Musée de Grenoble

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Musée de Grenoble
Musee Grenoble.JPG
Informations générales
Ouverture
1798 (il y a 220 ans)
Dirigeant
Surface
18 270 m2[3] + Tour de l'Isle
Visiteurs par an
210 268 (2016)[4]
Site web
Collections
Collections
peintures, sculptures, dessins, antiquités, objets d'art
Nombre d'objets
25 000 entreposés[1],[2] dont
900 exposés
Localisation
Pays
Région
Commune
Adresse
5, place Lavalette 38000 Grenoble
Coordonnées
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Le musée de Grenoble, créé en 1798, est le principal musée d'art et d'Antiquités de la Ville de Grenoble, en Isère. Situé place Lavalette, à l'emplacement d'un ancien couvent des Franciscains édifié en 1218 et dont le site deviendra militaire à la fin du XVIe siècle, il fait partie des premiers musées d'art français et conserve l'une des plus belles collections d'art ancien.

Réparties sur 57 salles d'expositions permanentes ainsi qu'un vaste jardin de sculptures, la plupart des disciplines artistiques y sont représentées et ses collections embrassent une période comprise entre l’Égypte antique et l’art contemporain. Cependant, grâce à l'action de l'un de ses conservateurs de l'entre-deux-guerres, il est considéré comme le tout premier musée d'art moderne en France[5],[6],[7]. Il possède également la particularité architecturale d'avoir deux bâtiments construits à près de six siècles d'intervalle.

Parmi ses pièces les plus célèbres figurent le Saint Grégoire pape, entouré de saints et de saintes de Rubens, les quatre grands tableaux du peintre espagnol Francisco de Zurbarán, l'Intérieur aux aubergines d'Henri Matisse, le portrait de Jackie Kennedy par Andy Warhol[8] ou le premier tableau de Pablo Picasso a entrer dans les collections publiques françaises en 1921.

Historique de l'institution[modifier | modifier le code]

Le , sur l'initiative de quelques citoyens grenoblois comme le général Joubert de La Salette, le professeur de dessin Louis-Joseph Jay ou l'ancien imprimeur Giroud, une pétition pressante est adressée aux administrateurs du département les mettant en demeure de sauver de la destruction des tableaux et autres objets de valeur, qui depuis plusieurs années étaient sous le séquestre. La pétition est favorablement accueillie et un arrêté départemental du charge Jay et deux autres commissaires de réunir à Grenoble tout ce qui peut encore être conservé. Cependant, dans cette période troublée par la Révolution française, de nombreux tableaux ont déjà disparu notamment au monastère de la Grande Chartreuse où un inventaire effectué en 1790 relevait cent-vingt-cinq tableaux alors que Jay et son équipe n'en retrouve plus que cinquante[9].

Le musée de Grenoble est finalement fondé par un nouvel arrêté de l'administration départementale du , bien avant les autres musées de province français[10]. Ce jour-là, l'arrêté détaille la création d'un muséum à Grenoble, dans lequel l'article 10 stipule que « le citoyen Louis-Joseph Jay est nommé conservateur de ce muséum »[11]. Alors que Jay parvient avec beaucoup de difficultés et de luttes à réunir cent seize tableaux et quelques statues, le ministre de l'Intérieur annule en mai la création du musée invoquant l'excès de pouvoir de l'assemblée départementale. Cependant, l'arrêté est approuvé provisoirement le 17 décembre, et ne devient définitif que le . Début 1799, tout en s'occupant de la collecte des œuvres d'art de l'Isère, Jay fait une demande de souscription publique afin d'acheter tableaux et dessins qui produit 3 656 francs auxquels s'ajoutent 370 francs du préfet. Muni de ce faible montant, il part pour Paris en 1799 afin d'acquérir quarante-sept tableaux. À la même époque, Jay obtient du gouvernement à forces de démarches et de sollicitations, dix-sept toiles de maîtres en vertu d'une décision du [9].

Installé dans quatre salles du premier étage de l'ancien évêché à partir de son inauguration le , le musée compte alors 298 objets d'art dont 177 tableaux, 80 dessions ou gravures et 45 sculptures disposées dans le jardin. Chaque salle porte un nom, la première, salle d'Apollon, est consacrée aux peintres français, la seconde, salle de Castor et Pollux, est consacrée à l'école française et italienne, la troisième, salon du gladiateur, présente les copies de la vie de saint Bruno par Eustache Lesueur, et la dernière, salle de la Vénus de Médicis, présente l'école flamande. Mais, quelques mois après son ouverture, la signature du concordat de 1801 par Napoléon Bonaparte oblige le musée à évacuer les locaux, afin de leur rendre leur destination première.

Lycée Stendhal où logeait le musée de 1802 à 1869.

C'est ainsi qu'il emménage le dans l'École centrale[notes 1], l'actuel lycée Stendhal. Le , un décret impérial transforme le musée, jusqu'alors départemental, en musée municipal[10] durant la mandature de Charles Renauldon. Le , un décret impérial attribuant 209 tableaux issus des conquêtes napoléoniennes à six villes françaises en donne 31 à Grenoble[12]. En 1815, malgré une légère dispersion d'œuvres favorisée par la Restauration (57 tableaux sont rendus aux propriétaires, 11 disparaissent et un nombre indéterminé est mis en dépôt dans les églises), les collections continuent de s'accroître.

En 1816, le nouveau maire Jean-François de Pina de Saint-Didier, homme remarquable par son savoir et ses goûts artistiques, favorise le musée dans l'acquisition d'œuvres marquantes du XVIIe siècle comme une série de portraits de Ferdinand Bol ainsi que des œuvres d'artistes comme José de Ribera, Mattia Preti dit Calabrese, François de Troy ou Gerbrand van den Eeckhout[13]. Il restera maire de la ville jusqu'en 1830 excepté durant la période de 1818 à 1824. La période de la Révolution étendue jusqu'à la monarchie de Juillet débutant en 1830 voit les groupements d'artistes disparaître, telle l'Académie de peinture de Grenoble pourtant active depuis novembre 1657. Cependant dès 1832, une Société des amis des arts de Grenoble est créée et débute l'organisation de salons d'exposition dans les locaux du musée au rythme approximatif d'un tous les trois ans[14]. Le livre du salon de 1866 sera l'occasion d'en retracer les détails pour chaque domaine artistique de chacun des salons[15].

En 1841, l'administration du musée éprouve le souhait d'épurer la collection en vendant cinquante tableaux déclarés indignes d'y figurer[9]. Malgré l'agrandissement du bâtiment en 1844, les acquisitions, les donations et les legs se poursuivent tout au long du XIXe siècle rendant indispensable la construction d'un nouveau bâtiment, d'autant plus que les anciennes dispositions architecturales imposent un éclairage par des vasistas dont les embrasures trop profondes maintiennent les salles dans l'obscurité par temps pluvieux[16]. Ces derniers faits sont constatés vers 1860 par Louis Clément de Ris, attaché à la Conservation des musées impériaux, qui dans son livre Les musées de province termine le chapitre consacré à celui de Grenoble par ces mots : « Ce musée est peu connu, presque inconnu, et cet oubli est tout à fait immérité. Il existe des musées de province qui possèdent des œuvres d'un mérite transcendant; mais, tout bien considéré et en jugeant l'ensemble, je ne crois pas qu'un seul lui soit supérieur. »[17].

Un musée-bibliothèque[modifier | modifier le code]

Les travaux d'un nouveau musée débutent en 1864 et un édifice appelé musée-bibliothèque conçu par l'architecte Charles-Auguste Questel ouvre au public ses 21 salles pour sa partie musée le [18] sur l'actuelle place de Verdun. L'édifice abrite également la bibliothèque municipale de Grenoble, constituant ainsi l'un des grands exemples de l'architecture des musées en France et en Europe. Le , le président Sadi Carnot dans le cadre de son déplacement à Grenoble et à Vizille lors de la célébration du centenaire de la pré-révolution française, visite le musée-bibliothèque. Le , lors d'une visite à Grenoble du président Félix Faure, le maire Stéphane Jay lui remet un album des tableaux les plus célèbres du musée[19].

Vers la fin du XIXe siècle, un grand mécène, le général Léon de Beylié, complète la collection du musée en lui offrant quatre prestigieux tableaux de Francisco de Zurbarán, perpétuant ainsi une longue tradition de donations et de legs. Son influence est directe et massive sur la richesse et la nature des collections. De 1895 jusqu'à sa mort accidentelle le , il apporte au musée 50 tableaux, 13 dessins, 16 sculptures,13 pièces d'archéologie et des centaines d'objets d'Extrême-Orient[20].

En 1913, la Société des amis des arts de Grenoble organise pour la première fois son 21e salon d'exposition hors du musée, dans les locaux de l'école des arts industriels de la rue Lesdiguières[21],[notes 2]. Le 15 octobre 1919, un arrêté préfectoral nomme Andry-Farcy comme nouveau conservateur du musée en remplacement de l'administrateur provisoire Xavier Borgey en place depuis le 1er novembre 1917[22]. En 1920, musée et bibliothèque organisent conjointement une exposition sur Stendhal où manuscrits, portraits et documents de l'écrivain sont exposés de juillet à septembre[23]. Sous l'impulsion d'Andry Farcy, l'année 1920 marque également une réorganisation des salles du musée, au cours de laquelle des œuvres de moindre importance sont retirées des cimaises et les salles de l'école française, hollandaise et italienne sont créées[10].

Les débuts de l'art contemporain[modifier | modifier le code]

Jules Bernard, Visiteurs au musée de Grenoble (vers 1910).

