André Derain

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
André Derain
André Derain 1928.jpg

André Derain en 1928

Naissance
Décès
(à 74 ans)
Garches (France)
Nom de naissance
André Louis Derain
Nationalité
Française
Activité
Formation
Mouvement
Influencé par

André Derain, né le à Chatou (Yvelines) et mort le à Garches (Hauts-de-Seine)[1], est un peintre français et l'un des fondateurs du fauvisme. Il est également peintre de décors et costumes de ballets et de théâtre, graveur et illustrateur.

Salué comme le pionnier d'un nouvel art "Le Fauvisme" avant la guerre de 1914, il s'oriente après 1918 vers un "Réalisme" au classicisme renouvelé où s'exprime son goût du théâtre et des lettres qui en fait une des figures majeures de l'entre deux guerres. Figure controversée de la Collaboration pendant l'occupation allemande entre 1940 et 1944, il apparaît après la guerre comme le survivant d'un ancien monde pour "qui la violence a donné l'illusion de la force"[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Question book-4.svg
Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (septembre 2015).
Pour l'améliorer, ajoutez des références vérifiables [Comment faire ?] ou le modèle {{Référence nécessaire}} sur les passages nécessitant une source.
Premier Salon d'Automne, 1903, couverture du catalogue

André Derain est né à Chatou, dans une famille aisée. Son père Louis-Charlemagne crémier-glacier au 87, rue Saint-Germain[3] est conseiller municipal. Sa mère Clémentine Angélique Baffé a perdu malheureusement plusieurs enfants en bas-âge, seul restait un frêre ainé René (1870-1890)[4]. André Derain est placé dans une famille nourricière à Orgeval. Il commence à peindre vers 15 ans alors qu'il termine ses études secondaires au Lycée Chaptal. À 18 ans, il entre à l'Académie Camillo dirigé par Eugène Carrière, un ami de Pierre Puvis de Chavannes. En 1900, il rencontre Maurice de Vlaminck dans un train de banlieue. En 1901 il rencontre Henri Matisse au Louvre alors qu'ils effectuent des copies[3] . Jeunes peintres démunis avec Vlaminck qu'il connait depuis 1900, ils partagent un atelier dans la Maison Levanneur, qui abrite aujourd'hui le Cneai (Centre National de l'Édition de l'Art et de l'Image). Il effectue son service militaire entre 1900-1904. Il commence à peindre ses premiers paysages et illustre les premiers romans de Vlaminck dont "D'un lit dans l'autre"[3]. Il rencontre le poète et critique Guillaume Apollinaire qui dédicacera un poème dans son recueil : "Alcools". Autodidacte, il fréquente assidûment les musées et nourrit sa réflexion esthétique d'un grand nombre de lectures (Zola, Nietzsche…).

À l'influence déterminante de Vincent van Gogh qu'il découvre en 1901, s'ajoute celle des néo-impressionnistes et surtout l'œuvre de Paul Cézanne qu'il voit au premier Salon d'automne en 1903, dont il réalise l'affiche[5].

L'invention du fauvisme[modifier | modifier le code]

Publié dans L'Illustration, 4 novembre 1905, Les Fauves : Exposition au Salon d'automne 1905.
Affiche officielle de l'exposition Armory Show(New York, 1913).

Après avoir suivi les cours de l'Académie Julian[6], Derain rejoint Matisse à Collioure en 1905 et à cette occasion définit le style qui le fera connaître du grand public : couleurs vives, dessin simplifié, composition claire.( Collioure, huile sur toile, 81 × 100,3 cm, 1905,Metropolitan Museum of Art, New-York). Il expose au Salon d'automne, en 1905, dans la Salle "aux fauves" avec Matisse, Vlaminck, Braque et Auguste Chabaud et il signe la même année son contrat avec Ambroise Vollard.("Bougival", huile sur toile, 41 x 33 cm, 1905, Musée du Havre) Il voyage à Londres ("Regent Street", London, huile sur toile, 66 × 99,4 cm, 1906, Metropolitan Museum of Art, New-York). Il est alors considéré comme un des meilleurs représentants du fauvisme[3].

En 1906-1907, il est bouleversé par la découverte des arts « primitifs » et commence avec Vlaminck à collectionner ce que l'on appelle, alors, l’« art nègre ». Il achète un masque Fang. En étroite relation avec Matisse, il poursuit sa réflexion sur les liens entre décoration et expression. Il s'intéresse aux arts décoratifs : céramique, bas-reliefs en bois, sculpture qu'il pratique sur pierre. Il réalise de grands panneaux sur le thème de l'âge d'or, de la danse ou des baigneuses. Après 1906, il semble influencé par Paul Gauguin, ses couleurs deviennent moins vives. Puis l'année suivante il déménage à Montmartre pour se rapprocher de ses amis Pablo Picasso, Braque, Apollinaire, Kees van Dongen et Max Jacob... Il fréquente le Bateau-Lavoir, est influencé par Picasso avec lequel il va travailler en Avignon avant de rejoindre à Cassis, Matisse. Il rencontre alors à Montmartre, Alice Géry, la femme de Maurice Princet, mathématicien et théoricien du cubisme[3]. Elle se sépare de son mari et épouse André Derain qui peindra à plusieurs reprises son portrait sévère et élégant [7].

Alice Gery (1884 -1975)[modifier | modifier le code]

Alice Géry, est une fille d'ouvrier qui ressemblait à une "Madonne aux cheveux libre", suivant la description que fait d'elle Gertrude Stein dans ses mémoires, Elle a les pouces solides. Depuis son adolescence elle était en couple avec Maurice Princet, mais lui était fidèle "à la mode de Montmartre", collectionnant les aventures. Elle est une des modèles et maitresse de Picasso de la période bleue ("Jeune fille accoudée" dessin, 1903). "Femme sauvage" selon Gertrude Stein, qui dit l'avoir toujours aimée[8]. elle est d'un caractère trempé, vivant en couple avec sa sœur Suzanne à partir de 1918, et sa fille Geneviève, Alice Derain organise la vie et accepte les aventures de son mari André. Elle pose pour Charles Despiau en 1922[9].

