rochelle. Sur place, le peintre rochelais Gaston Balande leur fait découvrir les paysages environnants qu'ils peignent, ensemble, sur le motif. De 1919 à 1939, il séjourne, entre autres, à Poissy, Triel et Méricourt et y peint des paysages de la Seine.

En 1939, à La Frette-sur-Seine, il peint sa femme en train de coudre (Intérieur à la Frette) et son ami Desnoyer en train de peindre (l'Atelier de la Frette) à ses côtés.

Dans ses souvenirs, son épouse Marcelle écrit : « C'est peut-être dans cette modeste maison de la Frette qu'Albert se sentait le plus chez lui. Son atelier bien isolé dans le grenier dominait une boucle de la Seine, son fleuve. (…) Albert s'y sentait à l'aise et comme à l'abri. Desnoyer travaillait dans son coin d'atelier, il ne se gênaient ni l'un ni l'autre. »

En 2008, une exposition intitulée Albert Marquet, itinéraires maritimes lui est consacrée au Musée national de la Marine à Paris. De mars à août 2016, rétrospective au Musée d'Art moderne de la Ville de Paris.

Œuvres dans les collections publiques[modifier | modifier le code]

États-Unis[modifier | modifier le code]

France[modifier | modifier le code]

  • Le Havre, musée des beaux-arts André-Malraux :
    • Bouquet de fleurs et de pommes, vers 1898-1902 ;
    • Les Toits rouges, vers 1902-1904 ;
    • Quai des Grands-Augustins, 1905-1906 ;
    • Quai de la Seine, vers 1905 ;
    • Intérieur à Sidi-bou-Saïd, vers 1923 ;
    • Avant-port du Havre. L'anse des pilotes.
  • Montpellier, musée Fabre :
    • Quai des Grands Augustins, 1934, huile sur toile ;
    • L'Élégante, vers 1905, dessin à l'encre de Chine ;
    • L'Attelage, dessin à l'encre de Chine.

Fonds municipal d'art contemporain de la Ville de Paris,

Russie[modifier | modifier le code]

Suisse[modifier | modifier le code]

