Pierre Bonnard

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Bonnard.
Pierre Bonnard
Tête de Bonnard (Portrait photograph of Pierre Bonnard), c.1899, Musée d'Orsay.jpg

Tête de Bonnard (Pierre Bonnard) (vers 1899),
photographie anonyme, Paris, musée d'Orsay.

Naissance
Décès
Nationalité
(Française) Drapeau de la France France
Activité
Formation
Mouvement
Mécène
Conjoint
Marthe (Maria Boursin) de 1893 à 1942 (m. 1925-1942)
signature de Pierre Bonnard

signature

Pierre Bonnard, né le à Fontenay-aux-Roses (Seine) et mort le au Cannet (Alpes-Maritimes), est un peintre, graveur, illustrateur et sculpteur français.

Issu de la petite bourgeoisie, esprit à la fois modeste et indépendant, il se met très tôt à dessiner et à peindre. Il participe à la fondation du groupe postimpressionniste des nabis qui, sous l'influence de Gauguin, entend exalter les couleurs dans des formes simplifiées. Vénérant toutefois les impressionnistes, Bonnard va tracer son chemin personnel à l'écart des avant-gardes qui suivront : fauvisme, cubisme, surréalisme. Son œuvre rencontre le succès dès le tournant du siècle. Il voyage, expose, échange avec ses pairs (Monet, Matisse). Amoureux de la nature, et de la lumière du Midi, il s'installe au Cannet en 1926, avec Marthe, sa compagne et son modèle durant cinquante ans.

Actif dans les arts graphiques et décoratifs, tenté un temps par la sculpture, Pierre Bonnard est avant tout peintre. Observateur doué d'une grande mémoire visuelle et sensitive, il travaille en atelier, privilégiant les genres classiques de la peinture figurative : paysage, nature morte, portrait et nu féminin, qu'il combine aussi dans ses scènes d'intérieur. Ces sujets tirés de la vie quotidienne et sa façon de les traiter lui ont valu les étiquettes de « peintre intimiste bourgeois » ou de « dernier des impressionnistes ». Aussi la question a-t-elle été posée à sa mort : était-il un grand artiste, ou du moins un artiste moderne ?

Au gré des rétrospectives et des études se révèle une œuvre plus complexe et novatrice qu'il n'y paraît : sens très nouveau de la composition et du regard, maîtrise incomparable de la lumière et de la couleur — sa palette de plus en plus riche et éclatante fait de lui l'un des plus grands coloristes du XXe siècle. Peu porté aux spéculations intellectuelles sans être étranger aux débats esthétiques de son temps, Pierre Bonnard est un peintre de la sensation, prolifique et passionné, qui n'a cessé de réfléchir à son métier et à la façon de rendre vivante, selon ses propres termes, non la nature, mais la peinture elle-même.

Biographie[modifier | modifier le code]

Photographies et autoportraits montrent de Bonnard son allure dégingandée, un air comme étonné derrière les lunettes cerclées de métal. Son journal est avare de détails personnels, mais l'homme se laisse entrevoir à travers sa correspondance et de nombreux témoignages, auxquels s'ajoutent des souvenirs familiaux conservés entre autre par son neveu historien d'art et son petit-neveu Antoine Terrasse, spécialiste du postimpressionnisme. Doux, discret et solitaire mais de bonne compagnie, plein d'humour avec des accès de gaieté et d'enthousiasme juvéniles, Pierre Bonnard est également enclin à une certaine mélancolie[1]. Il se confie peu, en particulier sur sa vie et sa relation compliquée avec Marthe. C'est dans sa peinture qu'il cache et livre certains secrets[2].

Les années de jeunesse[modifier | modifier le code]

Pierre, Eugène, Frédéric[3] Bonnard, né au 17 rue de Châtenay[N 1] à Fontenay-aux-Roses, est le fils d'Eugène Bonnard (1837-1895), chef de bureau au ministère de la Guerre, et d'Élisabeth Mertzdorff (1840-1919). Il a un frère aîné, Charles (1864-1941), et une sœur cadette, Andrée (1872-1923), très proche de lui. Les informations sur l'enfance de Bonnard sont parcellaires[4]. Son père s'inquiète de sa vocation d'artiste, soutenue au contraire par les femmes de la famille, puis confortée par sa rencontre avec les futurs nabis.

Vie de famille[modifier | modifier le code]

Maison natale de Bonnard, peu changée hormis le chien-assis et la plaque commémorative[5].
Tableau représentant une maison, avec pan de mur blanc, volets beige et toit rouge, à demi-cachée par les arbres et la verdure, des fleurs rouges au premier plan
Bonnard jeune peint souvent la maison du Grand-Lemps ou la campagne alentour[6].

La vie de cette famille parisienne plutôt unie et ouverte est ponctuée de longs séjours à la campagne.

Fontenay, petit village de 2 500 habitants où la culture maraîchère a chassé celle des roses, est sous le Second Empire relié à Paris par un tramway hippomobile. Eugène Bonnard s'y est installé parce qu'il voulait partager sa vie entre ses livres et son jardin. Pourtant les Bonnard quittent dès 1870 Fontenay-aux-Roses, d'ailleurs évacué au moment du siège de Paris.

Il est difficile de savoir s'ils ont vécu ensuite dans une autre proche banlieue ou à Paris même, peut-être un temps rue de Parme chez la mère d'Élisabeth : le fait que celle-ci y mette au monde Andrée ne prouve pas qu'ils y aient résidé durablement[4]. Caroline Mertzdorff, d'une famille alsacienne fixée à Paris quand elle était jeune, est très attachée à son petit-fils Pierre, qu'elle hébergera durant ses études et qui tiendrait d'elle son sens de la discrétion et de l'indépendance[4].