Vers l'expressionnisme[modifier | modifier le code]

En 1908, Derain séjourne à Martigues avec Braque et peint une série de paysages pré-cubistes représentant la ville et ses environs et avec Dufy à l'Estoque. Il illustre le premier livre de poésie de Guillaume Apollinaire, L'Enchanteur pourrissant (1909). En 1910, il part en Espagne avec Picasso à Barcelone en particulier. Il peint des paysages de Cagnes-sur-Mer. sa pensée picturale ne se développe pas au-delà d'un pré-cubisme tempéré ("Maisons au bord de l'eau", huile sur toile, 61 × 102,3 cm, 1910,Musée de l'Ermitage, Saint-Pétersbourg). Il s'installe 31, rue Bonaparte dans Vie arrondissement. Dès 1911, il revient à une facture qui semble plus traditionnelle, en amorçant un retour à la perspective et au clair-obscur, à la suite d'une séjour dans le Nord et le Centre de la France. En 1912, il séjourne à Vers (Lot), près de Cahors. Il loge dans le presbytère (Église à Vers (Lot), huile sur toile, 65,5 × 92,3 cm, 1912, Musée de Cardiff). Plusieurs des toiles qu'il a peintes alors se trouvent aujourd'hui au MoMA à New York ou en Russie. Il participe à Londres à la "Second postimpressionniste exhibition"[3].Il illustre un recueil de poèmes de Max Jacob en 1912 : "Œuvres burlesques et mystiques du frêre Matorel mort au parloir". En 1913, il retrouve Vlaminck à Martigues et participe à l'exposition de la "Toison d'Or" à Moscou et l'Armory Show à New York. En 1914, il expose dans les galeries de l'expressionnisme allemand, à la Neue Galerie de Berlin ; puis à Dusseldorf enfin à Dresde. Il est à Montfavet près d’Avignon, avec Braque et Picasso, quand éclate la guerre. Et finalement rompt avec Picasso après 10 ans de relations amicales.

La première guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Au début de la Première Guerre mondiale, Derain est mobilisé dans l'artillerie, au régiment d'infanterie de Lisieux. il sert en Champagne, dans la Somme, à Verdun, au chemin des Dames jusqu'en 1917, dans l’Aisne, les Vosges. Le 11 novembre 1914, il écrit à sa femme Alice : " J'avais toujours pensé, espéré même, tout d'une guerre et je crois que je ne suis tout de même pas à la hauteur. Je n'y comprends rien au fond. cette guerre continuelle, journalière, sans histoire, est vraiment terrible. C'est pourquoi on n'en sortira difficilement. Jamais on ne comprendra." Plusieurs fois donné pour mort, à partir de 1915, Derain est mis à chaque fois, à l'honneur dans diverses revues expressionnistes allemandes comme symbole d'amitié et de respect. En 1917, le peintre et poète allemand Carl Einstein fait paraître un long poème "Gedenken des André Derain" (Souvenir d'André Derain) dans la revue berlinoise et expressionniste "Aktion"No 20-21 du 19 mai 1917[10] En 1916, Derain fournit des illustrations pour le premier livre d'André Breton, Mont de Piété. Il ne reste aucun dessin connu de la période, seulement des bribes de poèmes et le titre d'une toile perdue : "Le cabaret du Front" vue par André Breton en 1921 dans l'atelier du peintre[11]. Démobilisé en 1919, sur son livret militaire on peut lire : "Campagne contre l'Allemagne du 2 août 1914 au 10 mars 1919. Pas de blessures ni de décoration. Sait lire et écrire. ne sait pas nager."[12].

Le retour à l'ordre[modifier | modifier le code]

André Derain en 1910 [13]

En 1919, Cocteau dans son article "Au revoir, Derain", publié dans "le Rappel à l'ordre" explique la rupture qu'opère Derain, par rapport au cubisme de Braque et Picasso dans lequel il ne s'est pas engagé: "les enseignes, des fresques de boulangers, de marchands de poisson à Pompeï légitiment ses natures mortes pour ceux qui veulent reconnaître."[14] présentant ainsi l'idéal neo-classique de Derain en rupture avec l'avant-garde.

Il se brouille avec Vlaminck. Et accueille définitivement, sa belle-sœur Suzanne Géry avec sa fille Geneviève (né en 1918), que Derain adorait, il la peindra une centaine de fois[15]. ("Le peintre et sa famille", huile sur toile, 176 x 124cm, 1939, Tate Gallery, Londres)

Un décorateur de théâtre et de ballet demandé[modifier | modifier le code]

La même année, Il travaille sur les décors et costumes pour le ballet La Boutique fantasque de Diaghilev, des Ballets russes, en créant des marionnettes mécaniques[16]. La création a lieu à Londres, cette expérience l'amène à créer de nombreux décors et costumes de ballets pendant les années 1930 pour l'Opéra, mais également à les mettre en scène [17]. Dés 1918, il a crée des masques avec des boites et des coquillages., les costumes et décor pour « L’Annonce faite à Marie » de Paul Claudel, pour une tournée en Scandinavie. En 1924, il participe au premier film de Jean Renoir, La Fille de l'eau dans le rôle du patron du Café, avec Catherine Hessling en vedette et dont il a fait le portrait. En 1926, il dessine les décors pour le ballet « Jack in the Box », musique d’Erik Satie pour les Ballets russes(Serge Grigoriev's photo album/scrapbook, Library of Congress, Washington, USA) . Il signe un contrat avec la galerie Kahnweiler en 1920. En 1922, il expose ses tableaux à Stockholm, à Berlin, Munich et à New York. Il signe un nouveau contrat avec Paul Guillaume en 1923. Sa réputation grandit encore lorsqu'il reçoit le prix Carnegie (en) en 1928 pour le tableau "la Chasse" et commence à exposer dans le monde entier : à Londres, Berlin, Francfort, Düsseldorf, New York et Cincinnati.Entre 1925 et 1928, les prix des tableaux de Derain passent de 10000 Frs à 87000 Frs[18]. Célèbre figure des Années Folles cet homme de haute taille, 1m83, collectionne les voitures[19], (les Bugatti), les châteaux (à Chailly-en-Bière, à Parouzeau) et les conquêtes féminines[20]. En 1929, il se fait construire une maison-atelier par l'architecte Zielensky 5, rue du douanier dans le 14e arrondissement de Paris, en face de chez Braque. Il étonne par son esprit pratique, il aime la mécanique, réparer les voitures, pratiquer la musique, le piano, tenter de construire des avions, ou tirer les cartes au tarot... La critique sévère à son égard y voit un touche-à-tout fantasque, velléitaire qui ne termine rien vraiment. En 1931, un numéro spécial des "Chroniques du Jour" parait : "Pour ou contre Derain"[21]. Pour ses partisans, Derain devient le symbole d'une peinture classique de tradition française réaliste, aux références éclectiques et assumées entre couleurs brunes et clair-osbcur, présentant natures mortes et de nus féminins qui rappellent Courbet ou Renoir ou de paysages qui semblent hésiter entre Barbizon, Corot ou Magnasco. Il est alors qualifié de " plus grand peintre français vivant ", de " régulateur " loué par André Salmon ou Élie Faure [22].. En 1931, la galerie Paul Guillaume lui consacre une grande exposition à Paris. Il réalise les décors pour les Ballets Russes de trois ballets « La Concurrence » en 1932, "Les Fastes" et Les Songes » en 1933 dont il a écrit les arguments[17]. En 1933, il écrit à la demande d'André Breton qui le considère comme le peintre du "trouble moderne"[23],[24], un petit traité du tarot " Le Critérium des as" qui est publié dans la revue du surréalisme "Le Minotaure". En 1934-35, Derain, fait la connaissance d'un jeune peintre admirateur Balthus, qui peint son portrait au jourd'hui au MOMA de New York. Le , son marchand Paul Guillaume meurt. Dorénavant Derain n'a plus de marchands attitrés. Il se consacre aux décors et aux costumes d'opéra, ainsi qu'à l'illustration de livres. En 1935, il vend ses propriétés et achète une grande maison à Chambourcy avec un domaine qui "comporte des bassins et leurs cascades, des arbres immenses et centenaires, un terrain de tennis à l’abandon, une « petite folie japonisante », un verger, un potager, une serre et des roses et une orangerie où il peindra ses grands formats et où il installera par la suite un four et un atelier de potier. Il aménagera son atelier au premier étage de la demeure, dans une pièce avec doble ouverture sur cour et sur parc, donnant accès à la terrasse"[25]. Là il reçoit ses amis Braque, Poiret, Lifar, Jouhandeau, Balthus, Malraux et Louise de Vilmorin auxquels il fait découvrir le désert de Retz. C'est à cette époque qu'il rencontre Giacometti.

