Musée national des beaux-arts du Québec

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Musée national des beaux-arts
du Québec
Le pavillon Gérard-Morisset du Musée national des beaux-arts du Québec
Le pavillon Gérard-Morisset du Musée national des beaux-arts du Québec
Informations géographiques
Pays Drapeau du Canada Canada
Province Drapeau : Québec Québec
Ville Québec
Adresse Parc des Champs-de-Bataille, Québec (Québec) G1R 5H3
Coordonnées 46° 47′ 56″ N 71° 13′ 29″ O / 46.798889, -71.22472246° 47′ 56″ Nord 71° 13′ 29″ Ouest / 46.798889, -71.224722  
Informations générales
Type Musée national
Date d’inauguration
Collections Art ancien (1850 à 1900)
Art moderne (1900 à 1950)
Art contemporain (1950 à 2000)
Art actuel (2000 à ce jour)
Arts décoratifs et design
Art inuit
Époque des collections Nouvelle-France à aujourd'hui
Nombre d’œuvres Plus de 38 000
Superficie 18 000 m²
Informations visiteurs
Nb. de visiteurs/an 263 022 (2013-14)[1]
259 682 (2012-13)[2]
256 307 (2011-12)[3]
Site web http://www.mnbaq.org/

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Musée national des beaux-artsdu Québec

Le Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ) est un musée situé au cœur du parc des Champs-de-Bataille à Québec. Il a pour mission de faire connaître, de promouvoir et de conserver l'art québécois de toutes les périodes, de l'art ancien à l'art actuel, et d'assurer une présence de l'art international par des acquisitions, des expositions et d'autres activités d'animation.

La collection permanente du Musée compte plus de 38 000 œuvres (peintures, sculptures, dessins, photographies, estampes et objets d’art décoratif), essentiellement produites au Québec ou par des artistes québécois, et dont certaines remontent au XVIIe siècle.

Depuis 1987, le Musée abrite une bibliothèque en ses murs. Un jardin de sculptures composé de 15 œuvres – Le jardin de sculptures Julie et Christian Lassonde – borde le Musée. On peut y admirer, entre autres, des sculptures de Jean-Paul Riopelle, Claude Tousignant, Armand Vaillancourt, Charles Daudelin et Jean-Pierre Morin.

Historique[modifier | modifier le code]

Inauguré en 1933, le musée est d’abord connu sous le nom de « Musée de la province de Québec». Il est la première institution muséologique créée par le gouvernement du Québec. À cette époque, le pavillon de style Beaux-Arts nouvellement construit abrite les Archives du Québec, les collections de sciences naturelles et une collection de beaux-arts. Les collections de sciences naturelles quittent le Musée en 1962. Dans la foulée des travaux de réorganisation et de modernisation de l’institution, en 1963, le Musée change de nom et porte désormais le nom de « Musée du Québec ». Parmi les expositions qui ont marqué son histoire, l’exposition Toutankhamon fait courir les foules en 1965. En 1979, les Archives de la province sont déplacées à l’Université Laval.

La loi sur les musées nationaux transforme le musée en société d’État, en 1983. Sa collection est dorénavant constituée uniquement d’œuvres d’art.

Parmi les faits marquants de 1986, l’exposition Tableaux de maîtres français impressionnistes et postimpressionnistes de l’Union soviétique attire 135 000 visiteurs en six semaines. Trop à l’étroit, le Musée doit effectuer d’importants travaux d’agrandissement et de rénovation. C’est en 1991 que l’ancienne prison de Québec, bâtiment adjacent au Musée, est restaurée pour faire partie intégrante du complexe muséologique. Nouveau fait d’armes de l’institution en 1998, l’exposition Rodin à Québec, qui attire 525 000 visiteurs durant les 103 jours de l’événement. Parmi les acquisitions majeures du Musée, on note le tableau de Jean-Paul Riopelle en 2000, L’hommage à Rosa Luxemburg. L’œuvre est exposée en permanence au Musée dans une salle consacrée à l’artiste québécois. En 2001, le Musée s'illumine de mille feux grâce au plan de mise en lumière de la Commission de la capitale nationale du Québec[4].

