Hector Obalk

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Hector Obalk
Nom de naissance Éric Walter
Alias
Obalk
Naissance (57 ans)
Nationalité Drapeau de la France française
Profession
Autres activités
Formation
Ascendants

Éric Walter, dit Hector Obalk, né le [1], est un historien de l'art, critique d'art et réalisateur français auteur de documentaires consacré à l'art, également commissaire d'exposition. Il est le fils de la linguiste Henriette Walter.

Éléments de biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'une mère juive tunisienne, linguiste, Henriette Saada, et d'un père élevé chez les jésuites, Gérard Walter, agrégé de physique et de chimie[2], Hector Obalk fait ses études secondaires au lycée Condorcet (Paris), où il rencontre Alexandre Pasche. En 1984, ils publient Les Mouvements de mode expliqués aux parents, livre qui dresse, sur un ton humoristique, un tableau raisonné de la jeunesse des années 1980 par l'habillement et, plus généralement, les comportements culturels et sociaux. L'ouvrage, qui rencontre à l'époque un grand succès commercial, est également cosigné avec Alain Soral (rencontré aux Bains Douches) avec qui Obalk se brouille trois mois avant la sortie du livre.

En tant que commissaire d'exposition, on lui doit notamment « Ce sont les pommes qui ont changé » présentée aux Beaux-Arts de Paris, qui se veut une réhabilitation du sujet, de la peinture et de la figuration, et dans laquelle[3] sont exposées les œuvres de Gilles Aillaud, Vincent Bioulès, François Boisrond, Philippe Cognée, Marc Goldstain, Emmanuel Lacroix et Hugues Pissarro alias Pomié.

À partir des années 2000, il se consacre presque entièrement à l'histoire de l'art depuis l'antiquité jusqu'à Lucian Freud, délaissant les polémiques de l'art moderne et contemporain. Il réalise notamment des séquences télévisuelles sur l'art pour Arte[4] et France 2, mais aussi pour la scène.

Il a réuni une grande partie de ses chroniques publiées dans les journaux (ou filmées pour la télévision), dans Aimer voir / Comment on regarde un tableau, une introduction à la peinture sur la base de 7 notions clés (anatomie, physionomie, espace, lumière, texture, temps, narration).

En 2012, il devient chroniqueur dans l'émission d'Élisabeth Tchoungui Avant-premières sur France 2.

Démarche[modifier | modifier le code]

En art, son ambition est généraliste (sa série Grand’Art se veut un parcours en zigzag de toute l’histoire de l’art depuis l’antiquité égyptienne), bien qu’il ait des domaines de spécialité dans lesquels il est reconnu plus internationalement : les écrits de Marcel Duchamp[5] (dont il a étudié les manuscrits pendant une dizaine d’années) et, dans une moindre mesure, la création de caractères typographiques[6].

Attaché à la diversité des arts, mais partisan d’une hiérarchie des genres, il a écrit sur la mode, le cinéma, l’architecture[7] et la cuisine[8].

Ses recherches en esthétique[9] sont influencées par la philosophie analytique, quel que soit leur objet : la logique des caprices de la mode[10], l’impossible définition des readymades[11] et la possible définition de l’art[12], l’avant-garde comme art de l’idée[13], l’esthétique de l’orthographe incorrecte, les catégories classique, moderne, avant-gardiste et post-moderne[14], l’indéfectible appartenance d’une œuvre à un genre[15], la critique d’art contre l’histoire de l’art[16], les fondements d’une argumentation esthétique[17], etc.

Il a aussi publié de nombreux articles sur les grandes dichotomies morales relatives à la religion (juive/chrétienne, catholique/protestante…), à la politique (gauche/droite) et surtout au quotidien (pudeur/vanité, sexe/sentiments, homme/femme, amitié/amour…)[18]. Ses grands films sur l’art sont également l’occasion de développements moralistes (critique de la pudeur[19], éloge de l’âge[20], respect de la laideur humaine[21]…)

Ayant acquis diverses formations aux métiers du graphisme et du cinéma, Hector Obalk mêle souvent une certaine fantaisie à ses productions aux contenus souvent pointus. L’originalité de son œuvre vient en partie de la multiplicité des supports et des moyens d’expressions dont il se sert pour exprimer «exactement les mêmes choses» : le texte, le film, la BD et la scène[22].

Il est chroniqueur régulier pour le magazine Elle.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • 1984 : Les Mouvements de mode expliqués aux parents (avec Alain Soral et Alexandre Pasche) éditions Robert Laffont (ISBN 978 2221008782), réédité en format poche dans la collection Le Livre de poche, 1985
  • 1988 : François Boirond / sérieux, décontracté, éditions Marval
  • 1989 : « Ma Vie » / Votre vie est dans ce livre, éditions Aubier, Paris, 256 pages, novembre 1989 Livre blanc, rubriqué et ligné. Conception et maquette d’Hector Obalk, dessins de François Boisrond, novembre 1989
  • 1990 : Andy Warhol n’est pas un grand artiste, Aubier, réédité en format de poche dans la collection Champs-Flammarion, mai 2001 (ISBN 2080800205). Mise en page de l’auteur
  • 1996 : Bête comme un vrai peintre / Sur François Boisrond & l’art contemporain (éditions La Différence) mise en page de l’auteur, 216 pages, novembre 1996 (ISBN 2729111670)
  • 1996 : Sensible à la typographie (supplément inséré dans la revue Signes, printemps 1996) mise en page de Muriel Paris
  • 1997-2000 : L’eau / revue d’art (no 1: « Numéro spécial François Boisrond », 12 pages, 14 décembre 1996 • no 1-2: «Les pauvres peintres de la réalité», 1er avril 1997, 24 pages • no 1-2-3, septembre 2000). Revue d’écrivain (tous les articles sont de l’auteur) à tirage confidentiel et au pliage original (folio plié en 3 tiers) Chaque nouveau numéro inclut les articles du numéro précédent, et ainsi de suite. 3 numéros à ce jour.
  • 2000 : Affectionately, Marcel / The Selecting Correspondence of Marcel Duchamp (Ludion Press, Gand - Amsterdam + Thames & Hudson, Londres + D.A.P., New York), 424 pages (ISBN 9055442496) Ensemble de 285 lettres de Marcel Duchamp, écrites en anglais ou en français, éditées et commentées en collaboration avec Francis M. Naumann. Mise en page de l’auteur.
  • 2000 : Ce sont les pommes qui ont changé (préface de Didier Semin), École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, septembre 2000 (ISBN 2840560852). Mise en page de l’auteur. Ce livre est la somme de deux ouvrages réunies en un seul tome :
    1. Ce sont les pommes qui ont changé catalogue de l’exposition, nombreux textes (articles et correspondance privée) écrits depuis une quinzaine d’années sur les peintres de l’exposition
    2. Vers une meilleure théorie de l’art Recueil d’articles sur l’art et l’esthétique (1986-2000)
  • 2011 : Aimer voir, éditions Hazan, Paris novembre 2011 (ISBN 9782754105880)

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Lucian Freud Portraits (Grand’Art 01), 26 min, 2008[23] Une introduction à l’œuvre de l’artiste, une description de son évolution stylistique, une introduction à l’art de la peinture.
  • Ingres érotique (Grand’Art 02), 26 min, 2009[23] De L’Odalisque au Bain turc en passant par la Baigneuse Valpinçon, une réflexion sur les déformations anatomiques des fameux Nus d’Ingres.
  • Ingres Portraits (Grand’Art 03), 26 min, 2009[23] Des grands portraits féminins, aux drapés fascinants de satin et de velours, une réflexion sur la photogénie de la peinture ingresque.
  • Titien 1515 (Grand’Art 04), 26 min, 2009[23] Les premiers chefs-d'œuvre du Titien (des années 1510-23).
  • Giorgione versus Titane (Grand’Art 05), 26 min, 2010 Du Concert champêtre de Giorgione aux grandes bacchanales de Titien, une démonstration stylistique sur l’antinomie de deux grands peintres, dont le premier fut le maître du second.
  • Tiziano Colours (Grand’Art 06), 26 min, 2010 Le rouge, le rose, le bleu, le vert, l’or et la boue composent la palette de Titien et plus largement de la lumière vénitienne.
  • Nus de Freud (Grand’Art 07), 26 min, 2010 La lutte de pouvoir entre le peintre et le modèle dans le cas des tableaux d’un peintre qui enlaidit les belles et embellit les laides.
  • Michel-Ange 1, sculptures (Grand’Art 08), 26 min, 2013
  • Michel-Ange 2, Sixtine (Grand’Art 09), 26 min, 2013 L'étude des peintures de la chapelle Sixtine.
  • Michel-Ange 3, dessins (Grand’Art 10), 26 min, 2013 L'évocation de la présence d'une ligne dans les œuvres de Michel Ange, de la torsion extrême des corps et de l'intensité des chairs (et notamment du ventre).

Expositions[modifier | modifier le code]

Hector Obalk a été commissaire, et auteur du catalogue, des expositions suivantes :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notice d'autorité personne sur le site du catalogue général de la BnF
  2. Interview radio, émission Comme il vous plaira, Radio Suisse Romande.
  3. Fiche d'exposition de l'ENSBA
  4. (fr) Chroniques d’Hector Obalk sur le site arte.tv.
  5. (en) « Readymades: Problematic Definition and Surprising Consequences, by Hector Obalk, philosopher, Paris», 21 fév. 1996, colloque: « Marcel Duchamp and the Ready-made: From Origin to Consequence » organisé par Francis M. Naumann, College Art Association, 84th annual conference, Boston, 21-24 fév. 1996. Voir article « The Unfindable Readymade » en ligne dans la revue tout-fait(en) « The Green Box behind the Large Glass », colloque « Methods of Understanding in Art and Science: the Case of Duchamp and Poincaré » organisé par Rhonda Shearer, Harvard University, 5-6-7 nov. 1999.
  6. (fr) «Sensible à la typographie (introduction à un genre)» Centre Georges Pompidou, 9 fév. et 12 mai 1995. • (fr) Rencontres de Lurs août 1995 et août 1996. • (fr) «Typomania» cycle de 5 conférences-débats animées par Hector Obalk, Centre Georges Pompidou, avec Max Kisman, Pierre di Sciullo, Martin Majoor, Jean-François Porchez, Eric van Blockland et Just van Rossum, du 13 oct. 1995 au 1er mars 1996. • (en) « Art criticism applied to typefaces », 25 oct. 1998, colloque “MultiTypo 98”, ATypI annual conference (congrès annuel de l’Association typographique internationale), palais des congrès, Lyon, 23-25 oct. 1998.
  7. (fr) «Le détail des Champs, visite critique des nouveaux Champs-Elysées», Le Visiteur no 1, automne 1995, p. 20-33.
  8. (fr) « L’avant-garde en cuisine, le progrès en art », L’eau no 1-2, avril 1997.
  9. (fr) « Vers une théorie concrète de l’art », recueil d’articles, L’eau no 1-2-3, sept. 2000.
  10. (fr) « Définir la mode », colloque international « Demain la mode » organisé par Kees Van der Valk, Amsterdam, 19 nov. 1991. • (fr) « Ceci est à la mode, ce que cela veut dire », sept. 95, voir la version résumée dans Paris-Match, 21 sept. 1995.
  11. (fr) Jean Clair, Sur Marcel Duchamp et la fin de l’art, Gallimard, 2000, p. 26-27. (ISBN 2070758036)
  12. (fr) « Brouillon pour une théorie concrète de l’art (version 2.9) », L’eau no 1-2-3, sept. 2000. • (fr) Cycle de 11 conférences « Vers une meilleure théorie esthétique », Société Française des Architectes, Paris, du 17 nov. 1993 au 28 juin 1994.
  13. (fr) « Défense de l’avant-garde comme art mineur » conférence organisée par Didier Ottinger, Musée des Sables d’Olonne, 5 avril 1991. • (fr) « Eloge sévère de l’art contemporain », cycle par les Amis du musée, Centre Georges Pompidou Grande Salle, 12 fév. 1994. • (fr) « La Notion de readymade », cycle « Un dimanche une œuvre », organisé par le Centre Georges Pompidou, IRCAM, Paris, 15 fév. 1998.
  14. (fr) « Classique, moderne, avant-gardiste et post-moderne », colloque « La Modernité, etc » avec T. de Duve, Y. Michaud, B. Marcadé, École des Beaux Arts de Tours, 5-6 juin 1989. • (fr) Préface de Petit lexique de l’art contemporain par Robert Atkins, Abbeville, 1993, p. 7-8.
  15. (fr) « Bon genre, mauvais genre », conférence-débat avec Richard Shusterman, cycle « art en tout genre », Centre Georges Pompidou, 27 oct. 1994.
  16. (fr) « Histoire de l’art versus critique d’art », cycle « Controverses », no 3, débat organisé par Catherine Millet avec Richard Leydier, Philippe Dagen, Jean de Loisy, Marc Lenot et Jean Mairet, la maison rouge, 6 mai 2010.
  17. (fr) « L’argument du paradoxe en art, critique de son application au cas Warhol », Les Cahiers du Musée National d’Art Moderne no 34, hiver 1990, p. 83-91.
  18. (fr) « Être une merde qui aime une merde », Sans nom, la revue des mœurs, déc. 1993 • article dans une revue de philosophie canadienne.
  19. (fr) séquence dessins du film Ingres, les portraits, 2009
  20. (fr) séquence autoportraits du film Lucian Freud, les portraits, 2009 • (fr) conclusion du film Giorgione versus Tiziano, 2010.
  21. (fr) séquence Mme Bertin du film Ingres, les portraits, 2009 • (fr) séquence Big Sue du film Nus de Freud, 2010.
  22. (fr) Spectacle de scène sur la projection muette du film Nus de Freud, Musée du Louvre, auditorium, 28 oct. 2010. • (fr) Idem sur la projection muette du film Tiziano Colours, Forum d’Avignon, Palais des Papes, salle du Cellier, 6 nov. 2010.
  23. a, b, c et d Voir aussi dvd, Arte éditions.

Liens externes[modifier | modifier le code]