Un illustrateur prolixe[modifier | modifier le code]

Son activité d'illustrateur de 1932 à 1942 devient essentielle : Ovide, Petrarque, Oscar Wilde, Rabelais, et aussi « Héliogabale » d’Antonin Artaud . En 1934, il grave 33 burins sur cuivre pour un projet d'illustration du Satyricon de Pétrone commandé par Ambroise Vollard[26]. En 1935, la "Kunsthalle" de Berne organise la première grande rétrospective de ses œuvres. Il emménage à Chambourcy dans sa maison "La Roseraie". En 1937, a l'occasion de l'exposition universelle, une rétrospective est organisée au Salon des Indépendants, au Petit-Palais, à Paris. Derain, avec Arp, Braque, Auguste Herbin, Picasso... participe au comité antinazi, pour la défense de Otto Freundlich, peintre et sculpteur allemand pionnier de l'abstraction, dont une des sculptures figure sur la couverture de l'exposition "l'art dégénéré" « Entartete Kunst » à Munich[27]. Cependant Derain est régulièrement invité à l'ambassade d'Allemagne par Otto Abetz, dont la femme pose pour lui[28], tout comme avant elle, marchande de tableaux Demetra Massala la femme du sculpteur nazie Arno Breker qui collectionne l'oeuvre de Derain, mais aussi celle de Picasso, Vlaminck, Léger et Ozenfant, dans son château de Jäckelsbruch près de Berlin[29]. En 1939, il expose à New York. Waldemar George, dans un article "André Derain ou l'apprenti sorcier" en mars 1939 qualifie l'œuvre d'André Derain, en opposition à celle de Picasso et de Matisse, comme d'essence "contre-révolutionnaire"[30].

La Seconde Guerre Mondiale[modifier | modifier le code]

Chambourcy, la Maison Derain

Pendant l'occupation allemande de la France, lors de la Seconde Guerre mondiale, Derain vit à Paris, il travaille aux décors et costumes de "Animaux Modèles", musique de Francis Poulenc pour Serge Lifar à l'Opéra de Paris en 1941[31] , réalise des cartons de tapisseries, expose régulièrement[32] à Paris et en province et s'implique dans la politique culturelle du Gouvernement de Vichy[33] en particulier du théâtre et du "retour à la tradition"[34]. Puis l'éditeur suisse Albert Skira lui commande cent soixante dix-neuf bois gravés en couleurs pour illustrer le "Pantagruel" de Rabelais[35].

Image de propagande allemande publiée en 1942 présentant la réconciliation de Derain et Vlaminck

Mais après l'exode de 1940 où il a fuit avec sa famille vers le Sud an Ariège où il retrouve Braque. Sa maison de Chambourcy est occupée et pillée par l'armée allemande, en novembre 1940. Aussi Alice Derain, vient demander à Werner Lange, officier allemand chargé de la Propaganda Staffel, de leur réquisitionner un appartement dans le VIe arrondissement parisien[36] à St Germain-des-Prés, à deux pas de l'atelier que Derain loue à Léopold Lévy, 112 rue d'Assas, près du Luxembourg, où le couple s'installe avec "Boby", le fils d'André Derain et et de son modèle Raymonde Knaublich né en juin 1939 . Là il reçoit régulièrement Werner Lange et Otto Abetz. Et c'est Otto Abbetz, lui-même qui réconcilie Derain et Vlaminck[36]. Il est courtisé par les Allemands comme symbole prestigieux de la culture française, alors qu'il expose à la Pierre Matisse Gallery à New York la même année. En échange de la promesse de libération de prisonniers français et de récupérer sa maison de Chambourcy[37] , il accepte une invitation pour une visite officielle en Allemagne en 1941, avec Paul Landowski et notamment, son ami Maurice de Vlaminck, Kees van Dongen, ou encore le sculpteur Paul Belmondo vice président de la section des arts plastiques du groupe "Collaboration"[38], avec lequel il est au comité de l'exposition Arno Breker en 1942. Ce voyage organisé par la propagande nazie a un grand retentissement et leur sera reproché. Selon Breker, "Maître Derain" ( comme l'appelle le général Carl-Heinrich von Stülpnagel) et Maillol reçoivent des commandes lucratives de Berlin[39]. Pour Jean Hélion, Derain donne dans "la sénilité, la platitude et le léchage de botte des nazis"[39]. En octobre 1942, pour remercier Arno Breker, Derain lui offre le champagne d'un grand traiteur. Quelques jours plus tard participant a un diner chez le galeriste Pierre Colle, Derain qui porte un costume flambant neuf, se voit interpellé par le scénariste de films Henri Jeanson : "Dites donc, Derain, maintenant les taches sont à l'intérieur ?"[40]. André Derain travaille également pour le service "Kultur" de la propagande allemande en réalisant des affiches dont celle signée de 1941 : "Les bobards... sortent toujours du même nid" qui stigmatise la BBC et les personnalités ralliées à Charles De Gaulle à Londres comme juives ou francs-maçons[41].