Le grand-père paternel, Michel Bonnard, était agriculteur et marchand de grain dans le Dauphiné : chaque été ramène la famille dans la demeure du Grand-Lemps, agrémentée d'un vaste jardin et attenante à une ferme où l'enfant découvre les animaux[7]. Adolescent, c'est là qu'il trouve du temps pour peindre ; adulte, jusqu'à la vente du « Clos » en 1928, il y retrouve les siens tous les ans à la belle saison : c'est pour lui comme un retour au paradis terrestre[6]. « Pierre est né parmi les roses et passe ses vacances à la campagne : ce citadin sera toute sa vie un amoureux de la nature et [de ses] sortilèges luminescents et colorés[8] ».

Le peintre a beaucoup puisé son inspiration dans le cercle familial. Sa mère, qui l'encourage, n'aime pas poser, et son père, bourgeois sévère, est amateur d'art mais préférerait une autre voie pour son fils : ils figurent peu sur ses tableaux, à l'inverse de sa grand-mère, de sa cousine Berthe Schaedlin (son premier amour), de sa sœur Andrée puis du mari et des enfants de celle-ci. Bonne pianiste, elle épouse en 1890 un professeur de musique ami de Pierre, le futur compositeur d'opérettes Claude Terrasse : offrant à Bonnard un véritable second foyer, ils sont d'emblée ses plus fervents admirateurs[9].

Essor d'une vocation[modifier | modifier le code]

Tableau étroit et haut représentant une jeune femme en jupe longue avec deux grands chiens, sur fond de feuillage éparpillé
Ce portrait de 1889, Andrée Bonnard avec ses chiens, est tout en mouvement[10].

La vocation précoce de Bonnard le conduit quelque temps à une sorte de double vie : étudiant sage d'un côté, artiste en herbe de l'autre.

Écolier puis lycéen[N 2] à Vanves, il est mis en pension à l'âge de dix ans, comme beaucoup de petits bourgeois de sa génération, puis fréquente les lycées Louis-le-Grand et Charlemagne. C'est un très bon élève, épris de langues anciennes, de littérature classique et de philosophie. Bachelier en 1885, il rassure sa famille, son père surtout, en s'inscrivant à la faculté de droit[11], où il obtient sa licence en 1888. Il prête serment d'avocat en 1889, mais s'il se rend chaque jour au prétoire, c'est plutôt pour y croquer les hommes de loi[12]. Cette année-là il travaille à temps partiel chez un receveur de l'Enregistrement[N 3] mais rate le concours d'entrée, ce qui est pour lui une libération[14].

Bonnard observe et dessine depuis qu'il est tout jeune, sans cesse, partout, des scènes saisies au vol. Un carnet d'esquisses de 1881 contient sa première aquarelle de la capitale, La Seine à Paris[15]. Les étés suivants le voient dessiner autour du Grand-Lemps et jusqu'au lac de Paladru[16]. De 1887 ou 1888 datent ses premières huiles, petits paysages du Dauphiné dans le genre de Corot, probablement peints en plein air[6]. Il peint aussi sur le motif à Chatou ou à Bougival[11].

Tête de jeune homme de trois-quarts face, peinte dans des tons sombres, front un peu dégarni, petite barbe, grand nez
Édouard Vuillard par lui-même (1889).

Rétrospectivement, Bonnard relativise la force de sa vocation : « À cette époque, ce qui m'attirait n'était pas tellement l'art mais plutôt la vie d'artiste avec tout ce qu'elle comportait dans mon idée de fantaisie, de libre disposition de soi-même. Certes, depuis longtemps j'étais attiré par la peinture et par le dessin, mais sans que ce fût une passion irrésistible ; tandis que je voulais à tout prix échapper à une vie monotone ». Les deux semblent pourtant aller de pair dans cette lettre à sa mère de juillet 1888 : « J'éprouve un vrai sentiment de délivrance et je porte le deuil de mes études avec la plus grande allégresse. Ne t'imagine pas que j'arrive à Lemps pour faire de l'enregistrement. Je vais apporter une cargaison de toiles et de couleurs et je compte barbouiller du matin jusqu'au soir »[17].

Peut-être après un passage aux Arts décoratifs, Bonnard a été admis en 1886 à l'École nationale supérieure des beaux-arts. Bien que séduit par son enseignement assez large, il en boude les cours et les séances au Louvre, et échoue au concours du prix de Rome. Son attachement ultérieur à deux principes classiques — importance du dessin et prédilection pour le nu féminin — a néanmoins pu être attribué à ce bref contact avec la tradition académique[18]. Et il noue une amitié indéfectible avec deux de ses condisciples, Édouard Vuillard et Ker-Xavier Roussel[19].

Bonnard préfère de loin l'atmosphère de l'Académie Julian, école d'art privée où l'on travaille d'après modèles le nu et le portrait, sans obligation d'être assidu ni de rendre des travaux[6]. Il y retrouve Maurice Denis, Paul Sérusier, Henri-Gabriel Ibels et Paul-Élie Ranson, pour d'ardentes discussions qui se prolongent dans un bistrot du passage Brady et le samedi chez Ranson et sa femme. Bonnard écoute plus qu'il ne parle mais manie l'humour et le trait d'esprit. Tous rêvent de renouveler la peinture[20].


Les nabis[modifier | modifier le code]

Pierre Bonnard est de ceux qui constituent le petit mouvement pictural des nabis en référence à l'art de Paul Gauguin.

