Maurice de Vlaminck

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Maurice de Vlaminck

Naissance
Paris, Drapeau de la France France
Décès (à 82 ans)
Rueil-la-Gadelière, Drapeau de la France France
Activités Peintre, céramiste
Autres activités Écrivain (romans, essais, poèmes)
Mouvement artistique Fauvisme, cubisme

Maurice de Vlaminck, né à Paris le [1] et mort à Rueil-la-Gadelière (Eure-et-Loir) le , est un peintre français s'étant illustré dans les courants fauviste et cubiste. Peintre de figures, portraits, nus, paysages, paysages animés, paysages urbains, intérieurs, natures mortes, fleurs et fruits, peintre à la gouache, aquarelliste, graveur, dessinateur et illustrateur, il est aussi écrivain, publiant vingt-six livres : romans, essais et recueil de poèmes.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sa mère pianiste et son père violoniste, Edmond Devlaeminck, émigrèrent de leur Flandre natale pour la France[2]. Il passe son enfance au Vésinet mais surtout à Chatou de 1893 à 1905, où il réalisera ses premières œuvres. Il fait ses premières peintures vers 1893, mais gagne initialement sa vie en tant que violoniste et, parfois, en remportant des courses cyclistes. Il se marie en 1896 avec Suzanne Berly, avec qui il aura trois filles. Vlaminck est un autodidacte, qui refuse également de se former en copiant dans les musées afin de ne pas perdre ou affadir son inspiration.

C'est en 1900 qu'il rencontre André Derain, qui restera son ami pour la vie. Ils louent d'ailleurs un studio ensemble à Chatou, dans l'actuelle Maison Levanneur, qui abrite aujourd'hui le Cneai[3] (Centre National Édition Art Image). Ce dernier quitte l'atelier commun un an plus tard, mais il conservera une relation épistolaire suivie (les lettres de Derain furent publiées mais celles de de Vlaminck sont perdues[4]). Derain retrouve de Vlaminck vers 1904. Cette époque (1900-1905) reste une période difficile financièrement pour le peintre, chargé de famille, et il est obligé de gratter d'anciennes peintures pour en récupérer les toiles. Par ailleurs, c'est à cette époque qu'il publie deux romans à l'esthétique décadente, voire pornographique. Cela dit, sa vraie passion reste liée à l'art primitif et au fauvisme.

En 1905, il s'installe à Rueil-Malmaison, tandis que Derain gagne le midi, comme beaucoup d'artistes de ce temps. De Vlaminck fait le choix de rester en région parisienne, peut-être par goût, mais également probablement par manque de moyens[4]. Il participe, cette année-là, à son premier Salon des indépendants. De Vlaminck est l'un des peintres qui font scandale lors du salon d'automne de 1905, dit « La cage aux fauves », avec Henri Matisse, André Derain et Raoul Dufy. Le marchand de tableaux Ambroise Vollard s'intéresse à son œuvre dès l'année suivante, lui achète de nombreuses toiles et lui consacre une exposition en 1908. De Vlaminck noue des liens également avec Daniel-Henry Kahnweiler, autre célèbre négociant en art. Il commence également une activité de céramiste. Il fait plusieurs expositions internationales durant ces années.

De Vlaminck, ayant alors trois filles, n'est pas envoyé au front durant la Première Guerre mondiale. Il est affecté dans une usine de la région parisienne. À la fin du conflit, il divorce et se remarie avec Berthe Combe, qui lui donnera deux filles : Edwige et Godelieve. Il s'installe à partir de 1925 à Rueil-la-Gadelière jusqu'à son décès. Son épouse est morte en 1974.

En 1939, il préside au banquet des Vitalistes, au cours duquel est brûlé un portrait d’Adolf Hitler, « critique d’art qui s’est permis, en qualité d’ex-peintre en bâtiment, d’affirmer que tous les artistes de l’école française étaient des dégénérés[réf. nécessaire] ». Mais, en 1941, il participe au voyage des artistes et écrivains français en Allemagne nazie sur l'invitation d'Arno Breker. Il collabore pendant l’Occupation à différents journaux dans lesquels il attaque des artistes « étrangers », comme Picasso. Pour toutes ces raisons, il connaît des difficultés dès l’immédiat après-guerre.

Son buste est érigé face à la mairie de Rueil-la-Gadelière. De Vlaminck est inhumé dans le cimetière de cette commune. Un circuit de randonnée à son nom[5] permet, au cours d'un trajet de huit kilomètres, d'observer de nombreux paysages qui ont inspiré ses œuvres.

