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Académie Ranson

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Académie Ranson
Paul Sérusier, Portrait de Paul Ranson en tenue nabique (1890)[1].
Histoire
Fondation
Dissolution
Statut
Type
Localisation
Pays
Localisation

L'académie Ranson est une école d'art fondée en 1908 à Paris par le peintre Paul-Elie Ranson (1864-1909). Plusieurs des artistes nabis y enseignent. Au début des années 1930 s'y rassemblent, autour de Roger Bissière, un large groupe des jeunes artistes qui seront parmi les plus actifs dans la nouvelle École de Paris.

Dès 1815 l'Académie Suisse, fondée par le modèle de Jacques-Louis David, Martin-François Suisse, est créée à Paris. En échange d’une somme modique, les artistes nécessiteux peuvent venir s'exercer au nu académique d’après modèle et travailler en toute liberté. Les peintres, tels Paul Cézanne, Armand Guillaumin, Claude Monet ou Camille Pissarro s'y rencontrent. D'autres académies indépendantes ouvrent bientôt, comme l'académie de la Grande Chaumière en 1902, pour répondre au besoin d'une formation plus libre que celle assurée par les Beaux-Arts de Paris. Elles offrent aussi aux femmes comme aux étrangers la possibilité de dessiner d'après modèle.

Paul Ranson, Paul Sérusier et France Ranson dans l'atelier de Ranson, photographie anonyme[réf. nécessaire].

À la fin du XIXe siècle, l'académie Julian, la plus célèbre, est fréquentée par ceux qui s'appelleront les nabis : Maurice Denis, Paul-Elie Ranson, Ker-Xavier Roussel, Paul Sérusier et Édouard Vuillard. Ce sont ces peintres qui initient collectivement la fondation le de l'académie Ranson[2]. Elle doit permettre de procurer des subsides à leur ami Ranson, dans une situation précaire tant sur le plan financier que de la santé, mais il meurt de la fièvre typhoïde en 1909.

France Ranson, directrice de l’Académie de 1908 à 1932 (Portrait de Maurice Denis, 1892)

Dirigée dès ses débuts et jusqu’en 1932 par France Ranson, épouse et collaboratrice de Paul-Elie, l’académie est d'abord installée rue Henry-Monnier dans le 9e arrondissement, puis déménage en 1911 à Montparnasse, au 7 de la rue Joseph-Bara (quartier Notre-Dame-des-Champs).

Maurice Denis et Sérusier y donnent bénévolement leurs cours, Roussel, Félix Vallotton et Vuillard y viennent plus ou moins régulièrement, ce qui contribue à entretenir sa notoriété. Maurice Denis dira que c'est un « centre très vivant d'expansion et de vulgarisation de nos théories »[3]. Concetta, ancien modèle d'Edgar Degas pour Les Repasseuses et d'Auguste Rodin pour Le Baiser, veille à sa bonne tenue. Les élèves y séjournent pour des durées très variées, d'une semaine à un an, participant aux bals costumés qui y sont organisés.

À partir de 1914, tandis que les professeurs se trouvent dispersés par la Première Guerre mondiale, l'académie Ranson survit malgré une baisse de sa fréquentation. Après 1918, Maurice Denis et Paul Sérusier étant occupés à d'autres activités, de nouveaux professeurs apparaissent, assez souvent d'anciens élèves : Yves Alix, Gabrielle Faure, Gustave Louis Jaulmes, Paul Sérusier, Paul Véra, Jules-Émile Zingg, puis Roger Bissière, Louis Latapie, Dimitrios Galanis, Amédée de la Patellière.

En 1932, France Ranson confie la direction de l'académie à Harriet Von Tschudi Cérésole, originaire du canton de Glaris en Suisse, elle-même élève depuis 1929 et sculpteur. Un atelier de fresque est alors confié à Roger Bissière, un atelier de sculpture à Charles Malfray, assisté de Frédéric Littmann, qui organise pour ses élèves des visites à Aristide Maillol.

Les ateliers accueillent toutes les classes sociales grâce au coût élevé des inscriptions pour les plus aisés qui permet de ne pas toujours faire payer les moins fortunés. Harriet Cérésole organise de nombreuses expositions pour soutenir les jeunes artistes. Des amitiés se nouent entre les élèves comme Manessier, Le Moal, Vera Pagava, Stahly, Wacker, Étienne Martin, Zelman, Klinger mais aussi des amis de Bissière extérieurs à l'académie comme Jean Bertholle[4].

De 1939 à 1944 l'académie demeure ouverte pour quelques élèves puis, rachetée en 1944 par un sculpteur, Daniel Angebault[5] elle ne fonctionne plus pendant plusieurs années. L'académie de sculpture et gravure ouvre à nouveau en 1951 avec de nouveaux enseignants, François Baron-Renouard, Roger Chastel, Marcel Fiorini, Lucien Lautrec, Gustave Singier, Henri Goetz, mais faute de moyens financiers elle ferme définitivement en 1955.

Personnalités notables de l'académie

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Professeurs

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Notes et références

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  1. Paris, musée d'Orsay.
  2. « Académie Ranson », sur oam.io (consulté le )
  3. Encyclopædia Universalis, « Biographie de PAUL RANSON (1864-1909) », sur Encyclopædia Universalis (consulté le )
  4. Alexandra Charvier, « L'Académie Ranson, 1919-1955, creuset des individualités artistiques : Sous la dir. de Maldonado, G. Mémoire de maîtrise : Hist. art : Paris I, 2003 » (consulté le )
  5. Formation École Boulle et Beaux-Arts de Paris.
  6. Ouvre un atelier de fresque à l'académie en 1934.
  7. 1 2 Atelier de Maurice Denis.
  8. (de) Allgemeines Künstlerlexikon, vol. 29 (Saur, 2001), p. 504.
Une catégorie est consacrée à ce sujet : Élève de l'Académie Ranson.

Bibliographie

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Document utilisé pour la rédaction de l’article : source utilisée pour la rédaction de cet article

  • Michel-Georges Bernard, Jean Le Moal, Ides et Calendes, Neuchâtel, 2001 [« L'académie Ranson, 1935-1936 », p. 31-41]. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Alexandra Charvier, « L'académie Ranson dans le Paris artistique de l'entre-deux-guerres », dans La Gazette Drouot, Paris, , pp. 116-117. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Alexandra Charvier, « L'académie Ranson à la croisée des chemins », dans La Gazette Drouot, Paris, pp. 248-249. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Sophie de Juvigny, Alexandra Charvier, Montparnasse années 1930 - Bissière, Le Moal, Manessier, Étienne-Martin, Stahly… Éclosions à l’académie Ranson, Rambouillet, Palais du roi de Rome, Éditions Snoeck (ISBN 978-90-5349-796-8) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Archives inédites

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Iconographie

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En 1993, Jean Bertholle peint, en une allusion à son Hommage à Delacroix, un Hommage à Fantin-Latour (50,5 x 142 cm, Alençon, musée des beaux-arts et de la dentelle). Il y figure librement, réunis en une sorte de banquet au début des années 1930, ses compagnons de l'académie Ranson, les uns déjà disparus, les autres âgés de quelque cinquante ans de plus. On reconnaît notamment, de gauche à droite, Bertholle lui-même, Reichel, Bissière, Le Moal, Seiler, Étienne Martin, Manessier. Bertholle y ajoute symboliquement la présence de son ami Zoran Mušič qui, arrivé à Paris en 1952, n'a jamais fréquenté l'académie.

Articles connexes

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Liens externes

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