En 1920, le musée de Grenoble est considéré comme le premier musée comportant une section d'art moderne et contemporain en France puisque celui de Paris n'ouvrira véritablement qu'en 1947. Sous l'impulsion de son nouveau conservateur Andry-Farcy, entré en fonction en 1919, c'est même l'un des premiers dans le monde consacré à cette période avec le musée Folkwang d'Essen et celui de Łódź en Pologne, le Museum of Modern Art de New York n'ouvrant quant à lui qu'en 1929. Durant l'année 1921, alors que le musée expose le premier des tableaux de Pablo Picasso entré dans une collection publique française[6], la veuve de Fantin-Latour, Victoria Dubourg, cède au musée 1 400 clichés photographiques ayant appartenu à son mari[24], mais aussi un tableau de nature morte et les meubles de l'atelier de l'artiste, comme sa boite de couleurs[25]. Le musée détenait déjà depuis 1899 des dizaines d'estampes de Fantin-Latour qui appréciait sa ville natale, quittée à l'âge de cinq ans. À la même époque, le musée reçoit la visite de Léon Bonnat qui fustige la collection d'art moderne en parlant d'une « exhibition d'effronteries préméditées et d'une honte nationale », avant d'être repris en public par le conservateur Andry Farcy qui déclare « qu'en tant que membre de l'Institut, ce n'est pas son rôle de se conduire comme un petit tapageur »[26]. Farcy est toutefois soutenu par les hauts fonctionnaires parisiens et des politiciens comme Édouard Herriot qui visite le musée à plusieurs reprises[27]. C'est aussi pour le musée la période du legs du couple Georgette Agutte et Marcel Sembat, amis du maire Paul Mistral et morts tragiquement à quelques heures d'intervalle, ainsi que celle des dons du peintre Pierre Bonnard.

En 1925, l'Exposition internationale de la houille blanche se déroulant à Grenoble amplifie la fréquentation du musée avec 23 870 visiteurs durant l'été contre 14 581 l'été précédent[28]. En 1927, une exposition sur l'art belge contemporain[29] montre un panorama le plus exhaustif possible de l’art belge de l’époque grâce au conservateur Andry-Farcy qui propose aux artistes novateurs en mal de reconnaissance officielle de présenter leurs œuvres en échange du don de celles-ci. L'exposition est médiatisée par la venue à Grenoble de La Chute d'Icare de Pieter Brueghel l'Ancien, prêté durant les quatre mois d'exposition par les musées royaux des beaux-arts de Belgique, et serait la première exposition où figure dans un cadre officiel, la mention d’artistes « surréalistes »[6]. La poursuite de l'enrichissement du musée en matière d'art moderne justifie en février 1935 une exposition de ses collections au Petit Palais à Paris[30], suivie d'une seconde exposition en 1937 intitulée Les maîtres populaires de la réalité. En 1935 également, le musée expose en octobre ses collections au Stedelijk Museum d'Amsterdam à l'occasion du 40e anniversaire de ce musée[31]. Cependant, Farcy saisit aussi l'occasion du centième anniversaire de la naissance de Fantin-Latour à Grenoble pour faire découvrir cet artiste très réaliste au public grenoblois lors d'une importante exposition en 1936[28].

Jean Leymarie conservateur de 1949 à 1955.

Le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale n'interdit cependant pas à son conservateur Andry Farcy d'organiser des expositions, comme celle consacrée au peintre Johan Barthold Jongkind d'octobre à décembre 1941, à l'occasion du cinquantenaire de la mort de l'artiste. Il accepte également de cacher dans les réserves les œuvres de personnalités juives comme Peggy Guggenheim[32]. Mais avec l'arrivée des soldats allemands à Grenoble au début du mois de septembre 1943, les œuvres intégrées au musée grâce à Andry Farcy sont jugées subversives et son intérêt pour un art qualifié de dégénéré lui vaut d'être arrêté par la gestapo en décembre 1943. Interné au camp de Compiègne, il va y rester jusqu'en septembre 1944 avant de reprendre sa place de conservateur jusqu'en 1949. Sur place à Grenoble, l'archiviste et secrétaire général de la ville, Henri Debraye, assure l'intérim pendant son absence[31]. Après guerre, une seconde exposition sera également consacrée à Jongkind en 1955 grâce au conservateur Jean Leymarie[33], en poste depuis le 20 juillet 1949[34]. Ce dernier organise une exposition sur Picasso en 1951 et réalise un coup de maître l'année suivante en devenant le premier conservateur de France à acquérir un bronze peint du sculpteur suisse Alberto Giacometti, La cage[35]. Des expositions sont remarquables par la suite comme celle des céramiques de peintres organisée en 1969 par Hélène Lassalle où sont exposés des objets décorés par Braque, Léger, Miró ou Picasso. Son successeur, Maurice Besset expose en 1974 les peintres de Moscou (peintres nés à Moscou)[36], mais organise également en 1973 le prêt d'œuvres contemporaines à la Galerie d'art de l'université du Maryland près de Washington[37].

Du 25 juin au 28 octobre 1975, le musée organise une exposition intitulée Conserver-restaurer donnant l'occasion de montrer au public les techniques de restauration des tableaux ou d'œuvres d'art diverses notamment avec l'aide de l'Atelier de recherche et de conservation Nucléart[38]. Cependant, au fil des décennies et des acquisitions, les tableaux sont de plus en plus nombreux et rapprochés les uns des autres sur les murs et comme un siècle auparavant, des projets de déménagement commencent à germer dans les esprits.

Un nouvel édifice[modifier | modifier le code]

Le musée et la tour de l'Isle à droite.

En 1982 le président François Mitterrand annonce la création d'un nouvel édifice. L'année suivante, le nouveau maire de la ville Alain Carignon et le ministre de la Culture Jack Lang s'accordent sur le principe et le lieu de construction : un terrain tout proche du centre-ville et voisin d'un parc urbain. Après la désignation des architectes en 1987, le chantier de construction débute en 1990. Le , le musée-bibliothèque de la place Verdun ferme définitivement ses portes après 122 ans et 5 mois d'utilisation. Cette période de transfert donne l'occasion à l'institution d'exposer 175 chefs-œuvres à la Fondation de l'Hermitage à Lausanne à partir du , et dans trois villes japonaises Tokyo, Takamatsu et Kanazawa à partir du [39].

Le , le nouveau bâtiment abritant les collections est inauguré par le premier ministre Édouard Balladur[40]. Situé en plein centre de la ville, en bordure de l'Isère, il triple la surface d'exposition de l'ancien musée. Son coût total est de 203 millions de francs[notes 3]. Il se complète d'un jardin de sculptures dans le parc Albert-Michallon, un espace arboré de 16 000 m2 entourant un mur d'enceinte de la ville de la fin du XIXe siècle. Serge Lemoine, conservateur du musée, explique et précise devant les médias « On n'a pas construit un bâtiment et ensuite essayé de voir ce que l'on pouvait mettre dedans, mais exactement le contraire. Nous avions une collection, l'une des toutes premières de France, à partir de laquelle nous avons conçu le programme muséographique et ensuite le bâtiment »[41].

Historique de l'emplacement du nouveau musée[modifier | modifier le code]

L'emplacement actuel du musée est occupé dès les premières années du XIIIe siècle par le premier couvent de franciscains, souvent appelés en France frères mineurs ou Cordeliers[42], avant qu'il ne doive se déplacer en 1592, sur l'actuelle place de Bérulle. La grande salle du réfectoire du couvent devient également le site de l'université de Grenoble lorsque le gouverneur du Dauphiné, François Ier de Saint-Pol, la réinstalle à Grenoble le [43]. Mais l'existence de cette université est de courte durée en plein milieu des guerres de religion, puisque après d'interminables requêtes, un arrêt définitif du Conseil royal prononce sa fermeture le au profit de l'université de Valence[44].

Intégré à la ville au début du XIIIe siècle par une extension de l'enceinte romaine, le lieu est l'extrémité est de la ville et le restera jusqu'au XIXe siècle, ce qui entraîne différentes générations de fortifications au fil des siècles. C'est ainsi que s'achève la construction de la tour de l'Isle en 1401, faisant office de système de défense autant que de moyen de relative autonomie des consuls de la ville qui en font la première « maison de ville ». En 1591, le futur duc de Lesdiguières, qui vient de s'emparer de la ville dans le cadre des guerres de religion, construit une nouvelle enceinte fortifiée, transformant le lieu en une petite citadelle également appelée Arsenal, afin de se préserver de toute rébellion des habitants. Cette zone devient alors la première caserne dans l'histoire de la ville.

La caserne Vinoy vers 1900.

Au XIXe siècle, le général Haxo agrandit l'enceinte de la ville de 1832 à 1836 en édifiant un nouveau mur de fortification qui vient s'appuyer contre la citadelle. Historiquement lieu d'occupation militaire, le quartier est occupé au cours du XIXe siècle par plusieurs casernes dont la caserne Vinoy à l'emplacement du musée, et la caserne Bizanet en face[notes 4].

Vers 1888, une modification est apportée dans l'enceinte Haxo[45]. À la demande pressante du maire, Édouard Rey, et de la population, le génie crée une nouvelle porte, la porte de la Saulaie, afin de desservir le nouveau quartier de l'île Verte. Cette création oblige techniquement les militaires à redresser le cheminement de l'enceinte Haxo en construisant un nouveau tracé d'enceinte en équerre rejoignant le bord de l'Isère, à l'emplacement d'une ancienne demi-lune de fortification. Cette nouvelle muraille de 150 mètres linéaires environ a été conservée depuis cette époque et sépare de nos jours le jardin de sculptures du terrain de football, puis rentre dans la structure du musée. En 1967, les bâtiments de la caserne Vinoy sont démolis et laissent place à un grand parking qui est utilisé durant les jeux olympiques d'hiver de 1968, afin d'installer un chapiteau recevant de nombreuses célébrités de la chanson de l'époque[46].