Son style en peinture[modifier | modifier le code]

Grand admirateur de Vincent van Gogh, que son ami André Derain lui a fait découvrir, il s'en inspire fréquemment dans ses toiles de ses débuts, tant en utilisant une couleur très pure « sortie du tube » que par des effets de tourbillon. La Partie de campagne à Bougival (1905) en est un exemple frappant. Négligeant un peu les recherches de composition, il s'intéresse plus aux qualités spatiales et affectives de la couleur.

De Vlaminck passe de l'impressionnisme au fauvisme, plus rebelle, plus débridé. Il reste surtout lui-même, unique, au cours des longues années de sa vie de peintre. La forte personnalité de Maurice de Vlaminck se traduit clairement, par sa fougue et sa robustesse, dans une peinture à la pâte grasse, généreuse, et aux touches larges et sûres.

À partir de 1907, de Vlaminck perçoit les limites du fauvisme et découvre l'œuvre de Paul Cézanne. Son graphisme va en être profondément influencé et sa palette devirendra plus sombre.

De Vlaminck est l'un des premiers collectionneurs d'art africain. Il commence l'acquisition d'objets dès le début des années 1900. Son rôle pionnier est reconnu par Guillaume Apollinaire en 1912[6]. Cependant, cela n'influence guère sa peinture, contrairement à celle d'André Derain ou de Pablo Picasso.

Principales peintures[modifier | modifier le code]

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La chronologie des œuvres est souvent incertaine, Maurice de Vlaminck n'ayant que peu souvent daté ses tableaux[4].

  • Paysage, musée national des beaux-arts d'Alger, Alger
  • Les Baigneuses
  • Sur le Zinc, 1900 (musée Calvet d'Avignon)
  • Le Jardinier, 1904
  • Le Village, 1904
  • Maisons à Chatou, 1904 (The Art Institute of Chicago)
  • Les Berges de la Seine à Chatou, 1904
  • Le Pont de Chatou, 1905 (musée de l'Annonciade, Saint-Tropez)
  • Les Bateaux-lavoirs, 1905
  • Portrait du père Bouju, 1905 (Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou)
  • Portrait de Derain, 1905
  • Le Remorqueur, 1905 (Kunsthalle de Hambourg)
  • Les Ramasseurs de pommes de terre, 1905 (Küsnacht, Kunststiftung Merzbacher)
  • Rue à Marly-le-Roi, 1905-1906 (Centre Georges-Pompidou)
  • La Danseuse du Rat mort, 1906
  • Paysage au Bois mort, 1906
  • Maisons et arbres, 1906
  • Le Pont de Bezons, 1906
  • Maison à Chatou, 1906
  • Les Châtaigners à Chatou, 1906 (musée d'art moderne de Troyes)
  • Les Écluses de Bougival, 1906
  • La Partie de campagne, 1906
  • Maisons à Chatou avec arbres rouge, 1906 (Metropolitan Museum of Art, New York)
  • Les Arbres rouges, 1906 (Centre Pompidou, Paris)
  • Bougival, 1910 (musée d'art moderne du Centre Pompidou, Paris)
  • Un Voilier sur La Seine, 1906
  • Nu couché, 1906
  • Les Coteaux de Rueil, 1906 (Centre Pompidou Paris)
  • La Seine à Chatou, 1906 (Metropolitan Museum of Art, New York)
  • Paysage près de Chatou, 1906 (Stedelijk Museum, Amsterdam)
  • Route maraîchaire, 1907 (Kuntsmuseum de Winterthour, Suisse)
  • Portrait d'André Derain, 1906 (Metropolitan Museum of Art, New York)
  • Maison à Martigues, 1907
  • Vue de Chatou, 1907
  • Nature morte, 1907 (musée de l'Annonciade, Saint-Tropez)
  • La Seine à Poissy, 1908
  • Nature morte au pichet, 1908, (Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou)
  • La Maison dans les arbres, 1908, (Centre Georges Pompidou)
  • Les Andélys, 1910, (Cahors, musée de Cahors Henri-Martin)
  • Nature morte, 1910 (Paris, musée d'Orsay)
  • Le Cirque, 1910
  • Restaurant de la Machine à Bougival, 1905 (Paris, musée d'Orsay)
  • Autoportrait, 1912 (collection privée)
  • Le Vieux Port de Marseille, 1913 (National Gallery of Art of Washington)
  • La Gare d'Auvers-Sur-Oise, (collection Dr. Roudinesco, Paris)
  • Paysage de neige, 1933
  • Bouquet au soleil, 1920
  • Intérieur de cuisine, (Centre Georges Pompidou)
  • Maison à l'auvent
  • Chaumières, (Centre Georges Pompidou)
  • Tempête de neige
  • Intérieur, (collection privée)
  • Paysage à Chatou, (musée d'art moderne de Troyes)
  • Nature morte, (Nationalgalerie de Berlin[Laquelle ?])
  • Route sous la neige à Chandais, 1915 (musée des beaux-arts du Havre)
  • Bord de rivière, 1909-1910, (Centre Georges Pompidou)
  • Le Pont de Meulan, 1910, (Centre Georges Pompidou)
  • Les Peupliers, 1910, (Centre Georges Pompidou)
  • Portrait de Madame Lucie Kahnweiler, 1912, (Centre Georges Pompidou)
  • Église sous la neige, vers 1930 (Centre Georges Pompidou)