En octobre 1888, Paul Sérusier, massier à l'académie Julian, revient de Bretagne où il a rencontré Gauguin. Sous sa direction, il a peint sur le couvercle en bois d'une boîte à cigare un petit tableau, L'Aven au bois d'amour. Formes schématisées, blocs de couleurs en aplat qui tendent à gommer la profondeur : pour ses camarades qui ignorent tout des évolutions récentes en peinture, ce tableautin est une révélation[15].

La Vision après le sermon, peint par Gauguin en 1888, frappe particulièrement Bonnard[21].

Sérusier, Bonnard, Denis, Ranson et Ibels en font leur « talisman »[N 4] et fondent un groupe informel qui se baptise « nabi », d'un mot hébreu signifiant à la fois « initié » et « prophète ». « Prophètes » de l'art de Gauguin, dont ils admirent les œuvres chez Boussod et Valadon, puis à l'exposition Volpini de l'été 1889 ; « initiés » en ce qu'ils découvrent à la galerie de Durand-Ruel les grands impressionnistes que méconnaissent leurs professeurs, puis, chez le marchand de couleurs Tanguy par exemple, Cézanne et Van Gogh[23]. Dès 1889 les premiers nabis sont rejoints par Vuillard, Roussel, Valloton et d'autres[N 5], sans compter les visites d'Odilon Redon ou de Gauguin lui-même[25]. Le mouvement nabi s'inscrit dans le symbolisme, qui vise à exprimer les mystères du monde et à retrouver la spiritualité dont l'auraient vidé un matérialisme étroit et, en art, le naturalisme.

C'est ce que le Maître de Pont-Aven cherche à traduire en exaltant les couleurs, source à ses yeux d'émotion et de réflexion au-delà de leur valeur représentative[18]. Les œuvres vues en 1889 confirment pour les nabis les principes dont Le Talisman devient le manifeste : couleurs virulentes posées à plat, refus de la profondeur, formes « synthétiques » suggérées plutôt que décrites et cloisonnées par un trait brutal[26],[25]. L'Exercice, petite huile peinte sur toile pendant sa période militaire[N 6] au printemps 1890, est l'une des premières tentatives de Bonnard pour jouer, non sans humour, des couleurs vives (pantalons rouges, vareuses bleues, cheveux orange, fond sable) en alignant sur trois plans des petits soldats aux contours bien marqués, de dos ou de face[27].

Lors des réunions en leur « temple », l'atelier de Ranson boulevard du Montparnasse, se profilent deux tendances : l'une spirituelle voire ésotérique, derrière le catholique Maurice Denis ; l'autre tournée vers la représentation de la vie moderne sans souci de renouveau primitif, incarnée par Bonnard[28]. Cela ne les empêche pas de partager avec Vuillard, en 1891, un atelier sis 28 rue Pigalle[26]. Francis Jourdain ou Octave Mirbeau ont témoigné de la profonde estime mutuelle qui soudait les nabis et de leur ouverture dénuée d'arrogance[29]. Bonnard se distingue par son absence de prosélytisme, ayant, suivant le mot de son ami Natanson « assez à faire de peindre »[30],[N 7].

« Le nabi japonard »[modifier | modifier le code]

Au sein du groupe, Bonnard est le plus influencé par l'art japonais.

Tableau représentant dans les verts et bruns quatre personnages avec des cannes au premier plan, à demi-masqués par la verdure, et au loin une ronde de jeunes filles
La Partie de croquet (1892).
Quatre panneaux en hauteur dans des dominantes rose, vertes et ocre, avec sur fond fleuri trois femmes debout et une assise, un chien, un chat
Femmes au jardin (1891).

La vogue du japonisme, lancée au milieu du XIXe siècle et culminant vers 1890, séduit les nabis par le renouvellement de la perspective, l'abandon des dégradés et l'emploi de couleurs pures en aplat[31]. Dès 1889 Bonnard réalise des paravents librement inspirés des motifs qu'il a pu découvrir dans la revue Le Japon artistique éditée par Samuel Bing[32].

Au printemps suivant, l'énorme exposition qu'organise Bing à l'École des beaux-arts est pour lui un véritable choc esthétique. Il tapisse ses murs de reproductions d'Utamaro, Hokusai, Hiroshige, et d'images de quatre sous sur papier de riz froissé, dont l'enchantent les couleurs vives, l'absence de relief, le travail sur les étoffes : il a l'impression de quelque chose de savant mais vivant[33]. Empruntant aux estampes, développant des arabesques sur des supports en hauteur inspirés des kakemonos[34], il gagne son surnom de « nabi japonard ».

L'influence de Gauguin se sent encore dans La Partie de croquet — hiératisme des personnages au premier plan, ronde des jeunes filles sur l'herbe, composition rappelant la Vision après le sermon —, tandis que l'absence de modelé et les tissus évoquant des collages tiennent de l'art japonais[35].

Celui-ci marque davantage Femmes au jardin, paravent pour lequel Bonnard fait poser sa sœur et sa cousine en 1890, et dont il sépare ensuite les panneaux : les quatre figures féminines — peut-être les saisons[36] — sont vêtues d'étoffes ouvragées et semblent dessinées d'un seul geste sinueux sur l'arrière-plan très décoratif[34]. Les motifs de tissus en aplats, presque sans plis, deviennent la marque de Bonnard durant cette période[37] : ainsi pour Le Peignoir, de format similaire et peint sur une toile tendue de soie[38]. Quant aux Deux chiens jouant, réutilisés pour un projet de meuble à un concours d'art décoratif en 1891, ils font penser à des laques japonaises[39].

