Pope

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Pope (homonymie).
 Ne doit pas être confondu avec Pape.

Un pope est, en français[1], un prêtre chrétien orthodoxe. Ce terme provient du russe поп (pop), lui-même emprunté au roumain/moldave popă et au bulgare/macédonien папа (pápa) provenant du grec παππάς (pappás). Plus directement, le terme papas a également longtemps été employé en français pour désigner plus spécifiquement les prêtres orthodoxes de Grèce, des Balkans et du Moyen-Orient[2]. Cet usage est aujourd’hui abandonné.

Grégoire Dikaios (1788-1825) dit Papaphléssas, un pope très estimé en Grèce.
Joseph Vasilon, un pope des Balkans du début du XXe siècle.

Contrairement aux prêtres catholiques, les prêtres orthodoxes ne sont astreints ni au célibat, ni à la chasteté : ces astreintes sont réservées aux moines. Toutefois, les popes ne peuvent plus se marier après leur ordination, et les évêques ne sont choisis que parmi les moines. Les popes orthodoxes pouvant donc être mariés, les familles de prêtres se transmettaient souvent cette vocation de père en fils, créant de véritables dynasties, et un milieu spirituel et intellectuel très particulier.

On confond généralement dans l’appellation française « pope » les prêtres séculiers (catégorie à laquelle ce terme devrait être réservé), les hiéromoines (moines-prêtres) et les moines qui ne sont pas prêtres : c’est le cas par exemple aux Monastères des Météores, en Grèce du Nord.

Noms dérivés[modifier | modifier le code]

En Russie, Biélorussie, Ukraine, dans la diaspora russe, en Bulgarie, Macédoine, Monténégro, Serbie, Roumanie et Moldavie, les noms de famille Popov (Попов), Popovitch (Попович), Popović ou Popescu sont très fréquents : ils viennent directement du mot « pope » et trouvent leur équivalent dans les noms grecs Παπάς (Pappas) ou Παπαδόπουλος (Papadopoulos) également fort répandus en Grèce et à Chypre. Dans ces pays orthodoxes, plusieurs localités ont des noms dérivés de ces patronymes : Πάππος, Popenki, Popești, Popovica...

Sémantique[modifier | modifier le code]

En Union soviétique, dans ses États satellites et dans le discours communiste où la religion était considérée comme l’opium du peuple et les prêtres comme des laquais du féodalisme et du capitalisme, une connotation péjorative a été attachée au terme « pope » au cours du XXe siècle. « Pope » est donc devenu injurieux dans le discours officiel soviétique et ce sens péjoratif a plus ou moins diffusé, en Occident, dans la gauche politique, tandis que la droite conservatrice le connaissait déjà en raison de l'héritage hellénophobe de l'Église catholique (qui a longtemps qualifié les popes de « schismatiques »).

Ainsi « pope » est tombé en désuétude en russe, où il est souvent considéré comme grossier ou humoristique aussi bien parmi les croyants que les non-croyants : les russophones emploient désormais le terme politiquement correct de sviachtchenik (свяще́нник : « prêtre »). En roumain aussi l’Église actuelle préfère le terme de preot (« prêtre ») à celui de popă (« pope »). Un autre héritage de la période communiste dans les pays qui ont connu ce régime, est l’apparition de popes à la barbe taillée court ou glabres, qui enlèvent la soutane hors de leur église : canoniquement un pope ne doit pas se raser et doit garder sa soutane toute la journée où qu'il aille (le sacerdoce étant permanent), mais dans ces pays, l’habitude a été prise par les prêtres de se donner une apparence de citoyens ordinaires en dehors de leur service, et elle a perduré après la chute des régimes communistes en Europe et la dislocation de l'URSS[3].

En Grèce et à Chypre en revanche, le terme « pope » n’a pas acquis de sens péjoratif, garde son prestige et reste couramment employé. En Grèce, le prestige du mot pope est même sorti renforcé de la seconde Guerre mondiale grâce à la participation de nombreux popes à la Résistance y compris communiste[4]. À Chypre, c’est, dès avant la seconde Guerre mondiale, la participation des popes à la résistance contre l'occupation coloniale britannique qui a renforcé le prestige du mot[5]. Dans ces pays et dans leur diaspora, les popes suivent tous l’habitude canonique, gardant la soutane, la barbe longue et, pour beaucoup, les cheveux noués en chignon.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. En anglais, en revanche, le mot pope désigne le pape ce qui provoque parfois des erreurs de traduction et des confusions.
  2. Voir [1]
  3. Exemples sur [2] ou [3].
  4. Mark Mazower, Inside Hitler's Greece - The Experience of Occupation, 1941-44, Yale University Press, 2001, pp. 108-109 - trad., Dans la Grèce d'Hitler 1941-1944, Les Belles lettres, 2002. « Dès l’été 1943, l’ELAS a libéré un tiers du territoire de la Grèce, tout au long de la zone montagneuse qui va de la Macédoine occidentale au golfe de Corinthe. Dans cette Grèce libre, l’EAM crée un véritable État de type nouveau. Des assemblées générales où participent les popes (qui tenaient une place importante du fait qu'ils étaient parfois les seuls à savoir lire et écrire), et aussi les femmes (chose inédite alors en Grèce) qui élisent différents comités locaux : auto-administration, tribunal populaire et commissions pour la sûreté, le ravitaillement, l’école et l’église » sur Joëlle Fontaine, La Grèce fut un pilier de la résistance.
  5. Biographie de Makarios III sur le site de l'université de Sherbrooke : [4].