En 2002, le Musée du Québec change de nouveau de dénomination et devient le Musée national des beaux-arts du Québec. Par ailleurs, des aquarelles de Benjamin Fisher – représentant Québec – sont acquises en 2003; les œuvres avaient été découvertes au Balliol College d’Oxford. En 2005, le collectionneur Raymond Brousseau avec la collaboration d’Hydro-Québec, fait don au MNBAQ de 2635 œuvres d’art inuit.

Le mécène Pierre Lassonde se retrouve à la présidence du conseil d’administration du MNBAQ en 2005. Favorable au projet d’agrandissement du Musée pour le 21e siècle, il permet l’acquisition du terrain des Dominicains sur la Grande Allée à l’hiver 2007, grâce à une contribution personnelle de 3,9 M$.

En 2008, à l’occasion des 75 ans du Musée, l’exposition Le Louvre à Québec. Les arts et la vie – une des manifestations des célébrations du 400e anniversaire de la fondation de la ville de Québec – attire plus de 450 000 personnes au Musée. D'ailleurs pour l'année 2008-2009, le musée accueille près de 600 000 visiteurs[5].

En 2010, le musée choisit le concept de la firme OMA de Rem Koolhass et Provencher Roy et Associés pour la réalisation du futur pavillon du MNBAQ.

Directeurs généraux du MNBAQ depuis sa fondation[modifier | modifier le code]

Directeurs et membres de la direction depuis la fondation du Musée, par ordre chronologique de leur entrée en fonction. De 1930 à 1965, les directeurs portaient le titre de conservateur.

  • Line Ouellet, directrice et conservatrice en chef, à compter d’avril 2011
  • Esther Trépanier, directrice générale, septembre 2008 – avril 2011
  • John R. Porter, directeur général, septembre 1993 – août 2008
  • Andrée Laliberté-Bourque, directrice générale, avril 1988 – août 1993
  • Godefroy-M. Cardinal, directeur général, mai 1986 – avril 1988
  • André Kaltenback, secrétaire général et directeur général par intérim, février 1986 – mai 1986
  • Pierre Lachapelle, directeur général, février 1981 – février 1986
  • Lyse Picher, directrice par intérim, novembre 1979 – février 1981
  • Laurent Bouchard, directeur, juin 1976 – novembre 1979
  • André Juneau, directeur par intérim, décembre 1973 – juin 1976
  • Jean Soucy, directeur, août 1967 – décembre 1973
  • Guy Viau, directeur, septembre 1965 – août 1967
  • Claude Picher, conservateur adjoint, mars 1963 – mars 1964
  • Gérard Morisset, conservateur, avril 1953 – septembre 1965
  • Antoine Roy, conservateur par intérim, mai 1952 – mars 1953
  • Paul Rainville, conservateur, novembre 1941 – mai 1952
  • Pierre-Georges Roy, conservateur, décembre 1931 – octobre 1941
  • Charles-Joseph Simard, conservateur, novembre 1930 – novembre 1931

Les pavillons du MNBAQ[modifier | modifier le code]

Jusqu’à ce jour, trois pavillons constituent le complexe muséal du Musée national des beaux-arts du Québec, soit le pavillon Gérard-Morisset, le pavillon Charles-Ballairgé et le pavillon Central. En 2015, un nouvel édifice verra le jour, le pavillon Pierre Lassonde, qui permettra au Musée de doubler sa surface d’exposition.

Depuis l’automne 2001, grâce au Plan lumière de la Commission de la capitale nationale du Québec, les pavillons du musée sont illuminés au crépuscule.

Pavillon Gérard-Morisset[modifier | modifier le code]

Il faut attendre près de 3 ans après la sanction de la Loi concernant les musées de la province pour que ne se mettent en branle les premières étapes concrètes devant mener à la construction du Musée de la province. En effet, en septembre 1925, le ministre des Travaux publics invite l'architecte québécois Raoul Chênevert à soumettre un projet au gouvernement. Ce dernier s'associera à l'architecte français Maxime Roisin pour proposer les plans d'un bâtiment de style Beaux-Arts. Ce projet ne sera finalement pas retenu puisque c'est l'architecte québécois Wilfrid Lacroix, recommandé par le premier ministre Taschereau, qui sera nommé architecte du projet en décembre 1926. Lacroix proposera également un bâtiment de style Beaux-Arts, mais avec des lignes plus sobres et plus néo-classiques que dans la proposition de son confrère Chênevert. Les plans seront finalement approuvés en mai 1927. À l'été 1927, la Commission des champs de bataille nationaux cèdera le terrain où sera érigé le Musée. La construction débutera un an plus tard, en mai 1928, et se terminera au début de l'année 1931[6],[7].