Trouver sa voie[modifier | modifier le code]

Au cours des dix ans d'existence du groupe nabi, Bonnard reste très lié avec Vuillard par son besoin d'indépendance, sa méfiance envers les théories et sa volonté de fonder l'art sur l'étude de la nature[26]. Le plus souvent avec lui, il s'associe aux projets collectifs et explore la voie des arts graphiques et décoratifs, sans réprimer pour autant son admiration pour les impressionnistes ni son attirance pour des sujets intimistes, notamment après sa rencontre avec Marthe.

Travaux de groupe[modifier | modifier le code]

Bonnard participe avec Vuillard aux activités des nabis, dont il résume ainsi le fil rouge : « Notre génération a toujours cherché les rapports de l'art avec la vie ».

Le Barc de Boutteville, jovial et « utile défenseur des nabis[40] », les expose avec d'autres peintres (Toulouse-Lautrec, Émile Bernard, Louis Anquetin…) de 1891 à 1896[41]. En 1897 et 1898, le marchand d'art d'avant-garde Ambroise Vollard, à qui Maurice Denis a présenté Bonnard vers 1893[42], leur ouvre à tous sa récente galerie de la rue Laffitte. Enfin en , alors que le mouvement s'essouffle, Durand-Ruel qui a depuis longtemps pignon sur rue les fait figurer avec Signac, Cross ou Rysselberghe autour d'Odilon Redon[43]. Pour les nabis comme pour leurs contemporains anglais du mouvement Arts & Crafts, il faut en finir avec le clivage entre arts majeurs et mineurs et faire entrer l'art dans le quotidiens à travers les arts décoratifs, voire appliqués[32] ; au sein des beaux-arts même doit s'installer un dialogue entre peinture, musique, poésie, théâtre. Bonnard fait sienne cette quête d'« une forme d'art total[38] ».

Le modèle pour cette affiche est soit Misia[44] soit Marthe[45].

Il réalise d'abord gracieusement avec Denis et Vuillard des travaux pour le jeune Théâtre-Libre d'Antoine[32]. Dans la soupente de la rue Pigalle loge aussi Lugné-Poe, lié à Maurice Denis depuis le lycée[46]. Après avoir créé le drame symboliste de Maeterlinck Pelléas et Mélisande, il s'installe en 1893 à la Maison de l'Œuvre : Pierre Bonnard dessine la vignette et Vuillard les programmes de ce théâtre où vont se jouer désormais les pièces d'Ibsen ou Strindberg. En c'est la première d'Ubu roi : la musique est signée Claude Terrasse, les masques et les décors Sérusier et Jarry, aidés par Bonnard et d'autres. La pièce d'Alfred Jarry est redonnée début 1898 au « théâtricule » des Pantins qu'il a installé avec Franc-Nohain et Terrasse dans l'appartement de celui-ci rue Ballu : le compositeur accompagne au piano les marionnettes, toutes confectionnées cette fois par son beau-frère à l'exception de celle d'Ubu. Bonnard, proche de Jarry, collaborera à L'Almanach du Père Ubu illustré (1901) et aux divers écrits de Vollard sur ce personnage littéraire[47].

Portrait de Misia (1908).

Les nabis se retrouvent aussi dans les intentions de La Revue Blanche, mensuel artistique et littéraire fondé en 1891 rue des martyrs par les frères Natanson, Alexandre, Thadée et Louis-Alfred : affirmation de soi mais sans combat et en intégrant tout ce qui se fait ou s'est fait[48]. La revue publie Verlaine, Mallarmé, Henri de Régnier, Gustave Kahn, Tristan Bernard. Thadée Natanson a particulièrement remarqué chez Le Barc de Boutteville et au salon des indépendants les œuvres de Vuillard et de Bonnard, devenant le premier collectionneur de celui-ci[49]. Il lui confie la réalisation de l'affiche de 1894 : elle doit encore aux estampes japonaises, mais son humour et l'interaction entre texte et images (ombre d'une chauve-souris, regard équivoque de la jeune femme, « l » pendant à son bras et « a » enroulé autour de sa jambe) témoignent d'un style personnel[44].

Tout le groupe est tombé sous le charme de Misia, l'épouse polonaise de Thadée Natanson, qui sans prendre part à la Revue Blanche reçoit chez elle, rue Saint-Florentin, peintres et écrivains. Pianiste de talent, coquette et d'une beauté un peu canaille, elle est l'égérie parfois cruelle des jeunes artistes et intellectuels des années 1890[50]. Elle séduit Proust, Cocteau, Diaghilev ou Coco Chanel, pose pour Renoir, Toulouse-Lautrec[44], Vuillard : Bonnard a laissé d'elle plusieurs dessins dont un nu, et continue à la peindre après son divorce de Natanson[50].

Chemins personnels[modifier | modifier le code]

Bonnard n'oublie pas la peinture mais la notoriété et l'aisance lui viennent d'abord de ses productions graphiques, plus ou moins japonisantes.

Le corsage à carreaux (1892).

Chaque année, Bonnard se prépare d'arrache-pied pour le salon des indépendants. En mars 1891 il envoie L'Exercice, le portrait de sa sœur avec ses chiens ainsi que celui de l'un d'eux, Ravageau, les quatre panneaux des femmes au jardin, et L'Après-midi au jardin, acheté par le peintre Henry Lerolle. Interviewé par L'Écho de Paris, Bonnard déclare avec confiance : « Je ne suis d'aucune école. Je cherche uniquement à faire quelque chose de personnel. »[36] L'année suivante, son envoi comporte deux toiles importantes, La partie de croquet et Le corsage à carreaux, pour lequel a posé Andrée, saisie d'un point de vue légèrement surplombant[39] et dont le vêtement semble une mosaïque étendue à plat[38].

