Biskra

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Biskra
Vue sur la ville.
Vue sur la ville.
Noms
Nom arabe بسكرة
Nom berbère Biskra in Tifinagh.svg
Administration
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Wilaya Biskra
(chef-lieu)
Daïra Biskra
(chef-lieu)
Code postal 07000
Code ONS 0701
Démographie
Gentilé Biskri(tes)
Population 205 608 hab.[1]
Densité 1 612 hab./km2
Géographie
Coordonnées 34° 51′ 00″ Nord 5° 44′ 00″ Est / 34.85, 5.733333
Altitude 87 m
Superficie 127,55 km2
Localisation
Localisation de la commune dans la wilaya de Biskra.
Localisation de la commune dans la wilaya de Biskra.

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Biskra

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Biskra

Biskra (arabe: بسكرة, tamazight : Biskra in Tifinagh.svg et en Chaoui Beskerth ou Tibeskert) est une commune algérienne, chef-lieu de la wilaya de Biskra, située à 400 km environ au sud-est d'Alger.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Située au nord du Sahara, au pied du massif de l'Aurès et des Monts du Zab (Zibans)[2], Biskra est surnommée la « reine des Zibans » (Arrous-ezzibane en arabe), « porte du désert » ou « la Nice saharienne ».

Communes limitrophes de Biskra
El Outaya Branis Branis
El Hadjeb Biskra Chetma
Oumache Oumache Sidi Okba

La ville se situe à 115 km au sud-ouest de Batna et à 222 km au nord de Touggourt.

Relief[modifier | modifier le code]

Elle est située une altitude de 120 m au-dessus du niveau de la mer, ce qui fait d'elle une des villes les plus basses d'Algérie ; elle est au pied du col de Sfa (258 m) dans les Monts du Zab, à seulement 7 km au nord de la ville.

Transports[modifier | modifier le code]

La ville de Biskra est desservie :

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le toponyme « Biskra » vient du nom de la ville romaine de Vescera, qui serait selon une première hypothèse, qu'aucune présence carthaginoise sur les lieux ne vient confirmer, d'origine carthaginoise, et selon une deuxième hypothèse, d'origine latine, ayant le sens de « station ».

Plus probablement, Vescera, prononcé [weskera], dériverait du verbe berbère wesker ou esker, signifiant en touareg « être bien établi sur sa base », « être bien fait » ou en kabyle « être moyen », « être plutôt bon », « faire », ou dériverait du mot en tamazight du Maroc central taskart (pluriel taskarin) signifiant « petite plaine » ou « petit terrain plat »[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Époques romaine et byzantine[modifier | modifier le code]

Elle est alors appelée Vescera mais aussi Ad Piscinam, en référence à une source (Hammam Es-Salhin[4]).salhin = pluriel de saints, bons, généreux.

Les Byzantins importent des palmiers dattiers pour en faire la culture. Les Berbères zénètes se sédentarisent et font de Biskra une ville prospère au Moyen Âge.

Période musulmane[modifier | modifier le code]

Pendant l'ère musulmane, la ville est le siège de Koceila qui est le commandant des Awrabas et avaient également le pouvoir avec les Chaouis et les Zénètes. Et après ce litige, la ville sera sous le contrôle des Omeyyades et Koceila change de siège et nomme Kairouan comme capitale des Berbères et déclare appartenir à la communauté chrétienne et souhaite se rebeller contre l'autorité musulmane[5]. À la suite du décès de son supérieur (Koceila)[5], la Kahena qui devient reine des Aurès se soulève contre les Arabes et ordonne à la confédération des Tahouda d'assassiner Oqba ibn Nafi dans les environs de la ville, ce qu'il fit avec succès[5]. Une mosquée sera érigée à l'endroit de son décès et elle portera son nom (la mosquée de Sidi Okba)[5]. Dès que les représentants des pouvoirs arabes et berbères s'éteignent, une nouvelle ère s'annonce sous Tariq ibn Ziyad et la ville devient un relais entre le désert et des villes comme Kairouan, Tlemcen, Constantine, Béjaïa, Fès ou Cordoue (en Espagne). Beaucoup de dynasties et empires règnent dans la ville comme les Fatimides, les Omeyyades ou les Hafsides.

Au XIIe siècle, les Hilaliens s'installent à Biskra et ont contribué à arabiser les autochtones qui n'avaient pas connu la première vague d'arabisation à l'époque des Omeyyades.

Il y a eu énormément de batailles et plusieurs personnes vont se réfugier dans les montagnes des Aurès afin d'échapper aux combats. En 1680, une épidémie de peste provoque le décès de 7 000 personnes[6]. Quelques Juifs vivaient dans la ville vers 1960. La plupart de ses membres étaient originaires de la ville ou de ses environs : Ouled Djellal, Tolga, Sidi Okba ou El Oued. Certains vivaient de la même manière que les musulmans, et certains étaient aussi agriculteurs, producteurs de dattes, notamment dans l'oasis de Gharta. La nouvelle synagogue construite dans les années 1950 fut changée en chambre de commerce lors de l'indépendance.

