Pinceau

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Pinceaux pour l'aquarelle ou la gouache.

Le pinceau (du latin peniculus, petite queue) est une variété de brosse[1] à poils souples[2] et à touffe plus ou moins effilée[3], destiné à enduire une surface d'une couche mince de matière, peinture, encre, vernis, fard. On ne distingue pas toujours le pinceau de la brosse à peindre[4].

Le pinceau sert en peinture d'art, de bâtiment, de décoration, en illustration, en dessin, en calligraphie, en maquillage.

Le pinceau est un instrument d'écriture en Extrême-Orient, développé depuis plusieurs dizaines de siècles en Chine où il est un des « quatre trésors du lettré ».

Composition[modifier | modifier le code]

1. Manche 2. Virole 3. Garniture

Comme toute brosse, un pinceau est composé de trois éléments :

  • la garniture : une touffe de poils naturels ou en fibres synthétiques ;
  • la virole : une pièce en métal, plastique ou plume et fil, qui attache la garniture au manche ;
  • le manche ou hampe : en bois ou en matière plastique.

Avant l'introduction de la virole métallique, on utilisait une hampe de plume ligaturée par du fil de laiton ; ces pinceaux se vendent sous l'appellation de pinceau 'monté sur plume'.

La touffe est l'élément principal du pinceau. Elle varie en forme, en « ventre », c'est-à-dire en capacité à retenir du liquide, en fermeté.

Les poils, fins et souples caractérisent les pinceaux parmi les brosses. Le pinceau glisse, alors que la brosse frotte ou « tape[5] ». Ils ont différentes tailles et formes selon l'utilisation que l'on veut en faire : plats, ronds, en éventail, etc.

Les poils[modifier | modifier le code]

La qualité et la destination d'un pinceau dépendent des poils de sa garniture, dont les caractéristiques de dureté, souplesse, nervosité, absorption… sont appropriées à des usages différents. Les fibres synthétiques imitent les qualités des poils naturels dont l'usage est consacré en proposent de nouvelles.

Poils naturels[modifier | modifier le code]

Les poils naturels, composés de kératine, sont, dans l'ensemble, fins, d'un diamètre inférieur à 0,15 mm à la racine, plus fins vers l'extrếmité, qu'on appelle la fleur. La section la plus épaisse de la garniture s'appelle le ventre. Un pinceau qui a beaucoup de ventre peut emporter beaucoup d'eau ou de peinture. Cette qualité dépend de l'état de surface du poil, variable selon les espèces animales[6].

Les poils naturels se répartissent, en Europe, entre martre qui se caractérisent par une certaine fermeté, qui permet de tracer, et petit-gris, plus doux et avec une grande capacité à retenir l'eau. Les autres garnitures se rattachent ou remplacent martre ou petit-gris, ou servent à des usages particuliers. Les distinctions sont similaires en Extrême-Orient, avec des noms différents.

Martre
Le poil dit « de martre » donne des pinceaux assez fermes et élastiques, propre à un tracé précis. En réalité, ce sont des poils de la queue d'un vison de Sibérie (mustela sibirica), autrefois appellé martre Kolinsky[7], mais qui ne fait pas partie de l'espèce des martes. On distingue[réf. souhaitée] :
  • la martre Kolinsky sibérienne (Tobolsky),
  • la martre Kolinsky chinoise (Harbin), plus courte et moins fine,
  • la martre rouge, provenant de Corée ou d'autres régions, de diverses espèces de mustelidés comme entre autres la belette,
  • la martre russe est désigne une garniture en poil de putois,
  • la mangouste, reconnaissable à ses zébrures, nerveux et fin, donne des pinceaux de caractère comparable à la martre.
petit-gris
En poils d'écureuil nordique, doux, retient beaucoup d'eau, sert à l'aquarelle notamment pour les pinceaux mouilleurs[8].
Martrette
un mélange de poils fins.
blaireau
long et plus épais que les autres poils, avec une belle pointe.
oreille de bœuf
résistant et souples, pour tous types de peinture, parfois traités et utilisés pour confectionner les 'imitations martre'
poney ou cheval
plus mous que le petit-gris, utilisé en calligraphie chinoise ou pour l'aquarelle.
chèvre
doux et fin, avec une grande capacité en eau, pour les pinceaux à vernir et la peinture chinoise.
plumes de poule
sur certains pinceaux chinois. Les plumes ont l’avantage d'être longues et pointues une fois mouillées, mais également de pouvoir faire des motifs plus chaotiques en l'utilisant de façon plus brusque[réf. souhaitée].
daim
en calligraphie japonaise[réf. souhaitée].
ours d'Alaska
brun foncé et brillant, pour poser les laques[réf. souhaitée].
lièvre
loup
pour la calligraphie chinoise. Permet un trait fin et nerveux[réf. souhaitée].
mélange loup et chèvre
pour la calligraphie chinoise également[réf. souhaitée].

