Bou Saâda

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Saada.
Bou Saâda
Les terrasses de Bou Saâda
Les terrasses de Bou Saâda
Noms
Nom arabe
Nom berbère ⵜⴰⴱⵓⵙⵄⴰⴷⴻⵜ
Administration
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Wilaya M'Sila
Daïra Bou Saâda
Code postal 28001
Code ONS 2820
Démographie
Gentilé Bou saâdi بوسعادي ⴰⴱⵓⵙⵄⴰⴷⵉ (pluriel: ⵉⴱⵓⵙⵄⴰⴷⵉⵢⴻⵏ)
Population 125 573 hab. (2008[1])
Densité 504 hab./km2
Géographie
Coordonnées 35° 13′ 09″ nord, 4° 10′ 54″ est
Altitude Min. 470 m – Max. 1 330 m
Superficie 249,34 km2
Localisation
Localisation de la commune dans la wilaya de M'Sila
Localisation de la commune dans la wilaya de M'Sila

Géolocalisation sur la carte : Algérie

Voir la carte administrative d'Algérie
City locator 14.svg
Bou Saâda

Géolocalisation sur la carte : Algérie

Voir la carte topographique d'Algérie
City locator 14.svg
Bou Saâda

Bou Saâda, Bou Saada ou Boussada (en arabe : بوسعادة) (en Tamazight : ⵜⴰⴱⵓⵙⵄⴰⴷⴻⵜ) (En Chaoui : ⴱⵓⵙⵄⴰⴷⴰ), est une commune de la wilaya de M'Sila, située à 69 km au sud-ouest de M'Sila et à 241 km au sud-est d'Alger. Bou Saâda est aussi surnommée « cité du bonheur », ou encore « porte du désert » étant l'oasis la plus proche du littoral algérien. Les communes d'El Hamel et de Oultem dépendent de la daïra de Bou Saâda[2].

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Bou-Saâda est située au sud-ouest du Hodna dans les Hauts Plateaux, au pied des monts des Ouled Naïl de l'Atlas saharien. Elle est distante de la capitale Alger de 250 km par les gorges de Lakhdaria et de 237 km par les monts de Tablat.

Rose des vents Alger 244 km
Tablat 179 km
Sour El Ghozlane 125 km
Sidi Aïssa 92 km
Bouira 159 km
Bordj Bou Arreridj 124 km
M'Sila 69 km
Rose des vents
Ain Oussara 140 km N Barika 122 km
Batna 207 km
O    Bou Saada    E
S
Laghouat 219 km
Djelfa 110 km
Ain El Melh 47 km Ben Srour 47 km
Biskra 172 km

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Bou-Saâda
Ouled Sidi Brahim Ouled Sidi Brahim • Maarif Maarif
Tamsa Bou-Saâda El Houamed
El Hamel El Hamel • Oultem Oultem

Relief, géologie, hydrographie[modifier | modifier le code]

Copie de la roue du Moulin Benlamri au centre ville de Bou Saâda.

Climat[modifier | modifier le code]

Chaleur estivale, rigueur hivernale, pluies rares mais régulières et neige sur les monts parfois.[réf. nécessaire]

Données climatiques à Bou Saâda
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc.
Température minimale moyenne (°C) 3,7 4,6 7,4 11,7 16,2 21,1 24,7 24,1 19,4 14,7 8,7 5,4
Température moyenne (°C) 9,2 10,7 14,4 18,1 23,1 28,7 32,5 31,7 25,9 20,8 13,9 10,3
Température maximale moyenne (°C) 14,6 16,7 21,3 24,5 30 36,3 40,2 39,3 32,4 26,9 19,1 15,1
Précipitations (mm) 34 22 29 25 25 14 4 14 24 24 32 35
Source : Weather on line, statistiques de 2000 à 2012[3].
Diagramme climatique
J F M A M J J A S O N D
 
 
 
14,6
3,7
34
 
 
 
16,7
4,6
22
 
 
 
21,3
7,4
29
 
 
 
24,5
11,7
25
 
 
 
30
16,2
25
 
 
 
36,3
21,1
14
 
 
 
40,2
24,7
4
 
 
 
39,3
24,1
14
 
 
 
32,4
19,4
24
 
 
 
26,9
14,7
24
 
 
 
19,1
8,7
32
 
 
 
15,1
5,4
35
Moyennes : • Temp. maxi et mini °C • Précipitation mm

Lieux-dits, quartiers et hameaux[modifier | modifier le code]

Les quartiers de Bou-Saâda sont El Zoqm, El Aargoub, El Nakhla, El Aichacha, El Guisar, Haret Chorfa, Ramlaya, Ouled Hmaïda, Diar Jded, Lomamine, El Qaissa, la cité 19 juin, la Cadatte, Staïh, 110 (110 logement), le Plateau, l'Ouet, la Route Nationale (Tirigue Nationale), ElKoucha, Sidi Slimane, Dachra el Gueblia, El Batten, et Ghaza regroupant les nouvelles constructions d'immeubles.