Mousse débordante, courbe du bras, lettrage animé sont perçus comme des audaces[36].

En 1891, l'entreprise France-Champagne lui achète 100 francs[N 8] une affiche novatrice avec ses trois couleurs et sa mise en page joyeuse : elle est placardée en mars sur les murs de Paris. Malgré ses volutes très « fin de siècle », elle frappe alors par sa sobriété, comparée aux affiches d'un Jules Chéret. Toulouse-Lautrec, admiratif, cherche à faire la connaissance de celui qui signe encore « PB » : ils deviennent amis et Bonnard s'efface devant Lautrec pour ce qui est de fournir le Moulin-Rouge en affiches représentant La Goulue ou Valentin le désossé. Dans l'immédiat, France-Champagne lui commande la couverture d'une « Valse de salon »[51].

De 1892 à 1893 il s'applique à illustrer avec fantaisie Le Solfège de son beau-frère ; suivent d'autres albums de musique et des scènes amusantes inspirées par le couple Terrasse et leurs bébés[52]. En outre, à cette époque « la rue constitue pour Bonnard le plus attrayant des spectacles[53] ». Fasciné par le ballet des bourgeois comme du petit peuple aux alentours de la Place Clichy, il ne cesse d'en « capturer le pittoresque », selon le mot de Claude Roger-Marx[54]. Aux lithographies en deux tons données à La Revue Blanche succèdent des lithographies en plusieurs couleurs pour des albums d'estampes édités par Vollard et où les nabis côtoient Edvard Munch ou Redon : ainsi en 1896 Quelques aspects de Paris[55].

Bonnard s'intéresse à tous les genres de productions populaires ou d'application usuelle et à toutes les techniques d'illustration, tirant des enseignements de chacune d'elles. Quand Durand-Ruel lui offre en janvier 1896 sa première exposition particulière, il tient à montrer à côté des tableaux albums, affiches, lithographies et paravents, tels La Promenade des nourrices, frise de fiacres[45]. Il produit quelque 250 lithographies de 1891 à 1902[36] et va devenir l'un des peintres décorateurs les plus recherchés parmi les nabis[56]. Dès 1892 il a pu prendre un atelier rue des Batignolles[57].



Marthe[modifier | modifier le code]

En 1893, Pierre Bonnard s'éprend d'une jeune femme qui se fait appeler Marthe et va rester, malgré ses mystères, la femme de sa vie.

Probablement au printemps 1893[58], Bonnard ose aborder une jeune femme qui descend d'un tramway : séduit par sa grâce fragile, il lui demande de poser pour lui. Elle travaille dans un magasin de décoration en fleurs artificielles et lui dit avoir seize ans, s'appeler Marthe de Méligny, être de souche aristocratique mais orpheline. Le modèle devient vite la maîtresse[59].

La Fenêtre (1925).

C'est apparemment lorsqu'il l'épouse en que le peintre découvre qu'elle se nomme en fait Maria Boursin, était âgée de vingt-quatre ans au moment de leur rencontre et correspond toujours avec sa mère, d'une très modeste famille du Berry. À moins qu'il n'ait su et voulu protéger son secret, ce mensonge de trente-deux années laisse supposer chez Marthe une honte sociale viscérale ou un goût pathologique de la dissimulation, voire une forme de schizophrénie[60]. Selon Olivier Renault, La Fenêtre, que Bonnard peint en 1925 et épingle au mur de son atelier, exprime de façon cryptée le choc qu'il a éprouvé : telle une boîte de Pandore, une boîte béante voisine avec un livre intitulé « Marie » et avec une feuille vierge symbolisant la vie qui reste à écrire après cela[61].

L'Omnibus (1895).

Cette relation aide Bonnard à oublier sa cousine Berthe Schaeblin, qui a refusé en 1892 sa demande en mariage[62]. Il ne présente néanmoins Marthe à sa famille que vers 1902 ou même 1913. Marthe tisse avec lui un lien obscur et exclusif, au risque de le couper de ses amis. Vuillard et Valloton ne l'apprécient guère[63] ; Natanson décrit une femme délicate aux poumons malades, aux allures d'oiseau effarouché, la voix à la fois aiguë et assourdie. Sa fragilité physique — et psychique — est sans doute ce qui retient Bonnard et le pousse à se dévouer pour elle[59]. Toujours est-il que c'est après l'avoir rencontrée qu'il se met à peindre des nus. À partir de Marthe il crée un type de femme récurrent dans son œuvre, au corps juvénile, élancé et cambré, avec de longues jambes et des seins haut placés[35].

Pour Alain Vircondelet, l'intrusion de Marthe dans sa vie révèle Bonnard à lui-même, aux dimensions majeures de son œuvre intimiste et lumineuse. Il n'a pas besoin de séances de pose, « il ne lui demande que d'être » et la peint de mémoire dans son décor et ses gestes quotidiens : quand elle n'est pas montrée à sa toilette, elle traverse discrètement des scènes de vie domestique. Elle est rarement érotisée[64], sauf dans quelques tableaux où elle remonte ses bas noirs — topos de l'époque — ou bien dans L'Indolente par exemple, où elle gît à plat dos, jambe repliée, sur un lit défait[65]. Elle semble la plupart du temps incarner simplement la plénitude du bonheur présent[64], mais elle a pu aussi inspirer à Bonnard certaines figures de passantes, comme celle de L'Omnibus en 1895[66].