André Derain apparait alors sur la liste noire des collaborateurs français qui doivent être assassinés ou jugés après la Libération, avec Céline, Jacques Chardonne, Jean Luchaire, Pétain, Pierre Laval... liste publiée par Life Magazine aux États-Unis le 24 août 1942[42]. A la Libération, Derain fut considéré et dénoncé comme collaborateur[43] jugé par le Comité national des artistes-peintres[44] et interdit d'exposition[45],[46] pour un an[47].

Sa nièce Geneviève se marie en août 1943 avec Joseph Robert Taillade. Braque est son témoin[48]. ("Geneviève Taillade (nièce de l'artiste) avec un manteau orange", huile sur toile, 61,6 × 50,5 cm, 1928, Musée des beaux-arts de Boston)

Après la guerre[modifier | modifier le code]

Après la guerre, il renonce aux présentations publiques de ses œuvres. Il quitte l'atelier de la rue d'Assas et rend l'appartement spolié de St Germain-des-près. Il vit dans sa demeure de Chambourcy (Yvelines), avec sa femme, sa belle-sœur et le couple de sa nièce et leurs enfants, tout en travaillant les décors de ballets et d'opéras. En 1947, il dessine les costumes et décors de « Mam’zelle Angot », un ballet représenté à Covent Garden à Londres[49]. En 1948, il réalise les décors et costumes de « Le diable l’emporte » pour les ballets de Roland Petit au théâtre Marigny de Paris. Roland Petit déclare alors "Derain, lui, a tout fait. Il a choisi la musique et l'orchestrateur. Il a écrit le sujet du ballet pour finir par faire ce pour quoi il avait du génie, c'est-à-dire les costumes et les décors." [17]. Il illustre "le Génie du vin" pour les établissements Nicolas. C'est à cette époque que l'imprimeur Pierre Mourlot tente de réunir dans un livre en trois volumes, l'un pour les nus, le second pour les paysages, le troisième pour les décors, le tout préfacé par Marcel Camus. Le projet apportait la caution morale d'un "résistant littéraire" à un "collaborateur". Les deux hommes se rencontraient, mais le projet échouait[50]. La même année, il rencontre Edmonde Charles-Roux journaliste à Vogue, de quarante ans sa benjamine, avec qui une idylle se noue. Elle pose régulièrement dont "Portrait d'Edmond de Charles-Roux au collier de perles " et devient son agent[51]. Avec elle, Balthus et Giacometti viennent visiter le vieux maître. En 1949, la galerie de Berri lui rend Hommage par une exposition. Marcel Duchamp écrit, alors, dans le catalogue de la Scciété Anonyme légué à la Yale University : "Derain fut constamment l'adversaire des théories. Il a toujours été un vrai croyant du message artistique, non falsifiés par des explications méthodiques et appartient jusque'à ce jour au petit groupe d'artistes qui "vivent" leur art." [52].

En 1950 Derain illustre les Contes de La Fontaine et un texte de St Exupéry et commence à re-pratiquer la sculpture et le modelage. Grâce à l'entregent d'Edmond Charles-Roux, il conçoit les décors de "l'Enlèvement au Sérail" de Mozart pour le festival d'Aix-en-Provence et un an avant sa mort, ceux du Barbier de Séville pour le même festival. Les relations avec sa femme, se dégradèrent jusqu'au point où Alice Derain fit saisir les comptes de son mari qui perdait la raison[53]. selon le témoignage de Werner Lange qui vient le visiter. De 1947 à 1954, Derain est assisté par la jeune sculptrice Nicole Algan, formée par Charles Despiau. Derain aurait eu un fils (caché) avec elle selon Michel Charzat[54]

Il est atteint soudain d’une maladie des yeux. Alors qu’il s'en remet progressivement, il meurt à l'Hôpital de Garches, le des suites d'un accident de voiture. Il est enterré au cimetière de Chambourcy.

On retrouve dans son atelier, plusieurs documents inachevés d'un "traité de la peinture" dont des notes sont publiés par la galerie Maeght en 1957 dans sa revue "Derrière le miroir"[55], ainsi qu'un manuscrit - plaidoyer où il tente d'expliquer son attitude pendant la seconde guerre mondiale et porter à son crédit d'avoir refuser de faire les portraits de la famille Ribbentrop[56].

Après 1954[modifier | modifier le code]

Le musée national d'art moderne à Paris lui consacre une rétrospective du 11 décembre 1954 au 30 janvier 1955 sous le commissariat de Jean Cassou. Alberto Giacometti manifeste toujours son admiration pour Derain[57], " Depuis le jour, (...) en 1936, où une toile de Derain vue par hasard dans une galerie - trois poires sur une toile se détachant sur un immense fond noir - m'a arrêté, m'a frappé. (...) les qualités de Derain n'existent qu'au-delà du ratage, de l'échec, de la perdition totale (...) Derain est le peintre qui me passionne le plus. "[58] Le 30 décembre 1954, le sculpteur Paul Landowski lui écrit : "Exposition de l'ensemble de l'œuvre de Derain. Et bien, non, celui-là non plus n'est pas un grand bonhomme. De manière générale c'est faible et impersonnel dans le mauvais sens du terme. L'homme est habile, mais cherche souvent le vent. Avant de se mettre à un tableau, il devait lever son pinceau, ou son doigt mouillé, pour sentir d'où venait le vent. C'est comme pour Dufy, quoique mieux peint et moins antipathique. C'est dommage. Il y avait là un don. Encore une victime de l'époque. Si d’une époque passée on a pu la qualifier de Belle Époque, celle-ci mérite le nom de la sale époque. Et en grande partie ce sont les hommes de lettres sans courage les responsables." [59].

Pour régler les frais de succession, sa femme Alice Derain et le fils du peintre Bobby, mettent en vente les 9 et 10 mars 1955, les objets de Chine de haute époque, d'art africain et précolombien, du Louristan, d'Égypte, de Grece, de l'antiquité classique et du Moyen Âge ainsi que la collection d'instruments de musique, les marionnettes, les ex-votos, etc que Derain avait collectionné. Puis le 22 mars 1955 ce fut au tour de la collection de peintures, dessins, etc. de Cézanne, Corot, Ingres, Modigliani, Renoir, Seurat, Toulouse-Lautrec, Utrillo, Vlaminck... d'être vendue[60].

Son épouse Alice est décédée le 20 juillet 1975 à 91 ans. Sa nièce Geneviève Taillade vend la maison de Chambourcy en 1983, dont la fille, petit-nièce du peintre, Genevieve Taillade dit "Javotte"[61] est actrice[62] et présidente de l'association des amis d'André Derain.