Transports[modifier | modifier le code]

Bou Saâda dispose d'un aéroport situé à 15 km au nord de la ville. Cet aéroport n'est ouvert qu'au trafic national.

Par route on peut y venir d'Alger via la RN8 qui y prend fin, depuis M'Sila via la RN45, de Biskra et vers Djelfa via la RN46 et enfin la RN89 qui la traverse du nord-ouest au sud-ouest permet de rejoindre Messaad.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de Bou-Sâada est composé de deux bases : une base berbère bou (ⴱⵓ) signifiant « celui au(x), de » ou de maniere plus simple: "un caractère suréxprimé", et d'une base arabe sâada (venant du créole Algérien du Tell), signifiant « bonheur » ; le nom complet signifierait donc « le lieu du bonheur »[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

Des gravures et dessins rupestres témoignent de la présence humaine aux temps préhistoriques.

Durant la periode Numide, cette région etait un bassin naturel consacré a la chasse, on y a retrouvé quelques ruines de type Romaines de l'époque Numide.

La ville est entouré par la montagne de Kerdada (ⴽⴻⵕⴷⴰⴷⴰ) dont le terme en Tamazight est composé de deux termes: ker signifiant "les Pieds", et Dada signifiant "de mon père". Cette montagne constitue les frontieres naturelles de la ville et lui donne cet aspect de forteresse.

Bou Saada fut fondée par des tribues Berbères Sanhadja d'origine Andalouse. Des consensus ont été établis avec les Ouled Nail, une grande tribue Zenète Chaouie habitant toute la région de la Hodna et qui n'ont pas tardés a habiter la ville et y apporter leur savoir faire tout en y instaurant la culture Berbère du pays Chaoui.

Le père fondateur de cette ville est Sidi Thameur, un grand érudit des sciences Islamiques.

L'agglomération se constitue très tôt [Quand ?], auprès d'une palmeraie florissante arrosée par le wad Boussaâda, comme étape du commerce caravanier et halte des nomades transhumants. La ville est un important centre commercial pour la laine et le mouton, dont la prospérité décline à l'époque ottomane en raison des multiples taxes annuelles imposées aux habitants.

Dirigée par un cheikh, la ville est une forteresse divisée en plusieurs quartiers (hara) communautaires, ou la vie s'organise autour de placettes (rahba), de fontaines, de lieux de dévotion et d'écoles.

En 1847, l'Emir Abdelkader, en partie responsable de la région du Zab, capitule face aux forces coloniales Française et signe le traité de la Tafna, ce qui oblige les Zibans a s'organiser. Il finirent par fonder la confederation des Zaatchas et mènent, en 1849, une insurrection contre la France, les troupes de Bou Saada furent dirigées par El Amri Ben Sheyheb, qui mourut au champ d'honneur. Il est actuellement enterré a Bou Saada, dans l'ancienne mosquée d'El Nekhla, mosquée construite en 1120 par Sidi Thameur, et dont El Amri Ben Sheyheb en est un descendant. Et a propos de l'assault final des forces coloniales françaises contre les Zaatchas (Zibans en general), Alfred Nettement note dans son ouvrage2 : « L’opiniâtreté de la défense (de Zaatcha) avait exaspéré les zouaves. Notre victoire fut déshonorée par les excès et les crimes […] Rien ne fut sacré, ni le sexe ni l’âge. Le sang, la poudre, la fureur du combat avaient produit cette terrible et homicide ivresse devant laquelle les droits sacrés de l’humanité, la sainte pitié et les notions de la morale n’existaient plus. Il y eut des enfants dont la tête fut broyée contre la muraille devant leurs mères ; des femmes qui subirent tous les outrages avant d’obtenir la mort qu’elles demandaient à grands cris comme une grâce. Les bulletins militaires insistèrent sur l’effet que produisit, dans toutes les oasis du désert, la nouvelle de la destruction de Zaatcha, bientôt répandue de proche en proche avec toute l’horreur de ces détails. […] ».

Cette organisation sociale et spatiale va se modifier profondément à l'époque coloniale française, qui commence ici en 1849, malgré la seconde résistance acharnées des troupes du cheikh Benchabira, avec l'arrivée des troupes du capitaine Pein qui y installent une garnison.