Architecture du bâtiment[modifier | modifier le code]

Mur d'enceinte dans le musée.

Le bâtiment actuel, inauguré en 1994, a été conçu dans le cadre du programme de grands travaux en province initié en 1982, par les architectes Olivier Félix-Faure, Antoine Félix-Faure et Philippe Macary du cabinet d'architecte grenoblois Groupe 6[47], assistés du muséographe Lorenzo Piqueras.

Sur le site, les contraintes de construction sont fortes. Des impératifs sont à respecter dans l'environnement immédiat du chantier. Au nord-ouest, une partie d'enceinte Lesdiguières datant de 1591 est inscrite au titre des monuments historiques. À proximité, la tour de l'Isle datant de 1401, également inscrite, est à rénover. À l'est, la partie modifiée de l'enceinte construite vers 1888 doit être conservée, obligeant ainsi l'intégration d'une partie de celle-ci à l'intérieur du bâtiment. Enfin à l'est, un stade de football est à conserver à l'intérieur du cheminement de l'enceinte pour ce quartier à forte densité urbaine.

Plan du niveau 0.

Le musée est construit sur un immense parking à trois niveaux le mettant à l'abri de tout débordement de l'Isère[notes 5]. Concernant les zones d'expositions, le musée lui-même est construit sur trois niveaux mais la plupart des salles d'exposition sont installées au niveau 0. À ce niveau, les salles sont desservies par une large galerie centrale aboutissant à un patio. À gauche, les cinq séquences d'art ancien, à droite les salles des expositions temporaires. Au fond de l'allée centrale laissée vide de toute œuvre, en arc de cercle, l'immense zone dédiée au XXe siècle et l'accès à la tour de l'Isle. Hormis les deux salles 18 et 19 des statues, l'ensemble du niveau 0 est éclairé par une lumière indirecte dont l'intensité est contrôlée par l'abaissement automatique de rideaux dans la structure complexe des plafonds, ces derniers contenant également d'une façon discrète tout le système de climatisation.

Les niveaux −1 et −2 n'existent que sur une petite partie de l'emprise au sol, et ne reçoivent donc qu'un nombre restreint de salles. Leur éclairage n'est plus d'une lumière zénithale très étudiée comme les salles du niveau 0. Au niveau −1 sont installées, sous le hall d'accueil, les trois salles des antiquités grecques, étrusques et égyptiennes, et à l'autre extrémité du bâtiment, quatre salles concernant la fin du XXe siècle puisque les œuvres sont postérieures à 1960. Au-dessous, le niveau −2 réserve six salles au XXIe siècle. C'est également à ce niveau que l'on peut découvrir l'intégration spectaculaire de l'extrémité de l'enceinte du XIXe siècle à ce bâtiment futuriste.

Hall d'entrée du musée.

À quelques mètres du bâtiment, le musée intègre, via une passerelle aérienne de verre et d'acier, la tour de l'Isle, en transformant ses trois niveaux en lieu d'expositions graphiques. Rénovée, cette tour médiévale a été dotée de deux escaliers pour des raisons de sécurité et sa charpente reprise en certains endroits. Le projet architectural intégrait aussi dans le même complexe le stade de football du quartier.

À l'intérieur, les passages entre niveaux sont équipés de larges rampes d'accès et deux ascenseurs facilitent les déplacements. Un troisième ascenseur n'étant dédié qu'à l'accès du musée depuis le parking. Les salles sont conçues pour reposer l'œil : parquets uniformes, murs blancs, absence de tout procédé d'accrochage, rien d'apparent.

Autour du hall d'entrée cylindrique, se répartissent le service d'accueil, la librairie et la boutique, une cafétéria. À l'étage, les bureaux de la conservation, ceux de l'association des amis du musée, ceux de l'association Musée en musique qui organise des concerts dans un auditorium de 278 places en partenariat avec le musée du Louvre et enfin la bibliothèque André Chastel pourvue d'un fonds spécialisé en histoire de l'art de 55 000 ouvrages à consulter sur place.

Durant les années 2000, l'extension du volume des collections d'art contemporain étant continue, le projet d'un agrandissement du musée voit le jour, mais en raison du contexte économique peu favorable évoqué par le ministre de la Culture lors d'une visite en , ce projet reste sans suite[48],[49]. Cependant, il semble inévitable que dans les décennies à venir, le musée bénéficie d'un agrandissement pour ses collections d'art contemporain situées aux niveaux −2 et −1.

Conservateurs du musée[modifier | modifier le code]

Jacques Gay, Portrait d'Alexandre Debelle (1881).

Deux conservateurs ont marqué l'histoire du musée : Louis-Joseph Jay et Andry-Farcy. Le premier crée et assure la mise en place du musée de 1798 à 1815[notes 6] avant de laisser la succession à Benjamin Rolland de 1817 à 1853. Le peintre Alexandre Debelle conservateur de 1853 à 1887 assure le déménagement du musée en 1870. Jules Bernard assure la succession de 1887 à 1917 comme conservateur.

Puis au XXe siècle, ce sont Xavier Borgey et surtout Pierre André Farcy, dit Andry-Farcy, conservateur de 1919 à 1949, qui va orienter d'une façon décisive la collection en faveur de l'art moderne. Il va se faire remettre, en échange de la promesse de les exposer à côté de grandes œuvres du musée, un certain nombre d'œuvres contemporaines de Matisse, Picasso ou Monet provoquant une violente campagne de presse à son encontre. Ses adversaires en viendront à nommer sa galerie d'art, le « rigolarium ».

Puis suivront les conservateurs:

Fréquentation[modifier | modifier le code]

L'entrée au musée de Grenoble est gratuite le 1er dimanche de chaque mois et à l’occasion d'événements locaux ou nationaux comme Musée en fête, Nuit des musées, la nocturne des étudiants ou les journées européennes du patrimoine. Globalement, la fréquentation annuelle moyenne du musée dans les années 2000 à 2015 est de 170 000 visiteurs.

Évolution du nombre de visiteurs[4]

2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010
137 506 137 942 134 033 160 282 133 407 140 835 167 035 192 634 187 715 160 520 168 432
− 11,3 % + 0,3 % − 2,8 % + 19,6 % − 16,7 % + 5,5 % + 18,6 % + 15,3 % − 2,5 % − 14,5 % + 5 %
2011 2012 2013 2014 2015 2016
256 154 176 457 196 007 130 415 166 973 210 268
+ 52 % − 31 % + 11,1 % − 33,4 % + 28 % + 25,9 %

Collections[modifier | modifier le code]

Le musée offre la possibilité de parcourir sans rupture, l'histoire occidentale du XIIIe au XXIe siècle, avec pour chaque période des œuvres de premier plan. Moins connue du grand public, comme une parenthèse dans le parcours, une collection de 115 statuettes et objets d'art africains figure dans l'allée séparant le XIXe du XXe siècle[50].

Le visiteur a la possibilité de s'équiper, moyennant paiement, d'un audio-guide qui lui permet de découvrir à son rythme les collections. Les textes lus sont courts et vivants et enregistrés par des comédiens.

Le musée possède 25 000 œuvres dont la grande majorité est exposée temporairement dans le musée ou d'autres lieux, et seules 900[1] sont exposées de façon permanente dans 57 salles sur 14 000 m2, qui se groupent comme suit :

Antiquités égyptiennes, grecques et romaines (salles 58 à 60[notes 7])[modifier | modifier le code]

Trois salles situées sous le hall d’entrée, au niveau −1, sont consacrées aux antiquités. Deux salles pour les antiquités égyptiennes, avec en particulier de très beaux sarcophages et la troisième consacrée aux antiquités grecques et romaines, comprend un fonds intéressant de céramiques grecques et étrusques ainsi que de la statuaire. La moitié des pièces de cette dernière salle provenant de la collection du marquis de Campana acquise par Napoléon III en 1861 puis mise en dépôt dans plusieurs musées français[51]. On y remarque une stèle funéraire attique de grande dimension provenant d'Athènes ou de Salamine représentant deux personnages en haut-relief, et rapportée à Grenoble en 1779 par un officier de marine, le comte Joseph de Flotte. Dix ans plus tard, il fait don de cette stèle datant du Ier siècle av. J.-C. à la bibliothèque municipale de Grenoble avant qu'elle ne rentre plus tard dans les collections du musée[51].

Salle no 59. Sarcophages en section Égyptologie.

La constitution de la collection égyptienne se fait avant même la création du musée. Des pièces égyptiennes léguées par l'abbaye de Saint-Antoine figurent dès 1777 dans le cabinet des Antiques de la bibliothèque municipale de Grenoble, où Jean-François Champollion deviendra plus tard bibliothécaire adjoint. En 1779, la bibliothèque acquiert un sarcophage et deux vases canopes provenant du Caire par l'intermédiaire de Jean-Baptiste Mure, consul de France en Égypte mais également parent du docteur Henri Gagnon, grand-père du jeune Stendhal[52]. Mais ce n'est qu'en 1916 avec le don Saint-Ferriol[53] que ce fonds égyptien sera intégré au musée où il sera encore enrichi par quelques dons au cours du XXe siècle. En 1811 et 1812, deux ans après son arrivée à Grenoble, Jean-François Champollion fait un état approximatif de la collection égyptienne dans un catalogue de dix pages où il recense onze objets[54]. Au cours de cette étude, en observant le contenu d'un vase mais sans pouvoir en déterminer la substance animale ou humaine qu'il contient, il comprend la relation existant entre le vase canope et la momification en Égypte antique.