Une partie de son œuvre provenant de l'ancienne collection de son fils André Charlemagne Derain, dit « Boby » (1939-1992), soit 4200 dessins ont été dispersés aux enchères à Saint-Germain-en-Laye les 23 et 24 mars 2002 (succession de Madame Raymonde Knaublich, mère de Boby)[63].

En novembre 2016, les ayant-droits d'André Derain mettaient en vente chez Christie's[64] les photographies d'Eugène Atget découvertes fortuitement lors du déménagement de la Roseraie.

Présentation de l'œuvre[modifier | modifier le code]

L'œuvre de André Derain est caractérisé par un double mouvement articulé par la première guerre mondiale. Avant celle-ci Derain pratique un art pictural d'avant-garde, post-impressionniste et fauve, fait de couleurs pures et non-rompues, franches et juxtaposées. Après, son œuvre réaliste se concentre sur des sujets et thèmes classiques qui font écho aux œuvres des musées, dans une volonté de prolongement, ou de faire-retour à une tradition classique, ce que les historiens de l'art nomment le « retour à l'ordre » en référence au texte de Jean Cocteau : le Rappel à l'ordre, publié en 1926, qui caractérise l'art néo-classique, figuratif des années 1920 aux années 1940[65].

Si L'œuvre de Derain est essentiellement picturale, il a également signé les décors et les costumes de nombreux ballets, illustré une trentaine de livres et réalisé des affiches. Il est également connu comme sculpteur. Une grande partie de son œuvre (80 peintures, 77 sculptures, des dessins, mais aussi des objets d'art primitif lui ayant appartenu), précédemment dans la collection Pierre et Denise Lévy, est présentée au musée d'art moderne de Troyes[66].

En 2012, le galeriste Michael Werner donne 16 œuvres de Derain, provenant de galeries allemandes, au Musée d'Art moderne de la Ville de Paris.

Elèves[modifier | modifier le code]

Décors et costumes de ballets, opéras et théâtre[modifier | modifier le code]

  • 1918 - "La Boutique fantasque", ballet de Diaghilev, musique de Rossini, Les Ballets russes (repris en 1950 à l'Opéra-Comique de Paris)
  • 1918 - " L’Annonce faite à Marie" de Paul Claudel.
  • 1924 - "Gigue" - ballet de Leonid Massine
  • 1926 - "Jack in the Box " , ballet de Diaghilev, musique d’Erik Satie, Les Ballets Russes
  • 1932 - " La Concurrence" ballet de Balanchine, Les Ballets Russes
  • 1933 - "Les Fastes", ballet de Balanchine, musique d'Henri Sauguet, Les Ballets Russes, Théâtre des Champs-Élysées.
  • 1933 - "Les Songes", ballet de Balanchine, musique de Darius Milhaud, Les Ballets Russes, Théâtre des Champs-Élysées.
  • 1935 - "Salade", ballet de Serge Lifar, musique d'Albert Flamand et de Darius Milhaud, Les Ballets Russes, Théâtre des Champs-Élysées.
  • 1935 - "Dreams", ballet de Balanchine, musique Georges Antheil, Adelphi Theater, New York.
  • 1936 - "L'épreuve d'amour au Chang-Yang", ballet de Fokine, Les Ballets de Monte-Carlo.
  • 1936 - "Le Mandarin Cupide ", ballet de Fokine, musique de Mozart, Les Ballets de Monte-Carlo.
  • 1937 - "Le Misanthrope" de Molière, théâtre universitaire de Cambridge.
  • 1938 - " Harlequin in the street", Massine and the Sadlers Well Ballet, music Couperin, Covent Garden, Londres[68]
  • 1941 - "Animaux Modèles", ballet de Serge Lifar, musique de Francis Poulenc, Opéra de Paris
  • 1941 - "Divertiemento" (Songes) - American Ballet Caravan - Theatro Municipal - Rio de Janeiro
  • 1947 - "Mam’zelle Angot" , Massine and the Sadlers Well Ballet, Covent Garden, Londres
  • 1948 - " Que le diable l’emporte", ballet de Roland Petit, théâtre Marigny, Paris
  • 1949- " Les femmes de bonne humeur", ballet de Massine, prod. marquis de las Cuevas[69]
  • 1950 - "La valse", ballet de Massine, musique de Maurice Ravel, Opéra-comique de Paris
  • 1950 - "L'Enlèvement au Sérail" de Mozart pour le festival d'Aix-en-Provence
  • 1951 - " Barbier de Séville " de Rossini our le festival d'Aix-en-Provence

Projets abandonnés ou perdus de films[modifier | modifier le code]

  • 1932 - "N'Bongo", scénario d'André Derain, film de Jean Renoir avec Michel Simon [70]
  • sd - Suite de courts-métrages avec Georges Braque perdus en 1940....

Peinture[modifier | modifier le code]

Signatures d'André Derain.

Musées étrangers[modifier | modifier le code]