L'édifice a été inauguré le 5 juin 1933. Les plafonds sculptés, les colonnes surmontées de chapiteaux et les matériaux nobles contribuent à la solennité et à la prestance du bâtiment. Le parement extérieur, en granit gris argent de Saint-Samuel, est rehaussé en façade par l'œuvre du sculpteur québécois Émile Brunet. Ce dernier a en effet réalisé les bas-reliefs et les portes monumentales de bronze ainsi que le tympan de granit en haut-relief du fronton[8].

Le pavillon Gérard-Morisset abrite les salles d'exposition 1 à 8. Jusqu’en 1991, le Musée occupait uniquement ce bâtiment.

Pavillon Charles-Baillairgé[modifier | modifier le code]

Au milieu du XIXe siècle, la prison de Québec, rue Saint-Stanislas, fait face à un problème de surpopulation et d'insalubrité. Pour remédier au problème, le gouvernement annonce au début de l'année 1856 la tenue d'un concours pour la construction d'une nouvelle prison. Quatre ans plus tard, les gagnants du concours se voient décerner leurs prix, mais le gouvernement ne retient pas leurs services. C'est plutôt l'architecte québécois Charles Baillairgé qui est choisi[9].

Les travaux de construction débuteront au printemps 1861. Ils ne se termineront qu'en janvier 1867, après des retards, des interruptions et des dépassements de coûts qui feront scandale. Les plans initiaux de Baillairgé prévoyaient un édifice symétrique. Cependant, l'aile ouest ne sera jamais construite. Le bâtiment, d'inspiration Renaissance italienne, a un caractère austère et imposant, en adéquation avec sa fonction carcérale. Un mur d'enceinte (aujourd'hui disparu) et un allongement de l'aile sud seront réalisés entre 1869 et 1872[9].

Après avoir servi à la fonction carcérale pendant plus d'un siècle, l'édifice est abandonné au début octobre 1970, au profit de la nouvelle prison d'Orsainville. Une auberge de jeunesse y est aménagée temporairement au début des années 1970, mais le bâtiment sera par la suite de nouveau déserté. Dans les années 1980, le Musée cherche à s'agrandir. Il proposera au ministère des Affaires culturelles un projet d'agrandissement comprenant l'intérgation de l'ancienne prison ainsi que la construction d'un nouveau pavillon de liaison (futur pavillon central). Le projet sera approuvé au printemps 1987. En 1988, le ministère des Transports cède le bâtiment au Musée pour une somme symbolique. Les travaux sont lancés au début de l'année 1989 et nécessitent la fermeture du musée pendant environ 9 mois. Le pavillon Charles-Baillairgé ouvre ses portes au public le 18 mai 1991[9],[7].

Le pavillon Charles-Baillairgé abrite les salles d'exposition 9 à 12, la bibliothèque, la salle du conseil, un café et des locaux administratifs. Des cachots (bloc cellulaires) y ont également été conservés pour témoigner de la vie carcérale au siècle dernier. Il s'agit du bloc 6, réservé aux criminels dangereux et aux condamnés à mort, et du bloc 11, où étaient notamment enfermés les ivrognes et les vagabonds. La tour de guet, jadis le point le plus élevé de la ville, est aujourd'hui accessible aux visiteurs et abrite une sculpture de l'artiste québécois David Moore[8],[9].

Pavillon Central[modifier | modifier le code]

Le concept du pavillon Central a été élaboré par l'architecte, designer et ethnologue québécois Cyril Simard, à l'époque directeur de la planification et du développement du Musée[10]. Le pavillon a été conçu notamment pour permettre l'intégration harmonieuse de l'ancienne prison (actuel pavillon Charles-Baillairgé). Simard imagine cette intégration selon deux axes: l'axe "mémoire" liant les pavillons Morisset et Baillairgé, et l'axe "écologie", liant la ville et le parc[7].

