Édouard Boubat

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Boubat en 1943.

Édouard Boubat, né le et mort le à Paris, est un photographe français. Il a fait partie des trois photographes principaux de la revue Réalités de 1957 à 1970.

Il fut, avec Brassaï, Willy Ronis, Robert Doisneau, Izis, l'un des cinq principaux représentants de la photographie humaniste française. Son œuvre empreinte de poésie fera dire de lui à Jacques Prévert : « Boubat, un correspondant de paix ».

Ses photographies sont diffusées par l'agence Gamma-Rapho.

Biographie[modifier | modifier le code]

La petite fille aux feuilles mortes, Édouard Boubat, Jardin du Luxembourg, Paris, 1947.

Après une enfance à Montmartre, Édouard Boubat passe en 1937 le concours de l'école Estienne. Il y étudie la photogravure de 1938 à 1942. Réquisitionné pour deux années de service du travail obligatoire en Allemagne, ce n'est qu'après la guerre qu'il s'initie à la photographie. Sa première photographie, La petite fille aux feuilles mortes reçoit en 1947 le prix Kodak. Il deviendra ensuite reporter collaborateur permanent pour le mensuel Réalités puis photographe indépendant de 1967 à sa mort.

1946-1947 - La période Lella.[modifier | modifier le code]

Avec son premier appareil photo, un Rolleicord format 6 x 6, Boubat réalise ses premières photographies dont Lella, rencontrée à la Libération et avec qui il vivra cinq ans, sera le plus grand sujet et modèle.

La revue Camera le publie pour la première fois en 1950, année où il réalise l'Arbre et la Poule, une des photographies emblématique de son œuvre. Il commence ensuite à être publié dans différents magazines.

1951-1968 - Réalités[modifier | modifier le code]

À partir de 1949-1950, il fait la connaissance des photographes Brassaï, Robert Frank, Henri Cartier-Bresson puis Eugene Smith qui a souhaité le rencontrer lors d'un de ses passages à Paris.

Il effectue ses premiers voyages en Italie et en Espagne et est publié dans la revue américaine de photographie US Camera (textes de Louis Stettner).

En 1951, il rencontre Picasso qui commente ses premières images. Robert Delpire (qui vient de créer la revue Neuf) l'invite à exposer à la galerie La Hune, à Paris, en compagnie de Brassaï, Doisneau, Facchetti et Izis, exposition à la suite de laquelle il rencontre Bertie Gilou, directeur artistique du magazine Réalités.

Après un premier reportage intitulé Les artisans de Paris (1951) puis un deuxième sur Le Pèlerinage de Saint Jacques de Compostelle en Espagne (1952), il en devient collaborateur permanent.

En 1955, il participe à l'exposition The Family of Man à New-York.

1970-1999 - Période Freelance - Agence Rapho[modifier | modifier le code]

En 1970, après un voyage en Iran, il rejoint l'agence Top/Rapho fondée par Raymond Grosset. Il poursuit en parallèle une carrière indépendante qui le mène encore au Canada (1972), au Népal, en Inde à Mithila (1973), au Japon, en Roumanie, à Bodgaya pour les fêtes tibétaines (Inde du Nord) (1974), au Pérou (1975), au Kenya (1981), au Brésil (1985)...

En 1971, il est l'invité d'honneur des Rencontres internationales de la photographie d'Arles, qui lui consacrent une soirée de projection intitulée « Édouard Boubat et Lucien Clergue », présentée par Michel Tournier.

En 1974, il rencontre Marguerite Duras avec qui il collabore pour le film India Song.

En 1978, il voyage au Mexique et rencontre le photographe Manuel Álvarez Bravo, dont il fera le portrait.

En 1985, la maison d'édition Nouvelles Images, relayée ensuite par les éditions du Désastre, commence à publier ses photos sous différentes formes : cartes postale, affiches, marque pages...

En 1995, il est invité d'honneur de la croisière de la photo, aux Caraïbes avec Sebastião Salgado.

Depuis toujours intéressé par les arts de la rue, son dernier reportages porte sur le cirque Romanès, à Paris (1997/1999).