  • Musée national d'Écosse Édimbourg : Collioure, huile sur toile, 60,2 × 73,5 cm, 1905[71]
  • Musée national de Cardiff, Pays de Galles : Madame Zborowska, huile sur toile, 74,5 × 55,9 cm, 1919[72],[73], Église à Vers (Lot), huile sur toile, 65,5 × 92,3 cm, 1912[74]
  • Detroit Institute of Arts : Baie de La Ciotat, huile sur toile, 47,0 × 55,9 cm, 1925[75]
  • Musée des beaux-arts de San Francisco : Tête d'un jeune modèle, huile sur toile, 47 × 40 cm, 1926[76]
  • Metropolitan Museum of Art, New-York : Moïse Kisling, huile sur toile, 74,3 × 60,3 cm, 1921[77], Lucien Gilbert, huile sur toile, 81,3 × 60,3 cm, 1905[78], Le Boa noir, huile sur toile, 162,6 × 97,8 cm,1935[79], Regent Street, London, huile sur toile, 66 × 99,4 cm, 1906[80], Dikran G. Kelekian, huile sur contreplaqué, 54,9 × 45,4 cm, 1924[81], Plateau de pêches, huile sur toile, 19,1 × 24,4 cm, 1907-1908[82], Le Palais de Westminster, huile sur toile, 78,7 × 99,1 cm, 1906-1907[83], Le Chemin creux, L'Estaque, huile sur toile, 41,3 × 33,3 cm, 1906[84], Pichet et plats, huile sur toile, 46 × 54,9 cm, 1912[85], Bateaux de pêche, Collioure, huile sur toile, 81 × 100,3 cm, 1905[86], La Table, huile sur toile, 96,5 × 131,1 cm, 1911[87], L'Artiste dans son studio, gouache sur papier, 57,8 × 42,9 cm, 1920[88]
  • Musée Solomon R. Guggenheim, New-York : Portrait de jeune homme, huile sur toile et graphite, 91,8 × 73,6 cm, 1913-1914[89]
  • Institut d'art de Chicago : Raisins, huile sur toile, 25 × 44,1 cm, 1920[90], Fontaine, huile sur panneau, 27,6 × 34,9 cm, 1920[91], Le Dernier repas, huile sur toile, 1911[92], Danseuse de ballet, huile sur toile, 45,6 × 37 cm, 1920[93], Paysage provençal, huile sur panneau, 37,8 × 55 cm, 1930[94].
  • Musée des beaux-arts de Boston : Geneviève Taillade (nièce de l'artiste) avec un manteau orange, huile sur toile, 61,6 × 50,5 cm, 1928[95]
  • Musée des beaux-arts de Houston : Cagnes-sur-Mer, huile sur toile, 65,4 × 92,1 cm, 1910[96], Le Virage, L'Estaque, huile sur toile, 129,5 × 194,9 cm, 1906[97].
  • Musée des beaux-arts du Canada Ottawa : Côte d'Azur près d'Agay, huile sur toile, 54,6 × 65 cm, 1905[98]
  • Galerie nationale d'Australie Canberra : Le Cavalier au cheval blanc, huile sur toile, 1905[99], Autoportrait, huile sur toile, 42,2 × 34,6 cm, 1903[100].
  • Musée de l'Ermitage, Saint-Pétersbourg : Martigues, huile sur toile, 141 × 90 cm, 1913[101], Nature morte avec pichet en terre cuite et serviette blanche, huile sur toile, 61 × 50 cm, 1912[102], Nature morte. Corbeille à pain et vin rouge, huile sur toile, 100,5 × 118 cm, 1913[103], Portrait d'homme avec journal, huile sur toile, 162,5 × 97,5, 1 911-1 914[104], Table et chaises, huile sur toile, 88 × 86,5 cm, 1912[105], Nature morte avec crâne, huile sur toile, 72 × 119 cm, 1912[106], Bosquet, huile sur toile, 116,5 × 91,3 cm, 1912[107], Chemin de montagne, huile sur toile, 81 × 100 cm, 1907[108], Paysage avec bateau sur la berge, huile sur toile, 100 × 65 cm, 1915[109], Maisons au bord de l'eau, huile sur toile, 61 × 102,3 cm, 1910[110], Falaises, huile sur toile, 60,5 × 81 cm, 1912[111], Femme en noir, huile sur toile, 93 × 60,5 cm, 1913[112], Port, huile sur toile, 62 × 73 cm, 1905[113], Portrait d'une femme en noir, huile sur toile, 116,5 × 89,3 cm, 1913[114], Martigues (Port de Provence), huile sur toile, 141 × 90 cm, 1913[115]
  • Musée du Petit Palais à Genève : La Clairière ou Le Déjeuner sur l'herbe

Musées français[modifier | modifier le code]

Dessins[modifier | modifier le code]

Livres illustrés[modifier | modifier le code]

