Marius de Buzon

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Marius de Buzon
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 79 ans)
AlgerVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité

Frédéric Marius de Buzon, né le à La Roque, commune de Bayon-sur-Gironde et mort le , à Alger, est un peintre français de l’école d'Alger d'ascendance espagnole (et descendant du peintre Francisco de Goya). Il est le cousin germain du peintre et décorateur bordelais Camille de Buzon.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il fut à l’école des beaux-arts de Bordeaux, élève de Paul Quinsac, puis à l’École nationale des beaux-arts de Paris chez Fernand Cormon et Albert Maignan, proche de Suzanne Valadon et Maurice Denis, contemporain du Fauvisme il est dans la continuité ethnographique de Paul Gauguin. Il reçoit le prix Lefèvre Glaize Maguelonne en 1910, et une médaille au Salon des artistes français en 1911.

Il expose aussi au salon des Tuileries et au salon d’Automne, et à la Galerie Charlet à Alger. Il obtient le prix Abd-el-Tif en 1913. Il est considéré comme l'un des membres les plus influents de l'École d'Alger. Mobilisé en 1914 en Macédoine, puis en 1915 en Kabylie où il passe une période de quinze mois dans la région de Michelet (aujourd'hui Ain el Hammam) et Fort-National (Larbaâ Nath Irathen), qu'il parcourt à pied ou à dos de mulet : « je découvrais des êtres, » expliqua t-il ensuite, « la végétation, l'atmosphère et le reste, afin de parvenir, par la magie de l'émotion, à transférer la couleur en matière vivante »[1].

Il est médaille d'or hors concours au Salon des artistes français de 1922 (pour Le Marché kabyle et Le Retour du marché dont il peignit plusieurs répliques entre 1922 et 1926), et médaille de vermeil de la Société des peintres orientalistes français en 1922. Il obtient le prix Rosa Bonheur en 1923 pour son Portrait d'enfant et le Grand prix artistique de l’Algérie la même année. Le salon de la Société des artistes algériens et orientalistes lui décerne la bourse de voyage de la Compagnie des chemins de fer PLM en 1926 et la bourse de voyage des chemins de fer algériens de l'État en 1930. Il enseignera à l'Académie algéroise Arts fondée par Rafel Tona et André Figueras dans les années 1930.

Il expose également à l’exposition des Arts décoratifs en 1925 Le Port de Bordeaux et les relations d’outre-mer (panneau de 8,10 × 3,14 m) commandé par l'État français, au Palais Carnot, à Alger en décembre 1925, au salon de la Société des peintres orientalistes en 1922-1923-1933-1934-1935, à Roubaix en octobre 1928, à la Galerie Dujardin, à Prague en 1930 Terrasses à Ghardaia et Fête de l'Aïd Seghir, à l’Exposition coloniale de 1931 Bains maures à Ghardaia, à la seconda mostra internazionale d'arte coloniale de Naples, d'octobre 1934 à janvier 1935 Le Boucher kabyle, et à l’Exposition universelle de 1937, à Paris ; il est nommé président du Comité de patronage de la Villa Abd-el-Tif.

Max-Pol Fouchet dit de lui dans Algeria de 1939 : « L'éloge de M. de Buzon me paraît inutile à faire. On connaît l'art sérieux et puissant de ce peintre, mais il sait aussi libérer sur ses toiles une tendresse corotienne devant tel paysage français. Il n'en émeut que plus. » Tandis que selon Victor Barrucand, « il a mis en évidence les lignes essentielles des paysages, sculptant à grand pans les vallées Kabyles. » Il est fait chevalier de la Légion d'Honneur. Il est l’objet d’une rétrospective à la galerie Antinéa, à Paris en 1983, exposée également à la galerie d’Art Foresto, à Genève en 1984.