Publications[modifier | modifier le code]

  • Georges Duhamel, Maurice De Vlaminck, 1927 (les écrivains réunis)
  • Georges Duhamel, Maurice De Vlaminck, Désobéir, 1936 (Éditions Corrêa)
  • Maurice de Vlaminck, Histoires poèmes de mon époque avec cinq bois gravés de l'auteur, 1927
  • Maurice de Vlaminck, Tournant Dangereux, 1929 (Stock, Delamain et Boutelleau)
  • Maurice de Vlaminck, Poliment, 1931 (Stock)
  • Maurice de Vlaminck, La Haute-Folie, 1934 (Librairie Stock, Delamain et Boutelleau)
  • Maurice de Vlaminck, Radios clandestins, 1935 (Éditions Denoël)
  • Maurice de Vlaminck, Le Ventre ouvert, 1937 (Éditions Corrêa)
  • Maurice de Vlaminck, Pour une peinture lisible, vivante, humaine, 1939 (éditeur René Debresse)
  • Maurice de Vlaminck, La Mort de Mindrais, 1941 (Éditions Corrêa)
  • Maurice de Vlaminck, Portraits avant décès, 1943 (Flammarion)
  • Maurice de Vlaminck, Le Bœuf, 1944 (Éditions Corrêa)
  • Maurice de Vlaminck, Paysages et personnages, 1953 (Flammarion)
  • Maurice de Vlaminck, La Tête tournée, 1956 (Éditions André Sauret)
  • Maurice de Vlaminck, Les Pensée et la voix, 1958, (Éditions Georges Burnier)
  • Maurice de Vlaminck, Le garde-fou, 1958 (Flammarion)
  • Maurice de Vlaminck et Fernand de Sernana, D'un lit à l'autre, 1956, (Éditions Du Cap)
  • Maurice de Vlaminck et Fernand de Sernana, Âmes de mannequins, 1907 (Éditions P. Douville)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Véronique Alemany, Guy Wildenstein, (Avant-propos), motdu députéPatrick Ollier, Maurice de Vlaminck, catalogue de l'exposition de l'Atelier Grognard à Rueil-Malmaison, ville de Rueil-Malmaison, impr.Corlet, avril 2015, 127.pp.
  • André Mantaigne, Vlaminck, 1928 (Éd. G. Crès)
  • Maurice Genevoix, Vlaminck, 1954 (Flammarion)
  • Robert Rey, Maurice De Vlaminck : né en 1876, 1955 (Flammarion)
  • Marcel Sauvage, Vlaminck, sa vie et son message, 1956
  • Jean Selz, Vlaminck, 1963 (Flammarion)
  • Katalin De Walterskirchen, Catalogue Raisonné De L'œuvre Gravé de Maurice de Vlaminck, 1974 (Flammarion)
  • Maïthé Vallès-Bled, Maurice de Vlaminck : Œuvres 1900-1956, 1991 (Éditions Celiv)
  • André Derain, Lettres à Vlaminck, suivies de la correspondance de guerre, 1993 (Flammarion)
  • Pollag S., Mes souvenirs sur Vlaminck
  • Dictionnaire Bénézit, Dictionnaire critique et documentaire des peintres,sculpteurs, dessinateurs et graveurs de tous les temps et de tous les pays, vol. 14, éditions Gründ,‎ , 13440 p. (ISBN 2700030249), p. 303-305.

Iconographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives numérisées de l'état civil de Paris, acte de naissance no 1/489/1876, date et lieu du décès mentionnés en marge de l’acte (consulté le 5 janvier 2013)
  2. « Hommage à l'artiste d'origine belge Maurice de Vlaminck en région parisienne » (consulté le 4 février 2015)
  3. Cneai (Centre National Edition Art Image)
  4. a, b et c M.Vallès-Bled, « Vlaminck, l'instinct fauve », in L'Objet d'Art, hors-série no 35, février 2008.
  5. « Sur les pas de Vlaminck », sur tourisme-avre-eure-iton (consulté le 17 avril 2014)
  6. M.Jakobi, « Vlaminck “inventeur” de l'art nègre ? », in L'Objet d'Art, hors-série no 35, 2008, p. 52-55.

Liens externes[modifier | modifier le code]