Les architectes de la firme québécoise Dorval et Fortin, Architectes affineront par la suite le concept de Cyril Simard. L'annonce de l'approbation finale du projet par le gouvernement se fait le 15 octobre 1987. Doté d'un budget de 23 millions de dollars (qui comprend également l'intégration de l'ancienne prison), qui sera par ailleurs respecté, le nouveau pavillon ouvrira ses portes au public le 18 mai 1991. Dorval et Fortin, Architectes décriront le nouveau pavillon comme le symbole d'un musée ouvert, respectueux de l'intégrité des deux autres pavillons et marquant la présence contemporaine du Musée dans la ville, ce dont témoignent effectivement ses murs de verre, son revêtement de granit et son toit végétal[7],[8].

Le pavillon Central abrite des espaces fonctionnels du Musée: un auditorium à sièges rétractables, le vestiaire, la boutique, le restaurant ainsi que le salon Paul-Rainville. Les axes en "X" de la toiture de verre, qui se croisent au lanterneau, se prolongent du côté nord par deux "bras" de granit définissant le parvis du Musée, tandis que du côté sud, ces axes se prolongent pour former une terrase triangulaire. Le pavillon Central est actuellement le lieu d'accueil du Musée et le point de départ du parcours muséal.

Pavillon Pierre-Lassonde[modifier | modifier le code]

Pour continuer de grandir et surtout afin de mettre en valeur un pourcentage plus significatif de ses collections, le MNBAQ a amorcé, en 2011, la construction d’un nouveau pavillon sur le terrain de l’ancien couvent des Dominicains, à proximité de ses autres bâtiments. Le projet (de 103 M$ CAN) a été confié à la firme d’architecture OMA (Office for Metropolitan Architecture) de Rotterdam, en partenariat avec l’équipe québécoise Provencher Roy & Associés Architectes, au terme d’un concours international, qui a suscité l’intérêt de plus d’une centaine de firmes à travers le monde. En plus de permettre au Musée de doubler ses surfaces d’expositions, le futur pavillon Pierre Lassonde – du nom du grand mécène, dont la contribution personnelle s’élève à 10 M$ CAN – permettra l’accessibilité à un plus grand nombre de visiteurs, grâce à son ouverture sur la Grande Allée, une artère principale de la ville de Québec.

À son ouverture, prévue pour 2016[11], le pavillon Pierre-Lassonde abritera notamment les salles d'exposition 13 à 18, la boutique du Musée, un auditorium à sièges fixes de 250 places et divers espaces fonctionnels.

Agrandissements futurs[modifier | modifier le code]

Le Musée a déjà signifié son intérêt pour l'intégration éventuelle de l'église Saint-Dominique, adjacente au pavillon Pierre-Lassonde, à son complexe muséal. Une entente en ce sens a d'ailleurs été conclue en janvier 2011 entre le Musée et la fabrique Saint-Dominique. En vertu de cette entente, le Musée se verra accorder un droit de premier refus, ce qui signifie qu'il sera le premier à pouvoir considérer l'achat de l'église en cas de vente. Le Musée est d'ailleurs déjà propriétaire du presbytère attenant à l'église. Ce dernier sera intégré au pavillon Lassonde[12].

L'église Saint-Dominique, un bâtiment de style néogothique anglais achevé en 1930, est l'oeuvre de l'architecte québécois Joseph-Albert LaRue. L'église et plusieurs de ses biens mobiliers ont été classés au patrimoine culturel du Québec le 13 novembre 2014[13],[14].

Fréquentation[modifier | modifier le code]

La fréquentation moyenne du musée sur la période de 12 ans entre les exercices 2002-2003 et 2013-2014 a été d'un peu plus de 328 000 visiteurs.

Fondation du Musée national des beaux-arts du Québec[modifier | modifier le code]

La mission première de la Fondation du Musée national des beaux-arts du Québec est de piloter la grande campagne de financement qui permettra la réalisation de l’agrandissement du Musée. À plus long terme, la Fondation entend également contribuer au développement du Musée, en créant des fonds qui permettront l’enrichissement de ses collections, la diversification de l’offre d’expositions et une accessibilité accrue aux programmes d’activités éducatives et culturelles[15].

Collection permanente[modifier | modifier le code]

Le Musée national des beaux-arts du Québec propose la plus grande collection d’art du Québec, soit plus de 37 000 œuvres réalisées entre le XVIIe siècle et aujourd’hui par près de 4 000 artistes. Les œuvres ont été acquises depuis les années 1920 grâce à des dons, des legs et des achats et elles se veulent représentatives de tous les grands courants artistiques qui ont traversé l’histoire artistique du Québec[16].