Pour Isabelle Cahn et Guy Cogeval[N 9] en revanche, si Bonnard avait peut-être besoin de prétexter la personnalité sensible de sa compagne pour s'éloigner du monde extérieur et se réfugier dans le monde idéal de la peinture, Marthe lui a quand même « un peu gâché l'existence[67] ».

Cette section est en cours de réécriture ou de restructuration importante. Les informations peuvent être modifiées à tout moment par le ou les utilisateurs ayant apposé ce bandeau.
Bandeau apposé par Marlaguette (lui écrire) • 18 juin 2018

Rejetant au départ le modelé de la peinture traditionnelle en faveur d'aplats de couleurs franches, cernés par une ligne évocatrice et élégante qui vise à l'effet décoratif, il trouve progressivement une voie toute personnelle, où il emploie pour peindre des sujets intimes, intérieurs, nus, fenêtres ouvertes sur jardin, des effets postimpressionnistes servis par des palettes de couleurs légères et lumineuses, le tout soutenu par un sens très sûr de la composition et du dessin.

Le , Renée Monchaty, qui avait servi de modèle à des tableaux comme La Cheminée[68], et avec qui il était lié depuis une dizaine d'années, se donnait la mort.

En 1897, Bonnard illustre de 18 dessins au pinceau un roman du Danois Peter Nansen, Marie, paru dans La Revue blanche. Il est alors remarqué par Ambroise Vollard et produit, sur sa demande, 109 lithographies pour un ouvrage de poésies libres de Paul Verlaine, Parallèlement. Il renouvelle l'expérience, toujours à la demande de Vollard, pour Daphnis et Chloé de Longus.

Maturité[modifier | modifier le code]

Au début des années 1900, Bonnard voyage beaucoup à l'étranger, d'abord à Venise et à Milan, en 1899, avec Roussel et Vuillard, puis en Espagne en 1901, Séville, Grenade, Tolède, Madrid. En 1905 et 1906, il entreprend une croisière en Belgique et aux Pays-Bas.

Bonnard semble trouver sa voie dans un retour à un certain impressionnisme, introduisant le mystère dans l'apparence visible. Il représente de nombreux nus, tous posés par Marthe, auxquels il associe des motifs de son quotidien (jardin, fruits). L'étude de la femme à la toilette devient primordiale dans ces années du début du siècle.

Pendant la Première Guerre mondiale, il fit partie du groupe des peintres qui reçurent mission à la fin de 1916 d'aller peindre la guerre. Il s'acquitta de son devoir en une seule toile inachevée, Un village en ruines près de Ham (1917). Parmi des habitations calcinées, des troupes françaises attendent. Un vieillard accroupi symbolise l'accablement et la misère. À l'arrière-plan se distingue une voiture de la Croix-Rouge, signe d'autres désastres[69].

En 1920, il réalise la scénographie de Jeux, sur une musique de Claude Debussy pour les Ballets suédois et Vaslav Nijinski.

En 1924, une rétrospective de son œuvre lui est consacrée à la galerie Eugène Druet à Paris.

Il achète en 1926 la villa Le Bosquet au Cannet et actuellement situé au 16 boulevard Sadi-Carnot, où il se retire pendant la Seconde Guerre mondiale et où il passera les dernières années de sa vie. Là, il vit une osmose complète avec la nature. La même année, il illustre Les Histoires du petit Renaud de l'écrivain et illustrateur Léopold Chauveau. Il traverse ensuite une période d'introspection, durant laquelle il peint des intérieurs et des scènes de rues nocturnes. Ces thèmes anodins sont à la fois joyeux et poignants, comme s'il cherchait à représenter une certaine idée du temps perdu.

Son épouse, Marthe, meurt le [70].

La peinture de Bonnard[modifier | modifier le code]

Les retouches in situ[modifier | modifier le code]

Il arrivait à Pierre Bonnard, devenu célèbre, de retoucher ses toiles une fois celles-ci achetées et exposées dans un musée. Ses amis appelaient ça « bonnarder » ou « bonnardiser ».

Un journaliste relate, en 1943, cette attitude devenue visiblement coutumière jusqu'à la fin de sa vie[71].

« Au musée de Grenoble puis au musée du Luxembourg, il lui arriva de guetter le passage d'un gardien d'une salle à l'autre, de sortir d'une poche une minuscule boîte garnie de deux ou trois tubes et, d'un bout de pinceau, d'améliorer furtivement de quelques touches un détail qui le préoccupait. Et, son coup fait, de disparaître, radieux, comme un collégien après une inscription vengeresse au tableau noir[72],[73]. »

Postérité[modifier | modifier le code]

Pierre Bonnard écrivait à propos de son œuvre: « J'espère que ma peinture tiendra, sans craquelures. Je voudrais arriver devant les jeunes peintres de l'an 2000 avec des ailes de papillon »[74].

En 1998, l'écrivain et poète Guy Goffette publie Elle, par bonheur et toujours nue, un récit consacré à Pierre Bonnard et à sa femme Marthe, depuis leur rencontre jusqu'à leur mort respective[75].

Le musée Bonnard du Cannet, ancienne maison de l'artiste et qui lui est entièrement consacré, est ouvert depuis le [76].

C'est à son petit-neveu, Antoine Terrasse, historien d'art spécialiste du mouvement des nabis et du post-impressionnisme, que l'on doit le plus grand nombre de monographies sur l'ensemble de son œuvre (peintures, dessins, photographies et correspondances).

