Étienne Bouchaud

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Étienne Bouchaud, né le à Nantes, mort en 1989 à Paris, est un peintre et graveur français, membre de l'École d'Alger.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Petit-fils de Léon Bouchaud, il naît, au no 3 place de la Petite-Hollande[1], au sein d'une famille d'artistes[2]. Trois de ses frères, Pierre Bouchaud, Jean Bouchaud et Michel Bouchaud, sont artistes peintres. Étienne Bouchaud grandit dans la vénération des peintres paysagistes Jean-Baptiste Camille Corot et Henri Harpignies. Bachelier ès lettres en 1915, il fréquente l'atelier de Jean-Paul Laurens à l'Académie Julian[3] en 1916, puis s'inscrit à l'Académie Ranson dans l'atelier de Maurice Denis, qui prend sur lui un grand ascendant. Il y restera jusqu’à son service militaire : « n’était lui, je ne crois pas à avoir à apprendre des cubistes qui travaillent avec moi. Maurice Denis m’a corrigé samedi pour la première fois et m’a dit des choses très intéressantes, entre autres de réagir contre le dessin de pur hasard qu’on fait chez Jullian, de comprendre ce qu’on fait et pourquoi on le fait.[réf. nécessaire] » Il fait la connaissance de Jean Maxence[4] à l'occasion d'un examen pour entrer à l'École des beaux-arts de Paris : « J’ai été voir avec Maxence le frère Buffet qui m’a montré une cinquantaine de peintures faites en Tunisie en me racontant avec amour ses voyages. Cela m’a donné un désir d’y aller après la guerre…[réf. nécessaire] »

Mobilisé dans l’artillerie à Vannes pour effectuer ses classes, Étienne Bouchaud est Brigadier à Troyes au sein du 28e d’artillerie. Il devient volontaire au Maroc en 1918, sous la protection du général Lyautey. En 1920, il parcourt le Maroc avec son frère Jean Bouchaud habillés en indigènes. Il participe à la décoration du Palais du Maroc et à l'Exposition coloniale de 1922 à Marseille. Il rencontre Othon Friesz, effectue un voyage d'étude à Marrakech, et obtient le Prix Abd-el-Tif de 1925. Il fait partie de ce que l'on appellera « la génération du Môle » à Alger où il peint les garçons du port et les quartiers réservés. Ami de Jean Launois, il entreprend avec lui et Corneau un voyage dans le midi de la France et rejoint Albert Marquet à La Goulette. Sociétaire au Salon d'automne, il y envoie régulièrement ses toiles, de même qu'au Salon des indépendants[5] et au Salon des Tuileries.

Il est nommé chargé de mission en 1927 par le gouvernement du protectorat français au Maroc, et part pour Alger en 1928, et y sera encore en 1933. Il travaille pour l'exposition d'Anvers, et occupe à Paris à cette époque l'atelier de Seurat. Il est appelé par le maréchal Lyautey pour créer deux dioramas pour les palais du Maroc et de l'Algérie à l'Exposition coloniale de 1931. En 1935, il est nommé pensionnaire de l'Institut français d'Amsterdam où il passe deux ans.

Étienne Bouchaud participe à l'exposition des « Artistes de ce temps » au Petit Palais à Paris en 1938. Il exécute une fresque dans l’église de Savenay (Loire-Atlantique). Il effectue un voyage en Grèce et dans les Iles de la mer Égée en compagnie de G. Audisio. Il envoie des panneaux décoratifs à l’exposition de New York en 1939 avec son frère Jean, où ils présentent tous deux un panneau monumental sur L'Expansion française du XVIe au XVIIIe siècles. Il obtint le prix Charles Cottet en 1943. Il retourne en Algérie en 1947, en 1950 et dans les années suivantes (à Alger et Boghari notamment). En 1950, il fait un séjour chez le compositeur Léo Barbès à Alger.

À nouveau boursier du gouvernement de l'Algérie en 1955[6], il réside à Alger et à Boghari. Il peint Les Vendanges en Algérie en 1956 pour le Penthièvre II des Chargeurs de l'ouest. Tout comme Lucien-Victor Delpy, il est un des rares peintres de l'École d'Alger à concevoir des œuvres sur le thème de la guerre d'Algérie (Honneur aux harkis (1963), Boulogne-Billancourt, musée des Années Trente).

Nostalgique de l'Algérie et du monde méditerranéen, « il vit dans son œuvre l'amour de la nature et de l'humanité, avec humilité, dans une pure tradition naturaliste française »[7]. Après 1962, il se tourne vers la gravure et devient membre de la Chalcographie du Louvre et fondateur de la Société de l'estampe. Il séjourne à Perpignan et sur la Costa Brava. Se consacrant de plus en plus à l’estampe, il participe à des expositions parmi les peintres graveurs français à la galerie Mansart de la Bibliothèque nationale à Paris (en 1964, 1965, 1966, 1967, et 1970). La Bibliothèque nationale possède soixante trois de ses gravures.

Il rapporte à Paris des séries de tableaux et de gravures, exposés lors du Salon d'automne de 1969. Installé dans son atelier parisien de la rue Falguière, ses dernières années seront dédiées à des toiles plus intimes à la luminosité éclatante, le sens chromatique désormais atteint par les conséquences d’une cataracte, entrecoupé de fréquents séjours au Pouliguen en Bretagne. Il expose une dernière fois au Salon des peintres et graveurs français en 1979.

Mort à Paris, il est enterré au cimetière Miséricorde de Nantes[1].

Collections publiques[modifier | modifier le code]

Collections privées[modifier | modifier le code]

  • Les Joueurs de cartes, gouache, 49x63[8]

Illustrations[modifier | modifier le code]

  • Georges Marçais, Villes et campagnes d'Algérie, vingt gravures
  • Léon Lehuraux Léon Lehuraux, Alger : Vue par les voyaguers, les écrivains et les peintres, Alger, OFALAC Office Algérien d'action économique et touristique, 64 p. dix gravures

Expositions[modifier | modifier le code]

  • Marseille, Exposition coloniale de 1922
  • Alger, Villa Abd-el-Tif, 1926
  • Paris, Société des peintres Orientalistes français, 1927, 1933, 1934, 1935, 1943
  • Paris, galerie Druet, Anvers, 1928, 1933
  • Paris, Exposition coloniale de 1930
  • Nantes, 1934
  • Naples, mostra internazionale d'arte coloniale, 1934-1935
  • Paris, galerie René Gas, 1949
  • Paris, Galerie Charpentier , 1951, 1952
  • Nantes, Galerie Mignon-Massart, 1959
  • Versailles, Exposition du cercle algérianiste, 1992
  • « Peintres d'AFN d'hier et d'aujourd'hui », Paris, Maison des Rapatriés, 1994
  • Nantes, Librairie-Galerie Bellanger, en décembre 2007

Notes et références[modifier | modifier le code]

[réf. incomplète]

  1. a et b Lhommeau et Roberts 2013, p. 65.
  2. « Étienne Bouchaud », sur memoireafriquedunord.net (consulté le 15 novembre 2015).
  3. (en) Extrait de la notice de Étienne Bouchaud dans le dictionnaire Bénézit sur le site Oxford Index. 2006, (ISBN 9780199773787)
  4. Qui fera de lui un portrait.
  5. En 1928 il envoie ainsi deux natures mortes. Cf. Édouard-Joseph, Dictionnaire biographique des artistes contemporains, tome 1, A-E, Art & Édition, 1930, p. 171
  6. Dans le cadre des « anciens Abd-el-Tif ».
  7. Élisabeth Cazenave, op. cité
  8. Marion Vidal-Bué, op. cité

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Élisabeth Cazenave, La villa Abd-el-Tif : un demi-siècle de vie artistique en Algérie, 1907-1962, Paris, Association Abd-el-Tif, (réimpr. 2002) (ISBN 2-950-98611-0)
  • Odette Goinard, « Mémoire Plurielle », dans Les Cahiers d'Afrique du Nord, no 16, Supplément au no 53
  • Centre Culturel de Saint Raphaël, « Albert Marquet et ses Amis », juillet 2008
  • Pierre Sanchez et Stéphane Richemond, Société des peintres orientalistes français : répertoire des exposants et liste de leurs œuvres (1889-1943). Histoire de la Société des peintres orientalistes français de Stéphane Richemond, Dijon, Echelle de Jacob Editions, (ISBN 978-2-913-22473-5)
  • Éric Lhommeau et Karen Roberts, Les Artistes dans les cimetières nantais, Nantes, Le Veilleur de nuit, , 91 p. (ISBN 979-10-90603-03-5).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire Bénézit, tome II p. 619
  • Saur, tome XIII, p. 285
  • Volmer, tome I, page 280
  • L'Afrique du Nord illustrée, 19 juin 1926 et 1930
  • L'Art et les Artistes, 1930
  • Pierre Angel, L'École nord-africaine dans l'Art Français Contemporain, Éditions Les œuvres représentatives 1931, 172 pages
  • Édouard Lémé, Les quatre Frères Bouchaud
  • Jean Alazar, dans L'amour de l'Art, 1931
  • L'Illustration, 23 mai 1931
  • Beaux-Arts, juillet 1936
  • Revue Méditerranée, 1950, tome VIII, pages 229-240
  • Algéria, no 52, 1957
  • Les Cahiers d'Arts documents, no 64, 1957
  • Jean Rousselot dans Algéria, 1960
  • Revue des musées de Bordeaux, 1967
  • Ouest-France, 21 juin 1989
  • Maurice Arama, « La mort du peintre nantais Étienne Bouchaud », dans ?, juin 1989
  • Itinéraires marocains, regard de peintre, Éditions Jaguar 1991
  • Presse-Océan, 30 décembre 2007
  • Jean Lepage, L'Orient fantasmé, Paris, Somogy, coédité avec le musée d'Art et d'Histoire de Narbonne, (ISBN 978-2-757-20461-0)
  • Marion Vidal-Bué, Alger et ses peintres 1830-1960, 2000/2006, éd. Paris-Méditerranée p. 251
Documents d'archive
  • Dossiers aux Archives nationales : F21/4176/6815/6912/6952/6972.

Liens externes[modifier | modifier le code]