Divers[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives des Yvelines, commune de Chatou, acte de naissance no 88, année 1880 (avec mentions marginales de mariage et de décès) (pages 109/241).
  2. Selon le mot de Pierre Francastel cité dans le Grand Larousse , article Derain , Paris 1973 p. 3770
  3. a, b, c, d, e et f Pierre Cabanne, André Derain, Somogy, Paris, 1990, p. 134
  4. Conférence de Geneviève Taillade-Jacotte in http://www.amisfournaisechatou.com/_documents/gazettes/Gazette_N10.pdf
  5. Voir sur bj-fineart.com.
  6. Dictionnaire Delarge http://www.ledelarge.fr/fiche_bio.php?IDFiche=19277&artiste=DERAIN%2C+Andr%E9
  7. https://www.centrepompidou.fr/cpv/resource/c9dL8z/rajgnrA
  8. http://bioart.pbworks.com/w/page/7918466/Alice%20Princet
  9. voir répertoire de la sculpture française - http://frenchsculpture.org/fr/sculpture/1963-madame-alice-derain?rk=39
  10. Liliane Meffre, Carl Einstein, 1885-1940: itinéraires d'une pensée moderne, P.U.S, Paris 2002 p. 50
  11. La couleur des larmes, les peintres de la grande Guerre, mémorial de Caen, http://www.memorial-caen.fr/10EVENT/EXPO1418/fr/present.html
  12. Patrice Bachelard, Derain, un fauve ordinaire, Gallimard 1994 p. 52-53
  13. in Gelett Burgess, The Wild Men of Paris, Architectural Record, May 1910, sculpture-Nu debout (Standing Woman), 1907
  14. in Jean Cocteau, le rappel à l'ordre, éditions Stock, Paris, 1926 p. 95
  15. http://www.musee-orangerie.fr/fr/oeuvre/la-niece-du-peintre
  16. Une photographie "Photograph of Boutique Fantasque, n.d" - Library of Congress, Washington DC.
  17. a, b et c http://chroniques.bnf.fr/archives/septembre2005/numero_courant/expositions/andre_derain.htm
  18. in François Chaubet, Histoire intellectuelle de l'entre-deux-guerres: Culture et politique,Nouveau Monde editions, Paris, 2006
  19. Considéré comme un fou du volant, deux de ses amies meurent carbonisées dans une course poursuite effrénée avec lui, in Le populaire, le 6 novembre 1929
  20. Christiane Duparc, les infidélités d'André Derain, L'Express publié le 24/11/1994
  21. in Patrice Bachelard, André Derain, un fauve pas ordinaire, Gallimard, Paris 1994, p. 110-115
  22. http://www.larousse.fr/encyclopedie/peinture/Derain/151883#XKbHM52MFML5YrWu.99
  23. in André Breton « Idées d'un peintre », André Derain, Les Pas perdus, 1924.
  24. in Cat André Derain, le peintre du trouble Moderne, Musée d'art moderne de la Ville de Paris, 1994
  25. in Conférence de Genevieve-Jacotte Taillade, 2e semestre 2014, in http://www.amisfournaisechatou.com/_documents/gazettes/Gazette_N10.pdf
  26. Notice bibliographique du catalogue général de la BnF.
  27. Laurence Bertrand-Dorléac, L'art de la défaite 1940-1944, éditions du Seuil, Paris 1993, p. 329
  28. Alex Danchev, On Art, On War and Terror, Edinburgh University Press, Edinburgh, 2009, p. 113
  29. in Jonathan Petropoulos, The Faustian Bargain: The Art World in Nazi Germany, Oxford University Press, Inc. New York 2000 p 231
  30. in Waldemar George, André Derain ou l'apprenti sorcier, La renaissance, Paris, 1939, p. 37-41
  31. in le figaro du 12 décembre 1941
  32. Voir les numéros de Comoedia de 1940 à 1944 sur le site Gallica
  33. membre du conseil des artistes auprès de l'Administration in Commedia, Pour une politique des Beaux-Arts, interview de George Hilaire, le 5 août 1944.p1à3
  34. Article-Interview de Pierre Lagarde, "André Derain Révolutionnaire" dans Comoedia du 21 juin 1941, à lire sur Gallica.fr
  35. Pierre Cabanne, Derain, Somogy éditeurs, 1990, p. 112
  36. a et b in Werner Lange, Les artistes en France sous l'occupation, éditions du Rocher, Paris, 2015 p. 89-90
  37. Laurence Bertrand-Dorléac, L'art de la défaite 1940-1944, éditions du Seuil, Paris 1993, p. 78-79
  38. Laurence Bertrand-Dorléac, L'art de la défaite 1940-1944, éditions du Seuil, Paris 1993, p. 292
  39. a et b cité in Alex Dantchev, Georges Braque le défi silencieux, ed Hazan, Paris 2013 p. 219
  40. in Jean Galtier-Boissière, Mon journal pendant l'occupation, La Jeune Parque, Paris-1947, p. 150
  41. On peut voir l'affiche sur le centre national de la résistance et de la déportation, Musée de la Résistance à Champigny, http://www.cndp.fr/crdp-creteil/component/ressources/?task=view&id=494
  42. in Life Magazine, Richard de Rochemont, "The French Underground, Black list, 24 août 1942, p. 86
  43. Laurence Bertrand-Dorléac, L'art de la défaite 1940-1944, éditions du Seuil, Paris 1993, p. 291
  44. institué le 30 mai 1945
  45. « À l’époque, je les (Derain et Vlaminck ndlr) ai jugés sévèrement et aujourd’hui, je continue à réprouver leur attitude. Mais de là à les arrêter et à les empêcher de peindre, il y a un abîme que Picasso a comblé allègrement. Il se débarrasse de la concurrence et fait le démagogue. » in Maurice Garçon, de l’Académie française, Journal (1939-1945), édition établie, présentée et annotée par Pascal Fouché et Pascale Froment, Les Belles Lettres, Paris, 2015
  46. Pierre Cabanne, Derain, Somogy éditeurs, 1990, p. 113
  47. "Un an de suspension professionnelle" - procès-verbal du 5 avril 1946, in Paul Landowki, Journal à lire sur http://journal.paul-landowski.com/node/177
  48. Conférence de Geneviève Taillaade-Jacotte in http://www.amisfournaisechatou.com/_documents/gazettes/Gazette_N10.pdf
  49. biographie publiée par Galerie Broomhead Junker : http://www.bj-fineart.com/info/derain-andré/andré-derain-biographie
  50. Pierre Cabanne, Derain, Somogy éditeurs, Paris, 1990, p. 115
  51. Jean-Noël Liaut, Elle, Edmonde, Allary éditions, 2017
  52. Pierre Cabanne, André Derain, Somogy, Paris, 1990 p. 116
  53. Werner Lange, Les artistes sous l'occupation, éditions du Rocher, Paris, 2015, p. 90
  54. Michel Charzat, Le titan foudroyé, Paris, Hazan, 2015. L'auteur y évoque une centaine de lettres écrites par Derain à Nicole Algan entre 1947 et 1954.
  55. in Rosanna Warren, a metaphysic of painting, The Notes of André Derain, in The Georgia Review Vol. 32, No. 1 (Spring 1978), p. 94-120
  56. Pierre Cabanne, Derain, Somogy éditeurs, 1990, p. 109-110
  57. « Une soirée avec Giacometti. Carnet d'un collectionneur », Che vuoi ?, 1/2003 (No 19), p. 87-91
  58. in Alberto Giacometti, Ecrits, Hermann éditeurs Paris, 2001, p. 75-76
  59. http://journal.paul-landowski.com/node/98
  60. Pierre Cabanne, André Derain, Somogy, Paris, 1990 p. 120
  61. Catalogue Exposition Les Enfants Modèles. Du 25 novembre 2009 au 8 mars 2010 – Musée de l'Orangerie RMN, Paris 2010
  62. "C'est une voix bien connue pour tous ceux de la génération "Amuse 3" et du "Club Dorothée" in http://www.planete-jeunesse.com/staff-1674-genevieve-taillade.html
  63. Voir sur lesechos.fr du 14 mars 2002.
  64. Paris, vente du 10 novembre 2016
  65. Kenneth Silver, vers le retour à l'ordre, Flammarion, Paris, 1991,p. 377.
  66. Voir sur musees-de-france-champagne-ardenne.culture.fr.
  67. Association des études tsiganes, Études tsiganes, Paris, janvier 1987, p. 32
  68. J. P. Wearing The London Stage 1930-1939: A Calendar of Productions, Performers, and Personnel, Snd éditions, p. 715
  69. in Debra Craine, Judith Mackrell, The Oxford Dictionary of Dance, art.Derain, Oxford University, 2010 p. 129