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Extraits de Marquet par Marcelle Marquet (Robert Laffont, 1951) cités dans le catalogue de l'exposition de Bordeaux de 1975[8].
  2. Charles Camoin réside non loin de là avec sa propre mère : Mme Marquet et elle se lient d'amitié, toutes deux soucieuses quant à l'avenir de leurs fils[16].
  3. Ainsi le tableau de Marquet Matisse peignant un nu dans l'atelier de Manguin fait-il le pendant du Marquet peignant un nu dans l'atelier de Manguin de Matisse[20].
  4. Les œuvres de Dufy, Puy, Flandrin, Rouault, Friesz et Van Dongen, également assimilés au mouvement, sont accrochées dans d'autres salles[22].
  5. Matisse raconte à ce sujet que Marquet, peignant avec lui au jardin du Luxembourg vers 1903, lui avait ironiquement demandé en voyant les couleurs de son tableau comment il ferait s'il avait un perroquet à y rajouter[25].
  6. Ce roman paru en 1901 évoque le malheur de la prostitution, à Paris, autour des figures de Berthe, fleuriste déchue, de son souteneur et de son ami de cœur[31].
  7. Second séjour décisif pour Matisse puisqu'il le décide à se fixer de façon quasi définitive dans le Midi, à Nice[38].
  8. En 1921, quand Marquet commence à s'éloigner d'Yvonne parce qu'il a déjà rencontré sa future femme, Camoin écrit à Matisse que leur ami lui paraît s'être enfin « débarrassé de sa poule »[39].
  9. C'est ce qui explique entre autre que l'actuel Musée d'art moderne André-Malraux détienne aujourd'hui près de quarante toiles de Marquet.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Monod-Fontaine 2016, p. 46.
  2. Martin-Méry 1975, p. 33.
  3. Martin-Méry 1975, p. 25.
  4. Pic 2016, p. 6.
  5. a et b Krebs 2016, p. 19.
  6. Registre d'état civil
  7. a b c et d Paret 2013, p. 17.
  8. Martin-Méry 1975, p. 57.
  9. a et b Duvivier 2013, p. 8.
  10. a et b Krebs (dir.) 2016, p. 193.
  11. Krebs (dir.) 2016, p. 189.
  12. a et b Monod-Fontaine 2016, p. 45.
  13. Martin-Méry 1975, p. 24.
  14. a b et c Monod-Fontaine 2016, p. 47.
  15. Grammont 2016, p. 79.
  16. a b et c Paret 2013, p. 18.
  17. a et b Krebs (dir.) 2016, p. 195.
  18. Krebs (dir.) 2016, p. 86.
  19. a b c et d Grammont 2016, p. 80.
  20. a b et c Krebs (dir.) 2016, p. 194.
  21. Duvivier 2013, p. 7.
  22. a b et c Krebs (dir.) 2016, p. 196.
  23. Krebs (dir.) 2016, p. 40.
  24. a et b Lemaire 2016, p. 18-19.
  25. a et b Grammont 2016, p. 83.
  26. Krebs 2016, p. 21.
  27. a et b Krebs 2016, p. 20.
  28. Grau 2016, p. 110.
  29. a et b Krebs 2016, p. 22-23.
  30. Article paru dans L'Intransigeant du 18 mars 1910, cité dans Apollinaire critique d'art, Paris-Musées / Gallimard, 1993, p. 64.