Il est considéré, et cité, comme le « chantre de la Kabylie » et l’un des fondateurs de l’École d'Alger (à la suite de Maxime Noiré, et avec Léon Carré, Léon Cauvy, Paul Jouve). Il peint également paysages et types de la région de Bougie, du Mzab (où il est l'un des premiers peintres à pénétrer, après Étienne Dinet, avec Maurice Bouviolle), de Touggourt où il séjourne régulièrement après 1945 (L'Heure blonde, 81 × 120, 1950), Témacine (1953), ainsi qu'à Sidi Bou Saïd, ou en Espagne et au Maroc, à Casablanca, Rabat ou encore Fès. Ses œuvres sont très recherchées par les collectionneurs comme représentant les scènes de la vie kabyle, paysages, scènes pastorales ; « il substitue à la notion d’identification ethnique, celle infiniment plus poétique d’allégorie (Élisabeth Cazenave) », tandis qu'en 1930 Pierre Angel écrivait de lui: « Marius de Buzon a poursuivi sur ces rives africaines les rêves antiques de la mystique païenne. » Marius de Buzon meurt fin novembre 1958 à Alger ; son fils Jean et son petit-fils Jean-Frédéric sont assassinés en 1962, alors qu’ils essayaient de déménager et sauver l'atelier de leur père et grand-père.[réf. nécessaire]

Liste non-exhaustive des œuvres de Marius de Buzon[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Marius de Buzon, cité dans L'Afrique du Nord Illustrée, Félix Gros, Noël 1928[évasif], page 8

Sources[modifier | modifier le code]

  • Élisabeth Cazenave, Marius de Buzon 1879-1958, 1996 Éditions Abd el Tif (ISBN 2-9509861-0-2),
  • La villa Abd-el-tif, un demi siècle de vie artistique en Algérie, 1998[réf. incomplète]
  • A.N. : F21/4181, F21/6728, F21/6913. Archives Meley, Archives familiales Mme Monceau-de-Buzon (et vente de l'"Atelier de Buzon" des 20 avril 2008 et 10 avril 2010, Saintes, Abbaye aux Dames, SVV Geoffroy-Bequet), et Archives du Ministère des Affaires étrangères, archives du Musée des Beaux-Arts de Pau (lettre du 9 juin 1914 à M.Laffond), Bibliothèque Nationale de France fonds numérique Gallica.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

[réf. incomplète]