Les pinceaux en poils naturels se nettoient normalement à l'eau et au savon.

Fibres synthétiques[modifier | modifier le code]

Les premiers pinceaux en fibres artificielles furent les pinceaux en nylon blanc, très fermes et peu élastiques. Depuis, d'autres fibres, toujours des dérivées de polyamide, ont fait leur apparition. On dispose aujourd'hui d'une grande variété de fibres en termes de souplesse et de fermeté. Les fabricants proposent aussi des mélanges synthétique/naturel.

  • Avantages : À base de polyamide, les fibres synthétiques sont plus résistants à l'usure et aux produits décapants que les poils naturels. Ils sont notamment appréciés avec la peinture acrylique qui sèche très vite et nécessite un nettoyage rapide et minutieux. Ils sont aussi plus économiques.
  • Inconvénients : ils manquent parfois de finesse et pour les techniques aqueuses, de trempe[réf. souhaitée].

La fabrication des poils de pinceau synthétiques exige de la matière et de sa mise en forme des caractéristiques assez différentes de celles des autres matières plastiques. Le poil, de moins d'un sixième de millimètre dans son plus grand diamètre, est épais à la base et fin à l'extrémité, mais cette diminution n'est pas régulière. Son élasticité peut varier de la racine à la fleur. Sa capacité à retenir l'eau s'améliore en faisant lègèrement friser la fibre dans sa partie centrale, afin de conserver entre les poils des intervalles capilaires. Comme pour les autres polymères, un traitement de surface peut modifier le mouillage des poils.

Chaque fabricant a mis au point ses propres fibres synthétiques : Kaërell (Raphaël), Nova (Da Vinci), Orion (Pébéo), Similaire (Léonard).

Les pinceaux de calligraphie[modifier | modifier le code]

Pinceaux chinois

L'appellation chinoise du pinceau en mandarin est máobĭ, littéralement « crayon à poils »[réf. souhaitée].

Le pinceau de calligraphie, quelle qu’elle soit, retient bien l'encre, tandis que le pinceau à peinture chinoise est plus adapté à des mélanges d'eau avec soit de l'encre de chine pour les lavis, soit des peintures à l'eau en couleur chinoises ou japonaises. Il s'utilisait dans les arts d'Extrême-Orient calligraphie, peinture de lettré, sumi-e.

Les tailles[modifier | modifier le code]

Il existe différentes classifications de tailles selon les fabricants, selon le diamètre de la touffe[réf. souhaitée] :

  • par numéro : 10/0, 6/0 (1,1mm), 5/0, 4/0, 3/0 (1,7mm), 2/0, 0, 1, 2, 3, 4, 5 ;
  • par taille : 15 (15mm), 25, 30, 40, 50, 60, 70, 80, 100, 120, 200
  • en pouces (inches) : de 1/2" (12mm) à 7".

La conversion de taille, numéro vers millimètre, existe. Tel que par exemple : pour un numéro 2 = +/- 3 mm, pour un numéro 4 = +/- 5 mm mais dépend également du fournisseur.

Stylo-pinceau[modifier | modifier le code]

Le stylo-pinceau, généralement alimenté par des cartouches d'encre a, à la place de la plume, un pinceau en poils synthétiques, parfois même, pour les plus luxueux, en martre.

Le stylo-pinceau à réservoir d'eau, pensé pour aquareller son dessin en extérieur. Il existe deux variantes, la japonaise, aux poils synthétiques que l'on remplit en mettant le trou du réservoir vers le haut, et la chinoise, en poils naturels, que l'on remplit grâce à une vis sans fin contenue dans le pinceau et produisant un effet d'aspiration.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Béguin, Dictionnaire technique de la peinture, (1re éd. 1990), p. 604-606 « Pinceau » et 122 « Brosse ».

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Muriel Rousseau,, Du ménage à l'art : Les pinceaux et brosses dévoilent leurs talents cachés, Paris, Fédération Française de la brosserie, (présentation en ligne), p. 1.
  2. Béguin 1990, p. 122.
  3. Ségolène Bergeon-Langle et Pierre Curie, Peinture et dessin, Vocabulaire typologique et technique, Paris, Editions du patrimoine, , 1249 p. (ISBN 978-2-7577-0065-5), p. 331.
  4. Jean Petit, Jacques Roire et Henri Valot, Encyclopédie de la peinture : formuler, fabriquer, appliquer, t. 1, Puteaux, EREC, , p. 408-410.
  5. Béguin 1990, p. 604.
  6. Guide Schleiper. Source des précisions sur les poils sauf mention contraire.
  7. « Annonce » dans Le Charivari du 3 décembre 1865.
  8. Jules Adeline, Lexique des termes d'art, nouvelle ed., (1re éd. 1884) (lire en ligne), p. 333.