  31. a b et c Pic 2016, p. 15.
  32. Pic 2016, p. 8.
  33. a b c d e et f Krebs (dir.) 2016, p. 197.
  34. a et b Monod-Fontaine 2016, p. 48.
  35. a et b Krebs (dir.) 2016, p. 201.
  36. Grammont 2016, p. 16.
  37. Krebs (dir.) 2016, p. 203-204.
  38. a et b Monod-Fontaine 2016, p. 49.
  39. a b et c Paret 2013, p. 23.
  40. a b c d et e Paret 2013, p. 20.
  41. Krebs (dir.) 2016, p. 52.
  42. Krebs (dir.) 2016, p. 62.
  43. Pic 2016, p. 20.
  44. a b et c Paret 2013, p. 21.
  45. Monod-Fontaine 2016, p. 50.
  46. a b et c Paret 2013, p. 22.
  47. a b c d et e Krebs (dir.) 2016, p. 202.
  48. a b c d et e Krebs (dir.) 2016, p. 200.
  49. Krebs 2016, p. 25.
  50. Krebs (dir.) 2016, p. 126.
  51. Paret 2013, p. 19.
  52. a et b Krebs (dir.) 2016, p. 199.
  53. Pic 2016, p. 12.
  54. in Cat, Albert Marquet, les bords de Seine, de Paris à la côte Normande, Somogy éditions, 2014 p24
  55. « Tous les hivers, écrit Marcelle, nous retournions à Alger, changeant d'hôtel ou de maison. Marquet savait que j'étais attachée à mon pays et que les motifs à peindre ne lui manqueraient pas. »http://www.memoireafriquedunord.net/biog/biog18_Marquet.htm
  56. in Cat, Albert Marquet, les bords de Seine, de Paris à la côte Normande, Somogy éditions, 2014 p25
  57. Christel Haffner Lance, « Albert Marquet au Pyla », dans Le Festin, été 2018, no 106, p. 38-45
  58. in Cat, Albert Marquet, les bords de Seine, de Paris à la côte Normande, Somogy éditions, 2014 p. 27
  59. in Cat, Albert Marquet, les bords de Seine, de Paris à la côte Normande, Somogy éditions, 2014 p29
  60. a et b Cat Albert Marquet, peintre du temps suspendu, Paris 2016 p 208
  61. Limore Yagil Au nom de l'art, 1933-1945: Exils, solidarités et engagements, https://books.google.fr/books?id=ruWyBgAAQBAJ&pg=PT136&lpg=PT136&dq=pétition+de+protestation+des+artistes+et+des+intellectuels+contre+le+nazisme&source=bl&ots=8CM8Lozotc&sig=CAzRVAnzsBao1mPU1u-fsqgXhxs&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjx4dDznOvLAhVBaRQKHbhwDxIQ6AEIHDAA#v=onepage&q=pétition%20de%20protestation%20des%20artistes%20et%20des%20intellectuels%20contre%20le%20nazisme&f=false
  62. Sa carte est présentée sur le site : http://historic-marine-france.com/huile/marquet.htm
  63. Elle publie, en 1938, Sidi ou la Vie belle... chez Albin Michel, à Paris
  64. Ed. Spes, 1953 - 30 pages
  65. Mermod, 1954 - 32 pages
  66. Éditions du Pont-Neuf, 1963 - 21 pages
  67. Bibliothèque des arts, 1968 - 146 pages
  68. webmuseo.vosges.fr.
  69. une reproduction de ce tableau figure sur la couverture de XXe siècle de Lagarde et Michard, Bordas, 1969