Dès leur arrivée, le pouvoir colonial installe, comme le veut le plan colonial lancé par Napoléon 3, des Bureaux Arabes (structures administratives mises en place par la France ) dans toute la ville, comme dans toutes les villes d'Algérie, afin d'arabiser la population et donner aux indigènes des etats civils. Des familles ont vu leur nom tribal disparaitre et etre remplacé par des noms donnés par ces derniers.

Un quartier européen, « Le Plateau », se greffe au vieux ksar. Destiné à recevoir des colons, il a du mal à se peupler, et Bou Saâda est déclarée « impropre à la colonisation ».

L'inclusion dans l'économie coloniale va se faire par l'industrie du tourisme, en plein essor à l'époque en Algérie. On rattache à cette fin en 1912 la commune mixte de Bou Saâda aux territoires civils du département d'Alger. Le succès touristique est assuré grâce à divers sites naturels attractifs, au vieux ksar, à la zaouïa Rahmaniya d'El Hamel, et à l'attraction des danseuses Oulad Naïl du quartier réservé. La ville est célébrée par les voyageurs, les écrivains et les artistes, dont Étienne Dinet, et les guides touristiques vantent l'« enchanteresse », l'« envoûteuse ». La ville s'équipe d'une hôtellerie de qualité et Bou Sâda est consacrée dès 1930 comme « haut lieu du tourisme algérien ».

En 1945, la ville est frappée par une épidemie mortelle. Les frères Makhloufi Benlamri, et El Amri Benlamri, à cette époque détenteurs de la majeure partie des terres de la ville, financeront les antidotes afin de donner fin aux decès croissants, dus au niveau de vie inquiétant des habitants indigènes, causé par la grande famine de 1871, lorsque la France confisquas les terres fertiles agricoles aux indigenes pour se les approprier.

La guerre d'Algérie met un terme à cette époque, et va aussi diviser les populations de la cité entre les partisans du Front de libération nationale et les fidèles du vieux chef nationaliste Messali Hadj, représenté dans la région par Mohammed Bellounis, un temps soutenu par l'armée française, puis abattu par elle le 23 juillet 1958.

Après l'indépendance, un essai de relance du tourisme échoue dans les années 1970. Dans les années 1990, les groupes armés du Front islamique du salut brûlent le musée consacré au chantre de Bou Saäda, le peintre Nasr Eddine Étienne Dinet[5].

Aujourd'hui les habitants de la ville sont outrés par la construction par l'Etat d'une prison et d'une base militaire a l'entrée de la ville, qui voulait plutot conserver son carractère touristique. La ville possédait aussi un aeroport qui fut fermé et repris par l'Armée.

Démographie[modifier | modifier le code]

Bou Saâda est la deuxième commune la plus peuplée de la wilaya de M'Sila après M'Sila[1], selon le recensement général de la population et de l'habitat de 2008, la population de la commune est évaluée à 125 573 habitants contre 104 029 en 1998 :

Évolution démographique
1954 1960 1966 1977 1987 1998 2008
11 661 21 059 24 451 50 104 66 688 104 029 125 573
(Source : recensement)

Agglomération Chef Lieu (ACL)
1977 = 46 760
1987 = 66 688
1998 = 99 766
2008 = 111 787

Nouvelle ville Al Batin
2008 = 9 872

VSA Maadher
2008 = 3 594
1998 = 3 939

Économie[modifier | modifier le code]

Bou Saada est connu par le tourisme

Vie quotidienne[modifier | modifier le code]

Sports[modifier | modifier le code]

Paysage dans les environs de Bou Saada

La ville de Bou Saada dispose un club de football : Amel Bou Saada et d'un stade de football d'une capacité de 23 000 places.

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Bou-Saâda abrite plusieurs monuments et sites historiques : la vieille médina, le tombeau de Nasreddine Dinet, le vieux Ksar, le fort Cavaignac, le moulin Ferrero, le Souk de l'artisanat et la Zaouia d'El Hamel, lieu des sanctuaires où reposent Mohammed Ben Belgacem, fondateur de la Zaouia Rahmania et sa fille Lalla Zineb qui dirigea la Zaouia au 19e siècle (durant leur Histoire, les populations Berbères connurent beaucoup de chefs d'états et Chefs de tribus de sexe Féminin, tel que Dihya, Lala Fatma N'Soumer, ou encore Tinhinan, raison pour laquel la culture pris le dessus sur les lois islamiques a cette epoque, et une femme, ici Lalla Zineb, s'est vue diriger une Zaouia, chose qui paraitrait impossible a faire aujourd'hui pour une femme).

C'est dans les environs, qu'en 1966 fut tourné le seul western jamais réalisé en Algérie, Trois pistolets contre César de Enzo Peri et Moussa Haddad[6] coréalisateur.

Culture[modifier | modifier le code]

La Robe Naili ornée de bijoux et du collier d'encens (A'mber) (porté dans toutes les régions Chaouis, jusqu'au Sud Tunisien).

Les tattouages Lybiques (Berbères) des femmes Naili.

La fantasia, une demonstration de force encestrale d'origine Berbère.

La musique Naili.

La danse Naili.

Les femmes mettent la Bou'wina pour sortir. Un grand tissu blanc similaire au Hayek mais qui ne se porte pas avec un a'djer mais plutot se renferme jusqu'a ne laisser paraitre qu'un seul oeuil, d'ou le nom bou'wina (du berbère bou signifiant un carractere surexprimé et du créole Tellien 'a'wina' derivé de l'arabe ayn (oeuil)).

Gastronomie[modifier | modifier le code]

Le plat traditionnel Bou Saadi est le Sviti. Le Sviti est cuisiné dans un plat typique de la région appelé "mahress", qui est un pilon d'environ 50 centimètres de hauteur. La recette du sviti est de la galette (kesra), des gousses d'ail, de la coriandre, des tomates, du piment, de l'eau bouillante. Le Sviti est, par tradition, un plat familial et convivial. L'assemblée se dispose, assise sur de petits tabourets en bois, autour du plat posé sur le sol. La Cherchoukha est aussi un plat traditionnel bousaadi

Tableaux[modifier | modifier le code]

L'autre spécialité culinaire est la Chakhchoukha , mets raffiné, très prisé fait à base de bouts de gallettes - Chouat- (f'tat) et de sauce à base de tomates et d'oignons

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Étienne Nasr Eddine Dinet (1861-1929), peintre orientaliste, y a vécu et y est enterré.
  • Karim Laghouag, cavalier et champion Olympique 2016 de concours complet, originaire de Bou Sâada
  • Isabelle Eberhardt a vécu dans la ville.
  • Gustave Guillaumet peintre à qui l'on doit les tableaux "Tisseuses de Bousaada" [7] et "Intérieur à Bou-Saâda"[8].
  • Maxime Noiré, peintre orientaliste, a vécu à Bou Saâda
  • Mohamed Kacimi, écrivain, dramaturge, né à El Hamel, études à Bou Saada. L'Orient après l'Amour. Actes Sud, 2007.
  • Brahim Asloum, boxeur, ses parents sont originaires de Bou Saâda.
  • Edouard Verschaffelt, peintre orientaliste, a vécu à Bou Saâda, y est enterré.
  • Albert Gabriel Rigolot peintre à qui l'on doit les tableaux "Route de Kardada à Bou-Sâada"[9] et "Les petites filles de Bou Saada "[10].
  • Pascal Sebah peintre à qui l'on doit "Oulad Naïls de Bou-Saada"[11].
  • Louis-Ernest Barrias sculpteur à qui l'on doit " La fileuse de Bou Saâda" également appelée "Jeune fille de Bou Saâda"[12].
  • Charles Dufresne peintre à qui l'on doit l'aquarelle " Vue panoramique de Bou Saada"[13].
  • Paul Elie Dubois Peintre à qui l'on doit "Paysage de Bou-Saada (Les rochers de Bou-Saada)"[14].
  • Georges-André Klein, peintre orientaliste du XXe siècle ayant séjourné à Bou Saâda.
  • Henry Valensi Peintre auteur de "Bou Saada"[15].
  • Djelloul Marbrook (né en 1934) est un écrivain et poète américain contemporain de langue anglaise

Sources notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Barkahoum Ferhati, Le Musée national Nasr Eddine Étienne Dinet de Bou-Saâda : Genèse (1930-1993), Alger, Inas,
  • Barkahoum Ferhati (préf. Wassyla Tamzali), De la « tolérance » en Algérie (1830-1962) : Enjeux en soubassements, Dar El Othmania,
  • Barkahoum Ferhati (préf. Youcef Nacib), Le Costume féminin de Bou-Saâda : Parure, ornementation et accessoires. Inventaire analytique et évolutions, Alger, Mille Feuilles,
  • Barkahoum Ferhati, « Bou-Saâda », dans Jeannine Verdès-Leroux (dir.), L'Algérie et la France, Paris, Robert Laffont, [détail de l’édition], p. 135-137 Document utilisé pour la rédaction de l’article