Une rétrospective de son œuvre, « Pierre Bonnard, peindre l'Arcadie », a eu lieu au musée d'Orsay à Paris, du 17 mars au . Elle a accueilli 510 412 visiteurs. Une autre rétrospective, « Pierre Bonnard, la couleur radieuse », a été présentée, du au , au nouveau pavillon Pierre-Lassonde du musée national des beaux-arts du Québec à Québec. L'exposition qui regroupait une quarantaine de toiles, des estampes et des photographies de l'artiste[77] a attiré plus de 120 000 visiteurs[78].

Du au a eu lieu l'exposition « Bonnard / Vuillard. La donation Zeïneb et Jean-Pierre Marcie-Rivière »[79] au musée d'Orsay à Paris. Elle présentait une donation comprenant 25 tableaux et 94 dessins de Pierre Bonnard ; 24 tableaux, trois pastels et deux dessins d'Édouard Vuillard. Commencée dans les années 1960 par André Levy-Despas, le premier mari de Zeineb Kebaïli, cette collection a été poursuivie pendant plus de quarante ans par Zeineb et Jean-Pierre Marcie-Rivière[80].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Peintures[modifier | modifier le code]

Voir la catégorie : Tableau de Pierre Bonnard.

Livres illustrés[modifier | modifier le code]

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Actuelle rue Estienne-d'Orves.
  2. Le lycée inclut alors tout le secondaire.
  3. Administration des formalités fiscales de certains actes juridiques[13].
  4. Ce nom a remplacé pour la postérité le titre initial du tableau[22].
  5. Suivent René Piot, Jan Verkade, Francesco Mogens Ballin, Georges Lacombe, József Rippl-Rónai et, plus tard, Aristide Maillol[24].
  6. Comme soldat de 2e classe au 52e régiment d'infanterie à Bourgoin dans l'Isère[27].
  7. Natanson rapporte que les nabis s'étaient offert un Gauguin que chacun emportait à tour de rôle : Bonnard l'oubliait souvent, n'ayant pas besoin d'icône chez lui[30].
  8. Somme honnête pour l'époque : Eugène Bonnard aurait dansé de joie en apprenant que son fils, qui vendait là sa première œuvre, pouvait désormais envisager de vivre de son art[51].
  9. Commissaires de l'exposition « Pierre Bonnard - Peindre l'Arcadie » au musée d'Orsay, du au .

Références[modifier | modifier le code]

  1. Watkins 1994, p. 10.
  2. Renault 2015, p. 137.
  3. Registre d'état civil des Hauts-de-Seine
  4. a, b et c Renault 2015, p. 11-14.
  5. Renault 2015, p. 15.
  6. a, b, c et d Watkins 1994, p. 16.
  7. Terrasse 1999, p. 15.
  8. Renault 2015, p. 17.
  9. Watkins 1994, p. 15-16.
  10. Terrasse 1999, p. 18.
  11. a et b Renault 2015, p. 18.
  12. Terrasse 1999, p. 18-19.
  13. Renault 2015, p. 30-31.
  14. Renault 2015, p. 30.
  15. a et b Terrasse 1999, p. 16.
  16. Renault 2015, p. 16-17.
  17. Renault 2015, p. 19-21.
  18. a et b Watkins 1994, p. 18.
  19. Renault 1999, p. 30.
  20. Renault 2015, p. 20-24.
  21. Watkins 1999, p. 22.
  22. Renault 2015, p. 25.
  23. Terrasse 1999, p. 17.
  24. Watlins, p. 18.
  25. a et b Renault 2015, p. 24-25.
  26. a, b et c Watkins 1994, p. 21.
  27. a et b Terrasse 1999, p. 19.
  28. Renault 2015, p. 26.
  29. Renault 2015, p. 29.
  30. a et b Renault 2015, p. 27.
  31. Cogeval (dir.) 2015, p. 26.
  32. a, b et c Cogeval (dir.) 2015, p. 55.
  33. Renault 2015, p. 35-36.
  34. a et b Terrasse 1999, p. 21.
  35. a et b Terrasse 1999, p. 29.
  36. a, b, c et d Watkins 1994, p. 33.
  37. Renault 2015, p. 39.
  38. a, b et c Watkins 1994, p. 25.
  39. a et b Terrasse 1999, p. 27.
  40. Renault 2015, p. 41.
  41. Renault 2015, p. 43.
  42. Renault 2015, p. 55.
  43. Terrasse 1999, p. 41.
  44. a, b et c Watkins 1994, p. 34.
  45. a et b Terrasse 1999, p. 34.
  46. Renault 2015, p. 40.
  47. Renault 2015, p. 68-69.
  48. Renault 2015, p. 57-58.
  49. Renault 2015, p. 60.
  50. a et b Renault 2015, p. 61-63.
  51. a et b Terrasse 1999, p. 24-25.
  52. Terrasse 1999, p. 33.
  53. Terrasse 1999, p. 31.
  54. Watkins 1994, p. 40-43.
  55. Terrasse 1999, p. 35.
  56. Cogeval (dir.) 2015, p. 56.
  57. Cogeval (dir.) 2015, p. 16.
  58. Renault 2015, p. 189.
  59. a et b Renault 2015, p. 48-49.
  60. Renault et 2015 134-136.
  61. Renault 2015, p. 136-138.
  62. Renault 2015, p. 44.
  63. Cogeval (dir.) 2015, p. 7.
  64. a et b Cogeval (dir.) 2015, p. 41-43.
  65. Terrasse 1999, p. 40.
  66. Renault 2015, p. 53.
  67. Cogeval (dir.) 2015, p. 4-7.
  68. Voir sur le blog lunettesrouges..
  69. memorial-caen.fr.
  70. lexpress.fr.
  71. Site de L'Express, article « L'éblouissement Bonnard ».
  72. Annick Colonna-Césari, « L'éblouissement Bonnard », lexpress.fr, (consulté le 25 mai 2013).
  73. Agnès Cazenave, « Bonnard du soleil sur la Tamise », lavie.fr, (consulté le 26 mai 2013).
  74. collectif (préf. Dominique Bozo), Bonnard, Paris, Centre Georges Pompidou, coll. « Les classiques du XXe siècle », , 291 p. (ISBN 2-85850-243-9)
  75. Thierry Guichard, « Elle, par bonheur, et toujours nue », Le Matricule des anges, no 24,‎ septembre-octobre 1998 (lire en ligne).
  76. Site du musée.
  77. « Pierre Bonnard, la couleur radieuse », sur Musée national des beaux-arts du Québec, (consulté le 14 janvier 2017).
  78. Geneviève Bouchard, « Achalandage doublé au musée », Le Soleil,‎ (lire en ligne).
  79. « Exclusif : Christie’s va disperser la collection d’art contemporain des Marcie-Rivière », Le Quotidien de l'Art (en ligne).
  80. Bonnard / Vuillard. La donation Zeïneb et Jean-Pierre Marcie-Rivière, site du musée d'Orsay.
  81. photo.rmn.fr.

