Exposition internationale urbaine de Lyon de 1914

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Exposition internationale urbaine de Lyon de 1914
Général
Type-BIE Non reconnue
Thème Urbanisme
Hygiénisme
Bâtiment Halle Tony-Garnier
Surface 75 hectares
Fréquentation visiteurs
Participants
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Ville Lyon
Site Gerland
Coordonnées 45° 43′ 48″ nord, 4° 49′ 30″ est

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Exposition internationale urbaine de Lyon de 1914

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Exposition internationale urbaine de Lyon de 1914

L'exposition internationale urbaine de Lyon est une exposition internationale dans le quartier de Gerland à Lyon. L'exposition est consacrée à l'urbanisme et à l'hygiénisme[1]. Le projet met en avant les personnalités d'Édouard Herriot, maire de la ville et initiateur du projet, de Tony Garnier, architecte, de Jules Courmont et Louis Pradel (homonyme de maire de Lyon), tous deux commissaires généraux de l'exposition[1],[2],[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Dès 1906, Édouard Herriot entretient plusieurs personnalités lyonnaises de l'opportunité de tenir une exposition universelle à Lyon, avant de demander la réalisation de deux sondages auprès des chambres syndicales et patronales de Lyon. Cette prudence s'explique notamment par les deux précédentes expositions qui se sont tenues dans la ville, en 1872 et en 1894, cette dernière ayant été marquée par l'assassinat de Sadi Carnot[3].

En 1909, un comité d'études est créé pour préparer l'exposition universelle, mais ce n'est que le 12 décembre 1912 qu'Édouard Herriot annonce au conseil municipal son souhait d'organiser une exposition universelle dans la ville[2]. Celle-ci a pour thème le XXe siècle et la modernité, en améliorant les services d'assainissement, médicaux, de transports, mais aussi culturels, en améliorant les habitations et les espaces verts, en plaçant Lyon dans l'« Europe des villes »[4]. L'exposition n'a pas vocation à être une exposition universelle, mais Édouard Herriot insiste bien sur l'aspect urbanistique de l'événement, d'où le nom d'exposition urbaine[5].

En 1911, un groupe lyonnais se rend à Dresde pour assister à l'exposition, nouer des contacts avec des industriels locaux et admirer les progrès en termes d'hygiène de la ville pour s'en inspirer[6]. L'équipe chargée de l'exposition souhaite nouer des contacts et des partenariats avec les autorités allemandes tant étatiques que municipales ainsi que les industriels allemands, avec très peu de réussite, notamment à cause du climat diplomatique délicat entre les deux pays[7]. Édouard Herriot se rendra également dans la ville de Dresde durant l'été 1913 en vue de faire la publicité de l'exposition pour notamment faire venir des exposants[7]. Cependant, si les échanges ont été importants, l'influence finale de Dresde sur les éléments de l'exposition est peu visible[8].

En 1913, des élus et des employés municipaux visitent l'exposition de Gand, ainsi que le Royaume-Uni pour s'inspirer de son urbanisme[9].

Elle a eu lieu entre le 1er mai[3] et le 11 novembre 1914[10]. Son inauguration a lieu en présence du ministre du commerce et de l'industrie[10].

Raymond Poincaré, le président de la République, visite l'exposition entre le 22 et le 24 mai[11],[4].

Son déroulement est cependant perturbé par le début de la Première Guerre mondiale le 2 août, qui oblige la fermeture des pavillons allemand et autrichien[12],[13].

Une violente tempête qui affecta toute la vallée du Rhône renversa une grande partie des bâtiments.

L'Exposition internationale servira également de modèle pour la création en 1916 de la Foire de Lyon[10].

Installations[modifier | modifier le code]

L'exposition a lieu dans le quartier de Gerland ainsi que sur la partie sud du quartier de Perrache. Le choix de ces lieux est lié notamment à la construction en cours des abattoirs de la Mouche qui permettent de réduire les dépenses pour la construction de nouveaux bâtiments, en les utilisant avant leur affectation[14].

L'exposition porte sur 75 hectares[1], avec 17 000 m2 de surface bâtis dédiés aux pavillons étrangers et 12 000 exposants[15].

L'exposition est marquée par la construction de la Halle Tony-Garnier, dite « Grand Hall » et des bâtiments attenants[1],[5], qui forme un ensemble, les abattoirs de la Mouche[5]. La construction de l'ensemble commence en 1908, avant d'être terminé, pour les structures principales, en 1913[16]. Une grande partie de ces abattoirs qui représentent 240 000 m2, sera démolie en 1975[16]. La Halle Tony-Garnier sera utilisée à partir des années 1980 comme salle événementielle.

L'exposition est également composée d'une allée couverte, d'un pavillon colonial, d'un pavillon des nations étrangères, d'un jardin horticole, d'un parc d'attraction, d'un ballon, d'une brasserie à l'architecture traditionnelle suisse, d'un pavillon sur la soierie, d'un village de nains[15]. L'exposition a également permis la construction d'un pont entre le quartier de La Mouche et la presqu'île, ainsi que l'extension au sud de l'avenue de Saxe, devenue depuis avenue Jean-Jaurès, ainsi que le réaménagement du quartier militaire de la Vitriolerie[14].