  70. in Oascal Mérigeau, Jean Renoir, Flammarion, Paris 2012, p. 171
  71. Collioure
  72. (en) « André Derain - French, 1880–1954 - Madame Zborowska, 1919 - Oil on canvas - Purchased by Margaret Davies, 1920 (p. 19) » [PDF], sur www.corcoran.org
  73. (en) « Anna Hanka, Madame Zborowska », sur www.museumwales.ac.uk
  74. Église à Vers
  75. Baie de La Ciotat
  76. Tête d'un jeune modèle
  77. Moïse Kisling
  78. Lucien Gilbert
  79. Le Boa noir
  80. Regent Street
  81. Dikran G. Kelekian
  82. Plateau de pêches
  83. Le Palais de Westminster
  84. Le chemin creux, L'Estaque
  85. Pichet et plats
  86. Bateaux de pêche, Collioure
  87. La Table
  88. L'Artiste dans son studio.
  89. Portrait de jeune homme.
  90. Raisins.
  91. Fontaine.
  92. Le Dernier Repas.
  93. Danseuse de ballet.
  94. Paysage provençal.
  95. Geneviève Taillade….
  96. Cagnes-sur-Mer.
  97. Le Virage, L'Estaque.
  98. Côte d'Azur près d'Agay.
  99. Le Cavalier au cheval blanc
  100. Autoportrait
  101. Martigues
  102. Nature morte avec pichet en terre cuite et serviette blanche
  103. Nature morte. Corbeille à pain et vin rouge
  104. Portrait d'homme avec journal
  105. Table et chaises
  106. Nature morte avec crâne
  107. Bosquet
  108. Chemin de montagne
  109. Paysage avec bateau sur la berge
  110. Maisons au bord de l'eau
  111. Falaises
  112. Femme en noir
  113. Port
  114. Portrait d'une femme en noir
  115. Martigues (Port de Provence)
  116. « Paysage de l'Île de France », base Joconde, ministère français de la Culture
  117. « La Chapelle Saint Léonard à Croissy sur Seine (vue de l'île) », base Joconde, ministère français de la Culture
  118. « Cyprès à Cassis », base Joconde, ministère français de la Culture
  119. « Jeune métis à la chemise blanche », base Joconde, ministère français de la Culture
  120. « Femme nue », base Joconde, ministère français de la Culture
  121. « Portrait de Paul Poiret », base Joconde, ministère français de la Culture
  122. « Bougival », base Joconde, ministère français de la Culture
  123. Bougival
  124. « Le Repos », base Joconde, ministère français de la Culture
  125. « Paysage au pont », base Joconde, ministère français de la Culture
  126. « Paysage aux pins parasols », base Joconde, ministère français de la Culture
  127. « Paysage de Bretagne : le port de Granville », base Joconde, ministère français de la Culture
  128. « Tête de femme au corsage rose », base Joconde, ministère français de la Culture
  129. « Tête de femme brune », base Joconde, ministère français de la Culture
  130. « La Femme aux cheveux bouclés », base Joconde, ministère français de la Culture
  131. « Pinède, Cassis », base Joconde, ministère français de la Culture
  132. « Portrait de Matisse », base Joconde, ministère français de la Culture
  133. « Amiens », base Joconde, ministère français de la Culture
  134. « Le Port de Collioure », base Joconde, ministère français de la Culture
  135. « Big Ben », base Joconde, ministère français de la Culture
  136. « Les Chasseurs », base Joconde, ministère français de la Culture
  137. Les Chasseurs
  138. Arlequin et Pierrot
  139. Arlequin à la Guitare
  140. La Gibecière
  141. Portrait de paul Guillaume
  142. Poires et cruche
  143. Nature morte champêtre
  144. Nature morte au verre de vin
  145. Melon et fruits
  146. Nature morte au panier
  147. « Arbres et village », base Joconde, ministère français de la Culture
  148. Arbres et village
  149. Portrait de Madame Paul Guillaume au grand chapeau
  150. Paysage du midi
  151. Paysage de Provence
  152. Roses dans un vase
  153. Roses sur fond noir
  154. Nu à la cruche
  155. Nu au canapé
  156. Grand nu couché
  157. La Danseuse Sonia
  158. La nièce du peintre assise
  159. Le Noir à la mandoline
  160. Le modèle blond
  161. Le Beau modèle
  162. Le Gros arbre
  163. « Enfant courant sur la plage », base Joconde, ministère français de la Culture
  164. Enfant courant sur la plage
  165. Le Pont de Charing Cross.
  166. « Le Pont de Charing cross », base Joconde, ministère français de la Culture
  167. « Portrait de jeune fille », base Joconde, ministère français de la Culture
  168. « Portrait de femme », base Joconde, ministère français de la Culture
  169. « Effets de soleil sur l'eau », base Joconde, ministère français de la Culture
  170. « Forêt de Fontainebleau », base Joconde, ministère français de la Culture
  171. « Westminster », base Joconde, ministère français de la Culture
  172. « Pont sur la Tamise », base Joconde, ministère français de la Culture
  173. « Portrait de jeune femme », base Joconde, ministère français de la Culture
  174. « Baigneuses à la cascade », base Joconde, ministère français de la Culture
  175. « Nu au foulard », base Joconde, ministère français de la Culture
  176. « Donnemarie en Montois », base Joconde, ministère français de la Culture
  177. « La balustrade », base Joconde, ministère français de la Culture
  178. « Baigneuses », base Joconde, ministère français de la Culture
  179. Baigneuses
  180. « Portrait de Picasso », base Joconde, ministère français de la Culture
  181. « Paysage », base Joconde, ministère français de la Culture
  182. Livre d'artiste fait à Paris chez H. Kahnweiler, format 27 × 20 cm, en 106 exemplaires, impression du texte et des gravures par P. Birault, cf. W.-J. Strachan, The Artist and the Book in France, éd. P. Owen, Londres, 1969, p. 38, 45-46, 49, 330.
  183. Plusieurs éditions de 1934 à 1951 ; voir les notices bibliographiques du catalogue général de la BnF. Plus celle du Club français du livre de 1959.
  184. Voir sur moma.org.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Patrice Bachelard, André Derain, un fauve pas ordinaire,Gallimard,Paris, 1994
  • Laurence Bertrand Dorléac, L'art de la Défaite 1940-1944, Seuil, Paris,1993
  • Pierre Cabanne,André Derain, Somogy, 1990 et Folio (poche),Paris 1994
  • Michel Charzat, André Derain, le titan foudroyé, Hazan, Paris, 2015
  • André Derain,"Lettres à Vlaminck. Suivies de la correspondance de guerre",Paris: Flammarion, 1994, 298 p. (Philippe Dagen, Dir. de publ.)
  • Werner Lange, Les artistes en France sous l'occupation, éd du Rocher, Paris, 2015
  • (en) Jane Lee, « The Prints of Andre Derain », Print Quarterly, vol. VII, no 1, 1990
  • Dictionnaire Bénézit, Dictionnaire critique et documentaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs de tous les temps et de tous les pays, vol. 4, éditions Gründ, , 13440 p. (ISBN 2700030141), p. 458-461
  • Isabelle Monod-Fontaine, André Derain : an outsider in French art, Copenhague, Statens museum for Kunst,
  • Cat "André Derain, le peintre du "trouble moderne" : [exposition organisée par le Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, 18 novembre 1994-19 mars 1995]/ Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris ; Suzanne Pagé [commissaire général de l'exposition], Françoise Marquet, Miriam Simon, Jacqueline Munck [commissaires de l'exposition].
  • Cat. exposition "L'Art en Guerre,1938-1947", sous la dir. de Laurence Bertrand Dorléac et de Jacqueline Munck du 12 octobre 2012 au 17 février 2013, Musée d'Art Moderne de la ville de Paris, Paris Musées, 2012.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :