Fondation Bemberg

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Fondation Bemberg
Bachelier - Hôtel d'Assézat - Toulouse.jpg
L'hôtel d'Assézat, qui abrite la Fondation Bemberg.
Informations générales
Type
Ouverture
Site web
Collections
Collections
sculptures, peintures et objets d'arts du XVe au XXe siècle
Nombre d'objets
1100
Localisation
Pays
Région
Commune
Adresse
Hôtel d'Assézat, place d'Assézat
31000 Toulouse
Coordonnées

La Fondation Bemberg est une fondation d'art située à Toulouse dans l'hôtel d'Assézat, et présentant la riche collection d'art privée du collectionneur Georges Bemberg, réunissant peintures, sculptures et objets d'arts anciens et modernes que celui-ci a prêtés à la municipalité de Toulouse afin de les rendre accessibles au plus grand nombre. La fondation, outre que d'être un musée, propose également des activités culturelles liées à l'histoire et à la connaissance de l'art.

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1994, Georges Bemberg, riche Argentin amateur d'art, prête pour 99 ans à la municipalité la collection qu'il a réunie (1 100 œuvres réparties entre tableaux, sculptures et objets d'art) afin de la rendre accessible au public. Ce sont ainsi trois quarts de la collection qui sont visibles dans les salles de l'hôtel d'Assézat, des travaux d'agrandissements étant prévus. Parmi les objets exposés, la peinture et le dessin occupent une place privilégiée, avec par exemple un ensemble unique de plus de trente toiles de Pierre Bonnard et des œuvres de grands peintres des différentes écoles européennes de peinture, du XVe siècle au XXe siècle[1].

Peinture ancienne[modifier | modifier le code]

Salle I[modifier | modifier le code]

« Les Anciens » Venise

Cette salle est consacrée à la peinture vénitienne du XVIIIe siècle, avec un mobilier de provenance vénitienne.

  • Le Rapt de Proserpine, du peintre trévisan Pâris Bordone, qui a travaillé à Venise mais aussi en France où il a été appelé par François Ier.
  • plusieurs Vedute de Canaletto (certaines, comme Le Grand Canal à Sainte Lucie, montrent l'ancien quartier autour de l'église Sainte Lucie rasé dans les années 1830 pour laisser place à la gare du même nom).
  • Angélique et Médor d'Andrea Casali, actif essentiellement à Rome mais aussi en Angleterre où il a passé vingt ans.
  • deux pastels de Rosalba Carriera, peintre vénitienne, qui lança la mode du pastel en France lors de son passage à Paris en 1720.
  • plusieurs Vedute de Francesco Guardi : il est avec Canaletto l'un des représentants les plus significatifs du védutisme italien (ou peinture de paysages urbains).
  • Le Charlatan de Pietro Longhi. Il a peint plusieurs tableaux représentant la vie quotidienne (scènes réalistes) à Venise.
  • La Bautta d'Alessandro Longhi, fils du précédent. Il peignit des portraits pour la noblesse vénitienne, mais il est surtout connu par ses nombreuses gravures à l’eau-forte.
  • Le Triomphe d'Hercule de Giambattista Tiepolo, peintre rococo et graveur vénitien ayant travaillé dans plusieurs cours européennes, fait caractéristique de la circulation des artistes dans l'Europe des Lumières.
  • portrait de jeune femme par Pietro Antonio Rotari, peintre véronals spécialisé dans la peinture de bustes de femmes très en vogue à l'époque.
  • trois tableaux de Francesco Zuccarelli, peintre florentin qui a longtemps vécu à Venise et qui été actif dans plusieurs cours d’Europe.

Seule exception au thème vénitien, un portrait de Miss Frances Elisabeth Sage par le peintre anglais George Romney.

Salle II[modifier | modifier le code]

« Les Anciens » Salle Louis XVI

Faisant pendant à la salle vénitienne, cette salle montre des collections de la même époque, avec des créations françaises et des porcelaines de Chine.

Salle V[modifier | modifier le code]

« Les Anciens » Salle de l’Europe
  • Deux toiles du caravagiste toulousain Nicolas Tournier : La Paysanne portant des fruits et son pendant, La Paysanne à la coupe de fruits, tous deux peints vers 1630[2].
  • Une Vierge à l'Enfant d'Adriaen Isenbrant, admis Maître par la guilde de Bruges en 1510.
  • Un portrait de gentilhomme de Bartholomaeus Bruyn le Jeune. Le style de ses portraits est similaire à celui de son père, mais il est un peu plus dépouillé. Les modèles assis sont représentés à mi-corps sur un fond uni, le visage focalise l'attention, les détails de l'habit sont sommairement dépeints et les mains sont mises en relief. Il n'utilise qu'une palette réduite de couleurs : noir, blanc, gris et bruns, animés par la luminosité des tons chair des modèles.
  • Couple jouant de la musique de Pieter de Hooch.
  • Scène d'auberge de Pieter Brueghel le Jeune.
  • Étude de tête de trois magistrats français (vers 1610) de Frans Pourbus le Jeune, peintre flamand, fils de Frans Pourbus l'Ancien et petit-fils de Pieter Pourbus, devenu sujet français en .
  • Saint Jérôme, huile sur cuivre du XVIe siècle par Bruzzi.