La ville de Grenoble est en effet étroitement liée à l'histoire des frères Champollion et à celle de l'égyptologie puisque Jean-François Champollion, professeur d'histoire à l'université de Grenoble, a habité la ville durant presque 17 ans et va y faire la connaissance du scientifique Joseph Fourier, alors préfet de l'Isère mais également ancien membre de la campagne d'Égypte. Jean-François présentera plusieurs mémoires devant l'Académie delphinale sur l'écriture hiératique, une écriture hiéroglyphique simplifiée[55],[56], étape décisive dans l'annonce du déchiffrement des hiéroglyphes égyptiens en 1822. Un fonds d'archives important lui appartenant sera conservé par la suite à la bibliothèque de la ville[57]. De son côté, son frère Jacques-Joseph Champollion, arrivé en 1798 à Grenoble, a travaillé durant sept ans à la bibliothèque municipale et a épousé la sœur du futur maire Honoré Berriat. Il possédait une demeure à Vif dans le sud de Grenoble, que ses descendants transmettront en 2001 au département de l'Isère et qui, à la faveur de la tenue de la IXe conférence internationale d'Égyptologie se tenant à Grenoble en 2004[58], deviendra le musée Champollion[notes 8]. Une autre occasion de lier l'Égypte ancienne et Grenoble se produit le 26 septembre 1976 lorsque la momie de Ramsès II arrive en France pour une exposition. Les scientifiques découvrent la nécessité de la désinfecter par exposition au rayonnement gamma afin de la débarrasser de parasites et d'assurer sa bonne conservation pour le futur. C'est l'Atelier de recherche et de conservation Nucléart du CEA Grenoble qui est chargé au début de l'année 1977 de tester les premiers protocoles d'exposition sur de minuscules fragments de la momie tandis que l'irradiation globale de celle-ci se déroule au CEA de Saclay le 10 mai 1977[59].

Sarcophage du pharaon Psammétique.

Un autre personnage, Jean-Marie Dubois-Aymé, membre de la campagne d'Égypte en ramène un nombre important d'antiquités qu'il conserve dans sa propriété de Meylan, mais cette collection sera dispersée en 1907 après le départ de son petit-fils et ne profitera quasiment pas au musée de Grenoble. L'occasion est cependant donnée aux grenoblois d'accroître leur attirance pour l'Égypte lorsque le 9 décembre 1867, Ferdinand de Lesseps vient visiter son parent le comte Oronce de Galbert, qui en profite pour lui offrir un banquet par souscription avant une conférence au théâtre de la ville, donnant la possibilité à l'élite de la noblesse locale de participer à l'achèvement de la construction du canal de Suez[60]. Par la suite, quelques donations surviennent de particuliers comme en 1905 où une importante collection d'étoffes coptes est offerte au musée par les familles Blanchet-de-Rivet, Duringe et Gillet[54].

Cependant, la plus grande partie des pièces de la collection égyptienne proviennent du leg de Gabriel de Saint-Ferriol en 1916. Son père, le comte Louis de Saint-Ferriol avait embarqué pour l'Égypte en décembre 1841 en compagnie de son frère Armand et de deux amis, ramenant quantité d'objets acquis par achat ou par prélèvements in situ à bord de quatorze caisses, et créant à son retour un véritable musée privé dans son château d'Uriage. Au cours de son périple égyptien, Louis de Saint-Ferriol rencontre nombre d'antiquaires et de collectionneurs ainsi que le docteur Antoine Clot, grenoblois jusqu'à l'âge de 15 ans et dont le titre honorifique de bey qu'il reçut en Égypte va le rendre célèbre sous le nom de Clot-Bey[notes 9]. Pour le musée, ce leg de 1916 est d'une telle importance qu'en 1922, à l'occasion du centenaire du déchiffrement des hiéroglyphes par Champollion, une « salle Saint-Ferriol » est ouverte dans le musée-bibliothèque situé place de Verdun, ses carnets de voyage restant quant à eux conservés à la bibliothèque municipale. Ce fonds contient entre autres la stèle royale dite de Kouban, des fragments thoutmoside d'Erment, la stèle du vizir Ouseramon, Anubis sous la forme d'un chien allongé ou le sarcophage du pharaon Psammétique Ier[54].

Salle no 60. Buste funéraire de femme. Palmyre, IIe siècle, Syrie.

De même, un important mécène, le général Léon de Beylié, complète la collection au début du XXe siècle par treize pièces d'archéologie[61] comme le buste funéraire d'une femme provenant de la cité de Palmyre en Syrie ou le sarcophage de la chanteuse d'Amon (prêtresse d'Amon) Hatschepsout, rapporté de la campagne d'Égypte par Jean-Marie Dubois-Aymé un siècle auparavant et sauvé de la dispersion de 1907. Ce sarcophage à la peinture polychrome extrêmement sophistiquée et remontant à la XXIe dynastie égyptienne, est aujourd'hui exposé sous vitrine en compagnie de cinq autres cercueils. En 1923, lors d'une visite au musée, le peintre Antoine Bourdelle réalisa deux aquarelles dont l'une de cette prêtresse d'Amon. Ces deux aquarelles étant conservées par le musée depuis 1949[62].

D'importants dons au musée ont été également effectués par la Société française de fouilles archéologiques en 1907 et 1913 à la suite des fouilles d'Antinoé, de Touna-el-Gebel et du site de Zaouiet el-Meïtin. C'est le cas de cinq masques funéraires polychromes découverts à Antinoupolis et exposés en salle 59. Mais l'objet le plus intéressant est certainement celui de la prophétesse d'Antinoé exposée en salle 58, une momie du VIe siècle découverte en 1907 avec son matériel funéraire dans une nécropole copte d'Antinoé en Moyenne-Égypte au cours des fouilles menées par Albert Gayet et attribuée par arrêté ministériel du 2 juillet au musée de Grenoble. C'est Edmond Magnien, conservateur en chef de la bibliothèque qui en assure la réception le 4 septembre[54]. Cette momie est exposée au musée jusque dans les années 1940-1950 avant d'intégrer ses réserves. Le 30 avril 2010, la prophétesse d'Antinoé, dont l'étude exhaustive montre qu'il s'agit d'une femme d'une quarantaine d'années mesurant 1,50 mètre, réintègre définitivement le musée de Grenoble après plus de cinquante ans d'absence. Elle repose soigneusement vêtue et coiffée avec divers objets de la vie quotidienne dont un luth ancien présenté comme l'un des sept encore existants à travers le monde[63].

Après la Première Guerre mondiale, les acquisitions d'antiquités égyptiennes deviennent beaucoup plus rares. Seules pièces notables à signaler, une statuette funéraire donnée par Joseph Girard en 1923 et une quarantaine de pièces provenant des missions africaines en 1979. Avec environ 400 objets[64], la collection d'antiquités égyptiennes considérée comme la quatrième de France[65], après celles du Louvre, de Marseille et de Lyon, comprend du mobilier funéraire, des objets de la vie quotidienne et un ensemble de sarcophages, en particulier celui, fragmentaire, d'Amenhotep fils de Hapou, courtisan d'Amenhotep III.

De nos jours, la collection peut être regardée et commentée plusieurs fois par an avec des bénévoles de l’Association dauphinoise d'égyptologie Champollion, créée en 1994[66]. En octobre 2018, le souhait du conservateur Guy Tosatto de remettre en lumière cette collection se réalise après quatre ans d'efforts, par l'organisation de l'exposition Servir les dieux d'Égypte, en collaboration avec le musée du Louvre et trois autres musées européens[67]. À plus long terme, la perspective du bicentenaire du déchiffrement des hiéroglyphes par Champollion annonce une nouvelle organisation du département des antiquités en 2022[68].

Peintures[modifier | modifier le code]

XIIIe au XVIe siècle (salle 1)[modifier | modifier le code]

Salle no 1 (XIIIe siècle).

Le parcours commence par les origines de la peinture occidentale, puis la collection atteint vite la période de la Renaissance et particulièrement la Renaissance italienne. On remarque notamment :

  • Sainte Lucie attribué à Jacopo Torriti en 1295 est le plus ancien tableau de la collection italienne du musée
  • Le triptyque de La Vierge à l'Enfant entre saint Gérard, saint Paul, saint André et saint Nicolas (1395) de Taddeo di Bartolo
  • Le Christ rencontrant la femme et les fils de Zébédée et Noli me tangere de Véronèse (vers 1565)
  • Sainte Famille, une huile sur bois de Giorgio Vasari exécutée en 1544 et représentant comme personnage central non pas un nouveau-né comme c'est souvent le cas à cette époque, mais un enfant
  • Déposition de croix (1573) de Paolo Farinati.

Pour cette période, le musée possède également des œuvres de Le Pérugin (deux peintures dont Saint Sébastien et sainte Apolline), Fra Bartolomeo (attribué à), Marco Palmezzano, Bernardino Licinio (Conversation sacrée avec donateur, 1532), Giorgio Vasari, Le Tintoret, Adrien Ysenbrandt, Pieter Coecke van Aelst, Cesare da Sesto ou encore de Georg Pencz.

XVIIe siècle (salles 2 à 10)[modifier | modifier le code]

Cette section prestigieuse est consacrée aux peintures françaises, flamandes, hollandaises espagnoles et italiennes et présente plusieurs chefs-d'œuvre. On peut en particulier citer :

Salle no 8 (XVIIe siècle).
  • Saint Jérôme pénitent de Georges de La Tour, (1628-1630).
  • La plus belle collection de tableaux de Francisco de Zurbarán dans un musée français avec en salle 8 la série des quatre toiles peintes pour la Chartreuse de Jerez : L'Annonciation, La Circoncision, L'Adoration des bergers et L'Adoration des mages.
  • Saint Grégoire pape entouré de saints et de saintes de Rubens (le plus grand tableau du musée, mesurant 4,77 × 2,88 mètres ; entré au musée en 1811).
  • Six tableaux de Philippe de Champaigne en salle 8 (dont le Le Christ mort sur la croix (1655), L'Assomption, datée vers 1638, et la Résurrection de Lazare), ce qui en fait le second ensemble de peintures de Champaigne dans un musée français après celui du musée du Louvre.
  • Noli me tangere et son pendant L'Apparition du Christ aux pèlerins d'Emmaüs de Laurent de La Hyre.
  • La Partie de carte dans une hôtellerie de David Teniers, scène de vie quotidienne au XVIIe siècle.
  • Quatre natures mortes du Flamand Osias Beert en salle 4.