Mairie de Biskra

La période coloniale[modifier | modifier le code]

La ville est occupée par le duc d'Aumale le [7]. Pendant la colonisation française, plusieurs groupes et personnes se révoltent dans la ville et dans la région comme les Zaatchas. Au début, l'Émir Abd El-Kader prend tout le Zab. Ensuite, les Zaatchas se révoltent sous Bouziane[8]. Une « ville française » se développe à côté de la « ville arabe »[7].

La « ville arabe » devient une « commune indigène », administrée par les officiers des Affaires indigènes ; elle inclut alors les postes de T'kout et d'Ouled Djellal. La « ville française » et les alentours de Biskra (80 km2) sont érigés en commune mixte par arrêté du [9] puis en commune de plein exercice par décret du [7],[9]. Elle est rattachée à l'arrondissement de Batna (département de Constantine). T'kout est alors rattaché à la commune mixte de l'Aurès (chef-lieu : Arris). Par décret du , le reste de la « commune indigène » est rattaché territoire de Touggourt[7]. Par arrêté du , la « commune indigène » devient une commune mixte[7].

En 1956, Batna devient une préfecture et Biskra une sous-préfecture du département de Batna (ou : « de l'Aurès ») ; la commune mixte intègre l'arrondissement de Biskra et les anciens douars deviennent des communes[10].

Dans les années 1950, la ville de Biskra était la seule ville de tout le Sahara qui comptait plus de 50 000 habitants[11].

La guerre d'indépendance[modifier | modifier le code]

Dans le cadre de l'organisation du Front de libération nationale, Biskra fait d'abord partie de la Zone 1 (Aurès) sous la direction de Mostefa Ben Boulaïd ; à partir du congrès de la Soummam (août 1956), elle relève de la Wilaya VI (Sahara).

En 2009, a été inauguré le Musée historique de la Wilaya VI.

Population[modifier | modifier le code]

des nomades à Biskra

En 1987, la ville comptait 128 000 habitants, elle avait subi les tombées en premier l’exode rural qui correspond à 62% de la population de la ville durant 1977, ces populations étaient nés en dehors de la ville, est originaire des Zibans essentiellement[12]. La population est issu de diverse origine, les habitants se repartissent en plusieurs ethnies vivant en harmonie.[évasif]

Culture[modifier | modifier le code]

Gastronomie[modifier | modifier le code]

La cuisine de Biskra se compose de nombreux plats, dont le mhajeb dit localement Mahdjouba, la Dobara ou la Chakhchoukha.

Langues[modifier | modifier le code]

La population est arabophone (arabe algérien, « parlers hilaliens ») et berbérophone (chaoui, « Icawiyen ⵉⵛⴰⵡⵉⵢⴻⵏ »)

Musique[modifier | modifier le code]

Le Diwan de Biskra (Algérie) lors du festival de Musiques de Rues de Besançon 2006
Une rue de Biskra, la nuit.

La musique la plus réputée de la ville est la Gnaouas, ainsi que la musique chaoui.

Fêtes[modifier | modifier le code]

De nombreuses fêtes y sont célébrées religieuses ou culturelles, comme l'Aïd, Yennayer (nouvel an berbère), la fête des dattes, la fête du printemps, etc.

Économie[modifier | modifier le code]

Entreprises et commerces[modifier | modifier le code]

Banque CNEP à Biskra.
  • Câble : Enicab, entreprise de production de câble (filiale du groupe General Cable).
  • Eau Minérale : Guedila, marque d'eau en bouteille vendu dans tous les supermarchés du pays, dont le siège social est basé dans la commune de Djemorah.
  • Le premier ministre, Abdelmalek Sellal a inauguré, en octobre 2015 , une usine de production d’hypochlorite de soude et dérivés par électrolyse du sel , la cimenterie de Djemoura[13]

Agriculture[modifier | modifier le code]

Les dattes de certaines régions de la Wilaya de Biskra notamment de Tolga, du genre Deglet Nour sont exportées à l'extérieur du pays[14].

Tourisme[modifier | modifier le code]

La ville a attiré 12.844 touristes en 2014 soit une augmentation de 60 % par rapport à 2013[15].

Vie quotidienne[modifier | modifier le code]

Sports[modifier | modifier le code]

La ville compte un club de football l'Union sportive de Biskra (USB)

Et un club de basket Makarem Biskra (MB Biskra).