À côté des peintures, plusieurs objets d'art des XVe et XVIe siècles sont exposés, illustrant les conceptions humanistes de la renaissance.

  • Un portait de jeune fille en terre cuite vernissée de l’atelier du Florentin Andrea Della Robbia.

Salle VI[modifier | modifier le code]

« Les Anciens » Galerie de Portraits

Elle occupe la galerie renaissance, qui s'étend sur toute l'aile nord du bâtiment. Les XVe et XVIe siècles flamands, italiens et français sont bien représentés. Plusieurs statues de bronze sont également exposées.

Les statues
Les peintres français
Les peintres flamands et Hollandais
  • Portrait de Sibylle de Clèves, électrice de Saxe par le peintre allemand Lucas Cranach l'Ancien, qui doit son nom à sa ville de naissance. Représentant le maniérisme gothique, il devient peintre de la cour de l'électeur de Saxe en 1504. Le musée possède cinq tableaux de ce peintre, dont Les amoureux, Hercule à la cour d'Omphale, Venus et Cupidon et un Portrait de jeune fille.
  • Portrait de Dame : Janet Brandon, duchesse de Suffolk par Corneille de Lyon, peintre de portrait franco-hollandais du XVIe siècle.
  • Saint Jérôme par Joachim Patinir, peintre et dessinateur de style flamand de la Haute Renaissance, qui intégra en 1515 la guilde de Saint-Luc des peintres d'Anvers comme franc-maître.
  • Vierge à l'Enfant par Gérard David, un des derniers représentant des primitifs flamands de l'école de Bruges.
  • Portrait d'Antoine Perrenot de Granvelle par Frans Floris, peintre d'histoire romaniste flamand de l'École d'Anvers, élève de Lambert Lombard, et de Jan Gossaert dit Mabuse.
  • Portait de Ferdinand Ier par Jan Cornelisz Vermeyen, peintre et tapissier flamand de la Renaissance.
  • Portrait d'homme par Adriaen Isenbrandt.
  • Portrait d'homme à la fleur par Ambrosius Benson, peintre flamand d'origine lombarde, élève de Gérard David.
Les peintres italiens et espagnol

Giovanni Battista Carlone (Saint Sébastien) et Evaristo Baschenis (Nature morte), un Portrait d'homme (XVIIe siècle) caravagesque du peintre toscan Pietro Paolini.

  • Une version de la Présentation de Jésus au temple du Tintoret
  • L’enfant Jésus se blessant avec une couronne d’épines dans un paysage, vers 1645-1650, tableau du peintre espagnol Francisco de Zurbarán, acquisition récente de la fondation en 2018.

Salle VII[modifier | modifier le code]

« Les Anciens » Salle de la Coursière
En dehors des toiles de grands peintres italiens du XVIe siècle, cette salle regroupe des bronzes et reliures anciennes.
Bronzes
  • Hercules et le sanglier d'Erymanthe de Ferdinando Tacca, sculpteur italien baroque de l'école florentine.
  • Hercules de l'atelier de Michel Anguier, sculpteur français, élève de son frère aîné François Anguier, il sera professeur à l’Académie royale de sculpture.
Tableaux

Peinture moderne[modifier | modifier le code]

Le XIXe siècle français — la période impressionniste et post-impressionniste — est l'un des points forts de la fondation tant par le nombre d'œuvres réunies que par leur qualité et leur cohérence : on y retrouve des peintures d'Eugène Boudin, Claude Monet, Auguste Renoir, Alfred Sisley, Berthe Morisot, Camille Pissarro, Gustave Caillebotte, Henri Fantin-Latour, Henri de Toulouse-Lautrec (Rolande), Edgar Degas, Édouard Vuillard, Odilon Redon, Paul Sérusier (Bois d'Amour), Paul Gauguin (Portrait de jeune Paysan), Louis Valtat, Paul Cézanne, Maximilien Luce, Stanislas Lépine (Le Pont des Arts).

Le XXe siècle conclut la visite avec différents artistes représentatifs des tendances de l'art moderne en France durant les premières décennies du siècle : Georges Rouault, André Derain, Henri Matisse, Raoul Dufy, Albert Marquet, Maurice de Vlaminck, Charles Camoin, Kees van Dongen, Pablo Picasso, Georges Braque (Vue à travers une fenêtre, œuvre de sa période fauve), Othon Friesz, Amedeo Modigliani et Maurice Utrillo. Une salle est dédiée à Pierre Bonnard et sa trentaine de toiles.

Salle VIII[modifier | modifier le code]

« Les Modernes » Salle pointilliste
Deux mouvements sont représentés dans cette salle : le groupe de l'art nabi avec comme chef de file Édouard Vuillard, et le divisionnisme ou pointillisme.
  • Un canal à Venise, La Chaîne des Maures et Homme à la barque par Henri-Edmond Cross, peintre français représentatif de la peinture pointilliste et proche du mouvement libertaire.
  • Le clocher de Saint-Tropez et Amandier en fleur (1896) par Paul Signac, peintre paysagiste français, proche du mouvement libertaire, qui donna naissance au pointillisme.
  • Mignonne, allons voir si la rose... et Les Ramasseuses de fougères au Bois d'Amour en 1910 par Paul Sérusier, peintre postimpressionniste français, associé au mouvement des nabis.
  • Baigneur par Maximilien Luce, graveur, portraitiste et affichiste, néo-impressionniste français.
  • La Table de la mer, Villefranche-sur-Mer en 1920 par Henri Le Sidaner, peintre post-impressionniste français, élève d'Alexandre Cabanel.
  • Madame Hessel à sa fenêtre et La remontrance par Edouard Vuillard, peintre, dessinateur, graveur et illustrateur français. Membre fondateur du mouvement nabi, il s'illustre dans la peinture de figure, de portrait, d'intérieur, de nature morte, de scène intimiste.
  • Une paire de tableaux montrant Le mont de Neuville à Dieppe, l'un avec un ciel bleu, l'autre avec un ciel gris, tous deux de 1885 ; en 1889 The Pit at the Old Bedford ; La cathédrale de Milan (1895), Dieppe, les arcades et la Darse, La gare de Dieppe, deux tableaux de 1898, vers 1900 La rue Ste Catherine et les vieilles arcades, Dieppe ; Le châle vénitien ou La Carolina de 1903 et Chopin (1914) par Walter Sickert, peintre postimpressionniste anglais, élève de James Abbott McNeill Whistler. Sickert fut un artiste qui privilégia les sujets et les scènes populaires dans ses peintures.

Salle IX[modifier | modifier le code]

« Les Modernes » Salle Henri Fantin-Latour
Salle qui regroupe des scènes intimistes et portraits, peints par des contemporains d'Henri Fantin-Latour, peintre réaliste et intimiste, et lithographe français. Élève de son père Théodore Fantin-Latour, puis à Paris de Louis-Alexandre Péron et Horace Lecoq de Boisbaudran. Époux de Victoria Dubourg, qui est peintre comme lui.

Salle X[modifier | modifier le code]

« Les Modernes » Salle fauve
Les œuvres de cette salle illustrent le courant pictural du fauvisme né au début du XXe siècle, qui émerge en France à la même période que l'expressionnisme en Allemagne en 1905 et se termine vers 1910.

Salle XI[modifier | modifier le code]

« Les Modernes » Les impressionnistes
Thème très important de la peinture française de la fin du XIXe au début du XXe, illustré par de nombreux paysages et portraits
  • Felix en jupe et Bois de châtaigniers en hiver, Louveciennes, Dulwich College, Londres (1871), trois huiles sur toile par Camille Pissarro, connu comme l'un des « pères de l'impressionnisme ». Il peint la vie rurale française, en particulier des paysages. Felix Pissarro, fils de Camille, deviendra lui-même peintre.
  • Rotterdam, Le Pont de la Bourse et Crinolines sur la plage (1863), deux huiles sur toile d'Eugène Boudin. Il fut l'un des premiers peintres français à saisir les paysages à l'extérieur d'un atelier. Grand peintre de marines, il est considéré comme l'un des précurseurs de l'impressionnisme.
  • La Seine à Charenton, huile sur toile d'Armand Guillaumin, l'un des premiers et des plus fidèles participants du groupe impressionniste.
  • Portrait de son fils Jean en bonnet à pompon, huile sur toile de 1869, et Bateaux sur la plage à Étretat, huile sur toile de 1883, par Claude Monet, un des fondateurs de l'impressionnisme.
  • Les bords du Loing vers Moret et Le canal du Loing, huiles sur toile de 1883 et 1884, par Alfred Sisley, peintre et graveur anglais, rattaché au mouvement impressionniste.
  • Femme au jardin (Villa Arnulphi à Nice) par Berthe Morisot, artiste peintre française, membre fondateur et doyenne du mouvement d'avant-garde que fut l'Impressionnisme.
  • Le petit bras de la Seine en automne par Gustave Caillebotte, peintre français, collectionneur, mécène et organisateur des expositions impressionnistes de 1877, 1879, 1880 et 1882. Il lègue sa collection de peintures impressionnistes et de dessins à l'État.
  • Vue de la Seine et du Trocadéro - Le pont de Grenelle et Paris, le pont des Arts par Stanislas Lepine, peintre paysagiste, qui a beaucoup peint Paris et la Seine, ainsi que la Normandie.
  • Eve à la pomme, bronze patine verte de 1899, par Aristide Maillol, peintre, graveur et sculpteur français, élève de Jean-Léon Gérôme, et d'Alexandre Cabanel.

Salle XII[modifier | modifier le code]

« Les Modernes » Salle Bonnard
Ensemble très complet d’œuvres de Pierre Bonnard, de sa période nabi à ses dernières années : Scène de rue, une huile sur panneau de bois de 1894 ; L’omnibus et Le concert Lamoureux, huiles sur toile datant de 1895 ; Au café et La femme au restaurant en 1900 ; Nu au tub en 1903 ; Le soir de Noël en 1904 ; Les pêchers en 1907 ; En Bateau peint entre 1910 et 1913 ; toujours vers 1910 Le Pont des Saints-Pères ; Voiliers au sec, peint à Canne en 1914 ; Paysage du Midi et Nature morte aux citrons en 1917 ; La grange en 1919 ; Iris et lilas et Les pommes rouges et jaunes de 1920 ; La forêt de pins en 1922 ; Paysage du Cannet de 1923 ; deux autoportraits, dont le dernier de 1945 ; L'étable et Montmartre, dont la date n'est pas précisée.
Plusieurs œuvres en bronze y sont également exposées, ainsi que quelques tableaux de ses contemporains.
  • Élégante à la robe bleu, huile sur toile de Giovanni Boldini, portraitiste de réputation internationale, travaillant principalement à Paris et à Londres. Au début du XXe siècle, il est l'un des portraitistes les plus en vue à Paris.
Statues
  • De Roger de La Fresnaye, peintre et sculpteur, deux statues en bronze datant toutes deux de 1911 : Grand Nu et Jeune fille retirant sa chemise.
  • L'Âge d'Airain et l'étude de nu datant de 1885 pour la future statue de Pierre de Wiessant, toutes deux par Auguste Rodin, un des plus importants sculpteurs français de la seconde moitié du XIXe siècle, considéré comme un des pères de la sculpture moderne.

Sale XIII[modifier | modifier le code]

Salle des dessins
  • Étude de deux chevaux tritons par Luca Giordano.
  • Hercule et Antée, lapis de sépia sur papier par Giandomenico Tiepolo.
  • Promenade des Remparts de Paris, plume, encre grise, lavis gris par Charles Nicolas Cochin, graveur et dessinateur français. Écrivain, il fut aussi ordonnateur des beaux-arts sous la direction du marquis de Marigny, et secrétaire-historiographe de l'Académie royale.
  • Portrait de jeune fille, pastel sur papier d'Auguste Renoir en 1879.
  • La Tahitienne par Paul Gauguin, lavis aquarelle. Chef de file de l'École de Pont-Aven et inspirateur des nabis, il est considéré comme l'un des peintres français majeurs du XIXe siècle, et l'un des plus importants précurseurs de l'art moderne avec Munch et Cézanne.
  • Maison de la rue des Moulins, Rolande, peinture à l'essence sur carton par Henri de Toulouse-Lautrec.
  • Trois pastels sur carton d'Edgar Degas, membre fondateur du groupe des impressionnistes : Femme à la coiffeuse (1879), L'arlequin jaune (1884) et Danseuse rajustant son épaulette (1897).
  • Jeune fille lisant, pastel sur papier de Berthe Morisot.

Sculptures et objets d'art[modifier | modifier le code]

Deux cents bronzes de la Renaissance italienne et française font également partie de la collection du musée avec notamment des statues de Giambologna. Les objets d'art du musée de la fondation Bemberg sont quant à eux au nombre de cinq cents. Dans la loggia devant l'entrée du Musée, c'est le Grand guerrier de Montauban par Bourdelle qui accueille les visiteurs. Dans l'entrée, la La chasse à l'ours de Jan Fyt, peintre flamand, élève de Frans Snyders.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Collection de la Fondation Bemberg, Images d'art, site art.rmngp.fr.
  2. Acquis respectivement en 2014 et en 2015.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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