Pierre Lévy (industriel)

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Pierre Lévy
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Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Pierre Georges LévyVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Parentèle

Pierre Lévy, né le à Guebwiller dans le Haut-Rhin, et mort le à Bréviandes près de Troyes, est un industriel, collectionneur et mécène français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Carrière industrielle[modifier | modifier le code]

Affecté dans l'armée à Troyes en 1927, Pierre Lévy y travaille ensuite dans une usine de maille : il épouse la fille du propriétaire, Denise Lièvre.

À 24 ans, il rachète l'usine Devanlay-Recoing avec deux de ses oncles les frères Georges et René Spira. Les usines Devanlay-Recoing produisent en masse des produits textiles de qualité moyenne à destination de la grande distribution, et exécutent des commandes pour l'armée française. Dès le début, Devanlay-Recoing est bien "connecté" avec les grands magasins d'habits[1].

Pierre Lévy développe une des plus grandes entités textiles françaises dans le bassin d'emploi de Troyes. La société Devanlay existe toujours[2] ; elle est notamment connue pour avoir la licence mondiale de fabrication et de distribution des vêtements Lacoste.

En , Pierre Lévy se réfugie dans la clandestinité en zone non occupée lorsque les premières rafles allemandes sont déployées; pendant l'Occupation, le capital de Devanlay est aryanisé.

Lévy reprend les rênes de l'entreprise en et approvisionne l'usine avec 100 tonnes de fil qu'il avait dissimulé à Bordeaux. Il signe un partenariat pour fournir l'Alsacienne de Prisunic et les Galeries Lafayette pendant dix ans, une base solide sur laquelle il a fait croître les moyens de sa société. Il prend aussi 11 % du capital de l'Alsacienne de Prisunic et monte rapidement à 36 %. Il prend également une participation dans Les Nouvelles Galeries. Il crée la S.A.F.A.T pour la gestion des actifs financiers de son groupe, et Rodin pour la gestion des actifs immobiliers[1].

En 1953 Lévy rachète les Nouvelles Galeries et les magasins Uniprix[3].

En 1976 la société Devanlay traverse une crise financière et Lévy y fait entrer son beau-fils, Léon Cligman pour redresser le groupe; un conflit familial s'ensuivra, Cligman défendant qu'on lui avait promis le contrôle de la société une fois le redressement effectué, face aux Lévy qui ne souhaitent pas quitter Devanlay[4].

Finalement Devanlay fut cédé à Maus Frères en 1998[5].

Collection d'art[modifier | modifier le code]

Pierre et Denise Lévy sont parmi les plus grands collectionneurs français d'art de leur époque; ils côtoient de nombreux artistes : Maurice Marinot - dont une aquarelle le représente assoupi dans un fauteuil moderne, dans sa bibliothèque -, André Derain, Pierre Dumont, Léon Lehmann, Henri-Pierre Roché, André Villeboeuf, Roger Lersy, Édouard Goerg, Pierre Bosco.

En 1976 ils ont offert 2 000 œuvres (des années 1850 aux années 1950) à la ville de Troyes, ce qui a permis l'ouverture du musée d'Art moderne de Troyes, qui fut inauguré en 1982 par le Président de la République François Mitterrand.

La collection, une des plus importantes collections privées du XXe siècle, avait été présentée en 1978 lors d'une exposition de plusieurs mois à l'Orangerie des Tuileries à Paris.

Autres mandats[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • D'un souvenir à l'autre, Paris, ISI, , 283 p.
  • L'Art et l'Argent, Paris, ISI, , 353 p.
  • Des artistes et un collectionneur, Paris, Flammarion, , 381 p. (ISBN 2-08-060866-5)
  • Des pensees et des notations, Paris, Claude DRAEGEER,

Vie privée[modifier | modifier le code]

Sa fille, Martine, est connue comme artiste sous le nom de Martine Martine[6]. Martine est mariée à Léon Cligman, le dirigeant d'Indreco.

Le fils de Pierre Lévy, François, a repris son siège au conseil de Devanlay, épaulé par ses deux sœurs Claire et Annie[4]. Éric Lombard compte parmi les petits-fils de Pierre Lévy[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Patrice Baubeau, Les enjeux industriels et commerciaux d’une participation financière : Devanlay et Recoing, actionnaire de la grande distribution, 1945-1980, www.prd.fr, septembre 2011 (consulté le 17 september 2017)
  2. Nicolas Pénicaut, « Crocodile dandy », Le Nouvel Observateur, no 2507,‎ , p. 74 (ISSN 0029-4713)
  3. Martin Vanier (préf. Jean Darbot), Maille et bonneterie auboise, ORCCA, coll. « Histoire et modernités », , 188 p. (ISBN 2-909983-01-3), p. 72
  4. a et b Valérie Leboucq, Sylvie Ramadier, La querelle de famille rebondit chez Devanlay, www.lesechos.fr, 11 mai 1992 (consulté le 17 septembre 2017)
  5. a et b Mélody Enguix, Les 5 familles qui représentent la tradition à Troyes, www.lexpress.fr, 8 mars 2011 (consulté le 17 mars 2017)
  6. Site de Martine Martine

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]