Antiquités méditerranéennes[modifier | modifier le code]

La collection Diniacopoulos du Musée national des beaux-arts du Québec, constituée de 75 pièces, constitue le cœur de la collection d'antiquités du Musée. Il s'agit d'une partie de la collection de Vincent Diniacopoulos (1886-1967) et de son épouse Olga Nicolas (1906-2000), collectionneurs et amateurs d'art ayant émigré au Canada en 1951.

Cette collection est composée de pièces de céramique, de marbre, de bronze, d'argent et de verre datant de la fin de l'âge du bronze à l'Empire romain tardif des IIIe et IVe siècle. On y trouve notamment différentes types de sculptures (bustes, reliefs, statuettes, masques funéraires) et de vases (amphores, canthares, hydries, lécythes, loutrophores, cratères, lébès). Les pièces ont été achetées en Égypte, en Grèce, en Syrie, en Turquie et au Proche-Orient. Le Musée les a acquises en 1966, à la suite d'une exposition dans ses murs.

En 2003, une part importante de cette collection a été transférée au Musée des beaux-arts de Montréal en vertu d'un prêt à long terme[17]. [18]

Art ancien (avant 1850)[modifier | modifier le code]

La période met en lumière l’art québécois des origines jusqu’au milieu du XIXe siècle. Ce volet de la collection du Musée est riche au niveau de l’art religieux et du portrait. Parmi les œuvres de cette période, on peut citer le retable de l’ancienne église de L’Ange-Gardien – constitué d’œuvres peintes et sculptées par le frère Luc et Jacques Leblond de Latour. S’y ajoutent des tableaux de François Malepart de Beaucourt, Louis-Chrétien de Heer, Louis Dulongpré, William Berczy, Joseph Légaré, Antoine Plamondon, Jean-Baptiste Roy-Audy et Théophile Hamel, ainsi que des sculptures de Pierre-Noël et François-Noël Levasseur, Philippe Liébert, François Guernon, dit Belleville et François Baillairgé.

Art ancien (de 1850 à 1900)[modifier | modifier le code]

Couvrant une période charnière la collection regroupe des artistes actifs entre 1850 et 1900 : en peinture, Théophile Hamel, Cornelius Krieghoff, Antoine Plamondon, Charles Huot et en sculpture, Louis Jobin, Jean-Baptiste Côté et Louis-Philippe Hébert. La collection comporte des fonds de dessins tels ceux de Napoléon Bourassa et d’Eugène Hamel. En photographie, grâce notamment aux donations des collectionneurs Yves Beauregard et Michel Lessard, ce secteur compte près de 4 000 pièces dont les Livernois, William Notman, Louis-Prudent Vallée et George William Ellisson.

Art moderne (de 1900 à 1950)[modifier | modifier le code]

La collection d’art moderne du MNBAQ est constituée de quelque 7 000 œuvres réalisées entre 1900 et 1950. Elle compte des œuvres de peintres tels Ozias Leduc, James Wilson Morrice, Clarence Gagnon, Marc-Aurèle Fortin, Paul-Émile Borduas, Jean-Paul Riopelle, Alfred Pellan et Jean Paul Lemieux. La sculpture n’est pas en reste avec des collections comme celles d’Alfred Laliberté et de Marc-Aurèle de Foy Suzor-Coté. La force du nombre opère également dans les secteurs du dessin, de l’estampe et de la photographie.

Art contemporain (de 1950 à 2000)[modifier | modifier le code]

La collection d’art contemporain compte quelque 8000 œuvres soit une proportion de 24 % de la collection permanente du Musée. Composée de peintures, de sculptures, de dessins, d’estampes, d’installations et de vidéos, ses pièces témoignent des grands courants artistiques qui définissent cette période de l’histoire de l’art au Québec : l’automatisme, le formalisme, le post-automatisme, la sculpture matiériste et géométrique, l’art conceptuel, l’art pop, l’installation et l’art multidisciplinaire, notamment. Les œuvres de Charles Daudelin, Fernand Leduc, Rita Letendre, John Heward, Alfred Pellan, Jean-Paul Riopelle et Denis Juneau constituent à plusieurs égards des collections de référence. La collection d’estampes – principalement celle des années 1960 et 1970 – est également l’un des jalons importants de la collection du Musée.