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie sélective[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Léon Werth, Éloge d'Albert Marquet, Paris, Éditions Manuel Bruker, , ill. de 11 gravures originales de Marquet.
  • Francis Jourdain, Albert Marquet, Paris, Cercle d'art, .
  • Emil Szittya, Marquet parcourt le monde, Paris, Portraits contemporains, .
  • Marcelle Marquet, Marquet, Paris, Robert Laffont, .
  • Marcelle Marquet, Albert Marquet, Paris, Hazan, .
  • Gilberte Martin-Méry et Michel Hoog, Musées nationaux, Albert Marquet 1875-1947 (catalogue de l'exposition de la Galerie des beaux-arts de Bordeaux, 9 mai-7 septembre 1975, et du Musée de l'Orangerie, 24 octobre 1975-24 janvier 1976), Musées nationaux, , 180 p., 20 cm, ill. en noir et blanc (ASIN B004BA15DG). .
  • Didier Ottinger (dir.), Hector Obalk et Marc Sandoz, Albert Marquet aux Sables d'Olonne 1921-1933 : exposition novembre 1989 - janvier 1990 (catalogue exposition), Les Sables-d'Olonne, Musée de l'abbaye Sainte-Croix des Sables-d'Olonne, coll. « Cahiers de l'Abbaye Sainte-Croix » (no 64), , 32 p. (notice BnF no FRBNF35441616).
  • Mikhaïl Guerman, Albert Marquet : Le paradoxe du temps, Bournemouth/Saint-Petersbourg, Parlstone/Aurora, .
  • Jean-Claude Martinet et Guy Wildenstein, Marquet. L'Afrique du Nord : Catalogue de l'œuvre peint, Paris/Milan, Skira/Seuil/Wildenstein Institut, .
  • Françoise Garcia, Dominique Beaufrère et al., Musée des beaux-arts de Bordeaux, Albert Marquet : peintures et dessins, collection du Musée des Beaux-Arts de Bordeaux (catalogue de l'exposition du au ), Bordeaux, Balauze et Marcombe, , 184 p., 28 cm, ill. en noir et en coul. (ISBN 978-2-902067350).
  • Laurent Le Bon (dir.) et Didier Schulmann, Albert Marquet : Du fauvisme à l'impressionnisme, Paris, RMN-Éditions du Centre Pompidou, , 128 p., 28 cm (ISBN 978-2-844261960).
  • Jacqueline Lafargue et Claudine Grammont, Marquet : Vues de Paris et de l’Ile-de-France, Paris, Association Paris Musées, , 144 p., 27 cm (ISBN 978-2-879008455).
  • Véronique Alemany (dir.) et al., Albert Marquet : Itinéraires maritimes (catalogue de l'exposition du musée de la Marine), Paris, Thalia Édition, , 141 p., 25 cm, ill. en coul. (ISBN 978-2-352780410).
  • Christophe Duvivier (dir.) et al., Somogy éditions d'art, Albert Marquet : Les bords de Seine, de Paris à la côte normande (catalogue de l'exposition du musée Tavet-Delacour de Pontoise, -), Paris/Pontoise, Somogy éditions d'art/Musée Tavet-Delacour, , 128 p., 28 cm, 120 ill. en coul. (ISBN 978-2757207284, lire en ligne). .
    • Christophe Duvivier, « Albert Marquet : peintre de la Seine », dans Albert Marquet : Les bords de Seine, de Paris à la côte normande, op. cit., p. 7-15. .
    • Michèle Paret, « Chronologie : Albert Marquet et la Seine », dans Albert Marquet : Les bords de Seine, de Paris à la côte normande, op. cit., p. 17-28. .
  • Roderic Martin, Albert Marquet : Du port de la lune aux quais de Seine, La Teste-de-Buch, Éditions du Delta, , 86 p., 29 cm (notice BnF no FRBNF43850902).
  • Sophie Krebs (dir.) et al., Musée d'Art moderne de la ville de Paris, Albert Marquet : Peintre du temps suspendu (catalogue de l'exposition du musée d'Art moderne de la ville de Paris, -), Paris, Paris musées, , 229 p., 29 cm, ill. en coul. (ISBN 978-2-7596-0318-3, notice BnF no FRBNF45004273). .
    • Pierre Wat, « Peindre à l'abri : le paysage d'Albert Marquet », dans Albert Marquet : Peintre du temps suspendu, op. cit., p. 11-17.
    • Sophie Krebs, « L'infortune de Marquet », dans Albert Marquet : Peintre du temps suspendu, op. cit., p. 19-25. .
    • Isabelle Monod-Fontaine, « Un long compagnonnage », dans Albert Marquet : Peintre du temps suspendu, op. cit., p. 45-50. .
    • Claudine Grammont, « Un autre fauve : Marquet et l'âme moderne », dans Albert Marquet : Peintre du temps suspendu, op. cit., p. 79-84. .
    • Donatien Grau, « L'ascèse de l'universel », dans Albert Marquet : Peintre du temps suspendu, op. cit., p. 109-114.
  • Rafael Pic (dir.) et al., Musée d'Art moderne de la ville de Paris, « Albert Marquet : Peintre du temps suspendu », Beaux-Arts, Issy-les-Moulineaux, Beaux-Arts/TTM éditions,‎ , p. 1-59 (ISBN 979-1-0204-0255-4). .
    • Sophie Krebs, « Marquet avait un regard de peintre », Beaux-Arts, op. cit.,‎ , p. 4-5. .
    • Rafael Pic, « Une vie comme un long fleuve tranquille ? », Beaux-Arts, op. cit.,‎ , p. 6-13. .
    • Rafael Pic, « La bande à Marquet », Beaux-Arts, op. cit.,‎ , p. 14-15. .
    • Claudine Grammont, « Quand madame Matisse tisse », Beaux-Arts, op. cit.,‎ , p. 16-17.
    • Gérard-Georges Lemaire, « Scandale fauve au Salon », Beaux-Arts, op. cit.,‎ , p. 18-19. .
    • Pierre Pinchon, « Une touche libre et spontanée », Beaux-Arts, op. cit.,‎ , p. 32-37.
    • Rafael Pic, « Le bassin du roy, Le Hâvre », Beaux-Arts, op. cit.,‎ , p. 38-39.
    • Emmanuel Daydé, « Paris, la loi des séries », Beaux-Arts, op. cit.,‎ , p. 40-45.
    • Dider Ottinger, « La tentation du nu », Beaux-Arts, op. cit.,‎ , p. 46-51.
    • Rafael Pic, « La passion des ports », Beaux-Arts, op. cit.,‎ , p. 52-56.

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