  • Tamaris, Les Annales coloniales, 1922,
  • Berger-Vachon, Alger étudiant, 10 février 1923, "Autour de l'exposition Marius de Buzon", et Le Massier, L'Afrique latine, (les Arts à Alger) 1923,
  • Le Monde colonial illustré, septembre 1925, "l'Algérie à l'Exposition des arts décoratifs et industriels modernes",
  • Jean Alazard, revue Art et Décoration, 1926,
  • Jean Alazard, L'Orient et la peinture française au XIXe siècle d'Eugène Delacroix à Auguste Renoir, Librairie Plon, Paris, 1930,
  • L'Afrique du Nord Illustrée, Noël 1928,
  • Pierre Angel, L'École nord-africaine dans l'art français contemporain, Les œuvres représentatives, 1931,
  • Victor Barrucand, L'Algérie et les peintres orientalistes, page 15, Éditions B. Arthaud, Grenoble, 1930, et Éditions du Tell, août 2003, Blida-Alger, (ISBN 9961-773-08-X), du même auteur, in La Dépêche algérienne, février 1923,
  • (it) Catalogo "il mostra internazionale d'arte coloniale Napoli 1934-XII-1935-XIII", Ila Editore, Roma, Fratelli Palombi, 1934,
  • Catalogue des peintures et sculptures du Musée des Beaux Arts d'Alger 1938,
  • Max-Pol Fouchet, article in Algéria, 1939,
  • Georges Martin, Les Peintres d'Algérie, "Marius de Buzon", Éditions Fama, Alger, 1947,
  • Louis-Eugène Angeli, article in Algéria, Noël 1948, "Les maîtres de la peinture algérienne, F. Marius de Buzon",
  • Le Palais d'été, résidence du Gouverneur de l'Algérie, édité par la direction de l'Intérieur et des Beaux-Arts du gouvernement général, Imprimerie officielle, mai 1951,
  • Louis-Eugène Angeli, article in Algéria, décembre 1958,
  • Émile Dermenghem, Le Pays d'Abel, Gallimard, 1960, collection L'Espèce humaine no 18,
  • Anne Monédière, article in Revue des Musées d'Aquitaine, 1980,
  • L'Algérianiste, no 24, "Marius de Buzon, peintre de l'École d'Alger", décembre 1983,
  • Lynne Thornton, Caroline Juler et Yves Thoraval, La Femme dans la peinture orientaliste, 1985 ACR Éditions, (ISBN 2-86770-011-6).
  • Anne Monédière, "Marius de Buzon, l'évocation du rêve exotique", in Publication du Musée d'Aquitaine, 1986,
  • D. Dussot, Art et Bourgeoisie: la Société des Amis des Arts de Bordeaux 1851-1939, préface de B. Foucart, 1997 p. 198-200,
  • Pierre Chabannes et Gerald Schurr, Dictionnaire des petits maîtres de la peinture (1820-1920), Éditions de l'Amateur 2003, (ISBN 2-85917-378-1),
  • Élisabeth Cazenave, Les Artistes de l'Algérie, dictionnaire des peintres, sculpteurs, graveurs, 1830-1962, Éditions Bernard Giovanangeli, 2001, (ISBN 2-909034-27-5), et (deuxième édition) Éditions de l'Onde, novembre 2010 (ISBN 978-2-916929-27-9). L'Afrique du Nord révélée par les musées de province, même auteur, même éditeur, 2004, (ISBN 2-909034-60-7), et Marius de Buzon 1879-1958,
  • Stéphane Richemond, Les Salons des artistes coloniaux, Éditions de l'Amateur, 2003, (ISBN 2-85917-395-1),
  • Guerre d'Algérie Magazine, no 6, novembre-décembre 2002 : Marius de Buzon,
  • (en) Roger Benjamin, Orientalist aesthetics, Art colonialism and French North Africa 1880-1930, première édition 1957, University of California Press Ltd, London, England, and Berkeley, deuxième édition 2003,
  • Marion Vidal-Bue, L'Algérie des peintres 1830-1960, EDIF 2000, Paris Méditerranée, 2002, (ISBN 2-84272-143-8),(page 216), et, Alger et ses peintres, Éditions Paris Méditerranée, Paris et Alger , 2005, (ISBN 2-84272-095-4), même auteur même éditeur, L'Algérie du Sud et ses peintres, 2003, (ISBN 2-84272-175-6).
  • Bernard Salord-Gendre, L'Echo de Bougie, novembre 2004,
  • Jean-Pierre Benisti, article in Société des études camusiennes, bulletin no 82 octobre 2007,
  • catalogue SVV Geoffroy-Becquet, vente de "l'Atelier de Buzon", Saintes-Royan, avril 2008, et avril 2010, cabinet d'expertise Philippe Ravon, Saintes, et idem SVV Damien Leclere, Marseille, 13 juillet 2011,
  • Centre culturel de Saint-Raphaël, Albert Marquet et ses amis en Algérie, artistes et mécènes 1920-1947, 21 mars-2 août 2008, Édition Ville de Saint-Raphaël, (ISBN 978-2-9517723-2-8) (page 66),
  • Pierre Sanchez et Stéphane Richemond, La Société des peintres orientalistes 1889-1943, 2008, Éditions Echelle de Jacob, 394 pages, (ISBN 978-2-913224-73-5)
  • Élisabeth Cazenave, Albert Camus et le monde de l'Art, avril 2009, association Abd el-Tif, Éditions Atelier Fol'FER, (ISBN 978-2-35791-003-4).
  • La Méditerranée de Audisio, 2008, direction Guy Dugas, Éditions Manucius,
  • Jean Lepage, L'Orient fantasmé, Paris et Narbonne, mars 2011, Éditions Somogy, (ISBN 978-2-7572-0461-0).