Il fit des portraits de nombreuses personnalités Gaston Bachelard, Claude Levi-Strauss, Henri Troyat, Joseph Kessel, Julien Green, Ingmar Bergman, Rudolf Noureiev, Jean Paulhan, André Maurois, Emil Cioran, Robert Doisneau, Jean Genet, Marguerite Yourcenar, Alice Sapritch, Isabelle Huppert, Harold Pinter, Peter Klasen, Eugène Ionesco, Miss.Tic, Juliette Binoche ou Simon Hantaï.

Lella, Édouard Boubat, Bretagne, 1947.

Citations sur Edouard Boubat[modifier | modifier le code]

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"Dans les terres les plus lointaines, Boubat chercher et trouve des oasis. C'est un correspondant de paix." Jacques Prévert (Texte écrit à l'occasion de l'exposition l'Inde d'Edouard Boubat, Paris, galerie Rencontre, juin 1971, in Bernard Boubat et Geneviève Anhoury, Édouard Boubat, Paris, Éditions de la Martinière, 2004, p. 209).

"De ce monde déchiqueté, Edouard Boubat nous révèle le surprenants instants de plénitude. Il faut regarder ses images, mais ce qui s'appelle regarder, comme on respire profondément devant la fenêtre ouverte, leur rayonnement est si bienfaisant qu'après, je l'espère, vous ne verrez plus les choses, ni les gens, de la même manière." Robert Doisneau (Extrait d'un Portolio, tirage limité à 100 exemplaires, 1981, référencé également in Bernard Boubat et Geneviève Anhoury, Édouard Boubat, Éditions de la Martinière, 2004 p.196)

"Si les yeux voyaient comme voit la photographie de Boubat, pourraient-ils le supporter ? (...) Lorsque Edouard Boubat capte la singularité inéluctable d'un visage, il semblerait que ce soit toujours au moment même où il s'y attend le mois,celui où le visage quitte son identité pour se perdre dans ce qui existe en même temps que lui, près ou loin de lui, ailleurs, ou à côté (...) Il disait aussi que la photographie avait une vérité qui ne s'apparentait à rien, ni au cinéma, ni à l'écrit, ni à la peinture. Mais que tout ceci c'était aux autres de le découvrir, pas aux photographes. Ce que je crois déceler ici, c'est que toute photographie est, d'une façon ou d'une autre, la vôtre. Qu'il n'y a pas de photographie qui ne témoigne pas de vous. " Marguerite Duras, Catalogue de l'exposition Boubat, Musée d'Art Moderne, Paris, 1980.

"Les yeux de Boubat ont un trésor caché dans des pays hors d'atteinte, des terres qui ont bu le sang des hommes et qui ont fleuri au printemps, des terres où on tue au nom de l'honneur, où des enfants portent des armes et où les mères sont assises au bord de la route, attenant le retour de leur fils." Tahar Ben Jelloun, extrait de Méditerranée, 1997.

"La fillette du jardin du Luxembourg se pare de feuilles mortes et, tête basse, rêve (...) Et Boubat est la petite fille comme Flaubert est l'auteur et le sujet de Madame Bovary, (...), ses fêtes et ses anti-fêtes donne à la photographie toute sa splendeur. " Fernando Arrabal. Extraits d'Edouard Boubat, 1966.

Expositions (sélection)[modifier | modifier le code]

Participation à des émissions radiophoniques[modifier | modifier le code]

  • A vos souhaits, France-Inter, 1976
  • Autoportrait, 1978
  • Atout Coeur, Radio Notre Dame, et Radio Bleue, 1989
  • Agora, France Culture, 1988, 1992, 1994
  • Fort Intérieur, Synergie et À Mots découverts, 1996
  • Le Bon Plaisir, France Culture, 1999

Photographies[modifier | modifier le code]

Un grand nombre de photographies de Boubat sont devenues des icônes, parmi lesquelles on peut citer :

Prix et récompenses[modifier | modifier le code]

En 1947, il reçoit le 1er prix Kodak au deuxième Salon international de la Photographie de la Bibliothèque nationale de France, où est exposée : La petite fille aux feuilles mortes.

En 1973, Édouard Boubat obtient la médaille David Octavius Hill.