Relations internationales[modifier | modifier le code]

La ville de Biskra est jumelée avec :

Festivals et salons[modifier | modifier le code]

  • En mars 2012, la wilaya a accueilli le premier salon national de la commercialisation des légumes et des épices.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Lena Bernstein, aviatrice, décédée à Biskra en juin 1932.
  • Ibn Khaldoun, historien, philosophe, diplomate et homme politique, séjourna à Biskra.
  • André Gide, écrivain français, décrivit à plusieurs reprises la beauté de la ville et de ses habitants, notamment dans Si le grain ne meurt et Les Nouvelles Nourritures
  • Auguste Maure, photographe orientaliste français, fonde le tout premier studio de photographie de Biskra dans les années 1860.
  • Marius Maure, photographe né à Biskra, fut à l'origine des toutes premières cartes postales de Biskra et de ses environs.
  • Larbi Ben M'hidi, combattant et responsable du FLN durant la guerre d'Algérie, suivit une partie de sa scolarité dans une école de Biskra.
  • Mohamed Khider, homme politique, militant pendant la révolution algérienne, membre fondateur du Comité révolutionnaire d'unité et d'action.
  • Mohamed Chabani, combattant algérien pendant la révolution algérienne, fit sa scolarité à Biskra.
  • Hamid Grine, journaliste, écrivain et ministre de la communication dans le gouvernement de sellal III, né le 20 juin 1954 à Biskra.
  • Mohamed El-Aid El Khalifa, poète algérien, membre de l'association des oulémas algériens, né à Aîn El Baïda en 1904, vécut à Biskra, décédé à Batna en 1979.[réf. nécessaire]
  • Mohamed Balhi, Journaliste à Algérie-Actualité de 1980 à 1994; en 1996, directeur de la rédaction au Soir d'Algérie puis, de 1997 à 2000, éditorialiste-chroniqueur à El Watan ; conseiller puis directeur des éditions à l'ANEP de 2000 à 2012. Auteur de livres
  • Le colonel Ahmed Benabderzzak, combattant durant la révolution algérienne.[réf. nécessaire]
  • Yvan Touitou, chercheur en chronobiologie né à Biskra en 1940.
  • Jean-jacques Navarro,ingénieur urbaniste et artiste peintre né à Biskra en 1946.
  • Cheikh Tayeb el Okbi, membre fondateur et secrétaire général de l'association des oulémas, né à Sidi Okba

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.ons.dz/collections/w07_p2.pdf
  2. Dictionnaire Larousse
  3. Mohand-Akli Haddadou, Dictionnaire toponymique et historique de l'Algérie, Tizi Ouzou, Éditions Achab, (ISBN 9789947972250), p. 211.
  4. « Les puits artésiens du Sahara », p. 113 et suivantes, Bulletin de la Société de géographie (France), Delagrave, 1867, Série 5, tome 13. « Note B : Histoire, ethnographie, linguistique »p. 175
  5. a, b, c et d Ibn Khaldoun, Histoire des Berbères
  6. Marc Côte, La ville et le désert : Le Bas-Sahara algérien, Paris, Karthala, coll. « Hommes et sociétés », , 306 p., broché, ill., cartes, graph., couv. ill. en coul. ; 24 cm (ISBN 2-84586-733-6 et 978-2845867338, notice BnF no FRBNF40094476, [%5Bhttp://books.google.ca/books?id=dgB_sYxkWbEC&pg=PA27&dq=salah+bey+biskra&hl=fr&ei=SHm6TLbbC4OKlwfx8LjTDA&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=5&ved=0CD4Q6AEwBA#v=onepage&q=salah%20bey%20biskra&f=false%5D lire en ligne])
  7. a, b, c, d et e ANOM, Biskra (Algérie).
  8. http://www.algerian-history.info/reszaatchas.htm
  9. a et b ANOM, Biskra, commune mixte (Algérie).
  10. Sur l'évolution administrative de la région de Biskra, cf. Fonds « Biskra » aux Archives nationales d'Outre-Mer (Aix-en-Provence).
  11. Le dessous des cartes: Atlas d'un monde qui change, Jean-Christophe Victor, Virginie Raisson, Frank Tétart Arte, 2007 - 207 pages, P.144
  12. M cote, Encyclopédie berbère. Biskra : L’essor de Biskra, Aix-en-Provence, Edisud, (ISBN 2857445490, lire en ligne), p. 1517-1522.
  13. « Sellal inaugure à Biskra une usine de production d’hypochlorite de soude et inspecte 2 projets de cimenteries | Radio Algérienne », sur www.radioalgerie.dz (consulté le 17 décembre 2015)
  14. APS, « Dattes : une production record de 10 millions de quintaux, dont 300.000 quintaux destinés à l’exportation, attendue à Biskra », Algérie Presse Service,‎ (lire en ligne).
  15. http://www.elwatan.com/regions/est/biskra/biskra-le-nombre-de-touristes-en-hausse-03-02-2015-286571_131.php

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]