Outre la série de Zurbarán, le musée possède dans les salles 2,3,5 et 7, un bel ensemble de peintures cavaragesques se distinguant par leur technique de clair-obscur et comportant des œuvres de Bernardo Cavallino, Bernardo Strozzi, José de Ribera, Francesco Guarino, Matthias Stom, Nicolas Régnier et de Mattia Preti représenté par le Le Martyre de saint Pierre.

On trouve aussi des œuvres de :

XVIIIe siècle (salles 11 à 14)[modifier | modifier le code]

Parmi les œuvres de ce siècle on remarque de majestueux grands formats de l'école française, comme Le Martyre de Saint-André peint en 1749 par Jean Restout pour la Collégiale Saint-André de Grenoble. Parmi les toiles les plus intéressantes on remarque également :

Salle no 12 (XVIIIe siècle).

Les autres tableaux sont notamment de la main de Hyacinthe Rigaud, Jean-Baptiste Pater, Jean-Baptiste Greuze, Joseph-Marie Vien, Sebastiano Ricci, Giovanni Paolo Pannini, Gaspare Diziani, Léonard Defrance, Angelo Maria Crivelli et Thomas Gainsborough. Jacques-Charles Oudry est représenté par deux tableaux de 1764 représentant des trophées de chasse accrochés à un mur[69]. La section présente aussi quelques bustes, comme celui d'Antoine Barnave.

Dans ces salles on découvre également Environs de Naples, un rare tableau russe du XVIIIe siècle de Fiodor Matveïev, peint en 1797 à Rome. Ce tableau fait partie des trois tableaux donnés au musée en 1845 par le général Jean Gabriel Marchand. Les deux autres étant Vue des cascatelles de Tivoli exécuté en 1795 par le peintre Flamand Simon Denis et Vue du lac d'Albano peint la même année par le peintre français Nicolas-Didier Boguet. Ces trois tableaux de paysages ont fait partie en 1999 d'une exposition sur le général Marchand au musée de la Révolution française[70].

XIXe siècle (salles 15 à 23)[modifier | modifier le code]

Le XIXe siècle est illustré par un ensemble remarquable allant du néo-classicisme jusqu'aux nabis, avec des œuvres de :

Salle no 17 (XIXe siècle) avec sa statue de Champollion.

En salle 15, se trouve le portrait de madame Gaudry réalisé en 1856 par Dominique Ingres[73]. Il s'agit d'un visage géométrisé en plan serré sur fond bleu, d'un diamètre de 33,5 cm et trop symétrique pour être réaliste, lui donnant ainsi un aspect de laideur.

Art régional du XIXe siècle (salles 20 et 21)[modifier | modifier le code]

Salle no 21 (école dauphinoise).

L'école dauphinoise du XIXe siècle atteint un niveau qui justifie la place de choix qu'elle occupe dans le musée. Si la première salle présente des tableaux de petit format, c'est surtout le paysage qui lui donne son âme. Le fondateur de cette école, Jean Achard, donne les premiers paysages majestueux qui vont exalter les peintres suivants. Son buste réalisé en 1888 par le sculpteur dauphinois Henri Ding est exposé au milieu des tableaux de la salle 21. À l'entrée de la salle 20, un tableau de petit format d'Ernest Hébert représente le plus grand mécène du musée, le général Léon de Beylié, peint dans son uniforme de colonel en 1898.

Laurent Guétal, Charles Bertier, Henri Blanc-Fontaine, Édouard Brun, l'abbé Calès. Beaucoup de ces peintures, malgré la précision topographique font penser à une vision inspirée. Le musée détient également des tableaux d'Alexandre Debelle, peintre ayant assuré la fonction de conservateur du musée de 1853 à 1887, mais dont la passion de l'histoire le pousse à représenter des scènes historiques comme l'abdication d'Humbert II entrainant le rattachement du Dauphiné au royaume de France en 1349[74] ou le siège de Grenoble par les troupes austro-sardes en juillet 1815[75].

En 2016, le musée acquiert six toiles réalisées par le peintre grenoblois Jules Flandrin entre 1897 et 1924. Deux d'entre elles sont des autoportraits de l'artiste et trois autres représentent des proches du peintre[76]. L'association Les Amis du Musée de Grenoble étant à l'origine du don de ces cinq œuvres, la sixième représentant un paysage mythologique étant offerte par un particulier[77].

Art moderne du XXe siècle (salles 24 à 36)[modifier | modifier le code]

La section du XXe siècle est particulièrement riche puisque le musée est considéré comme le plus ancien musée d'art moderne en France[78]. Répartie sur treize salles, la collection va des conquêtes de l'art moderne au début du siècle jusqu'aux développements formels les plus récents. Une partie des collections provient de l'important legs du couple Georgette Agutte et Marcel Sembat en 1923, legs suffisamment important au point d'ouvrir une salle destinée à cette collection dans le musée de l'époque. Aujourd'hui, la salle 24 accueille les œuvres de Georgette Agutte et les deux suivantes celles acquises avec son époux Marcel. Des assiettes décorées par Georgette figurent également dans la vitrine de la galerie centrale.

Salle n°36 des collections d'art moderne.

Toutes les tendances et mouvements de la peinture sont présents, tels le fauvisme avec des tableaux d'Henri Matisse (8 peintures), André Derain, Albert Marquet, Raoul Dufy, Maurice de Vlaminck, Emile Othon Friesz (6 peintures), Jean Puy, Charles Camoin (Nu à la chemise mauve, acquis en 2012), Kees van Dongen, le cubisme avec Georges Braque, Albert Gleizes, André Lhote, Fernand Léger et Le Corbusier, l'école de Paris, représentée par Amedeo Modigliani, Pinchus Krémègne, Chaïm Soutine, Maurice Utrillo ainsi que Marc Chagall (3 peintures). Quatre peintures illustrent les différentes périodes artistiques de Pablo Picasso tandis que l'on retrouve aussi des œuvres de peintres tels Pierre Bonnard, Jacques Villon, Natalia Gontcharova, Paul Signac, Henri-Edmond Cross (6 peintures), Claude Monet, Georges Rouault, Léon Lehmann (3 peintures), Robert Delaunay, Kurt Schwitters, Jean Gorin, George Grosz, Paul Klee, Vassily Kandinsky, František Kupka, Theo van Doesburg, Giorgio Morandi (Nature morte, 1939, achetée en 2015[79]), Jean Arp, Balthus, Bernard Buffet, Yvette Alde ou encore Maria Elena Vieira da Silva.

L'œuvre réalisée en 1912 par Luigi Russolo, Synthèse plastique des mouvements d’une femme y est présentée comme un exemple du courant futurisme italien créé en 1909 lors de la sortie du manifeste du futurisme et ayant comme caractéristique la saturation des couleurs et l'utilisation de la chronophotographie mise au point par Eadweard Muybridge dans les années 1870[80]. Cependant, la mort de certains artistes comme Umberto Boccioni durant la Première Guerre mondiale touche gravement ce courant artistique et la mort de Filippo Tommaso Marinetti en 1944 y mettra un terme.

Les dons au musée lorsque Andry-Farcy est conservateur sont nombreux, comme celui de Matisse avec son Intérieur aux aubergines, Pablo Picasso et sa Femme lisant remis par le peintre au musée en 1921[81], Claude Monet du Coin de l'étang à Giverny en 1923. De grands noms du surréalisme sont aussi présents comme Giorgio de Chirico, René Magritte, Joan Miró, Max Ernst, André Masson, Francis Picabia ou Yves Tanguy.

Une autre salle d'art moderne.

Le musée de Grenoble est aussi une référence pour l'art moderne, sa collection étant une des plus anciennes de France, avec notamment des œuvres de Sam Francis, Frank Stella, Pierre Soulages, Annette Messager, Christian Boltanski (Monument), Christo, Tapies, Andy Warhol, Donald Judd, François Morellet, Carl Andre, Sol Lewitt, Tadashi Yamaneko, Bernard Pagès, Jean Dubuffet, Jean Fautrier, Martial Raysse, Arman, Jean Peyrissac, Leonardo Cremonini, Michel Moskovtchenko, Rebecca Horn, Bart van der Leck ou encore Tom Wesselmann. Le musée possède une œuvre de l'artiste et danseuse suisse Sophie Taeuber-Arp en salle 30 avec son tableau Échelonnement peint en 1934. Les mouvement d'après-guerre de l'abstraction lyrique et de l'abstraction géométrique sont représentés par les artistes Hans Hartung, Joan Mitchell et Victor Vasarely.

La sculpture est également présente dans les salles, avec des œuvres d'Auguste Rodin, Georges Rouault (femme nue, vers 1909), Henri Laurens, Raymond Duchamp-Villon, Jacques Lipchitz, Julio Gonzalez, Ossip Zadkine, Max Ernst (Un chinois égaré), Alberto Giacometti, Alexander Calder et même Henri Matisse, toujours grâce au legs Agutte-Sembat.