Remi écoutant la mer, Edouard Boubat, Paris, 1995.

En 1972, il reçoit une mention pour son livre Femmes à l'occasion du Prix du Livre des Rencontres d'Arles. Il y est de nouveau exposé en 1974 pour l'exposition Filleuls et parrains.

En 1977, il reçoit le Grand prix du Livre des Rencontres d'Arles pour son ouvrage La Survivance.

En 1984, il reçoit le Grand Prix national de la photographie à Paris pour l'ensemble de son œuvre.

En 1988, il reçoit le Prix de la Fondation Hasselblad.

En 1985, il est fait officier de l'ordre des arts et des Lettres puis commandeur des arts et des Lettres en 1997.

Édouard Boubat encouragea la création de la première galerie photographique à Paris, la Galerie Agathe Gaillard, par laquelle il fut ensuite représenté.

Recueils de photographies (sélection)[modifier | modifier le code]

  • Terre d'Images, numéro 25, vendredi 6 mai 1966, p. 1, dans le cadre du compte-rendu de Chambre Noire : Le paysan à l'oeuf et p. 3, dans le Dictionnaire des photographes : La petite fille aux feuilles mortes
  • Édouard Boubat, Miroirs autoportraits, De-noël, 1973
  • Édouard Boubat, La Survivance, Mercure de France, 1976 (ISBN 2-71520-011-0)
  • Édouard Boubat, Préférées, Paris, contrejour,1979 (ISBN 978-2859491024)
  • Édouard Boubat, Préférées, Paris, Contrejour, 1980
  • Édouard Boubat, Pauses, Paris, Contrejour, 1983
  • Édouard Boubat, Lella, Paris, Contrejour, 1987
  • Édouard Boubat, Photopoche, Paris, Editions CNP, 1988
  • Édouard Boubat, Les Boubats de Boubat, Paris, Belfond, 1989
  • Édouard Boubat, Le Paris de Boubat, Paris Audiovisuel et Paris Musées, 1990
  • Édouard Boubat, Vues de dos, Texte de Michel Tournier, Paris, Gallimard, 1981
  • Édouard Boubat, Mes chers enfants, Paris, Phébus, 1991
  • Édouard Boubat, Amoureux de Paris, Paris,¨Presses de la Cité, 1993
  • Édouard Boubat, Comme avec une femme, Paris, Presses de la Cité, 1994
  • Édouard Boubat, Carnets d'Amérique, Paris, Edition Complexe, Paris, 1995
  • Édouard Boubat, La vie est belle, Paris, Assouline, 1996
  • Christian Bobin et Édouard Boubat, Donne-moi quelque chose qui ne meure pas, Paris, Gallimard, 1996 (ISBN 2070115224).
  • Édouard Boubat, Méditerranée, Motta/Italie, 1998
  • Édouard Boubat, La Bible de Boubat, Nantes, 1998
  • Édouard Boubat, La Photographie : l'art et la technique du noir et de la couleur, Paris, Le Livre de poche, 2006 (ISBN 978-2253050209), 224 pages
  • Olivier Delhoume et Édouard Boubat, « Mes photos », interview réalisée en 1986, Photofan, no 9, 14 février 2006, p. 58-65
  • Bernard Boubat et Geneviève Anhoury, Édouard Boubat, Éditions de la Martinière, 2004 (ISBN 978-2732431154), 368 pages

Écrit sur la photographie[modifier | modifier le code]

  • Édouard Boubat, La photographie, Paris, Le livre de poche, première édition 1974, juin 1989

Film[modifier | modifier le code]

  • Édouard Boubat, L'art et les Hommes de Jean-Marie Drot, 55 min, 1981

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Robert Crégut, La Tête froide, Le Soleil noir, coll. « Poésie », 1951
  • Plusieurs clichés d’Édouard Boubat, dont Bretagne 1957, ayant illustré la page de couverture et un article sur la paysannerie française de Réalités-femina-illustration, no 142, novembre 1957, p. 37 à 43, ont été reproduits en noir et blanc dans le numéro de Reporters sans frontières consacré à l’artiste en octobre 2002.

Liens externes[modifier | modifier le code]