La place du colonialisme et de l'exotisme est assez importante dans l'exposition malgré le thème hygiéniste et urbanistique; cela s'explique notamment par un souci mercantiliste, ces thèmes et attractions sont vus comme un facteur de succès des expositions et un moyen d'attirer les foules[17]. De plus, les expositions universelles ayant quasiment toutes des sections coloniales (sans compter les expositions coloniales), il ne semble pas plausible d'avoir une exposition internationale sans section coloniale[18]. Enfin, une section coloniale permet de soutenir les politiques en rapport de l'État et d'avoir le soutien des acteurs favorables à cette politique[17]. Ainsi l'exposition dispose d'un pavillon général sur les colonies françaises, où un espace est alloué pour chaque colonie. L'exposition possède également un pavillon sur le souk tunisien, ainsi qu'un village sénégalais reconstitué où 120 indigènes ont été rassemblés, sans compter 104 Chinois qui ont fait le voyage pour servir de pousse-pousse à Lyon pour le temps de l'exposition[19].

L'exposition possède également un aspect folklorique et touristique avec le village alpin, mais aussi un parc d'attraction avec des montagnes russes, une cascade navigable, etc. Le village alpin est situé sur la pointe de la presqu'île, reliée par une passerelle détruite par la crue du 9 mars 1914, avant le démarrage de l'exposition. Le village est porté par l'Automobile Club, le club alpin, le Touring Club, de l'administration des Eaux et forêts et la compagnie PLM[20]. Il a une dimension touristique assez forte, avec des expositions photos, des mises en scène des activités traditionnelles alpines, un lac artificiel de grande taille, des aquariums, ainsi qu'une scierie et une ferme modèle[20]. Il vise également dans son architecture à représenter l'ensemble de l'architecture des Alpes françaises[20].

Les arts[modifier | modifier le code]

Les arts sont largement représentés avec trois sous-expositions différentes.

La première est nommée "Vieux Lyon" et est consacrée à l'histoire et aux arts appliqués, mais également à la peinture de paysage, au portrait ou à la peinture urbaine. Elle se tient sous la responsabilité de Félix Desvenay.

La deuxième est nommée "l'art lyonnais" et présente des faïences, des étoffes, des meubles et un parcours historique au travers la peinture et la sculpture de Lyonnais disparus.

La troisième est nommée "Beaux-arts" et est ouverte à l'art contemporain[21].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d L’exposition internationale de Lyon en 1914, Patrimoine-lyon.org
  2. a et b (Lyon, centre du monde ! L'exposition internationale urbaine de 1914, p. 5)
  3. a b et c (Lyon, centre du monde ! L'exposition internationale urbaine de 1914, p. 9)
  4. a et b (Lyon, centre du monde ! L'exposition internationale urbaine de 1914, p. 11)
  5. a b et c (Lyon, centre du monde ! L'exposition internationale urbaine de 1914, p. 10)
  6. (Lyon, centre du monde ! L'exposition internationale urbaine de 1914, p. 27)
  7. a et b (Lyon, centre du monde ! L'exposition internationale urbaine de 1914, p. 32)
  8. (Lyon, centre du monde ! L'exposition internationale urbaine de 1914, p. 34)
  9. (Lyon, centre du monde ! L'exposition internationale urbaine de 1914, p. 26)
  10. a b et c (Lyon, centre du monde ! L'exposition internationale urbaine de 1914, p. 13)
  11. L’exposition internationale de Lyon en 1914, jital270, Les Biblioblog-trotters 3 février 2010
  12. Lyon, centre du monde !, Dossier de presse
  13. (Lyon, centre du monde ! L'exposition internationale urbaine de 1914, p. 61)
  14. a et b (Lyon, centre du monde ! L'exposition internationale urbaine de 1914, p. 67)
  15. a et b (Lyon, centre du monde ! L'exposition internationale urbaine de 1914, p. 12)
  16. a et b (Lyon, centre du monde ! L'exposition internationale urbaine de 1914, p. 64)
  17. a et b (Lyon, centre du monde ! L'exposition internationale urbaine de 1914, p. 258)
  18. (Lyon, centre du monde ! L'exposition internationale urbaine de 1914, p. 259)
  19. (Lyon, centre du monde ! L'exposition internationale urbaine de 1914, p. 267)
  20. a b et c (Lyon, centre du monde ! L'exposition internationale urbaine de 1914, p. 253)
  21. Patrice Béghain, Une histoire de la peinture à Lyon : de 1482 à nos jours, Lyon, S. Bachès, , 363 p. (ISBN 978-2-35752-084-4, notice BnF no FRBNF42506537), p. 265

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marie-Anne Pivat-Savigny (dir.), Lyon, centre du monde ! L'exposition internationale urbaine de 1914, Fage-Editions, , 336 p. (ISBN 284975305X)

Liens externes[modifier | modifier le code]