Art contemporain des XXe et XXIe siècles (salles 37 à 54)[modifier | modifier le code]

Les dernières salles, celles de l'art contemporain, sont réparties sur trois niveaux (niveau 0, niveau -1 et niveau -2). Elles sont consacrées au nouveau réalisme, à l'art minimal, au pop art, à l'art optique, au land art et à l'arte povera, mettant en évidence la très grande diversité des formes et des préoccupations qu’explorent les créateurs d’aujourd’hui en jouant sur les matériaux, les techniques et les sources d’inspiration les plus diverses. Les œuvres de ces salles sont susceptibles d'être déplacées ou mises dans les réserves du musée selon les années.

Il faut souligner que le musée possède trois des six œuvres de Morris Louis visibles sur le territoire français ou encore un tableau de Robert Ryman entièrement peint en blanc d'une façon homogène et dont seules l'épaisseur de la plaque noire ainsi que les quatre attaches murales ressortent. On remarque dans la salle 37 le tableau réalisé en 1954 par Nicolas de Staël, Sicile, ayant fait l'objet d'un timbre postal[82]. La salle 39 expose notamment une compression de motocycle réalisée par César en 1970, le portrait de Jackie Kennedy d'Andy Warhol ou le tableau piège de Daniel Spoerri, composé de vaisselle et de déchets de repas. Installée en salle 40, l'œuvre réalisée en 1972 par François Morellet, Sphère-trames, est l'une des plus imposantes du musée avec ses 2,45 mètres de diamètre de tubes en acier inoxydable. Dans la salle 48, se trouve l'œuvre achevée en 2010 de Stephan Balkenhol, L'Origine du monde, une statuette en bois polychrome d'un homme observant de loin un pastiche du tableau de Gustave Courbet, L'Origine du monde.

Isolée dans la salle 51 du niveau -2, la Tête bleue de Thomas Schutte est caractéristique par sa couleur vive et sa taille gigantesque. Trois œuvres de cet artiste occupent la salle suivante N°52. La dernière salle 54 accueille l'œuvre de Richard Long, un regroupement circulaire de pierres plates posées au sol, imaginé en 1978 et illustrant le mouvement du land art. Le mouvement de l'arte povera est quant à lui représenté par les artistes Giuseppe Penone, Jannis Kounellis et Giovanni Anselmo.

Sculptures[modifier | modifier le code]

Salle n°18 des sculptures, Moïse sauvé des eaux de Victor Chappuy.

Essentiellement musée de peinture, le musée de Grenoble expose néanmoins des sculptures du XIXe siècle essentiellement dans les salles 18 et 19, dont Phryné réalisée en 1845 par James Pradier, Être et paraître en 1861 par Leharivel-Durocher, Les Premières fleurs réalisée par le dauphinois Urbain Basset en 1880[83], La jeunesse de 1883 d'Antonin Carlès, Le torrent en 1878 par Urbain Basset[notes 10], La mort de Lucrèce en 1828 par Victor Sappey, La petite vendangeuse en 1863 par Émile-François Chatrousse, ou les deux bas-reliefs en plâtre patiné de Louis-Ernest Barrias en 1900 représentant Lavoisier dans son laboratoire et Lavoisier à l'Académie[84]. La salle 19 contient une vitrine contenant une douzaine de sculptures en bronze de quelques dizaines de centimètres dont l'une est un exemplaire en réduction de 1867 de la statue équestre de Napoléon Ier d'Emmanuel Frémiet, actuellement installée dans la prairie de la rencontre à Laffrey. À noter que lors de l'ouverture du musée-bibliothèque en 1870, le musée accueillait dans une niche centrale du vestibule une statue de 3,05 mètres d'Athéna, offerte par Victor Duruy, ministre de l'Instruction publique[85]. Décrite en 1892 dans le livre de Joseph Roman[9] comme identique à celle conservée au musée du Louvre, cette statue est de nos jours enfermée dans l'ancienne chapelle du lycée Vaucanson[86]. Il existe enfin quelques sculptures en bronze en dehors du musée, dans le jardin de sculptures.

Statue de Champollion de 1867 par Bartholdi.

Par ailleurs, de nombreuses salles conservent une voire deux sculptures en son centre comme en salle 17 où figure en position centrale celle en plâtre de Jean-François Champollion faite par le sculpteur Bartholdi pour le parc égyptien de l'égyptologue Auguste Mariette à l'occasion de l'exposition universelle de 1867 à Paris. Cette statue d'une hauteur de 2 mètres provient d'un legs de la veuve Bartholdi fait en 1905 à la ville de Grenoble en souvenir des attaches de son mari comme professeur d'histoire à l'université de Grenoble. Consignée dans le musée, cette statue n'est finalement installée qu'en 1926 dans la cour d'honneur du lycée Champollion où elle restera jusqu'à son transfert en 1995 dans le musée[87],[88]. C'est ce plâtre qui a servi de modèle à la sculpture en marbre du Collège de France à Paris. Cette même salle renferme également un modèle réduit du Triomphe de la Révolution d'Alexandre Falguière, sculpture en marbre représentant un groupe monumental où un char tiré par des chevaux s’apprête à « écraser l’Anarchie et le Despotisme »[89]. Le modèle de grande taille ayant été installé au sommet de l’arc de triomphe de l'Étoile à Paris de 1882 à 1886.

La salle 1 détient en son centre la statue originale d'Hercule-Lesdiguières exécutée en 1609 par un sculpteur encore mal identifié de la Renaissance italienne à la demande du duc de Lesdiguières[90]. Installée initialement dans le parc du château de Vizille, propriété de la dynastie Lesdiguières, la statue est déplacée en 1740 au jardin de ville devenu depuis peu propriété de la ville de Grenoble. Elle y reste jusqu'en 1990, année où lors d'une chute accidentelle, elle doit être restaurée et amenée au musée de Grenoble. Une copie sera réinstallée au jardin de ville ainsi qu'une autre en 2008 à son emplacement d'origine au château de Vizille, 268 ans après son départ.

La salle 4 renferme la statue polychrome de Saint-Florian de l'école souabe et datée de 1520. La salle 13 renferme le buste en marbre exécuté par Jean-Antoine Houdon représentant Laurent Aymon de Franquières, premier maire de Grenoble du 3 au 10 février 1790 et mort prématurément à l'âge de 45 ans le 30 mars suivant[91]. La salle 15 détient Jeanne d'Arc à cheval de 1834 sculptée par la duchesse Marie d'Orléans. La salle 23 détient un buste en bronze de 1910 d'Auguste Renoir, Le berger Pâris. La salle 24 consacrée à Georgette Agutte renferme la statue de l'homme politique Jules Guesde, mort en 1922. La section des salles d'art contemporain contient de nombreuses sculptures comme la salle 37 abritant La fourmi, une sculpture hybride de femme et de fourmi réalisée en 1953 par Germaine Richier ou la salle 53 avec une sculpture en marbre noir sans titre de Tony Cragg illustrant l'obsolescence de notre société.

Cabinet des dessins[modifier | modifier le code]

Exposés le plus souvent dans la Tour de l'Isle, aménagée en cabinet d’art graphique, le fonds ancien compte 5 500 dessins[92] provenant essentiellement des dons et du legs de Léonce Mesnard en 1890[93]. Magistrat passionné d'art, il a consacré une partie de sa vie à ses écrits et collections qui comptaient plus de 16 000 objets. À sa mort, en mai 1890, le maire de Grenoble, Auguste Gaché, fait l'éloge de sa grande générosité car il lègue 3 207 pièces au musée[94].

Te nave nave fenua, Paul Gauguin, 1892. Dessin de sa période tahitienne où il représente sa compagne, Teha'amana. Le tableau étant conservé par le musée d'art Ōhara au Japon.

Les dessins italiens prédominent, notamment ceux des Vénitiens et des Florentins de la Renaissance et du Seicento même si l'on retrouve bien d'autres feuilles isolées : le musée possède ainsi des dessins de Parmigianino (Le Parmesan), de Palma le Jeune, de Annibal Carrache, Agostino Ciampelli, Guido Reni, Le Guerchin, Luca Giordano, Giambattista Tiepolo, Giandomenico Tiepolo, Francesco Guardi, Giovanni Battista Piazzetta etc. Le fonds français ancien a récemment été étudié par Guillaume Kazerouni, Barbara Brejon de Lavergnée et Jérôme Delaplanche, donnant lieu à la publication d'un catalogue et permettant de nouvelles attributions ainsi que la découverte de nouveaux dessins : pour le XVIIe siècle, on trouve dans les collections des feuilles d'artistes comme Laurent de La Hyre, Philippe de Champaigne ou Vouet. Le XVIIIe siècle comporte des artistes célèbres tels que Watteau, Hubert Robert ou David. L'école hollandaise s'impose par son importance avec notamment Jacob Jordaens et Rembrandt au point d'en faire une exposition temporaire en 2014[93]. Le XIXe siècle se caractérise par des séries importantes de certains artistes comme Delacroix, Fantin-Latour ou Jongkind[notes 11] avec ses aquarelles du Dauphiné.

La collection du XXe siècle vient en deuxième position en termes d'importance pour un musée français après celle du musée national d'art moderne. Comme pour la peinture, elle doit beaucoup à la politique d'Andry-Farcy. En 1923, le legs Agutte-Sembat fait rentrer 24 dessins dont l'esquisse au fusain de la danse de Matisse de 1909. Outre Matisse (présent avec 28 œuvres en tout) la collection comporte notamment des dessins de la main de Jean Arp, Antonin Artaud, Pierre Bonnard, Alexander Calder, Marc Chagall, Jean Cocteau, André Derain (Portrait de Francis Carco), Raoul Dufy (68 œuvres), Max Ernst, Léonard Foujita, Julio Gonzalez, Juan Gris, František Kupka, Le Corbusier, Fernand Léger, Alberto Magnelli, Albert Marquet, André Masson, Joan Miró, Amedeo Modigliani, Pablo Picasso (Verre, papier collé de 1914 acquis en 2012), Kurt Schwitters, Paul Signac, Cy Twombly, Suzanne Valadon, Maurice de Vlaminck, Edouard Vuillard et Ossip Zadkine.