Art actuel (de 2000 à ce jour)[modifier | modifier le code]

Couvrant l’art contemporain dans ses plus récents développements, la collection d’art actuel du MNBAQ se construit au contact de l’actualité de l’art québécois et international, cherche à prendre en considération tant les récents courants qui peuvent marquer par leur pertinence que les développements de carrières d’artistes québécois établis comme émergents. La collection comprend des œuvres associées notamment à l’esthétique relationnelle, comme le cycle de création Darboral (2000-2005) de l’artiste Massimo Guerrera, tout en s’intéressant à l’ensemble des pratiques qui fondent l’horizon actuel de la création. En rapide évolution, la collection Art actuel, 2000 à ce jour, doit en ce sens demeurer proche de l’ensemble des pratiques rencontrées dans le présent siècle.

Art inuit[modifier | modifier le code]

En 2005, le Musée a acquis la collection d’art inuit Brousseau. Celle-ci rassemble des œuvres qui couvrent l’ensemble du territoire de l’Arctique canadien : du Nunavut au Nunatsiavut (Terre-Neuve-et-Labrador), en passant le Yukon, les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavik (Québec). Le collectionneur de Québec Raymond Brousseau a mis près de 50 ans à constituer cette collection, qui a été présentée dans plusieurs pays. La collection comprend 2 635 œuvres et objets (principalement des sculptures, mais aussi des dessins originaux, des estampes, des pièces ethnographiques, des bijoux, etc.).

Collection prêt d’œuvres d'art (CPOA)[modifier | modifier le code]

La collection Prêt d’œuvres d’art (CPOA) du Musée national des beaux-arts du Québec compte près de 2 000 œuvres réalisées par près de 800 artistes. Chaque année, le Musée fait de nouvelles acquisitions par l'entremise d'un concours qui invite les artistes à soumettre leurs créations au jury de la CPOA. Toutes les œuvres de cette collection sont disponibles pour location auprès des ministères et des organismes du gouvernement du Québec. C’est en 1982 que le ministère des Affaires culturelles du Québec (aujourd’hui le ministère de la Culture et des Communications) a mis sur pied la CPOA. L’objectif de cette collection est à la fois de soutenir l’art contemporain québécois tout en le diffusant dans les différents ministères et organismes gouvernementaux[19].

Les expositions MNBAQ[modifier | modifier le code]

Au fil du temps, le Musée national des beaux-arts du Québec a réservé une place importante aux artistes québécois. De nombreuses rétrospectives leur ont d’ailleurs été consacrées, dont celles de Théophile Hamel, Ozias Leduc, Alfred Pellan, Paul-Émile Borduas, John Lyman, Riopelle, Jean Dallaire, Jean-Paul Lemieux, Louis-Philippe Hébert, Marc-Aurèle de Foy Suzor-Côté, Clarence Gagnon et Marc-Aurèle Fortin, pour ne nommer que ceux-là.

Plusieurs expositions internationales se sont également déroulées au sein du musée :

  • 1965 – Trésors de Toutankhamon
  • 1986 – Tableaux de maîtres français impressionnistes et postimpressionnistes de l’Union soviétique (135 000 visiteurs en six semaines)
  • 1988 – Chefs-d’œuvre de la Galerie nationale de Prague. Grands maîtres de la peinture moderne
  • 1992 – Toulouse-Lautrec s’affiche 
  • 1998 – Rodin à Québec
  • 2002 – Bourdelle 
  • 2004 – Picasso et la céramique
  • 2005 – Camille Claudel et Rodin : la rencontre de deux destins
  • 2007 – L’univers baroque de Fernando Botero
  • 2008 – Le Louvre à Québec. Les arts et la vie
  • 2009 – Ingres et les modernes
  • 2010 – Haute couture. Paris, Londres, 1947-1957. L’âge d’or
  • 2011 – Dans l’intimité des frères Caillebotte. Peintre et photographe
  • 2012 – Les aventures surréalistes des femmes artistes au Mexique et aux États-Unis[20].

La recherche au MNBAQ[modifier | modifier le code]

Avec ses collections documentaires comptant des milliers de titres, la bibliothèque du Musée est un lieu de recherche spécialisé en art québécois. La bibliothèque et les archives répondent d'abord aux objectifs des programmes de recherche du Musée. Elles sont ouvertes, sur rendez-vous, aux professionnels du monde de l'art et aux étudiants des deuxième et troisième cycles universitaires[21].