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire Bénézit, Dictionnaire critique et documentaire des peintres,sculpteurs, dessinateurs et graveurs de tous les temps et de tous les pays, vol. 2, Paris, éditions Gründ, , 13440 p. (ISBN 978-2-7000-3012-9, LCCN 2001442437), p. 529-533.
  • Marina Ferretti-Bocquillon (dir.), Bonnard en Normandie, Paris, Hazan, (ISBN 978-2-7541-0546-0, OCLC 714122776).
  • Bruno Ulmer (réalisateur), Pierre Bonnard : les couleurs de l'intime, Arte Éditions, coll. « DVD, Audio : Anglais (Dolby Digital 2.0), Français (Dolby Digital 2.0), Allemand », (ASIN B00SK60010)

Bibliographie sélective[modifier | modifier le code]

  • Maurice Garçon, Le Procès de la succession Bonnard et le droit des artistes, sans mention d'éditeur, 1952, 104 p..
  • Antoine Terrasse :
    • Bonnard : Étude biographique et critique, Albert Skira, coll. « Le goût de notre temps », (ASIN B0174FGIKY).
    • Pierre Bonnard, Éditions NRF Gallimard, (ASIN B0000DMPVL).
    • Pierre Bonnard et Henri Matisse, Correspondance (1925-1946), Gallimard, coll. « Art et artistes », (ISBN 978-2070722372).
    • Bonnard illustrateur : Catalogue raisonné, Adam Biro, coll. « Divers », (ISBN 978-2876600126).
    • Bonnard : « La couleur agit », Gallimard, coll. « Découvertes Gallimard / Arts » (no 376), , 144 p. (ISBN 978-2070534746).
    • Pierre Bonnard et Édouard Vuillard, Correspondance, Gallimard, coll. « Art et Artistes », (ISBN 978-2070760763).
    • Claire Frèches-Thory et Antoine Terrasse, Les Nabis, Flammarion, (ISBN 2080110632).
  • Jean Clair, Bonnard, Hazan (Henri Scrépel), 2006 (1975), 76 p. (ISBN 9782754100878).
  • Jean Revol, « Pierre Bonnard », La Nouvelle Revue française, no 376, 1er mai 1984.
  • Françoise Heilbrun, Philippe Néagu et musée d'Orsay (préf. Antoine Terrasse), Pierre Bonnard, photographe, Philippe Sers, (ISBN 978-2904057243).
  • Nicholas Watkins, Bonnard, Phaidon, , 240 p. (ISBN 9780714890357).
  • Ludovic Janvier, Bientôt le soleil. Pierre Bonnard, Éditions Flohic, coll. « Musées secrets », 1998, 94 p..
  • Sandrine Malinaud, Bonnard, peintre de l'intime, Éd. À Propos, 2005, 64 p..
  • Anne Pingeot, Bonnard sculpteur, Nicolas Chaudun, (ISBN 978-2350390192).
  • Georges Roque, La stratégie de Bonnard, Gallimard, coll. « Art et Artistes », , 280 p. (ISBN 9782070775088).
  • Christel Haffner Lance, « Pierre Bonnard et les saisons d'Arcachon », Le Festin (éditions d'art en Aquitaine), no 74, été 2010, p. 34-43.
  • Guy Cogeval et Isabelle Cahn, Pierre Bonnard. Peindre l'Arcadie, Hazan, coll. « Catalogues d'exposition », (ISBN 978-2754108157).
  • Guy Cogeval (dir.), « Pierre Bonnard, Peindre l'Arcadie », Beaux-Arts, Beaux-Arts/Musée d'Orsay/TTM Éditions, no hors-série,‎ (ISBN 9791020401571)
  • Bruno Delarue, Bonnard et la Mer - Bonnard méconnu, Terre en Vue Éditions, (ISBN 978-2916378367).
  • Olivier Renault, Bonnard, jardins secrets, La Table Ronde, coll. « La petite Vermillon », , 200 p. (ISBN 9782710376255).

Iconographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :