Eugène Carrière

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Eugène Carrière
Eugène Carrière - Self-portrait.jpg

Eugène Carrière, Autoportrait (vers 1893),
New York, Metropolitan Museum of Art.

Naissance
Décès
(à 57 ans)
Paris
Nom de naissance
Eugène Anatole Carrière
Nationalité
Activité
Maître
Élève
Mouvement
Distinction
Œuvres réputées
Alphonse Daudet et sa fille (d), Après le bain (d), Baiser maternel (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Eugène Carrière, né le à Gournay-sur-Marne (Seine-Saint-Denis) et mort le à Paris, est un artiste peintre, enseignant et lithographe symboliste français qui eut une influence sur l'éclosion du Fauvisme.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de Léon Camille Joseph Carrière, directeur d'assurances, et d'Elisabeth Wetzel, Eugène Carrière est l'élève d'Alexandre Cabanel à l'École des beaux-arts de Paris. Il reçoit des commandes pour des peintures qui ornent l'hôtel de ville de Paris et la Sorbonne, ainsi que pour des sujets religieux. Son projet de triptyque Le Christ en croix restera à l'état d'ébauche[1].

Il est l'ami d'Auguste Rodin et d'Antoine Bourdelle, son œuvre a influencé Henri Matisse et Pablo Picasso. Ivan Pokhitonov travaille dans son atelier dans les années 1877-1880. Carrière est également lié à des écrivains dont il exécute les portraits, comme Paul Verlaine, Stéphane Mallarmé, Alphonse Daudet, Anatole France ou Henri Rochefort. Il a exprimé des convictions socialistes et s'est joint au mouvement dreyfusard.

En 1890, il fonde rue de Rennes l'« Académie Carrière » où des peintres comme Henri Matisse, André Derain, Jean Puy, Francis Jourdain ou Valentine Val sont élèves : jusqu'en 1905, il se consacre à l’enseignement de l’art. Carrière, qui enseigne aussi chez Ferdinand Humbert, l'ancien Atelier Cormon, au 104 boulevard de Clichy et à l'Académie Camillo, cour du Vieux-Colombier[2], attire dans son académie de nombreux jeunes artistes en quête de liberté et d’indépendance. Ce lieu a pour originalité d’être le vivier des futurs Fauves et l’un des premiers ateliers mixtes de Paris[3].

Il est nommé officier de la Légion d'honneur en 1900[4].

Il séjourne de manière régulière pendant l'été avec sa famille chez Raymond Bonheur (1856-1934), compositeur à Magny-les-Hameaux, qui était le neveu de Rosa Bonheur (1822-1899).

Eugène Carrière est réputé pour ses clair-obscurs presque monochromes à dominante brune et grise, estompant les formes tout en faisant ressortir les mains et les visages[5]. Pour obtenir cet effet, « la toile est d'aspect lisse, au rendu quasiment porcelaine, et la profondeur du regard est rendue grâce au grattage de la toile par le manche du pinceau[6] »

Selon son premier biographe, Charles Morice, Paul Gauguin a dit de lui : « Les belles couleurs, sans qu'on s'en doute, existent et se devinent derrière le voile que la pudeur a tiré dans ses œuvres. Ses fillettes conçues d’amour évoquent la tendresse. Chez lui, les mains saisissent et caressent. »[7] Ses détracteurs voient en son œuvre une forme de sentimentalisme désuet et répétitif[8]. La critique anglo-saxonne, revenant sur ce jugement, perçoit dans cette œuvre, la transition fondamentale entre tradition et modernité : sa lithographie Sommeil (1897)[9] confine presque à l'abstraction, ou du moins à une forme d'expressionisme, et la plupart des Fauves, qui paradoxalement explosèrent la gamme chromatique, passèrent par son atelier[10].

Eugène Carrière est le grand-père de l'artiste peintre Jeannie Dumesnil.

Citation[modifier | modifier le code]

« Dans ce moment si beau et si court l'homme est maître de son destin. Il peut vouloir la recherche de sa propre nature, découvrir son image dans ses semblables, jouir de la connaissance des causes profondes de la vie, ou se complaire à la satisfaction passagère des apparences. La lassitude et la tristesse des voyageurs de la mauvaise route nous disent que partout se trouvent la souffrance et la mort. Que du moins notre souffrance ait une raison haute et généreuse, qu'elle soit la préparation aux beaux lendemains. Les Poètes ont le sens du vrai chemin, ils savent les réalités invisibles que la vie nous dévoile au cours de notre labeur. »

Toast d'Eugène Carrière au banquet de La Plume, 23 janvier 1904.

Galerie[modifier | modifier le code]

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Collections publiques[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis
En France

Élèves[modifier | modifier le code]

Expositions[modifier | modifier le code]

  • Avril à mai 1891 : Paris, galerie Boussod et Valadon, exposition personnelle
  • 2006 : musée d'Orsay exposition consacrée aux relations entre le peintre et Rodin
  • Du 4 juin au 14 août 2006 : musée départemental de l'École de Barbizon, Les échanges philosophiques et artistiques sur l'art du paysage pour le centenaire de la mort du peintre
  • 2013 : musée de la Chartreuse de Douai, exposition des œuvres d'Eugène Carrière de la donation Philippe Denis

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire Bénézit
  • Collectif, Eugène Carrière 1849-1906, Musée de Strasbourg, éditions RMN, 1996
  • Collectif, Eugène Carrière le peintre et son univers autour de 1900, éditions du Musée de Saint-Cloud
  • Valérie Bajou, Eugène Carrière, portrait intimiste, éditions Acatos, 1998
  • Collectif, Auguste Rodin / Eugène Carrière, Musée d'Orsay, Flammarion
  • Émilie Cappella, Agnès Lauvinerie, Eduardo Leal de la Gala, Moi, Eugène Carrière, éditions Magellan, 2006
  • Rodolphe Rapetti, Catalogue Raisonné d'Eugène Carrière (1849-1906),
  • Christina Buley-Uribe, Auguste Rodin - Eugène Carrière, Flammarion, 2006
  • (es) Alfonso Cravioto, Eugenio Carrière, Revista Moderna de México, México, junio de 1907, p. 208-217.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sylvie Le Gratiet, De l'Éveil aux Âges de la Vie, Conception et réception des décors d'Eugène Carrière in l'Atelier, bulletin no 8 de l'Association Le Temps d'Albert Besnard, (ISSN 1956-2462)
  2. Notice d'autorité sur data.bnf.fr.
  3. « L'académie Carrière, Une fenêtre sur les Fauves et les femmes-artistes », sur tourisme93, à propos de l'exposition au Musée Eugène Carrière, Gournay-sur-Marne, du 21 septembre 2014 au samedi 31 Janvier 2015.
  4. « Dossier dans l'ordre de la Légion d'honneur d'Eugène Anatole Carrière », base Léonore, ministère français de la Culture
  5. Ce qui fit dire de façon humoristique à Edgar Degas : « On a fumé dans la chambre des enfants » (cf : Didier Rykner, « Une importante donation de tableaux d'Eugène Carrière pour Douai », sur le site de La Tribune de l'art du 28 janvier 2013).
  6. Didier Rykner, opus cité.
  7. Eugène Carrière : l'homme et sa pensée, l'artiste et son œuvre, Paris, Mercure de France, 1906, cf. p. 216-220.
  8. a et b Marie-Pierre Bologna, « Une expo et un musée pour Eugène Carrière », dans Le Parisien, édition de Seine-Saint-Denis, 14 septembre 2012.
  9. Sommeil, base Joconde, en ligne.
  10. Eugène Carrière, artiste du 19ème siècle entre tradition et modernité, In: eugenecarriere.com, en ligne.
  11. Œuvre commentée sur le site officiel du musée Rodin
  12. Présentation de la donation Oulmont sur webmuseo.com/ws/musee-des-avelines
  13. Catalogue du fonds Eugène Carrière sur webmuseo.com/ws/musee-des-avelines

Liens externes[modifier | modifier le code]

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