Bibliothèque et archives[modifier | modifier le code]

Les collections de la bibliothèque comptent des ouvrages généraux, des catalogues d'exposition, des monographies d'artistes et des documents audiovisuels ayant trait à l'art du Québec, l'art du Canada et l'art international. La bibliothèque est abonnée à de nombreux périodiques sur l'art, le design et la muséologie, en plus de recevoir les catalogues des principales maisons de ventes aux enchères. Les collections documentaires comprennent quelque 13 000 dossiers biographiques ainsi que des dossiers sur les musées, les galeries et les associations artistiques du Québec. Des fonds d'archives privées et des fonds de recherche sont également accessibles à la consultation. Le catalogue informatisé de la bibliothèque du Musée national des beaux-arts du Québec peut être consulté sur CUBIQ, le Catalogue unifié des bibliothèques gouvernementales du Québec. Il donne accès à un lot de périodiques courants, de catalogues de ventes aux enchères et de collections et de fonds d’archives privées[21].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Musée national des beaux-arts du Québec. Rapport annuel 2013-2014. ISSN 1708-6108. ISBN 978-2-550-71039-4
  2. Musée national des beaux-arts du Québec. Rapport annuel 2012-2013. ISSN 1708-6108. ISBN 978-2-550-68671-2
  3. Musée national des beaux-arts du Québec. Rapport annuel 2011-2012. ISSN 1708-6108. ISBN 978-2-550-66125-2
  4. Commission de la capitale nationale du Québec, « La mise en lumière du Musée national des beaux-arts du Québec » (consulté le 11 mars 2015)
  5. Josianne Desloges, « Musées à Québec: le public est-il au rendez-vous? », Le Soleil,‎ (ISSN 0319-0730, lire en ligne)
  6. Le sculpteur Émile Brunet et le décor historié du Musée de la province de Québec (1928-1932). Musée national des beaux-arts du Québec. Ginette Laroche. 80 pages. 2008. ISBN 978-2-551-23700-5
  7. a, b, c et d 75 ans chrono. Le Musée national des beaux-arts du Québec 1933-2008. Musée national des beaux-arts du Québec. Pierre B. Landry. 359 pages. 2008. ISBN 978-2-551-23759-3
  8. a, b et c Musée national des beaux-arts du Québec, « MNBAQ - Site et architecture » (consulté le 8 mars 2015)
  9. a, b, c et d Prison, auberge et musée, le pavillon Charles-Baillairgé. Musée national des beaux-arts du Québec. Pierre Landry. 60 pages. 2005. ISBN 2-551-22695-3
  10. Ordre national du Québec, « Ordre national du Québec - Cyril Simard » (consulté le 9 mars 2015)
  11. Valérie Gaudreau, « Nouveau pavillon du MNBAQ: une oeuvre d'art de 103 millions $ », Le Soleil,‎ (ISSN 0319-0730, lire en ligne)
  12. Annie Mathieu, « Une possible seconde vie pour l'église Saint-Dominique », Le Soleil,‎ (ISSN 0319-0730, lire en ligne)
  13. Matthieu Boivin, « L'église Saint-Dominique protégée des promoteurs », Le Soleil,‎ (ISSN 0319-0730, lire en ligne)
  14. Ministère de la Culture et des Communications du Québec, « Répertoire du patrimoine culturel du Québec - Église Saint-Dominique » (consulté le 14 mars 2015)
  15. Musée national des beaux-arts du Québec, « Fondation du Musée national des beaux-arts du Québec » (consulté le 10 décembre 2014)
  16. Musée national des beaux-arts du Québec, « MNBAQ - Les collections » (consulté le 10 décembre 2014)
  17. La Collection Diniacopoulos au Québec: antiquités grecques et romaines. Musée des beaux-arts de Montréal et Université Concordia. 144 pages. 2004. ISBN 2-89192-268-9
  18. Musée national des beaux-arts du Québec. Rapport annuel 2003-2004. ISSN 1708-6108. ISBN 2-550-43181-2
  19. Musée national des beaux-arts du Québec, « La collection Prêt d’œuvres d’art (CPOA) » (consulté le 11 décembre 2014)
  20. Au pays des merveilles
  21. a et b Musée national des beaux-arts du Québec, « Bibliothèque et collections - Collections et dossiers documentaires » (consulté le 11 décembre 2014)

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