Agay

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Agay
Agay sur sa rade, au pied du Rastel.
Agay sur sa rade, au pied du Rastel.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Var
Arrondissement Saint-Raphaël
Code postal 83530
Géographie
Coordonnées 43° 25′ 09″ Nord 6° 51′ 29″ Est / 43.419123, 6.858063
Altitude Min. 0 m – Max. 287 m
Localisation

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Agay est un lieu-dit situé sur le territoire de la commune française de Saint-Raphaël dans le département du Var.

C'est une petite station balnéaire au fond d'une rade nichée au pied du Rastel d'Agay (287 m), montagnes aux roches rouges de l'Estérel entre Saint-Raphaël (à 9 km à l'ouest) et Cannes (à 35 km à l'est).

Agay borde tout le littoral de cette rade et est adossé aux collines qui font contrefort au Rastel.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les origines d’Agay remontent à la préhistoire. Sa rade, à la géographie favorable, en fait la capitale supposée des Oxybiens, la tribu celto-ligure qui vivait alors dans le massif de l'Estérel, nommé Ægytna. En effet, aucune certitude, nonobstant de nombreux vestiges préhistoriques et un sérieux faisceau d’indices convergents.

Les Grecs de Massilia fréquentent aussi cette rade qu’ils nomment Agathon (qui signifie bon) et qui procure à leurs navires un abri sûr ainsi qu’un potentiel d’échanges commerciaux avec les Oxybiens. Les Romains viennent aussi vers 57 av. J.-C. – après avoir vaincu les tribus ligures coalisées, qui se retirent dans l’Estérel, loin du littoral – et fondent un établissement portuaire, Portus Agathonis, relié à la « via aurélia » (Rome-Narbonne). On a retrouvé sous l'eau des amphores romaines provenant sans doute d'un naufrage.

Vers 400, saint Honorat se serait installé dans les grottes de la Sainte-Baume avant de fonder l’abbaye de Lérins. Au Xe siècle, le comte de Provence, Guillaume le Libérateur, fait don d’Agay à l’évêque de Fréjus, Riculphe. Ce n’est qu’en 1235 qu’Agay revient à Raymond Beranger IV. À cette époque, Agay n’est plus habité suite aux multiples incursions maritimes sarrasines.

C’est Richelieu qui, en décidant la densification des fortifications sur la façade maritime, redonne vie à Agay qui prend à cette époque son nom actuel. Sont alors construites deux tours, l’une à la Baumette (à l’emplacement de l’actuel phare) et l’autre au Dramont. Une seigneurie voit le jour ainsi qu’un château fortifié. Le château est remanié puis pillé lors de la Révolution. Les garnisons sont ôtées et Agay est rattaché à Saint-Raphaël.

Le XIXe siècle est marqué par l'arrivée d’un poste de douane, du phare et surtout de la voie de chemin de fer. Cela permet l’exploitation, au Dramont, des carrières de porphyre. En 1813, la goélette l’Estafette et la canonnière l'Air furent attaquées par les Anglais, dans un combat naval rocambolesque. L’Estafette fut volontairement échouée sur la plage par son commandant Pallières, puis remise à flot pour rallier Toulon. L’Air, son commandant l'EV Bernard et son équipage furent pris par les anglais. Les marins restèrent prisonniers des anglais jusqu'en avril 1814 [1],[2],[3].

Le tout début du XXe siècle est quant à lui marqué par l'arrivée de la route, la maintenant fameuse « corniche d’or ». Des hôtels et de fastueuses villas voient alors le jour tant à Agay qu’à Anthéor et dynamisent l'activité d'architectes tels que Pierre Aublé : bien avant la mode des bains de mer, Agay est déjà une ville qui attire des touristes fortunés venus de toute la France admirer son cadre exceptionnel et son climat idéal. D’illustres personnages séjournent à Agay comme Gaston Doumergue, Guy de Maupassant ou encore Antoine de Saint-Exupéry qui s’y marie avec Consuelo Suncin de Sandoval. Les frères Lumière y séjournèrent également, comme en témoigne la grande toile peinte par leur père exposée dans le hall de leur villa à Lyon, et représentant le rocher Saint-Barthélémy.

La Seconde Guerre mondiale marque un tournant défigurant pour Agay. Les Allemands détruisent le château, incendient entièrement l’Estérel pour y débusquer les maquis. Puis, avant le débarquement de Provence, les bombardements visant le viaduc d’Anthéor détruisent la majorité des maisons ainsi que la chapelle. Des commandos ont, durant la nuit précédant le débarquement, dû prendre Anthéor et Le Trayas. Au Trayas, les troupes débarquent sur une plage minée, cela sera un échec sanglant. Le débarquement en lui-même se déroule au matin sur la plage du Dramont. Agay sert ensuite de port pour le déchargement des renforts ; quelques traces de balles sont encore visibles dans les plus vieux arbres de la ville, comme le grand palmier situé entre la plage de l'école de voile et l'hôtel France Soleil.

Économie[modifier | modifier le code]

Naguère, Agay vivait de l'exploitation forestière gérée maintenant par l'Office national des forêts, des carrières et de ses exploitations agricoles dont certaines sont encore en activité (vignes, fruits et légumes). Dorénavant, Agay est essentiellement tourné vers le tourisme estival surtout depuis la construction d'un complexe touristique, Cap Esterel, sur les hauteurs des carrières du Dramont.

Curiosités[modifier | modifier le code]

  • La fontaine du Petit Prince sur le parking du centre commercial de la Bastide d'Agay.
  • Le phare de la Baumette avec sa stèle.
  • La Corniche d'Or et ses nombreuses calanques.
  • Le Massif de l'Esterel et ses sommets aux magnifiques vues panoramiques.
  • L'ancienne poste rénovée récemment, encore habitée aujourd'hui.
  • La place du Togo, lieu de rendez-vous des boulistes et autres événements annuels.
  • L'île des Vieilles, petit îlot au large du Cap Roux, accessible en bateau ou à la nage.
  • L'île d'Or, qui inspira L'Île Noire à Hergé avec sa tour de garde.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes, références et bibliographie[modifier | modifier le code]

  1. États de services de Joseph Toussaint Bernard, Base LEONORE, cote LH/197/54. http://www.culture.gouv.fr/documentation/leonore/NOMS/nom_00.htm
  2. Jean-Michel Roche, Dictionnaire des bâtiments de la Flotte de guerre française de Colbert à nos jours, t. 1 : 1671-1870, Toulon, J.-M. Roche, (ISBN 2-9525917-0-9, lire en ligne), p. 13.
  3. Le combat naval d'Agay - Une épave mythique, http://raymondu38.1cd9.com/galerie-photos/18-le-semaphore-du-dramont.html