Divisionnisme

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L'étoile des couleurs de Charles Blanc, qui a influencé la théorie divisionniste

Le divisionnisme (aussi appelé chromo-luminarisme) est une théorie picturale correspondant à un style qui consiste à appliquer sur un support de petites taches de couleur pure juxtaposées. Le divisionnisme est caractéristique de la peinture néo-impressionniste définie par la division des couleurs en points individuels qui inter-réagissent optiquement.

En obligeant l’œil et le cerveau du spectateur de combiner les couleurs, les divisionnistes croyaient atteindre le maximum de luminosité scientifiquement possible.

Les fondateurs et théoriciens[modifier | modifier le code]

Georges Seurat a fondé ce style aux environs de 1884, en se basant sur une lecture artistique des théories scientifiques de Michel Eugène Chevreul et de ses travaux sur le contraste simultané des couleurs, d'Ogden Rood et de Charles Blanc et son étoile des couleurs. Paul Signac, qui a écrit « D'Eugène Delacroix au néo-impressionnisme », fut le principal théoricien du divisionnisme. Il s'inspire en effet de la technique du flochetage mise au point par le peintre romantique à la fin de sa vie.

Le pointillisme[modifier | modifier le code]

Le divisionnisme est une variante plus technique d'un autre style, le pointillisme, qui se définit spécifiquement par l'utilisation de points de peinture et ne se concentrant pas forcément sur la séparation des couleurs. Une différence entre les deux techniques est que les coups de pinceau des divisionnistes sont plus longs et plus fluctuants que ceux des pointillistes comme Seurat ou Signac qui projettent des petits points de couleur sur leur toile. L'essentiel, pourtant, se trouve dans la volonté, affichée de baser la peinture sur un système[1].

Exemple concret[modifier | modifier le code]

Alors qu'auparavant les mélanges de couleur s'opéraient sur la palette du peintre, les divisionnistes juxtaposent deux couleurs pures directement sur la toile. Ainsi une petite tache bleue posée à côté d'une petite tache jaune devraient, selon leur théorie, donner l'impression du vert. Il n'en est rien, selon les études psychophysiques menées depuis le milieu du XIXe siècle. Si les divisions sont imperceptibles, on voit un gris qui peut tirer vers le jaune ou le bleu, ou dans une moindre mesure vers le vert ou vers le rouge ; et si les divisions sont perceptibles, la loi du contraste simultané des couleurs renforce leur différence. L'effet produit par le divisionnisme est fortement dépendant de l'explication fournie par l'artiste, et son charme réside largement dans la différence de perception qui se produit lorsqu'on s'approche ou qu'on s'éloigne du tableau, qui produit une « vibration particulière (…) de cette texture[2] ».

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gaetano Previati, traduit de l'italien par V. Rossi-Sacchetti, Les principes scientifiques du divisionnisme, (la technique de la peinture), Paris : A. Grubicy, 1910

Liens internes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Georges Roque, Art et science de la couleur : Chevreul et les peintres, de Delacroix à l'abstraction, Paris, Gallimard, coll. « Tel » (no 363),‎ , p. 370.
  2. Roque 2009, p. 366-373 &sq., citation p. 373.