En 2006, le musée commence un récolement de ses dessins et entame à partir de 2010 une série d'expositions temporaires les mettant en valeur dont la dernière a lieu en 2018 avec l'exposition De Delacroix à Gauguin[95]. Cette dernière exposition de 115 feuilles donne l'occasion au public de voir Te nave nave fenua de 1892, une des premières représentations de l’Ève tahitienne, réalisée par Gauguin durant son premier séjour en terre maorie, de juin 1891 à juin 1893[96].

Objets d'art[modifier | modifier le code]

Ces objets et meubles rarement exposés, proviennent des dons de plusieurs mécènes dont notamment le collectionneur de curiosités Auguste-Antoine Genin[97] et surtout le général Léon de Beylié. Parmi toutes ces pièces ethnographiques, plusieurs centaines issues du XIXe siècle forment une véritable collection asiatique provenant de l'Indochine française et dans laquelle figurent du mobilier, des objets décoratifs, des objets de la vie quotidienne, des figurines, des costumes, des masques, des armes, des statuettes, un jeu d'échec ou encore le faîtage d'un temple de Saïgon. Par ailleurs, le musée conserve une vaste collection d'art africain constituée de 115 statuettes auxquelles s'ajoutent de très nombreux objets d'art. Le musée renferme également des tapisseries du XVIIe siècle, de nombreux médaillons dessinés par Jules Chaplain, le fauteuil et la boite de couleurs de Fantin-Latour, ou encore de multiples céramiques.

Politique d'acquisition[modifier | modifier le code]

Le musée tire son budget annuel de la ville de Grenoble, lui-même augmenté par des subventions provenant de l'État et de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Par ailleurs, le musée possède depuis avril 2010 un club de mécènes dont la principale mission est d'enrichir les collections en prenant soin de laisser le choix de l'œuvre au conservateur[98]. Les membres fondateurs de ce club sont les entreprises bioMérieux, Caisse d'épargne Rhône-Alpes et la fondation Schneider Electric. Un autre membre partenaire étant le Crédit agricole Sud Rhône-Alpes[99]. Une seconde mission du club étant de soutenir sur le plan de la communication certaines expositions temporaires. C'est le cas en 2011, où l'exposition Chagall et l'avant-garde russe obtient une visibilité nationale. Concernant les acquisitions, la première en 2011 a été celle d'une huile sur toile du peintre italien Gioacchino Assereto, Le songe de Jacob, réalisée vers 1640. Par la suite, le musée de Grenoble va acquérir l'un des treize collages cubistes épinglés de Pablo Picasso daté du printemps 1914. Acquis pour un montant de 750 000 euros[100], ce tableau intitulé Le verre sera exposé tous les trois ans par courte période de deux mois dont la première débute le 19 décembre 2012.

D'autres occasions sont données au club de mécènes de combler des collections comme en 2015 où le musée de Grenoble peut acquérir une nature morte de 1939 de Giorgio Morandi évaluée à 1,1 million d'euros[101], et comme en avril 2018 où le tableau réalisé vers 1646-1650 par le peintre flamand Michael Sweerts intitulé Un vieil homme tricotant avec un garçon à ses côtés, vient enrichir la salle 5 du musée d'une œuvre du XVIIe siècle[98]. Ce dernier tableau acquis pour un montant de 400 000 euros est aussi la première acquisition du musée de Grenoble subventionnée par le Fonds du patrimoine.

Quelques œuvres exposées[modifier | modifier le code]

Jardin de sculpture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Parc Albert-Michallon.
Plan du site.

Un jardin de sculptures, concept né au XVIIe siècle, est installé sur le pourtour est/nord-ouest du musée, dans le parc Albert-Michallon.

D'une superficie de 16 000 m2, c'est en 1964 qu'un premier aménagement donne à cet emplacement d'une ancienne demi-lune de fortification, un statut de jardin. Globalement le parc prend une forme d'équerre épousant ainsi le cheminement de l'imposante muraille de fortification de la fin du XIXe siècle qui termine sa course à l'intérieur du musée. Remarquablement paysagé, c'est dans ce parc que se trouve le plus vieil arbre de la ville, un Cèdre du Liban, planté en 1847[102]. Il offre la possibilité exceptionnelle en cœur de ville de pouvoir exposer des sculptures en plein air.

La surface du parc Michallon ne permettant pas d'étendre à l'infini la présentation de sculptures, en 1988, le choix d'aménagement se porte sur la période du XXe siècle, en cohérence avec l'importante collection d'art contemporain du musée. Trois œuvres sur l'esplanade François-Mitterrand en partie encadrée par l'enceinte du tout début du XVIIe siècle construite par le duc de Lesdiguières viennent s'ajouter à ce parc. La liste complète des sculptures du parc Michallon est la suivante :

Artiste Nom de l'œuvre Caractéristiques Année de
création
Alexander Calder Monsieur Loyal hauteur 9 mètres, acier laqué
1967
Mark di Suvero Étoile polaire 23 mètres de haut, 18 d'envergure, acier peint
1972
Marcel Gimond Jeune fille debout bronze (devant la muraille du XVIe siècle)
1934

Dans le parc Albert-Michallon, les œuvres les plus proches du musée, comme Duna, sont visibles de l'intérieur :

Artiste Nom de l'œuvre Caractéristiques Année de
création
Robert Wlérick Femme nue debout bronze patiné
1936-1942
Marta Pan Duna (Danube, en hongrois) hauteur 3,30 mètres, 5 disques de granit rose
1991
Ossip Zadkine Orphée bronze
1948
Bernar Venet Trois Lignes Indéterminées acier Corten
1992
Léon-Ernest Drivier
et Marcel Gimond
Cécile, traitée à l'antique bronze
1928
George Rickey Conversation (sculpture mobile en acier inoxydable)
1991
Gottfried Honegger Monoforme 26 hauteur 5 mètres, métal peint
1988
Morice Lipsi La Grande Vague granite rose, hauteur 1,28 mètre
1978
Eduardo Chillida Zuhaitz (arbre) acier Corten
1989
Anthony Caro Le Chant des montagnes acier Corten, s'appuie sur le mur d'enceinte
1993
Richard Nonas Transi West (for 36 Albanians) acier Corten, hauteur 3,5 mètres
1994
Eugène Dodeigne Couple pierre de Soignies
1993

Quelques œuvres du jardin de sculpture[modifier | modifier le code]

Bibliothèque[modifier | modifier le code]

Le musée possède une bibliothèque d'histoire de l'art située au premier étage et ouverte au public avec consultation sur place. Le fonds et la politique d'achat d'ouvrages en font une bibliothèque d'histoire de l'art les plus importantes, et très fréquentée par les étudiants. Elle est ouverte les lundis, mercredis, jeudis et vendredis de 14 h 00 à 18 h 00, mais reste fermée un mois en été.

Expositions temporaires[modifier | modifier le code]

Bassin d'eau du musée devant le patio.

Parallèlement aux espaces consacrés à la présentation des collections permanentes, des salles sur une superficie de 1 000 m2 sont réservées aux expositions temporaires. Certaines d'entre elles, agrémentées du déploiement de leurs tableaux, restent visibles sur la chaîne YouTube du musée[103]. Ces expositions généralement d'une durée de trois mois, sont en lien avec l'art contemporain ou avec les collections permanentes du musées qu'elles viennent alors renforcer.

Chaque année, deux grandes expositions sont organisées contribuant à faire du musée un pôle important de la vie artistique française. Insérée entre trois salles, près d'un espace de repos, un bassin d'eau incite les visiteurs à faire une pause. En 2011, un record d'affluence pour une exposition temporaire est atteint avec 143 230 visiteurs pour l'exposition Chagall, dépassant largement les 103 000 visiteurs de l'exposition Giacometti de 2013, ainsi que les 98 000 visiteurs de l'exposition Impressionnisme de France et d'Amérique de 2008[104]. En 2015, dans le cadre des échanges du réseau franco-américain de musées FRAME, l'exposition de l'artiste américaine Georgia O'Keeffe attire plus de 42 000 visiteurs[105]. En janvier 2017, s'achève l'exposition de 70 œuvres de Vassily Kandinsky concernant sa période parisienne. Première exposition en France depuis 1972 consacrée à cette période de son œuvre[106], elle attire 115 366 visiteurs[107].

Exposition hors les murs[modifier | modifier le code]

Depuis 2003, le musée de Grenoble mène une politique d'ouverture, de partage et de démocratisation de ses collections dans d'autres lieux publics que le musée comme les bibliothèques de quartier ou les maisons des jeunes et de la culture, mais toujours dans des lieux sécurisés. Ces expositions attirent en moyenne 1 600 visiteurs et sont élaborées en lien avec les interlocuteurs sur place comme en 2008 à la bibliothèque Eaux-Claires-Mistral qui présente « Figures d'Allemagne, d'hier et d'aujourd'hui » ou en 2015 à la bibliothèque Arlequin de La Villeneuve qui présente « Démons et merveilles »[110]. En mai 2017, une nouvelle exposition constituée de tableaux et sculptures sur le thème de la musique se déroule à la bibliothèque Abbaye-les-Bains du quartier Exposition-Bajatière[111]. En 2018, dans l'esprit des célébrations du cinquantième anniversaire des Jeux olympiques d'hiver de 1968, une exposition intitulée Voyage d'hiver est organisée dans le quartier du Village olympique, à l'ancienne bibliothèque Prémol[112].

Échanges internationaux[modifier | modifier le code]

Avec plus d'une centaine de sorties d'œuvre chaque année, le musée de Grenoble est sollicité pour prendre part à des expositions à travers le monde entier et en particulier avec des pays européens comme en 2016, lorsque il prête pendant trois mois au musée du Prado son Saint Jérôme pénitent de Georges de La Tour en échange de La Pentecôte du peintre Le Greco[113]. Le musée établi donc régulièrement sur son site internet la liste de ses œuvres en déplacement.

Le musée de Grenoble fait également partie du Frame (French Regional & American Museum Exchange), un consortium de 31 musées dont la mission principale est de favoriser la circulation et l'échange d'œuvres d'art entre des musées français et américains[114]. Ce réseau a notamment été déterminant dans l'organisation de l'exposition sur Georgia O'Keeffe en 2015 dans laquelle le musée Georgia O'Keeffe de Santa Fe a apporté un tiers des tableaux exposés[115].

Activités du musée[modifier | modifier le code]

À l'arrivée du conservateur Guy Tosatto en 2002, le constat est fait que très peu d'étudiants fréquentent le musée malgré son lien direct avec le domaine universitaire de Grenoble par la ligne B du tramway. Il entame alors une réorientation de la politique du musée en organisant la première nocturne des étudiants en mars 2004 en collaboration avec l'université Grenoble-Alpes et l'association Un tramway nommé culture. Chaque année, l'animation s'articule autour de plusieurs projets artistiques proposés par des étudiants le temps d'une soirée[116]. Avec 2 800 visiteurs durant l'édition 2014, l'animation est devenue un rendez-vous incontournable de la vie étudiante grenobloise[117], et la progression de sa fréquentation à près de 4 000 visiteurs trois ans plus tard confirme cette tendance[110]. Le musée ouvre également régulièrement ses portes lors de la Nuit européenne des musées[118].

Par ailleurs, le musée de Grenoble donne la possibilité aux personnes handicapées de découvrir ses collections permanentes en mettant à disposition un guide pratiquant la langue des signes en français et un autre proposant une lecture labiale. Pour les non-voyants, les œuvres de Torriti, Picabia et Chagall sont en accès libre grâce à des bas reliefs tactiles accompagnés de commentaires audio et parfois des visites guident et décrivent certains tableaux faisant l'objet d'un projet artistique[119]. De plus, chaque année 300 personnes en situation de handicap psychique sont accueillies lors de visites[120].

La présence dans le musée d'un auditorium de 278 places permet le déroulement de concerts de musique classique ou de spectacles, comme celui de Pascal Amoyel en janvier 2017 sur le thème du compositeur Franz Liszt[121]. La saison musicale de l'auditorium du musée de Grenoble est organisée depuis 1987 par une association, L'oreille en fête, renommée Musée en musique en 1994[122]. L'association soutenue par Mécénat Musical Société Générale[123] et dirigée depuis son origine par Pascale Galliard peut inviter des musiciens internationaux, aussi bien que de jeunes artistes[124]. De plus, lors d'évènements exceptionnels comme l'exposition Servir les dieux d'Égypte, l'auditorium est utilisé comme lieu du colloque international ayant pour thème Clergés et cultes thébains des Libyens aux Saïtes[125]. Il accueille aussi des conférences n'ayant pas de lien direct avec l'art comme celle sur les impacts du changement climatique, organisée en avril 2015 par l'université de Grenoble[126].

Par ailleurs, depuis 1987, une association culturelle soutenant les activités du musée est hébergée par le musée sous le nom Les Amis du Musée de Grenoble[127]. Très impliquée dans la vie du musée, l'association est également à l'origine de dons d'œuvres d'art au musée[76].

Accès[modifier | modifier le code]

  • Parking du musée de Grenoble (730 places).
  • Ligne de tramway B, station Notre-Dame-Musée.
  • Lignes de bus 16 et 62, arrêt Notre-Dame-Musée.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ancien collège des jésuites qui prend le statut d'École centrale en 1796, puis celui de lycée en 1803.
  2. En 2018, la Société des amis des arts de Grenoble (SADAG) organise toujours expositions et salons annuels, notamment au musée-bibliothèque.
  3. Soit 31 millions d'euros.
  4. Centre de criblage sous le régime de Vichy, elle se trouvait à l'emplacement de l'actuel groupe scolaire Bizanet et fut rasée après la Seconde Guerre mondiale, voir : Claude Muller, Heurs et malheurs du Dauphiné, (ISBN 9782844940278) p. 230
  5. Des vestiges de l'orillon d'un bastion de l'enceinte Lesdiguières ainsi qu'une structure postérieure au XIVe siècle ont été conservés tant bien que mal et intégrés aux structures en béton du niveau inférieur du parking. Ils restent donc visibles.
  6. Louis-Joseph Jay est destitué pour raisons politiques en 1815, et le poste de conservateur est assuré par intérim par le bibliothécaire jusqu'à la nomination de Benjamin Rolland en 1817.
  7. Les salles 55 à 57 n'existent pas sur le plan du musée.
  8. Le musée Champollion de Vif fermé en septembre 2005 doit rouvrir ses portes après réaménagement complet en juillet 2020.
  9. Le musée de Grenoble détient le portrait du docteur Clot-bey peint en 1833 par Antoine-Jean Gros.
  10. La statue en bronze Le torrent a été installée place de Verdun de 1882 à 1888, puis au jardin de ville de Grenoble.
  11. La ville donnera son nom au quai bordant le musée et le jardin de sculptures.

Références[modifier | modifier le code]

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  126. univ-grenoble-alpes.fr, Impact du changement climatique sur les ressources en eau: le cas des régions de montagne et des régions tropicales.
  127. Les amis du musée de Grenoble.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Catalogue des tableaux et objets d'art du musée de Grenoble, F. Allier, Grenoble, 1844
  • Marcel Raymond, Étude sur le musée de tableaux de Grenoble, Librairie de l'art, 1879, 241 p.
  • Joseph Roman, Histoire et description du musée-bibliothèque de Grenoble, Librairie Plon, Nourrit et Cie, 1892, Paris
  • Catalogue des tableaux, statues, bas-reliefs et objets d'art exposés dans les galeries du musée de peinture et de sculpture, Imprimerie générale, Grenoble, 1901
  • Léon de Beylié, Le Musée de Grenoble: peintures, dessins, marbres, bronzes, etc, H. Laurens, 1909, 205 p.
  • Victor Del Litto, Un dauphinois méconnu, Louis-Joseph Jay, fondateur du Musée de Grenoble, Imprimerie Allier, Grenoble, 1946
  • Gabrielle Kueny, Grenoble, musée des Beaux-Arts, collection égyptienne, Édition de la réunion des musées nationaux, Paris, 1979 (ISBN 2-7118-0050-4)
  • Hélène Vincent, Un musée précurseur, le musée de Grenoble de 1920 à 1950, mémoire de thèse,
  • Serge Lemoine, Le musée de Grenoble, Paris, musées et monuments de France, , 135 p. (ISBN 9782226033178)
  • Fondation de l'hermitage, Chef-d'œuvre du musée de Grenoble, la bibliothèque des arts, Lausanne, 1992 (ISBN 2-85047-204-2)
  • Élisabeth Besson, Denis Arino, L'Art du XXe siècle: la collection du Musée de Grenoble, Réunion des Musées Nationaux, 1994, 389 p.
  • Lucile Duc, Musée de Grenoble, un itinéraire de passion, des Primitifs aux contemporains, Éditions Artes-Publialp, 1994, Grenoble
  • Catherine Chevillot, Peintures et sculptures du 19e siècle, Paris, réunion des musées nationaux, , 558 p. (ISBN 9782711829644)
  • Serge Lemoine, Image d'une collection, 200e anniversaire, musée de Grenoble, 1999 (ISBN 2-7118-3795-5)
  • Yves Aupetitallot et Jean Guibal, Un musée sans murs, Édips, Dijon, 1999 (ISBN 2-906732-64-8)
  • Gilles Chomer, Peintures françaises avant 1815 - la collection du musée de Grenoble, Réunion des musées nationaux, Paris, 2000 (ISBN 2-7118-2950-2)
  • Guy Tosatto, Les collections du musée de Grenoble, éditions Artlys, 2004
  • Laurick Zerbini, Collection d'art africain du musée de Grenoble, musée de Grenoble, 2008 (ISBN 978-88-7439-440-1)
  • Éric Pagliano, avec Catherine Monbeig Goguel et Philippe Costamagna, De chair et d'esprit. Dessins italiens du musée de Grenoble, Éditions Somogy, 2010 (ISBN 978-2-7572-0305-7)
  • Danielle Bal, Jean-François Klein, Roland Mourer, Caroline Herbelin, Le Général de Beylié 1849-1910 - collectionneur et mécène, Éditeur Milan 5 Continents, 2010, Paris, (ISBN 978-88-7439-563-7)
  • Guillaume Kazerouni, avec Barbara Brejon de Lavergnée et Jérôme Delaplanche, L’Idée et la ligne. Dessins français du musée de Grenoble XVIe-XVIIIe siècle, éditions Somogy, 2011 (ISBN 978-2-7572-0481-8)
  • Guide des collections du musée de Grenoble. Tome 1 – De l’antiquité au XIXe siècle, Musée de Grenoble, Fage éditions, 2015 (ISBN 978-2-84975-384-2)
  • Guide des collections du musée de Grenoble. Tome 2 – XXe siècle et XXIe siècle, Musée de Grenoble, Fage éditions, 2015 (ISBN 978-2-84975-385-9)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Il existe une catégorie consacrée à ce sujet : Œuvre conservée au musée de Grenoble.

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